{"id":182363,"date":"2025-04-14T15:15:28","date_gmt":"2025-04-14T13:15:28","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=182363"},"modified":"2025-04-14T15:15:28","modified_gmt":"2025-04-14T13:15:28","slug":"boost-le-recap-semaine-apres-semaine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/boost-le-recap-semaine-apres-semaine\/","title":{"rendered":"BOOST &#8211; Le r\u00e9cap #00 \u00e0 #10"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-large-font-size\"><strong>BOOST #10 | PLUS LOIN<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Aller \u2014 je l\u2019ai fait \u2014 traverser la ville ses virgules accumul\u00e9es empil\u00e9es dans son noir, tranchantes \u00e0 la crois\u00e9e de ses mots gluants, fa\u00e7ades poreuses contre mes doigts. Aller \u2014 je l\u2019ai fait \u2014 bousculer la ville ses ombres nues, lettres rugueuses sans aucun langage. Aller \u2014 je l\u2019ai fait \u2014 ramasser ses lambeaux, parenth\u00e8ses fragiles, n\u2019embrassent plus rien que son vide. Aller \u2014 je l\u2019ai fait \u2014 avaler \u00e0 mon tour ses miettes, sa poussi\u00e8re \u00e9ternelle, plus loin. Creuser. Il ne suffit que d\u2019un pas la creuser. Atteindre le, plus loin. Arpenter sa grande diagonale trait, au creux de la main, plus loin. Trembler sa longue cr\u00eate de chaque c\u00f4t\u00e9, ses mots d\u2019apesanteur, oublier les gravit\u00e9s ce qui colle \u00e0 la peau et s\u2019immisce, plus loin. Saisir les flottements les suspensions les silences, les siens silences trop lourds trop lourds, tourner son unique page, plus loin. Encore encore, plus loin. C\u2019est dedans, plus loin. Au-dedans que je retiens sa distance la plus compacte, sa distance la plus profonde, sa distance la plus noire, sa distance. La mati\u00e8re qui avale, dans son ventre dans mon ventre sa distance ma distance moi-dedans moi gluante sa mati\u00e8re ses choses sa langue. Traverser. Au-del\u00e0. Je traverse. Au-del\u00e0. Je l\u2019ai travers\u00e9e. Au-del\u00e0. Je me traverse. Au-del\u00e0. Je me suis travers\u00e9e. Je suis devenue. Oblique, angle, bifurcation, reflet. Au-del\u00e0. Un pas. Plus loin. Un pas. Aller. Un pas. Au-del\u00e0. Un pas. Au-dedans. Un pas. Jusqu\u2019\u00e0 ma bouche. Au-del\u00e0. D\u00e9border. Dire.<\/p>\n\n\n\n<p>Extraction.<\/p>\n\n\n\n<p>Ici aux confins de mon plus loin ici dans mon au-del\u00e0 permanent, ici enfin, la ville s\u2019\u00e9coule flux. Continu \u00e9pais, mes l\u00e8vres forment ses signes et elle, s\u2019\u00e9coule. Sa substance, s\u2019\u00e9coule. Ma bouche, son unique voie et son ombre, s\u2019\u00e9coule flux. Je ne la retiens plus. Lent dense, ma langue tue au passage de ses mati\u00e8res de mots enfouis dans. L\u2019aval\u00e9e. Moi celle qui quitte la ville d\u2019un pas d\u2019un silence frotte ses mains, l\u2019oublie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-large-font-size\"><strong>BOOST#09 | MINUTE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-audio\"><audio controls src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/03\/BOOST_09_MINUTE_RA.mp3\" autoplay><\/audio><\/figure>\n\n\n\n<p>Une transpiration. Une seule goutte mais. Lente dessine. Rides verticales au visage. Sillons de sel aux&nbsp; tempes se d\u00e9tournent des l\u00e8vres et pourtant y laissent leurs cristaux. C\u2019est que la peau est oc\u00e9an. C\u2019est que la peau est nuage. C\u2019est que la peau est cycle. Un mouvement, de va de vient. Et la transpiration va. Le cou, l\u2019\u00e9paule, le dos. Les v\u00eatements collent comme la m\u00e9moire du soleil tenu l\u00e0, au-dessus, ce jour-l\u00e0. La m\u00e9moire de la peur tenue l\u00e0, au-dessus, ce jour-l\u00e0. La m\u00eame transpiration et son poids, identique. Creuse la colonne, creuse l\u2019ombre, r\u00e9ouvre la plaie, identique peau, identique ville, bless\u00e9es. Alors enfin, que vouloir de plus que de reconna\u00eetre cette goutte, celle qui dans cet instant fige la ville.<br><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-large-font-size\"><strong>BOOST#08 | MOMENTS<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Un moment tr\u00e9buch\u00e9, s\u2019engourdit, douleur cogn\u00e9e contre son lent d\u00e9pli. Un moment grillag\u00e9, se penchera, tente de glisser entre deux ombres. Un moment ricoche, a fini par s\u2019\u00e9vanouir \u00e0 force d\u2019angles, la ville ses ar\u00eates. Un moment blanc et seul. Un moment de bourgeons, de fleurs, d\u2019\u00e9pines, le spectre sera un sourire comme un bouquet. Un moment de chaleur glaciale car partout fig\u00e9e, substance tenue dans l\u2019unique couleur du moment. Un moment de lignes continu\u00e9es, en tout sens, superpos\u00e9es, crois\u00e9es, s\u2019ignorant aux autres et \u00e0 elles-m\u00eames. Un moment, celui qui ne touche pas terre et dont on fait le tour en croyant chanter, tu celui-l\u00e0. Un moment debout, faisait face pas \u00e0 pas \u00e0 toutes les formes oppos\u00e9es. Un moment mousseux, les pieds nus un jour contre, un carrelage blanc. Un moment de d\u00e9tours fuit la lumi\u00e8re. Un moment surplombant, un moment passerelle entre, un moment \u00e0 rejoindre. Un moment avance, d\u00e9termin\u00e9 dans le temps poreux de la rue. Un moment craque sous le poids des mots oubli\u00e9s bient\u00f4t. Un moment sept fois identique \u00e0 lui-m\u00eame, un hoquet, un reflet dans un reflet de ciment parfait. Un moment oblique, un moment dans un plan, un moment comme un point sur une carte. Un moment frondaison et sa distance infime de toute chose hors de lui. Un moment s\u2019\u00e9teindra, irr\u00e9gulier, la vieille ampoule, l\u2019air br\u00fbl\u00e9. Un moment regard\u00e9 de trop pr\u00e8s, sa consistance contre la peau, gluant. Un moment en lambeaux, petits tas \u00e9pars contre les marches, le temps finira bien par repasser ici et dans son souffle, emport\u00e9. Un moment o\u00f9 glisser trois mots pr\u00e9cieux. Un moment de fer forg\u00e9 lentement courb\u00e9 lentement l\u2019arbre s\u2019y est enroul\u00e9, finalement. Un moment d\u2019\u00e9crous, de noirs, de graisse. Un moment de va et vient, h\u00e9site intens\u00e9ment, profond cillement derri\u00e8re son mur. Un moment cueilli. Un moment comme une circulation en sens interdit. Un moment indiff\u00e9rent c\u2019est-\u00e0-dire sans la moindre diff\u00e9rence avec un autre qui viendra. Un moment-ogre rampant sous le ciel, mangeait le bois les mati\u00e8res, demain n\u2019aura plus faim. Un moment de lignes altern\u00e9es d\u2019abord puis entrelacs, dansait. Un moment en friches vivant. Un moment, paysages de bulles creuses, marcher dessus. Un moment colima\u00e7on revient \u00e0 lui-m\u00eame, ne desservait que lui-m\u00eame, retournera \u00e0 lui-m\u00eame. Un moment de rose et de gris, froid et fragile, dans sa fracture s\u2019entrevoit l\u2019int\u00e9rieur du temps. Un moment, blocs immenses, bouche le passage. Un moment s\u00e9ch\u00e9 dans le vent, se raidit, se raidira encore. Un moment comme une bifurcation : plonger sous l\u2019arbre ses cinq doigts tourn\u00e9s vers le temps ou pr\u00e9f\u00e9rer l\u2019hors-champs. Un moment hach\u00e9 de lumi\u00e8re, \u00e9tranges secondes, les tranches fondent. Un moment en touffes cercl\u00e9es d\u2019inerte, surgissement lent et les graines jadis sem\u00e9es. Un moment pr\u00e9cis, toujours ponctuel, malgr\u00e9 les rides qui l\u2019ont guid\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 lui. Un moment gris presque brillant, presque trop, immense, une cath\u00e9drale et ce petit vitrail rouge. Un moment \u00e9gratign\u00e9, gratt\u00e9 lieu apr\u00e8s lieu, une substance de lui s\u2019\u00e9coule jusqu\u2019ici, inondera le pr\u00e9sent. Un moment rouge vif malgr\u00e9 les ombres. Un moment frais, on dirait une clairi\u00e8re, entour\u00e9e d\u2019une for\u00eat, entour\u00e9e d\u2019un autre moment. Un moment double, comme les deux yeux d\u2019un visage tentant de s\u2019\u00e9viter dans le miroir, tourn\u00e9 vers un ailleurs. Un moment comme une meute aux trousses du temps. Un moment qui effleure la peau de la ville, toujours au m\u00eame endroit. Un moment imm\u00e9diatement solide, d\u00e8s l\u2019appel.&nbsp; Un moment dans l\u2019ombre de la cinqui\u00e8me heure. Un moment \u00e9cras\u00e9, seul le parfum de sa cendre. Un moment vertigineux, de soul\u00e8vement du coeur si haut qu\u2019il batte plus fort dans le ciel blanc. Un moment en retrait, la timidit\u00e9 des entrailles. Un moment qui ne peut \u00eatre touch\u00e9, br\u00fblant. Un moment suspendu \u00e0 l\u2019amont des cloches, les retient. Un moment parfait, presque. Un moment de mati\u00e8res r\u00e9unies, un moment de zinc, de feuille, de brique, de verre, de ciment, de sable, d\u2019air. Un moment \u00e0 sec, sa fontaine sans eau et les yeux humides pourtant. Un moment de galets sans rivage. Un moment ligne de fuite et les mains li\u00e9es suivront son fil. Un moment au loin, l\u00e0-bas, sous l\u2019horizon. Un moment surexpos\u00e9 aveuglant, les regards fragiles se retirent sur son passage. Un moment interrompu par l\u2019envol des oiseaux. Un moment sale, ne pas poser les mains dessus, l\u2019ouvrir seulement avec les yeux. Un moment devant soi revenu de loin, en ligne droite. Un moment pur, inexistant mais r\u00eav\u00e9 mille fois \u00e0 chaque instant. Un moment \u00e9troit, \u00e0 peine le passage d\u2019un corps \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur. Un moment flou. Un moment fr\u00f4le les murs, invisible, signale \u00e9trangement sa pr\u00e9sence. Un moment toujours \u00e0 contre-jour. Un moment ouvert, accueille tous les temps, toutes les choses, tous les corps, toute la, dans le creux d\u2019une main. Un moment cach\u00e9 dans un recoin, la poussi\u00e8re, la moisissure, il attendait. Un moment granuleux, \u00e9pais puis friable, dispara\u00eetra. Un moment conserv\u00e9 avec attention, refait \u00e0 neuf chaque fois que visit\u00e9, devenu monument. Un moment abandonn\u00e9, sa m\u00e9canique d\u00e9faite, a perdu son sens, son sens d\u2019\u00eatre le moment d\u2019un endroit, d\u2019un corps, d\u2019un envers en d\u00e9composition, un moment compostable. Un moment retrouv\u00e9 pendu, une t\u00e2che sombre dans la m\u00e9moire, une sc\u00e8ne de crime. Un moment penche, s\u2019appuie contre un autre, et un autre et encore, moments align\u00e9s, \u00e9tag\u00e8res de moments, rayonnages pleins, il suffit d\u2019un seul, basculement. Un moment, aux secondes de n\u00e9on clignotant, appelle. Un moment comme un puits o\u00f9 tombe une lumi\u00e8re dense, un moment un jour d\u00e9bordera.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-large-font-size\"><strong>BOOST#07 | CONJURATION<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Elle disait.<\/p>\n\n\n\n<p>Tu marcheras un pas de plus. Tu rejoindras l\u2019endroit le plus int\u00e9rieur. Tu approcheras tes mains de ta bouche. Tu souffleras et encore. Tu \u00e9p\u00e8leras les mots sur tes doigts. Tu \u00e9p\u00e8leras le paysage. Tu \u00e9couteras en retour. Du plus loin de toi tu entendras, l\u2019\u00e9cho de toute part. Il te rejoindra. \u00c0 toi reviendra et ses fils tendus entre toi et, entre toi et celles qui. Et dans la ville mes mains contre ma bouche.<\/p>\n\n\n\n<p>Je voudrais moi \u00e9chapper, lui \u00e9chapper, m\u2019\u00e9chapper de sa consistance, inventer il me faudrait alors. Longer son oblique&nbsp;renverser ses diagonales. P\u00e9trir sa mati\u00e8re enfoncer dedans mes doigts. Bifurquer son horizon creuser son silence. Aplatir sa verticale vider sa nuit. Prendre son \u00e9paisseur m\u00e2cher sa respiration. Arpenter son immobile aspirer ses contradictions. \u00c9crire son n\u00e9gatif \u00e9teindre sa lumi\u00e8re rouge. Former un mot. Un seul mot. Sur mes l\u00e8vres il est humide. Je le soul\u00e8ve le d\u00e9pose entier vivant sur la ville.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-large-font-size\"><strong>BOOST#06 | VISAGES<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La ville est un reflet. La ville est un miroir. Je crois, un jour, le jour celui du fond de l\u2019\u00e9t\u00e9, j\u2019ai regard\u00e9 et tout s\u2019est arr\u00eat\u00e9. Avant que je ne glisse. Avant que je ne sois d\u00e9vor\u00e9e. Avant. Avant. Mon visage ce jour-l\u00e0 a refus\u00e9 le reflet et maintenant dans ma main dans la ville et son ventre ce n\u2019est pas le mien. On dirait. Je ne me souviens plus de mon visage. Je me souviens de tous les visages que je n\u2019ai pas vu de tous les visages absents dans la ville absents des fen\u00eatres vides de la ville absentes les fen\u00eatres les rues pr\u00e9sents les visages dans la densit\u00e9 d\u2019un seul. Contre ce mur pupilles m\u00e9lang\u00e9es noires dans ce noir. Rides infinies entrem\u00eal\u00e9es on dirait les marches du temps les bouches, fig\u00e9es d\u2019un unique rictus \u00e9puis\u00e9, les dents. Creuses, creus\u00e9es comme la terre des sous-bois des abris pour ce qui rampe et les songes, le nez. Le souffle du cauchemar des cauchemars comme la b\u00eate traqu\u00e9e qui sait que la voie-sans-issue n\u2019est pas le refuge, \u00e9touff\u00e9e de salive rouge contre le mur, ce mur. Lui donner existence puisqu\u2019il est le seul visage de la ville, elle qui murmure qu\u2019elle voudrait un reflet, r\u00eave d\u2019une ombre mais. N\u2019est qu\u2019imagin\u00e9e, sa substance fragile dessin\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9mail de la derni\u00e8re dent du vieillard, lui inventer un pr\u00e9sent, un futur puis effacer son pass\u00e9, un vestige, un vieux reflet comme visage oubli\u00e9. On dirait. Dans ma main contre ce mur sur son \u00e9cho. Alors appara\u00eet ce visage des visages celui gluant retenu depuis toujours dans le sang de deux cuisses ouvertes. Alors je pense au ventre de ma m\u00e8re. Alors je pense au ventre de la ville et&nbsp; cherche ses cuisses. Alors faire na\u00eetre de mes mains \u00e0 nouveau au pied de ce mur, donner et prononcer un nom le graver.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-large-font-size\"><strong>BOOST#05 | CRI<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Un pas, un autre. Un berceau. Une coquille \u00e9ventr\u00e9e. Une gueule b\u00e9ante. Un nid. C\u2019est une chose chaude une chose br\u00fblante c\u2019est une fi\u00e8vre. Une coque f\u00eal\u00e9e qui irradie et diffuse, sa substance m\u2019attire. Je suis attir\u00e9e. Je ne veux pas je suis immobile la coquille est immobile et pourtant la distance se contracte. Une corde s\u2019enroule dans ma gorge m\u2019enlise me relie \u00e0. Cette gueule ouverte me tient m\u2019absorbe. Je la sens. Je le sens comme une chose qui ne s\u2019entend pas qui ne se voit pas qui ne se touche pas, sans parfum, sa pr\u00e9sence de plasma gluant. En moi. C\u2019est quelque chose qui se d\u00e9fend dans la ville de la ville. \u00c0 l\u2019int\u00e9rieur il n\u2019y a rien il y a, un reflet en germe. Il y a dedans quelque chose qui grandit. Il y a dedans quelque chose qui pousse. C\u2019est un ventre dans le ventre de la ville et dans mon ventre un chemin priv\u00e9 de destination un chemin arrach\u00e9 \u00e0 la carte et une voix. Fi\u00e9vreuse qui pousse, une possible naissance. Pas maintenant le miroir. Pas maintenant il fait trop noir. L\u2019air manque. Il faut contenir les choses au-dedans car, rien ne les portera si, fragiles, elles sortent de mon ventre si elles sortent de ma bouche. Nul courant ascendant pour d\u2019un battement gagner l\u2019en dehors l\u2019au-del\u00e0 de la ville, d\u2019un battement briser son verre, d\u2019un battement trouver dans son paysage le plus aigu. Un mouvement va et vient. Aucune main contre le berceau, le mouvement de l\u00e8vres, les miennes. Pas un murmure, un r\u00eave sur mes l\u00e8vres silencieuses que j\u2019adresse aux ventres, au possible enfant. Son pr\u00e9nom enfin m\u2019a trouv\u00e9e je le c\u00e8de, au nid et la fi\u00e8vre. Monte tandis que mes paumes s\u2019ouvrent en grand et dedans, la ville patiente attend un cri.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-large-font-size\"><strong>BOOST#04 | TENIR T\u00caTE <\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Tenir t\u00eate non pas \u00e0 la ville mais au paysage \u2014 un simple mot, un mot de lignes qui fuient, un mot qui s\u2019efface dans la nuit, un mot dont les courbes se cachent d\u00e8s qu\u2019elles le peuvent \u2014 Je suis d\u00e9sormais le paysage dans la ville \u2014 un mot sans d\u00e9tails, brouille les perspectives, un mot enferm\u00e9 dans un cadre, un mot aux grandes masses sombres, un mot annul\u00e9 par un autre, brouillard \u2014 le brouillard est un mot dont la substance \u00e9chappe aux mains \u2014 Tenir t\u00eate aux mots sans substance \u2014 un jour je crois le brouillard s\u2019est d\u00e9pos\u00e9 sur mes cheveux a dessin\u00e9 une couronne pour mon visage dans un reflet je l\u2019ai vue j\u2019ai voulu la prendre de mes deux mains elle a disparu \u2014 Je suis le brouillard qui fait dispara\u00eetre le paysage de la ville \u2014 la pluie est un paysage lignes grises obliques elle approche elle s\u2019\u00e9loigne condense le brouillard et&nbsp; de tr\u00e8s loin tranche, la lumi\u00e8re \u2014 un jour je crois la pluie est n\u00e9e dans mes yeux et depuis y loge fait d\u00e9ferler les arcs-en-ciel sur mes joues aux mauvais jours \u2014 Je suis la pluie qui d\u00e9lave la ville \u2014 Tenir t\u00eate aux substances \u2014 celle du cuivre du bouclier renvers\u00e9 celle de la plume de l\u2019oiseau mort celle de l\u2019\u00e9corce contre ma joue celle des fleurs noires sans parfum \u2014 ici les substances s\u2019inversent se m\u00ealent, mentent \u2014 un jour je sais j\u2019\u00e9tais dans le ventre de ma m\u00e8re, la substance \u00e9tait autour de moi c\u2019\u00e9tait celle de ma m\u00e8re je mangeais la substance j\u2019\u00e9tais \u00e0 mon tour la substance, une substance chaude et s\u00fbre elle ne mentait pas elle \u00e9tait ma peau contre ma peau elle \u00e9tait mes veines dans mes veines elle emplissait ma gorge \u00e9tait ma gorge \u2014 Je suis aujourd\u2019hui devenue la substance de la ville \u2014 Tenir t\u00eate aux sensations \u2014 le vent n\u2019est pas un mot c\u2019est une sensation qui assombrit le paysage le vent n\u2019est pas un mot il est le complice des nuages qui sont une substance qui sont une sensation de desseins dans le ciel \u2014 le ciel n\u2019a pas de substance il n\u2019est pas un mot il est une sensation infinie, elles mentent elles trompent elles perdent \u2014 Je ne suis pas perdue dans la ville \u2014 j\u2019avance d\u2019un pas de lieux en lieux que je nomme et cueille \u2014 j\u2019avance et tiens t\u00eate aux choses de cette ville \u2014 j\u2019avance et tout se d\u00e9plie aux creux de mes mains, la carte de mes paumes grandit mes mains grandissent, bient\u00f4t la ville au creux de mes mains.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-large-font-size\"><strong>BOOST#03 | PEUR<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Je m\u2019assois. Car j\u2019ai peur. J\u2019ai peur de l\u2019int\u00e9rieur des choses. Peur de l\u2019int\u00e9rieur de la ville. Peur de ce qui est gluant. De ce qui colle \u00e0 la peau et \u00e0 mes pens\u00e9es. J\u2019ai peur que le noir creuse mes yeux. Que le silence vide mes oreilles. Que le temps p\u00e8le les paumes gluantes de mes mains. Que l\u2019air de la ville asphyxie mon nez. J\u2019ai peur des escaliers, du temps qu\u2019ils \u00e9puisent le long de leurs marches. J\u2019ai peur des escaliers qui remontent le temps et l\u2019acc\u00e9l\u00e8rent dans leurs profondeurs que je ne vois pas. J\u2019ai peur de la pellicule qui ronge ma peau, elle est fine presque imperceptible mais je la sens lorsque je suis assise je la sens lorsque je marche je la sens. J\u2019ai peur de la digestion de la ville. J\u2019ai peur de la forme dans laquelle elle me recrachera lorsqu\u2019elle aura achev\u00e9 son \u0153uvre. J\u2019ai peur de la mati\u00e8re des choses. J\u2019ai peur quand je ne sais pas si l\u2019endroit o\u00f9 je pose mon doigt sera mou ou dur. J\u2019ai peur de m\u2019enfoncer de passer au travers et de perdre mon chemin au-dedans. J\u2019ai peur de la lumi\u00e8re que je ne devine pas. J\u2019ai peur des ombres qui ont disparu. J\u2019ai peur dans la ville. J\u2019ai peur de mon visage que j\u2019imagine ourler un regard perdu. J\u2019ai peur des sons que je n\u2019entends pas mais que je sens cogner \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur. J\u2019ai peur de mes pas qui s\u2019enroulent dans le d\u00e9dale de la ville. J\u2019ai peur de leur silence et de leur pr\u00e9caution comme s\u2019ils devinaient la fine couche de glace et le lac sans fond au-dessous. J\u2019ai peur de croire cette ville peut-\u00eatre pos\u00e9e sur un lac sans fond. J\u2019ai peur des fondations des choses. J\u2019ai peur de l\u2019effritement du temps et des choses, de ce qu\u2019il avale de moi sans me le dire sans crier gare de ce qu\u2019il laisse derri\u00e8re lui, des traces dans la boue. J\u2019ai peur de la boue dans la ville y d\u00e9celer les indices des monstres qui r\u00f4dent et leurs empreintes pr\u00e8s des miennes. J\u2019ai peur des crocs qui, \u00e9tincelles blanches se faisant passer pour \u00e9toiles, sourient \u00e0 leurs proies \u00e9merveill\u00e9es par le ciel de la nuit continue de la ville. J\u2019ai peur de ses mouvements, ne suivent pas les respirations des vents que je sens tout autour, ne se r\u00e9fugient pas dans les voies sans issues, ne s\u2019engouffrent pas dans les b\u00e9ances, ne caressent pas les mati\u00e8res de la ville, les creusent. J\u2019ai peur de ce qui nourrit la ville elle qui attaque d\u00e9p\u00e8ce m\u00e2che puis oublie, elle se l\u00e8che la p\u00e9riph\u00e9rie sa salive gluante et moi qui suit gluante comme toute chose ici. J\u2019ai peur. Car j\u2019ai \u00e9t\u00e9 aval\u00e9e par la ville et je ne sais pas ce que cela signifie vraiment. J\u2019ai peur de m\u2019endormir ici. J\u2019ai peur de m\u2019allonger. J\u2019ai peur de fermer les yeux, mes paupi\u00e8res devenues ennemies chevauchent le paysage en d\u00e9composition les sucs de la ville les sucs de la ville, agissent. J\u2019ai peur des mots qui me viennent ou des images qu\u2019ils portent sur leur dos ou de ce qu\u2019ils approchent de la ville sans r\u00e9ussir \u00e0 dire. J\u2019ai peur de ce qu\u2019il reste de ma voix. Ici je me tais je ne sais pas si elle existe encore ma bouche est ferm\u00e9e je ne veux pas l\u2019ouvrir je ne peux pas l\u2019ouvrir elle est close tout ce que j\u2019entrevois autour de moi est clos. J\u2019ai peur de l\u2019immense clos autour de moi et je ne bouge pas. J\u2019ai peur des papillons contenus dans le moindre de mes gestes s\u2019ils s\u2019envolent quel pont lointain dans la ville s\u2019\u00e9croulerait o\u00f9 s\u2019accrocherait quelque ongle croyant encore la proximit\u00e9 d\u2019un sommet. J\u2019ai peur des montagnes \u00e0 gravir, cette ville ma montagne et derri\u00e8re une vall\u00e9e verdoyante ou, une falaise abrupte. J\u2019ai peur du mot r\u00e9el. J\u2019ai peur de sa mat\u00e9rialit\u00e9 ici, j\u2019ai peur de son mensonge permanent, j\u2019ai peur de sa consistance, gluante. J\u2019ai peur de ce mot-tout qui se suffit \u00e0 lui-m\u00eame. Il englobe tout il englobe tout et la ville et moi et d\u00e9tient tout et l\u2019int\u00e9rieur des choses que je ne vois pas mais qu\u2019il sait lui et les apparences et les mati\u00e8res celles qui font les choses et la ville et moi et transforme tout \u00e0 sa guise et nomme les perspectives et la mienne par cette ville d\u00e9vor\u00e9e je ne sais plus le sens car j\u2019ai peur. J\u2019ai peur et je me l\u00e8ve. Sur mes deux pieds je me l\u00e8ve.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-large-font-size\"><strong>BOOST#02 | PORTES<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La chaleur est dans le dos et pousse la sueur est dans le cou et pousse devant elle est verte sombre elle sent l\u2019humidit\u00e9 feuilles immenses brillantes d\u2019une pluie pass\u00e9e une brume l\u00e9g\u00e8re monte s\u2019y agrippent des racines comme autant de doigt prot\u00e9geant la porte et son seuil la poign\u00e9e est br\u00fblante l\u2019air \u00e9pais il faut \u00eatre volontaire il faut vouloir entrer appuyer porter le poids de son corps si petit soit-il vers l\u2019avant contre elle actionner les muscles du bras du poignet ferme la main contre pour que le vert c\u00e8de qu\u2019il s\u2019ouvre la chaleur s\u2019engouffre et le corps p\u00e9n\u00e9trer. L\u2019escalier tourne son b\u00e9ton brut ses marches enivr\u00e9es s\u2019enroulent un serpent son sang froid son sifflement compter jusque seize ou plut\u00f4t un d\u00e9compte qui s\u2019avance les secondes sont les marches sont le b\u00e9ton l\u2019arbre \u00e0 la s\u00e8ve rouge comme cette porte seule qu\u2019il faudrait entailler et la fa\u00e7ade qu\u2019elle condamne l\u2019\u0153il est minuscule un noeud dans le grand temps de l\u2019arbre qui ne laisse rien deviner du silence ou des jeux de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 comme il faut basculer dans cet autre versant du monde ne pas sonner ne pas frapper dans un glissement entrer. Lumi\u00e8re jaune tr\u00e8s jaune tr\u00e8s faible les sons ricochent se pendent aux rais de lumi\u00e8re que les pas pi\u00e9tinent un \u00e0 un le parfum de jach\u00e8re ne se dissipe pas accroch\u00e9 aux murs lisses tr\u00e8s lisses ne pas reculer ne pas cueillir les fleurs sauvages du chambranle juste une porte blanche comme les pens\u00e9es volatiles des oiseaux s\u2019effarouchent du frisson de la serrure un grincement avancer. Des grappes de baies vives odorantes garnissent ses panneaux le miel ou le soleil un reflet un miroir quelque chose qui se traverse translucide une transparence qu\u2019on n\u2019ose du doigt effleurer les gonds vibrent la mati\u00e8re s\u2019\u00e9tire change on devine le ciel ou l\u2019eau elle est grande devant elle s\u2019\u00e9paissit au m\u00e9tronome des pas qui approchent les montants appellent comme appelle la m\u00e8re l\u2019enfant \u00e0 l\u2019heure du coucher c\u2019est la nuit un demain possible un fruit d\u00e9fendu qu\u2019est cette porte abaisser les paupi\u00e8res penser en \u00e9toiles alors quand le corps s\u2019engourdit passer. D\u2019acier et de verre l\u2019hiver quand le ciel s\u2019appuie aux \u00e9paules des vivants les poussant vers deux portes un tri deux files un choix deux solutions elles sont neutres elles ne disent rien de l\u2019amont de l\u2019aval elles coupent couche de glace pour surfaces dessous les profondeurs un oc\u00e9an peut-\u00eatre un monstre peut-\u00eatre le chant de la porte divise l\u2019\u00e2me de la porte cache un dessein peut-\u00eatre un paysage peut-\u00eatre d\u2019acier et de verre l\u2019hiver les mains tremblent les joues rouges et la paume contre le battant le c\u0153ur refroidi alors traverser.<br><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-large-font-size\"><strong>BOOST#01 | TERRE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>ST1<\/p>\n\n\n\n<p>La terre danse. Elle danse immuable. Elle danse les arbres leur bois ses instruments et les feuilles les mouchoirs agit\u00e9s de nombreux doigts. Elle danse elle gronde de volcans en basse continue. La terre danse par\u00e9e des couleurs de ses \u00e2ges les plus profonds. Poudres collantes aux joues du monde honteux explosent au ciel ses \u00e9clats de voix en fumerolles, parfum\u00e9es. La terre danse. Tend les peaux o\u00f9 s\u2019abattent ses rythmes claquements de la terre, partition de la terre qui s\u2019ouvre. Jaillit sa langue, langue de terre syllabes-paysage. La terre danse il faut \u00e9couter la poussi\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>ST2<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qu\u2019il faut de salive pour retrouver la terre cette terre cette terre rouge la salive est \u00e9paisse comme la terre apr\u00e8s la pluie dense. Ce qu\u2019il faut m\u00e2cher les souvenirs pour remodeler la terre lui donner forme. Ce qu\u2019il faut p\u00e9trir les r\u00eaves les \u00e9changer contre, une pi\u00e8ce. D\u2019une monnaie inconnue, troquer les verbes gagner, les images qui manqueront \u00e0 la terre m\u00eame \u00e9vanescentes les planter dans la terre l\u2019embrasser la terre cracher dessus la terre non pas en m\u00e9pris mais en don de soi \u00e0 la terre ce qui a \u00e9t\u00e9 sem\u00e9 germera fleurira donnera \u00e0 son tour \u00e0 la terre la vigueur de mots neufs grav\u00e9s de m\u00e9moires vives au fond des bouches les plus s\u00e8ches.<\/p>\n\n\n\n<p>ST3<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019\u00e9tale la terre sur mon visage. J\u2019\u00e9tale la terre sur mes bras. J\u2019\u00e9tale deviens poussi\u00e8re de la terre. Je m\u2019effrite. Je refuse la pluie pr\u00e9f\u00e8re les cendres rouges de la terre, le fer vieux diss\u00e9min\u00e9 aux vents je suis le fer pur je suis un atome seul j\u2019entre dans la terre j\u2019entame un nouvel \u00e2ge je parle \u00e0 la terre je lui dis composte-moi dans ma main une poign\u00e9e que dans ma bouche j\u2019introduis la terre a le go\u00fbt du sang des lign\u00e9es que je reconnais et sa poussi\u00e8re je la retiens chaque grain je l\u2019\u00e9coute une id\u00e9e de la terre se r\u00e9pand sur le monde les pens\u00e9es de la terre partout submergent qu\u2019on ignore tandis. Qu\u2019elles r\u00e9v\u00e8lent les destinations des souffles les plus puissants, leur propagande s\u00e9dimentaire une invitation au retour \u00e0 la terre : creuser en soi.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>ST4<\/p>\n\n\n\n<p>La terre ferrugineuse est l\u2019horizon flamboyant du jour tombant.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-large-font-size\"><strong>BOOST#00 | BOUT DU MONDE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>T\u2019approcher par la ville, c\u2019est d\u2019abord l\u2019oc\u00e9an dont les p\u00eacheurs se d\u00e9fendent d\u2019un long empierrement et leurs pirogues \u00e0 <em>god first<\/em> \u00e0 <em>messi<\/em> \u00e0 <em>no one cares<\/em>, elles ne s\u2019agitent pas elles sont berc\u00e9es, leur bleu plus soutenu que le ciel, leur blanc plus d\u00e9lav\u00e9 que les nuages, leurs drapeaux plus fatigu\u00e9s que le vent, t\u2019approcher lorsqu\u2019au loin tu n\u2019es qu\u2019une masse grise signal\u00e9e de sept palmiers parfaits qu\u2019on croirait plant\u00e9s dans l\u2019eau &#8211; o\u00f9 plongeraient alors leurs racines, sans doute dans tes profondeurs jadis fertiles &#8211; et les go\u00e9lands se d\u00e9tournent de ton ombre on dirait qu\u2019ils savent que tu es une fin en soi, la fin d\u2019un paysage ou de l\u2019histoire, peu importe. C\u2019est toi tu approches tu happes tu attires dans ton silence gris qui, \u00e0 mesure, pas \u00e0 pas, \u00e0 pas, \u00e0 pas, aspire les distances jusqu\u2019\u00e0 ce que ton gris lointain r\u00e9v\u00e8le l\u2019immacul\u00e9e, tu voudrais, blancheur de ta fa\u00e7ade tourn\u00e9e vers l\u2019horizon et alors tes couleurs livrent un secret bien gard\u00e9 le blanc, le tien surtout, reste plus sombre que tous les orages qui des si\u00e8cles durant ont frapp\u00e9 \u00e0 ta porte mais jamais elle n\u2019a c\u00e9d\u00e9 bien gard\u00e9e, fort tu es. Ainsi tu t\u2019imposes cha\u00eenes tendues tu offres ta gueule ouverte blanche ta gueule son haleine de six si\u00e8cles d\u00e9vers\u00e9e contre les terres contre l\u2019oc\u00e9an contre l\u2019harmattan contre les sables en fines couches corps apr\u00e8s corps et ces canons tendus eux aussi t\u2019entourent, un collier \u00e0 ton cou, ils sont noirs chantent-ils encore ou sont-ils aphones que racontent-ils leur bouches en rond align\u00e9es s\u2019\u00e9tonnent du silence des eaux tout autour et les pirogues au loin t\u2019ignorent, elles savent pourtant ce que tu as enfoui dans ton ventre et dans l\u2019eau et dans le bateau qui partait voiles gonfl\u00e9es immenses que tu suivais de ton regard sublime et la danse des corps aval\u00e9s que tu chor\u00e9graphiais au petit matin, tout petit matin, chaque petit matin. Tes colonnes. Arrondies ouvertes on entend encore dans le silence qui siffle le long de tes parois les chuchotements avis\u00e9s, quelques ordres r\u00e9sonnent les entends-tu et d\u00e9valent tes escaliers s&rsquo;\u00e9pandent dans ta cour int\u00e9rieure, fumier fumant \u00e9pais colle les talons on titube encore, encore ici les esprits ivres les vapeurs de l\u2019histoire tu les as emprisonn\u00e9es et pourtant plus pr\u00e8s on voit bien qu\u2019ici, depuis cette perspective l\u2019oc\u00e9an derri\u00e8re et toi devant, tes murs s\u2019effritent \u00e0 force de contrer les vagues ou de vomir l\u2019\u00e9b\u00e8ne, ton blanc nuptial grouille de vers non-dits et p\u00e2lit chaque jour chaque jour, chaque jour car jamais tu n\u2019as r\u00e9pondu \u00e0 la question que la terre, les corps nus et les ventres vides te posaient <em>\u00d4 Elmina<\/em> <em>as-tu aim\u00e9 un jour ?<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>BOOST #10 | PLUS LOIN Aller \u2014 je l\u2019ai fait \u2014 traverser la ville ses virgules accumul\u00e9es empil\u00e9es dans son noir, tranchantes \u00e0 la crois\u00e9e de ses mots gluants, fa\u00e7ades poreuses contre mes doigts. Aller \u2014 je l\u2019ai fait \u2014 bousculer la ville ses ombres nues, lettres rugueuses sans aucun langage. Aller \u2014 je l\u2019ai fait \u2014 ramasser ses lambeaux, <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/boost-le-recap-semaine-apres-semaine\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">BOOST &#8211; Le r\u00e9cap #00 \u00e0 #10<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":346,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[7303,7317,7342,7351,7363,7369,7386,7390,7395,7404,7302],"tags":[],"class_list":["post-182363","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-boost-01-bailly-bout-du-monde","category-boost-01-tarkos-la-terre","category-boost-02-beckett-portes","category-boost-03-jeanney-la-peur-en-lautre","category-boost-04-paul-valet-tenir-tete-a","category-boost-05-artaud-le-cri","category-boost-06-michaux-visages","category-boost-07-virginie-poitrasson-conjurations","category-boost-08-michaux-moments","category-boost-09-kafka-une-minute","category-boost"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/182363","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/346"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=182363"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/182363\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":184365,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/182363\/revisions\/184365"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=182363"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=182363"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=182363"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}