{"id":187068,"date":"2025-06-17T10:53:42","date_gmt":"2025-06-17T08:53:42","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=187068"},"modified":"2025-06-20T10:01:21","modified_gmt":"2025-06-20T08:01:21","slug":"boost-14-soir-de-juin-pour-finir-encore","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/boost-14-soir-de-juin-pour-finir-encore\/","title":{"rendered":"#Boost #14  | soir de juin"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-normal-font-size\">Soir de juin. Jour long. Ta fen\u00eatre baille au nord. Coup d\u2019\u0153il. L\u00e0. Passant. Coup d\u2019\u0153il traversant. Oblique. Par ta fen\u00eatre au nord cap aux verts. Coup d\u2019\u0153il obliquant sur jardin. Inventaire de propri\u00e9taire. Vue sur houx. Rosiers sans fleurs. Olivier. Pots divers. Herbes en friche. Chemins tondus. Trois avec P\u00e2querettes. Atelier maison cr\u00e9pi moche. Chaises. Table. Chiures de pies. Gamelle de chatte morte. Ciel par-dessus. Juste un nuage pour dire . Balles et ballon. Ballon Crev\u00e9. Doux soir de juin. Par la fen\u00eatre nord traversant. Cap au sud \u00e0 travers vitre. Toi dans ta pi\u00e8ce verre en main buvant. Lui dans sa terre. Int\u00e9rieur vers ext\u00e9rieur. Du dedans vers dehors. Vue sur jour en extinction. Vrai jour encore. Ambr\u00e9. Vrai jour de soir allant vers sa fin. Vrai jour de juin en descente lente. Calme. Vent en berne. Mais de ce c\u00f4t\u00e9. Voire ici. L\u00e0. De ce c\u00f4t\u00e9 de la vitre au nord. Dedans. En int\u00e9rieur. Ton corps qui bouge. Trop de mouvements encore. Ton corps tout \u00e0 son agitation. Mouvement comme pellicule protectrice. Armure de gestes. Ton corps. Lui. Agit\u00e9. Assoiff\u00e9. Bavard. A ce moment ldu moment. Ici. L\u00e0. Tout de suite. En ce commencement de soir. \u00c7a bouge encore. Trop. Encore. Coup d\u2019\u0153il oblique. M\u00e2choires serr\u00e9es. Coup d\u2019\u0153il oblique pr\u00e9cipit\u00e9. Pieds en aller-retour. Coup d\u2019\u0153il avalant la mousse d\u2019ambre. Visitant ses peurs. \u0152il traversant par nord. Se parlant avec gestes. Trop. Regardant l\u2019or dehors avec agitation. Buvant. Marchant de long en large. Corps bavard. Pour finir \u00e7a commence par cette agitation. Du moins ce soir. \u00c0 force d\u2019aller-retour creuser son calme. Toucher \u00e0 l\u2019immobile par le mouvement. Jusqu\u2019\u00e0 \u00e9puisement : that\u2019s my character disait le scorpion \u00e0 la grenouille traversant la rivi\u00e8re sur son dos avant de la piquer. Bouger encore. Passer d\u2019une pi\u00e8ce dans l\u2019autre. Aller d\u2019une pens\u00e9e \u00e0 l\u2019autre. Toujours une bonne raison de ne pas se poser. \u00a0De ne pas s\u2019arr\u00eater. Pense \u00e0 ce tableau devant lequel ton c\u0153ur avait cess\u00e9 de battre. Ton c\u0153ur \u00e0 l\u2019arr\u00eat ce jour-l\u00e0 . Pense \u00e0 ce rouge d\u2019apesanteur. De pure couleur. Pense \u00e0 ton corps devant lui. Immobile. Ton corps devant le tableau comme sur la pointe des pieds. Bras longs. Mains longues. Tout immobile. Immobile mais ouvert. Jusqu\u2019aux cils. Tout calme. Recevant. Ce tableau qui t\u2019avait saisie par le col avec douceur. Et d\u2019un coup plus rien ne bougeait . Mets-y toi face au soir de ce soir comme face au tableau de ce jour-l\u00e0. Ne bouge plus. Regarde. Tout se couvre d\u2019or. L\u00e0 dehors. Mosa\u00efque du couchant. Mais regarde. Tiens-toi tranquille. L\u00e0 sur cette chaise. L\u00e0 assise. De paille et bois cette chaise un peu bancale comme toi. Tiens-toi l\u00e0 immobile. Toute yeux. Comme tu te tenais face \u00e0 la femme dans la lumi\u00e8re qui tenait sa t\u00eate hors de son trou pour s\u2019y enfoncer lentement tout \u00e0 fait. S\u2019enfouir . La femme sur la sc\u00e8ne. La femme comme le jour qui tombe. Comme la charge lente du rideau du soir. Elle avec ses mots. En extinction. Comme l\u2019orange disparaissant \u00e0 l\u2019ouest. Tombant doux derri\u00e8re la terre. Tirant sa nuit. Et ce bleu dans le prolongement. Pense \u00e0 toi enfant devant celle qui bougeait les l\u00e8vres dans la lumi\u00e8re de la sc\u00e8ne et tu ne bronchais pas d\u2019un pouce. Ni d\u2019un cil. Tu gobais bouche ouverte. Pense \u00e0 cette sid\u00e9ration douce. Offre au soir ta manne contemplative.\u00a0Arr\u00eate-toi de bouger. Sors ton calme offre le au soir. Il le r\u00e9clame. Pense au tableau. A l\u2019\u00e9blouissement du tableau. Pense \u00e0 la femme au trou dans la lumi\u00e8re. Mets-toi sans remuer devant la fen\u00eatre. Prends l\u2019or du soir pleine face. Vis-le. Mets- toi face au d\u00e9clin du jour. D\u00e9clin. Voila le grand mot. Le mot tragique. Mets toi juste face \u00e0 l\u2019effacement de ce jour de juin. Son extinction calme. De presque \u00e9t\u00e9. Bois sa lenteur. Tu bouges encore. Suspends la robotique int\u00e9rieure. La saccade respiratoire. Le tressautement. Reste l\u00e0 assise. Mains calmes. Par le travers dehors contemple. Par l\u2019ouest le couchant creuse son lit. \u00a0L\u2019autre rive se dore. Vitesse lente. Ton corps s\u2019est d\u00e9pos\u00e9. Ton corps se plie au bois de cette chaise . S\u2019y informe. S\u2019y oublie. Tout \u00e0 l\u2019orange en d\u00e9croissance. Tout \u00e0 la course ralentie du jour vers la nuit. Extinction toute proche . Affaire de minutes. Charge lente du rideau avec couleurs. Sans pr\u00e9cipitations. Reflets . \u00c9claboussures. De l\u2019orange au bleu en passant par les roses. Arrosant d\u2019or la mosa\u00efque de verts. Et ce fouillis de jardin assoiff\u00e9. La terre dess\u00e9ch\u00e9e. Feu ta journ\u00e9e bient\u00f4t. S&rsquo;\u00e9tirent les ombres. Vient \u00a0le sombre. Viendra la nuit. Pour finir. La nuit. Elle encore. La m\u00eame pas la m\u00eame. Elle. Toi assise. Fen\u00eatre pleine face. Vous. Toi. Et la nuit. Dehors dedans. Joli soir de juin. De presque \u00e9t\u00e9. De presque nuit. Toi. Immobile. Bras nus. Pieds aux barreaux de la chaise. \u0152il traversant. Versant nord. Cap au sud. M\u00e2choires d\u00e9li\u00e9es. Langue au repos dans la cavit\u00e9 humide. Dents calmes. Toi tout au jour t\u2019effa\u00e7ant. Tout au jour s&rsquo;effa\u00e7ant. Toi tout \u00e0 l\u2019\u00e9blouissement du passage. Ultime Grand huit des ors. Jet de roses. Puis repos. Pas un souffle. Pas de drapeau dans le canal. Juste une pie. Le battement de ses ailes. Juste sa cr\u00e9celle. Toi immobile. La mosa\u00efque verte s&rsquo;ext\u00e9nuant. Ors glissant vers l&rsquo;abime. L\u00e0 juste derri\u00e8re la terre. Et bleu. Puis noir.<br>\u00a0<br>\u00a0<br>\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Soir de juin. Jour long. Ta fen\u00eatre baille au nord. Coup d\u2019\u0153il. L\u00e0. Passant. Coup d\u2019\u0153il traversant. Oblique. Par ta fen\u00eatre au nord cap aux verts. Coup d\u2019\u0153il obliquant sur jardin. Inventaire de propri\u00e9taire. Vue sur houx. 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