{"id":188693,"date":"2025-07-06T11:28:15","date_gmt":"2025-07-06T09:28:15","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=188693"},"modified":"2025-07-06T11:31:02","modified_gmt":"2025-07-06T09:31:02","slug":"rectoverso-02-accidents","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/rectoverso-02-accidents\/","title":{"rendered":"#rectoverso #02 | Accidents"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-text-align-center\">RECTO<\/p>\n\n\n\n<p>\u00e0 ce stade de la nuit, j&rsquo;en ai presque fini du dossier que j&rsquo;ai rapport\u00e9 du travail. Ils ont encore r\u00e9duit l&rsquo;\u00e9quipe cette ann\u00e9e. Il faut que je les pr\u00e9vienne que le rythme devient insoutenable. C&rsquo;est ce que je me dis depuis plusieurs ann\u00e9es, mais on finit par s&rsquo;habituer. Enfin, c&rsquo;est fait. J&rsquo;ai faim. Je ferme mon ordinateur et vais ouvrir le frigo, mais j&rsquo;ai oubli\u00e9 de faire les courses. Bon, j&rsquo;enfile mes chaussures et d\u00e9vale les escaliers. Le d\u00e9panneur est plus bas dans la rue. Je dis d\u00e9panneur parce que j&rsquo;ai pass\u00e9 quelques temps \u00e0 Montr\u00e9al.\u00a0\u00c7a me manque, mais j&rsquo;essaye de ne pas trop y penser. Je traverse la rue et m&rsquo;engouffre dans le magasin. Samir est l\u00e0, on se salue de loin. Les lumi\u00e8res des rayonnages m&rsquo;\u00e9blouissent. Je m&rsquo;enfonce plus loin, vers les surgel\u00e9s. Va pour la po\u00eal\u00e9e de l\u00e9gumes. Les cristaux de glace tombent sur mes chaussures en une petite poudre qui dispara\u00eet et assombrit le tissus. Je paye et sors. Au moment de traverser, une trottinette me fonce dessus. Je ne l&rsquo;ai pas entendue arriver. Le conducteur fais un \u00e9cart, il tombe de c\u00f4t\u00e9 et sa trottinette me fauche. Il roule loin, tr\u00e8s loin. Une mare rouge. Je vois Samir qui accourt vers lui. Moi aussi je saigne, les lampadaires jaunissent le dessous des feuilles. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">*<\/p>\n\n\n\n<p>\u00e0 ce stade de la nuit, les quarantenaires sortent en boite, je les attends \u00e0 la sortie. Un homme et je suppose sa femme montent \u00e0 l&rsquo;arri\u00e8re. \u00ab Bonsoir, 31 rue de Rivoli s&rsquo;il-vous-pla\u00eet. \u00bb Je connais bien la route. Ils ont l&rsquo;air fatigu\u00e9s \u00e0 l&rsquo;arri\u00e8re, je vois leurs visages bleuis par la lumi\u00e8re de leurs t\u00e9l\u00e9phones. Je d\u00e9bouche sur le boulevard des Minimes. Feu rouge, j&rsquo;attends. Dans le retro, plus haut, un homme en empoigne un autre \u00e0 terre. Encore une bagarre. Je d\u00e9marre au vert, prend \u00e0 droite au niveau de la biblioth\u00e8que, zigzag entre des voitures stationn\u00e9es. \u00ab Nous sommes arriv\u00e9s, \u00e7a fera 13,35\u20ac. \u00bb L&rsquo;homme s&rsquo;\u00e9tait endormi, sa femme le regarde, attendant qu&rsquo;il paye. Ils sortent et s&rsquo;enfoncent dans l&rsquo;entr\u00e9e d&rsquo;un petit immeuble r\u00e9sidentiel.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">*<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">\u00e0 ce stade de la nuit, je suis \u00e0 la soixanti\u00e8me minute de la rediffusion PSG-OM, je n&rsquo;avais pas pu le voir en direct parce que j&rsquo;\u00e9tais all\u00e9 accompagner ma m\u00e8re \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital. Il y aura tr\u00e8s peu de clients, nous sommes mardi. Il fait froid \u00e0 cause du rayon surgel\u00e9s, le r\u00e9glage glace est trop fort, mais seulement mon p\u00e8re maitrise la machine. Je sirote une cannette de Seven-Up et jette quelques coups d&rsquo;\u0153il dans la rue. Je la vois mal, les lumi\u00e8res se r\u00e9fl\u00e9chissent trop dans la fen\u00eatre, seulement des barres obliques me parviennent, ainsi qu&rsquo;une branche. Tiens, un client. Il me dit bonsoir, c&rsquo;est assez rare. Je lui fais un signe de la main. Je me replonge dans mon match. Il revient avec un paquet de surgel\u00e9s. Il ne mange que \u00e7a ? \u00c7a me g\u00e8le la main, je le scanne rapidement. Je l&rsquo;observe tandis qu&rsquo;il s&rsquo;en va. Il est maigre. Je le vois s&rsquo;enfoncer dans les reflets blancs-obliques, c&rsquo;est une couleur \u00e0 part. Un trait de phare rouge le traverse, avec lui les reflets. Je cours dehors et vois un jeune homme \u00e9tal\u00e9 par terre. Je m&rsquo;approche, il ne bouge pas. Je tente de le retourner mais ma main froide glisse sur sa veste macul\u00e9e de sang, il retombe en un bruit sourd.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">*<\/p>\n\n\n\n<p>\u00e0 ce stade de la nuit, le poste commence \u00e0 sonner, c&rsquo;est le moment fameux o\u00f9 on doit aller chercher les mecs qui se se font casser la gueule. On n&rsquo;y \u00e9chappe pas: le Talkie-walkie gr\u00e9sille \u00ab 86 boulevard des Minimes. Deux hommes. L&rsquo;un sonn\u00e9, l&rsquo;autre inconscient, perd de grosses quantit\u00e9s de sang. Il est toujours sur la route. Deux hommes s&rsquo;en occupent pour l&rsquo;instant. Ils l&rsquo;ont mit en PLS \u00bb. J&rsquo;attends que Romain revienne de sa pause clope. Il accourt, je d\u00e9marre avec les gyrophares. Peu de circulation. Romain me donne une barre chocolat\u00e9e qu&rsquo;il a achet\u00e9e au distributeur. \u00ab Je t&rsquo;en devais une. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">*<\/p>\n\n\n\n<p>\u00e0 ce stade de la nuit, ma fianc\u00e9e dort paisiblement. Je vois son torse s&rsquo;\u00e9lever au rythme de ses respirations, un ray de lumi\u00e8re jaune s&rsquo;\u00e9tale sur elle. Un t\u00e9ton point, puis dispara\u00eet. Je l&rsquo;aime. Un bruit sourd dans la rue la r\u00e9veille. Je la prends dans mes bras et lui embrasse le front, elle se rendort.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">*<\/p>\n\n\n\n<p>\u00e0 ce stade de la nuit, Ficelle gratte \u00e0 la porte, elle veut sortir. Je prends la laisse et la fait entrer dans l&rsquo;ascenseur. Elle sent chaque tilleul pour choisir le bon. Cette fois \u00e7a prend plus de temps que d&rsquo;habitude, mais \u00e7a ne me d\u00e9range pas du tout, l&rsquo;air est tr\u00e8s agr\u00e9able. On finit par traverser la route, pour aller sentir les tilleuls d&rsquo;en face. Ficelle trouve un vieux chiffon, je la gronde pour qu&rsquo;elle le l\u00e2che, mais rien n&rsquo;y fait&#8230; Plus bas dans la rue, un homme est assis par terre. Je continue faisant mine de ne pas l&rsquo;avoir vu, on voit des gens bizarres la nuit. Mais plus bas, un autre est allong\u00e9 et un homme se penche sur lui. Je m&rsquo;approche. Il est en sang. Je demande \u00ab Que s&rsquo;est-il pass\u00e9 ? \u00bb L&rsquo;homme me r\u00e9pond \u00ab Accident de trottinette. \u00bb, en me pointant l&rsquo;engin caboss\u00e9. \u00c0 deux, nous mettons le bless\u00e9 en PLS, j&rsquo;appelle les pompiers. Ficelle urine sur la trottinette en me regardant. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">*<\/p>\n\n\n\n<p>\u00e0 ce stade de la nuit, il n&rsquo;y a plus que le bus nocturne qui passe. Je sors de chez mon amie. J&rsquo;ai un peu peur car j&rsquo;ai mis une jupe. J&rsquo;attends \u00e0 l&rsquo;arr\u00eat avec mes \u00e9couteurs en fumant ma cigarette \u00e9lectronique. Un homme me voit de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de la rue, j&rsquo;ai peur qu&rsquo;il traverse. Il est jeune et \u00e0 l&rsquo;air perdu. Il s&rsquo;arr\u00eate et me regarde. Je pense qu&rsquo;il sent que j&rsquo;ai peur. Je fais semblant de t\u00e9l\u00e9phoner \u00e0 quelqu&rsquo;un. En d\u00e9tournant le regard, je vois le bus arriver, ouf. Je monte et m&rsquo;assois au fond. L&rsquo;homme n&rsquo;est pas mont\u00e9. Je serai arriv\u00e9e dans 7 arr\u00eats. Je regarde les lampadaires d\u00e9filer. Au moment de tourner sur le grand boulevard, le bus s&rsquo;arr\u00eate. L&rsquo;arr\u00eat dure longtemps, un peu trop. J&rsquo;avance pour regarder: un camion de pompier bloque le passage. On contourne par les rues adjacentes. Je retourne m&rsquo;assoir en marmonnant les paroles de la chanson qui passe.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">*<\/p>\n\n\n\n<p>\u00e0 ce stade de la nuit, je dois aller chercher une trottinette pour rentrer chez moi, la ligne nocturne n&rsquo;y passe pas. Je cherche sur l&rsquo;application. Elle m&rsquo;indique la rue suivante, j&rsquo;en trouve une. Je me connecte et le moteur s&rsquo;allume. Je traverse la petite rue et arrive sur l&rsquo;axe principal. Il n&rsquo;y a personne. C&rsquo;est tr\u00e8s agr\u00e9able de conduire au milieu de cette grande route, l&rsquo;air me prend aux narines et m&rsquo;enivre. J&rsquo;acc\u00e9l\u00e8re. La vitesse m&rsquo;excite. Dire que le monde se d\u00e9place si vite autour de moi et que je bouge pareillement en ligne droite, lanc\u00e9 dans le vide. Je ne sens plus mon corps.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">*<\/p>\n\n\n\n<p>\u00e0 ce stade de la nuit, je commence s\u00e9rieusement \u00e0 m&rsquo;inqui\u00e9ter. Bastien \u00e9tait sens\u00e9 arriver il y a une heure. J&rsquo;angoisse. En fais-je trop ? Ne devrais-je pas aller me coucher ? Je coupe la t\u00e9l\u00e9, je regarde une derni\u00e8re fois mon t\u00e9l\u00e9phone en esp\u00e9rant avoir loup\u00e9 un appel ou un message: rien. Je vais r\u00e9veiller mon mari. \u00ab Il va bien arriver. \u00bb Il se recouche. C&rsquo;est son beau-p\u00e8re, il s&rsquo;inqui\u00e8te moins que moi&#8230; <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">VERSO<\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;attends le train en gare de Pavia, il commence \u00e0 faire s\u00e9rieusement chaud. Je lis du Zola, projet neuf de parcourir les Rougon-Macquart. Le train arrive, je me trouve une place \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la climatisation. Je pr\u00e9viens Timoth\u00e9e que j&rsquo;arriverai vers 18h \u00e0 la Scala. On va voir le troisi\u00e8me acte du Nibelung: Siegfried. C&rsquo;est un ami d&rsquo;un de ses profs de l&rsquo;ENS qui nous trouve des places gratuites. Le train cahote et arrive finalement. Je m&rsquo;extirpe du wagon et me dirige lentement vers le centre-ville. Il y a d\u00e9j\u00e0 beaucoup de touristes devant le duomo. Je le regarde un peu, quelques pigeons nous regardent l\u00e0-haut. Je retrouve Timoth\u00e9e devant la Scala, avec deux glaci\u00e8res. \u00ab Alors Rome ? \u00bb Il me r\u00e9pondit en me tendant un morceau de fromage qu&rsquo;il avait ramen\u00e9.  \u00ab Go\u00fbte-moi \u00e7a ! \u00bb Les vigiles pompeusement habill\u00e9s n&rsquo;ont pas l&rsquo;air d&rsquo;appr\u00e9cier la d\u00e9gustation improvis\u00e9e. Ils s&rsquo;approchent de nous. Timoth\u00e9e parle mieux l&rsquo;italien que moi, il montre nos billets. D&rsquo;un air d\u00e9\u00e7u, les vigiles s&rsquo;\u00e9loignent. On s&rsquo;engouffre \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur, puis on monte 4 \u00e9tages en nous voyant dans les miroirs un peu plus suant \u00e0 chaque fois. Au deuxi\u00e8me, un couple se prenait en photo, on avait l&rsquo;air de les d\u00e9ranger avec nos look de campeurs danois. On finit par s&rsquo;installer dans la loge, je retrouve le m\u00eame d\u00e9cor qu&rsquo;il y a deux semaines, quand mes parents \u00e9taient venus me voir, on en avait profit\u00e9 pour visiter quelques monuments. Il sort deux focacci aux aubergines ainsi qu&rsquo;une grande grappe de raisin blanc. On mangera le fromage apr\u00e8s. Le spectacle commence, il dure 4 heures. <\/p>\n\n\n\n<p>BRAVO ! C&rsquo;est la fin, les acteurs \u00e9taient tr\u00e8s bon, la technique surtout, avec des d\u00e9cors grandioses. On sort, il fait nuit. On remonte \u00e0 la prochaine gare, en esp\u00e9rant trouver un train. On fume, on parle de connaissances faites pendant des conf\u00e9rences. Il me raconte un peu plus son voyage, notamment un homme qui l&rsquo;a convaincu de lire Yourcenar. On trouve finalement un train stationn\u00e9 quai 19. Beaucoup de jeunes gens \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur, il me montre les bouteilles qu&rsquo;il a ramen\u00e9 de l\u00e0-bas. On s&rsquo;organise un pique-nique demain midi sur la pelouse du laboratoire. Le train arrive, on descend. On se serre la main, je remonte de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 du passage souterrain et commence les quelques quarante minutes de marches pour arriver \u00e0 mon Collegio. J&rsquo;ai le temps de m&rsquo;y faire d\u00e9vorer par les moustiques mais j&rsquo;ai l&rsquo;esprit plus libre que dans les rues bouillantes de Milan.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>RECTO \u00e0 ce stade de la nuit, j&rsquo;en ai presque fini du dossier que j&rsquo;ai rapport\u00e9 du travail. Ils ont encore r\u00e9duit l&rsquo;\u00e9quipe cette ann\u00e9e. Il faut que je les pr\u00e9vienne que le rythme devient insoutenable. C&rsquo;est ce que je me dis depuis plusieurs ann\u00e9es, mais on finit par s&rsquo;habituer. Enfin, c&rsquo;est fait. J&rsquo;ai faim. 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