{"id":185004,"date":"2025-05-15T10:26:53","date_gmt":"2025-05-15T08:26:53","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=185004"},"modified":"2025-05-15T16:55:23","modified_gmt":"2025-05-15T14:55:23","slug":"boost-11-traversees-printemps-2025","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/boost-11-traversees-printemps-2025\/","title":{"rendered":"#boost #11, 11 bis,11 ter | r\u00eaves &amp; travers\u00e9es, printemps 2025"},"content":{"rendered":"\n<p><a href=\"#11-l'insondable-obscurit\u00e9\">#11 &#8211; l&rsquo;insondable obscurit\u00e9 des for\u00eats<\/a><br><a href=\"#11bis-houle-au-coeur-des-t\u00e9n\u00e8bres\">#11bis &#8211; houle au c\u0153ur des t\u00e9n\u00e8bres<\/a><br><a href=\"#11ter-nyctale\">#11ter &#8211; Tengmalm<\/a><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/P1020283-1024x768.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-185008\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/P1020283-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/P1020283-420x315.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/P1020283-768x576.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/P1020283-1536x1152.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/P1020283-2048x1536.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"><em>Photographie fran\u00e7oise renaud, C\u00e9vennes 2020<\/em><\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\" id=\"11-l'insondable-obscurit\u00e9\"><em>#11 &#8211; l&rsquo;insondable obscurit\u00e9 des for\u00eats<\/em><\/h4>\n\n\n\n<div style=\"height:30px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\"><em>ce serait un peu comme dans un roman entrepris il y a plusieurs ann\u00e9es \u2014&nbsp;demeur\u00e9 en suspens \u00e0 cause de certaines circonstances, peut-\u00eatre en attente de nouvelles embard\u00e9es et de r\u00eaves plus r\u00e9cents&nbsp;\u2014,<\/em><br><em>un roman dont nous en serions les personnages<\/em><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">Et nous avancions dans une obscurit\u00e9 d\u00e9j\u00e0 bien install\u00e9e. Sous ces latitudes septentrionales, la nuit dure deux fois plus que le jour si bien que le noir et le froid s\u2019installent vite. Nous devions \u00eatre plusieurs. Il m\u2019arrive encore de me souvenir du groupe que nous formions et du nom de chacun. Parfois nous nous fr\u00f4lions \u00e0 l\u2019\u00e9paule comme pour tenter de nous rassurer dans cette avanc\u00e9e in\u00e9dite \u00e0 travers les hauts f\u00fbts noirs dont l\u2019\u00e2ge se comptait en si\u00e8cles. Parfois m\u00eame nous nous heurtions \u00e0 cause du d\u00e9hanchement engendr\u00e9 par notre marche rapide, \u00e0 cause des rapprochements incontr\u00f4l\u00e9s et de l&rsquo;instabilit\u00e9 des terrains travers\u00e9s. Pas question de faire bivouac. Nous devions rester en mouvement pour combattre le froid et filer au plus loin au plus vite. \u00c9tions-nous en train de fuir un drame, une guerre, un incendie&nbsp;? La situation l\u2019imposait sans en r\u00e9v\u00e9ler les raisons. Et il nous semblait que des animaux couraient aussi \u00e0 notre flanc et \u00e0 notre vitesse, de gros animaux \u00e0 fourrure qui nous avaient rejoints et qui nous accompagnaient depuis un certain temps. Nous les avions aper\u00e7us quand ils s\u2019\u00e9taient rapproch\u00e9s, nous n\u2019avions pas eu peur. D\u00e9sormais nous pouvions entendre leurs souffles qui r\u00e9pondaient aux n\u00f4tres, constituant une sorte de rumeur chaude et insolite qui remplissait l\u2019espace \u00e0 l\u2019entour et ressemblait \u00e0 un brouillard sonore, et cette rumeur nous soutenait dans notre folle progression jusqu\u2019\u00e0 nous faire frissonner. Non, nous n\u2019avions pas peur d\u2019eux, ils n\u2019\u00e9taient pas ennemis, bien au contraire ils \u00e9taient de notre c\u00f4t\u00e9, et ils nous rassuraient avec leur odeur de suint et de cuir et de chair vivante, ils nous encourageaient \u00e0 demeurer encore sur le fil mince et abrupt entre vie et survie, entre respiration et arr\u00eat de la respiration. Nous tenions haut et ferme les flambeaux de cire qui nous avaient \u00e9t\u00e9 confi\u00e9s \u00e0 un moment donn\u00e9 de l&rsquo;histoire. Ils dessinaient des formes mouvantes sur la peau des animaux de troupeau et nous conduisaient au hasard des espaces qui subitement s\u2019ouvraient sans toutefois nous r\u00e9v\u00e9ler o\u00f9 commen\u00e7aient les ab\u00eemes. En fait nous ne pouvions rien distinguer d\u2019autre que l&rsquo;odeur et le souffle de ces grands animaux unis \u00e0 nos sentiments contradictoires et \u00e0 l\u2019insondable obscurit\u00e9 des for\u00eats.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">De plus en plus le froid avait commenc\u00e9 \u00e0 nous enserrer les membres \u00e0 faire mal, \u00e0 hurler. Nous n\u2019avions pas mang\u00e9 depuis longtemps. Nous en avions la bouche d\u00e9chir\u00e9e. Nous haletions. Parfois nous lancions des cris pour tenir \u00e0 distance les loups et nous donner du courage. Nous nous trouvions sur la fronti\u00e8re ultime. Tout pouvait s\u2019arr\u00eater d\u2019un instant \u00e0 l\u2019autre mais, en attendant ce moment de la chute &#8212; ou du r\u00e9veil &#8211;, un \u00e9quilibre fantastique r\u00e9gnait entre les hommes et les b\u00eates et la mouvance des flammes r\u00e9verb\u00e9r\u00e9es par l\u2019\u00e9paisseur des frondaisons. \u00c0 la fin nous ne touchions plus le sol, nous \u00e9tions aspir\u00e9s par la nuit et par l\u2019intensit\u00e9 du r\u00eave, celui de franchir la fronti\u00e8re du Sud et peut-\u00eatre un jour d\u2019atteindre la mer. Probable que nous courions \u00e0 notre perte.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:35px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\" id=\"11bis-houle-au-coeur-des-t\u00e9n\u00e8bres\"><em>#11bis &#8211; houle au c\u0153ur des t\u00e9n\u00e8bres<\/em><\/h4>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">D\u00e8s le c\u0153ur de l\u2019hiver nous avions commenc\u00e9 tous les deux \u00e0 nous rencontrer en secret. Dans ce territoire aux confins du monde connu, le moment finissait toujours par arriver o\u00f9 l\u2019obscurit\u00e9 \u00e9tait suffisamment install\u00e9e pour donner \u00e0 la peau une couleur de pierre et confondre les corps \u00e0 la v\u00e9g\u00e9tation. C\u2019\u00e9tait une sorte de signal. Nous \u00e9chappions alors \u00e0 nos activit\u00e9s et \u00e0 nos compagnies et nous sortions au-del\u00e0 des remparts. La for\u00eat nous appelait, nous attendait. L\u2019air \u00e9tait charg\u00e9 de l\u2019humidit\u00e9 de la neige et de la promesse de neige. D\u2019un coup tout se modifiait de nos expressions et de nos postures et l\u2019urgence \u00e0 agir que nous ressentions depuis que le grand d\u00e9sarroi avait touch\u00e9 le pays, devenait plus flagrante qu\u2019en plein jour. Et ce soir-l\u00e0 nous nous retrouv\u00e2mes plus tard que d\u2019habitude. Nous ne disposions pas d\u2019instruments capables d\u2019indiquer l\u2019heure mais nous la devinions \u00e0 la densit\u00e9 du noir, \u00e0 l\u2019intensit\u00e9 des \u00e9toiles et au degr\u00e9 de refroidissement de la terre. Mermel et moi demeurions tr\u00e8s prudents. Nous savions que l\u2019avenir de ceux que nous aimions \u00e9tait en jeu, \u00e0 ce sujet nous n\u2019avions jamais de repos. Le secret pr\u00e9servait l\u2019avenir. De cela nous parl\u00e2mes ardemment et aussi d\u2019une vie nouvelle qui pourrait se r\u00e9v\u00e9ler si nous osions nous risquer au-del\u00e0 des montagnes blanches. Les murmures qui composaient notre conversation, grandirent en un battement singulier issu de nos bouches, de nos mains et de nos yeux exorbit\u00e9s, un battement qui \u00e0 la fois p\u00e9n\u00e9trait l\u2019int\u00e9rieur des poitrines et occupait les canop\u00e9es. <br>Nous r\u00eavions de lib\u00e9ration, d\u2019une vraie vie de tribu retrouv\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">D\u2019autres rejoignirent notre conciliabule en bordure de for\u00eat. Il m\u2019arrive de me souvenir du groupe que nous form\u00e2mes soudain et du nom de chacun m\u00eame si la plupart des visages m\u2019\u00e9chappent \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 je parle. Les t\u00e9n\u00e8bres nous absorbaient en leurs replis, transformaient et durcissaient nos traits, malgr\u00e9 tout nous nous reconnaissions, et la forte connivence qui \u00e9tait en train de s\u2019\u00e9tablir, circulait d\u2019homme \u00e0 homme. Juste apr\u00e8s, nous entr\u00e2mes dans une esp\u00e8ce de ronde et nous commen\u00e7\u00e2mes \u00e0 avancer de plus en plus vite. Les pieds ne touchaient plus le sol. Bient\u00f4t il y eut des b\u00eates autour de nous, des b\u00eates lourdes et sauvages. D\u2019o\u00f9 venaient-elles&nbsp;? Sans doute de ces zones de prairies au-del\u00e0 des falaises bleues encore inexplor\u00e9es. <em>D\u2019abord nous entend\u00eemes leurs souffles qui r\u00e9pondaient aux n\u00f4tres, constituant une sorte de rumeur chaude et insolite qui remplissait l\u2019espace \u00e0 l\u2019entour et constituait un brouillard sonore, et cette rumeur nous soutenait plus que tout dans notre progression jusqu\u2019\u00e0 nous faire frissonner. Non, nous n\u2019avions pas peur d\u2019elles, elles n\u2019\u00e9taient pas ennemies, bien au contraire elles \u00e9taient de notre c\u00f4t\u00e9, et elles nous rassuraient avec leur odeur de suint et de cuir et de chair vivante, elles nous encourageaient \u00e0 demeurer encore sur le fil mince et abrupt entre vie et survie, entre respiration et arr\u00eat de la respiration.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">Ainsi nous toutes, cr\u00e9atures en cette folle randonn\u00e9e r\u00e9unies \u00e0 l\u2019\u00e9coute les unes des autres, nous hurl\u00e2mes notre capacit\u00e9 \u00e0 \u00e9chapper aux cataclysmes et aux d\u00e9sastres, \u00e0 repousser les terreurs, \u00e0 \u00e9prouver m\u00eame une esp\u00e8ce de plaisir \u00e0 courir voler et tenter l\u2019impossible. Notre cavalcade nocturne \u00e0 travers les terres hostiles devint h\u00e9ro\u00efque. Rien ne vint la contraindre. La rumeur continua de rouler sous le vent. Elle semblait ne jamais avoir de fin. Il me semble que beaucoup plus tard, je regardai la troupe des hommes et des animaux par le dessus, une capacit\u00e9 extraordinaire qui m\u2019aurait \u00e9t\u00e9 subitement donn\u00e9e et qui m\u2019aurait rendu capable d\u2019acc\u00e9der \u00e0 une vision hallucin\u00e9e des mouvements de cet immense troupeau. La houle \u00e0 l&rsquo;odeur de toison ondulait au c\u0153ur des t\u00e9n\u00e8bres Au fond tr\u00e8s loin, se d\u00e9veloppaient des lueurs ambr\u00e9es z\u00e9br\u00e9es d\u2019\u00e9clair juste avant le black-out.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:36px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading\" id=\"11ter-nyctale\"><em>#11ter &#8211; Tengmalm<\/em><\/h4>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\" style=\"font-size:19px\"><em>Riks<\/em><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">Mermel parle peu. Ce n\u2019est pas un talent indispensable pour le voyage que nous nous appr\u00eatons \u00e0 entreprendre et je sais que je peux compter sur lui en tout. Il est robuste et ses mains sont aussi puissantes que des m\u00e2choires d\u2019ours. Il est aussi capable de courir et de tenir longtemps sans nourriture. Mais c\u2019est vrai qu\u2019il parle peu, et quand il le fait, il r\u00e9p\u00e8te les m\u00eames choses comme s\u2019il s\u2019adressait \u00e0 lui-m\u00eame. Par exemple il dit que la nuit dure plus que le jour. Il dit qu\u2019il lui faudrait des yeux de chouette de Tengmalm pour avancer sans peur \u00e0 travers la for\u00eat. Il se demande quel \u00e2ge ont les plus grands des arbres. Toujours question de temps avec Mermel. Je lui conseille de ne pas trop remuer d\u2019histoires dans sa t\u00eate, de rester aux aguets, d\u2019observer les animaux qui nous accompagnent dans la vie et dans nos r\u00eaves, de v\u00e9n\u00e9rer aussi ceux qui avaient affront\u00e9 avec nos anc\u00eatres l&rsquo;hostilit\u00e9 des grandes terres pour \u00e9chapper aux barbares.<br>\u00ab&nbsp;Tu sais, les animaux se d\u00e9placent en horde tout comme les hommes. Apr\u00e8s le r\u00eave ils continuent \u00e0 courir \u00e0 notre voisinage et ils m\u00ealent leurs appels \u00e0 nos souffles et \u00e0 nos fureurs.&nbsp;Ils ne meurent jamais. Ils seront notre meilleur atout.&nbsp;\u00bb <br>Je me demande si sa part secr\u00e8te ne pourrait pas menacer son \u00e9quilibre mental sous certaines conditions.<br>\u00c0 pr\u00e9sent j\u2019ai h\u00e2te de voir comment il va se d\u00e9brouiller au cours de la nuit rituelle.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\" style=\"font-size:19px\"><em>Mermel<\/em><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">Content que Riks m\u2019ait choisi. Je devrais faire partie de la prochaine exp\u00e9dition \u00e0 condition de me soumettre \u00e0 la derni\u00e8re \u00e9preuve. Je ne sais pas si tous de l\u2019\u00e9quipe vont tenir le coup. Riks est confiant. Je le suis moins. On n\u2019est jamais s\u00fbr de rien et ce voyage est assez inqui\u00e9tant d\u2019autant que nous allons partir sans la moindre caution des Anciens. Ils n\u2019ont pas eu vent de nos conciliabules. Et maintenant il va me falloir avaler le breuvage du chaman, un test d\u00e9cisif.<br>C\u2019est pour ce soir, Riks me l&rsquo;a dit.<br>Dans la nuit nous irons hors du campement jusqu\u2019\u00e0 sa hutte Tout se jouera apr\u00e8s ses incantations autour du feu. Les flammes g\u00e9antes l\u00e8cheront la canop\u00e9e. Peu \u00e0 peu, nous les hommes, nous nous mettrons \u00e0 marcher puis \u00e0 courir, bient\u00f4t des b\u00eates en horde courront \u00e0 notre flanc, nous attraperons leurs crini\u00e8res et les chevaucherons, nous serrerons leurs poitrails entre nos cuisses, nous nous enivrerons de la vitesse et de leurs odeurs de fourrure et de sueur, nous hurlerons comme si nous \u00e9tions en train de fuir un incendie, empoignant leurs peaux nous deviendrons ivres et rageurs tandis que les nyctales de Tengmalm nous regarderont passer depuis leurs cachettes et leurs cris tr\u00e8s doux r\u00e9p\u00e9t\u00e9s se tisseront \u00e0 nos cris et nos respirations conjugu\u00e9es \u00e0 celles des b\u00eates jusqu\u2019\u00e0 constituer une sorte de rumeur chaude et insolite capable de remplir l\u2019espace des for\u00eats, une rumeur qui me soutiendra dans ma progression, il le faut, tout reste impr\u00e9visible et je ne suis l\u2019ennemi de personne. Je ne sentirai rien du froid \u00e0 cause de la potion d\u2019herbes. Si j\u2019atteins le seuil fantastique d\u2019\u00e9quilibre entre la vie et la survie, entre le souffle et le vide, alors je deviendrai capable de conjurer l\u2019effroi et de d\u00e9passer le temps du r\u00eave. Alors je serai capable de voir dans l\u2019obscurit\u00e9 comme la nyctale aux yeux d\u2019or.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\" style=\"font-size:19px\"><em>Kaja la corneille<\/em><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-size:18px\">Les hommes s\u2019agitent beaucoup ces temps-ci. Ils trafiquent dans la nuit autour de Riks. Ils complotent, parfois hurlent comme s\u2019ils \u00e9taient poss\u00e9d\u00e9s. Leurs cris transpercent l\u2019espace gel\u00e9. Impossible de les voir suffisamment pour d\u00e9chiffrer leurs visages, mes yeux sont impuissants dans le noir. De quoi jalouser ces petites chouettes foresti\u00e8res tr\u00e8s belles aux ailes arrondies qui ont le talent de la vision nocturne. Leurs plumes sont tr\u00e8s douces. Que mon croassement doit para\u00eetre bien vilain compar\u00e9 \u00e0 leurs petites notes d\u00e9licieuses et flut\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse has-text-align-center\">revenir vers un chantier en cours, profiter de l'\u00e9lan, <br>reprendre les noms propres et suivre l'odeur animale...<\/pre>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>#11 &#8211; l&rsquo;insondable obscurit\u00e9 des for\u00eats#11bis &#8211; houle au c\u0153ur des t\u00e9n\u00e8bres#11ter &#8211; Tengmalm #11 &#8211; l&rsquo;insondable obscurit\u00e9 des for\u00eats ce serait un peu comme dans un roman entrepris il y a plusieurs ann\u00e9es \u2014&nbsp;demeur\u00e9 en suspens \u00e0 cause de certaines circonstances, peut-\u00eatre en attente de nouvelles embard\u00e9es et de r\u00eaves plus r\u00e9cents&nbsp;\u2014,un roman dont nous en serions les personnages <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/boost-11-traversees-printemps-2025\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#boost #11, 11 bis,11 ter | r\u00eaves &amp; travers\u00e9es, printemps 2025<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":149,"featured_media":185008,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[7441,7450,7458,7302,1],"tags":[7461,7444,95,7460,7445,1033,6258],"class_list":["post-185004","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-11-draeger-marcher-dans-la-nuit","category-11bis-manuela-drager-avant-apres","category-boost-11ter-faulkner-eclater-le-nous","category-boost","category-atelier","tag-chouette-de-tengmalm","tag-forets","tag-houle","tag-nyctale","tag-odeur-de-cuir","tag-peur","tag-souffle"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/185004","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/149"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=185004"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/185004\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":186000,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/185004\/revisions\/186000"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media\/185008"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=185004"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=185004"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=185004"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}