{"id":195130,"date":"2025-08-07T19:11:10","date_gmt":"2025-08-07T17:11:10","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=195130"},"modified":"2025-08-08T17:36:10","modified_gmt":"2025-08-08T15:36:10","slug":"7-8-9-10-11-du-temps-comme-sil-en-pleuvait","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/7-8-9-10-11-du-temps-comme-sil-en-pleuvait\/","title":{"rendered":"#7 | #8 | #9 | #10 | #11 | du temps comme s\u2019il en pleuvait"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-dark-gray-color has-text-color has-link-color has-normal-font-size wp-elements-fbd1e719b38f300d92a0cf2dab488c94\"><br>#7 &#8211; Le fait que l\u2019instant rapide, l\u2019instant seulement d\u2019apercevoir, l\u00e0, les deux v\u00e9los. Le fait que t\u00eates b\u00eaches, c\u2019est \u00e0 dire l\u2019avant de l\u2019un contre l\u2019arri\u00e8re de l\u2019autre, le fait d\u2019apercevoir un instant le v\u00e9lo vert et l\u2019autre plus discret, couleur sombre, t\u00eates b\u00eaches contre la toile blanche, le fait que les v\u00e9los pos\u00e9s sans personne \u00e0 c\u00f4t\u00e9,&nbsp; comme s\u2019embrassant, il y a de plus en plus d&rsquo;amoureux s\u2019embrassant dans les rues, non ? Comme laiss\u00e9s pour le regard et l\u2019instant d\u2019y poser le regard, \u00e0 peine un peu de vert contre le blanc, et du m\u00eal\u00e9 de pleins et de vides, un v\u00e9lo contre un autre v\u00e9lo, deux engins laiss\u00e9s seuls, pos\u00e9s l\u2019un contre l\u2019autre. Le fait que les bras pour les tenir, absents, les jambes pour les mouvoir, absentes. Le fait que les corps, bras et jambes, s\u00e9par\u00e9s des v\u00e9los, des m\u00e9caniques, du vert et derri\u00e8re le blanc de la b\u00e2che, et puis le regard, qui se pose, le fait qu\u2019il se pose, mais d\u2019abord balaye, le regard balaye, cherche l\u2019instant, \u00e0 le fixer, regard pinceau \u00e0 l\u2019affut, et rien que les v\u00e9los, le fait d\u2019arr\u00eater, de poser le regard sur les v\u00e9los, les deux constructions habiles \u00e0 se mouvoir, \u00e0 \u00eatre mues. Et les corps absents. Le fait que l\u2019absence de corps et les engrenages emm\u00eal\u00e9s des v\u00e9los arr\u00eatent le regard, le regard en lumi\u00e8re de phare, qui balaye en cercle, cherche la lumi\u00e8re, absorbe l\u2019instant pour y pose le mouvement, le fait que les v\u00e9los appuy\u00e9s t\u00eates b\u00eaches n\u2019arrivent ni ne partent, plus de direction \u00e0 les voir m\u00eal\u00e9s, guidon contre pare-boue, pare-boue contre guidon, et le vert de l\u2019un et le sombre de l\u2019autre, c\u0153urs m\u00e9talliques et g\u00e9om\u00e9triques, angle et circonf\u00e9rence, rayons et lignes, le fait qu\u2019\u00e0 cet instant la temp\u00e9rature, l\u2019heure, l\u2019hygrom\u00e9trie, la forme des nuages, la date r\u00e9gl\u00e9e, la b\u00e2che, sa blancheur relative, la quantit\u00e9 de carbone composant les v\u00e9los, la peinture verte d\u2019un cadre et l\u2019autre couleur d\u2019ombre, le caoutchouc, les valves, les maillons d\u2019acier, les c\u00e2bles d\u2019acier et les m\u00e2choires d\u2019acier, le fait que de ce que mon regard cherchait l\u00e0, le contact de mes yeux sur les v\u00e9los, le vert emm\u00eal\u00e9 de noir, la mani\u00e8re de les voir pos\u00e9s l\u00e0 t\u00eates b\u00eaches, seuls, et les corps absents, seul le regard sur eux pour les inscrire dans l\u2019instant, et le vertige, la condensation, le fait que l\u2019instant fugace des v\u00e9los immobiles, leur ing\u00e9nue pr\u00e9sence, la mani\u00e8re, cadre \u00e0 cadre, corps absents, mouvement stopp\u00e9, d\u2019\u00eatre tous les instants.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-text-color has-link-color has-normal-font-size wp-elements-84e964604c320911b02706f7c409f5bb\">Le fait que le v\u00e9lo vert soit celui de la tante, que seulement l\u2019enfourcher raconte une autre enfance, \u00e0 vrai dire deux et maintenant la sienne, le fait que ce matin la fille tenue par la cousine essaie de finir d\u2019apprendre \u00e0 rouler, le fait que la rue \u00e9troite est s\u00fbre car peu passante et qu\u2019\u00e0 cette heure la ville enti\u00e8re soit au march\u00e9, on est vendredi ne l\u2019oublions pas. Le fait que les freins sont durs comme pas possible, les p\u00e9dales en m\u00e9tal heriss\u00e9 de pointes, la selle cartonneuse et frip\u00e9e, les guidons des protections de caoutchouc blanc gris\u00e9 par les ann\u00e9es et pr\u00eats \u00e0 se d\u00e9liter, le fait que les filles ne l\u2019analyse pas et n\u2019en soit pas g\u00ean\u00e9es, le fait que la grande tient la selle et pousse l\u2019autre, le fait que l\u2019autre crie arr\u00eate et que la grande hurle P\u00e9dale, le fait que le v\u00e9lo vacille, tangue puis se redresse et que l\u2019\u00e9quipage instable r\u00e9ussisse \u00e0 rejoindre le bout de la rue sans aide, que s\u2019en apercevant la fille s\u2019agite et mette en p\u00e9ril ce dernier essai, pose un pied, freine et parvienne \u00e0 s\u2019arr\u00eater, le fait que la cousine pousse un cri de victoire et la rejoigne pour la relancer, le fait de se pr\u00e9parer, un pied sur la p\u00e9dale, la main qui tient la selle et assiste le d\u00e9marrage, le fait que les pieds aux p\u00e9dales, la fille parcourt la rue jusqu&rsquo;\u00e0 la porte de bois et appelle pour qu\u2019on la regarde, voil\u00e0 du moins comment elle le raconte, le fait qu\u2019aux fen\u00eatres se penchent la m\u00e8re et les tantes et la grand-m\u00e8re, que fait le p\u00e8re ? Le fait que revenue du bout de la rue, nonchalante, la cousine la tienne une nouvelle fois, que le d\u00e9marrage tangue, que l\u2019oncle qui observe donne l\u2019ordre \u00e0 sa fille de ne plus tenir la selle, seulement et \u00e0 peine le porte-bagage, le fait que l&rsquo;\u00e9quilibre n\u2019est rien d\u2019autre qu\u2019un instant \u00e9ph\u00e9m\u00e8re \u00e0 construire des divers d\u00e9s\u00e9quilibres, que la rue \u00e9troite m\u00eame peu fr\u00e9quent\u00e9e reste passante, que les cris inverses m\u00ealant ordres et contre-ordre, bouge, arr\u00eate, vas-y, freine, mettent la fille en quasi impossibilit\u00e9 de maintenir cet \u00e9quilibre, le diriger, le stopper ou le continuer, le fait qu\u2019elle tombe, genoux \u00e9corch\u00e9s, menton m\u00e2chur\u00e9 par les gravillons, main griff\u00e9e et pouce retourn\u00e9 avec pour r\u00e9sultat la honte de se sentir minable, et surtout ridicule avec ces larmes qui coulent, ce nez qui renifle et ce sang le long du cou, et le long de la jambe, le fait d\u2019entendre le p\u00e8re de loin qui ponctue ce qu\u2019il ne regarde pas : la chute \u00e0 neuf ans de la fille d\u00e9finitivement maladroite, pas sportive pour deux sous, alors appeler pour voir \u00e7a, merci, non pas pour lui. Le fait que dans chaque v\u00e9lo se cache un v\u00e9lo vert de gar\u00e7on, datant des ann\u00e9es quarante, bas et trapu, achet\u00e9 \u00e0 la foire ou r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 de chez un brocanteur ou un cousin plus vieux, mais \u00e7a ira pour elle, il faut qu\u2019elle bouge celle-l\u00e0, pas comme son a\u00een\u00e9e toujours un peu \u00e0 la tra\u00eene qui prend le v\u00e9lo de la grand-m\u00e8re et \u00e7a lui suffit, le fait que la cicatrice au menton dispara\u00eetra, seulement sensible au toucher et encore, que le genou se fera d\u2019autres blessures plus graves et de son pouce retourn\u00e9 qu\u2019elle ne s\u2019en souvienne seulement certain soirs, que le v\u00e9lo vert reste bien net dans son id\u00e9e mais qu\u2019elle serait surprise de le retrouver dans un mus\u00e9e de la bicyclette si elle s\u2019y rendait, ce dont elle n&rsquo;a aucun d\u00e9sir, et n\u2019y pense m\u00eame pas.&nbsp;<br><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-text-color has-link-color has-normal-font-size wp-elements-b26c0cfa0ef8e33bd9c0d11be299c853\">#8 La premi\u00e8re fois que j\u2019entends son nom, Johanna, alors que le mien est si r\u00e9pandu, que le sien est si rare si exotique, am\u00e9ricain et myst\u00e9rieux, et qu\u2019avec ce pr\u00e9nom elle me parle, et m\u2019invite \u00e0 la rejoindre vers cinq heures je pense \u00e0 un r\u00eave. Je me r\u00e9p\u00e8te l\u2019invitation et essaie de jouer \u00e0 m\u2019appeler Johanna, c\u2019est \u00e0 dire que j\u2019essaie de ressentir ce qu\u2019une fille de mon \u00e2ge qui s\u2019appelle Johanna ressent, seulement \u00e7a ne peut pas marcher, ma Johanna est unique, je ne peux pas ressentir ce qu\u2019elle ressent, surtout car sa col\u00e8re n\u2019est pas la mienne. Sa col\u00e8re est virulente, avec un sujet et une explication. La d\u00e9testation de son p\u00e8re dont elle sait dire qu\u2019elle est irr\u00e9m\u00e9diable, inexcusable. Elle a h\u00e2te de ne plus d\u00e9pendre de lui et le ha\u00efe pour toujours. Le soir, vers cinq heures, elle dit qu\u2019elle va faire un tour avec son chien, et je dis pareil mais sans le chien, on se retrouve \u00e0 la limite des zones permises \u00e0 chacune de nous pour sortir seule, au bord d\u2019un grand champ entre nos deux quartiers qui finissent d\u2019\u00eatre construits, chacune voit sa tour de loin, la mienne fait quatorze \u00e9tages, difficile de la manquer, son immeuble en fait sept ou huit. Elle et moi nous longeons le pr\u00e9 puis le parcourons dans l\u2019autre sens, on suit la bordure sans marcher dans le bl\u00e9 qui finit de grandir, on va et vient, seul compte d\u2019\u00eatre ensemble et de nous raconter nos p\u00e8res. Le sien, qu\u2019elle d\u00e9teste, et moi qui demande comment elle le sait, ce que cela lui fait et surtout pourquoi. Elle me parle du napalm, et de qui le vend ou l\u2019ach\u00e8te, de ce que \u00e7a fait \u00e0 ceux qui en sont arros\u00e9s, je m\u2019inqui\u00e8te de savoir comment elle en est s\u00fbre, et de comment l\u2019a d\u00e9couvert. Sans qu\u2019il l\u2019admette, elle a compris : son p\u00e8re mentait depuis longtemps mais cette fois elle en est certaine, c\u2019est le napalm qu\u2019il ach\u00e8te, elle a recoup\u00e9 ses r\u00e9ponses \u00e9vasives, le nom des clients, et les sourires moqueurs quand elle aborde le sujet pendant les repas de famille, il poss\u00e8de l\u2019usine, il est le directeur, il fabrique ou fait fabriquer des choses secr\u00e8tes, ces choses ont un nom. Armes de guerre. Johanna m\u2019explique et elle fulmine, dit qu\u2019elle ne veut plus rien recevoir de lui, ni sa robe vraiment belle, ni sa montre en or, ni ce serre-t\u00eate de velours et de petites pierres dans ses noirs cheveux d\u00e9faits sur les \u00e9paules. Elle affirme et dit encore qu\u2019elle ne veut plus rien, plus jamais de chaussures aux couleurs vives, sorte de souliers d\u2019elfes ou de lutins. Toute cette panoplie qui la fa\u00e7onne c\u2019est bien le probl\u00e8me, le p\u00e8re lui donne un argent de poche royal, et elle choisit ce qu\u2019elle veut, des affaires assorties ou h\u00e9t\u00e9roclites, personne ne lui dit rien, pas m\u00eame sa m\u00e8re pas souvent l\u00e0, qu\u2019est-ce qu\u2019elle fait ? et qui s\u2019esclaffe quand elle la retrouve la traitant de petite blanche mal-l\u00e9ch\u00e9e, Johanna rit \u00e0 son tour si je demande une explication. Mais de cet argent, de ces affaires, de ces vacances, elle n\u2019en veut plus, ce shopping pour la faire taire et l\u2019acheter, elle, et son silence, elle veut parler, d\u00e9voiler ce qui doit absolument rester un secret d\u2019\u00e9tat, elle le lui a dit, elle ne veut plus ni de l\u2019argent ni du secret, seulement depuis six mois elle ne conna\u00eet pas autre chose que les beaux magasins de Berne ou Lausanne, ici il n\u2019y a rien, et la r\u00e9ponse \u00e0 donner sur qui l&rsquo;interrogerait \u00e0 propos de son p\u00e8re et de ses activit\u00e9s : il est ing\u00e9nieur chimiste et travaille pour la recherche. Elle veut que tout change, lui et ses r\u00e9ponses, que son argent soit proprement gagn\u00e9. Je m\u2019inqui\u00e8te pour Johanna, essaie de deviner ce qu\u2019elle va faire, partir peut-\u00eatre, se sauver, nous en sommes au quatri\u00e8me ou cinqui\u00e8me aller-retour sans qu\u2019aucune solution n\u2019apparaisse, o\u00f9 et comment vivra-t-elle sans cet argent de poche m\u00eame entach\u00e9 de crime, comment va-t-elle garder contact avec son p\u00e8re qui l\u2019a trahi, elle voudrait redevenir une enfant cr\u00e9dule \u2014 au moins une journ\u00e9e \u2014 pour poser sa col\u00e8re et all\u00e9ger son c\u0153ur, elle aime son p\u00e8re mais ne peut plus du tout l\u2019aimer depuis qu\u2019elle sait, qu\u2019elle a compris de quoi leur vie est tributaire, la mort atroce de milliers de gens, et qu\u2019il n\u2019arr\u00eatera pas son affreux commerce pour sa fille et ses choix de hippy. L\u2019heure tourne, on se dit au revoir cette fois, en confirmant notre prochain et dernier rendez-vous, samedi, dans deux jours. Johanna et moi on aura \u00e9t\u00e9 amies de mai \u00e0 septembre, elle est arriv\u00e9e en fin d\u2019ann\u00e9e scolaire, et bient\u00f4t l&rsquo;entr\u00e9e au lyc\u00e9e nous s\u00e9parera, je pars suivre mon lyc\u00e9e \u00e0 huit cents kilom\u00e8tres de la Suisse. On en parle \u00e0 peine, peut-\u00eatre qu\u2019elle en est triste\u2026 Elle me fait poser avec elle pour une photo, un polaro\u00efd qu\u2019elle garde.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-text-color has-link-color has-normal-font-size wp-elements-99932cbbe79e5867e720fe33e54a59a6\">Dr\u00f4le de copine, cette fran\u00e7aise, rien \u00e0 voir avec mes friends des states, elle conna\u00eet pas le Vietnam, la guerre, les massacres et le colonialisme, ses questions sont \u00e9tranges et tellement na\u00efves. Elle flotte dans son monde de gosse solitaire, et elle me pla\u00eet d\u2019\u00eatre si interrogative, elle s\u2019inqui\u00e8te pour moi, elle est cute, on dirait qu\u2019elle sait que je ne serai pas l\u00e0 samedi, que j\u2019aurai pris mon sac, mon passeport, mes derni\u00e8res \u00e9conomies, pas son argent \u00e0 lui, celui que j\u2019ai gagn\u00e9 en baby-sitting et dog-sitting, que je serai dans un train pour Gen\u00e8ve, avant de dispara\u00eetre en Italie. Lui ne saura pas o\u00f9 me chercher, bienfait, qu\u2019il s\u2019inqui\u00e8te, et s\u2019il veut me revoir il sait quoi faire. Elle va m\u2019attendre samedi, c\u2019est un peu \u00e9trange d\u2019y penser, mais lundi elle part pour la France, elle en parle pas mais \u00e7a la travaille. Alors un tour de champ de plus ou de moins\u2026 Elle aussi elle doit se reposer de son p\u00e8re mais ne sait pas raconter ni en dire quoi que ce soit, humeurs ou paroles, chez cet homme rien ne va, mais au moins il ne participe pas au commerce des armes, \u00e0 la mort des gens et la vie bris\u00e9e de tant d\u2019autres. Alors! Chuchhhh. Sa tristesse, ses petits probl\u00e8mes, ses questions d\u2019enfant,&nbsp; j\u2019oublie ! Rien ne m\u2019attache ici, ce pays hides the problems, makes everything smooth, et lui je le hais, lui et ses choix, son argent et son hypocrisie, quand il m\u2019a vant\u00e9 la Suisse j\u2019ai cru au changement, mais ici ou l\u00e0-bas, business is business ! La voil\u00e0 qui arrive au bout du champ, elle me sourit avec son air timide, \u00e9tonn\u00e9e que je sois venue. Et les bises, on dirait qu\u2019elle sait pas les faire. J\u2019ai envie de lui dire que j\u2019aime les filles, s\u00fbre qu\u2019elle ne comprendra pas, et puis on n\u2019a plus le temps, dommage, j\u2019ai trop tard\u00e9 \u00e0 l\u2019aborder, trop h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 l\u2019approcher, trop dout\u00e9 d\u2019elle. Elle est jeune, ignorante mais elle veut aimer, elle veut qu\u2019on l\u2019aime, je l\u2019aurai initi\u00e9e sans trop de peine, il nous reste \u00e0 parler du napalm, de mon ass-hole de p\u00e8re et du colonialisme, de l\u2019esclavage et ses cons\u00e9quences, je crois qu\u2019elle ne voit pas que je suis m\u00e9tisse, elle dit qu\u2019elle adore ma couleur de peau et de cheveux, sans comprendre une seconde qui pourrait bien me les avoir donn\u00e9s en partage, c\u2019est \u00e7a les francaises, aujourd\u2019hui derni\u00e8re ballade, et un faux rendez-vous pr\u00e9vu pour samedi. Apr\u00e8s, elle sera un souvenir tendre, sans plus. Je la prends en photo quand on se dit au revoir. M\u00eame si c\u2019est lui qui m\u2019a offert l\u2019appareil. L\u2019image appara\u00eet un peu flou. Elle dit qu\u2019on en fera d\u2019autres, que c\u2019est l\u2019heure de rentrer pour ne pas se faire gronder. Elle file.&nbsp;<br><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-text-color has-link-color has-normal-font-size wp-elements-1b6c8087414ea4a5ac91597c0eba2038\">#9 En l\u2019occurrence on se concentre sur les couteaux de table. Un mod\u00e8le de couteau de qualit\u00e9, en acier, \u00e0 la forme plut\u00f4t neutre, intemporelle, ligne nette, forme de base, lame et manche rond, poids \u00e9quilibr\u00e9 et objet facile \u00e0 tenir, un de ces couteaux de la marque qui dans une publicit\u00e9 des ann\u00e9es 80 montrait un enfant tanc\u00e9 pour son inattention. On y voyait les marges de ses cahiers couvertes de croquis de vaisselle de table, principalement des couverts mais aussi des plats de services, dessins \u00e9l\u00e9gants et joliment trac\u00e9s. La r\u00e9primande d\u2019un surveillant d\u2019un autre \u00e2ge \u00e9tait s\u00e9v\u00e8re, elle mentionnait le nom de l\u2019\u00e9l\u00e8ve, et r\u00e9v\u00e9lait le but de cette sc\u00e8ne d\u2019enfance r\u00e9invent\u00e9e ou pas, elle appartenait \u00e0 l\u2019inventeur de la marque devenue un standard de qualit\u00e9 et de bon go\u00fbt, objet de liste de mariage, elle retra\u00e7ait la vocation pr\u00e9coce du gar\u00e7onnet, une passion plus forte que tous les obstacles, y compris une scolarit\u00e9 au triste cadre et un succ\u00e8s mondial.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-text-color has-link-color has-normal-font-size wp-elements-f7239d4bfe93f055f8b1d9e375cfea4b\">La terrasse orient\u00e9e au nord est encore fra\u00eeche \u00e0 cette heure de midi, on y mange avec plaisir alors que dans le terrain alentour, malgr\u00e9 de larges bosquets d\u2019arbres, la temp\u00e9rature n\u2019a pas fini de monter, le terrain est ass\u00e9ch\u00e9, et l\u2019herbe rase a jauni depuis des semaines. La terrasse de bois avec sa toiture de tuiles pos\u00e9e sur de hautes fermes travaill\u00e9es avec soin, tenons, mortaise et chevilles apparentes, est un abri agr\u00e9able. Les convives terminent le repas, les couteaux sont rassembl\u00e9s, pr\u00eats \u00e0 \u00eatre d\u00e9barrass\u00e9s, quelqu\u2019un en d\u00e9chiffre la marque grav\u00e9e, cette marque \u00e0 la mode longtemps, symbole de qualit\u00e9. Le cadeau d\u2019une grand-m\u00e8re modeste \u00e0 sa petite-fille, pour mes dix-huit ans pr\u00e9cise-t-elle, l\u2019a\u00efeule ayant insist\u00e9 pour lui offrir une m\u00e9nag\u00e8re. La petite-fille commente le malaise et l\u2019ennui d\u2019un tel choix, \u00ab&nbsp;pour mes dix-huit ans&nbsp;\u00bb. Elle dit deux fois \u00ab&nbsp;pour mes dix-huit ans&nbsp;\u00bb, et aussi le mot \u00ab&nbsp;une m\u00e9nag\u00e8re&nbsp;\u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-text-color has-link-color has-normal-font-size wp-elements-8a3fa1b165905d1303578771e6277657\">Le couvercle se referme sur le plateau de fromages, les gu\u00eapes sont attir\u00e9es et menacent l\u2019ambiance de la fin de repas sur la terrasse. Ici \u00e0 la crois\u00e9e des r\u00e9gions, aucun fromage propos\u00e9 n\u2019est v\u00e9ritablement industriel. Apport\u00e9s de Charente, la collection de fromages de ch\u00e8vre suscite des discussions, les ch\u00e8vres elles-m\u00eames, la vie radicale du couple de fromagers qui se lance dans l\u2019activit\u00e9 sans bien en conna\u00eetre les contraintes, les d\u00e9ceptions et les dangers, d\u2019ailleurs la principale laiti\u00e8re ne montrait-elle pas des signes de fatigue ? Et ce qui annonce leur succ\u00e8s, les restaurateurs devenus de bons clients, une subvention accord\u00e9e et des ventes en augmentation. Sans contraintes culturelles et sans enjeux de succession, les deux jeunes gens essaient des recettes dans toutes les directions, par exemple selon celle du camembert, un fromage au c\u0153ur moelleux et \u00e0 la cro\u00fbte fleurie, ou celle du reblochon, un succ\u00e8s aupr\u00e8s des restaurants, un fromage doux \u00e0 p\u00e2te cuite, \u00e0 la cro\u00fbte lav\u00e9e, au go\u00fbt fin. Courir les march\u00e9s, assurer les traites, engager les transformations, surveiller les affinages, suivre chaque b\u00eate de pr\u00e8s, il en manque dix encore pour atteindre un \u00e9quilibre entre les co\u00fbts et les revenus nets, une vie choisie mais dure. Un couteau se pose sur un cab\u00e9cou, la lame y trace une ligne puis une autre, soul\u00e8ve le triangle nacr\u00e9 qui rejoint sur l\u2019assiette une tranche de Salers et un peu de ch\u00e8vre frais, avec un morceau de pain pour accompagner, et une goutte de vin rouge gard\u00e9e expr\u00e8s. Sur la terrasse, un petit souffle d\u2019air venu de l\u2019est traverse l\u2019espace, il att\u00e9nue la chaleur.<\/p>\n\n\n\n<p>#10 derri\u00e8re les fagots, cet endroit sombre, velu de toiles d\u2019araign\u00e9e, de sciure ancienne presque poussi\u00e8re, un interstice, un peu de nulle part entre les paquets de branches et le mur, un mur haut, devenu inutile depuis la fin de l\u2019activit\u00e9 agricole, ce stupide accident de tracteur qui a vers\u00e9, les amats sont attach\u00e9s par brass\u00e9es avec un morceau de sisal, cette corde de noix de coco ou de liane, pas encore la cordelette de plastique bleu qu\u2019on voit partout, une vingtaine de fagots enchev\u00e9tr\u00e9s, un peu de place \u00e0 l\u2019arri\u00e8re pour une vie arr\u00e9t\u00e9e, cadavre de mouche, corps de l\u00e9zard s\u00e9ch\u00e9s, crottes de souris, y plonger le regard comme dans une galaxie,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-light-gray-background-color has-text-color has-background has-link-color has-normal-font-size wp-elements-e749c7e67fa72a12cc0df9277b71e589\">l\u2019\u0153il s\u2019est endurci, sans se souvenir de ce qui a produit ce ph\u00e9nom\u00e8ne, les d\u00e9tails il les n\u00e9glige, les r\u00e9sultats sont d\u00e9cevants, \u00e0 quoi bon s\u2019y tenir, cette collection de brins de rien est plus encombrante qu\u2019autre chose, car elle ne raconte pas l\u2019infini vari\u00e9t\u00e9 des ajustements n\u00e9cessaires pour tout voir<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-text-color has-link-color has-normal-font-size wp-elements-a78cd5b483816ea45a9868dd4ae8a9cf\">une autre fois, c\u2019est un autre mur, un mur ext\u00e9rieur, une suite de rectangles dans le paysage sauvage, une ligne de pierres qui suit la ligne des pr\u00e9s, de grandes pierre plates, mont\u00e9es pour faire mur, limite, partage, une organisation d\u00e9mesur\u00e9e si on pense \u00e0 leur poids, si on mesure leur empan, si on sait la profondeur du creux pour les tenir. Elles installent la collines en longues d\u00e9coupes, entre elles, rien, des pr\u00e9s d\u00e9serts, nulle b\u00eate vivante, nul harde sauvage \u00e0 mordiller les herbes s\u00e8ches, nulle plantation, on a d\u00fb fauch\u00e9 un pauvre foin rentr\u00e9 depuis longtemps, \u00e0 l\u2019heure du couchant les pierres prennent des ombres, les murs de pierre grises se distordent sur le sol en jeux d\u2019ombres aux r\u00e8gles pr\u00e9cises,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-light-gray-background-color has-text-color has-background has-link-color has-normal-font-size wp-elements-8bf21341b88d2295e405b21799fb9b88\">l\u2019\u0153il immobile ne quitte plus son point de fixation central, pourquoi celui-l\u00e0 plut\u00f4t qu\u2019un autre un peu plus profond en arri\u00e8re ou un peu plus \u00e0 droite, la limite de l\u2019image, ses points forts, une variation impos\u00e9e \u00e0 l\u2019\u0153il change tout l\u2019\u00e9quilibre, sorte de danse subtile, vol nuptial de l\u2019\u0153il dans le paysage,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-text-color has-link-color has-normal-font-size wp-elements-50e22bfc9f3b7aa4ee68abdbd41cbdd8\">chaque jour, pendant des jours se placer l\u00e0, on a fait une marque, ne pas d\u00e9vier, ne pas manquer l\u2019heure, apprendre l\u2019ennui, le boire sans se plaindre, attendre, viser, attendre, viser encore, ce buisson donnera l\u2019impression de fleurir sous le regard, cette lune de grandir sans accoup, cette vague toujours la m\u00eame de varier sans cesse, rien de solitaire, un dialogue en une langue d\u2019oiseau<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-light-gray-background-color has-text-color has-background has-link-color has-normal-font-size wp-elements-5e32ad233d0cdb97462e4e2fff893126\">l\u2019oeil n\u2019est rien, une m\u00e9canique complexe sans intention, une collaboration entre ext\u00e9rieur jour et int\u00e9rieur nuit<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-text-color has-link-color has-normal-font-size wp-elements-f4855a0f436c240c16725e4f9f986647\">quelques branches enlev\u00e9es dans les r\u00e8gles de l\u2019art et la vue est restaur\u00e9e, d\u2019un c\u00f4t\u00e9 le Causse noir qu\u2019on voit s\u2019\u00e9tirer le long de la Dourbie, se d\u00e9doubler, et finir au loin dans un \u00e9paulement, de l\u2019autre le Larzac, ce cot\u00e9 du plateau qui longe la rivi\u00e8re presque jusqu\u2019\u00e0 sa source, presqye car elle n\u2019en a pas de source, la rivi\u00e8re s\u2019effiloche en gravissant la pente, multiples ruisseaux, rues et eaux sourdants de trous minuscules, avec \u00e0 mi-pente une r\u00e9surgence d\u2019eau glac\u00e9e qui fait le ruisseau principal, vue d\u2019ici maintenant que le conif\u00e8re a \u00e9t\u00e9 rabaiss\u00e9, la pente du Larzac en courbe lente, la route qu\u2019on devine, ce rocher de profil en forme de sphinx, la cr\u00eate qui s\u2019assombrit et va buter, illusion des horizons, contre le Causse Noir,&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-light-gray-background-color has-text-color has-background has-link-color has-normal-font-size wp-elements-f157e89324fb9cc9b30c0c835a504b19\">l\u2019\u0153il ne sait pas toujours choisir, se souvenir d\u2019un horizon qui ne se ressemble pas, l\u2019\u0153il s\u2019\u00e9tonne de ne pas retrouver ce \u00e0 quoi il s\u2019attendait, ce qui, cach\u00e9, revient de loin, remet le r\u00e9el en perspective et le distord<\/p>\n\n\n\n<p>#11<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-pullquote has-dark-gray-color has-text-color has-link-color wp-elements-53eba2faba829a7043fac4ff7cb392f1\" style=\"border-style:none;border-width:0px;font-size:10px\"><blockquote><p>Codicille \u2022 des lieux dits et redits \u2022 des \u00e9carts, la fiction, les temporalit\u00e9s \u2022 le besoin d\u2019un non-livre, une construction cependant, une mani\u00e8re de d\u00e9coupage \u2022 seulement respirer l\u2019\u00e9criture \u2022 de la rue \u00e9troite en sortir \u2022<\/p><\/blockquote><\/figure>\n\n\n\n<p>Choses de tout temps&nbsp;<br>Se lever&nbsp;<br>Se lever matin <br>Le lever du jour<br>L\u2019instant rose de l\u2019aube, et c\u2019est l\u2019aurore<br>Le soleil en astre du jour mis au rang de divinit\u00e9 et on comprend pourquoi quand on se souvient de le regarder chaque jour<br>L\u2019homme \u00e0 la montgolfi\u00e8re, celui qui presque mourut, vit la mort de si pr\u00e8s qu\u2019il jura d\u2019assister au lever du soleil tous les jours du reste de sa vie.&nbsp;<br>La jeune femme des for\u00eats des tropiques qui conna\u00eet les l\u00e9gendes mais se tait, dit seulement un mot \u00e0 propos de l\u2019\u00e9quilibre, du danger chaque matin au lever du soleil de voir revenir les diables du dessous, de la joie du soir de savoir les espaces du dessous bien referm\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Chose d\u2019une heure seulement&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Avaler une m\u00e9decine<br>Avaler sans l\u2019oublier une m\u00e9decine indigeste<br>Conna\u00eetre les bonnes et moins bonnes m\u00e9decines, s\u2019en servir avec reconnaissance<br>Se plier \u00e0 la discipline de reconna\u00eetre chaque m\u00e9decine, plantes, fleurs ou champignons, apprendre leur nom, leurs vertus, leurs effets secondaires, leurs contre-effets<\/p>\n\n\n\n<p>Choses de couleurs&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>En avoir une pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e&nbsp;<br>Toutes leur donner une chance<br>Appliquer aux saisons et aux heures les couleurs ad\u00e9quates<br>Ne pas s\u2019inqui\u00e9ter des on-dit si la couleur choisie trop vite ou trop lentement ne va pas avec le lieu ou le moment o\u00f9 elle est vue sur nous<br>Affirmer des r\u00e8gles de couleurs d\u2019une voix calme, soutenir son point de vue, ne pas se d\u00e9partir de sa certitude et tenir bon face aux critiques bas\u00e9es sur l\u2019habitude, le d\u00e9j\u00e0-vu, le d\u00e9j\u00e0 mis, \u00eatre l\u2019originale qu\u2019on remarque plut\u00f4t que la souris qui passe inaper\u00e7u d\u2019\u00eatre conforme au gris ambiant&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Choses r\u00eav\u00e9es&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Choses qu\u2019on cuisine<\/p>\n\n\n\n<p>Choses qu\u2019on ach\u00e8te pr\u00eates \u00e0 manger<\/p>\n\n\n\n<p>Choses \u00e9crites verticales<\/p>\n\n\n\n<p>Choses des nuits br\u00fblantes&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Choses des mots qu\u2019on doit inventer pour les dire<\/p>\n\n\n\n<p>Choses des bruits ind\u00e9licats&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Choses des comedies et des trag\u00e9dies&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Choses des danses et des silences&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Choses des chronologies o\u00f9 tout est vrai<\/p>\n\n\n\n<p>Choses des accidents mortels et on meurt&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Choses des accidents mortels et on vit<\/p>\n\n\n\n<p>Choses des mots que personne ne prononce&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Choses des choses qui roulent avec nous dessus ou dedans<\/p>\n\n\n\n<p>Choses des paysages qui changent comme changent les villes<\/p>\n\n\n\n<p>Choses des gens qu\u2019on rencontre et apr\u00e8s ils nous manquent \ud83d\udc48<a href=\"https:\/\/www.maelstromreevolution.org\/catalogue\/item\/837-des-fois-on-rencontre-des-gens\">https:\/\/www.maelstromreevolution.org\/catalogue\/item\/837-des-fois-on-rencontre-des-gens<\/a> <\/p>\n\n\n\n<p>Choses des fant\u00f4mes des brumes<\/p>\n\n\n\n<p>Choses des p\u00e8res&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Choses des m\u00e8res<\/p>\n\n\n\n<p>Choses des petits objets utiles&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Choses des journ\u00e9es chaudes et des journ\u00e9es froides<\/p>\n\n\n\n<p>Choses des petites et grandes fabriques \u00e0 m\u00e9moire&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>#7 &#8211; Le fait que l\u2019instant rapide, l\u2019instant seulement d\u2019apercevoir, l\u00e0, les deux v\u00e9los. Le fait que t\u00eates b\u00eaches, c\u2019est \u00e0 dire l\u2019avant de l\u2019un contre l\u2019arri\u00e8re de l\u2019autre, le fait d\u2019apercevoir un instant le v\u00e9lo vert et l\u2019autre plus discret, couleur sombre, t\u00eates b\u00eaches contre la toile blanche, le fait que les v\u00e9los pos\u00e9s sans personne \u00e0 c\u00f4t\u00e9,&nbsp; comme <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/7-8-9-10-11-du-temps-comme-sil-en-pleuvait\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#7 | #8 | #9 | #10 | #11 | du temps comme s\u2019il en pleuvait<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":25,"featured_media":195142,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[7529,7632,7658,7669,7698,7714],"tags":[],"class_list":["post-195130","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-recto-verso-le-cycle-ete-2025","category-rectoverso-07-lucy-ellmann-rapide-lent","category-rectoverso-08-nathalie-sarraute-lucienne-panhard","category-rectoverso-09-gertrude-stein-la-robe-le-flan-le-couloir","category-rectoverso-10-doppelt-loeil-et-le-parc","category-rectoverso-11-shonagon-ampliations-extensions"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/195130","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/25"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=195130"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/195130\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":195379,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/195130\/revisions\/195379"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media\/195142"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=195130"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=195130"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=195130"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}