{"id":194913,"date":"2025-08-06T15:17:39","date_gmt":"2025-08-06T13:17:39","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=194913"},"modified":"2025-08-09T15:07:44","modified_gmt":"2025-08-09T13:07:44","slug":"rectoverso-11-maniere-decrire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/rectoverso-11-maniere-decrire\/","title":{"rendered":"#rectoverso #11 | Mani\u00e8re d&rsquo;\u00e9crire"},"content":{"rendered":"\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-style-plain has-blush-light-purple-gradient-background has-background is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>1er&nbsp;jour. D\u2019abord, la lecture attentive de la proposition. Puis la vid\u00e9o. Les deux se font, accompagn\u00e9s de prises de notes, \u00e0 la main, dans un carnet. Ensuite, lecture des textes d\u2019appui.<\/p>\n\n\n\n<p>2e&nbsp;jour. Notation, toujours \u00e0 la main dans le carnet, des id\u00e9es qui viennent. En marge, les intuitions pour la suite (le travail sur le livre \u00e0 venir, dont participe l\u2019atelier).<br>Lecture al\u00e9atoire des textes soumis par d\u2019autres participants, appr\u00e9cier la diversit\u00e9 des interpr\u00e9tations possibles.<\/p>\n\n\n\n<p>3e\u00a0jour. Abattement, sentiment d\u2019impuissance. L\u2019envie de passer mon tour. S&rsquo;y coller tout de m\u00eame, et finir par arracher quelque chose qui tient \u00e0 peu pr\u00e8s la route. Parfois, \u00e7a ne vient pas. Pour cette onzi\u00e8me proposition, \u00e7a n\u2019est pas venu comme je l\u2019esp\u00e9rais. Tant pis. J\u2019y reviendrai peut-\u00eatre.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<p><strong>ENFANCE.<\/strong><br>Quelques pages comme \u00e7a, puis tout \u00e0 coup&nbsp;: L\u2019ENFANCE\u2009! <\/p>\n\n\n\n<p>1977. Les grands-parents vivaient dans un petit appartement \u00e0 Levallois-Perret. On dormait dans le canap\u00e9-lit de la pi\u00e8ce principale. Le grand-p\u00e8re assis face \u00e0 nous regardait la t\u00e9l\u00e9 dans un r\u00e9troviseur fix\u00e9 au bras du fauteuil, souvenir de ses ann\u00e9es de taxi. Le quatorzi\u00e8me enfant, sa m\u00e8re l\u2019avait pr\u00e9nomm\u00e9 D\u00e9sir\u00e9. \u00c0 onze ans, il travaillait \u00e0 la mine.<br>La grand-m\u00e8re avait une liaison avec le garagiste. Le garagiste qui avait pistonn\u00e9 le grand-p\u00e8re aupr\u00e8s de la compagnie de taxi. Lorsqu\u2019il mourra \u00e0 son tour, des ann\u00e9es apr\u00e8s le grand-p\u00e8re, la grand-m\u00e8re ne put rien dire de sa douleur. <\/p>\n\n\n\n<p>1982. M\u00e9tro, ligne&nbsp;3. Station Pont de Levallois-B\u00e9con. Le kiosque \u00e0 journaux affichait sur un panneau une photo de Bashung en une du dernier num\u00e9ro de Best. Quand j\u2019allais dormir chez ma grand-m\u00e8re, je r\u00e9glais Radio Nova sur le tuner de la chaine hifi que j\u2019\u00e9coutais tr\u00e8s bas en m\u2019endormant.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>PARIS.<\/strong><br>Paris, la d\u00e9couverte capitale\u2009! Territoire des premiers \u00e9mois, des premi\u00e8res envies d\u2019\u00e9crire, des premi\u00e8res conneries avec Jorge.<br>Un peu plus tard, les bouquinistes le long des quais. Les Jack Kirby \u00e0 30&nbsp;balles. Lautr\u00e9amont. Huysmans. D\u2019autres vinrent ensuite&nbsp;: Bowles. Nabokov. Kerouac et Miller.<br>Plus tard encore, avec Claire, les razzias dans les librairies, Shakespeare and Co., Actualit\u00e9s, Un Regard Moderne, le compte en banque vide ensuite, et tant pis, les livres d\u2019abord. L\u2019art d\u2019abord. Et l\u2019amour, et le sexe.<br>Chez N., un soir de septembre 2001, un appartement au 1er&nbsp;\u00e9tage d\u2019un immeuble fin XVIIIe, le salon envahi de livres, des lettres magn\u00e9tiques sur le frigo \u00e0 partir desquelles \u00e9taient compos\u00e9s des ha\u00efkus. La fen\u00eatre ouverte, sir\u00e8nes au loin, scooter dans la rue, rires jusque tard. Jusque tard, on parle litt\u00e9rature, musique, politique. On parle religion. On parle du dernier Houellebecq. De Houellebecq et la religion. On parle des attentats. On \u00e9coute le premier album de Biolay. On boit et on fume. La femme de N. passe en sous-v\u00eatements transparents dans la pi\u00e8ce enfum\u00e9e, une fois, deux fois, et N. semble me dire&nbsp;: \u00ab\u2009vas-y si tu veux\u2009\u00bb.<br>Je partirai au matin, en laissant pour message sur le frigo&nbsp;: Nuit de septembre\/Se brise\/Sur tes l\u00e8vres<\/p>\n\n\n\n<p><strong>PALIMPSESTE.<\/strong><br>Palimpseste. Effacement partiel. Peut-\u00eatre Intentionnel. Ratures. Biffures. Stylo rageur. Page blanche. Faux d\u00e9part. Reprise. Y revenir. Y revenir encore. <em>\u00c9chouer mieux.<\/em> Strates. S\u00e9diments de phrases, couches de mots superpos\u00e9s. Arch\u00e9ologie de l\u2019\u00e9criture. Choses enfouies. Source \u00e9ruptive d\u2019o\u00f9 jaillissent les mots.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Les choses dont on h\u00e9rite<\/h2>\n\n\n\n<p>Les deux autres \u2014 le fr\u00e8re, le cousin \u2014 avec leurs conneries avaient plac\u00e9 la barre haut.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s l\u2019enfance, le go\u00fbt de l\u2019\u00e9criture, le c\u00f4t\u00e9 petit g\u00e9nie que la m\u00e8re a impos\u00e9 sur le narrateur, avant que tout s\u2019\u00e9croule. \u00ab\u2009Ma m\u00e8re me trouvait fort intelligent et j\u2019avais la b\u00eatise de la croire.\u2009\u00bb<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Les choses \u00e0 soi<\/h2>\n\n\n\n<p>La musique&nbsp;: se glisser dans les interstices, prendre ce que le fr\u00e8re et le cousin n\u2019avaient pas voulu prendre, Jim Morrison, Hendrix, les Stones. Et les Beatles, et Brian Wilson.<\/p>\n\n\n\n<p>La soir\u00e9e chez Serge. La campagne au petit matin, la certitude de la vocation d\u2019\u00e9crivain.<\/p>\n\n\n\n<p>la soir\u00e9e au <em>nouveau club des hachichins<\/em>&nbsp;: reggae-dub \u00e0 fond, repas pantagru\u00e9lique et discussion sur Baudelaire. La drogue, alibi d\u2019\u00e9criture. Puis, un ou deux mois apr\u00e8s, le fumeur esth\u00e8te recrois\u00e9 par hasard et qui m\u2019enjoint de ne plus toucher au shit, qui me raconte l\u2019accident, l\u2019h\u00f4pital, la d\u00e9pression. La vie r\u00eav\u00e9e dispara\u00eet, la vocation reste, d\u00e9barrass\u00e9e de ses oripeaux romantiques&nbsp;: reste le boulot.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Les choses dont on voudrait ne pas se souvenir<\/h2>\n\n\n\n<p>Un pub irlandais du c\u00f4t\u00e9 de Beaubourg. La cuite, la gerbe dans la rue. La voiture, Claire et Alex endormis dedans et le r\u00e9veil au milieu d\u2019un march\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Les micmacs avec les banques, le loyer pay\u00e9 toujours plus tard pour finir par gagner un mois, le cin\u00e9ma fait au banquier pour avoir une rallonge \u00e0 No\u00ebl.<\/p>\n\n\n\n<p>Qu\u2019est-ce qu\u2019un c\u0153ur bris\u00e9\u2009? Pourquoi parle-t-on du c\u0153ur quand c\u2019est l\u2019\u00e2me qui se d\u00e9chire\u2009?<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Les choses qu\u2019on voudrait \u00e9crire<\/h2>\n\n\n\n<p>Il y a une douleur en mon c\u0153ur que je veux convertir en beaut\u00e9. Transformer cet oiseau de mort en oiseau de feu. Mais cela prend du temps.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le gris, m\u00eame le plus sombre, il y a toujours des traces de bleu. Mais jamais de rouge ni de vert. Le gris, c\u2019est la m\u00e9lancolie. Une vie \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la vraie vie.<\/p>\n\n\n\n<p>Une histoire qui pourrait \u00eatre le d\u00e9fi h\u00e9ro\u00efque de la grand-m\u00e8re ou du grand-p\u00e8re, un r\u00e9cit de rien, mais qui, pour eux, r\u00e9sumerait une vie.<\/p>\n\n\n\n<p>Absolument finir le livre sur la s\u0153ur du narrateur visitant la grand-m\u00e8re avec ses deux enfants.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Les choses encore \u00e0 \u00e9crire<\/h2>\n\n\n\n<p>Herv\u00e9 Guibert, dont Alex voit le nom imprim\u00e9 sur la couverture d\u2019un livre dans les mains d\u2019une jeune fille debout dans un bus et dont il tombe aussit\u00f4t amoureux.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Comment faire les choses<\/h2>\n\n\n\n<p>Ce qui me pla\u00eet chez Henry Miller, c\u2019est l\u2019accumulation des d\u00e9tails et des anecdotes, des pages et des pages qui font un livre, un gros bouquin bien \u00e9pais.<\/p>\n\n\n\n<p>Notes et fragments, organis\u00e9s autour du r\u00e9cit principal.<\/p>\n\n\n\n<p>Reprendre toutes les notes, et d\u00e9velopper chacune d\u2019elles en un texte autonome\u2009; au bout d\u2019un moment, organiser les nouveaux textes en ensembles th\u00e9matiques\u2009; hi\u00e9rarchiser le tout&nbsp;: on verra comment, \u00e0 ce moment-l\u00e0, en faire un livre.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour m\u2019y retrouver, je crois, le moyen le plus simple encore est de construire mon r\u00e9cit chronologiquement, depuis l\u2019enfance jusqu\u2019\u00e0 \u00ab\u2009aujourd\u2019hui\u2009\u00bb&nbsp;: le pr\u00e9sent du r\u00e9cit, la rupture consomm\u00e9e. Je r\u00e9organiserai ensuite les parties, je mettrai tout \u00e7a dans un shaker pour arriver au texte final.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1er&nbsp;jour. D\u2019abord, la lecture attentive de la proposition. Puis la vid\u00e9o. Les deux se font, accompagn\u00e9s de prises de notes, \u00e0 la main, dans un carnet. Ensuite, lecture des textes d\u2019appui. 2e&nbsp;jour. Notation, toujours \u00e0 la main dans le carnet, des id\u00e9es qui viennent. En marge, les intuitions pour la suite (le travail sur le livre \u00e0 venir, dont participe <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/rectoverso-11-maniere-decrire\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#rectoverso #11 | Mani\u00e8re d&rsquo;\u00e9crire<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":39,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[7529,7714],"tags":[],"class_list":["post-194913","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-recto-verso-le-cycle-ete-2025","category-rectoverso-11-shonagon-ampliations-extensions"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/194913","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/39"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=194913"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/194913\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":194944,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/194913\/revisions\/194944"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=194913"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=194913"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=194913"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}