{"id":186460,"date":"2025-05-22T12:35:11","date_gmt":"2025-05-22T10:35:11","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=186460"},"modified":"2025-05-22T12:35:12","modified_gmt":"2025-05-22T10:35:12","slug":"boost-11ter-ce-ne-me-semblait-pas-le-temps-de-se-parer-contre-les-coups-damour","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/boost-11ter-ce-ne-me-semblait-pas-le-temps-de-se-parer-contre-les-coups-damour\/","title":{"rendered":"#Boost #11ter Ce ne me semblait pas le temps de se parer Contre les coups d\u2019amour"},"content":{"rendered":"\n<p>L&rsquo;un :<br>Le train s\u2019arr\u00eata net. Personne ne sembla y pr\u00eater attention. Un vague soupir derri\u00e8re un journal, un autre, ronfl\u00e9 peut-\u00eatre, du n\u0153ud d\u2019un corps ensommeill\u00e9 pr\u00e8s de la porte du compartiment. Et puis le sien, profond, soulag\u00e9 presque, sans qu\u2019elle quitt\u00e2t un instant des yeux le paysage soudain fig\u00e9. On pouvait la regarder \u00e0 loisir, comme la neige qui tombait sans discontinuer. La promiscuit\u00e9 des compartiments en bannit toute g\u00eane dans d\u2019aussi longs voyages. L\u2019inconfort des m\u00e9chantes banquettes, l\u2019exigu\u00eft\u00e9 renforc\u00e9e par les bagages d\u2019hiver et les gros v\u00eatements, le vent coulis qui ne fait pas prier chaque fois que la porte s\u2019ouvre, tout cela contribue pratiquement \u00e0 ce que les passagers se serrent les coudes. Aucun de nous ne d\u00e9butait dans cet exercice.\u00a0Nous\u00a0savions prendre le mal en patience, reformulant \u00e0 intervalles r\u00e9guliers notre position, jamais longtemps meilleure. Elle seule semblait presque immobile, n\u2019\u00e9tait la vivacit\u00e9 de ses cils et les reflets de ses cheveux. Je me laissai capturer par cette image immuable \u00e0 chacun de mes retours entre sommeil et r\u00eave, divagation et ennui, sommeil et chute, perdition et naufrage\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;une :<br>J\u2019aime la neige. Elle m\u2019aime en retour. Elle offre la chute moelleuse, la mort douce et peint sur le paysage la r\u00e9alit\u00e9 d\u2019un autre, qui s\u2019amuserait de nous tous, ici-bas dans sa grande main. J\u2019aimais cette neige qui nous gardait l\u00e0. Nous n\u2019avancerions plus jusqu\u2019au matin. Par souci d\u2019\u00e9conomie, la seule lumi\u00e8re qui demeura \u00e9tait celle de la lune. Nous n\u2019avions pas \u00e9chang\u00e9 trois mots. Bonsoir, peut-\u00eatre, au moment o\u00f9 il prit place \u00e0 mes c\u00f4t\u00e9s pour ce voyage en suspens. J\u2019avais remarqu\u00e9 le blond cendr\u00e9 de ses cheveux, cette nuance sombre dans le clair, si rare dans ce pays. Plus tard, il m\u2019avait demand\u00e9 si sa montre indiquait l\u2019heure juste, hochant la t\u00eate pour ne pas faire entendre que je n\u2019\u00e9tais pas d\u2019ici, j\u2019avais vu ses yeux \u00e0 grandes paupi\u00e8res. Il se tenait tout contre l\u2019iris, coll\u00e9 \u00e0 la fen\u00eatre de son regard dont les vitres tremblaient au lieu de s\u2019embuer, sous l\u2019intensit\u00e9 de son souffle. Et je me demandai\u00a0: \u00ab\u00a0quand il dort, cet homme, est-ce que leur vibration cesse ou s\u2019intensifie, se lib\u00e8re\u00a0?\u00a0\u00bb, avant de ne plus y penser.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;un :Le train s\u2019arr\u00eata net. Personne ne sembla y pr\u00eater attention. Un vague soupir derri\u00e8re un journal, un autre, ronfl\u00e9 peut-\u00eatre, du n\u0153ud d\u2019un corps ensommeill\u00e9 pr\u00e8s de la porte du compartiment. 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