{"id":194739,"date":"2025-08-05T07:57:08","date_gmt":"2025-08-05T05:57:08","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=194739"},"modified":"2025-08-05T14:00:54","modified_gmt":"2025-08-05T12:00:54","slug":"11-recto-verso-non","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/11-recto-verso-non\/","title":{"rendered":"#rectoverso #11 | NON #"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">RECTO \u2013 amplification<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"884\" height=\"322\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IMG20230511160211-ombres-1-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-194743\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IMG20230511160211-ombres-1-1.jpg 884w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IMG20230511160211-ombres-1-1-420x153.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IMG20230511160211-ombres-1-1-768x280.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 884px) 100vw, 884px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong><em>Choses tout en haut, tout au bord, tout en bas<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tout<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">en bas,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">de la haut<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">des t\u00eates d\u2019\u00e9pingle,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">visages relev\u00e9s vers<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">la lumi\u00e8re et le grand air,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">le soleil, et moi, tout au bord,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">du tout en haut, du pont de levage de<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">l\u2019ancienne gare d\u2019Arudy, dans les Pyr\u00e9n\u00e9es,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">une arche en acier, vestige industriel tr\u00e8s Tour Eiffel,&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">sur une friche au c\u0153ur de la ville, une histoire pas seulement<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">carte postale noir et blanc sur fonds de nuages et d\u2019\u00e9tourneaux,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">non,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">tr\u00e9pas<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">en cours<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">une bascule, pas<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">loin de la route, de<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">ses vrombissements<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">passages de voitures,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">et autres engins motoris\u00e9s,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">mais,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">en suspension,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">un souffle, peut \u00eatre<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">un ange tendre et silencieux,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">alors, en bas de l\u2019arche \u00e0 l\u2019acier rouill\u00e9,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">un accord\u00e9on d\u00e9pli\u00e9, une fanfare Klezmer,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">tandis qu\u2019en haut, mes orteils \u00e9cart\u00e9s, s\u2019agrippent encore<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">superpositions &#8211; ma peur, un soubassophone, la mort &#8211; ma peur, un saxophone, un violon, la vie &#8211; ma solitude, et une guitare \u00e9lectrique &#8211; mon absence \u00e0 la vue de tous, et un roulement de percussions.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019\u00e9tait<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">il y a 20 ans, j\u2019avais 12 ans,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">depuis ce jour, ne plus pouvoir \u00eatre soi. Que \u00e7a s\u2019arr\u00eate. En finir. Chasser les d\u00e9mons, ne plus esp\u00e9rer une r\u00e9ponse de maman, tant de questions, pourquoi moi, pourquoi cela a commenc\u00e9, quand terminera ce cauchemar, et l\u2019Humain&nbsp;dans tout \u00e7a,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">le vide sous mes pieds, le d\u00e9go\u00fbt de vivre, vomir \u00e0 la seule vue du bistrot familial, de ma m\u00e8re et de ses omelettes, de mon p\u00e8re qui me pr\u00e9c\u00e8de \u00e0 la cave, <em>il fallait prendre un petit couloir, dans le couloir il y avait des poutres, c\u2019\u00e9tait sur ces poutres qu\u2019\u00e9taient install\u00e9es les jarres, j\u2019avais une peur bleue&nbsp;parce que, il y avait aussi de gros rats sur les poutres, de tr\u00e8s gros rats, leurs queues pendaient, maman mettait un produit dans la jarre, comme \u00e7a les \u0153ufs se conservaient longtemps, je mettais ma main droite dans l\u2019eau de la jarre pour prendre les \u0153ufs, l\u2019eau faisait une dr\u00f4le de pellicule blanche qui restait sur mes mains, je ne me suis jamais souvenue de ce qu\u2019\u00e9tait ce produit, <a>j\u2019entendais maman m\u2019appeler depuis la cuisine, mais elle ne m\u2019entendait pas depuis la cave, selon ce que maman pr\u00e9parait, je remontais les escaliers avec entre trois et six \u0153ufs dans un petit panier, <\/a>le produit avait une dr\u00f4le d\u2019odeur et mon p\u00e8re me disait d\u2019aller me laver les mains vite fait \u00e0 la salle de bains, et c\u2019\u00e9tait lui qui se chargeait d\u2019apporter les \u0153ufs \u00e0 maman, papa avait toujours l\u2019air rudement content quand maman faisait des omelettes, des \u0153ufs au plats, des \u0153ufs \u00e0 la coque, mi mollet ou pas, les<\/em> <em>\u0153ufs vraiment \u00e7a le mettait en joie, et \u00e7a nous changeait maman et moi, parce que papa \u00e9tait rarement content, c\u2019\u00e9tait comme \u00e7a, souvent j\u2019avais faim, mais je pr\u00e9f\u00e9rais aller me coucher et laisser papa et maman manger les \u0153ufs, mais alors papa me grondait, me faisait les gros yeux, alors que quand je mangeais les \u0153ufs, papa \u00e9tait tout joyeux et me demandait de monter sur ses genoux, m\u2019embrassait dans le cou, souvent c\u2019\u00e9tait le moment o\u00f9 maman commen\u00e7ait \u00e0 faire la vaisselle, elle me tournait le dos pour la faire,<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">au bord de l\u2019abime, dans sa petite robe achet\u00e9 au march\u00e9, dans ses sandales mal attach\u00e9es, \u2018la petite du bistrot\u2019 \u00e0 l\u2019avenir entach\u00e9, a si peu souri, si peu mang\u00e9, n\u2019a dit mot, son seule passe-temps, l\u2019ennui et le vomi. Un peu le dessin.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au bas de l\u2019arche, ce parterre de cyclistes stopp\u00e9s dans l\u2019\u00e9lan, des ribambelles d\u2019yeux exorbit\u00e9s, fascin\u00e9s par la funambule, des bouches en apn\u00e9e, des mains en casquette pour \u00e9viter le face \u00e0 face avec le soleil, il est midi, des tournis, des cris, l\u2019arythmie des c\u0153urs &#8211; si longues ces minutes, ces minutes juste avant la chute, juste avant de descendre les escaliers dans la cave, juste avant ce petit bruit des rats \u00e0 l\u2019aff\u00fbt, juste avant l\u2019\u00e9pouvante,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">les yeux clos, me pencher, je tomberai au bas de l\u2019arche en acier, je ne sentirai plus rien, \u00eatre \u00e0 vue pour une fois, l\u2019ombre d\u2019ange, elle, pourra dire, me dira \u2013 voil\u00e0, c\u2019est fini, tout ira bien maintenant,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">en bas de l\u2019arche, la vie me manquera-t-elle, j\u2019ai attendu si longtemps que la voix vocif\u00e9rante et salement murmurante s\u2019\u00e9loigne, aucun \u00eatre humain n\u2019a emp\u00each\u00e9 la prolif\u00e9ration des fr\u00e9tillantes queues de rats, j\u2019ai voulu apprivoiser l\u2019angoisse de vivre, ne plus penser m\u00eame avec un go\u00fbt de sang et de sperme dans la bouche, &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">en haut de l\u2019arche, les yeux ferm\u00e9s, je danse, la fanfare ne joue plus, mais m\u00eame pas peur, oublier les images des yeux libidineux et complices des clients du bistrot, celles de mon p\u00e8re qui me b\u00e9cote alors que ma m\u00e8re fait la vaisselle,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">en bas de l\u2019arche, ils me verront crever en direct, mais moi <em>je ne regretterai pas, la baguette en bois dor\u00e9 qui sert de cadre au tableau en face de mon lit, ni les coups de pinceau pour signifier les fleurs bleues aux pistils rouges et charnus du bouquet, encore moins les brins miniatures peints vite fait sur le c\u00f4t\u00e9 inf\u00e9rieur droit du vase<\/em> <em>&#8211; un panier<\/em> &#8211; la peinture de mon p\u00e8re, son cadeau pour la f\u00eate des m\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong><em>Choses dans l\u2019ombre<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Alors, l\u2019ombre se penche vers moi, suspendue elle aussi dans le d\u00e9s\u00e9quilibre &#8211; un souffle l\u00e9ger dans ma coupe bol \u2013 c\u2019est ma m\u00e8re qui me coupait les cheveux &#8211; je n\u2019ai pas de chapeau, s<em>uis-je la seule \u00e0 pr\u00eater attention aux poussi\u00e8res d\u2019\u00e2me, le mouvement de la mort est si discret, n\u2019est fr\u00e9missant qu\u2019en quelques rares occasions. On bascule si vite, de l\u2019\u00eatre au non \u00eatre,<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">alors, sur l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 du terrain vague, \u00e0 quelques m\u00e8tres derri\u00e8re moi, une porte de hangar tagu\u00e9e s\u2019ouvre, il est midi pass\u00e9, une masse d\u2019\u00e9tourneaux virevolte &#8211; parchemin mouvant qui vole \u00e0 ciel ouvert &#8211; s\u2019engouffre \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, en ressort &#8211; je les regarde au bord du vide, avec eux m\u2019envoler, fuir les pr\u00e9dateurs,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">alors, un petit vent frais s\u2019\u00e9l\u00e8ve, flotte dans ma robe, et une banderole de nuages blancs se d\u00e9plie au sommet du pic d\u2019Ossau, en bas de l\u2019arche, les NON de l\u2019assembl\u00e9e de cyclistes \u00e0 l\u2019arr\u00eat, d\u00e9vast\u00e9s, aspir\u00e9s, affol\u00e9s, &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">en face de moi, entre deux angles d\u2019immeubles, la perspective d\u2019un rayon de soleil, dans un coin \u00e0 droite, un couple de jeunes, les bras de l\u2019un autour du cou de l\u2019une, le blanc de leurs peaux sur le noir de leurs v\u00eatements, au hasard au milieu de la foule, le toucher d\u2019une main sur une bretelle de sac en tissu, comment cette main, la gauche caresse la bretelle du sac et l\u2019enroule nerveusement entre ses doigts, comment l\u2019autre main, la droite, sortie d\u2019une poche, se r\u00e9fugie sous le sac tissu comme dans un fourreau, comment je baille, et comment l\u2019ombre se met \u00e0 bailler aussi,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">c\u2019en est fini du jeune homme derri\u00e8re ses lunettes qui vient parfois le samedi au bistrot et me regarde avec timidit\u00e9 assis \u00e0 la table du fond &#8211; <em>sans lever la t\u00eate, je, tra\u00e7ais des traits avec un stylo \u00e0 bille noir, sur une feuille arrach\u00e9e dans son cahier d\u2019\u00e9cole. Et puis, je sortais de ma trousse des petites \u00e9pingles, et je transper\u00e7ais mon dessin avec des \u00e9pingles, oui je les transper\u00e7ais avec beaucoup d\u2019attention m\u00eame, <\/em>il avait profit\u00e9 que je lui tourne le dos,<em> pour s\u2019emparer discr\u00e8tement du dessin \u00e9pingl\u00e9 sur ma table, et il avait plong\u00e9 dans la galaxie des minuscules traces de trous \u00e9parpill\u00e9s sur le bois.<\/em> Plus tard, il avait \u00e9pingl\u00e9 mon dessin sur le banc du jardin public,<em>lui et moi, ne nous lassions pas d\u2019attraper les silences et les oublis des sourds \u00e9chos de nos solitudes.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">donc &#8211; je ne grandirai plus, ne conna\u00eetrai pas d\u2019\u00eeles et de pays lointains &#8211; <em>sable de Casamance, gris, ocre, noir, beige \u2013 donc, je ne porterai pas cette robe de mari\u00e9e avec de la dentelle rose, aper\u00e7ue un jour \u00e9pingl\u00e9e sur un mannequin,<\/em> donc &#8211; ne mangerai pas d\u2019huitres sur le bassin d\u2019Arcachon, n\u2019aurai pas la joie d\u2019enterrer mon p\u00e8re et de voir ma m\u00e8re vieillir en EPAD &#8211; oh que je suis fatigu\u00e9e &#8211; la fanfare ne joue plus \u2013 donc- alors &#8211; fini &#8211; <em>Un deux trois soleil<\/em> &#8211; j\u2019ai froid, j\u2019ai chaud.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong><em>Choses difficiles \u00e0 dire<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">un suicide dit-on en bas de l\u2019arche, je ne sais, je ne sais pas si je suis l\u00e0 ou pas, \u00e7a crie, \u00e7a s\u2019agite, \u00e7a appelle les secours, je vois sans voir, sur le vieux rail de la gare en berne, surgir un train, il traverse l\u2019arche, me traverse, bruits de sifflements et d\u2019acier rouill\u00e9, carambolage, \u00e0 l\u2019ancien pont de levage de la grande \u00e9poque, les pierres bleues d\u2019Arudy, se cognent, rugueuses, coupantes, noires,<em> L\u2019OMELETTE, SAUF QUI PEUT. Coq parade dans le poulailler. ELLE bris\u00e9e, dans l\u2019angle mort de la basse-cour, en vrac, gratte le terre s\u00e8che, sauvagement. Limaces en pagaille. D\u00e9voration. D\u00e9voration du cru. D\u00e9voration humanimale, la foire d\u2019empoigne,<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">en transparence \u00e0 cet instant, les hurlements \u00e9touff\u00e9s des convois d\u2019antan, <em>ampliations, extensions<\/em>, carambolages avec tous les renoncements de l\u2019humanit\u00e9, y compris ceux d\u2019aujourd\u2019hui qu\u2019on n\u2019attend le moins, amoncellements de corps, br\u00fbl\u00e9s, putr\u00e9fi\u00e9s, et, l\u2019enfance perdue dans ce fatras innommable, larmes insolubles d\u2019une petite fille au sexe ravag\u00e9, qui dit sans pouvoir dire, qui dit d\u00e9j\u00e0 beaucoup. <em>Ce jour, la lumi\u00e8re est l\u2019objet m\u00eame, elle n\u2019est pas cette qualit\u00e9 abstraite qui rend les choses visibles, c\u2019est un lieu lumineux peupl\u00e9 de surfaces sans mati\u00e8re, sans fond, dans lequel elle s\u2019immerge. Ce jour, l\u2019espace n\u2019est pas cette qualit\u00e9 concr\u00e8te, qui donne une fonction \u00e0 l\u2019objet, il est le reflet mouvant qui r\u00e9pond \u00e0 une logique de l\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re, qui fait entendre, donne \u00e0 voir, \u00e0 percevoir, \u00e0 lire,<\/em><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"683\" height=\"1024\" data-id=\"194742\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IMG20230511153952-le-sorcier-bis-1-683x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-194742\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IMG20230511153952-le-sorcier-bis-1-683x1024.jpg 683w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IMG20230511153952-le-sorcier-bis-1-280x420.jpg 280w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/IMG20230511153952-le-sorcier-bis-1.jpg 690w\" sizes=\"auto, (max-width: 683px) 100vw, 683px\" \/><\/figure>\n<\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong><em>Choses qui font bouger mon imaginaire<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li>\u00ab\u00a0Laisser courir son pinceau\u00a0\u00bb en visionnant le film <em>Les ailes du d\u00e9sir<\/em> de Wim Venders, intuition de r\u00e9sonances avec ce recto-verso 11 de Sei Shonagon<\/li>\n\n\n\n<li>Lire <em>Une femme sur le fil<\/em>\u00a0d\u2019Olivia Rosenthal, et imaginer le spectacle de Chlo\u00e9 Moglia,\u00a0<em>L\u2019art de la suspension\u00a0ou laisser voir ce qui a lieu<\/em>.<\/li>\n\n\n\n<li>Me souvenir de l\u2019expo <em>Song-Lines<\/em> du mus\u00e9e du quai Branly \u00e0 Paris (Chant de pistes du d\u00e9sert australien), c\u2019\u00e9tait au printemps 2023 photo sur mon portable faisant foi &#8211; <em>L\u2019\u2019histoire des sept s\u0153urs et leur implacable poursuivant, un sorcier aux multiples visages, elles apparaissent et disparaissent continuellement dans le paysage, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des sources, dans les collines, les rochers, les arbres, peigne leurs contr\u00e9es, \u00e0 m\u00eame le sol, y consigne leurs savoirs \u00e9cologiques, cosmologiques, et topographiques<\/em> (cf les deux images)<\/li>\n\n\n\n<li>Accepter de m\u2019\u00e9loigner du moins pour ce temps estival, voire davantage, des \u00e9crits au long cours, li\u00e9s \u00e0 l\u2019interview et au documentaire<\/li>\n\n\n\n<li>Plonger dans des bribes de texte oubli\u00e9s, en friche, les reconsid\u00e9rer sous d\u2019autres angles<\/li>\n\n\n\n<li>Me fier aux consignes recto-verso, trouvailles de Fran\u00e7ois, chez nombre de femmes autrices,<\/li>\n\n\n\n<li>Tenter de les incorporer, tout en les contournant,<\/li>\n\n\n\n<li>Plonger dans l\u2019instant pr\u00e9sent surtout, ce que j\u2019entends, per\u00e7ois, voit en marchant, en vivant, noter, pr\u00e9server ces \u00e9ph\u00e9m\u00e8res<\/li>\n\n\n\n<li>Me laisser aller \u00e0 de tr\u00e8s lointaines et inconsistantes r\u00e9miniscences bibliques<\/li>\n\n\n\n<li>Oser le magique, pourquoi pas, c\u2019est beau une ombre<\/li>\n\n\n\n<li>La forme, le forme, la laisser venir, la susciter, la travailler<\/li>\n\n\n\n<li>Jouer de la ponctuation, des polices et de l\u2019espace feuille<\/li>\n\n\n\n<li>Tenter l\u2019image et le montage aux c\u00f4t\u00e9s du texte, apprendre la technique qui me le permettra davantage<\/li>\n\n\n\n<li>\u00a0Enregistrer mes textes, apprendre la technique qui me le permettra<\/li>\n\n\n\n<li>Faire surgir une continuit\u00e9 dans le disparate, l\u2019italique pour dire \u00ab\u00a0les blocs\u00a0\u00bb anciens que je retiens<\/li>\n\n\n\n<li>L\u2019anonymat, porte ouverte \u00e0 la libert\u00e9 d\u2019\u00e9crire, sur ce site \u00e0 ola Fran\u00e7ois Bon<\/li>\n\n\n\n<li>Lire, c\u2019est \u00e9crire<\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong><em>Choses qui remontent vers l\u2019\u00e9criture existante et pourraient encore l\u2019alimenter<\/em><\/strong><em><\/em><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong># Recto 1 Annie Ernaud #\u00a0<\/strong><em>D\u00e8s que \u00e7a sonne, on sait \u2026<\/em><\/li>\n\n\n\n<li><strong># Verso 1 \u2013 Annie Ernaud # <\/strong><em>Et il y aussi l\u2019odeur\u2026<\/em><\/li>\n\n\n\n<li><strong><em># Recto- Verso 2 Maylis de K\u00e9rangal # <\/em><\/strong><em>Et puis, soudain, vacarme de ferraille, grincements rouill\u00e9s du TGV pris dans une temp\u00eate de gravillons. Le train s\u2019arr\u00eate.<\/em><\/li>\n\n\n\n<li><strong><em># Recto- Verso 2 Maylis de K\u00e9rangal # <\/em><\/strong><em>J\u2019\u00e9coute la petite fille\u00a0: la maman de Peau d\u2019Ane est morte, pourquoi\u00a0? Elle \u00e9tait malade\u00a0?<\/em><\/li>\n\n\n\n<li><strong><em># Recto- Verso 2 Maylis de K\u00e9rangal #<\/em><\/strong><em>\u2026sur le point de me parler. Mais de sa gorge ne sort qu\u2019un raclement, une voix encav\u00e9e depuis longtemps.<\/em><\/li>\n\n\n\n<li><strong><em># Recto-Verso 3 Camille Laurens # <\/em><\/strong><em>A vos marques pr\u00eats partez, la d\u00e9bandade mondiale<\/em><\/li>\n\n\n\n<li><strong><em># Recto-Verso 4 Marianne Alphant # <\/em><\/strong><em>Souviens toi\u00a0! Il nous faudra encore et encore, restituer l\u2019incertitude de tous ces \u00e9checs cuisants, remonter le fil du temps de ces voies sans issue, mener des enqu\u00eates, questionner le pass\u00e9 depuis le pr\u00e9sent, renouveler, d\u00e9fataliser notre histoire, en suivant la trace des r\u00e9sistances, entrer au fond des interstices de la spirale du pire<\/em><\/li>\n\n\n\n<li><a><strong><em># Recto-Verso 4 Marianne Alphant #<\/em><\/strong><\/a><strong><em> <\/em><\/strong><em>Elle voit mais flou. Elle a peu voyag\u00e9, a toujours eu peur de quitter sa rive et de plonger dans l\u2019infini sans rep\u00e8re.<\/em><\/li>\n\n\n\n<li><strong><em># Recto-Verso 5 Joy Sorman # <\/em><\/strong><em>Quelque<\/em><em> chose qui aurait \u00e0 voir avec un r\u00e9el r\u00e9invent\u00e9, d\u2019un lieu entre effervescence sociale et vie de village.<\/em><\/li>\n\n\n\n<li><strong><em># Recto-Verso 5 Joy Sorman # <\/em><\/strong><em>Un flot de paroles, livr\u00e9 presque tel que. J\u2019ai voulu exp\u00e9rimenter le long flux de l\u2019interview, la mat\u00e9rialit\u00e9 de ce r\u00e9el comme \u00e9criture en soi.<\/em><\/li>\n\n\n\n<li><strong># Recto-Verso 6 Ga\u00eblle Obliegy # <\/strong><em>Chaque jour, avec l\u2019ombre de moi-m\u00eame, je marche.<\/em><\/li>\n\n\n\n<li><strong># Recto-Verso 6 Ga\u00eblle Obliegy # <\/strong><em>Je me m\u00e9fie de tout ce qui s\u2019immisce, se contorsionne, glisse dans les interstices, ni vu ni connu. Par exemple, quand je marche et <a>qu\u2019une \u00e9cume de poussi\u00e8re est tout \u00e0 coup balay\u00e9e <\/a>par le vent, n\u2019est-ce pas le signe avant-coureur\u00a0de\u2026 ? De\u2026Je ne sais quoi&#8230; Saurais-je un jour\u00a0?\u00a0\u00a0 Ce souffle du vent, fugace, rien ne me permet de saisir ce qu\u2019il cache ou tente d\u2019indiquer. <\/em><\/li>\n\n\n\n<li><strong><em># Recto-Verso 7 Lucie Ellmann # <\/em><\/strong><em>le fait que dans le reflet de la vitre, elle avait jet\u00e9 un regard rapide et soup\u00e7onneux vers moi et qu\u2019adroitement j\u2019avais fait mine de ne pas la voir tout en lui faisant comprendre que je l\u2019avais vue<\/em><\/li>\n\n\n\n<li><strong><em># Recto-Verso 7 Lucie Ellmann # <\/em><\/strong><em>le fait que papa attendait de savoir ce que maman allait faire \u00e0 manger, le fait que maman me demandait d\u2019aller chercher des \u0153ufs dans la cave enterr\u00e9e, le fait que les \u0153ufs baignaient dans la jarre en terre<\/em><\/li>\n\n\n\n<li><strong><em># Recto-Verso 8 Nathalie Sarraute # <\/em><\/strong><em>Une frange, une coupe au bol, et petite, pour son \u00e2ge. On avait quelque 25 ou 26 ans \u00e0 tous les deux. ELLE, c\u2019\u00e9tait la fille du bistrot Le Carillon au 135 avenue Michelet, \u00e0 quelques m\u00e8tres de chez moi, la seconde maison des vieux habitu\u00e9s du quartier.<\/em><\/li>\n\n\n\n<li><strong><em>Verso 9 Triade 3 &#8211; Gertrude Stein #<\/em><\/strong><em>Tombent, roulent ses cernes dessous, marques noires poignard. Ont vu le loup, un loup pas empaill\u00e9, pas au mus\u00e9e. Pupilles hallucin\u00e9es, nez bouch\u00e9 d\u00e9go\u00fbt\u00e9, langue fig\u00e9e, exorbit\u00e9e, dents du dessus, sans dent dessous. Sa gorge &#8211; hurlements du dedans. Ne sent plus rien. Boucles \u00e0 t\u00eate d\u2019\u00e9pingle.<\/em><\/li>\n\n\n\n<li><strong><em># Recto-Verso 10 Suzanne Dopelt # <\/em><\/strong><em>ce jour,<\/em> <em>IL, ELLE, sont des corps-livres, des voix-oreilles, des yeux-miroirs qui effleurent l\u2019irrepr\u00e9sentabilit\u00e9\u00a0d\u2019un drame humain universel, dans un espace confin\u00e9 entre soi et soi, entre vivants et morts <\/em><\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>RECTO \u2013 amplification Choses tout en haut, tout au bord, tout en bas Tout en bas, de la haut des t\u00eates d\u2019\u00e9pingle, visages relev\u00e9s vers la lumi\u00e8re et le grand air, le soleil, et moi, tout au bord, du tout en haut, du pont de levage de l\u2019ancienne gare d\u2019Arudy, dans les Pyr\u00e9n\u00e9es, une arche en acier, vestige industriel tr\u00e8s <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/11-recto-verso-non\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#rectoverso #11 | NON #<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":697,"featured_media":194743,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[7529,7714],"tags":[],"class_list":["post-194739","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-recto-verso-le-cycle-ete-2025","category-rectoverso-11-shonagon-ampliations-extensions"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/194739","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/697"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=194739"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/194739\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":194812,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/194739\/revisions\/194812"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media\/194743"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=194739"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=194739"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=194739"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}