{"id":188087,"date":"2025-10-11T16:07:40","date_gmt":"2025-10-11T14:07:40","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=188087"},"modified":"2025-10-11T16:12:30","modified_gmt":"2025-10-11T14:12:30","slug":"recto-verso-01-attractions","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/recto-verso-01-attractions\/","title":{"rendered":"#recto-verso #01 \u00e0 #15 &amp; #PS | Bancal"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/20250628_221015-1-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-189007\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/20250628_221015-1-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/20250628_221015-1-420x236.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/20250628_221015-1-768x432.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/20250628_221015-1-1536x864.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/20250628_221015-1-2048x1152.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><em>Cliquer sur les titres pour aller \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e0 l&rsquo;essentiel si le format journal g\u00eane.<\/em><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:33.33%\">\n<p><strong><a href=\"#attractions\">#01 | Attractions<\/a><br><a href=\"#division\">#02 | Division<\/a><\/strong><br><strong><a href=\"#tourment\">#03 | Tourment<\/a><\/strong><br><strong><a href=\"#battage\">#04 | Battages<\/a><\/strong><br><strong><a href=\"#structures\">#05 | Structures<\/a><\/strong><\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:33.33%\">\n<p><strong><a href=\"#livr\u00e9es\">#06 | Livr\u00e9es<\/a><\/strong><br><strong><a href=\"#plis\">#07 | Plis<\/a><\/strong><br><strong><a href=\"#penilles\">#08 | Penilles<\/a><\/strong><br><strong><a href=\"#papillottes\">#09 | Papillottes<\/a><\/strong><br><strong><a href=\"#poussi\u00e8res\">#10 | Poussi\u00e8res<\/a><\/strong><\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:33.33%\">\n<p><strong><a href=\"#coquillages\">#11 | Coquillages<\/a><\/strong><br><a href=\"#peaux\"><strong>#12 | Peaux<\/strong><\/a><br><strong><a href=\"#d\u00e9bris\">#13 | D\u00e9bris<br><\/a><a href=\"#pistes\">#14 | Pistes<\/a><\/strong><br><a href=\"#vertiges\"><strong>#15 | Vertiges<\/strong><\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\"><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:200px\">\n<p><a href=\"#bancal\"><strong>#PS | Bancal<\/strong><\/a><\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\"><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\"><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\"><\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h1 class=\"wp-block-heading\">30062025<\/h1>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Indignez-vous&nbsp;! |<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Si on s&rsquo;indigne pas, on est mort, hein&nbsp;? \u00c7a, il y a aucun probl\u00e8me, \u00e7a, non, non, non, non. Il faut s&rsquo;indigner pour \u00eatre vivant.<br>03:46<br>Quelqu&rsquo;un de vivant, s&rsquo;indigne \u00e0 tort ou \u00e0 raison, d&rsquo;ailleurs, mais enfin, j&rsquo;aime mieux quelqu&rsquo;un qui se trompe en s&rsquo;indignant, que quelqu&rsquo;un qui ne se trompe jamais mais qui laisse les choses en place. Enfin, qui est un\u2026 un conservateur attard\u00e9. Je veux dire, le conservatisme me para\u00eet une esp\u00e8ce d&rsquo;infirmit\u00e9 de l&rsquo;esprit.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">(Louis Calaferte, dans l\u2019\u00e9mission <em>Le Balcon<\/em>, 1992)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p>\u00c7a y est, le mail de <em>f<\/em> est arriv\u00e9. Le cycle d\u2019atelier d\u2019\u00e9criture, Recto-Verso, est lanc\u00e9. Avec deux textes d\u2019Annie Ernaux, un pour un lieu, l\u2019autre pour une sc\u00e8ne. Mais je rentre de ma petite soir\u00e9e d\u2019anniversaire, il est trop tard pour que j\u2019y jette un \u0153il attentif sans risquer l\u2019insomnie. \u2014 Et pourtant, j\u2019attendais avec un peu d\u2019impatience. Impatience parce que mille et une choses m\u2019ont travers\u00e9 l\u2019esprit en attendant, comme pour dessiner d\u00e9j\u00e0 la carte du territoire pourtant inconnu de l\u2019\u00e9criture, et un possible parcours \u00e0 suivre. Mais je sais bien que ce parcours, maintenant, n\u2019\u00e9tait jamais que celui qui m\u00e8ne \u00e0 l\u2019\u00e9criture et sa zone blanche. D\u2019ailleurs, en dehors de ces quelques notes insignifiantes, je me suis retenu d\u2019\u00e9crire comme je le faisais auparavant, <em>machinalement<\/em>, disons, jour apr\u00e8s jour.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p>On entend une moissonneuse-batteuse, dehors. Il est minuit pass\u00e9, toutes les fen\u00eatres de la maison sont ouvertes. Elle s\u2019\u00e9loigne, elle revient. \u00c0 chaque fois on a l\u2019impression qu\u2019elle se rapproche de la maison, qu\u2019elle va entrer dans le jardin. Mais elle repart, avec ce bruit de soufflerie sans fin, cadenc\u00e9 par une sorte de baisse de r\u00e9gime furtive. Et je me dis qu\u2019elle n\u2019est pas pour rien dans le temps torride des derniers jours, que c\u2019est \u00e7a qu\u2019on moissonne, qu\u2019on bat.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h1 class=\"wp-block-heading\">01072025<\/h1>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">La poussi\u00e8re du chemin se soul\u00e8ve sous ses pas. Des cailloux roulent, cr\u00e9pitent. Et un petit nuage de poussi\u00e8re flotte l\u2019espace d\u2019un instant derri\u00e8re ses talons. L\u2019homme marche d\u2019un bon pas sur le chemin blanc. Un short noir \u00e0 lignes blanches, un t-shirt gris chin\u00e9, un smiley d\u00e9lav\u00e9 pour motif, sourire tremblant, et l\u2019\u0153il en croix. Les chaussures pleines de poussi\u00e8re.<\/pre>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">Un homme marche d\u2019un bon pas sur un chemin blanc. Des feuilles d\u2019herbe et quelques fleurs dessinent une ligne au milieu. Entre les hautes herbes s\u00e8ches et les brins d\u2019avoine folle qui ressortent des foss\u00e9s, le chemin se d\u00e9robe en montant. Ici le long d\u2019un champ d\u2019orge tout blond, de ma\u00efs vert, d\u2019un rang de vigne, l\u00e0 d\u2019une haie d\u2019arbres, d\u2019un terrain en friche, d\u2019un champ moissonn\u00e9. Ici et l\u00e0, des grillons et d\u2019autres insectes inconnus aux cris aussi r\u00e9guliers qu\u2019une alarme. Tout pr\u00e8s, un oiseau invisible, son chant comme tomb\u00e9 du ciel. Celui de corneilles qui s\u2019\u00e9loignent derri\u00e8re la haie. Le changement de rapport d\u2019une moto qui acc\u00e9l\u00e8re, sur l\u2019autre versant du coteau. Et au loin, ce souffle constant de machine port\u00e9 par le vent.<\/pre>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">Un d\u00e9grad\u00e9 orang\u00e9 et ros\u00e9 par-dessus le coteau dans son dos. \u00c0 un carrefour, un homme s\u2019arr\u00eate, \u00e0 quelques pas d\u2019un pyl\u00f4ne \u00e9lectrique et d\u2019un petit transformateur. Il observe, derri\u00e8re une cl\u00f4ture et de hautes herbes, le champ d\u2019orge qui s\u2019\u00e9tend, s\u2019\u00e9tire avec les lignes parall\u00e8les trac\u00e9es par les roues d\u2019un tracteur, jusqu\u2019\u00e0 une haie d\u2019arbres. Il sort son t\u00e9l\u00e9phone de sa poche et prend une photo du paysage. Il se retourne, observe un instant, et photographie aussi le chemin blanc qui remonte, les bl\u00e9s moissonn\u00e9s aux sillons de paille et les jeunes ma\u00efs, la palisse, le vignoble du coteau, le ciel aux teintes orang\u00e9es et ros\u00e9es. Il s\u2019approche ensuite du pyl\u00f4ne et prend quelque chose en photo. Peut-\u00eatre un massif de fleurs sauvages, comme ces mauves et jaunes qu\u2019on trouve souvent ici, dont je n\u2019ai pas le nom. Et il reste l\u00e0 un instant, dans la blondeur de l\u2019orge, le parfum de la paille, le ronronnement \u00e9lectrique.<\/pre>\n\n\n\n<p>C\u2019est ce que m\u2019inspire, pour commencer, la consigne de <em>f<\/em>, mais \u00e0 c\u00f4t\u00e9. Je coupe en trois une de mes simples promenades dans la campagne. Il s\u2019agit de \u00ab&nbsp;retenir les images fixes qui s\u2019imposent, vues en passant, ou dans le cours ordinaire de nos occupations au quotidien&nbsp;\u00bb. Mais ce que j\u2019observe&nbsp;: c\u2019est moi. Et rien de vraiment fixe avec la marche, vue sous trois angles diff\u00e9rents, en elle-m\u00eame, disons, en contexte, et \u00e0 l\u2019arr\u00eat. Et qu\u2019en est-il de la ville, de \u00ab&nbsp;la planche photographique d\u2019une ville non nomm\u00e9e&nbsp;\u00bb, sinon en sons et lumi\u00e8res&nbsp;? \u2014 Et puis rien de \u00ab&nbsp;la sc\u00e8ne compacte avec trois personnages&nbsp;\u00bb avec ses \u00ab&nbsp;\u00eeles de paroles comme saisies \u00e0 part, \u00e9pingl\u00e9es l\u00e0&nbsp;\u00bb&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Donc, \u00e0 refaire. (Et plus court&nbsp;?)<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div id=\"attractions\" class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h1 class=\"wp-block-heading has-light-gray-background-color has-background\">02072025 | attractions &#8211; recto<\/h1>\n\n\n\n<p>Si <em>f<\/em> confie son \u00e9motion \u00e0 la lecture des premiers textes re\u00e7us, moi, j\u2019avoue plut\u00f4t \u00eatre en proie \u00e0 une certaine tension avec ces premiers textes \u00e0 \u00e9crire. (D\u2019o\u00f9 la n\u00e9cessit\u00e9 des textes qui tapent \u00e0 c\u00f4t\u00e9 \u2014 et des toutes les notes possibles \u2014, moins pour diminuer la pression de l\u2019\u00e9criture, d\u2019ailleurs \u2014 plut\u00f4t celle de la lecture probable \u2014, que pour la faire courir \u2014 comme l\u2019eau dans le r\u00e9seau de distribution sous sa propre pression dans le ch\u00e2teau d\u2019eau.<\/p>\n\n\n\n<p>(\u2014 Quelle dr\u00f4le d\u2019image&nbsp;? \u2014 \u00c7a doit \u00eatre la soif d\u2019\u00e9crire.)<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">Frairie |<br><br>Sur la petite place d\u2019un bourg, un man\u00e8ge tourne au milieu des autres stands forains resserr\u00e9s&nbsp;\u2014 les auto-tamponneuses, les petites comme les grandes, bien en ligne&nbsp;; les canards multicolores tournant et se poussant dans leur piste d\u2019eau&nbsp;; les ballons s\u2019entrechoquant sans cesse derri\u00e8re les grilles des caissons cr\u00e8ve-ballons, malgr\u00e9 les carabines couch\u00e9es&nbsp;; une \u00e9norme peluche rose, un dragon, pendue au coin d\u2019un stand&nbsp;; les allers et retours des pousse-pi\u00e8ces, les jetons perp\u00e9tuellement au bord du vide, brillant de mille feux sous les jeux de lumi\u00e8res et de miroirs pacotilles&nbsp;; la structure gonflable d\u2019un gros toboggan jaune, celle d\u2019un trampoline \u00e9lastique en forme d\u2019araign\u00e9e g\u00e9ante&nbsp;; peluches et couleurs en vrac dans une machine \u00e0 pince&nbsp;; l\u2019iris clinquant et clignotant du punching-ball. Une maman, robe blanche, attend au bord, bras crois\u00e9s. Un signe de la main de temps en temps. Dans une cabine qui ne doit pas faire un m\u00e8tre carr\u00e9, en plein soleil, un forain, chemisette \u00e0 carreaux, est accoud\u00e9. En nage, il regarde son t\u00e9l\u00e9phone. Derri\u00e8re lui, sa remorque de camion d\u00e9ploie un parcours tubulaire pour les petits (toile de cordes, tapis de balles, escaliers de matelas, etc.). Le tunnel mobile pour entrer, couleurs primaires, tourne.<\/pre>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">Garage |<br><br>Un garage dans un hameau, au milieu de nulle part. Impasse du vent. Un hangar blanc sur une plate-forme en ciment, entour\u00e9 de v\u00e9hicules en tous genres (berline, cabriolet, 4x4, voiture ancienne, camping-car\u2026). Devant l\u2019entr\u00e9e grande ouverte, une 307 grise sur\u00e9lev\u00e9e, mont\u00e9e sur des pneus de rallye, \u00e9quip\u00e9e d\u2019un pare-buffle. Un VTT contre la paroi ondul\u00e9e, une porti\u00e8re. \u00c0 l\u2019int\u00e9rieur, deux garagistes travaillent autour d\u2019un moteur pendu \u00e0 un palan, pendu \u00e0 une sangle, attach\u00e9e \u00e0 la structure m\u00e9tallique. Des outils, des pi\u00e8ces m\u00e9caniques, petites et grosses, \u00e9parpill\u00e9es. Des bidons, des pneus, des bo\u00eetes de toutes tailles. Des \u00e9tag\u00e8res partout, m\u00eame sur la mezzanine. Des machines, des engins, des appareils. Des taches d\u2019huile, de graisse, de cambouis, de peinture. Et ces deux voitures en suspension sur des ponts, tr\u00e8s haut. Une ancienne BMW, et une autre sous une couverture de cercles et d\u2019anneaux vert clair et vert fonc\u00e9 \u00e9voquant des iris, peut-\u00eatre une Cadillac, avec ce pare-chocs chrom\u00e9 et ces pneus \u00e0 liser\u00e9 blanc. Je retrouve le chaos sans nom du garage de mon enfance. Le garage de tonton Jack. Je repense \u00e0 sa petite chambre nich\u00e9e au fond de la mezzanine. Je ne me souviens de rien.<\/pre>\n\n\n\n<p>C\u2019est \u00e7a que t\u2019appelles <em>faire court<\/em>&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\"><em>Antisocial<\/em> |<br><br>En attendant le train \u00e0 la gare, en retard de 25 mn, je me rends sur la passerelle qui enjambe les rails. La nuit tombe. Sous le ciel orang\u00e9 la ville se couvre d\u2019ombre. Je tente une photo. La passerelle s\u2019illumine, et les parois de verre se font miroirs d\u00e9formants. Deux escaliers donnant sur les quais sont condamn\u00e9s par des esp\u00e8ces de stores \u00e0 cause de travaux. Une structure complexe de tubes obstrue, en bas, l\u2019acc\u00e8s des escaliers. Trois jeunes, assis par terre \u00e0 l\u2019autre bout de la passerelle, discutent en \u00e9coutant de la musique avec une enceinte. \u2014 En rentrant \u00e0 la maison, un petit d\u00e9tour pour voir si le concert qui n\u2019avait pas commenc\u00e9 \u00e0 l\u2019aller (malheureusement, car je devais en faire un petit compte-rendu) \u00e9tait termin\u00e9, plus de deux heures apr\u00e8s. Non. Depuis la route, les spots de la petite sc\u00e8ne envoient sur une troupe de danseurs des lueurs color\u00e9es aussi tonitruantes que les riffs de guitare branch\u00e9s sur le Trust <em>Antisocial<\/em>. J\u2019aurais d\u00fb m\u2019arr\u00eater pour une photo.<\/pre>\n\n\n\n<p>Pour les ilots de paroles, on essaiera demain.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-light-gray-background-color has-background\">03072025 | attractions &#8211; verso<\/h1>\n\n\n\n<p>Allez, avec cette voix monologique et fatigante, histoire de se casser la figure, \u00e0 l\u2019intuition et sans trop se retourner \u2014 du recto au verso total, du visuel \u00e0 l\u2019oral, du statique au mobile, du descriptif au narratif, et s\u00fbrement du blablatage au charabiage m\u00eal\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">Guizengeard |<br><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Guizenjh\u00e2aa\u2026 je l\u2019entends d\u00e9j\u00e0 me dire \u00e7a comme \u00e7a, que Jh\u2019\u00e9tions venus \u00e0 Guizenjh\u00e2aa\u2026 et je suis qu\u2019elle aurait aim\u00e9, Lulu, faire une petite balade l\u00e0-bas, autour des \u00e9tangs, elle peut plus trop marcher, d\u2019accord, faut dire qu\u2019\u00e0 bient\u00f4t cent ans\u2026 mais elle aimerait \u00e7a, se promener au bord de l\u2019eau, dans la nature au milieu des pins, \u00e0 Guizenjh\u00e2aa\u2026 enfin la nature\u2026 apr\u00e8s, le terrain, c\u2019est pas simple, \u00e7a monte au d\u00e9part et c\u2019est pas mal de sable et instable, et c\u2019est ravin\u00e9 par endroits, faut monter sur des sortes pontons l\u00e0 o\u00f9 l\u2019eau coule, mais l\u00e0 c\u2019\u00e9tait \u00e0 sec, la terre crout\u00e9e, et rouge, on s\u2019est demand\u00e9 ce que cette coul\u00e9e rouge dans la terre, et dans l\u2019eau parce que du haut du ponton on pouvait voir, plus bas, un \u00e9tang avec un peu d\u2019eau, tout rouge, un rouge fonc\u00e9, brun, Klara elle disait \u00ab&nbsp;Mais c\u2019est du sang, ma parole&nbsp;! C\u2019est le sang de la terre\u2026&nbsp;!&nbsp;\u00bb non, c\u2019est de la rouille\u2026 c\u2019\u00e9tait \u00e9crit sur la table explicative, et dans nos t\u00e9l\u00e9phones avec l\u2019application de g\u00e9ocaching du Terra Aventura, je sais plus qui a lu, si, Marjolaine, \u00ab&nbsp;<em>Parce qu\u2019il contient naturellement du fer qui, lorsqu\u2019il s\u2019oxyde, rouille et donne \u00e0 l\u2019eau cette couleur rouge orang\u00e9. Ce ruisseau est d\u2019ailleurs un corridor \u00e9cologique pour de nombreuses esp\u00e8ces animales et v\u00e9g\u00e9tales...<\/em>&nbsp;\u00bb \u00e9cologique\u2026 c\u2019\u00e9tait plut\u00f4t pol\u00e9mique\u2026 on \u00e9tait cens\u00e9s se promener sur un site naturel, et \u00e7a en avait l\u2019air ces creux et ces bosses sablonneux, une s\u00e9rie d\u2019\u00e9tangs tout bleus au milieu dans un d\u00e9cor de lande et de for\u00eat de pins, avec les belles plantes et les petits animaux, un grand ciel bleu et du soleil comme les autres jours, qu\u2019on a eu si chaud\u2026 sauf que l\u00e0, Guizenjh\u00e2aa\u2026 \u00e7a s\u2019\u00e9tait refroidi d\u2019un coup, et on a eu droit \u00e0 une bonne petite pluie fine, \u00e7a faisait r\u00e2ler, \u00ab&nbsp;Non mais c\u2019est quoi ce temps, ils avaient pas pr\u00e9vus \u00e7a hier soir\u2026 \u2014 Remarque, \u00e7a va bien avec le paysage, on se croirait en Bretagne. \u2014 Ben c\u2019est toujours mieux que de cuire sous le soleil. T\u2019imagines le parcours hier&nbsp;? \u2014 Peut-\u00eatre mais j\u2019ai pas apport\u00e9 de gilet\u2026 \u2014 Allez\u2026 \u00e7a va pas durer\u2026 et puis on respire\u2026&nbsp;!&nbsp;\u00bb &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;       &nbsp; en fait, dans ces anciennes carri\u00e8res de kaolin, la nature\u2026 ben la nature c\u2019\u00e9tait \u00e7a, du kaolin, du silicate d\u2019aluminium, tu vois j\u2019ai retenu, c\u2019est de l\u2019argile blanche et avec \u00e7a on fait de la fa\u00efence, de la c\u00e9ramique, de la porcelaine, comme en Chine d\u2019o\u00f9 vient son nom d\u2019ailleurs, Kao-Ling, on a lu \u00e7a sur une autre table, et pourquoi l\u2019eau est si bleue, \u00ab&nbsp;<em>Les gouffres de ces anciennes carri\u00e8res se sont peu \u00e0 peu remplis d\u2019eau pour former ces lacs. L\u2019eau acide ne permet pas encore \u00e0 la vie de s\u2019y d\u00e9velopper\u2026 La lumi\u00e8re du soleil ne rencontre donc aucune particule absorbante \u00e0 la surface, ce qui donne \u00e0 l\u2019eau ce reflet turquoise\u2026<\/em>&nbsp;\u00bb et vas-y que \u00e7a commen\u00e7ait \u00e0 pol\u00e9miquer\u2026 \u00ab&nbsp;Tu vois, c\u2019est beau la nature quand elle reprend ses droits\u2026 \u2014 Ouais, enfin, va falloir encore pas mal de temps j\u2019ai l\u2019impression. \u2014 Tu seras mort d\u2019ici l\u00e0, et moi avec&nbsp;! \u2014 Surtout si tu piques une t\u00eate. \u2014 Mais moi, on allait se baigner l\u00e0 quand j\u2019\u00e9tais m\u00f4me&nbsp;! avec le chien\u2026 \u2014 Ah\u2026 je comprends mieux pourquoi t\u2019as pas la lumi\u00e8re \u00e0 tous les \u00e9tages&nbsp;! \u2014 L\u2019autre\u2026&nbsp;! \u2014 Quand on y pense, on se balade sur un site d\u2019exploitation, comme si de rien n\u2019\u00e9tait. \u2014 Ouais, t\u2019as vu la taille des tuyaux qui plongent dans l\u2019\u00e9tang tout \u00e0 l\u2019heure&nbsp;? \u2014 Allez, regardez-moi quand m\u00eame ces nuances de bleu avec le soleil qui veut percer maintenant\u2026 \u2014 N\u2019emp\u00eache, on nous vend un truc \u00e9colo rigolo, l\u00e0, avec la petite appli, le petit Zahan et le petit Z\u00e9\u00efdon, mais c\u2019est un peu la poussi\u00e8re de la ville qu\u2019on met sous le tapis de la nature, non ? \u2014 Et en plus, la terre, elle pisse le sang&nbsp;! \u2014 Et\u2026 comment il s\u2019appelait ton chien\u2026&nbsp;?&nbsp;\u00bb&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; apr\u00e8s, je t\u2019ai pas dress\u00e9 le plus joli tableau de Guizenjh\u00e2aa\u2026 et \u00e7a change pas grand-chose, tu peux imaginer tous les engins que tu veux pour creuser, cogner, couper, casser, toutes les substances, les traitements, et blocs entass\u00e9s partant sur des semi-remorques\u2026 \u00e7a change rien, l\u2019industrie est \u00e0 l\u2019abandon, la nature prend le relais en bleu turquoise\u2026 et le tourisme aussi, au moins pour un temps\u2026 en tout cas, le temps de faire le tour des \u00e9tangs, une poign\u00e9e de kilom\u00e8tres, le temps d\u2019aller voir la petite \u00e9glise dans le vieux cimeti\u00e8re, avec sa dr\u00f4le de pierre tombale, comme un visage de grand-m\u00e8re avec foulard, et le pique-nique au pied du ruisseau rouille, et le d\u00e9but d\u2019apr\u00e8s-midi \u00e0 jouer au pendu, au Qui-est-ce&nbsp;?, aux palets sur une plaque de plomb et sous le soleil qui revenait et \u00e7a piquait<\/pre>\n\n\n\n<p>H\u00e9 oh, h\u00e9 oh, on rentre du boulot\u2026 et oh, et oh ma foi c\u2019est pas trop t\u00f4t (18:30). Bonjour l\u2019ambiance engueulade entre la coll\u00e8gue C\u00e9c\u00e9 et la direktion. La mule trop charg\u00e9e ne veut plus avancer. Discussion ferm\u00e9e, boucl\u00e9e \u00e0 double tour, chacun dans ses arguties retranch\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant, la journ\u00e9e s\u2019\u00e9tait bien pass\u00e9e avec les stagiaires. C\u00e9c\u00e9 a m\u00eame propos\u00e9 un exercice un peu \u00e9trange, dont l\u2019int\u00e9r\u00eat p\u00e9dagogique me semblait artificiel&nbsp;: \u00e9crire le plus de mots possibles se terminant par le son \u00ab\u00a0i\u00a0\u00bb, et les classer par cat\u00e9gories (noms propres, noms communs, adjectifs, verbes et autres) \u2014 en donnant toutes les terminaisons possibles \u00e0 l\u2019\u00e9crit pour aider (-i&nbsp;; -ie&nbsp;; -il&nbsp;; -is&nbsp;; -it&nbsp;; -ix&nbsp;; -iz&nbsp;; -y&nbsp;; -ye&nbsp;; -ys&nbsp;; -ee) \u2014, mais c\u2019\u00e9tait pour que chacun \u00e9crive, ensuite, un petit texte rimant en tous sens avec mon pr\u00e9nom, \u00e0 l\u2019occasion de mon anniversaire. (Non mais t\u2019y crois, la larme \u00e0 l\u2019\u0153il&nbsp;!)<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:36px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p>((J\u2019ai toujours un peu de mal avec les participes pass\u00e9s des verbes \u00e0 valeur adjectivale. Mon Gr\u00e9visse de l\u2019\u00e9tudiant me rappelle ainsi la r\u00e8gle&nbsp;:<br><br>\u00ab&nbsp;Le participe pass\u00e9 peut avoir un fonctionnement <strong>adjectival <\/strong>quand il est \u00e9pith\u00e8te ou appos\u00e9 :<br><br><em>La po\u00e9sie est ce fruit que nous serrons, <strong>m\u00fbri<\/strong>, avec liesse, dans notre main au m\u00eame moment qu&rsquo;il nous appara\u00eet, d&rsquo;avenir incertain, sur la tige <strong>givr\u00e9e<\/strong>, dans le calice de la fleur. <\/em>(Char)&nbsp;\u00bb))<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h1 class=\"wp-block-heading\">04072025<\/h1>\n\n\n\n<p>Dans la s\u00e9rie du bricolo rigolo \u2014 tiens, \u00e7a faisait bien longtemps \u2014, aujourd\u2019hui on change le robinet de la cuisine. Le chrome de celui qui est install\u00e9 depuis 10&nbsp;ans est piqu\u00e9, tach\u00e9, aur\u00e9ol\u00e9 de calcaire \u00e0 la base, et fissur\u00e9. (Tiens, encore une histoire d\u2019eau.)<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h1 class=\"wp-block-heading\">05072025<\/h1>\n\n\n\n<p>D\u2019un c\u00f4t\u00e9, les ateliers en ligne de <em>f<\/em> que je pratique depuis bien des ann\u00e9es (et le tout premier en pr\u00e9sentiel il y a bien longtemps, comme un malentendu en entrant dans la salle \u2014 mais le malentendu, c\u2019\u00e9tait surtout avec les \u00e9tudes). De l\u2019autre, une activit\u00e9 d\u2019\u00e9criture pseudo-professionnel de correspondant de presse local depuis quelques mois. L\u00e0 aussi, sinon un malentendu, du moins un coup de t\u00eate \u2014 qui m\u2019a fait perdre le fil du dernier atelier qui aurait pu me <em>booster<\/em>. (Entre les deux, formateur \u2014 il faut bien gagner sa vie \u2014, dans une petite structure associative \u2014 plut\u00f4t dissociative en ce moment \u2014, entre les chiffres et les lettres.)<br><br>Et maintenant, une fois ce pseudo-curriculum pos\u00e9, je me demande en quoi le vrai faux travail de correspondant va infl\u00e9chir l\u2019\u00e9criture d\u2019atelier, de type cr\u00e9atif, litt\u00e9raire. Inversement, je me demande comment la dimension litt\u00e9raire de l\u2019atelier peut influer sur le caract\u00e8re plus ou moins objectif de l\u2019\u00e9criture de type journalistique, informationnelle. (Et que devient le formateur dans l\u2019histoire&nbsp;?)<br><br>En attente de collision&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Maylis de Kerangal, <em>\u00e0 ce stade de la nuit<\/em> : <\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Je referme la fen\u00eatre, les vitres se calment, bient\u00f4t le silence se reforme, aussi \u00e9pais et dense qu\u2019il l\u2019\u00e9tait un instant plus t\u00f4t mais \u00e9paissi d\u2019une r\u00e9sonance. J\u2019\u00e9coute la vibration. J\u2019aime l\u2019id\u00e9e que l\u2019exp\u00e9rience de la m\u00e9moire, autrement dit l\u2019<em>action <\/em>de se rem\u00e9morer, transforme les lieux en paysage, m\u00e9tamorphose les espaces illisibles en r\u00e9cit.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Voil\u00e0 pourquoi je dois lire, d\u2019abord, les textes d\u2019appui qui soutiennent les consignes d\u2019\u00e9criture qu\u2019ils fondent, ensuite.<\/p>\n\n\n\n<p>Et donc, la consigne de <em>f<\/em>, en bref&nbsp;: \u00ab&nbsp;Lien commun&nbsp;: la nuit. Lien commun&nbsp;: le pr\u00e9sent. Lien commun&nbsp;: le \u201cje\u201d, fiction dans le \u201crecto\u201d, et devant ou face \u00e0 la fiction dans la projection du \u201cverso\u201d.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Allez courage&nbsp;!<\/li>\n\n\n\n<li>Il a oubli\u00e9 la formule r\u00e9p\u00e9titive.<\/li>\n\n\n\n<li>\u00c7a doit \u00eatre pour mieux en inventer une autre.<\/li>\n\n\n\n<li>Et les neuf fragments.<\/li>\n\n\n\n<li>Rien d\u2019obligatoire, c\u2019est symbolique, et peut-\u00eatre histoire de voir qui osera se mettre \u00e0 la hauteur de Maylis de Kerangal.<\/li>\n\n\n\n<li>Ben moi c\u2019est pas \u00e7a qui m\u2019inqui\u00e8te, mais la fiction.<\/li>\n\n\n\n<li>Pourquoi&nbsp;? t\u2019as pas mal d\u2019imagination toi.<\/li>\n\n\n\n<li>Oui mais\u2026 je prends toujours appui sur des faits r\u00e9els que j\u2019ai pu observer, \u00e9couter, ou qui me sont arriv\u00e9s.<\/li>\n\n\n\n<li>Eh ben, imagine-toi justement \u00e0 la place de l\u2019autre, que tu observes, \u00e9coutes ou qui vois ce qui t\u2019arrive.<\/li>\n\n\n\n<li>Et si y a personne, d\u2019autant que la nuit, le plus souvent, je dors.<\/li>\n\n\n\n<li>Si y a personne&nbsp;? Allez, \u00e0 d\u2019autres\u2026 t\u2019\u00e9tais o\u00f9 pour la f\u00eate de la musique&nbsp;? Et les frairies&nbsp;? Ou l\u2019autre jour quand t\u2019as rejoint des amis \u00e0 la nouvelle ginguette&nbsp;? Je te parle m\u00eame pas des soirs d\u2019hiver quand t\u2019es encore au travail dans ta Structure\u2026<\/li>\n\n\n\n<li>Oui, d\u2019accord\u2026 mais\u2026<\/li>\n\n\n\n<li>Ah, je vois\u2026 tu pr\u00e9f\u00e8res, en fait, qu\u2019il n\u2019y ait personne\u2026 t\u2019aimes les d\u00e9fis&nbsp;!<\/li>\n\n\n\n<li>Non, c\u2019est pas \u00e7a\u2026<\/li>\n\n\n\n<li>Mais si\u2026&nbsp;! y a pas de mal\u2026&nbsp;! repense alors \u00e0 ce que dit Claudie Hunzinger, que la r\u00e9alit\u00e9 pure, \u00e7a n\u2019existe pas, que le monde, humain, animal, v\u00e9g\u00e9tal, min\u00e9ral, atomique m\u00eame\u2026 tout est reli\u00e9, d\u2019une fa\u00e7on ou d\u2019une autre, tout entre en correspondance, c\u2019est juste une question de dimension, et de savoir sauter de l\u2019une \u00e0 l\u2019autre.<\/li>\n\n\n\n<li>Comprends pas.<\/li>\n\n\n\n<li>Allez c\u2019est pas si compliqu\u00e9\u2026 tu te mettras \u00e0 la place du caillou qui roule sous tes pieds, et tu verras s\u2019il n\u2019a pas eu l\u2019intention de te faire tomber pour te sortir de ton r\u00eave. Et si tu te l\u00e8ves pour aller boire un coup, tu demanderas \u00e0 la premi\u00e8re gorg\u00e9e d\u2019eau si c\u2019est pas elle qui t\u2019a fait le coup de la soif. Ou \u00e0 l\u2019araign\u00e9e au plafond, demandes-lui si tu ne trouverais pas dans son r\u00eave.<\/li>\n\n\n\n<li>\u2026<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>(Sinon, Claudie Hunzinger, <em>Un chien \u00e0 ma table<\/em>&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Ce n\u2019est pas si simple que \u00e7a, la r\u00e9alit\u00e9 telle quelle, le concret et les sciences naturelles. D\u2019ailleurs \u00e7a n\u2019existe pas, la r\u00e9alit\u00e9 telle quelle. Tout y est \u00e9changes invisibles, r\u00e9seau de communication, QR code, \u00e9tages de lecture, inconnu et infini. Par exemple, les rochers qui hantaient un peu partout la for\u00eat semblaient \u00eatre des corps de granit inertes, mais si je m\u2019immobilisais, ils s\u2019immobilisaient. Si je repartais, ils repartaient. Et pas seulement les rochers, aussi les prairies gel\u00e9es au velours encore ras&nbsp;: elles s\u2019avan\u00e7aient vers moi quand je m\u2019avan\u00e7ais vers elles. Il y avait du mouvement en attente partout. Quand je marchais, je sentais tout le monde pr\u00eat \u00e0 d\u00e9m\u00e9nager.&nbsp;\u00bb)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p>Voil\u00e0. Et maintenant, si je fais le compte des personnes rencontr\u00e9es, ou simplement crois\u00e9es, r\u00e9cemment, nomin\u00e9es pour un Gaspard de la nuit&nbsp;:<br><br>un des jeunes avec son enceinte sur la passerelle de la gare d\u2019Angoul\u00eame | quelqu\u2019un qui danse devant la sc\u00e8ne du concert \u00e0 Saint-Ciers-Champagne, ou le guitariste (\u00e7a me rappellera le d\u00e9but de <em>Limite<\/em> \u2014 le livre a bien jauni) | le mec ivre \u00e0 la f\u00eate de la musique d\u2019Archiac qui vient remercier le chanteur des Jacques Potes | Floriane derri\u00e8re le comptoir de la buvette prise d\u2019assaut lors de la frairie de Celles | quelqu\u2019un dans la foule, que je pourrais choisir sur une photo, un petit gar\u00e7on ou une petite fille | rien \u00e0 voir parce que \u00e7a remonte un peu (un passage de <em>Limite<\/em>, en feuilletant, m\u2019y fait penser)&nbsp;: une infirmi\u00e8re \u00e0 l\u2019h\u00f4pital de Saintes, qui me r\u00e9veille sans le vouloir au petit matin | et la pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre \u00e0 Saint-Maigrin, un soir de finale de tournoi des six nations, le metteur en sc\u00e8ne au fond de la salle des f\u00eates | l\u2019ouverture de la guinguette de Champagnac, le jeune serveur erratique | un des mordus de p\u00eache arriv\u00e9 t\u00f4t \u00e0 l\u2019\u00e9tang de Saint-Germain-de-Vibrac, et qui reste au chaud dans sa voiture qui tourne<br><br>Et de neuf&nbsp;! Apr\u00e8s, pas oblig\u00e9 que ce soit au moment dont je viens de parler. \u00c7a pourrait \u00eatre un peu avant, ou un peu apr\u00e8s, dans la nuit, et alors l\u00e0, je suis bien dans la fiction puisque je ne suis plus l\u00e0 pour observer ni \u00e9couter.<br><br>Mieux, car tout cela est bien trop humain&nbsp;: si on se mettait \u00e0 la place des vers luisants dans mon jardin, ou de la vache du voisin qu\u2019on entend brouter dans le champ d\u2019\u00e0 c\u00f4t\u00e9, du chien qui aboie au loin, une chouette, un rossignol, et des grillons et criquets intempestifs partout pour un silence strident. (\u2014 Et puis quoi encore&nbsp;? le vent dans les feuilles&nbsp;?)<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div id=\"division\" class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h1 class=\"wp-block-heading has-light-gray-background-color has-background\">06072025 | division &#8211; recto<\/h1>\n\n\n\n<p>Dans <em>\u00e0 ce stade de la nuit<\/em>&nbsp;: quelqu\u2019un a entrevu, ou pressenti, <em>la nuit de l\u2019encrier<\/em> dont parle Mallarm\u00e9, qui vient du fond du corps&nbsp;? \u2014 Que celui qui vient d\u2019avoir la vision du stade de France vu du ciel, un soir de match de foot, ou de c\u00e9r\u00e9monie de Jeux Olympiques, sorte&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">\u00e0 ce stade de la nuit, je scrolle du pouce sur mon \u00e9cran, \u00e0 la recherche d\u2019un titre dans l\u2019historique de l\u2019appli musicale, le nom m\u2019\u00e9chappe, je tape dans la zone de recherche des noms de groupes, La Canaille, Kompromat, Hyperculte, Lords of the Isles, pas grand-chose \u00e0 voir les uns les autres, \u00e0 croire que je sais m\u00eame pas quelle chanson je cherche, \u00e0 croire qu\u2019elle existe pas, qu\u2019il va falloir la cr\u00e9er, je ferais mieux d\u2019y aller<\/pre>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">\u00e0 ce stade de la nuit, tous les chats sont gris et ma foi, mon foie aussi, y a pas qu\u2019eux, gris, noir, j\u2019y vois plus rien et je sais pas o\u00f9 les claquettes m\u2019emportent, m\u2019emm\u00e8nent, non&nbsp;: m\u2019emportent, je dois plus avoir l\u2019air si humain \u00e0 tanguer comme \u00e7a je dois plut\u00f4t ressembler \u00e0 une gigue, une gigue de derri\u00e8re les fagots pour pogoteurs \u00e0 torsepoil, pas vrai mon chat&nbsp;? tu connais \u00e7a, toi, les poils, mais tu connais pas la bonne vieille gigue que je me suis pay\u00e9e, qu\u2019est-ce qu\u2019ils ont assur\u00e9, qu\u2019est-ce que c\u2019\u00e9tait bon leur Nesquik, comment ils s\u2019appellent d\u00e9j\u00e0&nbsp;? on s\u2019en fout des noms, c\u2019est la chanson qui compte, les paroles, la musique, c\u2019est le Nesquik, \u00e7a a claqu\u00e9 \u00e7a, <em>un p\u2019tit cochon tout rose avec la queue en tire-bouchon, pour calmer ma n\u00e9vrose<\/em> et patati et patata, <em>trouver un second souffle avec ses beaux rognons<\/em>, la contrebasse de fou \u00e7a m\u2019a mis le feu au camping, m\u00eame les arbres, ils se sont mis \u00e0 se balancer en rose et bleu laser, je suis s\u00fbr qu\u2019eux aussi ils s\u2019en sont pas remis et que \u00e7a tangue encore et qu\u2019y a encore pas mal de vent dans les feuilles, sauf qu\u2019eux ils restent sur place, ils jouaient \u00e0 domicile, moi faut que je le retrouve, et c\u2019est pas ce que j\u2019y vois, noir comme dans un chat, c\u2019est pas avec ce que \u00e7a tourne, \u00e0 se demander o\u00f9 elles m\u2019emportent comme \u00e7a, si elles me rallongent un peu leur parcours \u00e0 force de chercher des raccourcis \u00e0 chaque coin de rue, et si elles pouvaient se la fermer aussi, les claquettes, elles ont le pas lourd, \u00e7a me donne l\u2019impression d\u2019\u00eatre encore au camping, et l\u2019autre qui m\u2019en met plein la vue&nbsp;! eh va donc te faire revoir les phares chez Speedy&nbsp;! et emporte-moi tant qu\u2019\u00e0 faire, tu pourras peut-\u00eatre me ramener fissa chez moi, <em>hay<\/em> <em>arriba<\/em> <em>arriba<\/em>, hein mon chat&nbsp;? a\u00efe\u2026 rien que de le dire \u00e7a va trop vite, je crois que\u2026 si c\u2019est pas la c\u00f4te, ben c\u2019est les miennes et \u00e7a remonte trop vite, arr\u00eate-toi\u2026 sous la lumi\u00e8re l\u00e0, j\u2019y verrais peut-\u00eatre enfin, combien t\u2019es gris ou noir\u2026 mais arr\u00eate-toi\u2026 arr\u00eate\u2026<\/pre>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">je devrais y aller, la petite lumi\u00e8re de l\u2019enceinte clignote, elle n\u2019aura bient\u00f4t plus de batterie, et moi non plus, \u00e0 ce stade de la nuit, en plus j\u2019ai perdu le fil de ce que les deux autres racontent, eux aussi scrollent, ils parlent en scrollant, ils parlent de ce qu\u2019ils voient, de ce qui d\u00e9file du bout du pouce, de ce que je vois pas, que je comprends pas, je vois seulement leurs visages \u00e9clair\u00e9s par l\u2019\u00e9cran, ou plut\u00f4t je les devine, comme l\u2019est le mien, \u00e0 se demander si ce n\u2019est pas \u00e7a qui d\u00e9file, que je scrolle, mon visage, pass\u00e9s au scanner de l\u2019\u00e9cran, sous les lumi\u00e8res des images et de quelques mots, mon visage, l\u00e0, en forme de chanson qui n\u2019existe pas, dont les autres voudraient s\u00fbrement pas d\u2019ailleurs, connaissant leur style, et moi non si \u00e7a se trouve<\/pre>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">\u00e0 ce stade de la nuit, je reste les bras ballants devant l\u2019entr\u00e9e du parcours de jeux, j\u2019aper\u00e7ois, l\u00e0-bas, la piscine \u00e0 balles et le toboggan, mais je reste l\u00e0, les bras pendus, les doigts \u00e9carquill\u00e9s, agit\u00e9s, je me dandine, je m\u2019accroupis, je regarde la piscine \u00e0 balles, je vois les balles sauter avec ce corps qui vient de plonger, qui vient de glisser du toboggan en criant, j\u2019observe les couleurs et les grosses lettres voler, retomber, je tends le bras, pointe de l\u2019index, je crie, je me redresse et me retourne, le bras tendu, l\u2019index point\u00e9 par l\u00e0-bas, Allez\u2026 Va&nbsp;! Va&nbsp;! je me replace les bras ballants, d\u2019autres corps plongent, d\u2019autres balles voltigent, des couleurs et des lettres, d\u2019autres cris, et une balle, retomb\u00e9e \u00e0 c\u00f4t\u00e9, va venir vers moi, mais elle est emport\u00e9e, elle roule, chute et rebondit, sur le rouge, bleu, vert, jaune, de ce tunnel qui n\u2019en finit pas de tourner<\/pre>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">c\u2019est l\u2019heure, c\u2019est l\u2019heure, quand ma m\u00e8re se r\u00e9veillera elle sera inqui\u00e8te, je recevrai un texto, T\u2019es o\u00f9&nbsp;? T\u2019as vu l\u2019heure&nbsp;? non, \u00e0 ce stade de la nuit j\u2019y fais plus attention, je suis nulle part, au-dessus de la gare, la passerelle illumin\u00e9e, la ville illumin\u00e9e, la gueule noire du tunnel \u00e0 une encablure, le maillage esquiss\u00e9 de rails, de pyl\u00f4nes, de piliers, de c\u00e2bles, de fils et filins, les \u00e9toiles ont disparu, les nuits ici sont toujours lumineuses, en clair-obscur, en chien-loup<\/pre>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">\u00e0 ce stade de la nuit, la journ\u00e9e promet d\u2019\u00eatre longue, j\u2019aper\u00e7ois d\u00e9j\u00e0, par le hublot, le liser\u00e9 des toutes premi\u00e8res lueurs du jour au-dessus d\u2019une masse nuageuse encore noire, on a d\u00e9coll\u00e9 il y a un peu plus de deux heures, vers 23&nbsp;h, l\u2019\u00e9cran m\u2019indique plus de 900&nbsp;km\/h \u00e0 environ 9&nbsp;000 m d\u2019altitude, en sens inverse de la course du soleil, je ne sais pas si je perds ou si je gagne du temps, les heures passent plus vite, la journ\u00e9e avance et je vais avoir du sommeil en retard, je referme, l\u2019\u0153il riv\u00e9 sur la ligne du trajet qu\u2019effectue l\u2019avion sur l\u2019\u00e9cran, en mode nuit, aucun nom de ville n\u2019apparaissant encore, mais la ligne de p\u00e9nombre, alors je referme les yeux, les \u00e9couteurs une compile en sourdine dans les oreilles<\/pre>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">\u00e0 ce stade de la nuit, \u00e0 la recherche d\u2019eau, je sens la fraicheur de l\u2019air, que le soleil est couch\u00e9 mais il y a encore beaucoup de rayonnement, des vibrations et du magn\u00e9tisme, cela vient du sol, de la chaleur accumul\u00e9e toute la journ\u00e9e et dont la nuit veut maintenant s\u2019abreuver, mais quelque chose l\u2019en emp\u00eache, les radiations stagnent et se m\u00ealent, affolent l\u2019essaim des petits hannetons dont je sens les chocs sourds en s\u00e9rie sur du bois, le m\u00eame type de bois que celui sur lequel je me trouve, que je remonte, que j\u2019agrippe, que je parcours, \u00e0 la recherche d\u2019eau, je sens la fraicheur de l\u2019eau, sur la masse d\u2019ombre qui vient d\u2019appara\u00eetre, avec une odeur sucr\u00e9e, l\u00e9g\u00e8rement acide venant du ciel, mais l\u2019eau se trouve \u00e0 la base, elle coule le long de cette masse d\u2019ombre, de fraicheur radieuse, je cours, je vole jusqu\u2019\u00e0 elle, enfin je l\u2019embrasse, d\u2019abord de mes antennes flexibles et fr\u00e9missantes, et je bois<\/pre>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">les autres vont essayer de me retenir, je leur laisserai l\u2019enceinte, c\u2019est tout ce qui les int\u00e9resse en fait, j\u2019ai juste \u00e0 traverser la passerelle, remonter vers le centre, glisser sur les remparts, descendre jusqu\u2019\u00e0 la passerelle du mus\u00e9e du papier, traverser le fleuve, ciao Corto, \u00e0 ce stade de la nuit, je me rentre, juste \u00e0 longer l\u2019ancien quai et remonter la premi\u00e8re \u00e0 droite, enfiler l\u2019impasse, et c\u2019est l\u00e0, tout au bout de cette esp\u00e8ce de ruelle de village, \u00e0 l\u2019\u00e9troit entre quartier HLM isol\u00e9 et cit\u00e9 pavillonnaire \u00e9parse<\/pre>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">on devrait descendre \u00e0 la gare et se tirer, prendre un billet pour le premier train et voil\u00e0, on verrait bien au terminus o\u00f9 on se retrouverait, on verrait les premiers m\u00e8tres dans quel sens on irait, un voyage \u00e0 l\u2019aveugle, c\u2019est \u00e7a, mais le guichet, les bornes, les applis, t\u2019as pas le choix, tu sais d\u2019avance o\u00f9 tu vas, tu dois choisir, tu sais d\u2019avance l\u2019heure de d\u00e9part, l\u2019heure d\u2019arriv\u00e9e, le temps du voyage, tu dois choisir, tu dois choisir o\u00f9, tu dois choisir quand, et qui, avec qui, et comment les bagages et comment les places, avec ou sans recharge, avec ou sans wifi, tu dois choisir, tu dois lire et inscrire, en scrollant, alors je scrolle, \u00e0 la recherche d\u2019un nouveau titre, encore un peu de musique, je scrolle et je tape pour lire le texto que je viens de recevoir, Non, et va te faire voir, le seul truc que tu sais pas, c\u2019est le retard, parce qu\u2019il y a toujours du retard, surtout le train, c\u2019est son avantage, et \u00e7a doit \u00eatre l\u00e0, l\u2019aventure, \u00e7a doit \u00eatre \u00e7a, retard, et rat\u00e9, \u00e0 ce stade de la nuit<\/pre>\n\n\n\n<p>Et voil\u00e0, demain, troisi\u00e8me \u00e9pisode de l\u2019atelier, et je vais d\u00e9j\u00e0 avoir un temps de retard \u2014 qui risque bien de faire un train \u00e0 la fin \u2014, ne sachant toujours pas devant quelle fiction me retrouver.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-light-gray-background-color has-background\">07072025 | division &#8211; verso<\/h1>\n\n\n\n<p>Il y a des vers luisants dans mon jardin. Je l\u2019ai d\u00e9j\u00e0 dit&nbsp;? je le redis. Il y a de beaux vers luisants dans mon jardin. Plein, et c\u2019est bien. Ils clignotent, de fa\u00e7on irr\u00e9guli\u00e8re. D\u2019une nuit \u00e0 l\u2019autre, ils ont un peu chang\u00e9 de place. Et j\u2019imagine qu\u2019ils imitent les \u00e9toiles. J\u2019imagine qu\u2019ensemble, sous nos pieds, ils redessinent la carte du ciel.<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">Stereolab |<br><br>J\u2019avoue, c\u2019\u00e9tait d\u2019abord pour faire plaisir \u00e0 JC.<br><br>Le groupe venait de se reformer. Ou plut\u00f4t, de se r\u00e9veiller. Les musiciens ne se sont jamais vraiment s\u00e9par\u00e9s, mais ils n\u2019avaient plus rien cr\u00e9\u00e9s ensemble depuis une quinzaine d\u2019ann\u00e9es. Avec <em>Instant hologram on metal film<\/em>, ils repartaient en tourn\u00e9e.<br><br>On a pris ma voiture, ma petite Twingo nerveuse. JC pr\u00e9f\u00e9rait ne pas conduire. Tant mieux. Avec un si\u00e8ge en position canap\u00e9 \u00e0 se demander s\u2019il aper\u00e7oit la route, les bras tendus sur un volant, trop courts pour tourner le volant, et un habitacle toujours encombr\u00e9 sentant le chien qu\u2019il n\u2019a jamais eu, je pr\u00e9f\u00e9rais l\u2019emmener.<br><br>J\u2019\u00e9tais \u00e9tonn\u00e9 que JC tienne \u00e0 aller voir ce groupe, que je connaissais mal en fait.<br><br>Si je connais le groupe depuis longtemps, c\u2019est surtout \u00e0 travers son nom, que j\u2019aime bien. Comme l\u2019id\u00e9e que le choix d\u2019un nom de sc\u00e8ne peut d\u00e9finir d\u2019un trait, du moins \u00e9voquer, la d\u00e9marche de l\u2019artiste. Stereolab, un nom de laboratoire, bien s\u00fbr, mais dans une cellule sp\u00e9cifique, pourquoi pas une capsule ou un bloc, o\u00f9 l\u2019espace r\u00e9duit est non seulement adapt\u00e9 au son, mais participe du son. Un bloc sonore o\u00f9, dont, on va examiner les particularit\u00e9s, diff\u00e9rencier, combiner, mixer, les particules \u00e9l\u00e9mentaires, telles les briques d\u2019un jeu de construction.<br><br>On est partis vers 18&nbsp;h pour Bordeaux, craignant les bouchons qui n\u2019ont pas eu lieu. M\u00eame sur les quais la circulation \u00e9tait relativement fluide. Mais avec les nouvelles voies, le nouveau rond-point et le tunnel autour du nouveau pont, les travaux en s\u00e9rie aux alentours de la gare, on a perdu un peu de temps. Pour rien puisqu\u2019on \u00e9tait largement en avance. L\u2019horaire sur les billets en correspondait au d\u00e9but du concert, mais \u00e0 l\u2019ouverture de la salle de concert.<br><br>Je ne sais plus comment on en est venus \u00e0 parler foot, du temps o\u00f9 le club bordelais, avec Zidane, battait l\u2019ogre du Milan AC \u00e0 l\u2019\u00e9poque. JC m\u2019a racont\u00e9 comment un soir, un ami l\u2019a invit\u00e9 \u00e0 voir un match dans les tribunes d\u2019honneur du Parc Lescure \u00e0 l\u2019\u00e9poque, en pleine ville, et combien ils ont bu tant de champagne que l\u2019ami en question n\u2019a pas retrouv\u00e9 sa voiture dans le d\u00e9dale des rues alentour. Il a d\u00fb appeler sa femme pour rentrer.<br><br>De Stereolab, j\u2019aime bien les pochettes color\u00e9es, minimales, harmonieuses, abstraites, pop, cin\u00e9tiques.<br><br>Bordeaux se transforme. Les quartiers jadis ouvriers, nagu\u00e8re \u00e0 l\u2019abandon ou presque (mes ann\u00e9es d\u2019\u00e9tudiant), font peu \u00e0 peu place \u00e0 du quartier d\u2019affaires, de la cit\u00e9 touristique, du parc d\u2019attractions. On s\u2019est gliss\u00e9 dans la rue Sauvageau, aux airs de vieux bourg provincial, pour rejoindre la place Meunier refaite \u00e0 neuf. Comme le parking souterrain, lumineux, color\u00e9, musique classique en fond sonore.<br><br>On \u00e9tait tellement en avance qu\u2019il n\u2019y avait qu\u2019une poign\u00e9e de personnes de part et d\u2019autre des portes de la salle, rideau tagu\u00e9 ferm\u00e9. On a pris tout notre temps pour manger, moi mes sandwichs au pain de mie, JC des parts de pizza, assis sur un banc en b\u00e9ton au milieu de quelques arbustes. Des moineaux \u00e0 nos pieds, attendant un bout de pain, ou de lardon.<br><br>L\u2019agent de s\u00e9curit\u00e9 n\u2019a pas voulu de ma gourde. J\u2019ai d\u00fb la laisser \u00e0 l\u2019entr\u00e9e, dans un bac. On \u00e9tait parmi les premiers \u00e0 entrer, le hall \u00e9tait presque d\u00e9sert. \u00c0 c\u00f4t\u00e9 du bar, on installait sur une table des disques vinyles et des t-shirts. Le temps de jeter un \u0153il sur la terrasse, on est mont\u00e9 dans la salle. Par cet escalier sombre recouvert de petites figures et d\u2019inscriptions, qu\u2019on trouve partout et surtout dans les toilettes, que j\u2019aurais d\u00fb filmer en montant.<br><br>Je suis rentr\u00e9 avec un grand verre estampill\u00e9 du logo de la salle, trouv\u00e9 dans les toilettes.<br><br>C\u2019est \u00e9trange, sans la salle de Barbey, cette esp\u00e8ce de gradin de stade en b\u00e9ton derri\u00e8re la fosse. On s\u2019est assis au niveau de la sono, pour un meilleur retour sonore. Il y avait, dans tout l\u2019espace, une sorte de fum\u00e9e en suspension dans laquelle se diluait la lumi\u00e8re blanche de quatre puissants projecteurs. Quelque chose d\u2019un plan expressionniste, avec les gens qui emplissaient la salle de t\u00eates en surnage&nbsp;?<br><br>J\u2019aurais aim\u00e9 me placer derri\u00e8re la grande console de la sono.<\/pre>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-light-gray-background-color has-background\">08072025 | division &#8211; verso<\/h1>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">Astrobal, pour commencer. Inconnu. Mais les chiens ne font pas des chats. Astrobal, c\u2019est ce jeu de mots o\u00f9 la musique et la danse sont le moyen d\u2019observer les astres, d\u2019en d\u00e9terminer la hauteur de chant pour mieux la coucher, l\u2019amplifier, la d\u00e9former, sur sc\u00e8ne pour un homme seul \u00e0 la batterie et au micro, une console de mixage \u00e0 port\u00e9e de main, et qui de la voix ou de tome battait le rythme en modulations de fr\u00e9quence et de fausses notes d\u2019apparence, chant de machine en italien et cris d\u2019oiseaux, pour cette salle noire gonfl\u00e9e \u00e0 blanc, flanqu\u00e9e d\u2019un faisceau mauve balayant les t\u00eates.<br><br>C\u2019\u00e9tait aussi Gaston Bachelard pour horizon, cette limite aussi fuyante et ouverte qu\u2019elle nous encercle et intime. Il a d\u2019ailleurs r\u00e9guli\u00e8rement \u00e9t\u00e9 question d\u2019imaginaire pendant le concert. Et de politique, vite fait, du temps o\u00f9 Laetitia Sadier lisait Corn\u00e9lius Castoriadis il y a une trentaine d\u2019ann\u00e9es. S\u00fbrement un tome des <em>Carrefours du labyrinthe<\/em>, peut-\u00eatre <em>Le Monde morcel\u00e9<\/em> ou <em>La Mont\u00e9e de l\u2019insignifiance<\/em>. Astrobal a cit\u00e9 Gaston Bachelard&nbsp;: \u00ab&nbsp;Il faut que l\u2019imagination prenne trop pour que la pens\u00e9e ait assez.&nbsp;\u00bb<br><br>Stereolab. J\u2019avais en t\u00eate, pour leur style, un genre de m\u00e9lodie simple, aussi sautillante et insouciante que le Petit Chaperon Rouge cueillant des noisettes, courant apr\u00e8s des papillons, faisant des bouquets de petites fleurs, dans une for\u00eat sonore de Moog Cook Book, guitare surf, rythme de batterie d\u00e9cal\u00e9, apparemment perdu, par les boucles \u00e9lectroniques et des bidouillages d\u2019un autre genre, o\u00f9 \u00ab&nbsp;des courants sous-marins glac\u00e9s et des accrocs sur la moire de la soie viennent toujours parasiter l\u2019\u00e9coute&nbsp;\u00bb, ai-je lu. Ma m\u00e9moire d\u00e9faillait.<br><br>Je ne sais pas \u00e0 quel moment JC est all\u00e9 chercher les bi\u00e8res.<br><br>C\u2019est assez idiot un trombone \u00e9lectrique. \u00c7a n\u2019existe pas. Et pourtant, c\u2019est que j\u2019ai entendu. Quand la chanteuse, dans une couche sonore d\u00e9j\u00e0 satur\u00e9e par une guitare et une basse plus r\u00eaches, lourdes, grunge, que je n\u2019aurais imagin\u00e9, par un d\u00e9crochage que je n\u2019ai pas vu venir, et des synth\u00e9s, deux, qui l\u2019air de rien avaient d\u00fb se lancer un d\u00e9fi, \u00e0 qui s\u2019aventurerait au plus pr\u00e8s des plages d\u2019un harmonium&nbsp;: quand L\u00e6titia Sadier a embouch\u00e9 un trombone de fanfare, et crach\u00e9 tout ce qu\u2019il y avait dans le coffre \u00e9lectrique, tout que le transformateur \u00e9lectrique, je ne sais o\u00f9, contenait de surtension, pour un son dont j\u2019avais d\u00fb rater le doigt sur la console de mixage, ou le pied sur une p\u00e9dale d\u2019effet, un bruit de bulles qu\u2019on fait dans l\u2019eau, mais pass\u00e9 au chinois d\u2019un riff distordu, gr\u00e9sillant, pas si rigolo. Le tout sur fond de robe rouge et de rideau de th\u00e9\u00e2tre bleu.<br><br>J\u2019ai trouv\u00e9 L\u00e6titia Sadier \u00e9l\u00e9gante dans sa longue robe de soir\u00e9e rouge.<br><br>Les musiciens sont anglais. La chanteuse est fran\u00e7aise. Stereolab chante dans les deux langues. Le concert a d\u00e9but\u00e9 en fran\u00e7ais. Sans doute avec une chanson du nouvel album, m\u00e9lodieuse, pos\u00e9e. Je n\u2019ai pas retenu le nom. Le seul titre dont je me souvienne, c\u2019est <em>Stomach worm<\/em>. Pourquoi&nbsp;? Peut-\u00eatre parce que la chanson pour ch\u0153ur m\u00e9lodieux, \u00e0 deux strophes courtes sans r\u00e9els couplet ni refrain, est une longue ritournelle de swing aussi enlev\u00e9 que d\u00e9construit. Et peut-\u00eatre parce qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 introduit par Corn\u00e9lius Catoriadis. <em>Stomach worm<\/em>, pour un message politique&nbsp;? une revendication&nbsp;? un slogan&nbsp;? un coup de gueule&nbsp;? un poing lev\u00e9&nbsp;? un doigt d\u2019honneur&nbsp;? En tout cas, entre l\u2019anglais, la cadence, le canon, le d\u00e9luge sonique, comment voulez-vous entendre ce qui revient peut-\u00eatre le plus, <em>Not the only one, a nominal thing, the law of division&nbsp;<\/em>?<\/pre>\n\n\n\n<p>Ouf&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div id=\"tourment\" class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h1 class=\"wp-block-heading has-light-gray-background-color has-background\">09072025 | tourment &#8211; verso<\/h1>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Pr\u00e9liminaires |<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Tout ce qui m\u2019arrive me sert de pr\u00e9liminaire. Les jours qui passent nourrissent le magma d\u2019affects, d\u2019informations et de souvenirs qui mac\u00e8re quelque part dans mon cerveau. S\u2019il est remu\u00e9 \u00e0 la bonne cadence, avec suffisamment de vigueur, il se recouvrira d\u2019une pellicule de phrases.<br>C\u2019est par politesse que j\u2019ai choisi cette vie de banditisme. L\u2019art litt\u00e9raire n\u2019empi\u00e8te pas sur la vie r\u00e9elle&nbsp;: il se contente de trahir. Personne ne pose pour moi. Je n\u2019encombre pas les mod\u00e8les avec les besoins de ma cr\u00e9ation. Je travaille sans leur assentiment. Face \u00e0 mes visions, je suis seule. Cela veut dire que je suis libre. Le plus intangible des arts \u00e9chappe \u00e0 la mati\u00e8re. Les phrases n\u2019ont m\u00eame pas besoin d\u2019\u00eatre \u00e9crites pour exister. Je me moque des livres, ils peuvent tous br\u00fbler. La litt\u00e9rature ne d\u00e9pend pas d\u2019eux, ils n\u2019en sont que la trace. La litt\u00e9rature est divorc\u00e9e des sens. Elle est la jouissance d\u2019une intuition esth\u00e9tique qui se r\u00e9alise. On la fait advenir par le m\u00e9dium le moins fastidieux qui soit&nbsp;: celui du langage. La litt\u00e9rature est dans ma t\u00eate.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">(Joy Majdalani, <em>Jimmy Freeman<\/em>)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p>Atelier | Camille Laurens <\/p>\n\n\n\n<p>(Entre autres, en comptant les r\u00e9f\u00e9rences sur lesquelles elle-m\u00eame s\u2019appuie.)<\/p>\n\n\n\n<p>Au chapitre du \u00ab&nbsp;Oui&nbsp;\u00bb, je dirais d\u2019abord Non. <em>Non, je n\u2019\u00e9crirais pas sur le mot <\/em>oui<em>.<\/em> Pas en trois jours, qui se terminent d\u2019ailleurs aujourd\u2019hui, et qui n\u2019auront jamais dur\u00e9 que trois heures pour moi \u2014en exag\u00e9rant, bien s\u00fbr, train de retard oblige. Oui, il me faudrait au moins tout l\u2019atelier pour m\u00e9diter la chose. Trois ans id\u00e9alement \u2014 en exag\u00e9rant toujours. Parce qu\u2019elle a raison Camille Laurens, je suis bien d\u2019accord avec elle, oui&nbsp;: \u00ab&nbsp;un mot sans fin ni fond, un mot vertigineux, un mot d\u2019ab\u00eeme.&nbsp;\u00bb Donc&nbsp;: non, je n\u2019\u00e9crirai rien sur ce mot pour l\u2019instant. Tant pis pour l\u2019image de marque que cela m\u2019aurait valu puisque, dit Laurens&nbsp;: \u00ab&nbsp;Les gens qui savent bien dire oui savent faire l\u2019amour&nbsp;\u00bb \u2014 m\u00eame si le <em>oui<\/em> recouvre un <em>non<\/em> pur et simple, cat\u00e9gorique mais bien masqu\u00e9, qui fera son effet \u00e0 retardement&nbsp;? \u2014, et parce que \u00ab&nbsp;tous les \u00e9crivains aiment oui, ce n\u2019est pas possible autrement&nbsp;\u00bb \u2014 zut&nbsp;! moi qui croyais que l\u2019\u00e9criture consistait \u00e0 explorer tous les possibles, et surtout autrement.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour les \u00ab&nbsp;Il y a&nbsp;\u00bb\u2026 je crois que je vais simplement m\u2019appuyer sur les pistes que j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 emprunt\u00e9es, par \u00e9conomie de moyens, de sens et d\u2019\u00e9nergie. On n\u2019est pas humain pour rien. Mais avec un peu de chance, une piste peut en d\u00e9couvrir une autre o\u00f9 jeter un \u0153il sera le premier et dernier pas pour \u00eatre aspir\u00e9 et parcourir d\u2019un trait tout le chemin, toute la boucle, si \u00e7a se trouve.<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\"><em>Oui<\/em> \u2014 Oui&nbsp;? Mais oui, quoi&nbsp;? Qu\u2019est-ce que \u00e7a veut dire&nbsp;? Je scrolle, deux ou trois coups de pouce rapides, je remonte le trop long message que j\u2019avais envoy\u00e9 en sens inverse, le balayant du coin de l\u2019\u0153il. Sans trouver d\u2019abord la question que j\u2019avais pos\u00e9e. Je redescends plus doucement, relisant quelques bouts de phrases. Et je retrouve ma question \u00e0 peu pr\u00e8s au milieu, isol\u00e9e entre deux blocs. <em>Et tu voudrais pas<\/em>, etc. \u2014 <em>Oui<\/em> Mais oui, pour un oui ou pour un non&nbsp;? Elle veut ou elle veut pas&nbsp;? Ah la petite formule interron\u00e9gative, quand on veut y mettre quelques formes aux airs de pincettes, qu\u2019on s\u2019attend \u00e0 un oui, du bout des l\u00e8vres ou dans la barbe, et pour cela il faut lire <em>Non<\/em>. Mais l\u00e0, non. C\u2019est un <em>Oui<\/em> et \u00e7a ne veut rien dire. Ou alors \u00e7a veut tout dire, justement. Que, oui ou non, elle s\u2019en fiche. Que c\u2019est ni oui ni non, pour mieux me laisser dans l\u2019expectative. Parce que je n\u2019avais qu\u2019\u00e0 pas te faire souffrir, oui, Oui tu n\u2019aurais pas d\u00fb me dire Oui, de ce oui qui sonnait faux, d\u2019un oui d\u00e9faillant, \u00e9raill\u00e9, avec ces tr\u00e9molos irr\u00e9pressibles et ce regard instable qui \u00e9vitait le mien, cet \u0153il fuyant, qui ont fauss\u00e9 ta voix, un oui d\u00e9viant, obvi\u00e9, issu d\u2019une vague de peur au fond de toi, mais pourquoi, cette vague, cette lame de fond, \u00e0 croire que quelque chose en moi te faisait horreur, et \u00e7a remontait en toi, ton corps, qui n\u2019a pas trahi ta nature mais ta voix, ton \u0153il, et me r\u00e9v\u00e9lait la v\u00e9rit\u00e9, en fait, de cette lamentable mascarade d\u2019un oui qui ne voulait que dire, ou contredire, Oui, je mens, parce que je ne veux pas te blesser, parce que je ne peux pas te dire Non, parce que je ne sais pas comment te le dire, je ne sais pas, plus, quoi te dire, et, oui, j\u2019avoue c\u2019\u00e9tait encore plus vexant, plus offensant humiliant, blessant. <em>Oui<\/em><\/pre>\n\n\n\n<p>(Entre les textes d\u2019atelier et les articles du journal\u2026 entre la perspective cr\u00e9ative et l\u2019objectif informatif\u2026 le c\u0153ur ne balance pas, mais la technique.)<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-light-gray-background-color has-background\">10072025 | tourment &#8211; recto<\/h1>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Vivre&nbsp;: chercher quelque chose et, dans cette qu\u00eate t\u00eatue, trouver autre chose, qui m\u00e9rite mieux d\u2019\u00eatre voulu \u2014 mais on ne pouvait pas le savoir, parce que cela n\u2019existait pas dans l\u2019imagination du d\u00e9sirable, et parce que le processus de la qu\u00eate a transform\u00e9 sur le chemin, sans qu\u2019il le sache, celui qui d\u00e9sirait.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">(Baptiste Morizot, <em>S\u2019enforester<\/em>.)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p>Atelier |<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a tous ces petits blocs de textes que je peux reprendre un \u00e0 un pour en tirer deux ou trois autres, des fragments, commen\u00e7ant par <em>il y a<\/em>. Comme une errance.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">Il y a un type en noir, cheveux tr\u00e8s longs, qui s\u2019avance, se baisse un instant vers la fen\u00eatre semi-ouverte d\u2019une voiture, et se redresse, recule un peu, regarde ailleurs, ici et l\u00e0.\n\nIl y a un type sur la passerelle, au-dessus des rails, qui d\u00e9ambule et prend des photos.\n\nIl y a un tout jeune enfant dans la foule. Il marche en d\u00e9s\u00e9quilibre, mais ne tombe pas. Il s\u2019accroche d\u2019une main \u00e0 un banc en bois et en fait le tour.\n\nIl y a deux remorques de d\u00e9chets derri\u00e8re le glacier. Une pour les d\u00e9chets alimentaires, l\u2019autre pour les coquilles de moules. C\u2019est \u00e9crit.\n\nIl y a cinq musiciens dans une remorque de camion ouverte sur un c\u00f4t\u00e9. Il y a deux guitares, une basse, une batterie, un saxo, une contrebasse, un accord\u00e9on, des micros, des amplis, des enceintes, des p\u00e9dales, d\u2019autres appareils, des projecteurs, des spots bleus, des fils, un pupitre. Il y a aussi quelques bouteilles d\u2019eau.\n\nIl y a toujours cet oiseau qui chante au-dessus de nos t\u00eates sans qu\u2019on puisse le voir. \u00c0 croire que c\u2019est le ciel qui vient nous siffler dans les oreilles.\n\nIl y avait de grosses poutres en bois dans le garage de Jack, avant l\u2019incendie. Il y avait de la poussi\u00e8re tout autour, dans l\u2019all\u00e9e, du sable. Il y avait les voitures gar\u00e9es le long d\u2019une murette, sous des arbres. Il y avait une maison derri\u00e8re. Il y a quelque part une photo de la chambre de Jack.\n\nIl y a eu des photos du pique-nique \u00e0 Guizenjh\u00e2aa\u2026 et je revois la Nadia les faire, l\u2019air de rien, pendant qu\u2019on jouait aux palets sous le soleil avec Patrick et les deux Jean-Pierre, JP et JPP, mais je les ai toujours pas vues.\n\nIl y a ce p\u00e8re assis sur un banc en b\u00e9ton, devant la gare, l\u2019\u0153il riv\u00e9 sur son t\u00e9l\u00e9phone, et quatre enfants gravitent autour de lui, courent, rient, crient.\n\nIl y a des vers luisants qui redeviennent col\u00e9opt\u00e8res dans la journ\u00e9e, lampyres. Il y a les phares des v\u00e9hicules qui ne les atteignent pas, la nuit, balayant les murs, les feuillages. Il y a ce soir d\u2019orage o\u00f9 ils semblent s\u2019\u00eatre d\u00e9multipli\u00e9s et avoir acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 leurs battements lumineux.\n\nIl y a ces hannetons ivres de lumi\u00e8re, attir\u00e9s par les petites ampoules de la guirlande \u00e9lectrique qui va et vient sous le toit vitr\u00e9 de l\u2019appentis. Il y a leurs petits coups sur le toit, les poutres.\n\nIl y a ces enfants et ces jeunes qui dansent devant la sc\u00e8ne de la salle des f\u00eates, sur un rev\u00eatement noir et brillant recouvrant le parquet. Il y a le professeur de danse, venu de loin, qui les observe, assis devant une table, l\u2019\u00e9cran dans le dos. Il y a un amas de fils sur la table, dispers\u00e9s de part et d\u2019autre au sol. Il y a une bouteille d\u2019eau par terre.\n\nIl y a cet insecte qui vient s\u2019abreuver \u00e0 ma limonade, \u00e0 l\u2019eau de la condensation. La langue courante ne l\u2019a pas encore nomm\u00e9.<\/pre>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h1 class=\"wp-block-heading\">11072025<\/h1>\n\n\n\n<p>Oui |<\/p>\n\n\n\n<p>Je n\u2019ai pas retrouv\u00e9 le passage de Nietzsche que j\u2019avais en t\u00eate au sujet du grand Oui (entendu un jour \u00e0 la radio, dans l\u2019\u00e9mission des Nouveaux chemins de la connaissance, je crois). Mais \u00e0 la place, celui-ci, fragment 339 du <em>Gai savoir<\/em> (dans la traduction peut-\u00eatre dat\u00e9e d\u2019Henri Albert)&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Il est vrai que les Grecs pouvaient prier&nbsp;: \u00ab&nbsp;Deux et trois fois tout ce qui est beau&nbsp;!&nbsp;\u00bb \u2014 car ils avaient, h\u00e9las&nbsp;! une bonne raison d\u2019invoquer les dieux, car la r\u00e9alit\u00e9 impie ne nous donne pas la beaut\u00e9, et si elle nous la donne, ce n\u2019est qu\u2019une seule fois&nbsp;! Je veux dire que le monde est gorg\u00e9 de belles choses, et, malgr\u00e9 cela, pauvre, tr\u00e8s pauvre en beaux instants et en r\u00e9v\u00e9lations de ces choses. Mais peut-\u00eatre est-ce l\u00e0 le plus grand charme de la vie&nbsp;; elle porte sur elle, entrelac\u00e9 d\u2019or, un voile de belles possibilit\u00e9s, prometteuses, farouches, pudiques, moqueuses, apitoy\u00e9es et s\u00e9ductrices. Oui, la vie est une femme&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p>(J\u2019ai beaucoup de disques maintenant \u00e0 la maison. Mais ce sont d\u2019abord des livres. Tous, ou presque, ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9couverts \u00e0 travers les mots des autres, de quelques magazines surtout, des chroniques, des critiques, parfois dans une \u00e9mission de radio. Et aujourd\u2019hui des livres sur tel groupe, tel album. Et puis j\u2019aime bien les livrets illustr\u00e9s.)<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p>Foss\u00e9s |<\/p>\n\n\n\n<p>Certains se fient \u00e0 la Dame du Lac (le roi Arthur vers Avalon, le chevalier Lancelot pour son \u00e9ducation), moi, je me confie \u00e0 la dame des Foss\u00e9s. Un autre genre de sorcellerie.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est apparu que j\u2019\u00e9cris sur des mouchoirs en papier. On voit de quoi rel\u00e8ve l\u2019\u00e9criture&nbsp;? Faut-il \u00e9noncer tout ce que l\u2019image \u00e9voque&nbsp;? Jusqu\u2019aux diff\u00e9rents types de maladies&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p>Laisser-aller | avec Marianne Alphant<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;On trouve pourtant des choses en fl\u00e2nant dans les livres, dans sa m\u00e9moire ou les yeux au sol, au ciel, r\u00eavant, s\u2019abandonnant aux courbes d\u2019une guirlande.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est pourquoi j\u2019ai int\u00e9gr\u00e9 une microsc\u00e8ne de plus, avec cet instant v\u00e9cu ce matin m\u00eame, une autre piste d\u2019\u00e9criture, un ailleurs et des possibles, parmi les \u00ab&nbsp;il y a&nbsp;\u00bb d\u2019hier.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p>Atelier |<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 la recherche de \u00ab&nbsp;ce qui, pour chacune et chacun, est cette \u201cemprise\u201d, donc&nbsp;pr\u00e9sente ind\u00e9pendamment de notre vouloir, un \u201cd\u00e9j\u00e0 l\u00e0\u201d qui en cela m\u00eame fonde l\u2019\u00e9criture, m\u00eame fragilement, m\u00eame \u00e0 distance&nbsp;\u00bb. \u2014 Et va savoir pourquoi j\u2019ai tout de suite senti se soulever une vague de nostalgie, ou de m\u00e9lancolie (mots trop lourds de sens pour \u00eatre vrais), en pensant aussit\u00f4t \u00e0 toi, mon petit Marcel. Et je me demande si tu es au c\u0153ur de cette emprise, princesse secr\u00e8tement d\u00e9tenue tout en haut du donjon que j\u2019ai longuement cherch\u00e9 l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, ou si, en fait, tu n\u2019es pas le gardien du ch\u00e2teau dans le ciel. Qu\u2019est-ce que tu me caches&nbsp;? Ou plut\u00f4t&nbsp;: <em>Qu\u2019est-ce que tu <\/em>me<em> caches&nbsp;? Qu\u2019est-ce que, <\/em>en moi<em>, tu caches <\/em>demoi-m\u00eame<em>&nbsp;?<\/em> \u2014 Recherche de \u00ab&nbsp;<em>ce qui fait<\/em>&nbsp;emprise, maison, ville, personne, \u00e9poque, et nous contraint pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 l\u2019\u00e9criture parce que sinon inaccessible&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>(La musique folktronique de Lucy Gooch, avec son <em>Desert window<\/em>, n\u2019aura pas aid\u00e9.)<\/p>\n\n\n\n<p>((Je m\u2019aper\u00e7ois que la consigne \u00e9crite est plus longue. J\u2019en d\u00e9duis, peut-\u00eatre un peu vite mais\u2026 que m\u00eame pour <em>f<\/em>, la r\u00e8gle du jeu de l\u2019\u00e9criture n\u2019est pas si simple \u00e0 d\u00e9gager, formuler, proposer.))<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Et que dois-tu faire exactement&nbsp;? Je demande, au cas o\u00f9 je pourrais t\u2019aider.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Ma foi, pas grand-chose. Juste quelques notes&nbsp;: \u00ab&nbsp;Listes de noms. Bouts d\u2019images. Restes de phrase, et qu\u2019on ne cherche pas \u00e0 r\u00e9organiser ni assembler, juste ramener l\u00e0, \u00e0 la&nbsp;<em>surface<\/em>&nbsp;du texte.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 et&nbsp;&nbsp;&nbsp; c\u2019est difficile \u2014<\/p>\n\n\n\n<p>Bien plus que \u00e7a en a l\u2019air.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 et toi&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; tu en as l\u2019air \u2014<\/p>\n\n\n\n<p>Moi\u2026&nbsp;? bien s\u00fbr que non&nbsp;! Mais toi, oui, m\u00eame si tu n\u2019en sais rien.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 et qu\u2019est-ce que je peux faire si je ne le sais pas \u2014<\/p>\n\n\n\n<p>Faire comme si tu le savais. Et d\u2019ailleurs tu le sais maintenant, puisque que je te l\u2019ai dit. Tu n\u2019as plus qu\u2019\u00e0 inventer l\u2019air. Et me le souffler. \u00ab&nbsp;En convoquant comme voix, interjection, interrogatoire quasi policier, la r\u00e9sistance m\u00eame de ce qui fait&nbsp;<em>emprise<\/em>, c\u2019est dans le fond de ces d\u00e9p\u00f4ts \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de soi-m\u00eame qu\u2019on va puiser de plus en plus loin les fragments de mati\u00e8re.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 et les silences&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; j\u2019ai droit aux silences&nbsp;&nbsp; il y a des silences qui en disent long et qui peuvent \u00eatre plus lourds de sens qu\u2019un long discours et puis c\u2019est ce que je connais le mieux&nbsp; je n\u2019ai presque pas eu le temps d\u2019apprendre \u00e0 parler tu le sais&nbsp; alors, \u00e7a m\u2019aiderait un peu le silence \u2014<\/p>\n\n\n\n<p>Ah, je te reconnais bien l\u00e0. Elle a raison Emma&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ch\u00e9rubin par la fen\u00eatre (une fois, il s\u2019est envol\u00e9, une autre, il a saut\u00e9 dans la fosse d\u2019orchestre et toute la salle s\u2019est lev\u00e9e d\u2019un coup pour voir).&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div id=\"battages\" class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h1 class=\"wp-block-heading has-light-gray-background-color has-background\">12072025 | battages &#8211; recto<\/h1>\n\n\n\n<p>(Allez, en cherchant un peu mieux, tu le retrouves ton passage du grand Oui, dans le tout premier fragment du quatri\u00e8me livre du <em>Gai savoir<\/em>. \u2014 \u00c9trangement, le mot <em>oui<\/em> n\u2019appara\u00eet pas dans la traduction de mon livre de poche. J\u2019emprunte donc celle de St\u00e9phane Floccari, invit\u00e9 de l\u2019\u00e9mission des Chemins de la philosophie en 2018&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Je veux toujours plus apprendre \u00e0 voir la n\u00e9cessit\u00e9 dans les choses comme le beau \u2014 ainsi serai-je l&rsquo;un de ceux qui rendent belles les choses. Amor fati&nbsp;: que cela soit \u00e0 pr\u00e9sent mon amour ! Je ne veux mener aucune guerre contre le laid. Je ne veux pas accuser, je ne veux pas m\u00eame accuser les accusateurs. Que d\u00e9tourner le regard soit mon unique n\u00e9gation&nbsp;! Et, en tout et pour tout, et en grand&nbsp;: je veux, en n&rsquo;importe quelle circonstance, n&rsquo;\u00eatre rien d&rsquo;autre que quelqu&rsquo;un qui dit oui.&nbsp;\u00bb)<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">C\u2019est l\u00e0. C\u2019est ce soir. Ce bruit par la fen\u00eatre ouverte. Cette machine qui tourne encore en pleine nuit. La lune est forte, mais voil\u00e9e. On le sait parce qu\u2019on va faire un tour dans le jardin, on va se rafra\u00eechir avant d\u2019aller se coucher. Et c\u2019est ce bruit, cette machine. Quand on travaille encore, en pleine nuit, quand on bat. D\u2019o\u00f9 \u00e7a vient&nbsp;? La machine tourne, souffle, module ses fr\u00e9quences, ralentit et reprend.<br><br>Et Marcel, un jour de fin juillet. Le petit Marcel, un jour de fin tout court. C\u2019\u00e9tait aussi pour les battages. Surtout \u00e0 l\u2019\u00e9poque, sans le r\u00e9chauffement. \u00c7a devait \u00eatre un peu plus tard. Fin juillet, d\u00e9but ao\u00fbt. Et c\u2019\u00e9tait \u00e7a plut\u00f4t, d\u00e9but ao\u00fbt. Le d\u00e9but de la fin. De la fin tout court.<br><br>Ce jour o\u00f9 tu t\u2019es lev\u00e9, en pleine nuit. La lumi\u00e8re \u00e9tait allum\u00e9e, tu es descendu du lit, par l\u2019\u00e9chelle du lit jumeau, tu es sorti de la pi\u00e8ce et tu t\u2019es arr\u00eat\u00e9 devant la porte. Devant l\u2019escalier. Devant le figuier qui retenait la nuit. Elle n'\u00e9tait pas ferm\u00e9e, la porte&nbsp;? Qui a ouvert, \u00e7a c\u2019est une autre histoire.<br><br>Son p\u00e8re et sa m\u00e8re non plus n\u2019\u00e9taient pas l\u00e0. Plus l\u00e0. Ou ils \u00e9taient peut-\u00eatre l\u00e0, dans la pi\u00e8ce d\u2019\u00e0 c\u00f4t\u00e9, juste derri\u00e8re le rideau, \u00e0 veiller, \u00e0 attendre, que \u00e7a vienne, que \u00e7a se passe et tr\u00e9passe. T\u2019avais juste une porte d\u2019avance. Juste le rideau de la nuit.<br><br>La poussi\u00e8re, la nuit. La poussi\u00e8re dans les phares, comme un brouillard. En pleine figure.<br><br>Le battage que \u00e7a d\u00fb faire. La poussi\u00e8re que \u00e7a a d\u00fb soulever dans la pi\u00e8ce. Toutes ces all\u00e9es et venues. Te voir t\u2019en aller. Ne jamais revenir. D\u00e9j\u00e0. Bien avant ton p\u00e8re trente-huit ans plus tard. Bien avant ta m\u00e8re, morte sur le coup. \u00c7a a dur\u00e9 quarante-huit ans. \u00c0 la fin folle. Dans son lit, \u00e0 en baver. \u00c0 s\u2019\u00e9clipser pour plus d\u2019intimit\u00e9.<br><br>Tu ne l\u2019aurais pas ouverte&nbsp;? C\u2019est ta m\u00e8re qui l\u2019a laiss\u00e9e ouverte&nbsp;? Ton p\u00e8re qui a oubli\u00e9 de la fermer&nbsp;? C\u2019\u00e9tait encore la p\u00e9riode o\u00f9 il partait battre la nuit&nbsp;? Avec sa machine sans cabine et vive la poussi\u00e8re&nbsp;?<br><br>Le battage, la poussi\u00e8re dans la pi\u00e8ce, dans la ferme, avec les bl\u00e9s, la paille, le foin qu\u2019on rentrait, de cette poussi\u00e8re qui s\u2019incruste dans les pores de la peau, s\u2019infiltre, qu\u2019on inspire, qu\u2019on avale, \u00e0 plus pouvoir respirer, \u00e0 en avoir la naus\u00e9e, \u00e0 vouloir cracher, vomir, gerber. La poussi\u00e8re indigeste jusque dans l\u2019\u0153il rougi \u00e0 blanc. L\u2019\u0153il crev\u00e9. Noy\u00e9. La vague de poussi\u00e8re qui a mont\u00e9 dans la pi\u00e8ce, dans la ferme, dans le village.<br><br>Et la main&nbsp;? elle aurait peut-\u00eatre voulu qu\u2019on lui tienne la main. D\u00e9tourner le regard, mais tenir sa main.<br><br>Croix blanche, Champagnac. Saint-Georges-des-Ago\u00fbts, le bourg, la maison en face de l\u2019\u00e9glise, l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la route. Semoussac, chez Servant. Et tout un corps de ferme entour\u00e9s de haies, tout autour des champs, de petits bois, une mosa\u00efque, une dentelle, aujourd\u2019hui des aplats, les bois se sont \u00e9toff\u00e9s, les parcelles se sont agrandies, les haies ont disparu, la ferme est coup\u00e9e en deux, une partie a disparu, laiss\u00e9e \u00e0 l\u2019abandon, le toit effondr\u00e9, les murs \u00e9croul\u00e9s. Pour un nouveau jardin.<br><br>La campagne et la nuit aussi, c\u2019est mont\u00e9. \u00c0 voiler la lune.<br><br>La balan\u00e7oire dans le figuier, bricolage du p\u00e8re. La balancelle \u00e0 grosses fleurs. Le parcours entre les branches, entre les feuilles. Le cochon pendu. Les parents perdus ce soir-l\u00e0. Un soir de moisson. L\u2019appel en s\u00e9rie pour seule r\u00e9colte. Il y avait du vent&nbsp;? Tu es retourn\u00e9 dans ton lit&nbsp;? Tu t\u2019es cach\u00e9 sous le drap&nbsp;?<br><br>Et combien de gerbes en surnage&nbsp;?<br><br>Il n\u2019y avait pas de vent. Le bruit de la machine portait tout seul dans l\u2019air. Il portait l\u2019air. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, de l\u2019autre, la machine tournait. De temps en temps, un roulis, un couinement. Un ton plus bas. La machine bat, la machine tourne, allers et retours dans la nuit.<br><br>Avant on passait la faux. Toute sa vie le p\u00e8re Fissou, le p\u00e8re du petit Marcel. \u00c0 la faux, \u00e0 la faucille. La m\u00e8re Fissou, \u00e0 la folle. Et le battage sans machine, au fl\u00e9au. Les \u00e9pis et le grain volent. Le bruit, les coups r\u00e9p\u00e9t\u00e9s, amortis, le manche tourne, le battant bien \u00e0 plat. Dessous, un grand drap blanc.<\/pre>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-light-gray-background-color has-background\">13072025 | battages &#8211; verso<\/h1>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">histoire, avec du pass\u00e9, d\u2019accord, et pas mal, du pr\u00e9sent aussi, \u00e7a a l\u2019air plus facile, et du futur, mine de rien y en a aussi, oui, y a de \u00e7a aussi pour faire une histoire, plus qu\u2019on croit, m\u00eame au pass\u00e9 simple, question de projection, question de lecture<br><br>ah\u2026 du temps, mais \u00e7a reste surtout \u00e0 la mode imparfait, et passablement subjonctif<br><br>et comment tu veux faire une histoire, t\u2019es m\u00eame pas fichu de te rappeler les dates, t\u2019es all\u00e9 les chercher, on te les a donn\u00e9es, tu les a not\u00e9es, inscrites, \u00e9crites, et puis rien, un saut dans le futur, et la chienne de m\u00e9moire qui fout le camp<br><br>trois couches de temps, d\u2019ici et maintenant, <em>hic et nunc<\/em> si tu pr\u00e9f\u00e8res, si t\u2019as aval\u00e9 un noyau de travers, et puis nagu\u00e8re, que tu savais juste marcher, mais pas descendre l\u2019escalier, et puis jadis, ah\u2026 le temps jadis, le temps d\u2019avant, l\u2019histoire, ses mythes, nationaux et familiaux\u2026<br><br>et le chien qui se barre, tiens, on l\u2019attend encore, c\u2019est dans quelle couche&nbsp;?<br><br>allez cherche, fouille, gratte, pioche, creuse, fore, jusqu\u2019au c\u0153ur de la terre, pour combien de couches encore, trois c\u2019est un peu juste non&nbsp;? de toute fa\u00e7on, t\u2019en aurais mille et une par autant de fois au cube, pour une preuve par l\u2019infini, y en aurais toujours pas assez, il en manquera toujours une, toujours \u00e0 venir, un horizon quoi<br><br>mais qui te liras&nbsp;?<br><br>celle qui manque, c\u2019est un peu comme l\u2019histoire du trou noir qui absorbe tant de lumi\u00e8re, et une histoire c\u2019est un \u00e9clairage plus ou moins net, qu\u2019on peut l\u2019apercevoir que de loin sur un fond lumineux suffisamment fort, aveuglant en fait, qui l\u2019atteindra jamais\u2026 on peut que l\u2019a-percevoir mais pas le voir\u2026 eh tu vois, moi aussi, comment \u00e7a travaille&nbsp;?<br><br>non, y a pas d\u2019histoire, c\u2019est pas \u00e7a, c\u2019est pas \u00e7a que tu cherches\u2026 des pr\u00e9sences&nbsp;? tu parles, t\u2019es m\u00eame pas pr\u00e9sent \u00e0 toi-m\u00eame<br><br>de toute fa\u00e7on, t\u2019\u00e9cris jamais que sur des mouchoirs en papier, et c\u2019est pratique ces petits mouchoirs, l\u2019air de rien tu fais pas mal de petites de choses et tu prends toujours soin de ton corps, \u00e0 petites doses, peut-\u00eatre, en surface, mais c\u2019est d\u00e9j\u00e0 \u00e7a, tu peux te moucher, tu peux t\u2019\u00e9ponger, tu peux cracher dedans, tu peux essuyer tes larmes, tu peux te torcher avec, m\u00eame s\u2019il t\u2019en faut un bon paquet, tu peux m\u00eame faire la poussi\u00e8re\u2026 et dis-toi que c\u2019est toujours mieux, cette image, que celle du rouleau de PQ, encore que le rouleau\u2026<br><br>une histoire&nbsp;? quelle histoire&nbsp;? la tienne&nbsp;? la mienne&nbsp;? la sienne&nbsp;? ou la chienne&nbsp;? chienne d\u2019histoire&nbsp;? ou histoire qui a du chien&nbsp;?<br><br>ah\u2026 et ces formules toutes faites, tiens, elles sont assez b\u00eates, c\u2019est bien le cas de le dire ici, mais quand m\u00eame, quelles v\u00e9rit\u00e9s elles recouvrent, mine de rien, \u00e7a tient \u00e0 rien la diff\u00e9rence entre le f\u00e9minin et le masculin, \u00e0 rien du tout, mais \u00e0 une lettre pr\u00e8s, le compte est bon, \u00e0 elle le p\u00e9joratif, \u00e0 lui le m\u00e9lioratif<br><br>ton probl\u00e8me, c\u2019est \u00e7a, la compression, la condensation, la m\u00e9taphore si tu veux, mais de quoi&nbsp;? en voil\u00e0 un beau trou noir&nbsp;!<br><br>tu te r\u00e9p\u00e8tes pas un peu, non&nbsp;?<br><br>si tu vois plus rien, tu sais pas o\u00f9 aller, tu sais plus o\u00f9 donner de la t\u00eate, t\u2019as plus de force, t\u2019as plus envie, t\u2019entends rien, tu comprends pas, tu te souviens pas, t\u2019imagine rien, ou je ne sais quel autre pr\u00e9texte pour pas \u00e9crire\u2026 oublie pas la n\u00e9cessit\u00e9 de l\u2019oubli, \u00ab&nbsp;si puissant instrument d'adaptation \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 parce qu'il d\u00e9truit peu \u00e0 peu en nous le pass\u00e9 survivant qui est en constante contradiction avec elle&nbsp;\u00bb, disait l\u2019autre<br><br>il serait temps de penser technique, structure, couper pour mieux coupler, les diff\u00e9rences tiennent parfois \u00e0 rien<br><br>et rien&nbsp;? et la b\u00eatise, qui ne se prend pas pour rien&nbsp;? t\u2019en parles pas&nbsp;? elle se trouve pourtant partout, comme la beaut\u00e9, sauf que la beaut\u00e9, faut la rechercher, faut la retrouver, c\u2019est la princesse dans le donjon, alors que la b\u00eatise, tu restes le plus souvent sous son emprise<br><br>faut pas s\u2019\u00e9tonner que le chien se barre<\/pre>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p>(Je suis tr\u00e8s largement convaincu par l\u2019\u00e9criture, mais plus difficilement persuad\u00e9 par ce que j\u2019\u00e9cris.)<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p>Structure |<\/p>\n\n\n\n<p>On a lu Annie Ernaux et Maylis de Kerangal. Klara, qui parle assez vite, semble lire encore plus vite. Les virgules n\u2019existent pas, les points \u00e0 peine, la tonalit\u00e9 d\u00e9vie, saute, chute. Dans ces textes ou la description, les listes, l\u2019image, prennent de la place, on n\u2019y voyait plus grand-chose. Une esquisse, un brouillon. Comme dans un train quand il passe tout pr\u00e8s de feuillages biff\u00e9s, de murs gomm\u00e9s. J\u2019ai propos\u00e9 une relecture plus lente, avec pause \u00e0 chaque signe de ponctuation. Du TGV \u00e0 la micheline, avec d\u00e9multiplication des gares, des arr\u00eats. Et que le regard dans le train se porte plus loin sur l\u2019horizon, pour le bois contourn\u00e9, un village ramass\u00e9, des images d\u00e9pli\u00e9es.<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h1 class=\"wp-block-heading\">14072025<\/h1>\n\n\n\n<p>Rien n\u2019y fait. Qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019atelier d\u2019\u00e9criture ou d\u2019article de journal, la mise en route de la machine \u00e0 \u00e9crire rel\u00e8ve d\u2019un travail au corps \u00e9puisant. \u00c7a ne d\u00e9marre pas du premier coup. Il faut beaucoup pomper. Et parfois, \u00e7a finit par gonfler.<br><br>(\u2014 Toujours \u00e0 te plaindre.)<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p>Atelier |<br><br><em>f<\/em>&nbsp;: \u00ab&nbsp;c\u2019est bien depuis cette opposition pass\u00e9 et pr\u00e9sent qu\u2019on aborde ce lieu de m\u00e9moire&nbsp;\u00bb \u2014 \u00ab&nbsp;nous sommes en qu\u00eate de ce qui nous relie par une n\u00e9cessit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9criture&nbsp;\u00bb \u2014 \u00ab&nbsp;celle qui s\u2019abstient le plus de jugement, s\u2019en remet aux mati\u00e8res, couleurs, lumi\u00e8res, et \u00e9videmment noms, \u00e9videmment visages&nbsp;\u00bb \u2014 \u00ab&nbsp;ce \u00e0 quoi le r\u00e9el nous confronte au pr\u00e9sent de l\u2019\u00e9criture&nbsp;\u00bb.<br>Rien \u00e0 voir \u2014 ou \u00e0 retardement \u2014, mais les trois couches temporelles, elles rel\u00e8vent peut-\u00eatre, et plut\u00f4t, de dimensions diff\u00e9rentes, \u00e0 la fois tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9es comme des galaxies dans l\u2019univers, et imbriqu\u00e9es comme les atomes fondent l\u2019univers \u2014 et nous avec. L\u2019instant pr\u00e9sent (fruit du hasard qui tombait aussi bien qu\u2019une n\u00e9cessit\u00e9) \u2014 une tranche de vie personnelle (mais de moins en moins, glissant avec le temps dans les replis de l\u2019imaginaire plus que ceux de la m\u00e9moire) \u2014 une autre, mais fictionnelle (m\u00eame si on n\u2019invente rien&nbsp;: l\u2019\u00e9v\u00e9nement a \u00e9t\u00e9 v\u00e9cu un jour, il y a bien longtemps \u2014 on en a eu quelques \u00e9chos tel un conte oral \u2014 et c\u2019est de cette parole amplifi\u00e9e, d\u00e9form\u00e9e et lacunaire qu\u2019on imagine l\u2019\u00e9v\u00e9nement dans ses possibles).<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h1 class=\"wp-block-heading\">15072025<\/h1>\n\n\n\n<p>Souvenir a priori |<br><br>\u00ab&nbsp;Le vivant conna\u00eet l\u2019art des dons invisibles et silencieux. C\u2019est un art qui fait le lit des ingrats et des oublieux, mais nous sommes l\u2019animal qui sait dire merci \u2014 et se souvenir. Se souvenir de ce qui nous a fait, de ce qui nous a fa\u00e7onn\u00e9s, alors que nous ne l\u2019avons pas v\u00e9cu comme personne dans le temps de nos vies individuelles, ni re\u00e7u comme culture.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">(Baptiste Morizot, <em>S\u2019enforester<\/em>)<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p>Correspondances |<\/p>\n\n\n\n<p>Il faudrait vraiment apprendre \u00e0 ne rien noter. \u00c0 combien de regards interrogateurs, voire mauvais, ai-je d\u00e9j\u00e0 eu droit, carnet en main&nbsp;? Et ce type qui m\u2019a demand\u00e9 ce que je notais, un autre pourquoi je prenais des photos. Ne plus rien noter. Prendre les informations sans int\u00e9r\u00eat (des nombres, des noms, o\u00f9 et quand, \u00e0 combien\u2026) avant ou apr\u00e8s, par t\u00e9l\u00e9phone aupr\u00e8s de qui de droit, et pour le reste\u2026 \u00eatre l\u00e0. Observer, \u00e9couter, discuter au besoin. \u00catre l\u00e0. Ouvert.<\/p>\n\n\n\n<p>(Allez, avoue que tu triches un peu. Tes deux paragraphes, l\u00e0, moi je les ai d\u00e9j\u00e0 lus hier. Couper, scroller, coller&nbsp;: et hop&nbsp;! c\u2019est dans la bo\u00eete du jour, o\u00f9 t\u2019as pas pris le temps d\u2019\u00e9crire\u2026 Oui, je sais, \u00e7a \u00e9quilibre la lecture aussi, point trop n\u2019en faut\u2026 Et puis les articles \u00e0 terminer, \u00e0 mettre en ligne, les photos \u00e0 l\u00e9gender, c\u2019est vrai\u2026 et tu t\u2019es lev\u00e9 tard pour rattraper le manque de sommeil, et du coup la t\u00eate dans le coaltar jusqu\u2019\u00e0 la sieste, pour s\u2019enforester avec Baptiste Morizot\u2026 Mais je crois plut\u00f4t qu\u2019on comble le vide comme on peut\u2026<br>C\u2019est dommage pour aujourd\u2019hui, de ne pas avoir trouv\u00e9 le temps&nbsp;: tu vas encore prendre un train de retard\u2026<br>Quand on y pense, ce serait un journal sur un cahier, comment tu ferais&nbsp;? Couper, feuilleter, coller, ou biffer et recommencer sur une nouvelle page&nbsp;? Moi, je crois que je d\u00e9chirerais carr\u00e9ment les fragments et je les colle de traviole sur la page. Mon c\u00f4t\u00e9 bricolo rigolo pour un cahier de vie fa\u00e7on maternelles. Grande section, quand m\u00eame\u2026)<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div id=\"structures\" class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h1 class=\"wp-block-heading has-light-gray-background-color has-background\">16072025 | structures &#8211; recto<\/h1>\n\n\n\n<p>Atelier |<\/p>\n\n\n\n<p>Allez. Se dire qu\u2019on n\u2019\u00e9crit pas. Qu\u2019on ne fait que lire ce qui est d\u00e9j\u00e0 \u00e9crit en soi. Qu\u2019on ne fait que prendre quelques notes sur les lieux qu\u2019on a laiss\u00e9 venir \u00e0 soi. Qui ne font que nous traverser. Car demain est un autre lieu, un autre endroit, un autre envers, une zone, un seuil\u2026 De toute fa\u00e7on, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 \u00e9crit. On a d\u00e9j\u00e0 \u00e9crit sur ce lieu \u00e0 plusieurs reprises, dans de nombreux sens. Aujourd\u2019hui, on ne fait que relire ce qu\u2019on a d\u00e9j\u00e0 \u00e9crit. On ne fera que survoler. Pour une page aussi condens\u00e9e que lacunaire.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:30px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">Structure | recto<br><br>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; si je me souviens&nbsp;? tu parles\u2026 &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; les premiers temps de la structure, au num\u00e9ro 7 bis Chemin Noir, rien que l\u2019adresse c\u2019\u00e9tait tout un programme, et je crois que la rue s\u2019appelle comme \u00e7a parce qu\u2019on se fournissait l\u00e0 en blocs de charbon\u2026&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; le portail restait ouvert, il devait y avoir un petit panneau avec le nom de la structure, trop petit, illisible, et tu enfilais sur quelques dizaines de m\u00e8tres une all\u00e9e o\u00f9 le goudron a jamais d\u00fb \u00eatre refait depuis la construction du site, des pr\u00e9fas des ann\u00e9es 60, du coup le rev\u00eatement \u00e9tait largement effrit\u00e9, pass\u00e9 le portail et le premier cahot d\u2019un beau nid-de-poule, c\u2019\u00e9tait des plaques de goudrons, le gravier calcaire de dessous, des zones herbeuses et des herbes folles dans l\u2019enceinte de la structure, au pied des murs\u2026&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; on longeait une murette sur la gauche, la murette des pompiers, et il y avait tout le long une haie de lauriers \u00e9paisse, \u00e0 droite la structure, les pr\u00e9fas, leurs plaques de murs de guingois ici et l\u00e0, les portes en bois \u00e9caill\u00e9es, quand c\u2019\u00e9tait pas rong\u00e9es et moiti\u00e9 pourries, quelques lourds rideaux d\u00e9chir\u00e9s, du moins pour les premi\u00e8res salles plus ou moins \u00e0 l\u2019abandon\u2026&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; on \u00e9tait plusieurs assos dans ces locaux, l\u2019Amicale La\u00efque, les motards, nos vrais faux coll\u00e8gues de l\u2019Irfrep, le Collectif Migrants, leur salle servait pour des cours de fran\u00e7ais et pour la pri\u00e8re \u00e0 d\u2019autres heures, et nous, la structure de formation tout au fond\u2026&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; j\u2019avais pas trouv\u00e9 la toute premi\u00e8re fois, j\u2019ai bien failli rat\u00e9 l\u2019heure de l\u2019entretien avec JC, la directrice, on l\u2019appelait par ses initiales rapport \u00e0 J\u00e9sus, c\u2019est pas qu\u2019elle \u00e9tait croyante mais fallait croire en elle, elle avait bien not\u00e9 que j\u2019avais cinq minutes de retard, m\u00eame si elle \u00e9tait pas du tout pr\u00eat pour l\u2019entretien, j\u2019ai d\u00fb poireauter une bonne demi-heure, avec un caf\u00e9 serr\u00e9 qu\u2019elle m\u2019a servi presque froid, dans le hall d\u2019entr\u00e9e qui faisait office de secr\u00e9tariat\u2026&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; les \u00e9tag\u00e8res de dossiers, d\u2019archives et de mat\u00e9riel et fournitures de papeterie, c\u2019\u00e9tait sur le mur de droite, et sous la petite table du massicot et de la relieuse, le bureau de Sophie sur la gauche, du c\u00f4t\u00e9 des pierres apparentes, un grand bureau noir en L toujours encombr\u00e9s de dossiers empil\u00e9s, d\u2019autres ouverts, ne vrac, derri\u00e8re l\u2019\u00e9cran\u2026&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; le bureau de la grande Sophie donnait sur la salle informatique de Mohamed, qui venait d\u2019\u00eatre embauch\u00e9 depuis un mois, une grande salle qui ressemblait plut\u00f4t \u00e0 un atelier de r\u00e9paration d\u2019ordinateurs que de formation bureautique, avec ces rang\u00e9es de tables align\u00e9es comme dans une classe et les tours d\u2019ordinateurs dessus, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des \u00e9crans, des claviers, et le long du mur, une grande \u00e9tag\u00e8re o\u00f9 les manuels et les dossiers, des feuilles volantes, s\u2019entassaient parmi des bo\u00eetes de composants, barrettes m\u00e9moire, disques durs, CDs, de petits ventilateurs en plastique, des c\u00e2bles, des nappes, des disquettes, des pots en verre de petites vis noires et chrom\u00e9es, et sur deux petites table au fond, un fer \u00e0 souder dans un pot \u00e0 crayons, des ramettes de feuilles sur un vieux r\u00e9partiteur de c\u00e2bles, une pile de trois vieux modems 56K au chant caract\u00e9ristique, une ou deux tours en attente de r\u00e9paration, et une \u00e9ventr\u00e9e qui servait \u00e0 montrer ce que c\u2019\u00e9tait une carte-m\u00e8re, un processeur, des barrettes m\u00e9moire, une carte graphique, et un carton de fils en vrac, \u00e7a me faisait penser \u00e0 l\u2019atelier de mon p\u00e8re du temps o\u00f9 il r\u00e9parait les t\u00e9l\u00e9 et les TSF\u2026&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; le lieu ressources, ouvert au secr\u00e9tariat, \u00e9tait r\u00e9parti en trois parties d\u00e9limit\u00e9e par des \u00e9tag\u00e8res de manuels, des dossiers, des porte-documents, les bureaux des formateurs derri\u00e8re, cach\u00e9s, c\u2019\u00e9tait une sorte d\u2019<em>open space<\/em> o\u00f9 t\u2019entend tout, tu vois rien, tu jettes un \u0153il entre les livres, tu restes seul avec de vieux dossiers inutiles, j\u2019\u00e9tais dans le coin, avec un imposte pour la lumi\u00e8re du jour, une petite lampe de bureau les soir\u00e9es d\u2019hiver et un filet d\u2019air dans le dos, les porte-documents verts et les livres de biologie humaine \u00e0 port\u00e9e de main sur la grande \u00e9tag\u00e8re jaune\u2026&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; le petit bureau de JC, enclav\u00e9 entre le secr\u00e9tariat et le lieu ressources, ses deux portes vitr\u00e9es, sinon on voyait pas le jour\u2026&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; une autre petite salle informatique, pour des cours devant le mur, la tour \u00e0 ses pieds qui prenait des coups, un r\u00e9partiteur accroch\u00e9 en hauteur sur le mur, de traviole, et les c\u00e2bles qui couraient sous les tables, gris, jaunes, rouges, et puis la grande salle et sa grande tabl\u00e9e ovale en diagonale, formica de bois fonc\u00e9, le vieux tableau noir \u00e9br\u00e9ch\u00e9, va savoir comment, fix\u00e9 sur une esp\u00e8ce de mur en plaques de b\u00e9ton lav\u00e9, plein de cailloux blonds, bruns, gris, c\u2019\u00e9tait une grande salle sombre ombrag\u00e9e par le feuillage de l\u2019\u00e9rable, on donnait des cours, on faisait nos r\u00e9unions, et il y avait aussi ce gros radiateur \u00e0 gaz rouge que personne arrivait \u00e0 rallumer\u2026 &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; je me souviens aussi des massifs d\u2019ab\u00e9lia de part et d\u2019autre du portail, envahissants quand les gars de la commune trainaient pour venir les tailler, je me souviens de leurs fleurs blanches, et les trois vieux \u00e9rables, on se garait entre eux et \u00e7a faisait un peu d\u2019ombre dans nos salles surchauff\u00e9es l\u2019\u00e9t\u00e9, avec leurs grandes vitres plein sud\u2026 &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; on mangeait en face des arbres, dans la cuisine de chantier, un vieux bungalow blanc aux armatures rouge bordeaux, comme toutes les portes et ouvertures de la structure, avec dedans un espace cuisine, pour un caf\u00e9 ou une tisane, pour glisser tes plats dans le petit frigo et les faire r\u00e9chauffer au micro-ondes, et un coin pour manger, table en formica, vue sur les salles de cours, et des revues sur la formation, tu parles si on mangeait vite fait pour aller voir ailleurs, d\u2019autant qu\u2019on \u00e9touffait l\u2019\u00e9t\u00e9, et on se les gelait l\u2019hiver, avec les deux radiateurs grille-pain en constante surtension, je crois que \u00e7a faisait sauter le compteur\u2026&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; les toilettes juste derri\u00e8re le cabanon, aucun acc\u00e8s direct de l\u2019int\u00e9rieur de la structure, fallait sortir pour y aller, \u00e9t\u00e9 comme hiver, un vrai blockhaus de b\u00e9ton fendu en tous sens, du sol au plafond, avec son bac en guise d\u2019\u00e9vier, une vanne pour robinet, gel\u00e9e les jours de grand froid, des pissoti\u00e8res \u00e0 jets surprises pour les chaussures ou le pantalon, et des chiottes \u00e0 la turque, enfin un, l\u2019autre \u00e9tait condamn\u00e9 et servait de d\u00e9barras pour un clodo qui balan\u00e7ait tout ce qu\u2019il trouvait par-dessus la porte impossible \u00e0 ouvrir, la fois o\u00f9 on tout d\u00e9gag\u00e9 et nettoy\u00e9, je suis pass\u00e9 par-dessus la porte et je me suis retrouv\u00e9 sur un tas d\u2019ordures de plus d\u2019un m\u00e8tre dans une odeur \u00e0 couper au couteau\u2026&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00e0 l\u2019\u00e9poque, je venais encore avec ma voiture d\u2019\u00e9tudiant, ma vieille Fiat Uno\u2026<\/pre>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-light-gray-background-color has-background\">17072025 | structures &#8211; verso<\/h1>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">Structure | verso<br><br>Aujourd\u2019hui, la structure a chang\u00e9 de standing. Toute la cour a \u00e9t\u00e9 refaite. Le cabanon est parti \u00e0 la ferraille. Les haies ont \u00e9t\u00e9 arrach\u00e9es, les arbres abattus pour une all\u00e9e d\u2019enrob\u00e9, des rampes d\u2019acc\u00e8s en b\u00e9ton lav\u00e9 \u00e0 chaque porte, bouff\u00e9es par les pneus, et des places de parking en plaques b\u00e9ton drainant envahies de mauvaises herbes. Les chiottes sont devenues des toilettes, avec verrou, et acc\u00e8s depuis la structure. Dans les salles, l\u2019espace a \u00e9t\u00e9 d\u00e9gag\u00e9&nbsp;: des tables en \u00eelots pour des ordinateurs portables, un bureau et une \u00e9tag\u00e8re clairsem\u00e9e, inutile, symbolique. Les ressources, c\u2019est sur le web. Il arrive qu\u2019on utilise encore le tableau noir du fond pour quelques mots en couleurs.<\/pre>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p>Atelier |<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019aurais voulu parler du lieu de vie du petit Marcel, au hameau Chez Servant. Je ne le connais pas. J\u2019ai d\u00fb passer devant la poign\u00e9e de maisons une fois ou deux. De quoi aurait-il \u00e9t\u00e9 question&nbsp;? De la pi\u00e8ce que j\u2019ai connue, o\u00f9 ont v\u00e9cu ses parents, dans un autre lieu-dit. De celle o\u00f9 j\u2019ai v\u00e9cu dans ma prime enfance avec mes parents, en face de l\u2019\u00e9glise. Il aurait \u00e9t\u00e9 question de\u2026<br><em>un mo\u00efse pr\u00eat\u00e9 qui grin\u00e7ait, une table toute simple, petit rectangle sur quatre pieds et un tiroir pour les serviettes et les couteaux personnels, pas de nappe, quatre chaises en paille, la porte en bois avec les paletots accroch\u00e9s, un cir\u00e9, un tablier, les sabots dans le coin, un parapluie, un buffet, un \u00e9vier en pierre trop bas sous la fen\u00eatre, un gros savon, au pied un seau \u00e0 vendange en bois servant de poubelle, d\u2019un c\u00f4t\u00e9 un petit miroir fix\u00e9 au mur avec une pointe, de l\u2019autre, un placard dans lequel se trouve deux emplacements pour des casseroles en \u00e9mail rang\u00e9es dans le buffet ou sous l\u2019\u00e9vier, chauff\u00e9es par de la braise dans une sorte de bac-tiroir dessous, mais on n\u2019utilise plus vraiment ce mode de cuisine, une chemin\u00e9e \u00e9videmment, seul mode de chauffage, pincette et tisonnier accroch\u00e9 \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, des b\u00fbches sous la plaque en fonte du foyer, et une s\u00e9rie de pots gigognes en bois sur le manteau, pour la farine, le sucre, le riz, le caf\u00e9, le poivre et le sel, je crois, peut-\u00eatre d\u2019autres objets d\u00e9coratifs, des douilles en guise de bougeoir, deux vases et des bouquets de fleurs, un crucifix, un po\u00eale ou une petite cuisini\u00e8re, le tuyau noirci fich\u00e9 dans le conduit de la chemin\u00e9e, la cafeti\u00e8re dessus, une grande armoire, deux portraits encadr\u00e9s, deux photos anciennes de parents inconnus de part et d\u2019autre d\u2019une porte, acc\u00e8s vers une autre pi\u00e8ce, une chambre, ou un couloir et le chai au bout, un escalier<br>Et puis, aujourd\u2019hui, dans la long\u00e8re o\u00f9 se trouvait la pi\u00e8ce \u00e0 vivre, rien. Le lieu a \u00e9t\u00e9 laiss\u00e9 \u00e0 l\u2019abandon, le toit s\u2019est effondr\u00e9. La long\u00e8re est coup\u00e9e. On trouve deux maisons et un vide, un passage ou un jardin. Avec des fleurs pour les deux petits vases en cristal.<\/em><\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">18072025<\/h1>\n\n\n\n<p>Cadeau |<\/p>\n\n\n\n<p>On m\u2019a offert un livre, <em>La Solitude Caravage<\/em> de Yannick Haenel. Je n\u2019ai lu que <em>Jan Karski<\/em> auparavant, et j\u2019avais appr\u00e9ci\u00e9, malgr\u00e9 la pol\u00e9mique avec Claude Lanzmann \u00e0 l\u2019\u00e9poque que je n\u2019ai pas vraiment comprise (contrairement \u00e0 celle du film de Roberto Benigni). Et ma foi, \u00e7a commence bien, cette histoire de d\u00e9sir et de plaisir des sens \u00e0 travers un tableau du Caravage&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;En \u00e9crivant ce livre, je cherche \u00e0 pr\u00e9ciser une \u00e9motion. Ce qui n\u2019est pas pr\u00e9cis existe \u00e0 peine, seule importe la minutie&nbsp;: il faut que les mots trouvent leur chair, il faut qu\u2019ils serrent au plus pr\u00e8s le point qui nous br\u00fble. Le monde est un nid de d\u00e9tails&nbsp;; et si nous ne parvenons pas \u00e0 d\u00e9signer ces \u00e9tincelles sensuelles, non seulement elles nous \u00e9chappent, mais elles appauvrissent notre d\u00e9sir, qui peu \u00e0 peu s\u2019efface, devient approximatif, de plus en plus flou, et bient\u00f4t inexistant.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p>Atelier |<\/p>\n\n\n\n<p>De Ga\u00eblle Obi\u00e9gly&nbsp;: \u00ab&nbsp;On a bien besoin de ces professions qui curent la psych\u00e9 et qui assainissent nos int\u00e9rieurs. Avec discr\u00e9tion, sinon secr\u00e8tement.&nbsp;\u00bb \u2014 \u00c9crivain, \u00e7a en fait partie, m\u00eame si ce n\u2019est pas une profession&nbsp;? Sauf pour ceux qui restent une journ\u00e9e, dans le week-end, devant leur stand de livres, souvent seuls. Il faudrait que j\u2019essaie, un de ces jours. Mais il faudrait que j\u2019\u00e9crive au moins un livre pour \u00e7a. Tant pis, je le ferai sans livre. J\u2019en prendrai quelques-uns \u00e0 la biblioth\u00e8que et je m\u2019installerai dans un coin de l\u2019Espace Culturel, avec une table de camping, \u00e7a suffit, du c\u00f4t\u00e9 des livres d\u2019occasion, je pourrai m\u2019assoir sur la banquette. Je serai tranquille, personne ne viendra, m\u00eame si la possibilit\u00e9 existe et ce qui fait tout l\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019exp\u00e9rience, les possibles. Et j\u2019aurai un bon angle de vue pour observer les lecteurs du dimanche, les va-et-vient du vendeur informatique, la caisse vide, des petits qui font la course dans les rayons, et je prendrai quelques notes. Ils font \u00e7a les \u00e9crivains quand ils vendent un livre&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p>Vers luisants |<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis une semaine, dix jours peut-\u00eatre, je ne les entends plus clignoter, la nuit.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">20072025<\/h1>\n\n\n\n<p>Depuis deux jours, on joue les bricolo-rigolo. Sauf que ce n\u2019est pas vraiment dr\u00f4le, j\u2019ai perdu le sens du jeu.<\/p>\n\n\n\n<p>Hier, avec une journ\u00e9e entre nettoyage du bureau poussi\u00e9reux, rangement des livres entass\u00e9s, tri de papiers \u00e0 jeter, d\u00e9branchement des fils, d\u00e9placement du lit \u2014 le bureau, c\u2019est aussi la chambre d\u2019amis \u2014, replacement des lampes, des pots \u00e0 crayons, du lutrin, des bibelots et des photos. Et l\u2019aspirateur en surchauffe ne cessait de s\u2019arr\u00eater. Le temps qu\u2019il refroidisse, on retourne s\u2019occuper de la vieille platine vinyle et de l\u2019amplificateur. On \u00e9tait all\u00e9 le r\u00e9cup\u00e9rer dans la matin\u00e9e, le condensateur soud\u00e9, il fallait tout rebancher. Mais l\u2019adapteur pour les enceintes neuves ne convenait pas pour les fiches din de sortie sonore \u00e0 deux broches, au lieu des six comme la platine. Alors, on ressort les enceintes d\u2019origines, quelque part dans le garage. On retourne dans le bureau, faire la poussi\u00e8re, ranger des livres, rebrancher la machine. On rebranche la platine et l\u2019amplificateur, on essaie un 33 tours, Led Zep, <em>Whole lotta love<\/em>. \u00c7a fonctionne, m\u00eame si la pointe a saut\u00e9 quelques sillons deux ou trois fois. La machine \u00e0 laver \u00e9teinte, le linge \u00e0 \u00e9tendre. En terminer avec la poussi\u00e8re du bureau, changer les draps, refaire le lit. Texto, se rendre \u00e0 l\u2019Espace culturel pour un cadeau suppl\u00e9mentaire pour le grand, 20 ans. En souvenir de son enfance, une grosse bo\u00eete Lego, R2D2. Aller-retour. Je ne sais plus \u00e0 quel moment j\u2019ai pris une douche. Le pain oubli\u00e9, on y retourne. Sur un coup de t\u00eate, on joue les bricolo-rigolo, on passe chez le marchand de mat\u00e9riaux, on ach\u00e8te un regard.<\/p>\n\n\n\n<p>Voil\u00e0, le temps de rentrer, les amis d\u00e9j\u00e0 l\u00e0 avait pris ma place. La soir\u00e9e commen\u00e7ait. Je n\u2019ai rien lu d\u2019autre de la journ\u00e9e que les messages le matin, et des textes de Ga\u00eblle Obi\u00e9gly sur la machine, histoire de me r\u00e9veiller. Et pas le temps pour une note.<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd\u2019hui, c\u2019\u00e9tait moins une. C\u2019est une fois les amis partis que j\u2019ai retrouv\u00e9 mon bureau. Mais, pas ma machine. L\u2019\u00e9cran ne s\u2019allume plus. J\u2019ai eu beau changer d\u2019\u00e9cran, changer de c\u00e2ble VGA, essayer des solutions propos\u00e9es sur le web, d\u00e9brancher et rebrancher l\u2019alimentation, enlever et remettre la pile \u2014 erreur, car la machine r\u00e9initialis\u00e9e ne sait plus comment d\u00e9marrer, sinon en boucle\u2026 \u2014, d\u00e9monter et remonter la carte graphique\u2026 rien. Moi qui comptais lire tranquillement la consigne d\u2019\u00e9criture de <em>f<\/em>, du personnage et ses morts, \u00e7\u2019a \u00e9t\u00e9 l\u2019inverse, disons. Intranquille, la machine morte, je me sens le jouet col\u00e9rique d\u2019un mauvais sort. Mais si tout va bien, il faut seulement changer de carte graphique.<\/p>\n\n\n\n<p>En attendant, on continue avec une autre machine, une nouvelle version du journal. On retarde avec une consigne qui m\u2019\u00e9chappe totalement.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">2172025<\/h1>\n\n\n\n<p>Atelier |<\/p>\n\n\n\n<p>Je pare au plus press\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>(\u2014 Mais pourquoi, puisque le retard est le principe de ton \u00e9criture&nbsp;? \u2014 De toute \u00e9criture aussi, non&nbsp;? Repr\u00e9senter ou imaginer le r\u00e9el, depuis longtemps advenu\u2026 \u2014 Que tu crois&nbsp;! Et le futur&nbsp;? M\u00eame un r\u00e9cit au pass\u00e9 simple, quand tu l\u2019\u00e9cris, c\u2019est une promesse d\u2019avenir du fait de la lecture. \u2014 En fait, l\u2019\u00e9criture, y a un c\u00f4t\u00e9 r\u00e9trograde du fait qu\u2019elle retarde avec ce qu\u2019elle \u00e9crit, mais en m\u00eame temps c\u2019est un peu du r\u00e9cit d\u2019anticipation du fait qu\u2019elle \u00e9crit en vue de la lecture, c\u2019est \u00e7a&nbsp;? \u2014 Oui. Mais apr\u00e8s\u2026 elle a rien invent\u00e9 l\u2019\u00e9criture, \u00e7a marche aussi avec les mains n\u00e9gatives au fond de la caverne. \u2014 Ah, je suis s\u00fbre qu\u2019ils \u00e9taient pas press\u00e9s, eux, dans ce temps-l\u00e0&nbsp;!)<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Un personnage \u2014 hant\u00e9 par ses morts, parle, r\u00eave de ses morts, les craint ou les convoque, leur parle, nourrir ce que dit, r\u00eave, sent, voit, craint le personnage de ses morts \u2014 surgit de rien d\u2019autre que ces images fixes de la vie anonyme&nbsp;: le m\u00e9tier, le parcours, les habitudes et usages, les rituels.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>C\u2019est \u00e7a, le personnage d\u2019Obi\u00e9gly est r\u00e9ceptionniste, et l\u2019\u00e9criture est un mode de r\u00e9ception, qui n\u00e9cessite d\u2019\u00eatre r\u00e9ceptif \u00e0 mort, ouvert \u00e0 tous les possibles et plus encore, l\u2019impossible. Du coup, je me demande si on peut \u00eatre un \u00e9crivain de la d\u00e9ception. Et si c\u2019est le cas, je crois pouvoir dire que je m\u2019inscris plut\u00f4t de ce c\u00f4t\u00e9-l\u00e0 de l\u2019\u00e9criture. Ce qui fait d\u2019ailleurs que je ne suis pas, et ne serai jamais, \u00e9crivain. Sinon par d\u00e9faut, pas de mon fait mais de celui des autres. Quand je serai mort.<\/p>\n\n\n\n<p>(J\u2019\u00e9cris ceci pour combler le vide que m\u2019inspire l\u2019exercice d\u2019\u00e9criture. D\u00e8s que le mot fiction appara\u00eet, je me retire, je me cache sous un drap blanc.)<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p>Structure |<\/p>\n\n\n\n<p>Pour un exercice d\u2019\u00e9criture improvis\u00e9 qui a beaucoup fait rire, sans que je sache bien pourquoi, mais tant mieux&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>partir d\u2019un mot, un nom de pr\u00e9f\u00e9rence&nbsp;; on passe le cahier ou la feuille \u00e0 son voisin&nbsp;; \u00e0 partir du mot initial, ajouter trois mots&nbsp;; faire tourner le cahier ou la feuille encore d\u2019un cran&nbsp;; inscrire trois nouveaux mots&nbsp;; faire tourner le cahier&nbsp;; parmi les sept mots, en choisir quatre pour \u00e9crire une phrase&nbsp;; faire tourner le cahier ou la feuille qui revient \u00e0 son propri\u00e9taire (alors combien de joueurs&nbsp;?)&nbsp;; avec les trois mots en reste, \u00e9crire une phrase qui fasse au mieux une suite \u00e0 la pr\u00e9c\u00e9dente<\/li>\n\n\n\n<li>sur le m\u00eame principe du man\u00e8ge enchant\u00e9, lire \u00e0 tour de r\u00f4le les phrases dans un ordre tout \u00e0 fait al\u00e9atoire (du plus jeune au plus vieux, ordre alphab\u00e9tique inverse des noms, etc.) et les \u00e9crire au tableau<\/li>\n\n\n\n<li>parmi les huit phrases, recopier celle que l\u2019on pr\u00e9f\u00e8re&nbsp;; recopier ensuite celle dont l\u2019univers semble le plus \u00e9loign\u00e9&nbsp;; faire tourner le cahier ou la feuille d\u2019un cran, dans l\u2019autre sens&nbsp;; recopier une autre phrase dont le sens semble oppos\u00e9&nbsp;; faire tourner le cahier ou la feuille de deux crans&nbsp;; recopier une derni\u00e8re phrase au choix&nbsp;; redonner le cahier ou la feuille \u00e0 son propri\u00e9taire<\/li>\n\n\n\n<li>lire les textes un \u00e0 un, dans un ordre parfaitement arbitraire<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Quelle phrase a \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9e&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p>(La petite Klara et les tourn\u00e9es du<em> Garde-manger<\/em>, \u00e9picerie ambulante&nbsp;?)<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p>Vers luisants |<\/p>\n\n\n\n<p>Les vers luisants sont toujours l\u00e0. J\u2019en ai aper\u00e7u une poign\u00e9e l\u00e0 o\u00f9 je ne les attendais pas. Et, par suite, l\u00e0 o\u00f9 je vais les trouver d\u2019habitude dans le jardin. Ils auront entendu ma plainte&nbsp;? Ou c\u2019est la pluie qui les a \u00e9lectris\u00e9s&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div id=\"livr\u00e9es\" class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h1 class=\"wp-block-heading has-light-gray-background-color has-background\">22072025 | spectres &#8211; recto<\/h1>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Et de fait, une fois sorti de mon carcan, je n\u2019ai jamais plus pass\u00e9 une journ\u00e9e de ma vie sans penser \u00e0 une femme \u2014 sans \u00e9laborer des aventures symboliques&nbsp;: ce que l\u2019esprit combine appelle de la fiction, et celle qui colle au d\u00e9sir est si proche de la litt\u00e9rature qu\u2019en un sens elle s\u2019\u00e9crit toute seule, en creusant le filigrane automatique de l\u2019obsession. Le d\u00e9sir, comme les phrases, mobilise des nuances qu\u2019il ne cesse d\u2019auster entre elles. Les noms, les peaux, le grain des lumi\u00e8res, la saveur des baisers&nbsp;: tout se pr\u00e9cise et se conjugue \u2014 sans fin. \u00c9crire et d\u00e9sirer sont des activit\u00e9s qui se confondent&nbsp;: la solitude, en elles, donne sur un <em>autre pays<\/em>, o\u00f9 la v\u00e9rit\u00e9 se lib\u00e8re des rapports de force.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">(Yannick Haenel, <em>La Solitude Caravage<\/em>)<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse has-text-align-right\">Livr\u00e9es | recto<\/pre>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">Derni\u00e8re semaine.<br><br>JC me dit de prendre d\u2019autres types de notes. Il me dit de commencer \u00e0 parler de ce que je vois, de ce que j\u2019entends, ce que je ressens. Il pense m\u00eame que \u00e7a peut \u00eatre utile pour le rapport.<br>C\u2019est vrai que depuis tout ce temps avec lui, j\u2019ai accumul\u00e9 beaucoup de notes plut\u00f4t pratiques, parfois techniques, qui se r\u00e9p\u00e8tent. \u00ab&nbsp;Lib\u00e8re-toi de cette chienlit logistique, r\u00e9glementaire,&nbsp;administrative&nbsp;\u00bb, il m\u2019a dit. S\u2019il a choisi ce m\u00e9tier, c\u2019est pour se sentir plus libre. \u00ab&nbsp;C\u2019est les gens que tu rencontres, les gens de passage, ceux qui reviennent, et les petites relations qui se forment, de confiance, ou de m\u00e9fiance, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 arriv\u00e9, mais on s\u2019y fait, et tu comprends que c\u2019est aussi une fa\u00e7on de se confier, c\u2019est une petite habitude, une amiti\u00e9 qui se noue par l\u2019inverse, par la d\u00e9ception, et je me demande si les gens comme \u00e7a, craintifs d\u2019eux-m\u00eames au fond, sont pas plus francs, plus \u00e0 nu, que ceux qui arrivent avec un grand sourire, grandiloquents, le masque entre les dents.&nbsp;\u00bb Je transcris comme je peux. J\u2019ai pas tout compris, il en manque beaucoup \u2014 parce qu\u2019il parle en fait, JC, sous son air absent, quand il s\u2019y met. Mais parler des gens.<br><br>Les jours se sont bien raccourcis. Quand on part, c\u2019est entre chien et loup. Le soleil se l\u00e8ve juste et on l\u2019a toujours droit devant. Quand on sort du bois de Balzac, il \u00e9claire le tunnel v\u00e9g\u00e9tal d\u2019une lumi\u00e8re orang\u00e9e aveuglante.<br><br>Avy. \u2014 Une des communes les plus \u00e9loign\u00e9es. JC va toujours au plus loin, et sa tourn\u00e9e nous ram\u00e8ne petit \u00e0 petit \u00e0 la maison. \u2014 On a un peu de retard, M. Mario nous attend depuis pr\u00e8s d\u2019un quart d\u2019heure. \u00ab&nbsp;Oh\u2026 y a pas mort d\u2019homme&nbsp;! on est pas mal install\u00e9 sur mon vieux si\u00e8ge de camping devant la porte, j\u2019ai mon caf\u00e9, il fait bon, m\u2019est avis que la journ\u00e9e va \u00eatre bonne, et puis mon chauffeur pour la dialyse c\u2019est dans deux heures, vous \u00eates pas en retard&nbsp;!&nbsp;\u00bb Il est marrant M. Mario. Il n\u2019a pas l\u2019air de s\u2019en faire \u00e0 plus de 80 ans. C\u2019est bien. Il me fait penser \u00e0 mon grand-p\u00e8re avec son air bonhomme, sa casquette \u00e0 carreaux une peu crasseuse viss\u00e9e sur le cr\u00e2ne, son marcel sous sa chemise bleu ciel bedonnante.<br><br>Rien \u00e0 voir avec ce stage, mais \u00e7a tombe en m\u00eame temps&nbsp;: je suis contente, je suis re\u00e7ue \u00e0 l\u2019universit\u00e9 en deuxi\u00e8me ann\u00e9e d\u2019info-com&nbsp;! C\u2019\u00e9tait pas gagn\u00e9, j\u2019\u00e9tais seulement quatri\u00e8me sur liste d\u2019attente, ce n\u2019est pas beaucoup quatri\u00e8me, mais pour une deuxi\u00e8me ann\u00e9e, \u00e7a bouge beaucoup moins que les v\u0153ux en premi\u00e8re. Mais ouf&nbsp;! Maman serait contente aussi.<br><br>JC n\u2019a pas d\u00e9croch\u00e9 un mot, c\u2019\u00e9tait la mort. Je ne sais m\u00eame pas pourquoi.<br><br>Aujourd\u2019hui, j\u2019ai vu traverser un jeune chevreuil, m\u2019a dit JC. J\u2019ai eu un peu peur, on le voyait courir dans le champ de bl\u00e9 moissonn\u00e9, le long des ma\u00efs, et puis va savoir pourquoi, il a vir\u00e9 \u00e0 90 degr\u00e9s sur notre route. Il ne s\u2019est pas arr\u00eat\u00e9, il a saut\u00e9 le foss\u00e9 et gagn\u00e9 l\u2019autre champ d\u2019un trait par-dessus la lev\u00e9e assez haute. Si JC n\u2019avait pas ralenti sa course, on l\u2019aurait percut\u00e9. Ce qui l\u2019a \u00e9tonn\u00e9, c\u2019est de le voir tout seul. En g\u00e9n\u00e9ral, il les voit par deux ou trois. Rarement tout seul, surtout si jeune.<br><br>J\u2019essaie de prendre des notes en temps r\u00e9el sur mon bloc, juste quelques mots, un bout de phrase, et je d\u00e9veloppe une fois revenue \u00e0 la maison. Mais des fois, j\u2019en n\u2019ai pas envie. En m\u00eame temps, rien de mieux \u00e0 faire dans cette famille.<br>Les photos \u00e7a m\u2019aide aussi. Mais je n\u2019ose pas demander aux gens.<br><br>On n\u2019a encore pas vu Marie-Ange. D\u2019habitude, JC klaxonne et le temps que je descende ses packs de lait, ses sacs de l\u00e9gumes frais, elle arrive avec son d\u00e9ambulateur pour nous ouvrir \u2014 les tibias violets, amoch\u00e9s comme si c\u2019\u00e9tait rong\u00e9 de l\u2019int\u00e9rieur, les chevilles gonfl\u00e9es, \u00e0 cause du diab\u00e8te m\u2019a dit JC. Mais l\u00e0, c\u2019est la quatri\u00e8me fois de suite qu\u2019elle n\u2019ouvre pas. Et nous, on n\u2019a pour consigne de ne pas entrer. On d\u00e9pose les affaires devant la porte, on sonne, on peut appeler pour savoir si tout va bien, mais on n'entre pas. On s\u2019en va. Et elle ne m\u2019a pas r\u00e9pondu.<br><br>Du \u00ab&nbsp;technof\u00e9odalisme&nbsp;\u00bb&nbsp;: c\u2019est comme \u00e7a que JC appelle les r\u00e9seaux. Il n\u2019aime pas me voir scroller et tapoter pendant qu\u2019il conduit. En m\u00eame temps, si ce n\u2019est pas moi, il ne me fait pas beaucoup la conversation.<br><br>Chez Bichou \u2014 je ne sais toujours pas comment il s\u2019appelle, et JC non plus d\u2019ailleurs, depuis le temps \u2014, les chiens ont fini par me faire peur. Ils n\u2019ont pas l\u2019air bien m\u00e9chant les deux petits roquets orange et noir fris\u00e9s comme des moutons, et leurs bouilles \u00e0 grandes moustaches qui d\u00e9passent de la petite murette, sans rien dire. Mais pass\u00e9 le portail, les deux fauves vous tournent autour d\u2019un grognement sourd, et je me demande si, sans la m\u00e8re Martin, ils ne seraient pas capables de me mordre les mollets. Et l\u2019odeur dans cette cour en ciment. Elle est pourtant propre, mais heureusement la tourn\u00e9e veut qu\u2019on ne livre pas l\u00e0 le soir.<br><br>J\u2019ai toujours un peu honte de demander pour un arr\u00eat pipi. JC est oblig\u00e9 de s\u2019aventurer dans une petite route ou un chemin, et ce n\u2019est pas toujours facile de faire demi-tour. En plus, je le retarde, je vais toujours me cacher derri\u00e8re un arbre. Mais il comprend. C\u2019est plus facile pour lui. Et puis il ne s\u2019arr\u00eate presque jamais pour \u00e7a. La pause de midi lui suffit.<br><br>Le sandwich ou la gamelle de midi, tous les jours, \u00e0 pr\u00e9voir, \u00e0 pr\u00e9parer, souvent des restes, c\u2019est p\u00e9nible. Et Thomas ne veut jamais me donner d\u2019argent pour \u00e7a. \u00ab&nbsp;\u00c7a t\u2019apprends la vraie vie.&nbsp;\u00bb La vraie vie\u2026 parce qu\u2019il y a des fausses vies&nbsp;? des vies de contrefa\u00e7on&nbsp;? parce que, elle, elle sait ce que c\u2019est que la vraie vie et moi non&nbsp;? parce qu\u2019avec maman, c\u2019\u00e9tait pas la vraie vie&nbsp;? j\u2019aurais v\u00e9cu dans le faux&nbsp;? Tu parles d\u2019une famille d\u2019accueil. Connard&nbsp;!<br>Mais \u00e0 midi, dans le petit parc ombrag\u00e9 au bord du ruisseau, au pied du moulin sur l\u2019avanc\u00e9e du coteau, avec vue sur le vignoble, les bl\u00e9s, les bois. La petite place de village devant l\u2019\u00e9glise, avec son clocher bleu les soirs d\u2019hiver, me dit JC. \u00c7a j\u2019aime bien.<br><br>Avec la chaleur annonc\u00e9e, on a commenc\u00e9 la tourn\u00e9e plus t\u00f4t. Impossible de me r\u00e9veiller jusqu\u2019\u00e0 midi. En plus j\u2019ai mal dormi. Et j\u2019ai eu le caf\u00e9 au lait en lame de fond dans le bide tout le trajet avec les virages. JC a bien vu que je faisais un peu la t\u00eate. Mais lui \u00e7a le d\u00e9range pas. Pas comme le vieux Raymond, qui l\u2019a pris pour lui, parce qu\u2019 \u00ab&nbsp;elle a pas l\u2019air gracieuse la petite&nbsp;\u00bb. J\u2019aime pas comme il parle \u00e0 JC. J\u2019aime pas ces mani\u00e8res d\u2019ordre. J\u2019aime pas sa fa\u00e7on de lui apprendre son m\u00e9tier. Lui devrait apprendre la politesse.<br>JC aussi \u00e9tait fatigu\u00e9. Pendant sa petite sieste il a commenc\u00e9 a ronfl\u00e9 et j\u2019ai d\u00fb le r\u00e9veiller. Et pour un peu moi aussi je m\u2019endormais sur mon t\u00e9l\u00e9phone en regardant les photos de famille.<br><br>C\u2019est quand m\u00eame plus fatigant que j\u2019aurais cru. Je ne sais pas si c\u2019est les livraisons \u00e0 pr\u00e9parer en fin de journ\u00e9e pour le lendemain, si c\u2019est la route, si c\u2019est de passer un peu de temps avec les gens. Ou les notes en plus le soir. Apr\u00e8s, vu mes nuits trou\u00e9es\u2026 mais quand m\u00eame, je me sens plus fatigu\u00e9e qu\u2019avant ce boulot.<br><br>Chez Mme Tintouin \u2014 tu parles d\u2019un nom&nbsp;! \u2014, c\u2019est toujours sa petite fille qui emporte les sacs et les packs d\u2019eau. Elle fait trois ou quatre aller-retours. Et \u00e0 la fin, quand Mme Tintouin a donn\u00e9 son ch\u00e8que \u00e0 JC, elle ach\u00e8te en plus un pain aux raisins avec de la monnaie, pour la petite.<br><br>Je me souviens, la premi\u00e8re semaine, on a failli avoir un accident. Un chien, qui venait de se barrer en passant entre les jambes de son ma\u00eetre, nous a coup\u00e9 la route, JC a fait un \u00e9cart, le camion a largement mordu la berne, pas loin du foss\u00e9, mais JC a retrouv\u00e9 la route et s\u2019est arr\u00eat\u00e9. J\u2019ai vu le chien courir dans le r\u00e9tro, son ma\u00eetre derri\u00e8re. J\u2019avais les jambes coup\u00e9es.<br><br>Les copines se moquent sur Snap. \u00ab&nbsp;Alors, dans cette cambrousse&nbsp;? \u2014 \u00c7a va, t\u2019as pas la frousse&nbsp;? \u2014 T\u2019as pas peur qu\u2019on te d\u00e9trousse&nbsp;? \u2014 En m\u00eame temps, c\u2019est peut-\u00eatre ce qui pourrait lui arriver de mieux. \u2014 S\u00fbr, \u00e7a te pimenterait un peu l\u2019\u00e9t\u00e9. \u2014 D\u2019ailleurs, les piments de JC c\u2019est des petits rouges bien forts&nbsp;?&nbsp;\u00bb Lourdingues.<br><br>J\u2019appr\u00e9hende un peu la derni\u00e8re journ\u00e9e. Je suis contente d\u2019en terminer, je pense avoir bien travaill\u00e9 et j\u2019ai h\u00e2te de rentrer en info-com. Mais en m\u00eame temps, je me suis habitu\u00e9e \u00e0 ces tourn\u00e9es, \u00e0 JC que j\u2019ai d\u00fb saouler avec mes histoires, avec ces gens, m\u00eame si tout le monde n\u2019est pas commode \u2014 hein Raymond ? \u2014, ces visages qui me sont devenus familiers. Et la route.<br><br>J\u2019aime bien servir les gens derri\u00e8re le comptoir. Il y a souvent leurs sacs pr\u00e9par\u00e9s, mais souvent ils prennent quelque chose en plus, un paquet de caf\u00e9 ou de riz oubli\u00e9, un savon, un shampooing bient\u00f4t manquant, du gros sel, des biscuits ou des bonbons pour les petits. Je me demande si ce n\u2019est pas aussi pour satisfaire un rite d\u2019achat qu\u2019ils ne font plus que rarement, ne pouvant plus vraiment se d\u00e9placer en grande surface ou dans un commerce en ville. Entre l\u2019\u00e9loignement et le handicap\u2026<br><br>Andr\u00e9a. Une mamie encore alerte et joviale. Elle n\u2019arr\u00eate pas de parler. La pluie, le beau temps, son genou, ses chevilles, son fils, le chien du voisin, les voisins, ses chats, une bonne dizaine de chats moiti\u00e9 sauvages. Elle vit avec dans une esp\u00e8ce de piaule o\u00f9 je ne suis pas entr\u00e9e, mais je devine par la fen\u00eatre, derri\u00e8re le rideau, qu\u2019on n\u2019est pas loin de l\u2019insalubrit\u00e9. J\u2019entre seulement dans le couloir qui y m\u00e8ne pour d\u00e9poser ses affaires et les sacs de croquettes, et c\u2019est d\u00e9j\u00e0 un fatras incroyable de vieux objets qui attendent leur tour de d\u00e9chetterie. Et des piles de magazines, de journaux, beaucoup de programmes t\u00e9l\u00e9 et de jeux de lettres. Tous remplis, pour ce que j\u2019en ai feuillet\u00e9. Elle doit passer ses journ\u00e9es \u00e0 \u00e7a devant la t\u00e9l\u00e9. En attendant que quelqu\u2019un vienne troubler sa solitude pour le plus grand bonheur de sa langue bien pendue.<br><br>De loin, la grosse \u00e9glise de Lonzac. Je me demande pourquoi on l\u2019a voulue si imposante au milieu de nulle part, surtout il y a mille ans. Elle me fait l\u2019effet d\u2019un vaisseau pr\u00eat \u00e0 d\u00e9coller.<\/pre>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-light-gray-background-color has-background\">23072025 | spectres &#8211; verso<\/h1>\n\n\n\n<p>Atelier |<\/p>\n\n\n\n<p>Je voulais une dizaine de fragments pour mon personnage, j\u2019en ai le double et je reste sur ma faim. Je suis s\u00fbr qu\u2019il en manque encore quelques-uns (mille et un) pour obtenir une vue globale (\u00e0 facettes) de qui elle est (comme moi). Mais je ne vois plus.<\/p>\n\n\n\n<p>Il faudrait reprendre le texte, le d\u00e9velopper \u00e0 la fa\u00e7on des <em>Notes de chevet<\/em>, et dans chaque note, d\u00e9finir un nouveau motif de d\u00e9veloppement.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse has-text-align-right\">Livr\u00e9es | verso<\/pre>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">Le soir, quand j\u2019en ai termin\u00e9 avec mes notes, je vais faire un tour dans le jardin. \u00c7a a l\u2019air calme, mais en fait, c\u2019est un bruit d\u2019enfer. Il y a un rossignol, un hibou au loin. Mais c\u2019est surtout les grillons et les crickets. Incessant. Et s\u00fbrement d\u2019autres bestioles que je connais pas, des en sourdine peut-\u00eatre et des totalement muettes. C\u2019est de la vie l\u00e0, partout, et on la voit pas. On l\u2019entend. En partie. Y a que les vers luisants. C\u2019est la seule forme de vie qu\u2019on voit. Enfin, que je crois voir. En fait, je vois rien, je sais rien d\u2019eux. Je vois qu\u2019un peu de lumi\u00e8re clignoter dans l\u2019herbe. Tu sais, j\u2019ai jamais rien vu de l\u2019insecte qui la produit. <em>Ver luisant<\/em>. C\u2019est jamais qu\u2019un nom et une faible lueur clignotante. En mati\u00e8re d\u2019\u00eatre, si \u00e7a se trouve, ces sont des ombres qui se manifestent. Des ombres de la nuit, qui, dans la dimension nuit, ne peuvent correspondre qu\u2019\u00e0 ces lueurs visibles presque seulement du coin de l\u2019\u0153il, comme une ombre en plein jour appara\u00eet mieux dans le champ de vision p\u00e9riph\u00e9rique. Des ombres, des spectres. Des fant\u00f4mes qui essaient de communiquer. Avec qui&nbsp;? Entre eux. Avec qui les voit&nbsp;? Avec les \u00e9toiles&nbsp;?<\/pre>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">Maman me manque. Mais je suis s\u00fbr qu\u2019elle est moins absente que je l\u2019imagine. Les photos que je regarde pendant que JC conduit, elle est un peu l\u00e0. Et surtout quand je pleure\u2026 comme \u00e7a, disons. Avec des larmes qui ont l\u2019air de couler toutes seules, sans que j\u2019aie eu le temps d\u2019\u00eatre \u00e9mue, nostalgique, triste. Je pleure\u2026 et j\u2019ai l\u2019impression que ce sont pas mes larmes\u2026 mais celles de maman. C\u2019est peut-\u00eatre \u00e7a que je ressens aussi, \u00e0 peine. Son manque \u00e0 elle. Je la regarde, dans un instant de vie fig\u00e9 \u00e0 jamais, et elle me voit de l\u00e0, une fois deux fois, et sa pr\u00e9sence flotte, scintille, d\u2019instant en instant, brille, et ses larmes s\u2019\u00e9coule sur mes joues.<\/pre>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">La petite dame qui rentre chez elle avec sa petite-fille, main dans la main&nbsp;: quand la petite s\u2019est retourn\u00e9e pour me faire un petit au revoir, avant que la porte se referme, j\u2019ai eu l\u2019impression que c\u2019\u00e9tait le dernier, comme un adieu, que la petite fille c\u2019\u00e9tait elle, la petite mamie, fant\u00f4me de son enfance revenant pour l\u2019accompagner au fond d\u2019elle-m\u00eame.<\/pre>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">Le vieux beau, lui il est habit\u00e9, ils sont deux l\u00e0-dedans. C\u2019est pas possible autrement. T\u2019as pas un \u0153il qui dit merde \u00e0 l\u2019autre comme \u00e7a. Y en a forc\u00e9ment un qui voit mieux que l\u2019autre, qui a le dessus. Y a forc\u00e9ment un fort et un faible, un \u0153il tourn\u00e9 vers la vie, l\u2019autre en lui-m\u00eame, mort. Le vieux qui se croit malin, toujours \u00e0 d\u00e9cevoir par petites piques, et franchement je me demande comment JC est pas tent\u00e9 de lui rentrer dedans parfois, c\u2019est par son \u0153il mort qu\u2019il aper\u00e7oit la vie. Son \u0153il cave.<\/pre>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">En route, \u00e7a vibre de partout dans le camion, \u00e7a secoue, \u00e7a brasse, \u00e7a glisse, \u00e7a roule presque. Les conserves, les bo\u00eetes, les paquets, les sacs, les bouteilles, les packs, la cartons, la caisse\u2026 Mais ce qui m\u2019intrigue le plus dans ce tintamarre ambulant, ce sont les bruits sourds sur le sol. Tout frotte, couine, tinte, mais sur le sol, parfois, ce sont des coups. Une s\u00e9rie de petits coups mats, comme si on marchait. D\u2019un pas court et press\u00e9. Il m\u2019arrive de jeter un \u0153il dans le r\u00e9tro, mais je tombe sur les yeux de JC, l\u2019\u0153il tremblant et vitreux. Je dois fatiguer.<\/pre>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p>Correspondances |<\/p>\n\n\n\n<p>Pas d\u2019article cette semaine, les communes s\u2019offrent des vacances. \u2014 La manifestation des Dr\u00f4les de rues aura absorb\u00e9 le week-end, rien d\u2019autre n\u2019a \u00e9t\u00e9 propos\u00e9, qui serait apparu comme une dommageable contre-soir\u00e9e. \u2014 Je voulais en profiter pour rattraper le train de l\u2019atelier d\u2019\u00e9criture. Sauf que ma machine en rade en a d\u00e9cid\u00e9 autrement. Le probl\u00e8me d\u2019\u00e9cran est d\u00e9sormais r\u00e9solu, je retrouve ma table de travail, mes documents et mes vieilles habitudes (des habitudes de vieux&nbsp;?). Toujours avec un train de retard. Et je n\u2019aurai pas le temps de le rattraper, le devoir des prochains articles m\u2019appelle d\u00e9j\u00e0. J\u2019ai rendez-vous tout \u00e0 l\u2019heure avec les petits personnages qui hantent le village voisin.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p>(En parlant de hantise&nbsp;: ma derni\u00e8re insomnie, je l\u2019ai pass\u00e9e avec la <em>Plume<\/em> d\u2019Henri Michaux en quelques po\u00e8mes de hasard, et d\u2019abord les \u00ab&nbsp;<em>Pens\u00e9es<\/em>&nbsp;\u00bb&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Pens\u00e9es \u00e0 la nage merveilleuse,<br>qui glissez en nous, entre nous, loin de nous,<br>loin de nous \u00e9clairer, loin de rien p\u00e9n\u00e9trer&nbsp;;<\/p>\n\n\n\n<p>\u00e9trang\u00e8res en nos maisons,<br>toujours \u00e0 colporter,<br>poussi\u00e8re pour nous distraire et nous \u00e9parpiller la vie.&nbsp;\u00bb)<\/p>\n<\/blockquote>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h1 class=\"wp-block-heading\">24072025<\/h1>\n\n\n\n<p>((Et voil\u00e0 sans doute ce qui manque dans le portrait de la jeune fille&nbsp;: ma propre facette, un peu comme le Caravage a inscrit ses traits dans la figure de Goliath, d\u00e9capit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Ne pas oublier aussi&nbsp;: il n\u2019y a rien de bon dans ces notes, mais rien non plus qui soit mauvais \u2014 ou comment jouer la neutralit\u00e9 \u2014&nbsp;: ce sont celles d\u2019un personnage \u2014 fa\u00e7on de dire <em>c\u2019est pas moi c\u2019est l\u2019autre<\/em> \u2014, elles forment un texte qui n\u2019est qu\u2019un premier jet \u2014 juste un brouillon, \u00e9videmment \u2014&nbsp;: tout est embryonnaire, l\u2019\u00e9criture demeure en puissance \u2014 pour arr\u00eater d\u2019\u00e9crire et ne plus en parler. \u2014 On se rassure comme on peut \u2014 ou pas.))<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-light-gray-background-color has-background\">|| Bo\u00eete \u00e0 lire au pied du mur |<br><br>Il y a longtemps que je n\u2019ai pas refait le Mur. Il est \u00e0 l\u2019abandon. Je le laisse m\u00fbrir, c\u2019est le cas de le dire, dans sa destin\u00e9e de belle ruine. \u2014 Je dois aussi manquer de souplesse. \u2014 La derni\u00e8re fois que je suis pass\u00e9 par-dessus, c\u2019\u00e9tait pour une bo\u00eete \u00e0 livres. Une bo\u00eete \u00e0 livres sans bo\u00eete. Des livres sur deux \u00e9tag\u00e8res, dans un hall, devant une porte de biblioth\u00e8que, une feuille scotch\u00e9e sur le mur&nbsp;: bo\u00eete \u00e0 livres. On a demand\u00e9 une bo\u00eete \u00e0 la municipalit\u00e9, elle est pr\u00e9vue. Mais on attend encore. En attendant, la bo\u00eete \u00e0 livres, c\u2019est comme autour de moi, des \u00e9tag\u00e8res de livres contre un mur. ||<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p>Atelier |<\/p>\n\n\n\n<p>Quand m\u00eame\u2026 Pierre, \u00e0 Rome, mort de vieillesse, \u00e7a ne pouvait \u00eatre que Saint Pierre \u2014 qui, en fait, serait mort en martyr durant la pers\u00e9cution voulue par N\u00e9ron, apr\u00e8s avoir fait incendier la ville, en 64 \u2014, mais non, c\u2019est un chien, mort \u00e0 dix ans \u2014 et ce n\u2019est pas si vieux pour un chien. Et Lucy Ellman nous raconte l\u2019histoire de ce chien.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai reparl\u00e9 des chiens avec ma m\u00e8re, l\u2019autre jour. On n\u2019arrivait plus \u00e0 se souvenir l\u2019ordre d\u2019apparition, les filiations. Je ne sais plus dans quel texte je les ai tous cit\u00e9s, l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re je crois. Si je devais raconter leur histoire, je crois que je commencerais avec un chien qui se barre, et ce serait lui le narrateur, lui en tant qu\u2019il court, qu\u2019il fuit, qu\u2019il chasse. Le chien qui se barre, il arrive de dans ton dos, il se fout dans tes jambes, te mets le cul par terre, et il se barre.<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h1 class=\"wp-block-heading\">25072025<\/h1>\n\n\n\n<p>Atelier |<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;\u2026 \u00e0 cette fronti\u00e8re o\u00f9 justement cesse ce que vous avez \u00e0 dire, et que c\u2019est l\u2019avanc\u00e9e elle-m\u00eame du texte qui va d\u00e9crocher un \u00e0 un ses contenus.&nbsp;\u00bb (<em>f<\/em>)<\/p>\n\n\n\n<p>Qu\u2019il s\u2019agisse de la machine \u00e9lectronique, informatique, qu\u2019on appelle ordinateur, ou du machin physiologique et psychique qu\u2019on nomme corps, quand \u00e7a tourne mal\u2026<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h1 class=\"wp-block-heading\">26072025<\/h1>\n\n\n\n<p>Je me demande parfois ce que je fais de mes livres. Je dois les manger. Impossible de remettre la main sur les <em>Pourparlers<\/em> de Deleuze. Je voulais revoir un texte concernant la conjonction de coordination <em>et<\/em>, comme un mode de signification essentiel de l\u2019\u00e9criture, quand on veut pousser la langue. J\u2019ai besoin de ce genre de b\u00e9quille. Le pire, c\u2019est qu\u2019il me semble l\u2019avoir sorti de la biblioth\u00e8que il n&rsquo;y a pas si longtemps.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p>Pens\u00e9es spaghetti |<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a eu les pens\u00e9es de Michaux sorties de la nuit, l\u2019autre jour. Aujourd\u2019hui \u2014 ma fille venant m\u2019emb\u00eater en tapant un mot sur le Grand Robert \u2014, celle du journal d\u2019Andr\u00e9 Gide&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Mes pens\u00e9es m&rsquo;\u00e9chappent, semblables aux spaghetti qui glissent des deux c\u00f4t\u00e9s de ma fourchette.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p>Atelier |<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u2026 le fait que \u00e7a pointe, le fait que \u00e7a revienne, le fait que \u00e7a dure, le fait que \u00e7a a l\u2019air de s\u2019amplifier et de se d\u00e9former\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>On commencera avec \u00e7a, aussi \u00e9nigmatique que possible pour le lecteur \u2014 et moi avec, bien que j\u2019aie ma petite id\u00e9e derri\u00e8re la t\u00eate, mais justement, qu\u2019elle y reste, derri\u00e8re, qu\u2019on mette en \u0153uvre tout un dispositif permettant de la deviner, repr\u00e9senter, sugg\u00e9rer, \u00e9voquer le plus indirectement possible, des fois qu\u2019on voie bien mieux de quoi il s\u2019agit avec tout autre chose\u2026 non mais&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>(\u00ab&nbsp;Quand on cherche, on trouve&nbsp;\u00bb, dit l\u2019adage capitaliste de ceux qui croient que \u00ab&nbsp;quand on veut, on peut&nbsp;\u00bb. Ah\u2026 la volont\u00e9 de puissance\u2026 Bref&nbsp;! j\u2019ai retrouv\u00e9 mon livre, mais quand on le cherche avec une tranche qui ne correspond pas au titre, ou inversement (ce sont les <em>Dialogues<\/em> qui m\u2019int\u00e9ressent), et quand on le cache derri\u00e8re un cadre photo du fils qui, \u00e0 8 ou 9 mois (il y a une vingtaine d\u2019ann\u00e9es), vous tire la langue, forc\u00e9ment\u2026)<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div id=\"plis\" class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h1 class=\"wp-block-heading\">27072025 | plis &#8211; recto<\/h1>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse has-text-align-right\">Plis | recto<\/pre>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">le fait que \u00e7a pointe, le fait que \u00e7a revienne, le fait que \u00e7a dure, le fait que \u00e7a a l\u2019air de s\u2019amplifier et de se d\u00e9former fait que le souffle commence \u00e0 ralentir, \u00e0 se d\u00e9tendre, que le rythme se distend, que l\u2019inspiration s\u2019approfondit et les draps se soul\u00e8vent, gonflent, que le voile du silence se d\u00e9chire, qu\u2019enfle, s\u2019\u00e9lance un sifflement, par \u00e0-coups continus bat, palpite, s\u2019\u00e9chauffe, acc\u00e9l\u00e8re maintenant et les draps s\u2019enflamment, humides,<br><br>\u00e7a fait aussi que tu as droit \u00e0 des yeux gros comme \u00e7a, \u00ab&nbsp;me dis pas \u00e7a&nbsp;\u00bb, et puis la mine qui se renfrogne, les yeux referm\u00e9s, la bouche en pointe, les ailes des narines sursautent, le front pliss\u00e9, les sourcils, une barre, un ligne entre les deux, un foss\u00e9 qui se creuse,<br><br>\u00e7a fait que la nuit blanchit, s\u2019allonge, que le lit couine en se balan\u00e7ant d\u2019un c\u00f4t\u00e9, de l\u2019autre, que la chambre sursaute et se glisse dans l\u2019autre chambre, dans le bureau, en veilleuse \u00e0 livre ouvert, et que le cadre de fen\u00eatre apparaisse, que les oiseaux p\u00e9pient, que la nuit tombe enfin sous le drap blanc,<br><br>\u00e7a fait peut-\u00eatre aussi que tu as fait ce r\u00eave \u00e9trange, toi qui t\u2019en souviens pas en g\u00e9n\u00e9ral, ce r\u00eave que tu rencontres un vieil ami, qui n\u2019est d\u2019ailleurs pas vraiment un ami, mais qui est bien plus vieux que toi, et tu l\u2019as rencontr\u00e9 dans la ville o\u00f9 tu travailles en temps normal, mais devenue le lieu o\u00f9 tu vis en temps de r\u00eave, et tu le rencontres, \u00e0 deux pas de chez toi, avec son fr\u00e8re jumeau, qui n\u2019existe pas, et \u00e7a, \u00e7a fait quoi&nbsp;? \u00e7a dit quoi en fait&nbsp;? qu\u2019est-ce qu\u2019ils ont dit d\u2019ailleurs&nbsp;? ils avaient l\u2019air \u00e9tonn\u00e9s,<br><br>et \u00e7a fait que la docteure aussi \u00e9tait \u00e9tonn\u00e9e, qu\u2019elle avait cette figure d\u00e9sol\u00e9e, avec ces sourcils fronc\u00e9s, concentr\u00e9e sur son st\u00e9thoscope, \u00e0 \u00e9couter le c\u0153ur, la respiration, \u00ab&nbsp;plus fort&nbsp;\u00bb, concentr\u00e9e sur son \u00e9cran, \u00e0 relire ce qu\u2019elle a d\u00e9j\u00e0 \u00e9crit, l\u2019\u0153il pliss\u00e9, menton droit, poitrine haute, main sur la souris, index sur la molette, \u00e0 taper le message \u00e0 envoyer, \u00e0 signer les ordonnances, et que la petite pharmacienne a mis du temps \u00e0 revenir de la r\u00e9serve, l\u2019\u0153il rond sourire tordu, \u00ab&nbsp;c\u2019est en rupture&nbsp;\u00bb, qu\u2019elle a regard\u00e9 sur l\u2019\u00e9cran pour voir ailleurs, qu\u2019elle a not\u00e9 sur une feuille les num\u00e9ros qu\u2019elle a pli\u00e9e en deux avec les deux ordonnances, et gliss\u00e9e dans le sachet avec les deux bo\u00eetes,<br><br>et \u00e7a a fait que \u00ab&nbsp;all\u00f4 bonjour j\u2019appelle pour savoir&nbsp;\u00bb et que \u00ab&nbsp;oui je v\u00e9rifie&nbsp;\u00bb, et puis que \u00ab&nbsp;merde l\u2019essence&nbsp;\u00bb, et que tu prends pas de feuilles de papier comme d\u2019habitude, et que tu aurais d\u00fb parce que t\u2019as les doigts qui sentent, et parce que tu sens que \u00e7a dans la voiture, l\u2019essence, et que \u00e7a te fait respirer plus fort, et que \u00e7a te fait ressentir plus fort, et repenser \u00ab&nbsp;plus fort&nbsp;\u00bb, la pointe glac\u00e9e du st\u00e9thoscope sur la poitrine, celle de la fosse charg\u00e9e et pesante dedans, et que la soif se remanifeste, plus fort,<br><br>ce qui a fait que tu t\u2019es gar\u00e9 sous les ombri\u00e8res, que tu as fil\u00e9 aux toilettes boire au robinet, que \u00e7a coulait sur la joue, que tu as repris la route pour aller cherche cette colchique des villes manquante, le temps d\u2019aller acheter le journal vite fait juste avant, \u00e0 l\u2019Air de la Presse, et qu\u2019en route t\u2019avais encore soif, en fait, et t\u2019avais d\u00e9j\u00e0 soif dans la salle d\u2019attente du laboratoire d\u2019analyses, c\u2019\u00e9tait \u00e7a les ordonnances, une pour la pharmacie, l\u2019autre le labo,<br><br>ce qui a fait que tu as tourn\u00e9 en rond sur le parking pleine pour te garer, d\u2019autant qu\u2019en sortant de sa place y en a qui allait \u00e0 contresens, et puis les patients en fauteuil roulant, \u00e0 l\u2019entr\u00e9e, o\u00f9 t\u2019as reconnu le p\u00e8re Domi, la jambe coup\u00e9e, et \u00e0 l\u2019accueil \u00ab&nbsp;suivez les pas rouges&nbsp;\u00bb, alors les traces de pas au sol tout le long du couloir, droit devant, la vol\u00e9e d\u2019escalier en haut \u00e0 gauche, tout de suite \u00e0 droite, et puis encore \u00e0 droite,<br><br>ce qui a fait que tu t\u2019es retrouv\u00e9 dans une salle blanche, vide, devant un comptoir, une salle vitr\u00e9e derri\u00e8re, des voix quelque part, \u00ab&nbsp;installez-vous derri\u00e8re l\u2019\u00e9cran, j\u2019arrive&nbsp;\u00bb, et sur le bureau, juste un stylo et une feuille blanche, et puis un grand et gros barbu chevelu s\u2019est install\u00e9 au clavier, ordonnance, identit\u00e9, adresse, num\u00e9ro, carte vitale, \u00ab&nbsp;le pr\u00e9nom je mets l\u2019autre&nbsp;\u00bb, et pas d\u2019attente pour la prise de sang dans la petite salle ferm\u00e9e, le grand fauteuil aux accoudoirs amovibles, \u00ab&nbsp;c\u2019est ce qui s\u2019appelle avoir de la veine&nbsp;\u00bb, l\u2019\u00e9lastique serr\u00e9 en haut du bras, le poing ferm\u00e9, \u00e0 regarder je ne sais quelle fiche sur le mur, \u00e0 jeter un \u0153il sur l\u2019aiguille,<br><br>ce qui a fait que tu as pens\u00e9 au diamant du tourne-disque que tu essaies de r\u00e9parer, on t\u2019a dit \u00ab&nbsp;inspirez fort&nbsp;\u00bb, tu t\u2019es dit \u00ab&nbsp;plus fort&nbsp;\u00bb, plus profond, poitrine droite, menton haut, la pointe de l\u2019aiguille fich\u00e9e sous la peau, \u00ab&nbsp;une pointe de lecture pour la pointe du c\u0153ur&nbsp;\u00bb, l\u2019\u0153il toujours sur la fiche qui avait \u00e9t\u00e9 pli\u00e9e en deux, lignes noires illisibles, tant et plus \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur creusant un peu plus la fosse basse et lourde, \u00ab&nbsp;plus fort&nbsp;\u00bb, une compresse pour la pointe de sang, \u00ab&nbsp;appuyez\u2026 c\u2019est fait&nbsp;\u00bb<\/pre>\n\n\n\n<p>Pour le verso, en mode souvenir, une autre fois peut-\u00eatre. D\u2019abord, je n\u2019y vois plus rien. Et la r\u00e9p\u00e9tition de la m\u00eame formule pr\u00e9sentative, m\u00eame (et surtout) en essayant de la d\u00e9tourner, reste une b\u00e9quille trop artificielle dont le sens m\u2019\u00e9chappe, j\u2019avoue. C\u2019est la m\u00eame chose avec le \u00ab&nbsp;Je me souviens&nbsp;\u00bb de Perec.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p>\u00c9cole buissonni\u00e8re |<\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd\u2019hui, derni\u00e8re heure de conduite avec ma fille. Demain, elle commence ces heures de conduite officielles. Moi, je l\u2019ai initi\u00e9e depuis le d\u00e9but du mois de juin. Chaque fois environ une heure, et une quinzaine de journ\u00e9es. Elle a commenc\u00e9 dans des chemins de tracteurs entre les parcelles de vignes et le chemin blanc non loin de la maison. Et puis on a explor\u00e9 le r\u00e9seau des chemins blancs et les vignobles dans les villages alentour, poussi\u00e8re tournoyant dans le coffre. Et on a pouss\u00e9 sur de toutes petites routes envahies par l\u2019herbe, en passe de devenir des chemins. Et des petites routes de campagne normales au milieu des champs, dans les bois, en croisant une ou deux voitures. J\u2019ai ainsi reconfigur\u00e9 ma g\u00e9ographie locale entre les villages en allant dans des endroits o\u00f9 je ne serais jamais all\u00e9s autrement, en passant devant ce vieux moulin, ce petit pont, une cabane dans un bois, au pied d\u2019une \u00e9olienne, vue sur la campagne depuis la cr\u00eate d\u2019un coteau, un labyrinthe de routes dans un vignoble, chevreuils et li\u00e8vres fuyants, un dr\u00f4le d\u2019oiseau qui ne voulait pas s\u2019envoler, et combien d\u2019impasses au bout des chemins de terre&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est toujours elle qui demandait son heure de conduite. Je trainais un peu la patte pour y aller. N\u2019emp\u00eache, ce n\u2019est plus moi qui vais lui apprendre \u00e0 conduire. Et quand elle aura termin\u00e9, elle saura conduire et elle en aura le droit. Moi, \u00e7a ne se reproduira plus jamais. (Mais j\u2019en garde au moins une trace sur la porti\u00e8re de la voiture \u2014 et quelques vid\u00e9os au d\u00e9but.)<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p>(J\u2019ai chang\u00e9 de titres la derni\u00e8re fois, pour le texte avec l\u2019obsession des fant\u00f4mes&nbsp;: <em>livr\u00e9es<\/em>, \u00e0 la place de <em>spectres<\/em>. J\u2019ai pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 les parures vestimentaires, les signes ext\u00e9rieurs, l\u2019aspect animal.)<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">28072025<\/h1>\n\n\n\n<p>(Une b\u00e9quille, qui me fait bo\u00eeter, b\u00e9gayer. En m\u00eame temps, Deleuze a \u00e9crit de belles choses l\u00e0-dessus.)<\/p>\n\n\n\n<p>((Et voil\u00e0, ne jamais m\u00e9sestimer la force de l\u2019\u00e9criture, ni la confiance qu\u2019on en a. Le texte \u00e9crit, il revient d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre. \u00c7a peut \u00eatre par le menu, un d\u00e9tail. Et voil\u00e0 que le p\u00e8re Domi, crois\u00e9 \u00e0 l\u2019entr\u00e9e de l\u2019h\u00f4pital, intervient dans sa nature m\u00eame de\u2026 <em>croisement<\/em>&nbsp;: croisement entre le texte \u00e9crit dans la surprise du jour \u2014 qu\u2019on rattrape comme on peut, tant bien que mal, et ainsi soit-il, par le menu du r\u00e9el fuyant et tranch\u00e9 au possible \u2014 et le souvenir lointain, venu se d\u00e9poser l\u00e0 furtivement, presque sans que tu t\u2019en rendes compte, \u00e0 travers ce diminutif emprunt\u00e9 \u00e0 un autre, dans le m\u00eame \u00e9tat, jadis, que le vieil unijambiste dont le nom t\u2019\u00e9chappe encore. \u2014 Et voil\u00e0 donc le texte relanc\u00e9 dans son versant souvenir, avec les fiats de celui qui se cache sous ce dimunitif.))<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p>Correspondances |<\/p>\n\n\n\n<p>Deux petits textes, demain, pour un spectacle de chant improvis\u00e9 et de jonglage clownesque au milieu d\u2019un vide-greniers, et une ambiance pub dans une petite \u00e9glise en violon et accord\u00e9on, harpe, tambourin, cornemuse et selfie.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-light-gray-background-color has-background\">29072025 | plis &#8211; verso<\/h1>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse has-text-align-right\">Plis | verso<\/pre>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">le fait que tu te souviennes seulement de ce qu\u2019on t\u2019en as dit, seulement de ce que t\u2019en as imagin\u00e9 alors, le fait que tu revois le tracteur sous le hangar et son engin au nom d\u2019animal pr\u00e9historique, un <em>rototiller<\/em>, rouleaux crant\u00e9s et dents de d\u00e9compactage saillantes, ch\u00e2ssis rouge, le fait que tu montes dessus, que tu le traverses en \u00e9quilibriste, un \u0153il sur les interstices, les trous, les vides,<br><br>le fait qu\u2019il avait gel\u00e9 ce matin-l\u00e0, le fait qu\u2019il travaillait trop vite, le fait qu\u2019il aurait d\u00fb couper le moteur, le fait qu\u2019il n\u2019avait pas besoin de monter dessus, le fait que le pied a gliss\u00e9, le fait que le rouleau tournait, le fait qu\u2019une dent aura agripp\u00e9 le bas de pantalon, le fait que la chair, le fait que le sang, le fait que le cri et le c\u0153ur, le fait que\u2026<br><br>le fait que tu te souviennes pas de l\u2019h\u00f4pital, parce que tu as oubli\u00e9, parce que tu n\u2019y es pas all\u00e9, et tu auras oubli\u00e9 que tu n\u2019y es jamais all\u00e9, ou alors pour la porte d\u2019\u00e0 c\u00f4t\u00e9, parce qu\u2019il y avait une porte \u00e0 c\u00f4t\u00e9, quelque part dans un autre service, un autre couloir, un autre \u00e9tage, un autre b\u00e2timent peut-\u00eatre, mais la m\u00eame odeur insane,<br><br>le fait que le <em>rototiller <\/em>aura \u00e9t\u00e9 nettoy\u00e9,<br><br>le fait que tu aies jou\u00e9 avec le fauteuil roulant, le fait que les pieds de chaise, de la table, le placard de l\u2019\u00e9vier, la porte, en aient pris un coup, le fait que tu aies essay\u00e9 de marcher avec les b\u00e9quilles sans les jambes, en vain, le fait qu\u2019il boitait s\u00e9v\u00e8re avec sa proth\u00e8se, le fait que son pantalon pendait, trainait, flottait,<br><br>le fait qu\u2019il a chang\u00e9 plusieurs fois sa proth\u00e8se, le fit qu\u2019il n\u2019arrivait pas \u00e0 la faire plier, le fait que sa parole boitait aussi, grosse de mots trop raides, b\u00e9gayant le m\u00eame air, le m\u00eame malheur, la m\u00eame saveur am\u00e8re, la m\u00eame aigreur, la m\u00eame ranc\u0153ur, les m\u00eames gal\u00e8res, la m\u00eame guerre int\u00e9rieure, la m\u00eame col\u00e8re,<br><br>le fait qu\u2019il avait 27 ans, ou qu\u2019il les aura eu quelques jours apr\u00e8s,<br><br>le fait qu\u2019il a achet\u00e9 une Ford Sierra automatique, avec toit ouvrant, on allait \u00e0 la plage, Saint-Georges-de-Didonne, avec les petits, le fait qu\u2019on \u00e9tait un peu serr\u00e9s, \u00e0 quatre derri\u00e8re, le fait qu\u2019ils se chamaillaient, le fait qu\u2019il gueulait au volant, le fait que sur la plage il avait du mal \u00e0 boiter comme d\u2019habitude, le fait qu\u2019il perdait l\u2019\u00e9quilibre, le fait qu\u2019il a d\u00fb tomber et gueuler, pester da fa\u00e7on aigu\u00eb, le fait qu\u2019il jouait un peu aux raquettes avec les petits, le fait qu\u2019on devait le regarder, le fait qu\u2019il devait le voir, le fait qu\u2019il aura voulu rester sur le trottoir, sur un banc, je restais avec lui, il regardait la mer, les bateaux, l\u2019autre rive de l\u2019estuaire, il me pr\u00eatait ses jumelles, on reprenait aussi la voiture, on se rendait dans un camping pour boire un coup en terrasse, jouer au baby-foot, faire une partie de minigolf sous les pins, on retournait \u00e0 la plage, il montait le son de sa cassette, AC\/DC, Trust,<br><br>le fait qu\u2019il a repris le travail, le fait qu\u2019il est remont\u00e9 sur le tracteur, les marches une \u00e0 une, la proth\u00e8se en second, le fait qu\u2019il a repass\u00e9 le <em>rototiller <\/em>dans les champs pour casser les mottes de terre, le fait qu\u2019il marchait comme avec une jambe de bois, la proth\u00e8se jet\u00e9e un peu sur le c\u00f4t\u00e9, le fait que jamais elle a pli\u00e9,<br><br>le fait qu\u2019il a pas pu remonter sur la moto, le fait qu\u2019il a revendu la moto, une petite Yamaha 80, le fait qu\u2019il a achet\u00e9 plus tard un quad pour aller dans les champs, et il l\u2019a aussi essay\u00e9 sur le terrain de moto-cross, \u00e0 quatre-roues \u00e7a redevenait possible, mais pas les sauts, et toi aussi tu es mont\u00e9 devant lui sur le quad, et plus tard tu l\u2019as essay\u00e9 tout seul, mais le fait qu\u2019une orni\u00e8re t\u2019as envoy\u00e9 dans un rang de vigne,<br><br>le fait que son jean d\u00e9charn\u00e9, ensanglant\u00e9, aura \u00e9t\u00e9 jet\u00e9,<br><br>le fait qu\u2019\u00e0 No\u00ebl, dans les batailles de cotillon \u00e0 l\u2019ap\u00e9ro, il courait en sautillant sur un pied, il se jetait dans le canap\u00e9, il se cachait derri\u00e8re le bar en forme de grosse barrique, il faisait mouche, il en prenait plein la t\u00eate,<br><br>le fait qu\u2019avant on jouait ensemble, du plus loin que je me souvienne, c\u2019\u00e9tait \u00e0 se renvoyer la balle, un ballon gonflable peut-\u00eatre, au-dessus d\u2019une corde, dans la maison, o\u00f9 s\u00e9chait du linge non loin de la chemin\u00e9e, \u00e0 taper dans la balle le plus fort possible, le plus loin possible, et plus tard, on jouera au foot, quand je revenais pour les vacances, et d\u2019ailleurs c\u2019\u00e9tait \u00e7a, avant l\u2019accident, le fait qu\u2019on jouait au foot, le fait que c\u2019\u00e9tait dans le terrain de moto-cross, entre deux trous et deux buttes, le fait qu\u2019il faisait le gardien, je tirais des coups-francs, ou passement de jambe, passe imaginaire et tir de loin, je devais porter le maillot orange de l\u2019\u00e9quipe des Pays-Bas, et on a d\u00fb changer de r\u00f4le, j\u2019imagine, et j\u2019ai certainement d\u00fb prendre quelques buts, le fait qu\u2019il en aura plus jamais marqu\u00e9, le fait qu\u2019il faisait beau ce jour de match, \u00e7a devait \u00eatre les vacances de P\u00e2ques, le fait que le lendemain il a gel\u00e9, le fait que fini les vacances,<br><br>le fait que le pli c\u2019\u00e9tait pour son membre fant\u00f4me, lui, il aura jamais voulu plier<\/pre>\n\n\n\n<p>(On peut faire \u00e7a&nbsp;: acc\u00e9l\u00e9rer le rythme de la formule quand \u00e7a ne va pas, quand le pr\u00e9sent pi\u00e9tine et on voudrait encha\u00eener plus vite, mais \u00e7a rate \u00e0 coup s\u00fbr.)<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">30072025<\/h1>\n\n\n\n<p>Atelier | dissym\u00e9trique<\/p>\n\n\n\n<p>Dissym\u00e9trique, parce que&nbsp;: \u00ab&nbsp;\u00c9trange proposition, deux textes jumeaux, chaque fois un narrateur (ou une narratrice) construisant portrait&nbsp;<em>et situation<\/em>, contexte, d\u2019un personnage dans un cr\u00e9neau de temps pr\u00e9cis&nbsp;? Oui, mais reste la dissym\u00e9trie originelle.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Et si on insistait sur cette dissym\u00e9trie, si on l\u2019accentuait \u2014 id\u00e9alement, en prenant en \u00e9charpe la question de l\u2019origine, mais n\u2019en demandons pas trop\u2026 \u2014, comme avec Saint Roch parlant du chien venant \u00e0 son aide, lui apportant un peu de pain et l\u00e9chant ses plaies, puis ce chien d\u00e9crivant la condition de Saint Roch, reclus au fond d\u2019une grotte, pestif\u00e9r\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p>Sortir |<\/p>\n\n\n\n<p>Parfois, en fin d\u2019apr\u00e8s-midi, on ne tient plus, il faut sortir. C\u2019est le moment des petites marches sur les chemins. Mais on n\u2019a pas toujours envie de marcher, on peut aussi avoir envie d\u2019aller faire un tour en ville histoire de se frotter au monde. On trouve un pr\u00e9texte utile pour se donner bonne conscience qui, satisfaite d\u2019avoir achet\u00e9 du pain ou de l\u2019essence, peut alors se laisser-aller, et c\u2019\u00e9tait l\u2019objectif premier, en errant dans les rayons de l\u2019Espace culturel du supermarch\u00e9 d\u2019o\u00f9 on ressort les mains vides.<br><\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">31072025<\/h1>\n\n\n\n<p><strong>T\u00e9moin de l\u2019impossible |<\/strong><\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;T\u00e9moigner pour ce qui, pr\u00e9cis\u00e9ment, demeure sans t\u00e9moin&nbsp;? C\u2019est sans doute un d\u00e9sir insens\u00e9, mais \u00e9crire une biographie n\u2019a de sens qu\u2019\u00e0 se mesurer \u00e0 cette part d\u2019impossible qu\u2019il y a dans le fait de vouloir <em>conna\u00eetre quelqu\u2019un<\/em> \u2014 et \u00e0 l\u2019impossible, d\u00e8s lors que nous \u00e9crivons, nous sommes tenus.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">(Yannick Haenel, <em>La Solitude Caravage<\/em>)<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div id=\"penilles\" class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h1 class=\"wp-block-heading has-light-gray-background-color has-background\">01082025 | penilles &#8211; recto<\/h1>\n\n\n\n<p>(Saint Roch et son chien \u2014 comme disait ma grand-m\u00e8re quand elle me voyait partir avec le chien et revenir des heures plus tard avec lui, <em>Tiens&nbsp;! Saint Roch et son chien&nbsp;!<\/em> \u2014, c\u2019est bien s\u00fbr une image pour parler de mon double et de ce moi qu\u2019il m\u2019a donn\u00e9 sans que je le veuille.<br>Voil\u00e0 le genre de pens\u00e9e qui ressort d\u2019une marche dans les chemins blancs. Et aujourd\u2019hui dans le lit de la rivi\u00e8re, totalement \u00e0 sec, plein de branches, de feuilles et de traces animales dans la vase.)<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p><strong>Structure |<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Derni\u00e8re s\u00e9ance avant la pause estivale et quelques vacances.<\/p>\n\n\n\n<p>Je d\u00e9teste quand un stagiaire lit, en se concentrant pour bien d\u00e9chiffrer les syllabes, en faisant l\u2019effort de ne pas deviner la suite qui rate sinon \u00e0 tous les coups, en se reprenant m\u00eame pour mieux articuler, pour mieux comprendre la phrase, et essayer d\u2019y mettre le ton, et qu\u2019on vient sans frapper pour parler \u00e0 un autre stagiaire de\u2026 papiers ou de\u2026 signature et de\u2026 et c\u2019est plus fort, et on entend tout et on n\u2019entend plus lire. Je ne comprends m\u00eame pas que, dans une structure de formation, mes coll\u00e8gues ne sentent pas le probl\u00e8me.<\/p>\n\n\n\n<p>Ou je dois \u00eatre fatigu\u00e9 et \u00e9nerv\u00e9, alors vivement les vacances.<\/p>\n\n\n\n<p>Sinon, l\u2019apr\u00e8s-midi, sortie \u00e0 la Maison de la For\u00eat. Avec en t\u00eate le labyrinthe aux oiseaux, d\u00e9dale de sentiers dans un bois dense, gagn\u00e9 par les ronciers, et la tour d\u2019observation des incendies possibles dans le massif de la Double saintongeaise, au-dessus des arbres. \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de la structure, des objets recycl\u00e9s, d\u00e9tourn\u00e9s, pour des \u0153uvres plastiques, des personnages hybrides ou mutants.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse has-text-align-right\">Penilles | recto<\/pre>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\"><em>Tiens&nbsp;! Saint Roch et son chien&nbsp;!<\/em> C\u2019est ce que Lulu disait parfois quand elle me voyait revenir avec le chien. J\u2019\u00e9tais parti avec lui un petit bout de temps qu\u2019on n\u2019avait pas vu passer. Avec lui ou avec eux. Ils pouvaient \u00eatre peut-\u00eatre deux ou trois chiens. On prenait la petite route, on montait dans le coteau, le long de la haie, dans un rang de vigne. On aura peut-\u00eatre plus souvent enfil\u00e9 le chemin qui descend \u00e0 la rivi\u00e8re. En tout, il y en aura eu une douzaine. On a essay\u00e9 de ses les rappeler tous l\u2019autre jour, avec maman, et dans l\u2019ordre de filiation. Mais pas si simple parfois, l\u2019eau est pass\u00e9e sous les ponts. Je me demande si Poupette, la premi\u00e8re, un petit beagle blanc \u00e0 taches orange qu\u2019on appelait le vieux Peseau \u00e0 la fin, a connu Pirate, le dernier un grand b\u00e2tard gris et blanc, qui sera rest\u00e9 comme un jeune chiot fon\u00e7ant t\u00eate baiss\u00e9e dans sa plus heureuse malchance.<br><br>Sur le chemin de la rivi\u00e8re, une fois pass\u00e9 l\u2019enchev\u00eatrement de barres m\u00e9talliques et de grillage du portail, les barri\u00e8res au sol du pr\u00e9 des vaches qu\u2019on remontait en \u00e9quilibre, en tombant, le tuyau d\u2019arrosage qu\u2019on suivait en courant, en serpentant, en sautant au-dessus de je ne sais plus quoi, \u00e9cras\u00e9, les pruniers malades pour un cochon pendu, la carcasse de la Dauphine pour une course et un accident. Le chien suivait, s\u2019\u00e9loignait, s\u2019arr\u00eatait en reniflant l\u2019air, bouffait des brins d\u2019herbe, pissait contre un piquet ou un pneu, revenait en courant quand on le rappelait et courait, vite rattrap\u00e9.<br><br>La rivi\u00e8re. Le passage \u00e0 gu\u00e9 des vaches. Les deux \u00e9normes pierres fendues en guise de pont. Les grands peupliers couverts de mousses, de lichens, souvent fr\u00e9missants pour un filet d\u2019eau l\u2019\u00e9t\u00e9, un vol de libellules. Et les sauts des araign\u00e9es d\u2019eau sous les \u00e9claboussures de la pierre qu\u2019on vient de lancer et du plongeon du chien.<br><br>On passe l\u00e0 un moment, tout l\u2019\u00e9t\u00e9, avec l\u2019eau et les pierres. On se baigne en slip, la vase entre les doigts de pieds, on racle le fond. Le chien sur la berge ou sur le pont aboie, pattes avant l\u00e9g\u00e8rement \u00e9cart\u00e9es et tendues. Le N\u00e8g\u2019, un air de berger allemand \u00e0 la robe essentiellement noire et en partie fauve. Ses pointes d\u2019oreilles cass\u00e9es sautillaient. Le N\u00e8g\u2019, toujours l\u00e0 quelque part autour de toi, que les pierres dans l\u2019eau rendaient fou. La pierre en l\u2019air il d\u00e9talait, sautait du pont, courait dans l\u2019eau, plongeait la t\u00eate pour attraper dans sa gueule la pierre dans la vase, s\u2019y reprenait \u00e0 deux ou trois fois en aboyant, en tirant sur ses pattes arri\u00e8re pour les plus lourdes pierres et les ramenait peu \u00e0 peu sur la berge, avant de s\u2019\u00e9brouer deux ou trois fois. Quand la pierre entrait dans sa gueule enti\u00e8rement, c\u2019est la t\u00eate haute, d\u00e9goulinant, que sortait le N\u00e8g\u2019.<\/pre>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-light-gray-background-color has-background\">02082025 | penilles &#8211; verso<\/h1>\n\n\n\n<p><strong>Atelier | canin ou cynophile<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Juste un petit essai, une \u00e9tude qui manquera de subtilit\u00e9, ce portrait polyphonique. Mais par les temps qui courent, la subtilit\u00e9\u2026 \u00e0 la maison parfois (et plus souvent que je ne le voudrais, pauvre de moi), dans la structure o\u00f9 je travaille (si ce n\u2019est pas moi c\u2019est donc ton fr\u00e8re stagiaire, coll\u00e8gue, coordonateur, directeur, pr\u00e9sident\u2026 ah, la hi\u00e9rarchie), dans le monde toujours \u2014 ici et l\u00e0 un peu partout, n\u2019importe quand et n\u2019importe quoi \u2014, si bien que j\u2019en viens \u00e0 me dire que le livre de Yannick Haenel sur le Caravage est trop subtil pour moi&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Nous croyons \u00e9voluer dans l\u2019existence, mais celle-ci n\u2019aura peut-\u00eatre consist\u00e9 qu\u2019\u00e0 savoir vivre aupr\u00e8s d\u2019une fontaine \u2014 \u00e0 se rapprocher, \u00e0 s\u2019\u00e9loigner d\u2019un point d\u2019eau vive. Car il y a toujours, quelque part dans la vie d\u2019un homme, une fontaine&nbsp;; et s\u2019il arrive que nous la perdions de vue, et que nous soyons all\u00e9s si loin dans l\u2019\u00e9garement qu\u2019il devient impossible de la retrouver, un d\u00e9tail suffit parfois \u00e0 vous enchanter,, une pauvre \u00e9cume verte au pied d\u2019un tronc d\u2019arbre, un cama\u00efeu de plis rouges, le cerne sous l\u2019\u0153il d\u2019un jeune homme, la perler \u00e0 l\u2019oreille d\u2019une femme&nbsp;: voici que vous reconnaissez l\u2019enchantement lui-m\u00eame, qui se met \u00e0 miroiter comme la blancheur neigeuse sur les armures des chevaliers de la Table ronde.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>(Pardon, donc, pour ce qui suit, merci pour la bienveillance.)<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse has-text-align-right\">Penilles | verso<\/pre>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">\u2014 si je revis ma vie de chien, je me r\u00e9incarne dans cette race, \u00e9trange mais dr\u00f4le, mont\u00e9e sur deux pattes, assez bien \u00e9quilibr\u00e9e malgr\u00e9 l\u2019absence de queue<br><br>\u2014 non, c\u2019est pas tr\u00e8s joli, y a que du poil que sur la t\u00eate, souvent hirsute, un museau totalement \u00e9cras\u00e9, et c\u2019est toujours emp\u00eatr\u00e9 dans je ne sais quelle fourrure ou liti\u00e8re interchangeable<br><br>\u2014 c\u2019est toi qui dit \u00e7a&nbsp;? alors que le soir t\u2019\u00e9tais la premi\u00e8re \u00e0 te glisser avec eux sous leur grande peau, sur une liti\u00e8re fait de ce pelage ras, chaud et moelleux, r\u00e9chauff\u00e9e par le bout de leurs grosses pattes palm\u00e9es<br><br>\u2014 c\u2019est diff\u00e9rent, j\u2019\u00e9tais toute petite et j\u2019ai failli geler dans le chai, et j\u2019ai rien demand\u00e9, on m\u2019a emmen\u00e9 dans leur couche<br><br>\u2014 n\u2019emp\u00eache que t\u2019es rest\u00e9e dormir comme \u00e7a, moi j\u2019y ai pas eu droit<br><br>\u2014 peut-\u00eatre, mais les autres apr\u00e8s moi aussi, et c\u2019est les deux petits qui nous ont emmen\u00e9s<br><br>\u2014 ah ben voil\u00e0, c\u2019est comme eux que je voudrais revivre ma vie de chien, je sais que c\u2019est \u00e9trange cette race qui sait pas courir, qui reste incapable de se servir de sa truffe, au sol comme en l\u2019air, et peut donc pas configurer en temps r\u00e9el les pistes d\u2019espace et de temps<br><br>\u2014 et puis sans queue, tu sais jamais vraiment de quelle humeur ils sont<br><br>\u2014 oui, mais ils ont quand m\u00eame cette fa\u00e7on de donner de la voix tout en modulations qui remplace bien notre appendice, \u00e0 croire que c\u2019est fait pour nos oreilles, et c\u2019est pour \u00e7a que je les trouve dr\u00f4le, quand on remue la queue, eux ils d\u00e9roulent leur voix<br><br>\u2014 et des fois ils essayaient de nous imiter, ils essayent d\u2019aboyer mais j\u2019ai jamais vraiment su pourquoi, si \u00e7a avait du sens<br><br>\u2014 oh le sens, je crois que c\u2019\u00e9tait pas tr\u00e8s malin, mais ils avaient le m\u00e9rite d\u2019essayer de se mettre \u00e0 notre hauteur<br><br>\u2014 ils faisaient surtout les beaux<br><br>\u2014 un peu, mais quand m\u00eame, je crois que c\u2019\u00e9tait le sens du jeu comme quand nous on fait la course et on s\u2019attrape, on se mordille, sauf que nous c\u2019est dans le sens de la chasse<br><br>\u2014 parle pour toi&nbsp;! moi la chasse, j\u2019ai bien failli y laisser des plumes, c\u2019\u00e9tait pour mon tout premier jour de chasse<br><br>\u2014 oui on sait, on sait, mais j\u2019aimerais savoir ce que \u00e7a fait, quel sens \u00e7a a quand on est de cette race canine, de se mettre \u00e0 quatre pattes quand on en utilise que deux, de grogner en retroussant cette babine plate qu\u2019en est pas une, d\u2019aboyer avec une voix de basset, et encore, et de tirer de toutes ces forces, en s\u2019aidant de cette patte folle repli\u00e9e sur le museau, et je suis que c\u2019\u00e9tait de la triche, voil\u00e0, j\u2019aimais bien \u00e7a, les <em>penilles <\/em>que j\u2019avais bien en gueule en grognant, et que je tirais aussi de mon c\u00f4t\u00e9, de mes quatre pattes tendus, \u00e0 coups secs, jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019elle se d\u00e9chire<\/pre>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p>(Demain matin, lever au chant du coq ou d\u00e8s potron-minet \u2014 \u00e7a d\u00e9pend du r\u00e9veil ou de l\u2019image qu\u2019on pr\u00e9f\u00e8re, moi je pr\u00e9f\u00e8re les cocoricos au loin au cul du chat qui vient se coller. Et en route pour des vacances cantabriques.)<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div id=\"papillottes\" class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h1 class=\"wp-block-heading has-light-gray-background-color has-background\">11082025 | papillonnade &#8211; recto verso<\/h1>\n\n\n\n<p><strong>Trou kantabrik |<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Voil\u00e0. Retour de vacances en Cantabrie. Une dizaine de journ\u00e9es durant lesquelles je n\u2019ai rien \u00e9crit. Du moins, rien de significatif dans la perspective de l\u2019\u00e9criture comme art \u2014 encore que l\u2019article pour le journal (\u00e7a demande toujours un peu de r\u00e9flexion et quelques manipulations), et exception faite des quelques pages lues (\u00e9criture sans \u00e9criture). \u2014 Comme si j\u2019\u00e9crivais vraiment dans cette perspective. \u2014 On peut toujours r\u00eaver. \u2014 En tout cas, \u00e7a fait un beau trou. \u2014 \u00c7a fait un trou parce qu\u2019une date est inscrite. Si on l\u2019enl\u00e8ve, y a plus vraiment de trou. \u2014 De toute fa\u00e7on, y en a partout. C\u2019est le principe du journal intime. Les dates, c\u2019est pour la couture. C\u2019est le fil du temps qu\u2019on passe de l\u2019un \u00e0 l\u2019autre pour un semblant de chronologie vaguement lin\u00e9aire, pour des jours et des heures qui sont toujours avant, apr\u00e8s. \u2014 Bref&nbsp;! \u00e7a fait un grand trou et il est d\u2019autant plus beau que, pendant les vacances, j\u2019ai lu ce passage \u00e9trange et radical de Yannick Haenel&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Entre mort et parole, un \u00e9clair ouvre pourtant \u00e0 chaque instant une br\u00e8che lumineuse dans le r\u00e9seau de la soci\u00e9t\u00e9 int\u00e9grale&nbsp;; cet \u00e9clair est terrible, car il provient de la foudre&nbsp;: en fissurant la trame, la br\u00e8che qu\u2019il suscite r\u00e9v\u00e8le un ab\u00eeme. Je pense que le trou est la v\u00e9rit\u00e9 du r\u00e9el&nbsp;: voici le sacr\u00e9.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Je n\u2019ai donc rien \u00e9crit en vacances. Entre le manque de temps et la fatigue, \u00e7\u2019aurait apparu comme du travail. Et de \u00e7a, on en avait suffisamment. Pour rien peut-\u00eatre, ou pour le plaisir, mais c\u2019\u00e9tait du travail. Du travail pour les vacances \u00e0 venir. Pour des souvenirs qui, peut-\u00eatre, eux, seraient quelque peu significatifs, plus vivants que les instants v\u00e9cus&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>(Et maintenant, apr\u00e8s la recherche de lieux pour les vacances, la recherche d\u2019un lieu pour le travail&nbsp;: un appartement, ou une chambre, pour les \u00e9tudes du grand. Un autre genre de travail, qui va co\u00fbter plus cher que nos vacances studieuses.)<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p><strong>Atelier | ah\u2026 Gertrude&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;La question est celle-ci, est-il possible de sugg\u00e9rer davantage pour remplacer cette chose.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Et voil\u00e0. Je lis sans rien comprendre \u00e0 Gertrude Stein, en me laissant porter par le seul fait de d\u00e9chiffrer, prononcer d\u2019un trait, disons, ce qui est inscrit, sans me soucier du sens que les phrases n\u2019ont pas \u2014 pas en soi&nbsp;? \u2014, et heureusement, sans quoi je ne serais jamais tomb\u00e9 sur cette phrase qui, elle, a sursaut\u00e9 du fait du sens fondamental qu\u2019elle porte en soi \u2014 pour tout&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Et puis <em>f<\/em>&nbsp;: \u00ab&nbsp;deux faces d\u2019une m\u00eame r\u00e9alit\u00e9 mais dont il serait impossible de se saisir simultan\u00e9ment&nbsp;\u00bb. Je me disais aussi, pendant ce trou vacancier, et puisque je suis parvenu au milieu de l\u2019atelier, que je pouvais faire l\u2019autre moiti\u00e9 en mode verso. Reste \u00e0 savoir si j\u2019op\u00e8re un strict demi-tour, ou si je saute d\u2019un bloc \u00e0 l\u2019autre, avec au choix un recto ou un verso m\u2019offrant la solution d\u2019\u00e9criture la plus \u00e9vidente.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:28px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">Merveilles |<br><br>Avec des ailes de papillon. Des ailes frites. Des ailes bouillonnantes. Fricass\u00e9es. Une structure de fer dans une p\u00e2te molle, ni liquide, ni blanche. Il devait y avoir des antennes et c\u2019\u00e9taient des serpentins. Des spirales. Des tourbillons \u00e0 gros bouillon. Dor\u00e9s. Craquants. Papillons blancs de sucre glace br\u00fblants. Attention la langue. Bien \u00e9ponger dans le saladier \u00e0 fleurs f\u00eal\u00e9. Laisser la feuille de papier journal s\u2019imbiber, jusqu\u2019\u00e0 ce que les mots, les images, disparaissent. La laisser absorber le feu de la friture. Luire.<br><br>Il aurait regard\u00e9 \u00e7a l\u2019\u0153il \u00e9carquill\u00e9 au-dessus du bain d\u2019huile, au-dessus d\u2019un faitout jaune paille, d\u2019\u00e9mail brillant, lac\u00e9r\u00e9 de suie mate par quelques flammes furtives surgies de la braise, les poign\u00e9es gonfl\u00e9es par de vieux torchons blancs, gris, gras, de la penille d\u00e9ral\u00e9e, enfl\u00e9es et br\u00fbl\u00e9es ici ou l\u00e0 par le pet de la braise, un d\u00e9bris incandescent qui retombe, les gouttelettes d\u2019huile ardentes mitraillant la petite main blanche.<br><br>Le coin du feu. Le coin de la chemin\u00e9e. La cendre et la fum\u00e9e. Le chant du coq de gr\u00e8s, de cr\u00eate rouge hurlant, petits pots jaunes et chape noire au garde-\u00e0-vous dalton, papiers en vrac cal\u00e9s, crucifix de guingois. Et le jour o\u00f9 la vieille a perdu l\u2019\u00e9quilibre. Le jour o\u00f9 il l\u2019a pouss\u00e9e en passant. Branle-bas de pincettes et tisonnier, de pelle et du balai. <em>Me v\u2019l\u00e0 chette dans le bourrier&nbsp;!<\/em><br><\/pre>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-light-gray-background-color has-background\">12082025<\/h1>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">P\u00e2t\u00e9e |<br><br>C\u2019\u00e9tait quand on jouait \u00e0 cache-cache. On te retrouvait assez vite derri\u00e8re les portes. Celle de la grande chambre, avec la sono, bloqu\u00e9e par les caissons de baffles. C\u2019est comme si t\u2019\u00e9tais enferm\u00e9 dans un espace triangulaire, entre la porte grande ouverte et l\u2019\u00e9norme caisson noir. Celle de la chambre du fond, une porte brune, vernie, raboteuse, qui claquait facilement. La pendule, derri\u00e8re, garde la m\u00eame trace de m\u00e9tal enfonc\u00e9. Et c\u2019est l\u00e0 que tu te cachais, dans l\u2019intervalle entre la pendule et le dormant. Je crois m\u00eame que, tout petit, tu t\u2019es retrouv\u00e9 dans la pendule, derri\u00e8re le balancier jaune dor\u00e9, brillant, caboss\u00e9, les poids sur la t\u00eate, le nez dans les toiles d\u2019araign\u00e9e. Et la porte d\u2019entr\u00e9e, la grosse porte vert fonc\u00e9, en bois us\u00e9, rong\u00e9 par les griffes et les crocs. Elle restait souvent ouverte la journ\u00e9e. Et il y avait toujours entre le mur et la porte un espace, plus ou moins combl\u00e9 par un tas de v\u00eatements pendus sur deux niveaux, jusqu\u2019\u00e0 toucher terre. Un tas de paletots surtout et des torchons, faits de la m\u00eame toile d\u2019un bleu gris, raide, lourd, de nuages d\u2019orage. Tu t\u2019enroulais dans cette friperie poisseuse, suintant les mains sales, \u00e0 demi-lav\u00e9es et mal s\u00e9ch\u00e9es. Un pied fatal dans les gamelles des chiens, m\u00e9langeant l\u2019eau et l\u2019esp\u00e8ce de bouillie sur le sol.<br><br>\u2014 c\u2019\u00e9tait pas de la bouillie, c\u2019\u00e9tait une esp\u00e8ce de soupe avec des restes et des p\u00e2tes ou du riz \u2014 tu parles d\u2019un r\u00e9gime&nbsp;! \u2014 parce que tu crois que c\u2019\u00e9tait mieux les croquettes&nbsp;? \u2014 ben \u00e7a d\u00e9pend, moi j\u2019aimais bien les petits anneaux jaun\u00e2tres, moins durs que les boulettes de trois ou quatre variantes de blanc ou de gris, friables m\u00eame, un peu comme du pain d\u2019\u00e9pices mais bien meilleur avec ce petit go\u00fbt de pain rassis \u2014 ouais, mais le jour o\u00f9 on est revenus \u00e0 la niche d\u2019origine, adios las croquetas et oh l\u00e0&nbsp;! la bouillie \u2014 non, c\u2019\u00e9tait pas de la bouillie \u2014 moi, ce que j\u2019ai pr\u00e9f\u00e9r\u00e9, c\u2019\u00e9tait la mixture jaune, un jaune bien jaune et luisant \u2014 celle qui ressemblait \u00e0 du sable&nbsp;? \u2014 ouais, avec des grains plus ou moins gros \u2014 et surtout bien gras \u2014 ouais, \u00e7a faisait un genre de croquettes fines et gluantes, un genre de crumble pour chien \u2014 ouais&nbsp;! des croqbles&nbsp;! tu parles si je t\u2019avalais \u00e7a \u00e0 grande goul\u00e9es&nbsp;! \u2014 alors que nous, non, nous on y avait pas droit, on se prenait les coups, tout \u00e7a parce que t\u2019\u00e9tais soi-disant malade \u2014 ben ouais, je dess\u00e9chais&nbsp;! \u2014 et nous alors&nbsp;! \u2014 ben non, pas toi&nbsp;! \u2014 enfin, r\u00e9sultat, le rem\u00e8de \u00e9tait pire que le mal&nbsp;! t\u2019as ressembl\u00e9 \u00e0 un barricot vite fait&nbsp;! et incapable de se vider&nbsp;! \u2014 mais y avait pas de rapport, sur la fin y a longtemps que je mangeais plus de cette mixture \u2014 peut-\u00eatre, mais t\u2019as jamais d\u00e9gonfl\u00e9 depuis \u2014 au contraire&nbsp;! et si on t\u2019avais pas piqu\u00e9 t\u2019aurais fini par exploser \u2014 sacr\u00e9e bouillie&nbsp;! \u2014 je t\u2019aurais remis au r\u00e9gime, moi, je t\u2019aurais mis dans un pr\u00e9 en friche et fait avaler de grandes feuilles<\/pre>\n\n\n\n<p>La vie avec les chiens, c\u2019\u00e9tait plut\u00f4t en meute. Alors, si j\u2019en fait parler un, la parole tourne pour tous, plus ou moins.<\/p>\n\n\n\n<p>(Peut-on \u00e9crire avec le sentiment qu\u2019il s\u2019agit de se d\u00e9barrasser de l\u2019\u00e9criture, du d\u00e9sir qu\u2019on en \u00e9prouve&nbsp;?)<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">Caramel |<br><br>Les pincettes pour fourrager la braise, qui y restent pour chauffer, rougir, et ressorties les morceaux de sucre br\u00fblent, fument, bouillent, fondent, gouttelettes d\u2019un feu noir tachant, per\u00e7ant la peau cr\u00e9meuse du riz au lait. Le bloc de sucre restant sur le m\u00e9tal refroidi, dans sa chute\u2026 comme une dent cari\u00e9e viendrait s\u2019y planter&nbsp;?<br><br>Avec le feu qui cr\u00e9pite. La porte de la cuisini\u00e8re qui grince, siffle, un taquet. La plaque de fonte cogne, les flammes soufflent. Les vieilles charentaises en savates glissent sur le lino. Le buffet couine une fois, deux fois, le petit claquement du petit aimant. Une autre fois, les autocollants de foot, un bol. Le tiroir force, les couverts tr\u00e9buchent. La petite cuiller avec une inscription grav\u00e9e. Le grille-pain noir argent\u00e9. Sa r\u00e9sistance en serpentin pour des lignes rouges et un voile de fum\u00e9e. La radio en hauteur, pour un gr\u00e9sil d\u2019informations, avec un cheval cabr\u00e9.<\/pre>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-light-gray-background-color has-background\">13082025<\/h1>\n\n\n\n<p><strong>Atelier | ah ah\u2026 Gertrude&nbsp;!<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Mais quand m\u00eame, dans son art de la suggestion, \u00e0 coup de fragments, Gertrude Stein semble tendre toute enti\u00e8re vers la litote. Finalement, son \u00e9criture est peut-\u00eatre plus fran\u00e7aise qu\u2019on ne l\u2019imagine, et tr\u00e8s classique, non&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p><strong>Claque |<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>La claque, en lisant un petit livre sur <em>L\u2019Essentiel de l\u2019\u00e9loquence<\/em> \u2014 eh oui, j\u2019apprends encore \u00e0 parler \u2014, tombant, dans un rapide tour d\u2019horizon historique en gros plans, sur cette citation de Joseph Goebbels&nbsp;: <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Nous ne voulons pas convaincre les gens de nos id\u00e9es, nous voulons r\u00e9duire le vocabulaire de telle fa\u00e7on qu&rsquo;ils ne puissent plus exprimer que nos id\u00e9es.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; PAN PAN, PAN PAN, PAN PAN \u00e0 tous, \u00e0 tous, \u00e0 tous,&nbsp;ici Will, Will, Will&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; demande assistance radicale&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Will passe sur la voie double&nbsp;<em>(d\u00e9gagement du canal de d\u00e9tresse)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <em>(sur la voix double)<\/em> PAN PAN, PAN PAN, PAN PAN,&nbsp;ici Will, Will, Will&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; l\u2019attitude x\u00b0 y&rsquo; z\u00a0\u00bb Non,&nbsp;longue \u00e9tude 1\u00b0 2&prime; 3&Prime; Soleil&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; fracture ouverte \u00e0 la t\u00eate d&rsquo;un homme des tas&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; je r\u00e9p\u00e8te&nbsp;: fracture ouverte \u00e0 la t\u00eate d&rsquo;un homme des tas&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; demande assistance radicale&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; esp\u00e8ce humaine au bord, logique du vivant compris&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Will coque de papier pliage transparent&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00e0 vous<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;On doit user de la rh\u00e9torique avec justice, comme toutes les armes.&nbsp;\u00bb (Platon)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">Pain beurre et\u2026 chocolat |<br><br>Du vent dans les feuilles. Une haie de peupliers. Un pr\u00e9, une cl\u00f4ture gagn\u00e9e par le liseron. Derri\u00e8re, de hautes herbes, des ronciers, des arbustes, o\u00f9 pullulent des insectes (on imagine). Le flottement des ombres sur le sol, des \u00e9clats de soleil. De gros nuages&nbsp;? Une danse incoh\u00e9rente de papillons bruns. La pente vers le passage \u00e0 gu\u00e9, le trou creus\u00e9. Un tuyau de po\u00eale est plant\u00e9 dedans. Un carr\u00e9 de couverture sur l\u2019herbe, motifs arabesques et quelques trous pelucheux. Une serviette avec une tranche de pain beurr\u00e9e, des copeaux de chocolat. Des taches. Un jeu de cartes, des dominos, des osselets. Un panier, une motte de beurre, une plaquette de chocolat, un couteau, une bouteille d\u2019eau, des p\u00eaches de vigne. Chants et cris d\u2019oiseaux. Un panache de fum\u00e9e blanche sort du tuyau, un petit feu d\u2019herbe s\u00e8che et de brindilles dans la terre (et il appelle). L\u2019eau ruisselle, clapote. Le chien passe en m\u00e2chouillant, s\u2019\u00e9loigne. Un des papillons, tirant sur le noir, se pose sur un grand chardon en fleur, \u00e0 hauteur d\u2019homme. Deux fois, trois, quatre, sous le soleil, ouvrir et refermer ses ailes \u00e0 pupilles bleu ciel cercl\u00e9es de noir. Sur la touffe rose, magenta, absorber du fond des apitules hirsutes le plus possible de lumi\u00e8re nectarine (on pense). Sur les carreaux de la serviette, ne restent que les taches de chocolat et de beurre visqueuses.<\/pre>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">14082025<\/h1>\n\n\n\n<p><strong>Atelier | mani\u00e9riste<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>ah\u2026 \u00ab&nbsp;la lumi\u00e8re nectarine&nbsp;\u00bb\u2026 qu\u2019est-ce qu\u2019il ne faut pas entendre&nbsp;! me voil\u00e0 en proie \u00e0 une crise de mani\u00e9risme\u2026 fignoler, c\u2019est toujours pignoler, au fond\u2026 bon, d\u2019accord, d\u00e9j\u00e0, ce petit papillon, qu\u2019est-ce qu\u2019il vient faire l\u00e0\u2026&nbsp;? il vient retourner comme un gant, de crin parce que \u00e7a me d\u00e9mangeait, le papillon en forme de merveille, ou vice-versa, qu\u2019on mangeait, et alors voil\u00e0\u2026 je cherchais une sc\u00e8ne champ\u00eatre comme un pique-nique, un quatre heures en fait, comme il y en a eu pas mal dans mon enfance, et \u00e7\u2019aurait pu \u00eatre celle du petit Marcel, j\u2019ai essay\u00e9 \u00e7a aussi, d\u2019\u00eatre aussi neutre que possible entre mon souvenir d\u2019il y a une quarantaine d\u2019ann\u00e9es et les siens une cinquantaine d\u2019autres avant \u00e7a, m\u00eame s\u2019il n\u2019a pas eu le temps de les vivre\u2026 bref, il y avait cette sc\u00e8ne fa\u00e7on pique-nique en pleine nature, un papillon de passage, rien de plus normal, le probl\u00e8me, c\u2019\u00e9tait de pouvoir retourner la merveille, la p\u00e2te dor\u00e9e, la friture, alors oui, j\u2019ai recherch\u00e9 la lumi\u00e8re dans le nectar, j\u2019ai invers\u00e9, mais en fait\u2026 la couleur m\u00eame de la fleur aurait d\u00fb suffire pour sugg\u00e9rer \u2014 ah\u2026 Gertrude&nbsp;! \u2014 la lumi\u00e8re, et le fruit employ\u00e9 comme un adjectif relatif au nectar, j\u2019ai vu l\u00e0 une corne d\u2019abondance&nbsp;? une corbeille de fruits de C\u00e9zanne&nbsp;? mais j\u2019ai surtout oubli\u00e9 le ver dans le fruit\u2026 d\u2019autant que le chardon, parfois blanc, vire au plus sombre au rose purpurin plut\u00f4t qu\u2019au rouge orang\u00e9 tirant bordeaux, c\u2019est pas tout \u00e0 fait la m\u00eame lumi\u00e8re\u2026 j\u2019ai d\u00fb rater un \u00e9tage, j\u2019ai surtout oubli\u00e9 de me retourner pour retomber sur mes pattes\u2026 <em>PAN PAN, ici Will, nouvelle demande d\u2019assistance, nouvelle t\u00eate fractur\u00e9e, coque repli\u00e9e, trou\u00e9e\u2026<\/em> bref, si j\u2019avais fait plus attention, j\u2019aurais bien vu que mon papillon brun avait moins l\u2019aspect d\u2019une merveille dor\u00e9e, peut-\u00eatre un peu cuite, que celui d\u2019une nectarine m\u00fbre, blette, fragile, trop vite gagn\u00e9e de l\u2019int\u00e9rieur par la pourriture\u2026 et trop tard maintenant, reste plus qu\u2019\u00e0 gober la chose d\u2019un trait, et sans faire de mani\u00e8re\u2026 <em>\u00e0 vous\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>(Le papillon, c\u2019est un grand n\u00e8gre des bois, dit aussi dryade. Les chardons&nbsp;: cirse des rives, cirse des champs, chardon aux \u00e2nes ou cabaret des oiseaux.)<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p><strong>Vacances |<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Si certains attendent avec impatience les vacances pour pouvoir trouver enfin le temps d\u2019\u00e9crire \u2014 tiens, que dit Barthes, d\u00e9j\u00e0, de \u00ab&nbsp;l\u2019\u00e9crivain en vacances&nbsp;\u00bb&nbsp;? \u2014, moi, j\u2019attends plut\u00f4t la rentr\u00e9e pour boucler le cycle estival de l\u2019atelier d\u2019\u00e9criture. Les vacances, \u00e7a va trop vite, je ne trouve pas vraiment le temps d\u2019\u00e9crire.<\/p>\n\n\n\n<p>Sinon, je me souviens avoir long\u00e9 la mer, sous le soleil, marcher sur le sable de l\u2019estran, regard\u00e9 les vagues moutonner une fois, deux fois, trois, s\u2019\u00e9chouer et faiblir en vaguelettes, en petites ondes d\u00e9sordonn\u00e9es, entrem\u00eal\u00e9es, et la lumi\u00e8re s\u2019enroulait, alors, dans un bouillonnement ou un fr\u00e9tillement de fr\u00eales ombres ensabl\u00e9es, comme toujours plus intense \u00e0 mesure que l\u2019eau se retirait des lignes bris\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Et je me souviens aussi des cristaux dans la grotte g\u00e9ologique, une gigantesque trame de cristaux blancs dans une mine abandonn\u00e9e de je ne sais quelle roche rouille, toute en \u00e9tranges m\u00e9andres et villosit\u00e9s scintillantes form\u00e9es par capillarit\u00e9. Stalactites et stalagmites, colonnes \u00e9normes, chambre de fant\u00f4mes, pouponni\u00e8re d\u2019\u00e9toiles. Et ces trous remplis d\u2019une eau imperturbable, aussi claire qu\u2019un miroir r\u00e9fl\u00e9chi. On est arriv\u00e9s l\u00e0, par la montagne, on s\u2019est gliss\u00e9s comme un ver dans un fruit, dans un petit train branlant et criant retenu par un c\u00e2ble, par une roue et une sorte de contre-poids montant et descendant comme un piston.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;\u00e9tait le premier jour et je me demande lequel des deux lieux \u00e9tait le plus ouvert.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">15082025<\/h1>\n\n\n\n<p><strong>Artiste |<\/strong><\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Un artiste est quelqu\u2019un qui poss\u00e8de le savoir oubli\u00e9 des pr\u00eatres sacrificateurs&nbsp;; l\u00e0 o\u00f9 les humains se contentent d\u2019\u00e9voluer dans une dimension profane, il voit du sacr\u00e9 et comprend que tout \u00e9change est symbolique&nbsp;: ce qu\u2019on prend, on doit le rendre d\u2019une certaine mani\u00e8re. Tout acte implique un sacrifice qui le fait exister au-del\u00e0 de la consommation des apparences&nbsp;; il y a un b\u00fbcher invisible qui court \u00e0 chaque instant sous nos gestes. La vraie vie consiste \u00e0 s\u2019accorder au feu qui en vient.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">(Yannick Haenel, <em>La Solitude Caravage<\/em>)<\/p>\n\n\n\n<p>Cette vision de l\u2019artiste semble contrevenir \u00e0 celle de Barthes&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Car \u00eatre artiste aujourd\u2019hui, c\u2019est l\u00e0 une situation qui n\u2019est plus soutenue par la belle conscience d\u2019une grande fonction sacr\u00e9e ou sociale&nbsp;; ce n\u2019est plus prendre place sereinement dans le Panth\u00e9on bourgeois des Phares de l\u2019Humanit\u00e9&nbsp;; c\u2019est, au moment de chaque \u0153uvre, devoir affronter en soi ces spectres de la subjectivit\u00e9 moderne, d\u00e8s lors qu\u2019on n\u2019est plus pr\u00eatre, que sont la lassitude id\u00e9ologique, la mauvaise conscience sociale, l\u2019attrait et le d\u00e9go\u00fbt de l\u2019art facile, le tremblement de la responsabilit\u00e9, l\u2019incessant scrupule qui \u00e9cart\u00e8le l\u2019artiste entre la solitude et la gr\u00e9garit\u00e9.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">(Roland Barthes, <em>\u00ab&nbsp;Cher Antonioni\u2026&nbsp;\u00bb<\/em>)<\/p>\n\n\n\n<p>Mais rien n\u2019est moins s\u00fbr. L\u2019un dans l\u2019autre, se pose la question du sacrifice, par \u00e9cart\u00e8lement. On prend, on rend&nbsp;; solitaire et gr\u00e9gaire. Et la figure du pr\u00eatre est toujours l\u00e0, en point de r\u00e9f\u00e9rence&nbsp;: qu\u2019elle brille par son absence ou se manifeste comme un fant\u00f4me, c\u2019est comme si elle vivait toujours avec l\u2019artiste.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p><strong>Marcel |<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Je parlais de toi \u00e0 un ami. Comment retrouver la tombe dans laquelle tu as \u00e9t\u00e9 inhum\u00e9&nbsp;? Il a \u00e9mis l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019un acte relatif \u00e0 l\u2019\u00c9glise au moment de l\u2019enterrement, comme un acte de bapt\u00eame apr\u00e8s la naissance. Mes nouvelles recherches m\u2019am\u00e8nent du c\u00f4t\u00e9 des actes de s\u00e9pulture, indiquant le lieu d\u2019inhumation. Malheureusement, ils concernent surtout les actes paroissiaux d\u2019Ancien R\u00e9gime. Mais avec le Concordat entre l\u2019\u00c9tat fran\u00e7ais et le Pape, en 1801, les actes religieux sont \u00e0 nouveau autoris\u00e9s, en parall\u00e8le des actes d\u2019\u00e9tat civil. Alors, est-ce qu\u2019il y a un environ si\u00e8cle tu as eu droit \u00e0 un acte de s\u00e9pulture, scrupuleusement rempli&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">16082025<\/h1>\n\n\n\n<p><strong>Atelier |<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Fragments de nature construits \u00e0 main d\u2019homme, jusqu\u2019aux composantes voulues d\u2019apparence contraire (les parties volontairement sauvages, les berges, les enclos sans contr\u00f4le de v\u00e9g\u00e9tation), qui seraient une constante urbaine. \/ \u00c0 quelle distance. En mouvement ou fixe. Couleurs ou gris. R\u00e9currences, attentes, saisies au vol. Et la m\u00e9moire, et l\u2019intention. On guette, o\u00f9 on cherche la r\u00e9manence de ce qui s\u2019est inscrit dans la p\u00e9riph\u00e9rie r\u00e9tinienne.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">17082025<\/h1>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;\u2026 s\u2019il existe quelque chose qui n\u2019est pas asservi en ce monde, m\u00eame aujourd\u2019hui, c\u2019est une certaine mani\u00e8re de vivre l\u2019exigence de l\u2019art&nbsp;: l\u2019exp\u00e9rience po\u00e9tique est la seule qui \u00e9chappe \u00e0 l\u2019organisation de la servilit\u00e9. La libert\u00e9 est partout offerte, mais seuls en usent avec souverainet\u00e9 ceux qui ont tu\u00e9 en eux la servitude\u2026&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">(Yannick Haenel, <em>La Solitude Caravage<\/em>)<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p><strong>Anniversaire |<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Eh oui, cinquante ans, \u00e7a se f\u00eate parfois, et parfois tout le week-end. Il faisait beau, tr\u00e8s chaud, on est rest\u00e9 dehors, dans le parc sous les arbres et au bord de la piscine. Musique en continu. On passera les d\u00e9tails du buffet ap\u00e9ritif, du repas dans l\u2019apr\u00e8s-midi, des jeux d\u2019eau jusqu\u2019en d\u00e9but de soir\u00e9e, ceux qui partent, et ceux qui restent manger, \u00e0 discuter jusque dans la nuit, enfin au frais. Rien que de tr\u00e8s commun, du pineau sauternis\u00e9 fant\u00f4me et jambon adipeux \u00e0 la coupe au <em>paquito<\/em> \u00e0 culs de poussi\u00e8re serr\u00e9s post-fraisier, de la lingerie sale de famille, histoire de, \u00e0 la balle perdue de tonton flingueur des piscines, dans l\u2019\u0153il, et ronflements de pied d\u2019arbre et chapeau de paille. Petite playlist de morceaux idiots oblige. \u2014 Non. Peut-\u00eatre pas l\u2019essentiel, pour moi, mais le plus significatif&nbsp;: l\u2019eau, quand on se retrouve dessous, en apesanteur, bruits et voix assourdis&nbsp;; le chien noir, tout boucl\u00e9, s\u2019approchant avec m\u00e9fiance, mais se laissant caresser avec plaisir&nbsp;; les arbres, un petit fait de nombreuses essences, figuier, ch\u00eane, vinaigrier, bouleau, peuplier\u2026 les lauriers formant comme une caverne v\u00e9g\u00e9tale, le coin de bambous tr\u00e8s dense, on n\u2019y voit rien \u00e0 travers, et ce grand sapin aux branches tr\u00e8s basses, formant un espace vide autour du tronc o\u00f9 se trouvait un essieu de charrette \u2014 et au-del\u00e0 quelques visages, des corps, et peut-\u00eatre toujours une m\u00eame pr\u00e9sence, en fait, mais au pluriel, avec ces lignes, ces traits, ces expressions uniques, \u00e9trangement famili\u00e8res, qui nous font signe dans l\u2019espace d\u2019un instant mais qu\u2019on ne reconna\u00eet qu\u2019apr\u00e8s-coup, trop tard, sans bien savoir s\u2019il s\u2019agit d\u2019un souvenir ou d\u2019un r\u00eave.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div id=\"poussi\u00e8res\" class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h1 class=\"wp-block-heading has-light-gray-background-color has-background\">18082025 | poussi\u00e8res<\/h1>\n\n\n\n<p>Je fais partie de ces gens qui attendent que le film, un film de cin\u00e9ma, surtout un classique, plut\u00f4t un grand, passe \u00e0 la t\u00e9l\u00e9, sur une cha\u00eene gratuite, pour le regarder, alors que je pourrais le t\u00e9l\u00e9charger en un instant, toujours gratuitement. Qu\u2019est-ce que \u00e7a signifie&nbsp;? En tout cas, j\u2019ai eu grand plaisir \u00e0 revoir <em>Paris, Texas<\/em>. Surtout la sc\u00e8ne de la cabine, \u00e0 la fin, avec cette ma\u00eetrise de la lumi\u00e8re \u00e0 travers une vitre, ce jeu de miroir et de transparence des voix, des histoires. Et le visage de l\u2019un qui se superpose \u00e0 celui de l\u2019autre, mani\u00e8re de dire <em>Je n\u2019existe qu\u2019\u00e0 travers toi<\/em>. Et ce d\u00e9but avec ce personnage dont on ne sait rien, sinon qu\u2019il marche au milieu du d\u00e9sert, et que certainement il arrive ou il revient.<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">et c\u2019est \u00e7a en somme, comme un <em>je vais et je viens entre terrains<\/em>, \u00e7a serait \u00e7a un paysage digne de ce nom, qui dit tout ce qu\u2019en lui il y a d\u2019arri\u00e8re-pays d\u00e9sirable en nous, entre monde englouti et terre promise, o\u00f9 tu vas, o\u00f9 tu viens<br><br>un escalier, un coteau, un couloir, un chemin, le m\u00eame qu\u2019hier, celui de demain, \u00e0 pied, en voiture, en train parfois, en route, en marche, en avant<br><br>de ces paysages auxquels tu fais plus attention, mais tu les parcours de long en large, hier comme demain, sans les voir vraiment<br><br>comme invisibles entre les murs et sur les routes, d\u2019un bois, d\u2019une plaine, \u00e0 un village ou un bourg, de sa table de travail toujours en marche \u00e0 travers nos d\u00e9cors suburbains, des zones, m\u00eame les plus rurales, m\u00eame les plus isol\u00e9es, si sauvages semblent-elles, mais toujours \u00e9l\u00e9mentaires, quotidiennes, banales, simples comme bonjour, <em>a priori<\/em><br><br>et va savoir pourquoi, quand m\u00eame, un jour, un moment donn\u00e9, par une certaine conjonction d\u2019on ne sait quels astres, preuve que si t\u2019y vois rien tu peux encore ressentir la chose, et l\u00e0 t\u2019arr\u00eater, l\u00e0, et regarder, observer devant toi, autour, l\u00e0-bas, contempler peut-\u00eatre, comme s\u2019il y avait l\u00e0 quelque chose sortant de l\u2019ordinaire, quelque chose \u00e0 d\u00e9tecter, et alors le paysage apparemment si familier n\u2019est plus, n\u2019est pas ce qu\u2019il est, en fait<br><br>quelque chose \u00e0 pister, c\u2019est \u00e7a et une nouvelle piste \u00e0 m\u00e9moriser, reconfigurant tout le paysage, une nouvelle piste \u00e0 emprunter, dans l\u2019espace de l\u2019instant du moins, ou inversement, dans l\u2019instant de cet accroc infamilier alors qu\u2019il y a rien de plus, en v\u00e9rit\u00e9, que d\u2019habitude, rien de plus, sauf cette conjonction, sauf cette apparence, illusion, oasis du d\u00e9sert<br><br>tu vois ce que je veux dire<\/pre>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-light-gray-background-color has-background\">19082025<\/h1>\n\n\n\n<p><strong>Atelier | \u00e0 vide<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Non. Il faut bien l\u2019avouer, \u00e7a ne fonctionne pas. Je me suis encore laiss\u00e9 embarquer par cette voix qui, sous pr\u00e9texte de relever du personnage qui ne dit pas son nom, se croit libre de dire tout ce qu\u2019elle veut et aura toujours raison, moins pour ce qu\u2019elle dit que parce qu\u2019elle le dit, mais l\u00e0\u2026 non. Je crois m\u00eame qu\u2019elle ne dit rien d\u2019autre que ce qu\u2019a \u00e9crit Suzanne Doppelt dans <em>Et tout soudain rien<\/em>&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Chacun compte, ces menus \u00e9l\u00e9ments isol\u00e9s de l\u2019ensemble, un fragment plus le suivant qui produit un arrangement d\u00e9tonnant, d\u2019une importance capitale les petites choses, rien de plus grand que le d\u00e9tail, l\u2019axiome d\u2019un bon limier, regarder se fait toujours par un bout qui r\u00e9duit le tout, il faut coller son \u0153il ce qui fait de si belles illusions.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>(Voire quelque chose de Yannick Haenel au sujet de \u00ab&nbsp;certains arcanes de la peinture, o\u00f9 \u00e0 l\u2019insu des spectateurs, et d\u2019une mani\u00e8re aussi secr\u00e8te qu\u2019impr\u00e9visible, s\u2019engagent peut-\u00eatre des dialogues entre les tableaux, des \u00e9changes murmurants de couleurs, des reprises m\u00e9ditatives, des passations de d\u00e9tails qui, en formant une communaut\u00e9 int\u00e9rieure des \u0153uvres, racontent une autre histoire que celle que nous avons sous les yeux.&nbsp;\u00bb)<\/p>\n\n\n\n<p>En fait, je tourne autour du pot des premiers textes. Il faudrait entrer dedans maintenant. Ou le jeter et le briser. Passer du r\u00e9cit d\u2019origine \u00e0 l\u2019esp\u00e8ce de voix en constitue une premi\u00e8re \u00e9tape, le jet m\u00eame. Vivement la chute qu\u2019on d\u00e9couvre la carcasse&nbsp;! qu\u2019on lui rentre dans le lard&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">tu sais, quand tu ressors et refais le m\u00eame parcours qu\u2019hier, le m\u00eame que demain, peut-\u00eatre en sens inverse, ou avec une boucle de plus que t\u2019as plus reprise depuis longtemps, histoire de parce que tu te sens en feu, pour une fois, mais grosso modo, c\u2019est la m\u00eame sortie, le m\u00eame tour, la m\u00eame poussi\u00e8re, les m\u00eames cailloux, le m\u00eame chemin d\u00e9rob\u00e9, la m\u00eame mauvaise herbe, les m\u00eames fleurs sauvages, le m\u00eame vent emportant des bruits, des cris, un chant, et toujours les m\u00eames ciels, les m\u00eames lumi\u00e8res et quoi derri\u00e8re<\/pre>\n\n\n\n<p>Et basta&nbsp;! \u00c7a veut pas. Passons.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce ne sont pas les vues paysag\u00e8res qui manquent dans les textes. On ira piocher ce qu\u2019on veut, on imaginera ce qu\u2019on peut au besoin.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est dommage, j\u2019avais en t\u00eate le <em>Projet Blair Witch<\/em>, quand le groupe, croyant avancer, retombe sur le m\u00eame endroit o\u00f9 ils ont bivouaqu\u00e9. D\u00e9but d\u2019une errance qui les emportera toujours plus loin dans le paysage de leurs peurs. \u2014 Et je pensais aussi \u00e0 l\u2019odyss\u00e9e <em>2001<\/em>, au monolithe noir apparu dans la nuit, avec le lever du soleil. Un monolithe en forme de porte, une entr\u00e9e, un trou dans le jour aussi dense que les trous noirs, qui ne sont pas des trous mais la mati\u00e8re m\u00eame, qui attire, trouble, effraie, fascine. Et ce monolithe, cette nuit immuable au c\u0153ur du jour, je le voyais dans ces t\u00e9l\u00e9phones qu\u2019on sort de la poche, qu\u2019on dresse devant soi pour une photo. Un photophone pour saisir le jour, l\u2019espace d\u2019un instant, immuable. Et retour dans la poche, l\u2019\u00e9cran noir, qui fait son poids. C\u2019est \u00e9tonnant \u00e7a, on s\u2019habitue, mais quand on prend le temps de peser la chose, \u00e7a p\u00e8se cette chose, mine de rien. Et puis apr\u00e8s, on le ressort de la poche, on le rallume, on retrouve la photo, l\u2019instant, l\u2019espace\u2026 et non, ce n\u2019est pas ce qu\u2019on a encore en t\u00eate. Ce n\u2019est pas ce qu\u2019on a vu. Le soleil n\u2019\u00e9tait pas si brillant, c\u2019\u00e9tait un vrai disque orange. Le ciel n\u2019\u00e9tait pas si rose. Et o\u00f9 sont les vagues que faisait la couverture nuageuse qui montait&nbsp;? Ce n\u2019est pas ce qu\u2019on avait en t\u00eate, mais c\u2019est bien ce qui restera, ce dont on finira par se souvenir, parce qu\u2019on n\u2019aura rien d\u2019autre pour se souvenir quand on aura trop vite oubli\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>(\u2014 et tu nous ferais pas une petite d\u00e9prime aussi&nbsp;? \u2014 c\u2019est vrai, ils l\u2019ont bien senti \u00e0 la maison, que tu fais un peu la t\u00eate, t\u2019as l\u2019air ailleurs \u2014 t\u2019es m\u00eame un peu irritable \u2014 et irritant du coup \u2014 c\u2019est quoi qui te travailles&nbsp;? \u2014 c\u2019est le mois d\u2019ao\u00fbt, \u00e7a pue septembre et cette fichue rentr\u00e9e dont on nous rebat d\u00e9j\u00e0 les oreilles \u2014 moi je dis que c\u2019est parce que la lumi\u00e8re d\u00e9cline, en ao\u00fbt on le voit vite le soir, que c\u2019est plus court \u2014 moi je dis que c\u2019est la flemme \u2014 oubliez pas l\u2019atelier, regardez, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 fini&nbsp;! \u2014 ouais, et il est bien \u00e0 la tra\u00eene, c\u2019est \u00e0 se demander s\u2019il va trouver le temps de boucler l\u2019affaire \u2014 ben c\u2019est \u00e7a le probl\u00e8me, pas assez de temps \u2014 surtout si \u00e7a coince, apr\u00e8s il reste l\u00e0 devant l\u2019\u00e9cran, \u00e0 attendre que \u00e7a vienne \u2014 comme si \u00e7a s\u2019\u00e9crivait tout seul \u2014 ben si, un peu, quand \u00e7a vient \u00e7a s\u2019\u00e9crit tout seul en fait, mais l\u00e0, le coup du paysage et du tremblement de terre pour le ravager \u2014 tout seul, c\u2019est bien un truc de flemmard \u2014 c\u2019est vrai quand m\u00eame que cette rentr\u00e9e \u2014 on rentre, on rentre, mais dans quoi \u2014 ah, les saisons petites-bourgeoises, passablement pu\u00e9riles, <em>Allez\u2026 on rentre\u2026&nbsp;!<\/em> c\u2019\u00e9tait la r\u00e9cr\u00e9&nbsp;? \u2014 et puis les coll\u00e8gues qui lui envoient un petit sketch se moquant de la formation team building qui les attend, c\u2019est sympa, mais \u00e7a te met dans l\u2019ambiance boulot \u2014je crois que \u00e7a lui a mis un petit coup \u2014 l\u2019ambiance de tire-au-flanc \u2014 aujourd\u2019hui c\u2019est vrai que c\u2019\u00e9tait pas la joie \u2014 tu crois que c\u2019est \u00e7a qui l\u2019emp\u00eache d\u2019\u00e9crire, ou c\u2019est l\u2019inverse et \u00e7a arrange rien&nbsp;? \u2014 ah, les cycles d\u2019\u00e9criture \u2014 comment il disait l\u2019autre d\u00e9j\u00e0&nbsp;? le roi vient quand il veut&nbsp;? \u2014 un fain\u00e9ant quoi&nbsp;! \u2014 eh, vous savez que dans <em>Dark Shadows<\/em>, \u00e0 un moment la r\u00e9plique c\u2019est Ouaf&nbsp;! et y en a pas beaucoup comme \u00e7a, au cin\u00e9ma, des r\u00e9pliques avec Ouaf&nbsp;! \u2014 ouais, c\u2019est \u00e0 propos d\u2019un loup-garou, je me souviens \u2014 ben il arrive d\u2019o\u00f9 lui&nbsp;? t\u2019\u00e9tais encore barr\u00e9, c\u2019est \u00e7a&nbsp;? \u2014 ben voil\u00e0 ce qu\u2019il devrait faire quand \u00e7a va pas, non&nbsp;? se barrer, d\u00e9taler vite fait, courir \u00e0 toute berzingue, d\u00e9rouler le paysage sous ses pieds, \u00e0 faire trembler la terre \u2014 Ouaf&nbsp;!)<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-light-gray-background-color has-background\">20082025<\/h1>\n\n\n\n<p><strong>Lampyre |<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai beau sortir le soir et les chercher dans le jardin, je n\u2019aper\u00e7ois plus de vers luisants. Ils doivent pourtant \u00eatre encore l\u00e0, sous l\u2019herbe s\u00e8che, dans la terre peut-\u00eatre. Mais ils n\u2019\u00e9mettent plus de lumi\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p><strong>Atelier | de paille<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Je lis Andr\u00e9 Markowicz, sur son mur FB, qui relis William Shakespeare, <em>Hamlet<\/em> (IV, 4), et tombe sur cette phrase&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Un homme \/ Est vraiment grand non pas quand il s&rsquo;\u00e9meut \/ Sans grand sujet, mais trouve avec grandeur \/ De quoi lutter dans un f\u00e9tu de paille \/ Si l&rsquo;honneur est en jeu.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Pour Markowicz, c\u2019est une fa\u00e7on de commenter l\u2019actualit\u00e9 internationale, singuli\u00e8rement \u00ab&nbsp;le sommet Poutine-Poutine&nbsp;\u00bb qui a eu lieu en Alaska \u2014 dont l\u2019issue rel\u00e8ve de ce qui suit&nbsp;: <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Et moi, ici, \/ Dont la m\u00e8re est salie, le p\u00e8re tu\u00e9, \/ Autant de cris de l&rsquo;esprit et du sang, \/ Je laisse tout dormir, quand, pour ma honte, \/ Je vois que vingt mille hommes vont mourir \/ Pour une fantaisie, un jeu de gloire, \/ Qu&rsquo;ils vont comme \u00e0 leur lit jusqu&rsquo;\u00e0 leur tombe \/ Et luttent pour une aire o\u00f9 la plupart \/ Sont \u00e0 l&rsquo;\u00e9troit pour plaider leur querelle \/ Et n&rsquo;auront pas l&rsquo;espace d&rsquo;un s\u00e9pulcre.&nbsp;\u00bb <\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Mais on peut prendre au mot Shakespeare. En cette saison, les f\u00e9tus de paille ne manquent pas autour de la maison, dans le paysage. Et les fourmis au travail qui les traversent non plus. \u00c0 chacun ses luttes.<\/p>\n\n\n\n<p>(En lisant Emma, Fran\u00e7oise R., Juliette D., Catherine S., Christophe T. En fait, j\u2019ai beau multiplier les lectures, les points de vue, rien. \u2014 Sinon que j\u2019aime bien la fa\u00e7on, discr\u00e8te, dont Christophe retourne \u00ab&nbsp;la r\u00e9manence de ce qui s\u2019est inscrit dans la p\u00e9riph\u00e9rie r\u00e9tinienne&nbsp;\u00bb sur la langue, sur un mot, sur \u00ab&nbsp;<em>le pronom d\u00e9fini cible<\/em>&nbsp;\u00bb.)<\/p>\n\n\n\n<p>((Je sais bien que le travail d\u2019\u00e9criture, \u00e7a se situe au niveau des mots et des phrases, dans la perspective du r\u00e9el, quand on ne les a pas. Je sens bien que ce travail, ou le premier travail, c\u2019est de les retrouver, de les r\u00e9cup\u00e9rer, avant de machiner dans un sens ou dans l\u2019autre. J\u2019imagine m\u00eame qu\u2019il s\u2019agit, avant tout, de travailler \u00e0 une m\u00e9thode, parmi les mille et une possibles, bien que tir\u00e9es de rien, sinon de cette perspective qui n\u2019existe pourtant pas sans elle.))<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">en fait, t\u2019es en gros plan sur le chemin, et ce que tu dois voir c\u2019est la poussi\u00e8re qui vole, mais pas tout \u00e0 fait, pas au d\u00e9but, tu vois d\u2019abord d\u2019o\u00f9 elle vient cette poussi\u00e8re, tu vois d\u2019o\u00f9 elle sort, et tu l\u2019entends m\u00eame, tu l\u2019entends monter d\u2019une certaine mani\u00e8re<br><br>en fait, au d\u00e9but, le gros plan c\u2019est juste un chemin, tu le vois d\u00e9filer, le chemin, les cailloux blancs, la ligne d\u2019herbe sauvage derri\u00e8re, une fleur blanche, une fleur rose, des petites bleues, tout \u00e7a en passant, et tu devines la campagne derri\u00e8re, dans le fond, dans le flou<br><br>en fait c\u2019est \u00e7a, un gros plan sur le chemin blanc, fa\u00e7on travelling, le chemin et les petits cailloux d\u00e9filent, mais c\u2019est toujours une grande ligne blanche, en bas, une ligne d\u2019herbe verte, plus fine et d\u00e9sordonn\u00e9e, avec ses touches de blanc, rose, des bleus, en passant, et au-dessus le paysage flou de la campagne, tu vois ce que tu veux, le blond des bl\u00e9s, la trame d\u2019un vignoble, la ligne noire d\u2019une haie, et toujours le bleu du ciel, bleu ou orange, ou les deux<br><br>en fait, c\u2019est juste le d\u00e9but du gros plan, en travelling, t\u2019as le nez sur le chemin presque, comme un chien suivrait sa piste, et d\u2019ailleurs tu suis quelqu\u2019un, tu suis quelqu\u2019un qui marche dans le chemin, tu le vois pas, mais t\u2019entends ses pas, t\u2019entends sa foul\u00e9e, les cailloux qui roulent, qui cr\u00e9pitent, t\u2019entends sa marche r\u00e9guli\u00e8re, tr\u00e8s, trop, c\u2019est comme si on passait en boucle cette marche, avec cette m\u00eame glissade, ce m\u00eame petit d\u00e9rapage qui revient<br><br>en fait, c\u2019est \u00e7a, tu suis \u00e0 la trace, si tu veux, quelqu\u2019un qui marche sur un chemin blanc, tu vois le vois, mais t\u2019entends bien son pas, assez pr\u00e8s, et m\u00eame de plus en plus, c\u2019est plus fort, surtout le d\u00e9rapage, \u00e7a craque sous la semelle, tu te rapproches<br><br>en fait c\u2019est \u00e7a, c\u2019est \u00e0 ce moment-l\u00e0, la poussi\u00e8re, quand tu te rapproches, apr\u00e8s les petites fleurs bleues dans le liser\u00e9 des herbes sauvages, des petits cailloux viennent de sauter et la poussi\u00e8re appara\u00eet, un petit nuage<br><br>en fait c\u2019est \u00e7a, en gros plan, l\u2019apparition de la poussi\u00e8re, les toutes petites fleurs bleues, les cailloux qui volent par-dessus la ligne noire et floue, des m\u00e9t\u00e9orites inattendues dans le ciel largement orang\u00e9, embras\u00e9, et un petit nuage de poussi\u00e8re, avec cette marche rapide, d\u2019un pas un peu lourd<br><br>en fait voil\u00e0, tu vas finir par voir appara\u00eetre les talons du marcheur, t\u2019es tout pr\u00eat, t\u2019as le nez presque coll\u00e9 \u00e0 ses baskets, c\u2019est le petit nuage qui grossit qui te le dis, le petit nuage de poussi\u00e8re qui se r\u00e9pand, des cailloux volent, fissurent le paysage, le ciel en feu, et la poussi\u00e8re vole, le nuage emplit le ciel, la paysage, se confond avec le chemin<br><br>en fait c\u2019est \u00e7a, au moment o\u00f9 on va apercevoir le marcheur, au moment o\u00f9 on imagine voir d\u2019abord ses baskets, ses tennis, ou pourquoi pas des mocassins, et bient\u00f4t on le verra de pied en cap en d\u00e9zoomant, ou d\u2019un seul coup par changement de plan, comme dans un film et tout redeviendrait clair, la marche, le chemin, sa ligne dans la campagne, le c\u00f4t\u00e9 d\u00e9sertique de l\u2019ensemble, sous le soleil couchant, et on aurait peut-\u00eatre pu voir l\u00e0 comme un guerrier sortant de terre, et puis non, on se retrouve avec une image en filigrane, en cro\u00fbte de sel, comme si au contraire le gros plan s\u2019accentuait au c\u0153ur de la poussi\u00e8re pour en filmer l\u2019impossible grain et sa densit\u00e9, sa masse<br><br>en fait, \u00e7a commence comme \u00e7a, au c\u0153ur de la poussi\u00e8re, si possible, o\u00f9 tu vois pas mais t\u2019entends tout, quelqu\u2019un en marche, l\u00e0, tout pr\u00e8s, tout \u00e0 c\u00f4t\u00e9, et tu restes toujours l\u00e0, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ses pompes, le nez dans la poussi\u00e8re, dans un paysage, un cr\u00e9puscule cro\u00fbte de sel, qui se d\u00e9fait, en fait<\/pre>\n\n\n\n<p>(((Ce vieux refrain du groupe El\u00e9gance, 1982&nbsp;: \u00ab&nbsp;Vacances j&rsquo;oublie tout \/ Plus rien \u00e0 faire du tout&nbsp;\u00bb \u2014 J\u2019aurais aim\u00e9 pouvoir citer la suite, mais ce serait un contresens.)))<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p>mme plus tard, avec deux platines, m\u2019offrant pour ma communion solennelle sa premi\u00e8re platine, que je remets doucement en service pour les vinyles du fils \u2014, un diamant Tonar DN 201 \u00e0 la place de l\u2019Audio Technica qui a d\u00e9j\u00e0 remplac\u00e9 le diamant d\u2019origine, sur la cellule Dual DMS 200. Pour cela, quelques tutos sur YouTube pour savoir comment \u00f4ter la pointe de lecture, quelques questions au Chat pour savoir comment bien nettoyer les parties m\u00e9talliques de la cellule et bornes de contact \u00e9lectrique, cotons tiges, une vieille tasse \u00e0 caf\u00e9, acide chlorhydrique dilu\u00e9 (j\u2019y vais un peu fort), alcool isopropylique (l\u2019alcool 70 des armoires \u00e0 pharmacie), eau savonneuse (pour les parties en plastique). \u00d4ter la cellule du bras de lecture (\u00e0 l\u2019aide de sa petite poign\u00e9e qui sert aussi de manette, merci les tutos), retirer la pointe de lecture, frotter avec les cotons tiges (une bonne dizaine, c\u2019est bien trop&nbsp;; et \u00e0 chaque partie sa substance), laisser s\u00e9cher et souffler au besoin (sans cracher), placer la nouvelle pointe de lecture, fixer la cellule sur le bras de lecture. Voil\u00e0. Il n\u2019y a plus qu\u2019\u00e0 essayer.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">21082025<\/h1>\n\n\n\n<p><strong>Atelier | en vain<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Voil\u00e0. C\u2019est fait. La montagne a accouch\u00e9 de la souris. Une souris mutante. Elle est loin de ressembler \u00e0 ce qu\u2019on attendait. D\u2019ailleurs, on n\u2019attendait plus grand-chose. R\u00e9sultat, je crois bien que le verso se fond dans le recto. Il faut dire que la corde \u00e9tait tendue. Pas \u00e9tonnant que \u00e7a sonne faux, mais enfin l\u2019air est l\u00e0. Et je respire un peu mieux.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p><strong>Bricolo |<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dans la s\u00e9rie, aujourd\u2019hui, le remplacement du diamant de la platine Dual 1214 \u2014 il para\u00eet que c\u2019est le bas de gamme dans le genre, il y a cinquante ans, le haut c\u2019\u00e9tait la 1219&nbsp;; le tonton, jeune m\u00e9cano, aura pas eu les moyens&nbsp;; il montera en gamme plus tard, avec deux platines, m\u2019offrant pour ma communion solennelle sa premi\u00e8re platine, que je remets doucement en service pour les vinyles du fils \u2014, un diamant Tonar DN 201 \u00e0 la place de l\u2019Audio Technica qui a d\u00e9j\u00e0 remplac\u00e9 le diamant d\u2019origine, sur la cellule Dual DMS 200. Pour cela, quelques tutos sur YouTube pour savoir comment \u00f4ter la pointe de lecture, quelques questions au Chat pour savoir comment bien nettoyer les parties m\u00e9talliques de la cellule et bornes de contact \u00e9lectrique, cotons tiges, une vieille tasse \u00e0 caf\u00e9, acide chlorhydrique dilu\u00e9 (j\u2019y vais un peu fort), alcool isopropylique (l\u2019alcool 70 des armoires \u00e0 pharmacie), eau savonneuse (pour les parties en plastique). \u00d4ter la cellule du bras de lecture (\u00e0 l\u2019aide de sa petite poign\u00e9e qui sert aussi de manette, merci les tutos), retirer la pointe de lecture, frotter avec les cotons tiges (une bonne dizaine, c\u2019est bien trop&nbsp;; et \u00e0 chaque partie sa substance), laisser s\u00e9cher et souffler au besoin (sans cracher), placer la nouvelle pointe de lecture, fixer la cellule sur le bras de lecture. Voil\u00e0. Il n\u2019y a plus qu\u2019\u00e0 essayer.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">22082025<\/h1>\n\n\n\n<p>(Et en plus, \u00e7a fonctionne.)<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;je suis guett\u00e9 par un mouvement qui abandonne mes phrases en m\u00eame temps qu\u2019il les appelle&nbsp;: elles semblent partir dans des directions qui m\u2019\u00e9chappent, et je ne les reconnais pas toujours&nbsp;; mais je les laisse faire, car il me vient avec elles l\u2019esp\u00e9rance qu\u2019en se perdant elles parviennent \u00e0 s\u2019\u00e9clairer d\u2019une lumi\u00e8re qui n\u2019est pas seulement raisonnable, \u00e0 glisser vers je ne sais quoi de plus ouvert que leur sens, \u00e0 entrer dans un pays plus inconnu encore que la po\u00e9sie, o\u00f9 la v\u00e9rit\u00e9 fait des apparitions \u00e9tranges, comme s\u2019il existait encore autre chose que la nuit et le jour, un temps qui \u00e9chappe \u00e0 leur contradiction, qui n\u2019a rien \u00e0 voir avec leur succession, qui d\u00e9fait le visible en m\u00eame temps que l\u2019invisible&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">(Yannick Haenel, <em>La Solitude Caravage<\/em>)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p><strong>Bordeaux |<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pour entrer en ville, facile, mais pour en sortir, bouchons obligatoires et renforts de sir\u00e8nes. Et des travaux&nbsp;: la ville en vaisseau Argo.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour un rendez-vous ophtalmologique de s\u00e9rie Point Vision. Mais d\u2019abord, Skiacol, la substance qui dilate la pupille, \u00e9blouit pour le reste de la journ\u00e9e, et c\u2019est pire la nuit avec les lumi\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p>Ici, un petit point vert au fond de l\u2019\u0153illeton noir. L\u00e0, comme une fleur \u00e0 cinq ou six p\u00e9tales orange. L\u00e0, un flash lumineux et les corps flottants qui surnagent. L\u00e0 encore, le rayon vertical blanc balayant le fond de l\u2019\u0153il. Et la gueule noire de cet appareil, un air d\u2019Arlequin moqueur.<\/p>\n\n\n\n<p>Entre deux rendez-vous \u2014 ah, le rendez-vous surprise, les tests \u00e0 refaire, pupille dilat\u00e9e \u2014, aller Ik\u00e9a (biblioth\u00e8que et miroir), retour Fnac (rayon musique) et Galeries (plus utiles les boxers).<\/p>\n\n\n\n<p>Le tout jeune ophtalmo, gaul\u00e9 comme un nageur, sap\u00e9 pour un brunch, pour un peu gomin\u00e9. Le seul de l\u2019\u00e9quipe sans blouse. Un dessin&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">24082025<\/h1>\n\n\n\n<p><strong>Anniversaire | hier<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Et gueule de bois. Pas \u00e0 cause de l\u2019alcool. Mais l\u2019\u0153il tir\u00e9 par la fatigue d\u2019un sommeil attard\u00e9, d\u2019un r\u00e9veil matinal. Et cette naus\u00e9e, cette remont\u00e9e du fond de l\u2019estomac o\u00f9 restent agglutin\u00e9s je ne sais quels lambeaux de chair de porc putrides.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai pris quelques photos du site, la nuit. Les lumi\u00e8res orang\u00e9es des projecteurs en pleine figure, j\u2019ai r\u00e9duit au maximum la luminosit\u00e9 du photophone. J\u2019ai ainsi retrouv\u00e9, \u00e0 peu pr\u00e8s, les couleurs de la guirlande \u00e9lectrique multicolore. Je me suis post\u00e9 sur l\u2019ilot de la rivi\u00e8re \u00e0 sec, au milieu des arbres. En plein jour, on ne m\u2019aurait pas facilement vu. Mais l\u00e0, en pleine nuit, sous le feu des projecteurs, j\u2019\u00e9tais aussi d\u00e9couvert qu\u2019un prisonnier vis\u00e9 par le mirador, surpris dans son \u00e9vasion.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p><strong>Bricolo |<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Supprimez les objets et leurs termes techniques, vous avez les gestes courants, dans une certaine langue, qui ont peut-\u00eatre travers\u00e9 le temps. Ne conservez que les objets, leurs appellations techniques, surtout sous l\u2019esp\u00e8ce de sigles, ils sont communs \u00e0 toutes les langues, mais s\u2019inscrivent \u00e0 un moment donn\u00e9 de l\u2019histoire.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s <em>Paris, Texas<\/em>, de Wim Wenders, <em>Anselm<\/em>, sur et avec Anselm Kiefer. O\u00f9 il est question du n\u00e9ant qui nous traverse, et d\u2019humour noir&nbsp;: \u00ab&nbsp;L\u2019insoutenable l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 de l\u2019\u00eatre\u2026 L\u2019\u00eatre fait partie int\u00e9grante du n\u00e9ant. On peut dire aussi que le n\u00e9ant fait partie de l\u2019\u00eatre. Ils sont li\u00e9s, c\u2019est une simultan\u00e9it\u00e9, pas une chronologie. \u00c7a console, car si on a de grands projets, on sait que l\u2019\u00e9chec en fait d\u00e9j\u00e0 partie.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>(Je me demande si Kiefer a lu <em>L\u2019\u00c9chec<\/em> de Claro.)<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p><strong>Atelier | \u00e0 d\u00e9couvert<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Des quelques photos de la f\u00eate au dernier texte\u2026 Disons qu\u2019il n\u2019y a qu\u2019un pas de c\u00f4t\u00e9. En fait, sur la photo o\u00f9 je ne suis pas, je me suis mis \u00e0 l\u2019\u00e9cart, sur cet ilot du lieu-dit L\u2019\u00cele Verte. Et j\u2019ai ainsi reproduit ce que je fais syst\u00e9matiquement lors de grandes f\u00eates r\u00e9unissant du monde \u2014 voire, d\u2019une certaine fa\u00e7on, le monde m\u00eame, le monde entier&nbsp;: il y a toujours un moment o\u00f9 je ne tiens plus&nbsp;: il faut s\u2019\u00e9clipser. Et voil\u00e0, mes photos, c\u2019\u00e9tait \u00e7a, un pr\u00e9texte pour s\u2019\u00e9clipser.<\/p>\n\n\n\n<p>Maintenant, quel rapport avec le dernier texte&nbsp;? Eh bien pr\u00e9cis\u00e9ment ceci, qui m\u2019a rendu assez irritable&nbsp;: que d\u2019une part, ne parvenant pas \u00e0 suivre la consigne, pourtant pas des plus difficiles a priori, le texte s\u2019est d\u00e9ploy\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9cart du proc\u00e9d\u00e9 propos\u00e9&nbsp;; et d\u2019autre part, en emboitant le pas du tout premier texte, d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l\u2019\u00e9cart de la consigne initiale, je me suis retrouv\u00e9 \u00e0 suivre un marcheur disant d\u2019autant moins son nom qu\u2019on ne l\u2019aper\u00e7oit pas, on n\u2019entend seulement sa foul\u00e9e, sa course, \u00e0 c\u00f4t\u00e9. Et alors c\u2019est quoi cette course, quand \u00e7a part <em>en<\/em> <em>live<\/em> et pour l\u2019\u00e9criture, et pour le personnage&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">25082025<\/h1>\n\n\n\n<p><strong>N\u00e9ant | br\u00e8che | passage | lumi\u00e8re<\/strong><\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; il faut en passer par de la litt\u00e9rature&nbsp;: elle seule, aujourd\u2019hui que l\u2019ensemble des savoirs s\u2019est rendu disponible \u00e0 travers l\u2019instantan\u00e9it\u00e9 d\u2019un r\u00e9seau plan\u00e9taire qui \u00e9galise tous les discours et les r\u00e9duit \u00e0 d\u00e9ferler sous la forme d\u2019une communication d\u00e9vitalis\u00e9e, se concentre sur la possibilit\u00e9 de sa solitude&nbsp;; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; elle seule, par l\u2019attention qu\u2019elle ne cesse de d\u00e9velopper \u00e0 l\u2019\u00e9gard de ce qui rend si difficile l\u2019usage du langage, donne sur l\u2019ab\u00eeme&nbsp;;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; elle seule prend le temps de d\u00e9ployer une parole qui cherche et qui soit susceptible, \u00e0 travers ses enveloppements, de faire face au n\u00e9ant, de d\u00e9tecter des br\u00e8ches, de susciter des passages, de trouver des lumi\u00e8res&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">(Yannick Haenel, <em>La Solitude Caravage<\/em>)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p><strong>Atelier |<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Depuis la coupure au milieu de l\u2019atelier, plus rien ne va comme avant. J\u2019ai le sentiment d\u2019\u00eatre en mode verso, sans recto, ce qui n\u2019a pas de sens. \u00c0 moins qu\u2019il ne s\u2019agisse d\u2019un <em>versus<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p><strong>Foss\u00e9s |<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Je ne me souviens d\u00e9j\u00e0 plus ce que je me suis racont\u00e9 \u00e0 travers elle. Il est vrai que je n\u2019avais pas grand-chose \u00e0 dire. Et de fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, d\u2019ailleurs. Il faut toujours me tirer les vers, au d\u00e9but. Je sais que je me suis arr\u00eat\u00e9 avec ce souvenir pour image de ce que veut dire \u00e9crire, pour moi, en ce moment&nbsp;: la grotte g\u00e9ologique, faire les stalactites et les stalagmites. Que celui qui d\u00e9sire \u00e9crire passe pour un homme des cavernes ou des bulles, ce n\u2019est pas nouveau. Ce qui m\u2019intrigue, c\u2019est de placer les textes au niveau des concr\u00e9tions qui mettent des milliers d\u2019ann\u00e9es \u00e0 se former, goutte apr\u00e8s goutte.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p><strong>Souvenir | portrait<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le photographe de Santillana del Mar. Il \u00e9tait l\u00e0 il y a deux ans. Exactement \u00e0 la m\u00eame place, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la fontaine et du vieux lavoir. J\u2019en ai d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9, non&nbsp;? Un photographe comme aux premiers temps de la photographie, avec une chambre noire sur un tr\u00e9pied, une chape sous laquelle il se glissait. Je ne sais rien du fonctionnement d\u2019un tel appareil. Mais une fois la photo de famille prise, il en fon\u00e7ait sa main dans l\u2019appareil, en retirait le papier sensible qu\u2019il pla\u00e7ait dans un bac pour le faire tremper. Puis, il le d\u00e9posait sur le bord de la fontaine pour le faire s\u00e9cher, parmi d\u2019autres portraits souvenirs.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">26082025<\/h1>\n\n\n\n<p><strong>H\u00f4pital |<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Niveau 3, unit\u00e9 5, salle d\u2019attente 3, au bout du couloir. Deux personnes attendent, un homme et une femme. Bruits de perceuses, \u00e0 percussion, des coups. Bruits d\u2019appareils \u00e9lectroniques. Sonnerie de t\u00e9l\u00e9phone portable. Des voix, des pas. <em>Oui, c\u2019est moi-m\u00eame, j\u2019ai besoin d\u2019un renseignement, forc\u00e9ment. <\/em>On est en neuro. Ici, on peut s\u2019appeler soi-m\u00eame&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p><strong>Atelier | livre inconnu<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Sur un plan technique, disons&nbsp;: \u00ab&nbsp;le r\u00e9pertoire de ce qu\u2019il nous reste \u00e0 faire pour explorer au-del\u00e0 des 10 propositions doubles d\u00e9j\u00e0 engrang\u00e9es, des passerelles n\u00e9cessaires, des lieux et personnages \u00e0 rejoindre&nbsp;\u00bb&nbsp;; une fois \u00e9crit le titre choisi, commencer par juste un mot seul. Puis des \u00e9l\u00e9ments un peu plus longs, jusqu\u2019\u00e0 une ligne. Et puis \u00e9crire le suivant en une ligne et demi. Le suivant en trois lignes, et ainsi de suite jusqu\u2019\u00e0 avoir quitt\u00e9 la forme note&nbsp;\u00bb \u2014 Je sais, j\u2019ai pris la chose \u00e0 l\u2019envers.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais ce qui me retient le plus dans la proposition de <em>f<\/em>&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;comme d\u2019avoir nous-m\u00eame \u00e0 remonter vers un livre existant mais inconnu, qui toutefois nous pr\u00e9c\u00e8de&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">27082025<\/h1>\n\n\n\n<p>Lulu n\u2019est plus.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>(\u00ab&nbsp;C\u2019en est fini du grand souffle de jadis. Tu vas et viens \u00e0 travers les si\u00e8cles. D\u00e9sormais je ne peux plus penser qu\u2019au jour le jour. Mes h\u00e9ros ne sont plus les guerriers et les rois. Ce sont les choses de la paix, toutes \u00e9gales entre elles. Les oignons qui s\u00e8chent valent le tronc d\u2019arbre qui traverse le mar\u00e9cage. Mais nul n\u2019a encore r\u00e9ussi \u00e0 chanter une \u00e9pop\u00e9e de la paix. Pourquoi la paix n&rsquo;a-t-elle rien d\u2019exaltant, \u00e0 la longue et, pourquoi est-il si difficile de la raconter&nbsp;? Faut-il que je renonce&nbsp;? Si je renonce, l\u2019humanit\u00e9 perdra son conteur. Et si jamais l\u2019humanit\u00e9 perd son conteur, elle perd, du m\u00eame coup, son enfance.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">Peter Handke,Wim Wenders, <em>Les Ailes du d\u00e9sir<\/em>)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">29082025<\/h1>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>(\u00ab&nbsp;Il faut le dire parce que cela n\u2019est que trop tristement vrai : une grande, une tr\u00e8s grande partie du public <em>cultiv\u00e9 <\/em>d\u2019aujourd\u2019hui se tient \u201cau courant\u201d des derniers progr\u00e8s de la litt\u00e9rature actuelle \u00e0 peu pr\u00e8s de la m\u00eame mani\u00e8re qu\u2019il se tient \u201cau courant\u201d des progr\u00e8s de la science atomique : ce sont l\u00e0 choses qui \u00e9chappent l\u2019une et l\u2019autre \u00e0 l\u2019appr\u00e9hension directe, choses dont on a des nouvelles par les journaux ; ce m\u00eame public apprend avec le m\u00eame chatouillement patriotique et sagement incurieux que \u201cZo\u00e9\u201d est mise en fonctionnement et qu\u2019il lui est n\u00e9 un nouveau po\u00e8te d\u2019\u201cavant-garde\u201d.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">Julien Gracq, <em>La Litt\u00e9rature \u00e0 l\u2019estomac<\/em>)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Une oraison \u00e0 l\u2019heure du go\u00fbter.<br><\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">31082025<\/h1>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Il y a parfois des situations o\u00f9 l\u2019on ne peut plus rien dire. On est sans voix. Il faut alors faire deviner les choses. M\u00eame les mots que j\u2019utilise n\u2019ont pas de valeur propre. Ils servent \u00e0 faire entrevoir quelque chose de plus pr\u00e9cis. Et c\u2019est \u00e0 cet instant que commence la danse.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">(Pina Bausch, dans <em>Pina<\/em> de Wim Wenders)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div id=\"coquillages\" class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h1 class=\"wp-block-heading has-light-gray-background-color has-background\">01092025 | coquillages<\/h1>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\"><em>Choses dont on a des nouvelles par les journaux<\/em><br><br><br><br><br><br>Mort.<br>\t\t\t\t\tEn lisant, estomaqu\u00e9.<br>\t\t\t\tL\u2019avis de d\u00e9c\u00e8s dans le journal du coin, \u00e0 la fin.<br>\t\t\t\t\t\tLa rubrique, \u00e0 la fin, qu\u2019il ne lit jamais d\u2019habitude, qu\u2019il remarque \u00e0 peine.\t\t\tD\u2019habitude, il saute cette page-l\u00e0 et celle des publicit\u00e9s en face, il va voir la page du temps qu\u2019il fait, les horoscopes en face.<br>\t\t\t\t\tCette fois-l\u00e0, il est tomb\u00e9 en plein dedans, et c\u2019\u00e9tait comme un poing dans le bide : Saint-Georges\u2026 sa fille et son gendre\u2026 ses petits-enfants\u2026 la tris\u00actesse de vous faire part\u2026<br>\t\t\t\tLa rubrique qu\u2019il ne lit pas, qu\u2019il ne voit jamais\u2026 et l\u00e0 pour une fois\u2026 et combien \u00e7a a co\u00fbt\u00e9\u2026 parce que c\u2019est cher un avis comme \u00e7a\u2026 \u00e7a a d\u00fb leur co\u00fbter\u2026 et c\u2019est comme une forme de d\u00e9ni cette pens\u00e9e vaine, vide, comme une fa\u00e7on d\u2019amortir le coup dans le bide, le prix des lignes.<br>\t\t\t\t\t\tIl conna\u00eet le prix des lignes dans ce journal, il sait combien cela co\u00fbte. Il avait d\u00e9clin\u00e9 l\u2019offre, lui, pour la petite Lulu, il y a quelque temps. Il s\u2019en \u00e9tait alors un peu voulu. Mais il avait pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 annoncer la nouvelle lui-m\u00eame en appelant directement le plus de monde possible. Il en avait oubli\u00e9, et \u00e7a aussi il s\u2019en \u00e9tait voulu. Et il s\u2019en voulait maintenant de cette pens\u00e9e totalement d\u00e9plac\u00e9e. Le prix de ces lignes, de si peu de lignes, quand il sait tr\u00e8s bien que la vie n\u2019a pas de prix. A fortiori la vie de celle dont il apprend la mort dans son journal. Un dernier hommage lui sera rendu le vendredi 29 ao\u00fbt 2025 \u00e0 15 h \u00e0 l\u2019\u00e9glise de Saint-Georges.<br>\t\t\t\tC\u2019est avec ce mot, avec l\u2019image de \u00ab l\u2019\u00e9glise \u00bb, que les souvenirs reviennent enfin. Avec un go\u00fbter au bord de la rivi\u00e8re, jouer \u00e0 faire courir le furet, les chiens barbotent les pattes dans l\u2019eau. Avec des jeux de cartes, la bataille ou le mistigri, en mauvais joueur il trichait. Une sortie pour aller chercher le pain \u00e0 v\u00e9lo, \u00e0 Saint-Bonnet, faire la course, et elle devait le r\u00e9cup\u00e9rer dans le foss\u00e9. Donner \u00e0 manger aux lapins, rentrer les poules et le canard Saturnin, traire la vache Margot et on montait sur son dos. Une promenade avec le petit Titi et le grand Titi. Un g\u00e2teau cuit dans la cuisini\u00e8re, le caramel fait avec les pincettes rougies dans la braise br\u00fblant les morceaux de sucre sur le riz au lait. Des friandises, des glaces, les glaces au citron dans un citron vide. Les pochettes surprises. La cr\u00e8che qu\u2019on montait dans la niche du buffet, avec tous les petits personnages bien conserv\u00e9s dans une bo\u00eete. Le tas de bo\u00eetes et de cartons vides qu\u2019elle conservait dans le grenier.<br>\t\t\t\t\t\t\tLes souvenirs affluent, mais beaucoup ont disparu. Dehors, il pleut. Il observe les incessants halos que forment les gouttes en tombant sur le carrelage de la terrasse. Le ciel, toujours plus sombre et brumeux au loin. Il se revoit aussi dans le bureau des pompes fun\u00e8bres, \u00e0 l\u2019arri\u00e8re-boutique, du temps de Lulu. L\u2019homme tout rond, joufflu, derri\u00e8re le bureau. La collection d\u2019urnes color\u00e9es, brillantes, sous la lumi\u00e8re de l\u2019applique qui les \u00e9claire. Le visage souriant de ce vieux chanteur de vari\u00e9t\u00e9s sur l\u2019\u00e9cran, son nom en grosse lettre color\u00e9e, d\u00e9cal\u00e9e. Et d\u00e9filent les paroles de la chanson sur un lit de violons d\u00e9goulinant et d\u2019infinis tr\u00e9molos dans la voix. Les documents \u00e0 signer une fois, deux fois, trois, quatre, peut-\u00eatre cinq et quelques larmes pour noyer la vue et l\u2019encre. Et ce vieux souvenir en acteur surgissant du rideau sur la sc\u00e8ne. <em>\u00c0 quand remontent nos derni\u00e8res lettres ? Il y a une quarantaine d\u2019ann\u00e9es peut-\u00eatre. Je n\u2019avais pas l\u2019\u00e2ge que mes enfants ont aujourd\u2019hui. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, avec maman, papa et Titi, nous habitions loin dans le centre de la France. Pas encore de textos possibles ni de messages par Internet. On se t\u00e9l\u00e9phonait, et de temps en temps on s\u2019\u00e9crivait. Il y avait des lettres, des petites feuilles pli\u00e9es. Il y avait des dessins. Et parfois, un petit colis contenant de petits personnages : des bonhommes fabriqu\u00e9s avec de petits coquillages coll\u00e9s.<\/em><br>\t\t\t\tIl les avait retrouv\u00e9s dans la chambre close. Toute une petite collection dans une vitrine. Ces bonhommes \u00e9taient faits de coquilles de palourdes surtout, parfois une bernique pour chapeau, des coquilles d\u2019hu\u00eetres pour former une queue, des socles, de petites perles brillantes pour les yeux, parfois une touche de peinture pastel, tons orang\u00e9s, ros\u00e9s, bruns, jaunes. Une coque pour un socle, le seul bonhomme avec des pieds. Pas de mains. On trouvait aussi un chien, les yeux verts, un bout de galon marron pour queue. Il en avait sorti deux de la vitrine. Il ne savait pas lequel d\u00e9poser dans le cercueil. Avant de faire son choix, il les avait plac\u00e9s sur la petite table, \u00e0 c\u00f4t\u00e9, au milieu des plaques de marbre. Mais il n\u2019avait pas eu \u00e0 choisir. En enlevant les plaques, un bonhomme tomba, les coquilles saut\u00e8rent et gliss\u00e8rent sous le cercueil. Restait donc l\u2019autre, celui avec la coque, bien sur pieds. Il se dit encore que s\u2019il n\u2019a pas eu \u00e0 choisir, c\u2019est parce qu\u2019elle l\u2019a fait pour lui. Tout comme elle aura choisi la date de sa mort, le jour de son anniversaire de mariage. Pas un choix d\u00e9lib\u00e9r\u00e9, d\u2019autant qu\u2019elle ne se souvenait peut-\u00eatre plus de cette date, mais elle aura senti ce jour approcher. Elle l\u2019aura attendu, tandis qu\u2019elle perdait du poids, que ses forces diminuaient. Elle, ou quelque chose d\u2019elle, r\u00e9sistant du fond d\u2019elle-m\u00eame. Quelque chose en attendant le rel\u00e2chement. Le rel\u00e2chement total, pour le grand mariage de la vie, qui aura encore tenu, et de la mort attendue. Parce qu\u2019elle l\u2019attendait. Ses petits pas, son souffle court, sa vue r\u00e9duite, les repas sans go\u00fbt ni app\u00e9tit et les nuits sans sommeil. Et l\u2019effort pour se souvenir, pour des images largement effac\u00e9es et des noms disparus. Alors oui, elle se disait parfois, dans un apart\u00e9 trop haut pour qu\u2019elle ne s\u2019adress\u00e2t pas, en fait, \u00e0 qui se trouvait l\u00e0, non loin, \u00e0 lui, m\u00eame s\u2019il faisait mine de rien, <em>non mais tout \u00e7a \u00e7a va encore durer combien de temps ?<\/em><br><\/pre>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">03092025<\/h1>\n\n\n\n<p><strong>Atelier |<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Possible que je n\u2019aille pas au bout.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p><strong>Correspondances |<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Rentr\u00e9e \u2014 beurk&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Le mot, pas n\u00e9cessairement les \u00e9v\u00e9nements. Encore que. Mais pas en eux-m\u00eames, c\u2019est surtout leur pr\u00e9cipitation. Tout \u00e0 l\u2019air de reprendre en m\u00eame temps. Et c\u2019est vrai, tout reprend au m\u00eame moment. Mais c\u2019est surtout qu\u2019il faut le savoir, il faut le dire, et le r\u00e9p\u00e9ter\u2026 comme si on avait oubli\u00e9, comme si c\u2019\u00e9tait nouveau, comme si \u00e7a pourrait \u00eatre le chaos, sinon.<\/p>\n\n\n\n<p>Je me suis rendu hier \u00e0 l\u2019\u00e9cole primaire de Brie. On m\u2019a contact\u00e9 pour une photo. \u2014 Apr\u00e8s les vacances en partie caniculaire, la journ\u00e9e anticipait l\u2019automne et sa grisaille, la pluie, le vent. \u2014 Quand on sonne au portillon, l\u2019\u0153illeton de la cam\u00e9ra s\u2019illumine. De grandes pancartes fix\u00e9es au muret signalaient la fermeture de la mairie et le maire en gr\u00e8ve. \u2014 L\u2019institutrice aurait pu me dire, c\u2019est le b\u00e2timent \u00e0 droite. Je suis all\u00e9 en face, c\u2019\u00e9tait ferm\u00e9. Je ne comprenais pas ce que faisaient les chaises empil\u00e9es derri\u00e8re la vitre. \u2014 Une ancienne \u00e9cole avec de grandes fen\u00eatres, une salle de classe tr\u00e8s claire. L\u2019entr\u00e9e par le pr\u00e9au dans un petit espace multim\u00e9dia. \u2014 Les \u00e9l\u00e8ves, CM1 et CM2, r\u00e9pondaient tous au m\u00eame questionnaire. Ils venaient d\u2019\u00e9couter une chanson&nbsp;et devaient combler les vides des phrases au fil d\u2019une nouvelle \u00e9coute. Puis des questions sur le sens du texte. Et d\u2019autres sur les impressions, au sujet des mots comme de la musique. \u2014 <em>Vous n\u2019avez pas de chance. D\u2019habitude il fait beau, on fait classe dehors, dans le jardin.<\/em><\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p><strong>Atelier |<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Et s\u2019il fallait d\u2019abord, dans le fichier o\u00f9 vous avez rassembl\u00e9 et organis\u00e9, par forc\u00e9ment par ordre d\u2019\u00e9criture, tout ce que vous avez \u00e9crit dans ce cycle, rep\u00e9rer ce point pr\u00e9cis o\u00f9 intervient ce que je nomme&nbsp;<em>m\u00e9diation<\/em>, pour exercer ce d\u00e9pli avec r\u00e9el reconstruit ?&nbsp;\u00bb \u2014 <em>f<\/em><\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">04092025<\/h1>\n\n\n\n<p><strong>Structure |<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Premi\u00e8re vraie journ\u00e9e de rentr\u00e9e avec \u00ab\u00a0mes\u00a0\u00bb stagiaires. Klara, Emma, C\u00e9dric, Marina.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019abord, on fait connaissance, on se pr\u00e9sente rapidement, on explique ce qu\u2019on vient faire l\u00e0, on raconte ce qu\u2019on voudrait faire apr\u00e8s. Chacun parle, la parole tourne. Et bient\u00f4t l\u2019\u00e9criture, en notant en quelques phrases simples ce que les autres ont dit.<\/p>\n\n\n\n<p>Klara, plus rapide et instable, fait un dessin au tableau. Trois fleurs bleues \u2014 auxquelles j\u2019ajouterai des tiges et des feuilles, en rouge et noir. Et j\u2019improvise un exercice&nbsp;: reproduire le dessin sur un cahier et ajouter des \u00e9l\u00e9ments pour un paysage personnel&nbsp;; faire passer ce paysage \u00e0 son voisin de droite qui \u00e9crit une petite phrase dessous&nbsp;; faire passer cette phrase \u00e0 son voisin de droite qui \u00e9crit une nouvelle phrase \u00e0 la suite&nbsp;; et faire tourner ainsi les phrases, en les passant \u00e0 son voisin de droite, jusqu\u2019\u00e0 ce que chacun retrouve son paysage et le texte des autres, auquel il n\u2019a pas particip\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">07092025<\/h1>\n\n\n\n<p><strong>Atelier |<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>R\u00e9essayer avec la photo que Lulu m\u2019a donn\u00e9e il y a quelques ann\u00e9es, et les <em>Histoires vraies<\/em> de Sophie Calle \u2014 la photo d\u2019elle toute petite, elle a deux ans, et le fragment \u00ab&nbsp;Attendez-moi&nbsp;\u00bb. ce qui m\u2019int\u00e9resse, c\u2019est la simplicit\u00e9 des textes, et l\u2019inscription quasi syst\u00e9matique de l\u2019\u00e2ge. Sauf que, pour moi, la photo de Lulu\u2026 je n\u2019existais pas.<\/p>\n\n\n\n<p>(Pas le temps d\u2019\u00e9crire en ce moment. Faux&nbsp;: \u00e9crire des articles pour le journal me prend beaucoup de temps. Et apr\u00e8s, je n\u2019ai pas envie d\u2019\u00e9crire \u2014 cause une esp\u00e8ce de d\u00e9prime \u00e0 chaque texte. Comment retrouver l\u2019\u00e9quilibre et de l\u2019\u00e9nergie&nbsp;?)<\/p>\n\n\n\n<p>((Arthenac et la bo\u00eete \u00e0 lire.))<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div id=\"peaux\" class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h1 class=\"wp-block-heading has-light-gray-background-color has-background\">08092025 | peaux &#8211; recto<\/h1>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">Je n\u2019existais pas. Mais je reconnais le lieu et les personnes. Je les reconnais mal. Je sais qu\u2019il s\u2019agit de mes deux oncles et de ma m\u00e8re parce que c\u2019est ma grand-m\u00e8re qui m\u2019a donn\u00e9 la photo. Et qui a d\u00fb la prendre. Je ne sais pas exactement quand, mais vraisemblablement \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1960, ou au d\u00e9but des ann\u00e9es 1970. Une photo de ses enfants au pied du chai. Le chai du grand-p\u00e8re, Omer. \u2014 <em>Je n\u2019existe pas.<\/em> C\u2019est difficile \u00e0 concevoir, \u00e7a, pour les petits. Th\u00e9a, qui commence juste \u00e0 reconna\u00eetre les lettres de son pr\u00e9nom, ne le con\u00e7oit pas quand on lui montre une photo de sa m\u00e8re au m\u00eame \u00e2ge, qu\u2019elle ne reconna\u00eet pas, ou se reconnaissant en elle. Elle dit qu\u2019elle \u00e9tait dans le ventre de maman. \u2014 Je ne sais plus quand Lulu m\u2019a donn\u00e9 la photo. Il y a longtemps maintenant. Elle est l\u00e0, \u00e0 port\u00e9e de ma main, dans une envelopper kraft qui m\u2019est adress\u00e9e, parmi d\u2019autres photos de moi tout petit, dans les bras de maman, de Lulu. Prot\u00e9g\u00e9e dans une sorte de film translucide. L\u2019\u00e9tonnant, c\u2019est qu\u2019elle a l\u2019air en bon \u00e9tat. Hormis de l\u00e9gers plis, elle brille. Pourtant, je ne les reconnais pas bien. L\u2019image est granuleuse. Comme une photographie qui aurait pratiquement \u00e9t\u00e9 prise avec l\u2019appareil de Niepce, du temps o\u00f9 l\u2019image prenait si lentement que, ce qu\u2019on voyait du monde, c\u2019\u00e9tait le monde d\u2019apr\u00e8s sous l\u2019empire de la poussi\u00e8re. Les pieds, les jambes, semblent fondus dans le massif, quand les visages, pour des sourires aux regards sans yeux, se sont effac\u00e9s. (On pense \u00e0 Henri Michaux, <em>J\u2019ai lav\u00e9 le visage de ton avenir<\/em>.) Et sur le film n\u00e9gatif, une image plus lisse ou un \u00e9trange ciel \u00e9toil\u00e9&nbsp;? La photo s\u2019est-elle d\u00e9t\u00e9rior\u00e9e, avec le temps&nbsp;? ou ce que je vois c\u2019est ce que les enfants, sur la photo, voyaient aussi d\u2019eux \u00e0 l\u2019\u00e9poque&nbsp;? une photo d\u00e9j\u00e0 ancienne&nbsp;? d\u2019autrefois en soi&nbsp;?<\/pre>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">09092025<\/h1>\n\n\n\n<p><strong>Structure |<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Je me dis que je devrais tenir une sorte de journal. Chaque qu\u2019on y retourne, prendre quelques notes, en vrac.<\/p>\n\n\n\n<p>Hier, j\u2019ai entendu Klara parler de <em>chintok<\/em>. Et C\u00e9dric est intervenu pour la rappeler gentiment \u00e0 l\u2019ordre. Mais Klara r\u00e9siste, insiste, et affirme qu\u2019elle est raciste. C\u00e9dric ne dit plus rien. Moi non plus, je ne dis rien. Je reste \u00e0 \u00e9crire avec le doigt sur le tableau num\u00e9rique, je ne sais plus quoi. Mais je pense fortement \u00e0 Rimbaud et son c\u00e9l\u00e8bre <em>On n\u2019est pas s\u00e9rieux quand on a dix-sept ans<\/em>. \u2014 Mais vraiment&nbsp;? tu crois \u00e7a, qu\u2019elle n\u2019est pas s\u00e9rieuse&nbsp;? elle parle \u00e0 Nawal et Assata, et alors&nbsp;? puisqu\u2019elle te le dit et le r\u00e9p\u00e8te&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Signes, non pour \u00eatre complet, non pour conjuguer,<br>mais pour \u00eatre fid\u00e8le \u00e0 son \u201ctransitoire\u201d<br>Signes pour retrouver le don des langues<br>la sienne au moins, que, sinon soi, qui la parlera&nbsp;?<br>\u00c9criture directe enfin pour le d\u00e9videment des formes<br>pour le soulagement, le d\u00e9sencombrement des images<br>dont la place publique-cerveau est en ce temps particuli\u00e8rement engorg\u00e9e&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">(Henri Michaux, <em>Face aux verrous<\/em>)<br><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-light-gray-background-color has-background\">10092025 | peaux &#8211; verso<\/h1>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">C\u2019est jour de Gerbaude. Lulu prend l\u2019appareil photo de l\u2019oncle Rousseau et rejoint la troupe dans les vignes. Elle fait quelques photos des vendangeurs dans les rangs, sur le tracteur et le tombereau, la hotte sur le dos. Les enfants sont l\u00e0. Elle, dans le rang, avec sa grand-m\u00e8re. Le petit au bout de la parcelle, non loin du tracteur. Il joue avec sa cousine et le chien. Ils n\u2019auront pas tenu toute la matin\u00e9e, cette fois, pour cueillir les raisins. Mais les rangs sont trop longs pour eux. Et le grand tient le choc de la hotte, les allers retours incessants. La journ\u00e9e est belle. On a quitt\u00e9 depuis longtemps les cir\u00e9s qui prot\u00e9geaient de la ros\u00e9e, et quelques gilets. Ils pendent sur des piquets, en bout de rang, comme des peaux. On termine un peu plus t\u00f4t que pr\u00e9vu. \u00c0 midi, c\u2019est fini. Le tombereau est devant le pressoir, La machine tourne dans un bruit assourdissant. Le grand s\u2019assoie sur le vieux timbre contre le mur, pour se reposer. C\u2019est l\u00e0 que Lulu appelle les deux autres pour le rejoindre. Elle fait d\u2019abord de grands signes. Et puis <em>Allez\u2026 venez donc \u00e0 c\u00f4t\u00e9<\/em>. <\/pre>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">Le chai n\u2019existe plus. Tout le corps de b\u00e2timent a \u00e9t\u00e9 vendu, r\u00e9nov\u00e9. Les acc\u00e8s ont \u00e9t\u00e9 ferm\u00e9. Un mur a \u00e9t\u00e9 construit ici, une cl\u00f4ture install\u00e9e l\u00e0. L\u2019acc\u00e8s principal \u00e0 ce qui est aujourd\u2019hui une maison se fait par la porte qui donnait, de l\u2019int\u00e9rieur du chai, dans le garage, d\u00e9truit. Une maison de vacances, pr\u00e9cis\u00e9ment. La propri\u00e9taire r\u00e9side et travaille ailleurs, en fait, je ne sais o\u00f9 \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Elle vient l\u00e0 de temps en temps. Et le plus souvent, la maison reste vide.<\/pre>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">11092025<\/h1>\n\n\n\n<p><strong>Structure |<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Aujourd\u2019hui, Marjolaine est revenue. Elle \u00e9tait en compagnie de sa fille, Julia (pas de cours au coll\u00e8ge, cause gr\u00e8ve), qui m\u2019a appris que le mot <em>donc<\/em> \u00e9tait d\u00e9class\u00e9. Il ne s\u2019agit plus d\u2019une conjonction de coordination, mais d\u2019un adverbe de liaison, indique en effet le Robert en ligne, avec pour preuve&nbsp;: \u00ab&nbsp;il peut \u00eatre d\u00e9plac\u00e9 au sein de la phrase&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Cela dit, le m\u00eame Robert pr\u00e9cise, quant \u00e0 cette cat\u00e9gorie d\u2019adverbes&nbsp;: \u00ab&nbsp;ils fonctionnent comme des conjonctions&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">12092025<\/h1>\n\n\n\n<p><strong>Atelier | 13 porte <s>mal\/bon\/<\/s>heur<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">\u00ab&nbsp;\u00bb&nbsp;Ce souffle d\u2019avant les mots, ce souffle qu\u2019on bredouille, ce souffle qui s\u2019assemble, Sur ces bribes, un mot, un h\u00e9mistiche, un contexte ou une didascalie,&nbsp;Un ch\u0153ur d\u2019en amont de ces bribes. Ce bredouillement, dans l\u2019amont qui rejoint la phrase ou fragment de phrase mais qui s\u2019assemble <em>hors<\/em> de ce qu\u2019on souhaitait pour notre dire, ou tout simplement s\u2019assemble \u00e0 c\u00f4t\u00e9. Mais un ch\u0153ur \u00e0 quatre voix. ce souffle rauque d\u2019o\u00f9 vient ce&nbsp;<em>dire<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em>f&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <\/em>?<\/p>\n\n\n\n<p>Autant je comprends la d\u00e9marche de Laure Gauthier, donc, avec l\u2019explication de <em>f<\/em> \u2014 autant je me sens loin de pouvoir la go\u00fbter (comme les fruits pas m\u00fbrs, acides et fermes) et de m\u2019y essayer. Mais&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;C\u2019est ce que tu ne sais pas dire le hasard&nbsp;\u00bb, r\u00e9pond Laure Gauthier<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>\u2014 \u2026 oui\u2026 et c\u2019est surtout qu\u2019il veut se faire prier\u2026 allez, c\u2019est bon, on te connait\u2026 d\u2019abord tu dis un bon coup que tu sais pas \u00e9crire, que m\u00eame t\u2019as jamais su, t\u2019as pas vraiment appris, et m\u00eame t\u2019aimes pas \u00e7a\u2026 et puis apr\u00e8s, on sait bien que tu vas essayer\u2026 et t\u2019inqui\u00e8te pas, personne t\u2019en voudras, au contraire\u2026<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p><strong>Ver luisants |<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Va savoir d\u2019o\u00f9 sort ce ver luisant des vendanges, sur le tas d\u2019herbes. Mais j\u2019\u00e9tais content d\u2019en retrouver un dans le jardin. Le seul.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">13092025<\/h1>\n\n\n\n<p><strong>Archives |<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Artistes, mouvements | pratiques, champ de questionnement, probl\u00e9matique | \u0153uvres, auteurs<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Je retrouve aujourd\u2019hui, dans un sac en plastique, un ensemble de devoirs et de notes datant de l\u2019ann\u00e9e 1997-1998. C\u2019\u00e9tait l\u2019ann\u00e9e de mon service militaire et du bac litt\u00e9raire en parall\u00e8le. Les notes des devoirs n\u2019\u00e9taient pas exceptionnelles en fran\u00e7ais et en philosophie. J\u2019\u00e9tais meilleur en maths et en arts plastiques (mon option et ma sp\u00e9cialit\u00e9). J\u2019\u00e9tais surtout appliqu\u00e9 dans mes fiches, mes notes, avec ces tableaux \u00e0 trois colonnes m\u00e9thodiquement et proprement remplis. Trop. Avec ces lignes droites, ces codes couleurs, et cette \u00e9criture plus proche de celle qu\u2019on trouve dans les livres (le nom m\u2019\u00e9chappe), bien diff\u00e9rente de ma fa\u00e7on d\u2019\u00e9crire aujourd\u2019hui, j\u2019ai vraiment d\u00fb passer beaucoup de temps \u00e0 couper-coller en recopiant ce que je lisais.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai tout jet\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Attention au bourgeonnement&nbsp;! \u00c9crire plut\u00f4t pour court-circuiter.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>(Henri Michaux, <em>Face aux verrous<\/em>)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div id=\"d\u00e9bris\" class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h1 class=\"wp-block-heading has-light-gray-background-color has-background\">14092025 | recto &#8211; d\u00e9bris<\/h1>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">\u00ab&nbsp;J\u2019attendais un appel t\u00e9l\u00e9phonique. Devant la maison, une barque aussi attendait, me pressait. \u00c0 regret, je mets les pieds dans l\u2019embarcation.&nbsp;\u00bb Et voil\u00e0, Michaux s\u2019en va sur l\u2019autre rive. Ou bien c\u2019\u00e9tait une \u00eele. On ne sait pas, on n\u2019y voit pas avec cette brume. On ne sait pas s\u2019il arrivera. En tout cas, sur les eaux du fleuve, ou de l\u2019oc\u00e9an, pourtant tout juste emport\u00e9, il n\u2019a pas entendu l\u2019appel. La temp\u00eate n\u2019a pas pr\u00e9venu. C\u2019est moi qui ai d\u00fb r\u00e9pondre. La sonnerie, stridente, insistait. L\u2019appareil en tremblait. D\u00e9rang\u00e9, j\u2019ai pos\u00e9 mon livre sur les genoux, ou bien il m\u2019est tomb\u00e9 des mains sur la figure, et j\u2019ai d\u00e9croch\u00e9. <em>All\u00f4&nbsp;? \u2014 Piti\u00e9&nbsp;! piti\u00e9 pour les bo\u00eetes \u00e0 lire&nbsp;!<\/em><br><br>Il y en a de comme \u00e7a, \u00e7a cache bien son jeu. La plus jolie, l\u2019air de rien, c\u2019\u00e9tait comme les petites cabanes en bordure de plage. De la taille d\u2019un isoloir, mais avec un toit, tout en bois, pr\u00eate \u00e0 flotter et vous embarquer. Et un petit c\u0153ur d\u00e9coup\u00e9 dans la porte. Un c\u0153ur vide pour un brin de lumi\u00e8re, et des coups d\u2019\u0153il indiscrets in\u00e9vitables. Sauf que voil\u00e0, on croit pouvoir se changer et aller se baigner, mais il suffit d\u2019ouvrir la porte et la cabane se transforme en toilettes. Des toilettes au milieu du village. Des toilettes sur la place publique. Et s\u00e8ches&nbsp;!<br><br>On aimerait tellement que ce soit des bo\u00eetes \u00e0 lyres. Mais il suffit d\u2019ouvrir. Et la cabane du baigneur pour une dalle de m\u00e9tal. Pour une paroi de verre. Caniculaire l\u2019\u00e9t\u00e9, glac\u00e9e, givr\u00e9e l\u2019hiver. Et la condensation. L\u2019humidit\u00e9, le vent. La casse. Bouts de verres sur bris de vers. Quand les feuilles froiss\u00e9es s\u2019effritent. Quand le papier repli\u00e9 cr\u00e9pite. Des tas de mots sous les pieds livr\u00e9s \u00e0 eux-m\u00eames. Des tas de livres sur la t\u00eate, en proie \u00e0 la temp\u00eate. La cabine pleine. Et pas d\u2019appareil. Restaient quelques indicatifs effac\u00e9s, <em>Nord et Sud<\/em> en gros, et \u00e0 l\u2019envers, en blanc mal lisible, <em>Les nuits du<\/em>\u2026 Mais c\u2019\u00e9tait l\u00e0, c\u2019\u00e9tait \u00e7a l\u2019appareil, non&nbsp;? Et c\u2019est sans appel, une bo\u00eete \u00e0 l\u2019ire.<\/pre>\n\n\n\n<p>(On prend les m\u00eames et on recommence. On coupe, et on redistribue. On troue, on n\u2019y pense plus. Mais combien de fois faudrait-il faire et d\u00e9faire l\u2019op\u00e9ration pour \u00eatre juste&nbsp;? pour ne plus y penser vraiment&nbsp;? \u2014 Il faudrait aussi effacer deux ou trois choses, ou les biffer, non&nbsp;?)<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">\u00ab&nbsp;J\u2019attendais un appel t\u00e9l\u00e9phonique. Devant la maison, une barque aussi attendait, me pressait. \u00c0 regret, je mets les pieds dans l\u2019embarcation.&nbsp;\u00bb &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; On aimerait tellement que ce soit des bo\u00eetes \u00e0 lyres. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La plus jolie, l\u2019air de rien, c\u2019\u00e9tait comme les petites cabanes en bordure de plage. De la taille d\u2019un isoloir, mais avec un toit, tout en bois, pr\u00eate \u00e0 flotter et vous embarquer. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; En tout cas, sur les eaux du fleuve, ou de l\u2019oc\u00e9an, pourtant tout juste emport\u00e9, il n\u2019a pas entendu l\u2019appel. La temp\u00eate n\u2019a pas pr\u00e9venu. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et la condensation. L\u2019humidit\u00e9, le vent. La casse. Bouts de verres sur bris de vers. Quand les feuilles froiss\u00e9es s\u2019effritent. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; C\u2019est moi qui ai d\u00fb r\u00e9pondre. La sonnerie, stridente, insistait. L\u2019appareil en tremblait. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et un petit c\u0153ur d\u00e9coup\u00e9 dans la porte. Un c\u0153ur vide pour un brin de lumi\u00e8re, et des coups d\u2019\u0153il indiscrets in\u00e9vitables. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Quand le papier repli\u00e9 cr\u00e9pite. Des tas de mots sous les pieds livr\u00e9s \u00e0 eux-m\u00eames. Des tas de livres sur la t\u00eate, en proie \u00e0 la temp\u00eate. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; D\u00e9rang\u00e9, j\u2019ai pos\u00e9 mon livre sur les genoux, ou bien il m\u2019est tomb\u00e9 des mains sur la figure, et j\u2019ai d\u00e9croch\u00e9. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et c\u2019est sans appel, une bo\u00eete \u00e0 l\u2019ire.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Il y en a des comme \u00e7a, \u00e7a cache bien son jeu. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Mais il suffit d\u2019ouvrir. Et la cabane du baigneur pour une dalle de m\u00e9tal. Pour une paroi de verre. Caniculaire l\u2019\u00e9t\u00e9, glac\u00e9e, givr\u00e9e l\u2019hiver. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et voil\u00e0, Michaux s\u2019en va sur l\u2019autre rive. Ou bien c\u2019\u00e9tait une \u00eele. On ne sait pas, on n\u2019y voit pas avec cette brume.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Sauf que voil\u00e0, on croit pouvoir se changer et aller se baigner, mais il suffit d\u2019ouvrir la porte et la cabane se transforme en toilettes. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La cabine pleine. Et pas d\u2019appareil. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Des toilettes au milieu du village. Des toilettes sur la place publique. Et s\u00e8ches&nbsp;!&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; On ne sait pas s\u2019il arrivera. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Restaient quelques indicatifs effac\u00e9s, <em>Nord et Sud<\/em> en gros, et \u00e0 l\u2019envers, en blanc mal lisible, <em>Les nuits du<\/em>\u2026 Mais c\u2019\u00e9tait l\u00e0, c\u2019\u00e9tait \u00e7a l\u2019appareil, non&nbsp;? &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <em>All\u00f4&nbsp;? \u2014 Piti\u00e9&nbsp;! piti\u00e9 pour les bo\u00eetes \u00e0 lire&nbsp;!<\/em><\/pre>\n\n\n\n<p>Et pour le ch\u0153ur&nbsp;: <em>Imagine-moi\u2026<\/em><br><\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">15092025<\/h1>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">1 \u2014 et on n\u2019arrive plus \u00e0 rien ici<br><br>2 \u2014 Pourquoi tu dis \u00e7a&nbsp;? il faut arriver \u00e0 quelque chose&nbsp;?<br><br>3 \u2014 \u00c0 quelque chose\u2026 comme iel y va&nbsp;!<br><br>2 \u2014 Eh&nbsp;! je t\u2019ai parl\u00e9.<br><br>4 \u2014 \u2026 r\u00e9pondra pas\u2026<br><br>2 \u2014 Ah&nbsp;? et pourquoi&nbsp;?<br><br>3 \u2014 Ben\u2026 t\u2019as bien entendu&nbsp;: on n\u2019arrive plus \u00e0 rien.<br><br>1 \u2014 et rien de rien.<br><br>2 \u2014 C\u2019est pas une raison pour pas r\u00e9pondre.<br><br>4 \u2014 \u2026 r\u00e9pondra pas\u2026 r\u00e9pondra \u00e0 rien\u2026<br><br>2 \u2014 Et toi alors&nbsp;?<br><br>3 \u2014 Moi, je te dis que c\u2019est pas \u00e0 quelque chose qu\u2019on arrivera, non, \u00e7a on y arrivera jamais, mais \u00e0 quelqu\u2019un, peut-\u00eatre\u2026<br><br>2 \u2014 C\u2019est pas \u00e0 toi que je parlais, mais \u00e0 iel.<br><br>4 \u2014 \u2026 moi\u2026&nbsp;? quelqu\u2019un, peut-\u00eatre\u2026 oui\u2026<br><br>2 \u2014 Il faut arriver \u00e0 quelqu\u2019un, c\u2019est \u00e7a que vous dites&nbsp;?<br><br>3 \u2014 Ou quelque part, peut-\u00eatre.<br><br>4 \u2014 \u2026 iel peut-\u00eatre\u2026 ici et l\u00e0 peut-\u00eatre\u2026<br><br>1 \u2014 et peut-\u00eatre pas<br><br>5 \u2014 Imagine-moi.<\/pre>\n\n\n\n<p>(En bo\u00eete \u00e0 lire.)<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p><strong>Structure |<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Plus envie.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Arr\u00eate. Rien qu\u2019\u00e0 dire \u00e7a, on sait que c\u2019est pas tout \u00e0 fait vrai. Plus envie, peut-\u00eatre, mais encore besoin.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-light-gray-background-color has-background\">16092025 | verso<\/h1>\n\n\n\n<p>(On prend les m\u00eames et on recommence.)<\/p>\n\n\n\n<p><strong>V\u00e9rit\u00e9s |<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Eh oui, les \u00ab&nbsp;tranches de savoir&nbsp;\u00bb d\u2019Henri Michaux, si farfelues qu\u2019elles sont parfois \u2014 \u00ab&nbsp;Faites pondre le coq, la poule parlera.&nbsp;\u00bb \u2014, elles avancent aussi quelques v\u00e9rit\u00e9s, des maximes assez \u00e9tranges, surprises, mais justement&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Tout roi fait retour au miroir.&nbsp;\u00bb \u2014 \u00ab&nbsp;Qui laisse une trace, laisse une plaie.&nbsp;\u00bb \u2014 \u00ab&nbsp;L\u2019\u0153il fier s\u2019unit aux montagnes pour les redresser davantage.&nbsp;\u00bb \u2014 \u00ab&nbsp;Le sage trouve l\u2019\u00e9dredon dans la dalle&nbsp;\u00bb \u2014 \u00ab&nbsp;Qui a ses aises dans le vice, trouvera agitation dans la vertu.&nbsp;\u00bb \u2014 \u00ab&nbsp;L\u2019intelligence, pour comprendre, doit se salir. Avant tout, avant m\u00eame de se salir, il faut qu\u2019elle soit bless\u00e9e.&nbsp;\u00bb \u2014 \u00ab&nbsp;C\u2019est ce qui n\u2019est pas homme autour de lui qui rend l\u2019homme humain.&nbsp;\u00bb \u2014 \u00ab&nbsp;Qui cache son fou, meurt sans voix.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">\u2014 et on n\u2019arrive plus \u00e0 rien ici \u2014 Pourquoi tu dis \u00e7a&nbsp;? il faut arriver \u00e0 quelque chose&nbsp;? \u2014 \u00c0 quelque chose\u2026 comme iel y va&nbsp;! \u2014 Eh&nbsp;! je t\u2019ai parl\u00e9.<br><br><em>Oh&nbsp;! on n\u2019imagine pas quelle \u00e9ternit\u00e9 prendrait ce dialogue sans nom avant qu\u2019on puisse voir, comme dans les mauvais films, des transitions vides, un de ces plans larges et flottants d\u2019un paysage dans lesquels ils baignent.<\/em><br><br>\u2014 \u2026 r\u00e9pondra pas\u2026 \u2014 Ah&nbsp;? et pourquoi&nbsp;? \u2014 Ben\u2026 t\u2019as bien entendu&nbsp;: on n\u2019arrive plus \u00e0 rien. \u2014 et rien de rien. \u2014 C\u2019est pas une raison pour pas r\u00e9pondre. \u2014 \u2026 r\u00e9pondra pas\u2026 r\u00e9pondra \u00e0 rien\u2026 \u2014 Et toi alors&nbsp;?<br><br><em>On apercevrait\u2026 une colline\u2026 le sommet, la courbure d\u2019une colline\u2026 quelques arbres, deux ou trois maisons au loin, avec une barri\u00e8re\u2026 une faible ligne dans le ciel, une tra\u00eene nuageuse\u2026 et tout cela a l\u2019air de bouger, de tourner, de basculer doucement, de dispara\u00eetre ici\u2026 de r\u00e9appara\u00eetre l\u00e0, de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9\u2026 et toujours, au sommet de la colline, un chien, ou un loup, court, le tout comme dans un th\u00e9\u00e2tre d\u2019ombres\u2026<\/em><br><br>\u2014 Moi, je te dis que c\u2019est pas \u00e0 quelque chose qu\u2019on arrivera, non, \u00e7a on y arrivera jamais, mais \u00e0 quelqu\u2019un, peut-\u00eatre\u2026<br><br>\u2014 C\u2019est pas \u00e0 toi que je parlais, mais \u00e0 iel.<br><br><em>Non, pas <\/em>comme<em>\u2026 le plan aussi bouge, en flottant il d\u00e9rive, recule, s\u2019\u00e9largit\u2026 on passe du paysage \u00e0 son cadre, le cadre en bois du petit th\u00e9\u00e2tre ambulant, celui d\u2019un tableau, d\u2019une photo, d\u2019une diapo\u2026 un cadre toujours plus resserr\u00e9, r\u00e9duit sur son bois, pour un plan, un paysage toujours plus large\u2026 et ce serait le jour ou la nuit dans ce th\u00e9\u00e2tre\u2026&nbsp;? et ce chien, ou ce loup, qu\u2019on entend courir, haleter\u2026 en l\u2019imaginant la langue pendante, sautillante\u2026 <\/em>Les Nuits du chien<em>, y a pas une \u0153uvre qui s\u2019appelle comme \u00e7a&nbsp;?<\/em><br><br>\u2014 \u2026 moi\u2026&nbsp;? quelqu\u2019un, peut-\u00eatre\u2026 oui\u2026<br><br>\u2014 Il faut arriver \u00e0 quelqu\u2019un, c\u2019est \u00e7a que vous dites&nbsp;?<br><br>\u2014 Ou quelque part, peut-\u00eatre.<br><br>\u2014 \u2026 iel peut-\u00eatre\u2026 ici et l\u00e0 peut-\u00eatre\u2026<br><br><em>Parfois on entend comme un appel, un nom, mais lequel\u2026&nbsp;? la voix est si \u00e9touff\u00e9e, comme dans une vieille bande magn\u00e9tique qu\u2019on \u00e9coute et r\u00e9\u00e9coute en tendant l\u2019oreille pour essayer de mieux l\u2019entendre, pour distinguer ce nom fuyant, couvert par des bruits de verre cass\u00e9, pil\u00e9, de papier froiss\u00e9\u2026 et quelque chose cogne, tombe peut-\u00eatre\u2026 des coups mats.<\/em><br><br>\u2014 et peut-\u00eatre pas<br><br>\u2014 Non mais\u2026 je comprends mieux, en effet, on arrivera \u00e0 rien. Ni rien ni personne ni nulle part\u2026 vous voulez me faire tourner en bourrique, bande de chiens&nbsp;!<br><br>\u2014 et comment<br><br>\u2014 Ah&nbsp;!<br><br>\u2014 \u2026 ah\u2026<br><br>\u2014 Peut-\u00eatre, l\u00e0\u2026<br><br>\u2014 Quoi&nbsp;?<br><br>\u2014 T\u2019as senti&nbsp;? la vibration&nbsp;? le glissement&nbsp;? T\u2019entends comme \u00e7a bourdonne encore&nbsp;? avec ces petits coups au loin&nbsp;?<br><br>\u2014 et pas comme<br><br>\u2014 Rien. Je sens surtout que tu me m\u00e8nes en bateau.<br><br>\u2014 \u2026 pas bateau\u2026 en b\u00e2tard\u2026<br><br>\u2014 Comment\u2026&nbsp;? Qu\u2019est-ce qu\u2019il me chante lui&nbsp;?<br><br>\u2014 Que t\u2019y vois rien. Que tu sais pas. Que tu sens plus rien. Que tu sens le chien.<br><br>\u2014 \u2026 le <em>iench<\/em>\u2026 b\u00e2tard\u2026<br><br><em>Et si on tend bien l\u2019oreille, si on arrive \u00e0 d\u00e9chirer la gaze vibratile et nasillarde de l\u2019appareil\u2026 on entend aussi, en fond, comme des voix d\u2019enfants dans un parc de jeux ou une cour d\u2019\u00e9cole, avec\u2026 de petits cris, et\u2026 c\u2019est tout un arri\u00e8re-pays au-del\u00e0 des quelques arbres, des deux ou trois maisons, de la barri\u00e8re, en gravitation.<\/em><br><br>\u2014 Voil\u00e0 qu\u2019iel m\u2019insulte&nbsp;!<br><br>\u2014 Non, c\u2019est pas le mot, c\u2019est pas \u00e7a.<br><br>\u2014 Et t\u2019appelles \u00e7a comment alors&nbsp;?<br><br>\u2014 Ben\u2026 comme \u00e7a justement\u2026<br><br>\u2014 Comme \u00e7a&nbsp;?<br><br>\u2014 Oui\u2026 <em>comment<\/em>.<br><br>\u2014 Quoi&nbsp;?<br><br>\u2014 \u2026 pas quoi\u2026<br><br>\u2014 Mais\u2026 quoi <em>comment<\/em>\u2026&nbsp;? quoi <em>pas quoi<\/em>\u2026&nbsp;? c\u2019est vous les b\u00e2tards\u2026&nbsp;!<br><br>\u2014 et comment<br><br><em>Et on n\u2019arrive plus \u00e0 rien ici\u2026 zut\u2026&nbsp;! j\u2019avais pas pr\u00e9vu qu\u2019ils disparaissent si t\u00f4t\u2026 on le voit courir le chien, mais on ne sait encore rien ni du pourquoi ni du comment\u2026 apr\u00e8s\u2026 j\u2019aurais d\u00fb m\u2019en douter, c\u2019est toujours comme \u00e7a avec eux\u2026 c\u2019est toujours come \u00e7a avec moi aussi&nbsp;: d\u00e8s que je les entends je m\u2019imagine de ces choses et je me projette si loin dedans que je n\u2019entends plus leurs gueules de loups, je suis d\u00e9j\u00e0 ailleurs, en somme\u2026 et voil\u00e0 comment, l\u00e0, ici, et encore\u2026 je me retrouve avec ce chien qui se barre\u2026 j\u2019aurais au moins voulu savoir s\u2019il faisait jour ou nuit dans ce th\u00e9\u00e2tre d\u2019ombres\u2026 ou si c\u2019est le petit jour ou la tomb\u00e9e de la nuit\u2026 en tout cas, c\u2019est toujours entre chien et loup\u2026<\/em><\/pre>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p><strong>Atelier |<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Zut&nbsp;! \u00ab&nbsp;H\u00e9bergement en maintenance&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>(Demain, cela fera trois semaines, d\u00e9j\u00e0, que Lulu n\u2019est plus. J\u2019ai dit que je devais passer la voir&nbsp;? Je l\u2019ai bien vue, je lui ai parl\u00e9, un peu. Mais elle n\u2019a pas r\u00e9pondu. Elle ne m\u2019a pas vu. Elle n\u2019a vu personne. Et pourtant, on s\u2019est occup\u00e9 d\u2019elle, on lui a parl\u00e9, on lui a tenu la main, on lui a caress\u00e9 la joue et les cheveux. Mais non. Aucun signe.)<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">17092025<\/h1>\n\n\n\n<p><strong>Foss\u00e9s |<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Hier, il a \u00e9t\u00e9 question de col\u00e8re, et d\u2019abord dans la structure \u2014 avant de remonter le temps \u2014, et la s\u00e9ance a \u00e9t\u00e9 particuli\u00e8rement sourde.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019en ai retrouv\u00e9, totalement par hasard, l\u2019essentiel et comme un contrepoint <a href=\"https:\/\/www.la-grange.net\/2025\/08\/21\/colere\">dans la Grange de Karl<\/a>. Moins dans son tout petit mot du jour (encore que ce \u00ab&nbsp;cyclope robotique&nbsp;\u00bb, quand je me retrouve devant l\u2019\u00e9cran, ne va pas si mal) que dans sa lecture du moment&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Si vous tombez dans un foss\u00e9, vous pouvez en sortir, mais une fois que vous glissez d&rsquo;une falaise abrupte, vous ne pouvez plus reprendre pied dans une nouvelle vie. La seule chose qui peut vous emp\u00eacher de tomber, c&rsquo;est le moment de votre mort. Mais vous devez n\u00e9anmoins continuer \u00e0 vivre jusqu&rsquo;\u00e0 votre mort, vous n&rsquo;aviez donc d&rsquo;autre choix que de continuer \u00e0 travailler avec diligence pour obtenir votre r\u00e9compense.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p><strong>Atelier | Marcel |<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c7a se resserre. \u2014 Le texte \u00e0 partir de l\u2019ancienne photo de famille devrait int\u00e9grer les textes de l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re qui te concernent. Et le prochain, en archive projective, aussi. (Mais attendons la suite.)<br><\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div id=\"pistes\" class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h1 class=\"wp-block-heading has-light-gray-background-color has-background\">19092025 | pistes &#8211; recto<\/h1>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse has-text-align-left\"><strong><em>Chroniques marcelles<\/em><br><\/strong><br>P\u00e9riode : 25 ao\u00fbt 2026 \u2013 10 ao\u00fbt 2027&nbsp;(26 juillet 2028)<br><br>Figures majeures de la p\u00e9riode : Lulu Feue, la Meute (collectif), Margot Despr\u00e9s, Alice Zheimer, Martial Beno\u00eet<br><br>Courants esth\u00e9tiques et id\u00e9ologiques : \u00e9criture \u00e0 venir\/en vain, biographie im-possible, fictior\u00e9alisme (\u00e0 la limite)<br><br>\u00c9v\u00e8nement(s) marquant(s)&nbsp;: n\u00e9ant<br><br>\u00c9v\u00e8nement(s) manquant(s) : rencontre des descendants de la famille Fissou de Roziers-Saint-Georges et de ceux de la famille Lh\u00e9ritier de Linards, d\u00e9couverte de la correspondance du p\u00e8re Fissou<br><br>\u0152uvres principales :<br><br>- Chroniques marcelles&nbsp;: 350 tomes parus en feuillets, du 25 ao\u00fbt 2026 au 9 ao\u00fbt 2027, \u00e0 raison d\u2019un feuillet par jour, sous des formats de papier tr\u00e8s divers (cloche, \u00e9colier, couronne, coquille, j\u00e9sus, soleil, petit-aigle, grand monde et univers), et pli\u00e9s dans tous les formats bibliographiques, de l\u2019in-folio \u00e0 l\u2019in-libro<br><br>- <em>En attendant Marcel<\/em>, hors-s\u00e9rie du 10 ao\u00fbt 2027 bouclant la s\u00e9rie, est d\u2019abord paru sur la Toile comme un parcours num\u00e9rique interactif personnel, avant sa publication papier au terme de 350 jours, le 26 juillet 2028, en 350 livres, \u00e9ditions de parcours originaux de lecteurs ayant remport\u00e9s le concours de lecture<br><br>\u00c9picentre(s) g\u00e9ographique(s) : Chez Servant, Fl\u00e9rac, Chez Laheux (voire Chez G\u00e2tineau)<br><br>Bibliographie scientifique : <em>Vies du petit Marcel<\/em>, <em>350 jours et des poussi\u00e8res (toujours)<\/em>, <em>Les Sans-Marcel<\/em>, <em>Pour un Marcel de poche<\/em>, <em>Les Enfants du bloc<\/em>, <em>Le grand j\/e<\/em>, <em>Vivre \u00e0 l\u2019inconnu<\/em><\/pre>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-light-gray-background-color has-background\">21092025 | pistes &#8211; verso<\/h1>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">des <em>Chroniques marcelles<\/em> comme des histoires de vies sans lendemains, jour apr\u00e8s jour<br><br>et ce serait \u00e7a, une sorte d\u2019\u00e9clat\u00e9 par tranches de vies, v\u00e9cues par l\u2019un, par l\u2019autre, l\u2019ensemble constituant les \u00e9l\u00e9ments \u00e9pars d\u2019une vie aussi r\u00e9elle qu\u2019elle est imaginaire, <em>fictieuse&nbsp;<\/em>?<br><br>aime explorer de fausses pistes, en utilisant l\u2019intelligence artificielle au besoin (le Chat Noir, exclusivement), entre <strong>style<\/strong> <strong>exp\u00e9rimental<\/strong>, inspir\u00e9 de l\u2019Oulipo (comme <em>La Vie mode d\u2019emploi<\/em> de Perec) \u2014 <strong>contenu possible<\/strong> : chaque chapitre suit une <strong>contrainte diff\u00e9rente<\/strong> (ex. : n\u2019utiliser que des mots commen\u00e7ant par <em>M<\/em>, \u00e9crire \u00e0 la mani\u00e8re de Marcel Aym\u00e9, etc.)&nbsp;; les personnages s\u2019appellent tous <em>Marcel<\/em> ou <em>Marcelle<\/em>, mais changent d\u2019identit\u00e9 \u00e0 chaque r\u00e9cit&nbsp;; <strong>th\u00e8mes<\/strong> : le jeu avec le langage, l\u2019identit\u00e9 fluide (<strong>exemple de chapitre<\/strong> : <em>\u00ab&nbsp;Marcel mange des macarons en musique&nbsp;\u00bb<\/em> \u2013 un texte o\u00f9 chaque phrase commence par un <em>M<\/em><br><br>\u00e0 la recherche de cette journ\u00e9e qui, enfin, verra la nuit tomber sur les jours sans fin<br><br>sur les traces des <em>Disparus<\/em> de Daniel Mendelsohn \u00ab&nbsp;chaque culture, chaque auteur, raconte des histoires de mani\u00e8re diff\u00e9rente, et chaque style narratif ouvre, pour les autres narrateurs d\u2019histoires, des possibilit\u00e9s dont il n\u2019aurait, sinon, pas m\u00eame r\u00eav\u00e9<br><br>quand la petite Lulu, jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent pr\u00eate-corps et porte-voix insoup\u00e7onn\u00e9s (avec le chien, quand Marcel veut communiquer avec elle), apprend l\u2019existence de ce fr\u00e8re bien apr\u00e8s, bien trop tard, presque par hasard, comment imaginer la fa\u00e7on dont la qu\u00eate sans fin s\u2019incarne au plus profond de soi<br><br>et <strong>style<\/strong> <strong>non-fiction litt\u00e9raire<\/strong>, comme les chroniques de <em>Joseph Roth<\/em> ou <em>Annie Ernaux<\/em> \u2014 <strong>contenu possible<\/strong> : des <strong>portraits de personnes pr\u00e9nomm\u00e9es Marcel\/le<\/strong> : un boulanger, une militante, un enfant transgenre\u2026&nbsp;; des <strong>lieux marceliens<\/strong> : la rue Marcel-Sembat \u00e0 Paris, un caf\u00e9 nomm\u00e9 <em>Chez Marcel<\/em> \u00e0 Marseille\u2026&nbsp;; t<strong>h\u00e8mes<\/strong> : la diversit\u00e9 des vies derri\u00e8re un pr\u00e9nom, la trace des anonymes dans l\u2019Histoire<br><br>dans chacune d\u2019elle, \u00e0 un moment donn\u00e9, une phrase, une formule, un mot, une image, avec ce ton si \u00e9trangement oratoire pour ce jour qui ne viendra pas<br><br>le n\u0153ud gordien, ce sont ces lettres&nbsp;: ces lettres que le p\u00e8re Fissou, l\u2019arri\u00e8re-grand-p\u00e8re, aurait adress\u00e9es \u00e0 ses fr\u00e8res et \u00e0 sa s\u0153ur a\u00een\u00e9s&nbsp;; ces lettres o\u00f9 il leur raconterait ce qu\u2019il s\u2019est pass\u00e9 les jours pr\u00e9c\u00e9dents la mort du \u00ab&nbsp;petit&nbsp;\u00bb&nbsp;; ces lettres o\u00f9 il reviendrait aussi sur ses conditions de vie en tant que jeune soldat, des ann\u00e9es apr\u00e8s l\u2019occupation de la Rh\u00e9nanie&nbsp;; mais ces lettres dont on ne sait au fond rien de mieux que le conditionnel de ces r\u00e9cits qu\u2019elles contiendraient, puisqu\u2019on n\u2019est toujours pas s\u00fbr qu\u2019elles existent<br><br>genre d\u2019endroit si ordinaire que peu de gens auraient jug\u00e9 qu\u2019il valait la peine qu\u2019on \u00e9criv\u00eet \u00e0 son sujet, jusqu\u2019\u00e0 ce que cet endroit et tous les autres comme lui fussent sur le point d\u2019\u00eatre effac\u00e9s&nbsp;\u00bb&nbsp;: ainsi en va-t-il de chaque lieu, zone, espace, que chaque chronique essaie, autant que possible, de d\u00e9crire, \u00e0 d\u00e9faut de circonscrire<br><br>du portrait de famille qui ouvre la s\u00e9rie, il ne sera plus question, et l\u2019on perdra le fil de l\u2019histoire, s\u2019il y en a un, qui la relie avec toutes les autres&nbsp;; et pourtant&nbsp;: le grain de l\u2019image, si l\u2019on veut, semble traverser l\u2019\u0153uvre, de chronique en chronique&nbsp;; ou plut\u00f4t, c\u2019est comme si chacune d\u2019elle reconstituait un monde tir\u00e9 de cette image \u00e9gren\u00e9e comme l\u2019est, peut-\u00eatre, la ceinture d\u2019ast\u00e9ro\u00efdes en gravitation autour du soleil \u2014 quand l\u2019un d\u2019eux finit, allez savoir pourquoi, par d\u00e9crocher de son orbite et finir, par le plus grand des hasards, en \u00e9toile filante dissoute dans notre atmosph\u00e8re&nbsp;: de la famille, des fr\u00e8re et s\u0153ur, du regard d\u2019une m\u00e8re, du soleil et de l\u2019ombre, le mur trou\u00e9, la fen\u00eatre \u00e0 l\u2019\u00e9gal d\u2019une porte, la croix, le pied de vigne en constellation, la masse v\u00e9g\u00e9tale \u00e9cumeuse, la nuit et la mer, des trous, pieds et mains mutants, les yeux vides, leur sourire<\/pre>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h1 class=\"wp-block-heading has-light-gray-background-color has-background\">24092025 | vertiges<\/h1>\n\n\n\n<p><strong>Atelier |<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il a bien fallu deux, peut-\u00eatre m\u00eame trois journ\u00e9es. Les fragments se sont \u00e9gren\u00e9s, avec l\u2019aide de la photo et la lecture de de Mendelsohn.<\/p>\n\n\n\n<p>(L\u2019id\u00e9e d\u2019organiser un ensemble de textes, d\u00e9j\u00e0 \u00e9crits, me semble plus terrible que celle de les \u00e9crire. Un effet semblable \u00e0 celui que je peux \u00e9prouver \u00e0 l\u2019id\u00e9e de r\u00e9diger un texte \u00e0 partir des notes d\u00e9j\u00e0 prises, mais avec moins d\u2019intensit\u00e9.)<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p><strong>\u00c9nergie |<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il fut un temps o\u00f9 j\u2019aurais pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 regarder <em>Le Vieux fusil<\/em>, avec Noiret et Romy Schneider, au <em>Jason Bourne<\/em> en Matt Damon. Mais pas cette fois. Un souci d\u2019\u00e9conomie d\u2019\u00e9nergie dans le besoin d\u2019identification&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;il y a tant de choses que vous ne voyez pas vraiment, pr\u00e9occup\u00e9 comme vous l\u2019\u00eates de vivre tout simplement&nbsp;; tant de choses que vous ne remarquez pas, jusqu\u2019au moment o\u00f9, soudain, pour une raison quelconque \u2014 vous ressemblez \u00e0 quelqu\u2019un qui est mort depuis longtemps&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">(<em>Les Disparus<\/em>, Daniel Mendelsohn)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p><strong>Atelier |<\/strong><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-light-gray-background-color has-background\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-light-gray-background-color has-background\">0. (\u00e7a continue)<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list has-light-gray-background-color has-background\">\n<li>lancer d\u2019abord la musique, et pourquoi pas la compilation Trip-Hop Classics&nbsp;?<\/li>\n\n\n\n<li>faire de la place sur le bureau<\/li>\n\n\n\n<li>au pr\u00e9alable, glisser le dossier sur le bureau (de la machine) et lancer les impressions<\/li>\n\n\n\n<li>(finir de ranger les disques \u2014 m\u00eame s\u2019il s\u2019agit d\u2019une distraction inutile, mais il s\u2019agit aussi de reculer, devant l\u2019obstacle, pour mieux sauter, plonger)<\/li>\n\n\n\n<li>place nette sur le bureau, mais toujours cette tentation de conserver deux ou trois livres \u2014 histoire de s\u2019accrocher u cas o\u00f9 l\u2019on glisserait, tomberait&nbsp;? et alors quoi faire du Marteau sans ma\u00eetre, d\u00e9j\u00e0 sorti l\u2019autre jour de la biblioth\u00e8que sans m\u00eame l\u2019avoir encore consult\u00e9&nbsp;?<\/li>\n\n\n\n<li>il faudra certainement revoir le titre<\/li>\n\n\n\n<li>\u2014 stopper cette liste et se mettre au travail \u2014<\/li>\n\n\n\n<li>les textes imprim\u00e9s, dans l\u2019ordre chronologique de leur \u00e9criture, on essaiera de les reclasser, ce qui devrait n\u00e9cessiter (dans mon esprit, pour l\u2019instant&nbsp;; la pratique devrait changer bien des choses&nbsp;; peut-\u00eatre les renversera-t-elle) le travail suivant&nbsp;:<ul><li>se souvenir d\u2019abord de la fin du V\u0153u de chastet\u00e9 du Dogma95, et la comprendre&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je ne suis plus un artiste. Je jure de m&rsquo;abstenir de cr\u00e9er une \u201c\u0153uvre\u201d, car je vois l&rsquo;instant comme plus important que la totalit\u00e9. Mon but supr\u00eame est de faire sortir la v\u00e9rit\u00e9 de mes personnages et de mes sc\u00e8nes. Je jure de faire cela par tous les moyens disponibles et au prix de mon bon go\u00fbt et de toute consid\u00e9ration esth\u00e9tique.&nbsp;\u00bb \u2014 ainsi soit-il<\/li><\/ul><ul><li>alors, lire le d\u00e9but de chaque texte<\/li><\/ul><ul><li>(essayer de les lire en entier)<\/li><\/ul><ul><li>attribuer un mot-clef (pas un titre), deux ou trois (mais pas plus)<\/li><\/ul><ul><li>rebattre le jeu de l\u2019ensemble textuel en fonction de ces mots<\/li><\/ul><ul><li>donc, cr\u00e9er une sorte de texte en devenir avec la nouvelle combinaison des mots-clefs<ul><li>probl\u00e8me&nbsp;: faut-il faire la m\u00eame chose pour les quatre ensemble textuels (issus de quatre dossiers), ind\u00e9pendamment les uns des autres \u2014 ou faut-il r\u00e9agencer le tout, cr\u00e9er une grande cha\u00eene de mots-clefs, quel que soit l\u2019ensemble d\u2019o\u00f9 chaque texte provient&nbsp;?<\/li><\/ul><ul><li>probl\u00e8me annexe&nbsp;: les notes qui enveloppent chacun des textes, dans lesquelles, par lesquelles, ils se sont \u00e9crits \u2014 ces notes en forme de nids \u2014, faudra-t-il les int\u00e9grer dans leur ordre chronologique, ou dans l\u2019ordre de la combinaison finale&nbsp;?<\/li><\/ul><ul><li>(et faut-il les int\u00e9grer \u00e0 l\u2019ensemble tout court&nbsp;?)<\/li><\/ul><\/li><\/ul><ul><li>\u2014 avant tout, prendre une bonne douche, et aller acheter du pain (j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 faim) \u2014<\/li><\/ul>\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>\u00e0 chaque mot-clef, un Post-it de fa\u00e7on \u00e0 faire, d\u00e9faire, refaire \u00e0 loisir les mille et une combinaisons possibles de l\u2019ensemble (possibles en th\u00e9orie, mais il n\u2019en existe qu\u2019une en pratique&nbsp;: laquelle&nbsp;?)<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n\n\n\n<li>et quoi apr\u00e8s&nbsp;?<\/li>\n\n\n\n<li>(\u00e7a continue)<\/li>\n\n\n\n<li>la m\u00e9thode, peut-\u00eatre pour comprendre qu\u2019il n\u2019y en a pas, mais pour le savoir, il faut s\u2019y int\u00e9resser \u2014 la m\u00e9thode&nbsp;? on ne va quand m\u00eame pas relire Descartes&nbsp;! \u2014 si, tu peux, si \u00e7a te permet de sortir de cette liste et pense que cette lecture fait partie du travail<\/li>\n\n\n\n<li>et justement, quoi lire en parall\u00e8le&nbsp;?<\/li>\n\n\n\n<li>et si \u00e7a ne marche&nbsp;? \u2014 surtout, ne pas trop y croire&nbsp;: ne pas croire que \u00e7a va fonctionner comme sur des roulettes, mais croire encore moins que \u00e7a ne fonctionnera pas<\/li>\n\n\n\n<li>(repenser au V\u0153u de chastet\u00e9 du Dogma95)<\/li>\n\n\n\n<li>surtout, sortir, de temps en temps, dans le jardin, aller caresser le chat (si on en a un, pas moi), jouer avec le chien (si on en a un, pas moi), embrasser un arbre (m\u00eame mort), crier sa haine et son d\u00e9go\u00fbt de l\u2019\u00e9criture, et rentrer s\u2019y remettre<\/li>\n\n\n\n<li>se reposer sur quelques livres<\/li>\n\n\n\n<li>\u2014 prendre le temps d\u2019un bon go\u00fbter aussi, il faut savoir retrouver des forces le plus simplement du monde, avec une tartine de pain beurr\u00e9 et de la confiture \u2014<\/li>\n\n\n\n<li>tiens, pour commencer (fa\u00e7on de parler) pense \u00e0 Olivia Rosenthal&nbsp;: \u00ab&nbsp;Si on ne se trompe pas en \u00e9crivant ou si l\u2019\u00e9criture ne d\u00e9place pas \u00e0 mesure ce qu\u2019on avait pr\u00e9vu d\u2019\u00e9crire, c\u2019est qu\u2019on est devenu une machine.&nbsp;\u00bb<\/li>\n\n\n\n<li>(\u2014 une bonne douche aussi, \u00e7a d\u00e9tend \u2014)<\/li>\n\n\n\n<li>surtout, ne pas croire qu\u2019on fera, seul, fonctionner la chose&nbsp;: <em>\u00e7a marche\/\u00e7a ne marche pas<\/em>&nbsp;: laisser le lecteur, pour lui-m\u00eame (pas dans l\u2019absolu, avec l\u2019id\u00e9e tordue qu\u2019on s\u2019en fait parce qu\u2019on aurait \u00e9t\u00e9 \u00e0 bonne \u00e9cole, universitaire, de critique litt\u00e9raire, objective autant que possible), en d\u00e9cider<\/li>\n\n\n\n<li>(ne jamais rien attendre en retour)<\/li>\n\n\n\n<li>et puis tiens, aussi, \u00e9coute <em>f<\/em>&nbsp;: \u00ab&nbsp;Vertige&nbsp;? C\u2019est le but. Avancer en cassant derri\u00e8re soi. On \u00e9crit, on num\u00e9rote, on recommence. Pas besoin de lien entre ce qui s\u2019\u00e9crit, et le passage qui pr\u00e9c\u00e8de. \u00c7a rate, \u00e7a patine&nbsp;? On num\u00e9rote, on passe.&nbsp;\u00bb \u2014 avec \u00e7a, t\u2019as presque pas besoin de toucher \u00e0 quoi que ce soit, m\u00eame ton r\u00e9agencement combinatoire est peut-\u00eatre plus artificiel que les textes tels qu\u2019ils sont apparus quand ils sont apparus au milieu d\u2019un fatras de notes aussi compl\u00e9mentaires que contradictoires, aussi utiles que futiles, aussi r\u00e9ussies que rat\u00e9es<\/li>\n\n\n\n<li>alors on fait quoi&nbsp;?<\/li>\n\n\n\n<li>finis ton caf\u00e9, les impressions sont bient\u00f4t termin\u00e9es, et arr\u00eate de poser des questions, tu ne fais que retarder l\u2019\u00e9ch\u00e9ance\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>dans mon esprit, les notes se suivent dans l\u2019ordre chronologique, on voit ainsi l\u2019\u00e9volution d\u2019un texte qui, pourtant, au final, suit une autre logique, une logique de mots-clefs qui n\u2019apparaissent nulle part ailleurs que sur les Post-it vou\u00e9s \u00e0 dispara\u00eetre, une logique de noms \u00e9crits sous l\u2019empire du non-dit\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>(rien compris&nbsp;! \u2014 quelqu\u2019un a compris&nbsp;? \u2014 \u00e7a veut dire qu\u2019on va faire quoi&nbsp;?)<\/li>\n\n\n\n<li>(\u00e7a continue)<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n\n\n\n<li>et on colle \u00e7a sur quoi&nbsp;? le bureau&nbsp;? le mur&nbsp;? un tableau, mais j\u2019en n\u2019ai pas&nbsp;?<\/li>\n\n\n\n<li>l\u2019\u00e9cran, histoire que tu ne sois pas tent\u00e9 de te distraire&nbsp;?<\/li>\n\n\n\n<li>(ou histoire d\u2019arr\u00eater d\u2019\u00e9crire, ou, plut\u00f4t, de commencer \u00e0 \u00e9crire sans clavier, sans stylo ou crayon&nbsp;: sans \u00e9criture quoi)<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n\n\n\n<li>ah le retard, \u00e9crire, mais toujours avec un temps de retard<\/li>\n\n\n\n<li>\u2014 d\u2019ailleurs, c\u2019est l\u2019heure d\u2019aller marcher, c\u2019est bien aussi, la marche \u2014<\/li>\n\n\n\n<li>la m\u00e9thode, je crois surtout qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une question de rythme, de cadence dans le travail, sans retard donc, sauf s\u2019il est r\u00e9gulier, sauf s\u2019il g\u00e9n\u00e8re un autre rythme, une autre mesure, un troisi\u00e8me temps disons<\/li>\n\n\n\n<li>c\u2019est bien beau tout \u00e7a mais, on est o\u00f9 exactement&nbsp;?<\/li>\n\n\n\n<li><em>Comme un retour \u00e0 mes notes num\u00e9rot\u00e9es de jadis. La derni\u00e8re date du 29 mars 2024, c\u2019\u00e9tait le num\u00e9ro 218. \u2014 Apr\u00e8s, le syst\u00e8me de notes s\u2019est lib\u00e9r\u00e9 des nombres, du compte implacable. Mais il s\u2019est inscrit sous la date. \u2014 Une date, cela dit, plac\u00e9e \u00e0 l\u2019ombre du nombre, le jour, le mois et l\u2019ann\u00e9e encha\u00een\u00e9s sans signe typographique les distinguant. \u2014 Une note dans le plein de cette \u00e9criture qui reste encore \u00e0 venir, mais sans plus rien noter.<\/em><\/li>\n\n\n\n<li>en plus les impressions se sont arr\u00eat\u00e9es, qui va remettre des feuilles&nbsp;?<\/li>\n\n\n\n<li>ah&nbsp;! <em>La Maison des Feuilles<\/em>, voil\u00e0 de quoi lire en parall\u00e8le<\/li>\n\n\n\n<li>ah non&nbsp;! pas celui-ci&nbsp;! parce que franchement, puisque personne n\u2019a lu cette \u0153uvre, apparemment, des feuilles, dedans, quelle gaspillage&nbsp;! si vous voyiez le nombre de feuilles vides, par endroits, \u00e0 croire que c\u2019est l\u2019encre qui a manqu\u00e9&nbsp;! si vous voyiez toutes ces pages avec deux ou trois lignes, m\u00eame pas des phrases, tout en bas, et d\u2019autres o\u00f9 quelques mots semblent flotter, comme \u00e7a, pour rien, d\u00e9croch\u00e9s qu\u2019ils sont de leur phrase commenc\u00e9e, quoi, quelques pages en amont, et qui se terminera quelques pages plus loin, toutes plus vides les unes que les autres&nbsp;!<\/li>\n\n\n\n<li>(rabat-joie)<\/li>\n\n\n\n<li>et tenez, regardez, puisqu\u2019au fond ce qui s\u2019appelle lire ne peut plus vraiment s\u2019appeler comme \u00e7a, voyez, l\u00e0, page 218, en tout cas sur mon \u00e9dition, l\u00e0, ces trois mots, et c\u2019est d\u00e9j\u00e0 presque trop, trois en colonne&nbsp;: \u00ab&nbsp;debout \/ au \/ milieu&nbsp;\u00bb<\/li>\n\n\n\n<li>eh&nbsp;! tout reste \u00e0 faire, \u00e0 chaque instant<\/li>\n\n\n\n<li>(tu vois \u00e7a comme \u00e7a toi \u2014 oh, moi, tu sais)<\/li>\n\n\n\n<li>faut le dire si je vous ennuie avec mes questions, mais \u00e7a ne me dit pas o\u00f9 on en est, histoire de faire le point et de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 ce qu\u2019on peut <em>vraiment<\/em> faire<\/li>\n\n\n\n<li>(mais puisqu\u2019on lui dit qu\u2019il n\u2019y a plus rien \u00e0 faire, tout est d\u00e9j\u00e0 \u00e9crit, si j\u2019ai bien compris, c\u2019est bien \u00e7a&nbsp;? j\u2019ai bien compris)<\/li>\n\n\n\n<li>\u2014 bient\u00f4t minuit, il serait peut-\u00eatre temps d\u2019aller se coucher, non&nbsp;? \u2014 ah oui&nbsp;! c\u2019est bien aussi, le sommeil, surtout si on a beaucoup march\u00e9 \u2014<\/li>\n\n\n\n<li>(et \u00e7a continue)<\/li>\n<\/ol>\n<\/div><\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">25092025<\/h1>\n\n\n\n<p>Je regarde un anim\u00e9 \u2014 j\u2019en suis rest\u00e9 au <em>film d\u2019animation<\/em> \u2014 qui me met en col\u00e8re. Le sujet de l\u2019histoire n\u2019est pas simple, les images sont plaisantes, graphiquement et dans leur montage. Et certains passages me mettent en col\u00e8re \u2014 en particulier celui qui me rappellent la fa\u00e7on dont les \u00ab\u00a0migrants\u00a0\u00bb en Russie, en Bi\u00e9lorussie, ont \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9s par camions, et \u00ab\u00a0l\u00e2ch\u00e9s\u00a0\u00bb, pour rejoindre la fronti\u00e8re d\u2019un pays balte, de la Pologne, de l\u2019Union europ\u00e9enne, c\u2019\u00e9tait l\u2019hiver, et la fronti\u00e8re \u00e9tait ferm\u00e9e, grillag\u00e9e, barbel\u00e9e, et ils ont err\u00e9 sur le chemin. Et il y avait cette esp\u00e8ce de col\u00e8re. Avec cette id\u00e9e que l\u2019\u00e9cran, le film, est une sorte de miroir sans tain derri\u00e8re lequel on voit bien des choses du monde, en g\u00e9n\u00e9ral. Mais aussi, le miroir m\u00eame devant lequel on aper\u00e7oit, amplifi\u00e9, d\u00e9form\u00e9, retourn\u00e9, l\u2019envers du d\u00e9cor, de la col\u00e8re en soi.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">26092025<\/h1>\n\n\n\n<p><strong>Foss\u00e9s |<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>O\u00f9 il a surtout \u00e9t\u00e9 question de lointaines chutes, du souvenir qu\u2019on en garde avant, et de ce que les autres en ont dit comme seuls souvenirs pour l\u2019apr\u00e8s. On se souvient donc du jeu, des r\u00e9cits, la chute en point de bascule ou relais.<\/p>\n\n\n\n<p>(Va savoir pourquoi, dans les toilettes des Foss\u00e9s c\u2019\u00e9tait si lumineux, j\u2019ai pris une photo. Mais malheureusement, elle ne correspond pas \u00e0 ce que j\u2019ai vu \u2014 \u00e0 moins de la retravailler avec la machine \u2014, ou \u00e0 ce que j\u2019ai ressenti. C\u2019est vrai qu\u2019il faisait bon.)<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p><strong>Bricolo | Rigolo |<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Un jour, d\u2019un coup de dents, le lapin a coup\u00e9 net le fil \u00e9lectrique de la guirlande. Fini les petites lumi\u00e8res des boules de coton tiss\u00e9. \u2014 <em>Pas d\u2019un seul coup de dents, il en a donn\u00e9 plusieurs \u00e0 diff\u00e9rents endroits du fil, et en aura certainement donn\u00e9 plusieurs aussi l\u00e0 o\u00f9 le fil a fini par l\u00e2cher, juste au niveau de la fiche qui s\u2019encastre dans l\u2019adaptateur \u00e9lectrique. Mais je raconte une histoire, je ne d\u00e9cris pas ce qui s\u2019est r\u00e9ellement pass\u00e9. D\u2019autant que je n\u2019\u00e9tais pas l\u00e0 \u00e0 observer le lapin. <\/em>\u2014 Un autre jour, je d\u00e9cide de r\u00e9parer le fil. Le temps trouver les mots-clefs me permettant de commander le bon connecteur \u00e9lectrique, estampill\u00e9 \u00ab&nbsp;12V \/ 24V DC M\u00e2le Femelle Connecteurs 2.1 X 5.5 mm DC Alimentation Fiche Prise Adaptateur Presse Type Borne Connecteur\u2026&nbsp;\u00bb, je me retrouve surtout idiot devant le fil coup\u00e9, d\u00e9nud\u00e9 \u00e0 l\u2019aide d\u2019une pointe de couteau pr\u00e9cautionneusement (il y a assez du lapin), en me demandant quel est celui qui se connecter \u00e0 la borne positive (bouton pression rouge), et quel autre \u00e0 la borne n\u00e9gative (bouton noir). Car la gaine du fil \u00e9lectrique est transparente. Aucun code couleur. Donc, soit je tente ma chance \u00e0 cinquante-cinquante, au risque de griller la cinquantaine de lampes LED, soit je demande conseil. J\u2019ai le temps, j\u2019appelle mon p\u00e8re, je vais chez Milou, et en moins de cinquante secondes, je sais quel fil rel\u00e8ve du positif, quel autre du n\u00e9gatif, gr\u00e2ce \u00e0 un petit testeur simple d\u2019utilisation&nbsp;: la pointe rouge sur un fil, la noire sur l\u2019autre, le pouce sur le bouton&nbsp;: \u00e7a ne sonne pas, c\u2019est l\u2019inverse, \u00e7a sonne (un bip continu), le courant passe. Et voil\u00e0. Les fils dans les trous, la fiche dans la borne, l\u2019adaptateur dans la prise, l\u2019interrupteur ferm\u00e9&nbsp;: la lumi\u00e8re est revenue. \u00c7a n\u2019\u00e9claire pas vraiment, mais c\u2019est joli ces nuances de violet, rouge, rose et blanc, sur le mur.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">27092025<\/h1>\n\n\n\n<p>Je croyais en avoir termin\u00e9, mais peut-\u00eatre pas encore \u2014 d\u2019ailleurs, en fait, \u00e7a n\u2019en finit pas (pas encore, pas maintenant, m\u00eame si \u00e7a arrivera, et s\u00fbrement plus t\u00f4t que pr\u00e9vu \u2014 mais c\u2019est toujours trop t\u00f4t, jusqu\u2019au bout, m\u00eame quand on sait qu\u2019on y est, au bout du bout&nbsp;: quand on le sent). C\u2019est surtout Mendelsohn et ses <em>Disparus<\/em>, au sujet de ce mot d\u2019\u00c9n\u00e9e, dans l\u2019<em>\u00c9n\u00e9ide<\/em> de Virgile&nbsp;: <em>sunt lacrima rerum<\/em>&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Dans mon esprit, cette phrase en latin est devenue une sorte de l\u00e9gende expliquant ces distances infranchissables cr\u00e9\u00e9s par le temps. Ils y avaient \u00e9t\u00e9 et nous non. <em>Il y a des larmes dans les choses.<\/em> Mais nous pleurons tous pour diff\u00e9rentes raisons.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">04102025<\/h1>\n\n\n\n<p>(Oui, ben\u2026 je sais pas, j\u2019ai laiss\u00e9 couler\u2026)<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p>Daniel Mendelsohn rapportant cette id\u00e9e de Froma Zeitlin&nbsp;: \u00ab&nbsp;que vous envisagez la complexit\u00e9 comme le probl\u00e8me et non comme la solution.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>(en m\u00eame temps\u2026 je viens juste de jeter un \u0153il au manuscrit, je ne l\u2019avais pas ouvert jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, j\u2019ai gliss\u00e9 plus de languettes \u00e0 mots-clefs dans <em>Les Disparus<\/em>\u2026 pour le reste, au quotidien, au travail\u2026 ce n\u2019est pas qu\u2019il n\u2019y a rien \u00e0 dire, surtout apr\u00e8s la \u00ab\u00a0formation\u00a0\u00bb employeurs\/employ\u00e9s lundi dernier, ou le concert des Pelles \u00e0 gratter hier soir \u00e0 la m\u00e9diath\u00e8que, c\u2019est que je n\u2019ai rien \u00e0 dire\u2026)<\/p>\n\n\n\n<p>Et en m\u00eame temps, c\u2019est faux. Ce qui m\u2019a occup\u00e9, dans le manuscrit, c\u2019est d\u2019y ajouter les derni\u00e8res chroniques sur Marcel. Et puis cette voix, qui voudrait expliquer de quoi il s\u2019agit, mais n\u2019y parvient pas vraiment. \u2014 Et pourquoi ce besoin d\u2019expliquer&nbsp;? Et pourquoi cette fa\u00e7on de d\u00e9jouer l\u2019explication&nbsp;? Pourquoi ce <em>double bind<\/em>&nbsp;? Une fa\u00e7on d\u2019\u00e9crire l\u2019urgence&nbsp;? \u2014 Ah&nbsp;! en laissant couler&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">08102025<\/h1>\n\n\n\n<p><strong>Atelier |<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Finalement, non.<\/p>\n\n\n\n<p>Rien de plus. Je me dis que la po\u00e9sie, le po\u00e8me en ciel ouvert de la prose avec Laura Vazquez&nbsp;: impossible. Pas assez de force. D\u2019autant que je ne vois pas o\u00f9 <em>f<\/em> veut en venir&nbsp;: \u00ab&nbsp;si le recto c\u2019est la s\u00e9quence narrative, lieu et contexte, qui appelle la lecture du po\u00e8me et qui apr\u00e8s lui reprend, le verso sera ce po\u00e8me lui-m\u00eame.&nbsp;\u00bb Enfin\u2026 non, c\u2019est s\u00fbrement la consigne la plus claire. Mais aussi la plus large, la plus libre. Consigne \u00e0 ciel ouvert. Vraiment, je fatigue. Pas moyen de suivre dans toutes les directions. Pas moyen de rayonner. En tout cas, \u00e7a me fait penser \u00e0 Dante, la <em>Vita Nova<\/em>, entre prose et po\u00e9sie.<\/p>\n\n\n\n<p>(Et, aussi Ren\u00e9 Char, <em>Moulin Premier<\/em>, mais pour retrouver, peut-\u00eatre, par o\u00f9 commencer&nbsp;: \u00ab&nbsp;Vivant des globes. L\u2019ambition enfantine du po\u00e8te est de devenir un vivant de l\u2019espace. \u00c0 rebours de sa propre destination. Sa premi\u00e8re op\u00e9ration po\u00e9tique&nbsp;: subir son invasion, combiner ses \u00e9mois, ses plaisirs amoureux en de\u00e7\u00e0 des excr\u00e9ments dissimul\u00e9s de leur objet, se soustraire aux amnisties de droit divin, se d\u00e9manteler sans se d\u00e9truire.&nbsp;\u00bb)<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:31px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-light-gray-background-color has-background\">|| En attendant le d\u00e9luge |<br><br>On devrait plus souvent se promener dans le lit des rivi\u00e8res. Aujourd\u2019hui, j\u2019y ai aper\u00e7u des chevreuils furtifs, des oiseaux fant\u00f4mes, j\u2019ai entendu des insectes volants et des craquements. L\u2019herbe et certaines plantes s\u2019\u00e9taient install\u00e9es par endroits. Les pierres, les cailloux, le gravier et les grains de sable \u00e9taient de sortie. Les feuilles mortes commen\u00e7aient \u00e0 d\u00e9ployer leur couverture. Mais j\u2019ai surtout crois\u00e9 des blocs de pierre. Des ruines d\u2019anciens murs. Plant\u00e9es l\u00e0, dans la grave. Couverts de mousses. J\u2019ai cru d\u2019abord qu\u2019ils \u00e9taient assoupis, qu\u2019ils \u00e9taient l\u00e0 pour se reposer. Mais non. Les ruines, en fait \u2014 c\u2019est ce que j\u2019ai compris sur le chemin du retour \u2014, viennent dans le lit des rivi\u00e8res pour mourir. Elles trouvent un endroit, s\u2019y \u00e9chouent, et, peu \u00e0 peu, elles s\u2019enfoncent, s\u2019enveloppant dans un tapis de mousse, en attendant la dissolution. Le retour de l\u2019eau. Car les ruines ne sont pas destin\u00e9es, comme nous, au ciel, dans nos r\u00eaves, ou \u00e0 la terre. Mais \u00e0 l\u2019eau. No\u00e9 ne dirait pas le contraire. Et, la rivi\u00e8re \u00e0 sec, dans le lit de laquelle je marchais, je me suis dit que le d\u00e9luge ne serait pas de trop. ||<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">10102025<\/h1>\n\n\n\n<p><strong>Marcel |<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019accumule les Post-it sur le manuscrit, si c\u2019en est un, quelques mots-clefs sur un petit carr\u00e9 de papier, chacun d\u2019eux valant une esp\u00e8ce de relev\u00e9. J\u2019ajoute quelques textes anciens, tournant autour du m\u00eame pot. J\u2019\u00e9cris de nouveaux textes tournant autour d\u2019eux, essayant de prendre en \u00e9charpe tout ce qui se joue dans l\u2019ensemble si h\u00e9t\u00e9roclite, peut-\u00eatre incoh\u00e9rent, mani\u00e8re de distinguer, ou cr\u00e9er de fa\u00e7on artificielle, la coh\u00e9rence, une certaine homog\u00e9n\u00e9it\u00e9, au moins dans la forme. \u2014 Et je me demande bien ce que je fais, o\u00f9 je vais en venir, sur ces chemins qui ne m\u00e8nent nulle part. Et qui y m\u00e8nent d\u2019autant moins \u2014 ou plus, je ne sais comment on rebondit sur la double n\u00e9gation \u2014 que le meilleur de ce travail se trouve, peut-\u00eatre, dans le livre que peuvent constituer les notes d\u00e9laiss\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>(Avec, moi qui cherche \u00e0 reconstituer ton histoire, ou \u00e0 t\u2019en pr\u00eater des possibles \u2014 quelle dr\u00f4le d\u2019id\u00e9e sentimentale&nbsp;! \u2014, ces mots terribles des <em>Disparus<\/em> de Daniel Mendelsohn&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Les morts n\u2019ont pas besoin d\u2019histoires&nbsp;: c\u2019est le fantasme des vivants qui, \u00e0 la diff\u00e9rence des morts, se sentent coupables. [\u2026] C\u2019est bien nous, les vivants, qui avons besoin des d\u00e9tails, des histoires, parce que ce dont les morts ne se soucient plus, les simples fragments, une image qui ne sera jamais compl\u00e8te, rendra fous les vivants. Litt\u00e9ralement fous.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>De quoi d\u00e9moraliser. Mais l\u2019id\u00e9e permet surtout, je crois, de remettre sur le m\u00e9tier, en de\u00e7\u00e0 de toute histoire, tout r\u00e9cit, la question de la narration, de ses formes. De comment raconter \u2014 \u00ab&nbsp;\u00e9ternel conflit entre ce qui s\u2019est pass\u00e9 et le r\u00e9cit de ce qui s\u2019est pass\u00e9&nbsp;\u00bb. \u00c7a doit \u00eatre ce que je cherche \u00e0 savoir dans mes petits relev\u00e9s et mes derniers ajouts, si vains et confus soient-ils \u2014 mais peut-\u00eatre faut-il en passer par l\u00e0, par ce conflit&nbsp;?)<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:33px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div id=\"bancal\" class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-light-gray-background-color has-background\"><strong>Atelier | bancal |<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 d\u00e9faut d\u2019un ultime texte, ce que dit Laura Vazquez de son travail, de ses propres forces (une toute petite partie de <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=x1BJN2FGjn4\"><em>Laura Vazquez | Bookmakers &#8211; ARTE Radio Podcasts<\/em><\/a> sur YouTube) \u2014 d\u2019autant plus utile qu\u2019on trouvera l\u00e0 un peu d\u2019\u00e9nergie, de quoi redonner de l\u2019\u00e9lan, de l\u2019allant&nbsp;:<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Donc j\u2019\u00e9cris un livre\u2026 je le relis et je le r\u00e9\u00e9cris et puis je le relis et je le r\u00e9\u00e9cris et puis je le relis et je le r\u00e9\u00e9cris et puis je le relis et je le r\u00e9\u00e9cris, beaucoup beaucoup de fois, jusqu\u2019au moment o\u00f9 je me suis dit euh\u2026 je crois que c\u2019est fini parce que, je commen\u00e7ais \u00e0 corriger, pour moi, et plus pour le texte, j\u2019\u00e9tais all\u00e9e au bout de la mani\u00e8re dont je pouvais, aider, ce texte \u00e0 \u00eatre lui-m\u00eame, et, si j\u2019avais continu\u00e9, ce que j\u2019\u00e9tais tr\u00e8s tent\u00e9e de faire, eh bien je l\u2019aurais d\u00e9form\u00e9, j\u2019ai la sensation que \u00e7a tient, mais je me dis <em>cette structure euh\u2026 elle est un peu, bizarre, peut-\u00eatre que je pourrais l\u2019arranger la rendre encore plus claire, plus intelligible, lui enlever un peu de son myst\u00e8re mais pour la ma\u00eetriser mieux<\/em>, et \u00e7a c&rsquo;est tr\u00e8s dangereux, parce que j&rsquo;enl\u00e8ve, au texte, au livre, quelque chose qui me d\u00e9passe, et qui est peut-\u00eatre un peu maladroit hein, qui est peut-\u00eatre un peu bancal, mais c&rsquo;est pas grave, c&rsquo;est vraiment euh\u2026 ce que je cherche, cette chose qui existe, comme par elle-m\u00eame et, mon r\u00f4le c&rsquo;est de faire de mon mieux pour qu&rsquo;elle existe par elle-m\u00eame, si je compare \u00e7a \u00e0 un animal, ou \u00e0 une plante, lui laisser avoir sa sauvagerie, sa violence, sa douceur, euh\u2026 tout faire pour que cet \u00eatre-l\u00e0 se sente compl\u00e8tement libre.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/20251008_183358-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-199851\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/20251008_183358-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/20251008_183358-420x236.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/20251008_183358-768x432.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/20251008_183358-1536x864.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/20251008_183358-2048x1152.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cliquer sur les titres pour aller \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e0 l&rsquo;essentiel si le format journal g\u00eane. #01 | Attractions#02 | Division#03 | Tourment#04 | Battages#05 | Structures #06 | Livr\u00e9es#07 | Plis#08 | Penilles#09 | Papillottes#10 | Poussi\u00e8res #11 | Coquillages#12 | Peaux#13 | D\u00e9bris#14 | Pistes#15 | Vertiges #PS | Bancal 30062025 Indignez-vous&nbsp;! 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