{"id":185403,"date":"2025-05-08T12:42:28","date_gmt":"2025-05-08T10:42:28","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=185403"},"modified":"2025-05-09T00:19:52","modified_gmt":"2025-05-08T22:19:52","slug":"boost-11bis-recit-en-reve-de-marche","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/boost-11bis-recit-en-reve-de-marche\/","title":{"rendered":"#boost #11bis &#8211; r\u00e9cit en r\u00eave de marche"},"content":{"rendered":"\n<p><em>Une fois, nous marchions dans la nuit. Nous n\u2019y voyions rien, nous n\u2019avions pas de lumi\u00e8re. Nous n\u2019y voyions rien, nous n\u2019en avions pas besoin. Le chemin \u00e9tait large, nous le savions, nous le connaissions. Le chemin \u00e9tait large, il nous suffisait d\u2019avancer doucement, d\u2019explorer avec le bout du pied pour \u00eatre s\u00fbrs qu\u2019il n\u2019y ait pas d\u2019obstacle, puis de le poser doucement pour \u00eatre s\u00fbrs qu\u2019il n\u2019y ait pas de trou. Nous prenions appui. Nous faisions un pas, puis nous recommencions. Nous avancions lentement, comme \u00e7a, en encha\u00eenant les pas d\u00e9licats. Nous avancions lentement, comme \u00e7a, c\u2019\u00e9tait notre fa\u00e7on d\u2019avancer. Nous n\u2019\u00e9tions pas press\u00e9s et nous avions tant de choses \u00e0 nous dire. Sortant de la nuit obscure, nos paroles n\u2019avaient pas besoin de lumi\u00e8re pour s\u2019\u00e9couler. Nos paroles avan\u00e7aient bien plus vite que nous dans la nuit.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Nous avions appris \u00e0 marcher comme tous les enfants, arm\u00e9s de l\u2019innocence primaire d\u2019\u00eatre admir\u00e9s par nos g\u00e9niteurs. Marcher pour \u00eatre vus, \u00eatre aim\u00e9s, \u00eatre reconnus. Se lever, accepter de s\u2019\u00e9loigner de la terre accueillante, s\u2019engager dans l\u2019espace vertical, l\u00e0 o\u00f9 na\u00eet l\u2019espace, le vide, le monde. Nous nous \u00e9tions lev\u00e9s en gardant serr\u00e9 dans nos mains le pied de table de la salle \u00e0 manger, le barreau en bois de l\u2019enclos o\u00f9 nous nous \u00e9tions parqu\u00e9s ou encore l\u2019\u00e9tag\u00e8re du salon o\u00f9 reposaient les beaux livres. Et puis nous avions l\u00e2ch\u00e9 prise. Explorer l\u2019\u00e9quilibre. Tomber et se cogner la t\u00eate, pleurer. Se relever. Tomber encore. Se relever. Apprendre \u00e0 tomber. Sur les fesses rebondies d\u2019une couche \u00e9paisse. Se relever. Se tenir debout. Enfin.<br>De l\u00e0-haut, nous voyions le monde se r\u00e9v\u00e9ler devant nos yeux. Nous voyions et nous \u00e9tions vus. On nous souriait, on nous encourageait, on nous applaudissait. L\u2019horizon nous appelait. Nous avions alors lev\u00e9 un pied pour le rejoindre et nous \u00e9tions tomb\u00e9s. Forts d\u2019une exp\u00e9rience de la chute ma\u00eetris\u00e9e la plupart du temps, nous nous \u00e9tions relev\u00e9s et nous avions recommenc\u00e9 pour tenter, d\u2019exp\u00e9rience en exp\u00e9rience, de faire un pas. Puis un autre, et encore un autre. Autour de nous, nos parents criaient leur joie. Mais une fois acquis les principes de la marche, lentement, les vivas ont cess\u00e9, les hourras se sont \u00e9vent\u00e9s, l\u2019int\u00e9r\u00eat qui nous suscitions s\u2019est transform\u00e9 en silence indiff\u00e9rent. Alors, nous avions appris \u00e0 parler.<\/p>\n\n\n\n<p>Une fois que nous savions marcher, une fois que nous savions parler, une fois que nous savions aller de l\u2019avant et parler pour avancer, le chemin s\u2019est ouvert devant nous. Un grand chemin large et balis\u00e9. Bien s\u00fbr, nous rencontrions de temps \u00e0 autre quelques obstacles, ici une lourde pierre pouvant nous faire tr\u00e9bucher, l\u00e0 une branche \u00e9paisse nous invitant \u00e0 la chute. Nous tombions parfois, nous n\u2019avions plus le confort de la couche post\u00e9rieure pour amortir notre faux pas, mais nous nous relevions. Toujours. Un peu meurtri parfois, mais nous nous relevions toujours. Nous avions aussi appris \u00e0 parler, forc\u00e9ment, nous avions appris \u00e0 d\u00e9velopper nos pens\u00e9es dans des sch\u00e9mas \u00e9labor\u00e9s, \u00e0 \u00e9changer dans la complexit\u00e9, \u00e0 \u00e9couter les contraires. Plus nous marchions, plus nous parlions. Plus nous parlions, plus nous avancions.<br>Nous avions tellement avanc\u00e9 sur ce large chemin que nous le connaissions par c\u0153ur. Nous savions comment \u00e9viter les lourdes pierres et les branches \u00e9paisses, nous avions explor\u00e9 le monde avec nos jambes et avec nos mots. Mais nous en \u00e9tions arriv\u00e9s au point o\u00f9 nous ne savions plus si nous avancions. Nous croyions marcher, mais peut-\u00eatre \u00e9tions nous \u00e0 l\u2019arr\u00eat. Nous ne voyions plus rien d\u2019attirant \u00e0 l\u2019horizon, nous n\u2019avions plus envie de le rejoindre. Nous ne savions plus si nous avancions ou si nous reculions. Nous \u00e9tions perdus. C\u2019est \u00e0 ce moment qu\u2019une id\u00e9e salvatrice est pass\u00e9e dans nos t\u00eates. C\u2019est \u00e0 cet instant pr\u00e9cis que nous avions d\u00e9cid\u00e9 d\u2019explorer l\u2019envers des choses.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-black-color has-blue-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-elements-cc4c93bc28ae1968e0e2115658c6f40f\" style=\"font-size:15px\"><strong>codicille<\/strong> :&nbsp;<br>Proposition d\u2019\u00e9criture d\u00e9licate. Difficile je trouve (j\u2019aime). \u00c9videmment, pas s\u00fbr du r\u00e9sultat (j\u2019aime aussi). Le premier paragraphe en italique de ce #11bis est aussi le premier du #11, \u00e0 la suite duquel quatre autres paragraphes suivent dans le texte originel. Peut-\u00eatre int\u00e9ressant de lire la proposition #11 <a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/boost-11-marcher-dans-la-nuit-etude-de-cas\/\"><strong>ici<\/strong><\/a>, si le c\u0153ur vous en dit.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/vivek-TwFlpM77wiQ-unsplash-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-185404\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/vivek-TwFlpM77wiQ-unsplash-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/vivek-TwFlpM77wiQ-unsplash-420x280.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/vivek-TwFlpM77wiQ-unsplash-768x512.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/vivek-TwFlpM77wiQ-unsplash-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/vivek-TwFlpM77wiQ-unsplash-2048x1365.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Photo de&nbsp;<a href=\"https:\/\/unsplash.com\/fr\/@viveksxr?utm_content=creditCopyText&amp;utm_medium=referral&amp;utm_source=unsplash\">Vivek<\/a>&nbsp;sur&nbsp;<a href=\"https:\/\/unsplash.com\/fr\/photos\/chemin-de-pierre-grise-entre-un-champ-dherbe-brune-TwFlpM77wiQ?utm_content=creditCopyText&amp;utm_medium=referral&amp;utm_source=unsplash\">Unsplash<\/a><\/figcaption><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une fois, nous marchions dans la nuit. 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