{"id":189760,"date":"2025-07-11T09:52:54","date_gmt":"2025-07-11T07:52:54","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=189760"},"modified":"2025-07-12T17:18:29","modified_gmt":"2025-07-12T15:18:29","slug":"recto-verso-04-voix-sur-images","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/recto-verso-04-voix-sur-images\/","title":{"rendered":"#recto verso #04 | voix sur images"},"content":{"rendered":"\n<p>l\u2019escalier qui monte avec la hache et celui qui descend avec les cheveux de la femme morte qui entrent dans la bouche; quand on ressort un cheval se fait battre, le ciel est un couvercle et la lune un morceau de bois pourri ; il y a un idiot qui regarde et raconte ce qu&rsquo;il voit dans une langue de travers, un autre se prend pour un cheval; il y a un enfant qui p\u00eache un poisson gros comme une m\u00e8re et le lait qu\u2019on boit est noir ; dans les rues o\u00f9 l&rsquo;on marche \u2013 car ici on marche et surtout la nuit m\u00eame parfois dans la neige sans sabots\u2013, le fleuve est au burin ; dans les estaminet on boit vert ; puis loin le cheval meurt et toutes les b\u00eates avec ; une fille se pend au poirier avec sa ceinture &#8211; ou quoi que sais-je : la longe, la corde ou quoi, que sais-je &#8211; elle a \u00e9touff\u00e9 l&rsquo;enfant alors elle se pend : m\u00e8re fille femme en lambeaux : lambeaux, copeaux, grains tomb\u00e9s d&rsquo;une poche et ce visage minuscule qui s&rsquo;amenuise dans la lumi\u00e8re, elle se pend \u00e0 une basse branche, elle se pend et la branche ploie, on la voit \u00e0 genoux, on dirait une enfant qui joue, c\u2019est le taupier qui la voit et racontera &#8211; un jour je serai le taupier dis, tu me crois &#8211; c&rsquo;est le taupier il revient de fouiller sous la terre, les taupes mortes lui font comme une \u00e9tole autour du cou, sombre, celle de Mademoiselle Rivi\u00e8re est blanche ; et il y a cette carcasse de b\u0153uf pleine de sang d\u2019or qui pend mais le veau qu\u2019on abat n\u2019est pas d\u2019or; aux vitres les \u00e9toiles sont grosses comme le poing, une encre \u00e9paisse coule de leur bouche; les imprimeries suent les nouvelles du jour, les feuilletons laissent des traces noires aux doigts comme au doigts du prince qui tue un rat qui n&rsquo;est pas un rat derri\u00e8re un rideau ; quand les pierreries regardent elles voient tourner des robes toupies; sous sa robe Nastasya Filippovna pourrit elle aussi : elle pourrit, Oui , comme la lune; parfois quelqu&rsquo;un marche sur la t\u00eate sous les grands pins ; celle qui arrive l\u00e0 tout de suite porte une robe d\u2019\u00e9t\u00e9 \u00e0 fleurs de rideau ou une robe de poussi\u00e8re rose, selon ; il y a une m\u00e8re en tablier bleu les mains torves, elle penche ; partout, toujours, quelque chose penche, tombe, oblique, rien n\u2019est droit m\u00eame pas les fa\u00e7ades; ici le jour peine \u00e0 se lever mais il y a l\u2019aube d\u2019\u00e9t\u00e9 et cette rivi\u00e8re aux poches trou\u00e9es comme une promesse; on ne sait pas o\u00f9 on va mais on entend des voix \u00e0 l\u2019envers du d\u00e9cor; on entend ; on s&rsquo;\u00e9carquille aux voix douces, \u00e2pres, folles : celle d&rsquo;une femme dans une cave \u00e0 Nevers ou c&rsquo;est dans une chambre \u00e0 Hiroshima, celle d&rsquo;une autre \u00e0 Calcutta ; il y a sa voix avec un saule au cimeti\u00e8re : elle a v\u00e9cu ce que vivent les roses; et celle-l\u00e0 qui s&rsquo;enfonce dans le sable comme les jours ; ce sont des voix elles parlent dans ma langue une autre langue, elles parlent, elles chantent : \u00e9crivez \u00e0 l&rsquo;oreille! \u00c9cris ! Un jour on prend la mer, on part avec un nom, mettons le mien et, un harpon, on se rejoint dans l\u2019 infini qui est comme on le sait turbulent : \u00ab&nbsp;m\u2019a m\u00e8re est un poisson ma m\u00e8re est un poisson&nbsp;ma m\u00e8re \u00bb \u00ab\u00a0non ce n&rsquo;est pas \u00e7a: non ce n&rsquo;est&#8230;\u00a0\u00bb ; et il y a le bruit que fait le marteau quand il enfonce le mot dans le noir qui est aussi tr\u00e8s clair ; et il y a cette fille qui jette ses souliers et saute dans la barque et vogue sans rame : la mort est une grande banquise \u00e0 cheval sur une tombe mais ceci n&rsquo;est pas une histoire triste<\/p>\n\n\n\n<p>Et quoi \u00a0\u00bb Madame vos images \u00ab\u00a0: un collage pour l&rsquo;hiver : Eh quoi ? Que des images, rien de plus qu&rsquo;un songe d&rsquo;hier se prenant pour une phrase ? <br>\u00ab\u00a0Madame vos images\u00a0\u00bb un masque, des peaux d&rsquo;impuissance <br>Mon mal vient de plus loin disait la bouche sombre du th\u00e9\u00e2tre&#8230; <br>Emprise, fond : Parle-moi, arr\u00eate de feinter <br>Parle-moi du sous-sol disait la voix du th\u00e9\u00e2tre <br>Prends ta grosse voix, gueule : tu veux quoi en vrai? savoir o\u00f9 \u00e7a commence? <br>( comment s\u2019engueuler fort sans se d\u00e9pr\u00e9cier comment faire avancer l\u2019\u00e9criture : L\u00e8ve toi, travaille : c&rsquo;est encore loin l&rsquo;Am\u00e9rique&#8230; Toi tais-toi et nage : regarde l\u00e0-bas elle dresse son glaive : Glaive ou flambeau c&rsquo;est quoi l&rsquo;histoire )<br>Ceci n &lsquo;est qu&rsquo;un fond d\u2019images, choses lues, vues, voix et beaucoup de silence.  Silence oubli qui te posent \u00e0 \u00e9crire <br>Je voulais te demander :  tu as bien un projet . <br>si l&#8217;emprise c&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;\u00e9criture , silence et oubli qu&rsquo;elle ouvre \u00e0 l&rsquo;infini <br><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>l\u2019escalier qui monte avec la hache et celui qui descend avec les cheveux de la femme morte qui entrent dans la bouche; quand on ressort un cheval se fait battre, le ciel est un couvercle et la lune un morceau de bois pourri ; il y a un idiot qui regarde et raconte ce qu&rsquo;il voit dans une langue de <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/recto-verso-04-voix-sur-images\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#recto verso #04 | voix sur images<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":12,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[7529,7565,1],"tags":[7566,7567,6136,832,159,2697,4318],"class_list":["post-189760","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-recto-verso-le-cycle-ete-2025","category-rectoverso-04-marianne-alphant-exercice-de-memoire","category-atelier","tag-betes-2","tag-idiot","tag-lambeaux","tag-lune","tag-nuit","tag-robe","tag-sang"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/189760","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/12"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=189760"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/189760\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":190053,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/189760\/revisions\/190053"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=189760"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=189760"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=189760"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}