{"id":186815,"date":"2025-06-08T08:46:27","date_gmt":"2025-06-08T06:46:27","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=186815"},"modified":"2025-06-18T12:55:27","modified_gmt":"2025-06-18T10:55:27","slug":"boost-13-beckett-une-voix-dans-le-noir","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/boost-13-beckett-une-voix-dans-le-noir\/","title":{"rendered":"#boost #13 | Beckett, une voix parvient \u00e0 quelqu&rsquo;un dans le noir"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio\"><div class=\"wp-block-embed__wrapper\">\n<iframe loading=\"lazy\" title=\"#boost #13 | Beckett, une voix parvient a\u0300 quelqu&#039;un dans le noir\" width=\"800\" height=\"450\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/h_RSFQidmqI\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share\" referrerpolicy=\"strict-origin-when-cross-origin\" allowfullscreen><\/iframe>\n<\/div><\/figure>\n\n\n\n<p>\u2013&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/spip\/spip.php?article5365\">sommaire g\u00e9n\u00e9ral du cycle<\/a>;<br>_ sur Patreon, <a href=\"https:\/\/www.patreon.com\/posts\/boost-13-beckett-130974600\">t\u00e9l\u00e9chargement extrait de Samuel Beckett, <em>Compagnie<\/em><\/a> plus inscription et publier vos contributions, plus Zooms etc.);<br>_ contributions \u00e0&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/mail\/info.htm\">envoyer par mail<\/a>&nbsp;jusque samedi 14 juin !<\/p>\n\n\n\n<div data-wp-interactive=\"core\/file\" class=\"wp-block-file\"><object data-wp-bind--hidden=\"!state.hasPdfPreview\" hidden class=\"wp-block-file__embed\" data=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/boost_13_Beckett_noir-8.pdf\" type=\"application\/pdf\" style=\"width:100%;height:600px\" aria-label=\"Contenu embarqu\u00e9 #boost_13_Beckett_noir.\"><\/object><a id=\"wp-block-file--media-e7429cb5-2ec0-44d1-b7a6-098e84c29f34\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/boost_13_Beckett_noir-8.pdf\">#boost_13_Beckett_noir<\/a><a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/boost_13_Beckett_noir-8.pdf\" class=\"wp-block-file__button wp-element-button\" download aria-describedby=\"wp-block-file--media-e7429cb5-2ec0-44d1-b7a6-098e84c29f34\">T\u00e9l\u00e9charger<\/a><\/div>\n\n\n\n<p>\u00abUne voix parvient \u00e0 quelqu&rsquo;un dans le noir. Imaginer.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est le d\u00e9but l\u00e9gendaire de <em>Compagnie<\/em>, de Samuel Beckett (Minuit, 1980.<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis le d\u00e9but de ce cycle #boost on travaille sur mental et intensit\u00e9, la peur, le cri, l&rsquo;instantan\u00e9 ou la r\u00e9-incroduction du temps. <\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant, quand on se souvient de sa lecture de <em>Compagnie<\/em>, c&rsquo;est plut\u00f4t de ces figures sinon autobiographiques, r\u00e9f\u00e9ren\u00e7ables depuis des points pr\u00e9cis de la biographie de Beckett, qu&rsquo;on se souvient, m\u00eame fant\u00f4matiques,, m\u00eame irr\u00e9ductibles \u00e0 une sp\u00e9cificit\u00e9 autobiographique, qu&rsquo;on se souvient et qui font l\u00e9gende : non, la description de la chambre o\u00f9 il est n\u00e9, au moment pr\u00e9cis de l&rsquo;accouchement, ne participe pas du simple souvenir. Mais une sc\u00e8ne comme l&rsquo;adolescent sautant de la falaise, et encore plus celle du p\u00e8re qui, pour se prot\u00e9ger des sons qui lui parviennent \u00e0 travers la maison, de cet accouchement, s&rsquo;isole dans le garage, s&rsquo;assied dans la voiture et en ferme les portes, on n&rsquo;est pas habitu\u00e9 dans la tension abstraite de Beckett \u00e0 des allusions ou narrations aussi directement concr\u00e8tes.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais ce ne sera pas notre d&rsquo;irection. C&rsquo;est ce ph\u00e9nom\u00e8ne qui, dans la r\u00e9miniscence d&rsquo;un texte, privil\u00e9gie ces sc\u00e8nes plut\u00f4t que la matrice qui les organise, notre enjeu aujourd&rsquo;hui. Et donc, en prenant appui sur <em>Compagnie<\/em>, ce dispositif qui en cr\u00e9e la continuit\u00e9, Dispositif qui ouvre le livre, puis en devient la r\u00e9currence, chaque retour au dispositif s&rsquo;effectuant selon une modalit\u00e9 particuli\u00e8re, plus une nouvelle facette de l&rsquo;exploration int\u00e9rieure qu&rsquo;une simple variation.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce dispositif ? Il s&rsquo;\u00e9nonce d\u00e8s l&rsquo;incipit du livre : \u00abUne voix parvient \u00e0 quelqu&rsquo;un dans le noir. Imaginer.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Mais pas si simple, cette injonction du \u00abimaginer\u00bb. <em>Quelqu&rsquo;un<\/em>, certainement: un <em>il<\/em> neutre \u00e0 la troisi\u00e8me personne, mais aussi bien ce \u00abTu\u00bb (virgule suivi d&rsquo;un \u00abtu\u00bb avec majuscule, et ce sont les seules virgules, cette apostrophe, quand tout le texte est bati de phrases toutes droites sans autre ponctuation que le point. Donc quelqu&rsquo;un, et puis ce <em>dans le noir<\/em>. Un noir parfait ? Certainement, sauf quand un reste de ville, ou bien plus tard un d\u00e9but d&rsquo;aube, en creusera des nuances. Mais ce noir absolu, d&rsquo;une pi\u00e8ce close en pleine nuit opaque, est-ce le m\u00eame selon que le <em>quelqu&rsquo;un<\/em> ferme les yeux ou les garde ouverts? <\/p>\n\n\n\n<p>Et puis le corps : <em>\u00e9tendu sur le dos<\/em>. M\u00eame pas besoin de parler d&rsquo;insomnie, m\u00eame pas besoin d&rsquo;\u00e9voquer la dur\u00e9e. La perception corporelle, quand \u00e9tendu sur le dos dans le noir, devient monde. Ce qui per\u00e7oit et \u00e9nonce le monde c&rsquo;est ce dos tout entier, ce dos organisant le corps. <\/p>\n\n\n\n<p>Et maintenant la voix : quelqu&rsquo;un qui, pour s&rsquo;adresser au quelqu&rsquo;un, aurait pos\u00e9 une chaise au pied du lit et lui raconterait des sc\u00e8nes tir\u00e9es de sa propre vie? Je plaisante bien s\u00fbr.<\/p>\n\n\n\n<p>La voix est int\u00e9rieure. Elle surgit du mental, occupe la totalit\u00e9 des os du cr\u00e2ne, se per\u00e7oit depuis la physiologie habituelle de la voix, de la r\u00e9manence des voix: n&#8217;emp\u00eache que c&rsquo;est une voix issue du mental. Voix silencieuse ? Quand \u00e7a cogne si fort dans la t\u00eate, il ne peut s&rsquo;agir de silence. Et c&rsquo;est tout cela qu&rsquo;on d\u00e9plie.<\/p>\n\n\n\n<p>Beckett a commenc\u00e9 son travail d&rsquo;\u00e9crivain, vers 1935, par un essai sur Rimbaud (avant m\u00eame son \u00e9tonnant livre sur Proust, vingt ans avant le vrai d\u00e9but des \u00e9tudes proustiennes) : dans le \u00abje est un autre\u00bb, quelle part de cet \u00abautre\u00bb dans la voix int\u00e9irieure qui, du sein de ce corps \u00e9tendu dans le noir, fait acc\u00e9der \u00e0 soi-m\u00eame ?<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est ce que je vous propose. S&rsquo;en tenir \u00e0 ce corps immobile, \u00e9tendu dans le noir, yeux ouverts ou yeux ferm\u00e9s. Puis, dans la densit\u00e9 du noir, ce qu&rsquo;on per\u00e7oit de la voix int\u00e9rieure, et comment cette voix a les m\u00eames qualit\u00e9s physiologiques, concr\u00e8tes, d&rsquo;une adresse \u00e0 vous ext\u00e9rieure, et surgie du noir pour vous atteindre. <\/p>\n\n\n\n<p>Et s&rsquo;essayer \u00e0 la contrainte de Beckett : oublions la virgule pr\u00e9c\u00e9dant les apostrophes au \u00abTu\u00bb (seule la virgule au lieu du point permet de r\u00e9v\u00e9ler la majuscule), et allons du point au point, exclusivement.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans les variations de ce dispositif \u00e9pur\u00e9, \u00abune voix parvient \u00e0 quelqu&rsquo;un dans le noir\u00bb, la tentation des sc\u00e8nes interm\u00e9diaires, ce qu&rsquo;elles vont vous r\u00e9v\u00e9ler va cogner dans le cr\u00e2ne, chant d&rsquo;Ulysse : s&rsquo;il vous pla\u00eet, ignorez-les (ou revenez au cycle \u00abde l&rsquo;autobiographie comme fiction\u00bb), aujourd&rsquo;hui on s&rsquo;en tient seulement \u00e0 ce dispositif. Ce lux \u00e0 la fois continu et suspendu qui fait de <em>Compagnie<\/em> ce livre de l\u00e9gende, figure apr\u00e8s figure, guerre comprise, celle qu&rsquo;on sait de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de la jet\u00e9e, quelque part sur la c\u00f4te est de l&rsquo;Irlande, o\u00f9 tout est exactement comme depuis des mill\u00e9naires, et avant que Beckett, le mutique lecteur \u00e0 Normale Sup, le compagnon des promenades de Joyce (quelle voix celle qui parvient \u00e0 Molly Bloom \u00e9tendue dans le noir, dans la partie finale du <em>Ulysses<\/em> ?) s&#8217;embarque pour la clandestinit\u00e9 de la r\u00e9sistance fran\u00e7aise ?<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Rien d&rsquo;autre, ou bien exclusivement cela : le noir (dans le noir), quelqu&rsquo;un (ce double <em>quelqu&rsquo;un <\/em> qui est \u00e0 la fois le <em>il <\/em>\u00e9tendu dans le noir, et le <em>il <\/em> qui s&rsquo;adresse au corps \u00e9tendu), et puis la voix, la voix dans le cr\u00e2ne, la voix qu&rsquo;on ne peut s&rsquo;imaginer \u00eatre seulement la voix silencieuse du dedans. <\/p>\n\n\n\n<p>Et bien s\u00fbr, lire avec attention, d\u00e9cortiquer m\u00eame, le document joint avec trois exemples de points pr\u00e9cis de ce dispositif. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u2013&nbsp;sommaire g\u00e9n\u00e9ral du cycle;_ sur Patreon, t\u00e9l\u00e9chargement extrait de Samuel Beckett, Compagnie plus inscription et publier vos contributions, plus Zooms etc.);_ contributions \u00e0&nbsp;envoyer par mail&nbsp;jusque samedi 14 juin ! \u00abUne voix parvient \u00e0 quelqu&rsquo;un dans le noir. 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