{"id":186971,"date":"2025-06-12T13:06:06","date_gmt":"2025-06-12T11:06:06","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=186971"},"modified":"2025-06-12T13:09:38","modified_gmt":"2025-06-12T11:09:38","slug":"boost-13-une-etude","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/boost-13-une-etude\/","title":{"rendered":"# Boost # 13 | Une \u00e9tude"},"content":{"rendered":"\n<p>La nuit est presque d\u00e9faite et le corps mer \u00e9tale. Ni d\u00e9nouement, ni attente. Les battements du c\u0153ur semblent chercher une issue mais tout est clos. \u00catre au repos est une apparence. Quelque part dans le labyrinthe un courant se concentre. Fore un passage. Dans la respiration-m\u00eame, une force clandestine entre les parois : en gestation. Tant\u00f4t cri, tant\u00f4t chant, tant\u00f4t silence. M\u00e9tamorphoses de la voix. Le corps est un gisant du m\u00e9tavers. La circulation s\u2019opacifie, on dirait que l\u2019aube est proche, mais un essaim se forme. Il emprunte les canaux qui transportent les composants dans le lointain du dedans \u2014 limaille de mots aimant\u00e9s par la pr\u00e9sence nomm\u00e9e voix. On ne sait pourquoi ni comment mais une phrase surgit. Concr\u00e9tion mate. Ne donnant pas sur l\u2019ext\u00e9rieur. Quelque chose d\u2019imp\u00e9rieux qui attend d\u2019\u00eatre capt\u00e9, contenu, retenu : <em>Le matin Stendhal s\u2019en alla pour aimer les gens au bord de la fa\u00e7ade<\/em>. Dans cet espace appel\u00e9 sommeil, toute l\u2019attention rejoint la pr\u00e9sence de la phrase que personne n\u2019a prononc\u00e9e. L\u2019immobiliser, la garder intacte pour la retrouver, la comprendre dans le laboratoire du jour \u00e0 l\u2019instant nomm\u00e9 r\u00e9veil. Qui la parle ? Qui te parle \u00e0 travers elle ? Tu sais que tu es dans un espace interm\u00e9diaire mais tu ne veux pas refaire surface au moment o\u00f9 l\u2019esp\u00e8ce de parole prononc\u00e9e dans le r\u00eave mobilise ton \u00e9nergie. Tu ne veux pas quitter le champ des images en prenant le risque de r\u00e9fl\u00e9chir en plein r\u00eave. S\u2019en tenir au fait : elle a \u00e9t\u00e9 dite par ce qui fait penser \u00e0 la voix. Avec pas de bouche pour prononcer la phrase, pas de son, pas de livre dans lequel la phrase aurait pu \u00eatre lue, d\u00e9vor\u00e9e, avoir entam\u00e9 sa mue. Tu ne veux pas te r\u00e9veiller pour r\u00e9pondre aux questions qui vont la faire disparaitre avec le jour. Tu te dis sans mots que juste avant la phrase dans le r\u00eave il y avait un paysage en hauteur, avec le lac vu depuis le cimeti\u00e8re \u2014mer int\u00e9rieure qui freine les avanc\u00e9es de la ville en lui renvoyant la pr\u00e9sence des reflets \u00e0 l\u2019heure du couchant. C\u2019est l\u00e0 que tu comprends : la phrase est le paysage. Une \u00e9manation vivante. Cette fois, elle r\u00e9sonne, elle a trouv\u00e9 sa chambre d\u2019\u00e9chos. Chaque lettre, chaque mot brille dans la cavit\u00e9. <em>Le matin Stendhal s\u2019en alla pour aimer les gens au bord de la fa\u00e7ade.<\/em> La d\u00e9couverte est vaste, belle, et attend d\u2019\u00eatre poursuivie. Un bruit de fen\u00eatre fait voler en \u00e9clats toute l\u2019exp\u00e9rience. Le puits de la voix se ferme, les yeux s\u2019ouvrent. La mer se retire, le corps se l\u00e8ve. Sur la gr\u00e8ve, la phrase a s\u00e9diment\u00e9. Elle est blanche, creuse. Tout \u00e0 l\u2019heure, je vais marcher jusqu\u2019au cimeti\u00e8re d\u2019Andilly. Observatoire. Tenter de voir-\u00e9couter ce que Stendhal r\u00eavait-parlait. Aborder la mar\u00e9e suivante.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La nuit est presque d\u00e9faite et le corps mer \u00e9tale. 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