{"id":189516,"date":"2025-07-09T10:57:19","date_gmt":"2025-07-09T08:57:19","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=189516"},"modified":"2025-07-13T16:39:55","modified_gmt":"2025-07-13T14:39:55","slug":"rectoverso-03-dialectique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/rectoverso-03-dialectique\/","title":{"rendered":"#rectoverso #03| Dialectique"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Recto<\/h2>\n\n\n\n<p>Il y a la nuit qui progresse \u00e0 travers les jambes et le ventre d&rsquo;Humphrey.<br>Il y a les d\u00e9serts glac\u00e9s qui s\u2019avancent au-del\u00e0 des falaises et que l\u2019on oublie dans un verre.<br>Il y a les bateaux qui s\u2019agitent et s\u2019agacent sur les quais.<br>Il y a la lueur \u00e9teinte dans l\u2019\u0153il de l&rsquo;homme, ne parvenant plus \u00e0 surgir dans le noir.<br>Il y a les visages perdus, les voleurs anonymes qui s\u2019extraient de leur labeur pour \u00e9chapper \u00e0 leur ombre.<br>Il y a les valeurs discr\u00e8tes des mains fines d\u00e9couvrant le jour pour t\u00e2cher d&rsquo;oublier les monstres.<br>Il y a la fum\u00e9e du lointain qui ruisselle entre les nuages et entre les espoirs.<br>Il y a le vent glac\u00e9 qui fait trembler les doigts, mais qui consolide les liens entre les tasses de caf\u00e9 et leur propri\u00e9taire.<br>Il y a la biblioth\u00e9caire qui met parfois le nez \u00e0 la fen\u00eatre pour observer le vide qui s\u2019appr\u00eate \u00e0 s\u2019engouffrer dans les all\u00e9es.<br>Il y a la musique ent\u00eatante de la fanfare qui r\u00e9p\u00e8te dans l\u2019un des hangars du Quai Sud.<br>Il y a quelques touffes d\u2019herbe au pied des murs, de l\u2019herbe jaune et r\u00e9siliente.<br>Il y a des pav\u00e9s ronds, ab\u00eem\u00e9s et glissants qui aurait d\u00fb \u00eatre remplac\u00e9s par du goudron tout aussi glissant, mais que l\u2019on n\u2019a pas l\u2019\u00e9nergie de d\u00e9terrer tant ils sont fig\u00e9s dans l\u2019histoire de Beck.<br>Il y a un enfant qui pleure devant la porte de l\u2019un des hangars du Quai Sud, tenant une fl\u00fbte Piccolo \u00e0 la main.<br>Il y a un regard qui se tourne vers lui et qui s\u2019arr\u00eatera peut-\u00eatre.<br>Il y a du silence qui remplit l\u2019air et l\u2019espace entre chacun des flocons de neige qui tombent.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Verso<\/h2>\n\n\n\n<p>Oui le froid condamne les lueurs, les genoux, les membres trop peu chauff\u00e9s. Oui parfois on meurt avant d\u2019avoir eu le temps de r\u00e9aliser que l\u2019on existait. Oui il est n\u00e9cessaire d\u2019accepter que vivre soit \u00e0 la fois la sentence gratuite d&rsquo;un crime potentiel et la r\u00e9demption forc\u00e9e du plus petit insecte. Oui Beck est un monstre sans c\u0153ur, cent fois sans foi, un cancer qui ne se r\u00e9veille que lorsque l\u2019on d\u00e9cide de cesser de communier avec lui. Oui la nuit est souvent le terreau du d\u00e9sespoir, du corps de la mort, de la sexualisation des cimeti\u00e8res. Mais l\u2019apparence est le fardeau des agonies joyeuses, friables, o\u00f9 le n\u00e9cessaire s\u2019apparente aux profondeurs noires, les seules zones d\u2019abstraction o\u00f9 les concepts peuvent rebondir suffisamment haut pour s\u2019agripper au r\u00e9el de leurs ongles pointus, eux-m\u00eames accroch\u00e9s \u00e0 des doigts maigres et presque morts. Mais oui, une fois solidement attach\u00e9s \u00e0 la corde pendue au dessus du vide, elles reprennent chair et le cycle peut recommencer.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Recto Il y a la nuit qui progresse \u00e0 travers les jambes et le ventre d&rsquo;Humphrey.Il y a les d\u00e9serts glac\u00e9s qui s\u2019avancent au-del\u00e0 des falaises et que l\u2019on oublie dans un verre.Il y a les bateaux qui s\u2019agitent et s\u2019agacent sur les quais.Il y a la lueur \u00e9teinte dans l\u2019\u0153il de l&rsquo;homme, ne parvenant plus \u00e0 surgir dans le <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/rectoverso-03-dialectique\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#rectoverso #03| Dialectique<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":13,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[7529,7558],"tags":[],"class_list":["post-189516","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-recto-verso-le-cycle-ete-2025","category-rectoverso-03-camille-laurens-quelques-uns"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/189516","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/13"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=189516"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/189516\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":189517,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/189516\/revisions\/189517"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=189516"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=189516"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=189516"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}