{"id":188750,"date":"2025-07-07T09:07:57","date_gmt":"2025-07-07T07:07:57","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=188750"},"modified":"2025-07-14T16:13:48","modified_gmt":"2025-07-14T14:13:48","slug":"recto-verso-2-mi-avril","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/recto-verso-2-mi-avril\/","title":{"rendered":"#recto\/verso #02 |  mi-avril"},"content":{"rendered":"\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>\u00e0 ce stade de la nuit il n\u2019est plus question de r\u00eaver \u00e9vacuer les faux semblants, les illusions les esp\u00e9rances, gommer les errances, <em>ne pas parler de po\u00e9sie<\/em> \u2013 \u00e0 ce stade de la nuit rester l\u00e0 prostr\u00e9 \u00e0 n\u2019attendre rien les yeux ouverts fix\u00e9s au plafond et uniquement respirer et se concentrer sur ce flux uniquement le mouvement de l\u2019air du sang au c\u0153ur de l\u2019\u00e2me \u2013 \u00e0 ce stade-l\u00e0 de la nuit continuer \u00e0 penser quand m\u00eame tout \u00e7a ne servira \u00e0 rien mais \u00e9crire quand m\u00eame les yeux ouverts et les poings serr\u00e9s se d\u00e9tendre <em>oublier Venise<\/em> oublier Gioia Tauro la cath\u00e9drale du Sud oublier les pr\u00e9bendes les n\u00e9gociations les demandes les courbettes les mains serr\u00e9es et les mots inutiles et ne penser qu\u2019\u00e0 dieu et l\u2019implorer le supplier le prier \u2013 \u00e0 ce stade de la nuit \u00e7a ne sert plus \u00e0 rien \u2013 <em>quelle heure est-il quel temps fait-il<\/em> \u2013 \u00e0 ce stade de la nuit comme si \u00e7a existait comme si le reste du monde vivait sa vie sa vraie vie celle-l\u00e0 m\u00eame celle des libert\u00e9s des rires et des charmes \u2013 \u00e0 ce stade-l\u00e0, \u00e0 ce stade de la nuit plus rien n\u2019existe et sur ce mauvais lit je m\u2019endors<\/p>\n\n\n\n<p>c\u2019est \u00e0 ce stade de la nuit que les choses commencent \u00e0 aller mal parce qu\u2019il ne faut pas que je m\u2019endorme, il faut que je garde \u00e0 l\u2019esprit que je suis de garde, je garde, je le garde, je suis responsable de sa survie tandis que lui il dort, mon arme comme si elle \u00e9tait charg\u00e9e et comme si j\u2019allais m\u2019en servir, les autres dorment, les autres vaquent vont viennent parlent conspirent luttent d\u00e9cident s\u00fbrement et moi je suis l\u00e0, j\u2019ouvre sa porte pour qu\u2019il ait de l\u2019air, le vieux est malade et moi je fixe le jardin, le palmier, le vent l\u2019air les odeurs de lauriers, il ne faut pas que je m\u2019endorme, il ne faut pas que je me l\u00e8ve, \u00e0 l&rsquo;esprit je le garde, je dois garder les yeux et l\u2019esprit ouvert calmement attentivement je suis l\u00e0 patiemment je le garde er je ne dors pas<\/p>\n\n\n\n<p>\u00e0 ce stade de la nuit Anna Laura allong\u00e9e \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de son mari \u2013 tout, tout est faux mais elle est l\u00e0, elle dort, lui dort et \u00e0 ce stade de la nuit un peu comme dans un conte de f\u00e9es on voit leurs esprits qui s\u2019\u00e9l\u00e8vent hors d\u2019eux des nuages vaporeux pastels p\u00e2les qui se dissolvent dans l\u2019air de la chambre et qui par la fen\u00eatre ouverte, \u00e0 travers les grilles s\u2019\u00e9chappent on dirait qu\u2019ils s\u2019\u00e9gayent s\u2019envolent s\u2019\u00e9battent au ciel il y a les \u00e9toiles fatalement les nuages peut-\u00eatre il se pourrait qu\u2019il pleuve il pleut toujours au printemps on est content quand il pleut et s\u2019il avait plu ce seize mars-l\u00e0, mais non, il ne pleut pas il fait doux il faut penser \u00e0 autre chose \u00e7a n\u2019a pas tellement d\u2019importance \u2013 \u00e0 ce stade de la nuit plus rien n\u2019en peut avoir on r\u00eave on laisse aller les choses on range on change on oublie et on ne garde que ce qui nous est cher l\u2019amour des siens et de ceux qu\u2019on a choisis ou qui nous ont choisie&nbsp;: Anna Laura dort sans penser sais-tu si on pense en dormant si on se souvient si on a encore des envies des joies ou si au contraire tout a pris une couleur de mort de sang (comment \u00e7a au contraire ?) cette couleur de ce rouge-l\u00e0 de ces cris de ces bruits m\u00e9talliques de ces impacts ces bruits ces claquements ces odeurs ces plaies ces silences et tout \u00e0 coup ces terreurs qui tout \u00e0 coup se pr\u00e9cipitent sur toi t\u2019\u00e9treignent et t\u2019\u00e9veillent, en sursaut o\u00f9 est-ce que je suis&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>\u00e0 ce stade de la nuit le train file les voies sont vides et libres et le train file, je suis accoud\u00e9 \u00e0 la fen\u00eatre et le paysage d\u00e9file on ne voit pas grand-chose lumi\u00e8res ici falotes l\u00e0 une rue qui s&rsquo;enfuit et toi tu crois que je pense mais non je ne pense \u00e0 rien la fen\u00eatre est ferm\u00e9e et les lumi\u00e8res du couloir se refl\u00e8tent emp\u00eachent \u00e0 peine de voir je vais allumer une cigarette je vais ouvrir me tenir dans le sens de la marche et tu crois que je suis d\u00e9termin\u00e9 mais non \u00e7a m\u2019est \u00e9gal les choses \u00e0 faire \u00e0 ce stade de la nuit ne servent \u00e0 rien ne me sont de rien je regarde d\u00e9filer le paysage de ce pays, l\u00e0 qui passe, parfois je me dis que c\u2019est pour lui que je me bats et \u00e7a ne me fait plus sourire pas plus que \u00e7a dehors il fait doux, presque chaud mais pas encore, les <em>pins parasols de pr\u00e9f\u00e9rence <\/em>les ifs qui bordent les cimeti\u00e8res \u00e7a ne me pla\u00eet pas plus que \u00e7a non plus il n\u2019y a pas de lune il n\u2019y a pas d\u2019\u00e9toiles le train file sur ses voies libres et je rentre mon \u00e2me n\u2019a pas d\u2019\u00e9tat, dormir non pas \u00e0 ce stade de la nuit non je ne dors pas d\u2019ailleurs je ne suis m\u00eame pas moi je ne suis personne je voyage en train d\u2019une ville \u00e0 une autre je vais ici, je reviens de l\u00e0, le train va et la voie est libre, je n\u2019ai pas plus de papiers que d\u2019arme je ne dispose de rien d\u2019autre que de mon sac avec quelques affaires une brosse \u00e0 dent et une autre \u00e0 cheveux un pyjama des chaussettes peut-\u00eatre un livre une petite boite contenant quelques cachets qui tranquillisent et que je n\u2019utilise jamais que je n\u2019utiliserai jamais dans mon portefeuille des billets de banque une carte d\u2019identit\u00e9 qui n\u2019est pas la mienne avec une photo qui ne me ressemble pas des moustaches que je ne porte jamais une profession que je n\u2019exercerai jamais dieu merci ou alors peut-\u00eatre je ne sais pas de quoi demain pourrait bien \u00eatre fait et d\u2019ailleurs \u00e0 ce stade de la nuit c\u2019est d\u00e9j\u00e0 demain<\/p>\n\n\n\n<p>\u00e0 ce stade de la nuit je ne r\u00eave pas ce n\u2019est pas que je dorme mais je ne r\u00eave pas je pense \u00e0 ma m\u00e8re ou \u00e0 la sienne ou encore \u00e0 sa femme qu\u2019il appelle Noretta et son petit fils qu\u2019il dit s\u2019appeler Luca \u2013 <em>ce matin<\/em> disait l\u2019autre <em>maman est morte<\/em> \u2013 il y avait une chanson qui faisait <em>I will finally find the man I love<\/em> et de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du lit c\u2019est ma femme qui dort, la femme de l\u2019ing\u00e9nieur de vingt-cinq ans le type qui va travailler tous les matins qui s\u2019en va vers sept heures et quart apr\u00e8s le caf\u00e9 \u2013 il faut bien aller travailler faire comme si ces choses-l\u00e0 \u00e9taient importantes comme si la vie \u00e9tait \u00e0 gagner alors qu\u2019elle n\u2019est qu\u2019\u00e0 prendre \u2013 il y a une autre chanson qui fait<em> All of me why don\u2019t you take all of me <\/em>et dans ces moments-l\u00e0 \u00e0 ce stade de la nuit <em>p<\/em>eut-\u00eatre les chansons me reviennent <em>j<\/em>e vois ce type qui a r\u00e9ussi, c\u2019est un type bien, il est jeune, vingt-cinq ou trente ans peut-\u00eatre il jouit d\u2019une position, ma m\u00e8re aurait dit \u00ab&nbsp;il a une situation&nbsp;\u00bb il sait ce qu\u2019il a \u00e0 faire il part tous les matins vers sept heures et quart pour rejoindre son travail un type qui a r\u00e9ussi un complet cro<em>i<\/em>s\u00e9 trois pi\u00e8ces et un attach\u00e9-case il part il n\u2019a pas encore d\u2019enfant mais il est jeune encore ils se sont install\u00e9s l\u00e0 il y a peut-\u00eatre quatre ou cinq mois e ne sais plus, au d\u00e9but de l\u2019automne quelque chose comme \u00e7a, oui une femme tr\u00e8s mignonne gentille serviable brune ah oui bien faite oui mais jamais une dispute rien tr\u00e8s calmes et joyeux \u2013 des gens parfaits<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-code has-medium-gray-background-color has-background\"><code>verso : \n\u00e0 ce stade du num\u00e9ro deux je recherche quelque chose comme un film qui aurait \u00e9t\u00e9 projet\u00e9 dans une salle de cin\u00e9ma romaine de la place Barberini - un cin\u00e9ma qui a \u00e9t\u00e9 attaqu\u00e9 un jour par les brigades rouges auquel elles ont mis le feu (il faudrait savoir pour quelle raison cette salle-l\u00e0 - <em><strong>Apr\u00e8s les affrontements du 4 juin \u00e0 Rome entre extr\u00e9mistes de droite et de gauche, c'est le cin\u00e9ma Barberini, o\u00f9 devait avoir lieu une r\u00e9union du M.S.I. (parti n\u00e9ofasciste), qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9truit par un incendie dans la nuit de samedi \u00e0 dimanche<\/strong><\/em> - canard du 8 juin 1976 - l'attentat n'est pas revendiqu\u00e9 par les Br mais par un parti inconnu titr\u00e9 ou intitul\u00e9  <em>Les Nouveaux partisans<\/em>) - il semble que Barberini est le patronyme d'un certain Carlo, cardinal et neveu du pape (235) Urbain 8 (c'est un pseudo, comme ils en prennent tous un - son vrai nom de famille, \u00e0 ce pape-l\u00e0 est Maffeo Barberini (1538-1644))\n\nlors d'un <a href=\"https:\/\/www.pendantleweekend.net\/2010\/08\/oublier-paris-15\/\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/www.pendantleweekend.net\/2010\/08\/oublier-paris-15\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">voyage \u00e0 Rome<\/a>, visite du palais Barberini mus\u00e9e d'art moyen \u00e2ge ou quelque chose -pas fait le rapprochement mais ils se trouvent,lui et le cin\u00e9ma sur le m\u00eame territoire p\u00e2t\u00e9 de maisons-bloc coin de ville \n\nce qu'il y a de s\u00fbr c'est qu'un soir de mai, entre six heures et neuf heures du soir, le trois pour \u00eatre pr\u00e9cis (mais \u00e7a ne sert \u00e0 rien) ils et elles sont quelques un.es (3 puis 5 - ce ne sont pas les cinq du recto, il n'y a l\u00e0 que celui du train) \u00e0 parler sur cette place et\/ou dans un caf\u00e9 (mais ils et elles parlent sans que \u00e7a ait la moindre influence - d'ailleurs l'influence est une vaste blague - sur le cours des choses d'ores et d\u00e9j\u00e0 \u00e9tabli) (les caf\u00e9s de la place ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 explor\u00e9s lors d'une investigation pr\u00e9c\u00e9dente - si j'y arrive, je pose un lien : <a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/dialogue-03-piazza-barberini\/\" data-type=\"link\" data-id=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/dialogue-03-piazza-barberini\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">c'est l\u00e0<\/a>) - j'ai trouv\u00e9 le film qui me convient et titr\u00e9 <em>La ragazza dal pigiama giallo <\/em>(soit <em>la fille au pyjama jaune<\/em>) (un film du genre giallo - policier en italien (le jaune \u00e9tant la couleur des livres policier comme ici la s\u00e9rie de ce genre \u00e9tait noire) (est toujours d'ailleurs) - s\u00e9rie f ou g) produit par un type qui a aussi, parce qu'il est d'abord peut-\u00eatre sc\u00e9nariste, \u00e9crit le sc\u00e9nario de <em>La donna \u00e8 una cosa meravigliosa<\/em> titre que les distributeurs de notre si beau (et galant) pays ont transform\u00e9, s'exclamant, en <em>La femme, quelle chose merveilleuse ! <\/em>(r\u00e9alis\u00e9 par Mauro Bolognini, 1964) (quinze ans avant, certes) - toute une \u00e9poque hein...\n\n<\/code><\/pre>\n\n\n\n<p>(il a beau avoir br\u00fbl\u00e9 il existe toujours)<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"659\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Capture-decran-du-2025-07-06-09-49-57-1024x659.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-188760\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Capture-decran-du-2025-07-06-09-49-57-1024x659.png 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Capture-decran-du-2025-07-06-09-49-57-420x270.png 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Capture-decran-du-2025-07-06-09-49-57-768x494.png 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/Capture-decran-du-2025-07-06-09-49-57.png 1086w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>verso (demain)<\/p>\n\n\n\n<p>en sortant (on y allait toujours \u00e0 pieds) le rideau de la loge de la concierge d&rsquo;en face bougeait (c&rsquo;\u00e9tait la m\u00e8re du proprio &#8211; la chambre &#8211; 12 m\u00e8tres carr\u00e9s \u00e0 tout p\u00e9ter, troisi\u00e8me droite chiottes entre le 2 et le 3 &#8211; \u00e9tait lou\u00e9e de la main \u00e0 la main (parce qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de petites \u00e9conomies &#8211; le fils poss\u00e9dait l&rsquo;immeuble) deux cents francs par mois) on prend \u00e0 gauche, la premi\u00e8re \u00e0 droite (Allent) petit boyau charmant, puis \u00e0 gauche (Verneuil &#8211; on passe devant la boutique des \u00e9ditions, en face la maison de l&rsquo;homme \u00e0 t\u00eate de chou) puis \u00e0 droite (Saints-P\u00e8res) au coin un cabaret (don Camillo il me semble) tout droit un marchand d&rsquo;\u0153ufs or\/c\u00e9ramiques etc. &#8211; on prend \u00e0 gauche (Jacob) on passe devant l&rsquo;\u00e9chelle (\u00e0 droite Saint-Benoit et le petit &#8211; restaurant chic peu cher cependant alors &#8211; devant la maison \u00e0 Margot (Duras) \u00e0 gauche (assiette au beurre) puis le cin\u00e9, l\u00e0, en sous-sol &#8211; rarement &#8211; au dessus vivait JPS et sa m\u00e8re qu&rsquo;il vouvoyait) tout droit jusque Seine (on passe devant le seuil ses \u00e9ditions et son arbre) on tourne \u00e0 droite on passe devant la table d&rsquo;Italie (\u00e9picerie traiteur : des p\u00e2tes au rago\u00fbt les jours de paye) on prend \u00e0 gauche (Buci) au coin, un bar o\u00f9 assis on croise parfois, tir\u00e9 \u00e0 quatre \u00e9pingles (\u00e7a ne se dit plus : \u00e7a veut dire tr\u00e8s bien habill\u00e9 &#8211; suivant certains crit\u00e8res de l&rsquo;\u00e9l\u00e9gance plut\u00f4t masculine) Albert Cossery qui paresse un peu &#8211; on va tout droit (\u00e0 droite vivait un Michel qu&rsquo;on salue) jusqu&rsquo;au croisement, l\u00e0 deux ou trois \u00e9coles : soit \u00e0 gauche vers l&rsquo;action Christine (m\u00eame rue) soit tout droit vers le Saint-Andr\u00e9 (m\u00eame rue &#8211; la meilleure salle de Paris) (d&rsquo;accord : l&rsquo;une des) soit \u00e0 droite vers celui de l&rsquo;Od\u00e9on : cette derni\u00e8re \u00e9ventualit\u00e9 pour cette fois, tourner \u00e0 gauche sur le boulevard, prendre la rue de l&rsquo;\u00c9cole de M\u00e9decine un peu \u00e0 droite  puis tout droit (la p\u00e2tisserie viennoise d\u00e9likatessen, juste l\u00e0, des schneiks au besoin (pains aux raisins gla\u00e7age sucre blanc) l\u00e0 le Racine en sous-sol, on passe, en face restaurant grec Acropole (pas si bien qu&rsquo;on croit : ferm\u00e9) on croise le boulevard (un coin, Gibert, \u00e0 un autre un Dupont-Latin (caf\u00e9 bar brasserie) qui n&rsquo;existe plus depuis des lustres) on arrive au Champo (tout au fond tout droit Jussieu mais avant \u00e7a un autre cin\u00e9) &#8211; on prend \u00e0 droite (M\u00e9dicis o\u00f9 va la K\u00e9rangal si j&rsquo;ai bien compris) on monte la rue jusqu&rsquo;\u00e0 la place, on prend \u00e0 gauche puis \u00e0 droite, puis tout droit celle du Panth\u00e9on (le cin\u00e9 n&rsquo;a pas le nom de la rue, lequel est Victor Cousin) : \u00e0 cette \u00e9poque-l\u00e0 on \u00e9tait accueilli comme des chiens dans un jeu de quilles (\u00e7a ne se dit plus non plus : \u00e7a veut dire tr\u00e8s mal) &#8211; on allait voir quoi d\u00e9j\u00e0 ? Je ne sais plus, mais je me souviens de cette chanson qui faisait \u00ab\u00a0plus jamais aller seul au cin\u00e9ma \/ pas pour le film mais pour ce qu&rsquo;on y f&rsquo;ra \/ y&rsquo;a pas de honte\u00a0\u00bb etc &#8211; et aussi celle qui faisait \u00ab\u00a0vais-je te prendre par les hanches\/ comme sur l&rsquo;\u00e9cran de mes nuits blanches\u00a0\u00bb ou encore \u00ab\u00a0le fauteuil o\u00f9 elle se croit en s\u00fbret\u00e9 \/ ne m&#8217;emp\u00eache pas ma foi d&rsquo;arriver \u00e0 l&#8217;embrasser \/ j&rsquo;ai pas vu si Gary sort gagnant \/ mais comme c&rsquo;est le cin\u00e9ma permanent\/rappelle toi ma ch\u00e9rie on est rest\u00e9s un an \/ et on a eu beaucoup d&rsquo;enfants\u00a0\u00bb &#8211; enfin la chanson, le cin\u00e9ma, tout \u00e7a&#8230; deux parties li\u00e9es<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00e0 ce stade de la nuit il n\u2019est plus question de r\u00eaver \u00e9vacuer les faux semblants, les illusions les esp\u00e9rances, gommer les errances, ne pas parler de po\u00e9sie \u2013 \u00e0 ce stade de la nuit rester l\u00e0 prostr\u00e9 \u00e0 n\u2019attendre rien les yeux ouverts fix\u00e9s au plafond et uniquement respirer et se concentrer sur ce flux uniquement le mouvement de <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/recto-verso-2-mi-avril\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#recto\/verso #02 |  mi-avril<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":86,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[7529,7548],"tags":[],"class_list":["post-188750","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-recto-verso-le-cycle-ete-2025","category-rectoverso-02-maylis-de-kerangal-nuit"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/188750","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/86"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=188750"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/188750\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":190368,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/188750\/revisions\/190368"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=188750"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=188750"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=188750"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}