{"id":188581,"date":"2025-07-05T16:34:37","date_gmt":"2025-07-05T14:34:37","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=188581"},"modified":"2025-07-06T18:20:09","modified_gmt":"2025-07-06T16:20:09","slug":"rectoverso02-mais-il-y-a-diane-deesse-de-la-nuit-deesse-de-la-nuit","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/rectoverso02-mais-il-y-a-diane-deesse-de-la-nuit-deesse-de-la-nuit\/","title":{"rendered":"#rectoverso #02 |\u00a0 Diane,  la nuit, la guerre"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-center\">RECTO<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 ce stade de la nuit, dans l\u2019insomnie r\u00e9guli\u00e8re, me demandant pourquoi le retour des cauchemars mais si bien s\u00fbr parce que j\u2019\u00e9cris sur lui&nbsp;! mon cerveau malaxe ses pitances \u00e0 sa convenance, en roue libre, il fait ses connexions sachant qu\u2019il va \u00e9crire. C\u2019est l\u2019heure entre chien et loup l\u2019\u00e9t\u00e9, o\u00f9 l\u2019Ehpad ayant pris son allure de nuit, le voici qui se l\u00e8ve. Il s\u2019installe dans son fauteuil roulant, fauteuil tr\u00e8s vite adopt\u00e9 car convenant \u00e0 son laisser-aller naturel, il prend sa canne, ouvre sa porte et s\u2019engage dans le couloir, franchit les bornes des veilleuses \u00e0 toutes les portes battantes anti-feu, ouvertes, avec ce petit personnage en vert signalant la sortie ou seulement l\u2019existence d\u2019une sortie si l\u2019on n\u2019est plus concern\u00e9. Le couloir est long, il passe devant chaque porte de chambre avec son num\u00e9ro, les num\u00e9ros deux cents car deuxi\u00e8me \u00e9tage, il avance en silence vers la cage d\u2019escalier, comme presque chaque soir. &nbsp;Puis il brandit sa canne au-dessus de la rambarde en fer et il frappe. Le m\u00e9tal r\u00e9sonne dans la cage d\u2019escalier, il frappe encore, se prolonge dans le b\u00e2timent, il frappe toujours, chaque coup amplifie le pr\u00e9c\u00e9dent dans une vibration s\u2019\u00e9tendant \u00e0 la rampe jusqu\u2019au premier puis jusqu\u2019au rez-de-chauss\u00e9e. L\u2019infirmi\u00e8re de nuit surgit par l\u2019ascenseur avec une compote une petite cuill\u00e8re et un biscuit. Elle le raccompagne \u00e0 sa chambre o\u00f9 il prend tranquillement son en-cas nocturne. Et puis cette phrase, quelques ann\u00e9es apr\u00e8s&nbsp;: depuis qu\u2019on lui donne \u00e0 manger, il ne fait plus de ramdam le soir. Et puis ce soir sous ma couette d\u2019hiver, encore quelques ann\u00e9es apr\u00e8s, mon cerveau n\u2019\u00e9tant pas si r\u00e9actif qu\u2019il me le laisse croire, une connexion&nbsp;: il avait faim&nbsp;!! Le scandale des Ehpad, r\u00e9v\u00e9l\u00e9 par le livre \u00ab&nbsp;Les fossoyeurs&nbsp;\u00bb, il y a trois ans d\u00e9j\u00e0, o\u00f9 l\u2019auteur d\u00e9voilait qu\u2019on rognait sur les repas des r\u00e9sidents pour gagner de l\u2019argent, de tr\u00e8s petits repas et de tr\u00e8s grosses sommes ! Il avait faim&nbsp;! Il a eu faim pendant des ann\u00e9es, il a fait tout le bruit qu\u2019il a pu, jusqu\u2019\u00e0 ce que quelqu\u2019un ait l\u2019id\u00e9e formidable de lui donner \u00e0 manger.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 ce stade du d\u00e9but de la nuit dans le salon sans lumi\u00e8re, \u00e0 regarder par la porte fen\u00eatre, l\u2019orage roule encore dans le lointain, le morceau de ciel au-dessus de la colline est gris-noir, le jardin est en v\u00e9g\u00e9tal \u00e9panoui du plein \u00e9t\u00e9, soudain un rayon vient se poser dans le laurier aux grosses grappes de fleurs cr\u00e9meuses, l\u2019illumine d\u2019or et d\u2019orange, fait vibrer la couleur d\u2019une lumi\u00e8re solaire au milieu des t\u00e9n\u00e8bres montantes. Deuxi\u00e8me fois, je me dis deuxi\u00e8me fois aujourd\u2019hui que je vois la beaut\u00e9. Ne la vois-je pas d\u2019habitude ou est-ce devenu rare\u00a0? Cet apr\u00e8s-midi, je vaquais pr\u00e8s du petit march\u00e9  des producteurs locaux, quand soudain j\u2019ai fait demi-tour, je venais d\u2019apercevoir un b\u00e9b\u00e9 dans un landau, sur le dos, les membres nus, dans un sommeil parfait. J\u2019ai dit \u00e0 la m\u00e8re \u00ab\u00a0j\u2019ai cru voir la beaut\u00e9 puis-je regarder votre b\u00e9b\u00e9\u00a0?\u00a0\u00bb. La petite \u00e9tait divine, \u00ab\u00a0et encore plus belle quand elle a les yeux ouverts\u00a0\u00bb a dit la m\u00e8re, \u00ab\u00a0quelle couleur\u00a0?\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0bleu-gris\u00a0\u00bb, Ah bleu-gris&#8230;\u00a0\u00bb, une peau ros\u00e9e, un calme et un sourire venant de l\u2019int\u00e9rieur illuminant des traits fins, elfiques serait le mot, pas poupon ni ang\u00e9lique ni bouddha mais c\u00e9leste oui, hors de nos miasmes, hors de l\u2019agitation des acheteurs, des voitures de la poussi\u00e8re et du poids de la chaleur, un \u00eelot d\u2019ailleurs, d\u2019un autre temps, un \u00eelot d\u2019une autre humanit\u00e9. \u00ab\u00a0Elle s\u2019appelle Diane\u00a0\u00bb. Bien s\u00fbr une d\u00e9esse au berceau, je le savais, je suis partie, je pleurai, la m\u00e8re a cri\u00e9 \u00ab\u00a0on prend bien soin d\u2019elle\u00a0\u00bb j\u2019ai cri\u00e9 \u00ab\u00a0j\u2019esp\u00e8re bien\u00a0!\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 ce stade de la nuit trois heures du matin, je suis debout et je vais de pi\u00e8ce en pi\u00e8ce dans le noir, je marche sur le carrelage et les tapis de bambous des chambres, revenant \u00e0 la premi\u00e8re chambre pour \u00e9prouver sous le pied nu la diff\u00e9rence de texture de bambou d\u2019avec la deuxi\u00e8me, les portes sont ouvertes sur la nuit, je regarde le jardin o\u00f9 rien ne bouge et pourtant je sais bien qu\u2019il y a des animaux, notamment des rampants, parfois je ferme car certaines nuits j\u2019ai peur qu\u2019un serpent rentre dans la cuisine, par deux fois il y eu des serpents mais ils ne sont pas rentr\u00e9s, une vip\u00e8re sur laquelle j\u2019ai jet\u00e9 une pierre et un orvet qui me regardait dans les yeux, ce soir je n\u2019ai pas peur, pas m\u00eame des intrus dans cette maison en rez-de-chauss\u00e9e, ils pourraient venir de la rue et sauter la barri\u00e8re ce n\u2019est pas compliqu\u00e9 un vieux le pourrait, &nbsp;je dors porte ouverte sur le couloir, fen\u00eatre ouverte sur l\u2019arri\u00e8re de la maison, il y a quand m\u00eame des moustiquaires pour les geckos, beaucoup de geckos sur les murs le soir, et donc je me dis c\u2019est incroyable je n\u2019ai plus peur, c\u2019est incroyable.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 ce stade de la nuit deux heures du matin, je me demande vraiment pourquoi il insiste pour dormir avec moi. \u00ab&nbsp;Je ne te propose pas de faire la sieste avec toi&nbsp;\u00bb a-t-il dit comme je lui signifiais de partir pour pouvoir me reposer. \u00ab&nbsp;Je n\u2019ai pas os\u00e9 te proposer de dormir avec toi&nbsp;\u00bb a-t-il dit le matin alors que j\u2019avais pass\u00e9 une nuit dans son appartement apr\u00e8s une intervention chirurgicale. \u00ab&nbsp;Tu aurais pu en tout bien tout honneur&nbsp;?&nbsp;\u00bb (Ce qui signifie \u201cavec des intentions honorables et sans arri\u00e8re-pens\u00e9es\u201d) \u00ab&nbsp;Mais bien s\u00fbr je peux respecter cette demande&nbsp;!&nbsp;\u00bb \u00ab Tu ne dormirais pas, je me l\u00e8ve dix fois, je me douche les jambes, je me fais des chocolats au lait biscottes et beurre sal\u00e9, je vais bient\u00f4t essayer le beurre de cacahu\u00e8te \u00e7a me parait parfait pour la nuit d\u2019ailleurs j\u2019en ai trouv\u00e9 un de nutriscore A, &nbsp;je lis quatre livres diff\u00e9rents, j\u2019ouvre les fen\u00eatres je ferme les fen\u00eatres, je regarde sur mon portable si personne en d\u00e9tresse ne m\u2019a laiss\u00e9 de message, si c\u2019est le cas c\u2019est mon fils je l\u2019appelle, on discute bien la nuit, on a tout notre temps, je mets l\u2019oreiller sous mes jambes pour les sur\u00e9lever, je mets l\u2019oreiller sous mes fesses pour faire &nbsp;de la m\u00e9ditation, je me rel\u00e8ve pour me peser et arroser les plantes, je me coupe les ongles, j\u2019\u00e9tends le linge, je balaye la cuisine et la salle de bains, et entre chaque activit\u00e9 je me recouche j\u2019\u00e9teins quelques instants puis je rallume&nbsp;\u00bb \u00ab&nbsp;Ah j\u2019oubliais&nbsp;: je me l\u00e8ve \u00e0 6h30&nbsp;\u00bb. \u00ab&nbsp;Peut-\u00eatre que si je te prends dans mes bras tu dormirais&nbsp;?\u00bb Et voil\u00e0&nbsp;! l\u2019homme qui tente. Quasi invincible.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 ce stade de la nuit, c\u2019est bient\u00f4t le jour&nbsp;:5h, l\u2019aube, un chant d\u2019oiseau timide, les pies et les corneilles se r\u00e9veillant plus tard, les martinets aussi \u00e9tant plut\u00f4t du soir.&nbsp; On se demande quel nouveau jour et ce qu\u2019il s\u2019est pass\u00e9 cette nuit. Combien d\u2019Ukrainiens tu\u00e9s combien de Gazaouis&nbsp;? Combien d\u2019humains n\u2019ont pas surv\u00e9cu \u00e0 cette nuit&nbsp;? Combien d\u2019humains chass\u00e9s de leur lit, de leur maison, de leur canton, de leur pays&nbsp;cette nuit ? \u00c0 ce stade de la nuit, on voudrait enfin dormir. On voudrait qu\u2019ils dorment aussi, qu\u2019ils se reposent du chaos, qu\u2019ils vivent et prennent leur petit d\u00e9jeuner comme nous allons le faire, en toute qui\u00e9tude en toute tristesse, alors que nous avons livr\u00e9 le monde aux pr\u00e9dateurs, par na\u00efvet\u00e9, par impuissance, pas n\u00e9gligence, par quoi nom de Dieu&nbsp;!?<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 ce stade de la nuit j\u2019observe les fourmis, car elles n\u2019ont ni jour ni nuit, \u00e0 moins que celles qui sont de jour ne relaient celles qui sont de nuit. La nuit on a de la patience et on prend le temps, du temps de vie suppl\u00e9mentaire pour errer dans les pi\u00e8ces tel le futur fant\u00f4me d\u00e9s\u0153uvr\u00e9 que nous serons, \u00e9couter dehors le bruit des b\u00eates, rep\u00e9rer des voitures arrivant tard ou bien t\u00f4t, observer longuement les b\u00eates. Les petites fourmis noires rentrent dans les placards et s\u2019\u00e9vanouissent dans les murs, je connais toutes leurs entr\u00e9es, d\u00e8s que j\u2019en traite une elles en cr\u00e9ent une autre et je mets plusieurs jours \u00e0 la trouver, elles nous survivront j\u2019en suis s\u00fbre, les moyennes \u00e0 t\u00eate rouge traces des pistes vers le toit, il a fallu remettre une poutre pour pallier la faiblesse de la poutre perc\u00e9e de galeries, elles sont toujours l\u00e0 occup\u00e9es \u00e0 nourrir une reine pondeuse inaccessible qui a une dur\u00e9e de vie de trente ans, ce qui est tout \u00e0 fait d\u00e9solant quand on sait qu\u2019elle va pondre 300 000 \u0153ufs et ne faire que \u00e7a de sa vie. Observer les pistes des fourmis exerce la patience et la pleine pr\u00e9sence jusqu\u2019\u00e0 l\u2019irritation, mais on dit que c\u2019est bien par la pleine pr\u00e9sence qu\u2019on vit le mieux.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 ce stade de la nuit, m\u00eame \u00e9veill\u00e9e je me nourris de la qualit\u00e9 de cette nuit en \u00e9coutant son silence. Toute action que je fais, je mange je lis je me prom\u00e8ne, se r\u00e9alise dans le calme et nus pieds pour \u00eatre au plus pr\u00e8s de quelque chose de perdu. Le calme de la nuit me rapproche d\u2019anciens bivouacs sous les \u00e9toiles, d\u2019\u00e9chapp\u00e9es de la ville, de vagabondages et d\u2019errances avec un compagnon de voyage et un sac, de la joie une certaine nuit de n\u2019avoir plus rien ni papiers on m\u2019avait tout vol\u00e9, de la d\u00e9livrance de tous nos carcans empil\u00e9s. Ce calme nocturne que nous devrions tous vivre si nous n\u2019avions pas sombr\u00e9 dans la technologie et l\u2019habitat en cases, quand il y a habitat.&nbsp; L\u00e0 encore je me dis carte chance, de vivre une nuit sans bruit, une nuit noire \u00e0 peine perturb\u00e9e d\u2019un r\u00e9verb\u00e8re p\u00e2le, une nuit \u00e9toil\u00e9e de constellations il n\u2019y qu\u2019\u00e0 s\u2019assoir au dehors sur la vieille poutre et regarder, une nuit avec ciel espace oxyg\u00e8ne arbres et humains au repos.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 ce stade de la nuit, je voudrais penser \u00e0 chaque humain en lutte, en survie, en bataille, \u00e0 chaque humain oblig\u00e9 de porter une arme et de d\u00e9fendre sa vie, \u00e0 chaque humain sans arme pour d\u00e9fendre sa vie, je voudrais que tout s\u2019arr\u00eate pour eux soudainement, que l\u2019argent les dictateurs et leurs mauvais diables soient p\u00e9trifi\u00e9s et tombent en poussi\u00e8re, que la femme qui cherche son enfant le retrouve, que l\u2019homme qui enterre son vieux puisse le faire, que l\u2019\u00e9cole ouvre et que les enfants jouent.<br>\u00c0 ce stade le nuit, je voudrais croire \u00e0 la pri\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 ce stade de la nuit, je me demande s\u2019il faut faire des bilans ou bien des listes pour la suite.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">VERSO<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 ce stade de la nuit, c\u2019est l\u2019heure des questions. Ce film tout \u00e0 l\u2019heure qui s\u2019annon\u00e7ait joyeux, j\u2019avais choisi un film sur la question de l\u2019h\u00e9ritage, march\u00e9 presque tranquillement dans la ville, presque car mon t\u00e9l\u00e9phone a sonn\u00e9 et malheureusement j\u2019ai r\u00e9pondu, l\u00e9g\u00e8rement contrari\u00e9e non pas par la personne qui m\u2019appelait, mais parce que je n\u2019ai rien vu du trajet, alors que tout le jour enferm\u00e9e \u00e0 l\u2019abri de la chaleur, rien vu des habitants sortant de leur tani\u00e8re et rien per\u00e7u du mouvement de la vie le soir, sinon l\u2019essoufflement de monter une c\u00f4te en parlant \u00e0 un portable pour finalement dire qu\u2019on se rappellera plus tard. Le petit cin\u00e9ma dans une ancienne chapelle est un lieu de r\u00e9jouissance, parce que les sept marches dans le noir avec chacune leur liser\u00e9 de petites lumi\u00e8res bleues, annon\u00e7ant le royaume de la fiction, des acteurs, des musiques, de la cr\u00e9ativit\u00e9 humaine en \u00e9bullition, de l\u2019art pour l\u2019art enfin, puis les fauteuils de velours rouge, je m\u2019assois toujours dans les trois derniers rangs, selon l\u2019hiver ou l\u2019\u00e9t\u00e9 pour capter la clim ou le chauffage. Des femmes \u00e0 chapeau ou \u00e9ventail, des couples, des ados qu\u2019on imagine pour la premi\u00e8re fois en bande au cin\u00e9, des espaces entre les gens comme du temps du covid, \u00e0 l\u2019\u00e9cran \u00ab&nbsp;Europa cin\u00e9ma, 38 pays&nbsp;\u00bb sur fond de jazz rock, remerciement int\u00e9rieur d\u2019en \u00eatre, de cette Europe qui va au cin\u00e9ma.<br>Mais ce n\u2019\u00e9tait pas le bon film&nbsp;: c\u2019\u00e9tait une fiction en trois actes remontant le temps, construite \u00e0 partir d\u2019une nouvelle de Stephen King avec un narrateur, commen\u00e7ant \u00e0 l\u2019apocalypse et finissant sur l\u2019enfance du personnage. Par le biais des maths ou des fant\u00f4mes, la question \u00e9voqu\u00e9e tout le long de la fiction est celle du temps qui reste. Le temps personnel, le temps des humains, le temps de la terre et celui des \u00e9toiles. Au retour, passant devant les caf\u00e9s bond\u00e9s, la cath\u00e9drale encore ouverte, les badauds promenant des chiens, je me demandais ce qui de la fiction \u00e9tait vrai, car depuis que j\u2019ai lu Cort\u00e1zar dont un personnage re\u00e7oit chaque jour la visite d\u2019une main, et que je sais qu\u2019on peut commander sa proth\u00e8se de main en la posant loin de son bras sur une table et la faisant avancer s\u2019ouvrir se fermer prendre un objet, depuis ce jour, je ne crois plus \u00e0 la fiction. Le math\u00e9maticien dans le film parle du temps de l\u2019univers r\u00e9duit \u00e0 l\u2019\u00e9chelle d\u2019une ann\u00e9e, \u00e9chelle selon laquelle nous \u00e9tions, au premier janvier 2025, \u00e0 89 secondes de minuit du 31 d\u00e9cembre, soit \u00e0 89 secondes de l\u2019apocalypse. Je r\u00e2pe de l\u2019emmental tandis que le clafoutis cuit dans le four, il est 23h, toutes portes ouvertes sur l\u2019\u00e9t\u00e9, cigales \u00e0 peine tues, demain il restera le gratin \u00e0 faire, combien de temps pour notre civilisation et combien de temps pour ce moi passager&nbsp;qui attends des amis ? Un bon film, vraiment, on y danse tout du long, une bonne id\u00e9e pour ces derni\u00e8res secondes.<br><br><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>RECTO \u00c0 ce stade de la nuit, dans l\u2019insomnie r\u00e9guli\u00e8re, me demandant pourquoi le retour des cauchemars mais si bien s\u00fbr parce que j\u2019\u00e9cris sur lui&nbsp;! mon cerveau malaxe ses pitances \u00e0 sa convenance, en roue libre, il fait ses connexions sachant qu\u2019il va \u00e9crire. C\u2019est l\u2019heure entre chien et loup l\u2019\u00e9t\u00e9, o\u00f9 l\u2019Ehpad ayant pris son allure de nuit, <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/rectoverso02-mais-il-y-a-diane-deesse-de-la-nuit-deesse-de-la-nuit\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#rectoverso #02 |\u00a0 Diane,  la nuit, la guerre<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":209,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[7529,7548],"tags":[],"class_list":["post-188581","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-recto-verso-le-cycle-ete-2025","category-rectoverso-02-maylis-de-kerangal-nuit"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/188581","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/209"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=188581"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/188581\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":188892,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/188581\/revisions\/188892"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=188581"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=188581"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=188581"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}