{"id":192849,"date":"2025-07-28T12:11:27","date_gmt":"2025-07-28T10:11:27","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=192849"},"modified":"2025-08-12T14:16:06","modified_gmt":"2025-08-12T12:16:06","slug":"4-dans-des-pas-trop-grand-pour-soi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/4-dans-des-pas-trop-grand-pour-soi\/","title":{"rendered":"#rectoverso#4 Dans des pas trop grand pour soi"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>RECTO<\/strong><br><br><br><br>Il marche vite le bougre avec ses yeux bleus, bien difficile de le suivre. Quelqu&rsquo;un d&rsquo;abord en avait parl\u00e9 brandissant fi\u00e8rement la pl\u00e9iade avec la petite photo noir et blanc, mauvaise qualit\u00e9.  Ses grandes jambes et son visage ferm\u00e9, aller l\u00e0 o\u00f9 ses pas le guident et se souvenir que l\u00e0-bas, il fait souvent froid. O\u00f9 \u00e7a qu&rsquo;il fait froid\u00a0? Dans le nord, vers les Ardennes, fronti\u00e8re avec la Belgique. On n&rsquo;en savait rien savoir d&rsquo;abord. On faisait comme le copain. Aimer le grand marcheur aux yeux bleus, avoir une pl\u00e9iade c&rsquo;est classe, le papier bible, la dorure \u00e0 l&rsquo;or fin, tout \u00e7a, les conneries qu&rsquo;on se raconte quand on n&rsquo;en sait rien, on remplace une bible par une autre. Bien trop malin. On se laisse guider, initi\u00e9 par deux grands bidules, un peu dandy, avec les dents du bonheur et la m\u00e8che sur le front. Alors La Saison En Enfer, c&rsquo;est vraiment son plus grand texte dit l&rsquo;un. Ouais mais il y a pas de Saison sans le marcheur au poche trou\u00e9 et sans le Bateau Ivre dit l&rsquo;autre\u00a0! Merde alors, on n&rsquo;y comprendre rien. On rajoute toujours malin, ouais y&rsquo; a plus de saison\u00a0! Et les deux kabbalistes vous regardent l&rsquo;air navr\u00e9. Ils parlent herm\u00e9tique, ils conspirent bien, formules obscurs sortent de leurs bouches, les yeux qui se gonflent, ils s&rsquo;extasient les salauds, on en veut de cette came\u00a0! Reprendre le bateau, encore une fois, \u00ab <em>Comme je descendais des fleuves impassibles&#8230;<\/em>.\u00bb, \u00ab <em>L\u2019eau verte p\u00e9n\u00e9tra ma coque de sapin et des t\u00e2ches de vins bleus et des vomissures Me lava, dispersant gouvernail et grappin.\u00a0<\/em>\u00bb\u00a0 Les salissures sur la coque&#8230; le bateau, c&rsquo;est qui\u00a0? C\u2019est lui\u00a0? La coque, sa peau? C&rsquo;est beau, mais merde on n&rsquo;arrive pas \u00e0 voir au travers, \u00e0 glisser en dedans, on reste \u00e0 quai. On commence par faire semblant de croire en conna\u00eetre quelque chose. Attendre et recommencer. On repart encore, on saute par dessus le bateau et entre dans la Saison. On se souvient avoir aimer les histoires d&rsquo;\u00e9glise et de mystiques, toutes ses fables qu&rsquo;on trouve pendant le si\u00e8cle d&rsquo;Hugo entre d\u00e9votion, folie, perdition et r\u00e9bellion. Et les diables fascinants, les d\u00e9mons lib\u00e9rateurs, les jeunes filles perdues&#8230; Alors l\u00e0 jadis si on se souvient bien, sa vie \u00e9tait un festin o\u00f9 tous les c\u0153urs s&rsquo;ouvrait o\u00f9 coulait tous les vins, il y a dans l&rsquo;incipit tout le 19ieme si\u00e8cle&#8230;  on pense quelque chose comme \u00e7a mais pas possible de le formuler, si c&rsquo;\u00e9tait des id\u00e9es fausses, il faudrait en savoir des choses pour dire \u00e7a. Puis le dire \u00e0 qui\u00a0? On est une quiche, on aime Rimbaud, sans argument, par intuition, kabbaliste solitaire. On aime Rimbaud comme un buveur du dimanche d\u00e9clare pr\u00e9f\u00e9rer le Bourgogne au Bordeaux, sans pouvoir en rien dire d&rsquo;autre. En vrai de vrai sa m\u00e8re, parfois on se dit que c&rsquo;est du f\u00e9tichisme et on s&rsquo;aper\u00e7oit qu&rsquo;on a pas lu grand chose, ou bien distraitement, sans faire expr\u00e8s. Et le si\u00e8cle passe et reste l&rsquo;arpentage du m\u00eame \u00ab\u00a0je suis la vierge folle\u00a0\u00bb. On d\u00e9cider de le dire, \u00e0 s&rsquo;en \u00e9corcher la bouche et on verra bien ce qu&rsquo;il en sort. Et aussi danser le sabbat dans une clairi\u00e8re avec des amies sorci\u00e8res et bivaquer dans le Morvan comme sous une nuit d&rsquo;Allemagne&#8230;.<br><br><br><strong>VERSO<\/strong><br><br>Tout sera toujours demi-achev\u00e9, ni fait ni \u00e0 faire. <br>Par dessus le cheval d&rsquo;orgueil, s\u2019arc-bouter. Ne pas se mettre au pas. Hennir quand il faudrait parler et jacter comme un animal, ou se taire, avoir honte de sa voix et des mots qui la font entendre. \u00catre \u00e0 moiti\u00e9 s&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 pas mal quand on ne peut pas plus. La po\u00e9sie sera toujours le marche pied du roman. <br><br>\t<em>Qui le dit\u00a0? <\/em><br><br>Bruuuu\u00a0! Sait pas bien\u00a0! La voix qui n&rsquo;ose pas. Oh, elle peut tout pourtant. \u00c2ne ne brait jamais \u00e0 moiti\u00e9.  Et soudain trois deux un z\u00e9ro galop et attraper au passage<em> Elle est retrouver\u00a0! Quoi\u00a0? L&rsquo;\u00e9ternit\u00e9\u00a0! c&rsquo;est la mer m\u00eal\u00e9 au soleil<\/em>. Mantra. <br>\u00c7a commence sur le bout du bout du rivage du si\u00e8cle, on va encore \u00e0 l&rsquo;\u00e9glise, on fait sa communion, on prie, on raconte encore les miracles et le bon Dieu qui gu\u00e9rit par l&rsquo;op\u00e9ration du saint esprit, sans tonnerre ni fracas. Alors quand on tombe sur l\u2019\u00e9chalas, quand on voit passer le grand machin au yeux d\u00e9lav\u00e9, quand on vous dit que lui, c&rsquo;est l\u00e9gende ce qu&rsquo;il fait, on se met en arr\u00eat. Il y a l\u00e0 tout l&rsquo;humus encore odorant qu&rsquo;on peut renifler avec d\u00e9lectation\u00a0: des diables, du sang, du sexe, des bons mots et des palpitations et des r\u00e9voltes et des intransigeances et plus encore, \u00e7a donne le hoquet, on s&rsquo;en d\u00e9lecte, OK\u00a0! Marcher marcher marcher encore marcher m\u00e2cher m\u00e2cher user les semelles de cuir, de fer, de bois, <br><br>\t<em>Aller\u00a0! Aller\u00a0! va, va donc\u00a0! va pied nu perdu, sur les chemins, \u00e9loigne-toi donc du bitume caboss\u00e9-us\u00e9, dur, \u00e2pre, br\u00fblant en \u00e9t\u00e9 comme la poix des bassines d&rsquo;enfer\u00a0!<\/em><br><br>Oui chercher chercher racler les lettres, les voyelles pour retrouver l\u2019enfance. <em>Qu\u2019il vienne qu\u2019il vienne le temps dont on s\u2019\u00e9prenne<\/em>. Faire l&rsquo;idiot, le vrai plus b\u00eate que le Prince Mychkine, ras du tiroir, bien fracass\u00e9, <br><em>Tenir le pas gagn\u00e9<\/em>, s&rsquo;enorgueillir de<em> l&rsquo;informe<\/em>, si on trouve de la <em>forme<\/em> alors va pour la <em>forme<\/em>\u00a0!<br><br>\t<em>Fais un effort, relis, soigne tes citations, un mot ne suffit pas et cesse d&rsquo;user de passages qui justifient ta paresse<\/em><br><br>Ah oui\u00a0! <em>Mais\u00a0! qui a fais ma langue perfide tellement qu&rsquo;elle est guid\u00e9e et sauvegard\u00e9e jusqu\u2019ici  ma mollesse<\/em> <br><br>\t<em>ma paresse<\/em><br><br>oui mais moi c\u2019est<em> mollesse<\/em><br>entrer en transe comme dans une boulangerie, boulotter les syllabes, les voyelles<br>comme petits fours saveur cannelle<br><br>\t<em>horreur de ma b\u00eatise<\/em><br><br>La consolation, elle est venue en tombant main en avant bras tendus sur<br><em>la maison dans la for\u00eat du monde. <\/em><br>Alors bouche b\u00e9e, commencer \u00e0 lire \u00e0 voix haute <br>et laisser larmes couler <br>j&rsquo;\u00e9tais quand <br>quand je t&rsquo;ai regard\u00e9 <br>enfant <br><em>La maison ou le monde <br>o\u00f9 je descendais \u00e0 la cave<br>quand le jour \u00e9tait blanc et moi <br>cherchant le lait<\/em><br><br>dans la petite biblioth\u00e8que de campagne <br>reprendre la marche, traverser les chemins <br>juch\u00e9 en haut de l\u2019\u00e9chelle, reprendre un livre couverture cuir <br><br>\t<em>L&rsquo;Idiot<\/em><br> <br>avons nous encore besoin d&rsquo;un saint <br>\u00e0 qui se vouer\u00a0?<br>je suis perdu<br><br>\t<em>Redresse toi\u00a0! c&rsquo;est la honte ici\u00a0!<\/em><br><br>Non je veux pleurer comme du papier bavard<br>qui encore croira ma langue si m\u00eame je d\u00e9sesp\u00e8re<br><br>\t<em>Quel ennui, mais quel ennui\u00a0!<\/em><br><br>Je n&rsquo;ai rien fait, <em>n\u2019eus-je pas une fois une jeunesse<\/em> id\u00e9ale \u00e0 jouer avec des feuilles d\u2019or, <em>par quelle erreur, ai-je m\u00e9rit\u00e9 ma faiblesse actuelle\u00a0? <br><\/em><br>\t<br><br><br><br><br><br><br><br><br><br><br><br><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>RECTO Il marche vite le bougre avec ses yeux bleus, bien difficile de le suivre. 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