{"id":195195,"date":"2025-08-08T10:57:17","date_gmt":"2025-08-08T08:57:17","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=195195"},"modified":"2025-08-09T15:03:39","modified_gmt":"2025-08-09T13:03:39","slug":"12-recto-verso-tout-est-cailloux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/12-recto-verso-tout-est-cailloux\/","title":{"rendered":"#rectoverso #12 | Tout est cailloux"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"730\" height=\"487\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/Image1-5.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-195196\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/Image1-5.png 730w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/Image1-5-420x280.png 420w\" sizes=\"auto, (max-width: 730px) 100vw, 730px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00ab&nbsp;<em>A la Recherche des Anc\u00eatres perdus&#8230;<\/em><br><em>Je remonte le temps, je les sors de l&rsquo;ombre et de l&rsquo;oubli, je les remets en sc\u00e8ne&#8230;<\/em><br><em>Ainsi, je les&nbsp;fais revivre un peu&#8230;<\/em>&nbsp;\u00bb<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p><strong>Strate 1 &#8211; l\u2019enqu\u00eate au pr\u00e9sent du temps retrouv\u00e9 \u2013 1972<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Je croque dans ma chocolatine, suis intimid\u00e9e par ces mains d\u2019artisans, vides de pr\u00e9sent, fig\u00e9s \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9 dans le mouvement. Gants cartonn\u00e9s, raidis &#8211; sculpture d\u2019un pass\u00e9 pierreux. J\u2019imagine le photographe les installer avant de d\u00e9clencher son appareil, pr\u00eats \u00e0 les immortaliser en m\u00e9moire de l\u2019Histoire minuscule d\u2019autrefois.<\/p>\n\n\n\n<p>Autour de moi, quelques parents et moi-m\u00eame, sentons l\u2019atmosph\u00e8re \u00e9trange que d\u00e9gage ce clich\u00e9. Leurs enfants les tirent par le bras pour aller au jeux en bois \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur. Il fait chaud sous ces t\u00f4les.<\/p>\n\n\n\n<p>Journ\u00e9e porte ouverte \u00e0 l\u2019espace Pelecq, l\u2019ancien hangar d\u2019outillage des carri\u00e8res de marbre, devenu le lieu artistique et artisanal de ma petite bourgade.<\/p>\n\n\n\n<p>En ce jour, tout est affaire de cailloux.<\/p>\n\n\n\n<p>Des clowns circulent au milieu du public, me font piocher un petit papier dans un chapeau. Je d\u00e9plie &#8211; <em>D\u2019o\u00f9 vient l\u2019expression \u2018 Rester de marbre\u2019<\/em> <em>?Ne laisser para\u00eetre aucune \u00e9motion, mais encore&nbsp;?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Rapide recherche sur Wikip\u00e9dia&nbsp;: \u00ab&nbsp;<em>Cette expression est compos\u00e9e du mot \u2018espace\u2019, qui vient du latin \u2018spatium\u2019 et signifie \u00e9tendue, et, du mot \u2018a\u00e9rien\u2019. Il s\u2019agit d\u2019un d\u00e9coupage du ciel en plusieurs parties pour favoriser la circulation a\u00e9rienne&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Je traverse les all\u00e9es du hangar. Ici atelier de tournage sur bois, l\u00e0 initiation au jet de propulseur sur cible, une arme pr\u00e9historique. Sur ce stand, la photo d\u2019une carte g\u00e9ologique regroupant toutes les carri\u00e8res des Pyr\u00e9n\u00e9es souvent cach\u00e9es dans des grottes, piqures d\u2019\u00e9pingle sur une surface fissur\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Me revient en m\u00e9moire cette fr\u00e9n\u00e9sie enfant pour tirer \u00e0 main lev\u00e9e des traits entre des points d\u00e9j\u00e0 positionn\u00e9s sur l\u2019espace de ma feuille. Je d\u00e9couvre \u00e0 l\u2019issue, le contour d\u2019animaux disparus.<\/p>\n\n\n\n<p>Aucune envie pour autant, de m\u2019essayer \u00e0 une arme pr\u00e9historique.<\/p>\n\n\n\n<p>Photos regard\u00e9es distraitement &#8211; d\u00e9biter couper, tourner, percer, gestes ancestraux sur l\u2019art de trancher. Cartels explicatifs&nbsp;: <em>Pour extraire le marbre, le&nbsp;marm\u00e8r&nbsp;(marbrier) se sert de pics et de coins. Depuis la fin du XVIIIe si\u00e8cle\u2026<\/em> Histoire du marbre, son industrialisation, les techniques d\u2019extraction, l\u2019\u00e9ventail d\u2019objets fabriqu\u00e9s &#8211; baignoires, tables, fontaines&#8230; <\/p>\n\n\n\n<p>\u2026 plus loin, photo encore, feuilles mortes dans une boite aux lettres hors d&rsquo;usage, plus loin encore, maison du propri\u00e9taire (peut-\u00eatre) de l\u2019ancienne usine pour l&rsquo;acheminement de rouleaux d&rsquo;acier. Le pass\u00e9 ne cache pas ses plaies.<\/p>\n\n\n\n<p>Effluves en passant provenant du stand de la boulang\u00e8re. Avant de m\u2019y rendre, ma t\u00eate jette encore un \u0153il sur un \u00e9ni\u00e8me panneau explicatif. Je m\u2019\u00e9tonne de ma propension \u00e0 vouloir ressaisir ce qui a \u00e9t\u00e9. <em>D\u00e8s le XVII\u00e8me si\u00e8cle, l\u2019exploitation de la pierre marbri\u00e8re d\u2019Arudy change l\u2019orientation \u00e9conomique du village et du bassin. Pour son transport, ce mat\u00e9riau lourd n\u00e9cessite une gare ferroviaire, des <em>portiques de manutention, des b\u00e2timents de stockage<\/em><\/em>&#8230;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Un swing manouche d\u00e9marre sur l\u2019\u00e8re du pont de levage.<\/p>\n\n\n\n<p>Un sculpteur \u00e0 barbe grise, pose pr\u00e9cautionneusement sur un immense bloc de pierre d&rsquo;Arudy, un petit bout de journal sous un galet. Coutume juive il m&rsquo;en souvient, de poser ainsi une pierre pour indiquer qu&rsquo;une tombe a \u00e9t\u00e9 visit\u00e9e et que le d\u00e9funt a \u00e9t\u00e9 respect\u00e9. Je m\u2019approche de la zone de travail de l&rsquo;artiste, d\u00e9chiffre les lettres \u00e0 peine visibles sur le petit papier de journal froiss\u00e9. Il ne dit mot.<\/p>\n\n\n\n<p>A coup de ciseaux, de marteaux et de pointes, ses bras retirent en direct de la mati\u00e8re \u00e0 un immense bloc de pierre d&rsquo;Arudy. Ses mains sont enfouies dans des gants recouverts de poussi\u00e8re coupante. Il garde \u00e0 l\u2019\u0153il le petit bout de journal.<\/p>\n\n\n\n<p>M\u00e9moire d\u2019un fait divers qui a fait date. <\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab<em> Hier, vers midi, une jeune arudyenne de 12 ans perch\u00e9e sur la plateforme du pont de levage, a saut\u00e9. Un jeune gar\u00e7on de son \u00e2ge tente de l\u2019en emp\u00eacher<\/em>&#8230; &nbsp;\u00bb<em> La R\u00e9publique des Pyr\u00e9n\u00e9es<\/em> &#8211; <em>6 aout 1972<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Strate 2, pr\u00e9sent de l\u2019exp\u00e9dition &#8211;  Aout 2025<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pique-nique dans l\u2019herbe &#8211; parasol, casquette ou chapeaux en paille. D\u2019aucuns piochent dans leurs paniers, d\u2019autres font la queue devant des food-truck ou des stands recouverts de pr\u00e9parations faites maisons par l\u2019association Pelecq. Les enfants courent partout dans la friche de l\u2019ancienne gare. La route n\u2019est pas loin, des barri\u00e8res de s\u00e9curit\u00e9 sont install\u00e9es. Des centaines de v\u00e9los sont gar\u00e9s, un peu n\u2019importe comment. C\u2019est joyeux.<\/p>\n\n\n\n<p>Le concert bat son plein.<\/p>\n\n\n\n<p>Je regarde le pont de levage. Juste derri\u00e8re, la paroi d\u2019un autre hangar recouvert d\u2019une fresque graffiti ouverte aux quatre vents depuis la derni\u00e8re temp\u00eate. Le soleil de midi et au z\u00e9nith.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019imagine une projection en plein air, ici dans cette friche d\u2019Arudy, du film des fr\u00e8res Lumi\u00e8res, la magie de partager l\u2019exp\u00e9rience de l&rsquo;arriv\u00e9e d\u2019un train dans une gare oubli\u00e9e. Fin XIX<sup>eme<\/sup>, en gare de la Ciotat, le d\u00e9but du cin\u00e9ma.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\"><div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignright size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"261\" height=\"221\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/Image2-2.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-195197\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Le Kin\u00e9tographe&nbsp;est la premi\u00e8re cam\u00e9ra argentique de l&rsquo;histoire du cin\u00e9ma, nom d\u00e9riv\u00e9 des racines grecques kineto- (\u00ab mouvement \u00bb) et scopos (\u00ab voir \u00bb). <\/figcaption><\/figure>\n<\/div><\/div><\/div>\n\n\n\n<p><strong>Strate 3 &#8211; Le pr\u00e9sent de l\u2019\u00e9criture &nbsp;\u2013&nbsp; Intemporel<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019entre dans un labyrinthe d\u2019\u00e9criture, un r\u00eave de spectacle.<\/p>\n\n\n\n<p>Je glisse dans ma d\u00e9rive, laisse venir le paysage. M\u2019arrivent et disparaissent des bribes d\u2019images furtives, des images brutales, de sexe, de mort. Dans une toile dress\u00e9e sur un mur au loin, UN ACCIDENT.<\/p>\n\n\n\n<p>Je pense \u00e0 la lumi\u00e8re rougeoyante d\u2019une terre bouillonnante, une lave qu&rsquo;on ne voit pas arriver. Je pense \u00e0 ces regards qui \u00e9clairent un espace parce qu\u2019ils le regardent, des regards de l&rsquo;int\u00e9rieur de soi. Je pense que ces regards sont la lumi\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Je r\u00eave que la plate-forme du pont de levage, devienne sc\u00e8ne, plateau. Des gens l\u00e0-haut d\u00e9ambulent, comme dans une expo. Silencieux, presque d\u00e9vots, ils choisissent de regarder l\u00e0, ou plut\u00f4t ici, \u00e0 cette distance pr\u00e9cis\u00e9ment, ce tableau ou cette photo d\u2019abord. A chaque pas, ils attendent de voir et parfois voient, mais parfois ne voient rien. Ils passent ensuite leur chemin, et esp\u00e8rent peut-\u00eatre voir mieux une prochaine fois.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-nowrap is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-ad2f72ca wp-block-group-is-layout-flex\">\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"446\" height=\"324\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/Image3-1.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-195200\" style=\"width:251px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/Image3-1.png 446w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/Image3-1-420x305.png 420w\" sizes=\"auto, (max-width: 446px) 100vw, 446px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Paris 1868- <br> La gare st Lazare<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-nowrap is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-ad2f72ca wp-block-group-is-layout-flex\">\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"720\" height=\"527\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/Image4-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-195204\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/Image4-1.jpg 720w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/Image4-1-420x307.jpg 420w\" sizes=\"auto, (max-width: 720px) 100vw, 720px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Claude Monet &#8211; &nbsp;Douze versions <br>de&nbsp;La Gare Saint-Lazare. <\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p>Le pont de levage est une arche, l&rsquo;arche est le tableau, le tableau est un MUR. On peut rester derri\u00e8re. Je pense \u00e0 tous ces murs qui s\u00e9parent les fronti\u00e8res. On est devant ou derri\u00e8re, sans vraiment savoir. <\/p>\n\n\n\n<p>Je pense \u00e0 un jeune homme dans le mur, color\u00e9 par sa transparence, derri\u00e8re une lumi\u00e8re diffuse, envelopp\u00e9 peut-\u00eatre par une fum\u00e9e. Je pense que le mur est transform\u00e9 par lui, et que lui ne sait pas qu\u2019il est transform\u00e9 par la lumi\u00e8re du mur.<\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;entends des sons. Une partition s&rsquo;\u00e9crit en marchant sous l\u2019arche, des pas-sons s\u2019accordent au rythme d\u2019un piano au sol ou peut-\u00eatre l\u2019inverse. Ils renvoient des croisements multiples et al\u00e9atoires de vibrations. Les sons viennent de devant le mur, de derri\u00e8re aussi, le traversent et s\u2019y cognent. J&rsquo;ai besoin d&rsquo;entendre car j\u2019ai du mal \u00e0 voir. J&rsquo;entends que j&rsquo;ai envie d&rsquo;entendre des voix humaines.<\/p>\n\n\n\n<p>Je sens que je traverse des couches successives de moi et du monde, que tout se transforme, m\u00eame sans moi. Je sens que j&rsquo;ai peur de ce monde d\u00e9sert de voix, que peut-\u00eatre \u00e0 ce moment pr\u00e9cis de l\u2019ACCIDENT, je veux partir. Je sens que je peux choisir de rester aussi, et continuer ce parcours que la lumi\u00e8re r\u00e9v\u00e8le. Je peux tout&nbsp;: partir, rester, \u00eatre dans l&rsquo;ombre. Je peux m&rsquo;approcher plus pr\u00e8s de la chaleur du jaune soleil, me br\u00fbler un peu, pleurer sur le rouge sang. Je veux m&rsquo;all\u00e9ger un peu dans le bleu du ciel, me perdre dans la nuit de ma non voyance. Je peux \u00e9couter les battements affol\u00e9s de tous les c\u0153urs dans la couleur du son, je peux m\u2019\u00e9prouver \u00e0 eux, traverser le mur et \u00e9couter nos solitudes reli\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019\u00e9coute mon d\u00e9sir de fuir. J\u2019\u00e9coute mon d\u00e9sir d&rsquo;entendre. Je traverse le monde derri\u00e8re et devant le mur, dans la lumi\u00e8re ou le noir, avec le son ou pas, pouss\u00e9e par l\u2019al\u00e9atoire du d\u00e9sir. Un labyrinthe de lignes se croisent et s\u2019enlacent. Des lignes trac\u00e9es par chacun, chacun \u00e0 son endroit, tous seuls, et reli\u00e9s peut-\u00eatre. Un al\u00e9atoire infini sur des port\u00e9es cacophoniques.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u00e0-haut sur la plateforme de l\u2019arche, entendre un texte peut-\u00eatre, par bribes, l\u2019\u00e9couter dans un casque d\u2019expo. Un bouton sur lequel on appuie pour commencer ou pour cesser d&rsquo;entendre. D\u00e9cider d\u2019entendre, entendre comme on peut, rester de marbre peut-\u00eatre.<\/p>\n\n\n\n<p>Peut-\u00eatre, une architecture, de mots \u00e0 construire, une d\u00e9molition, une reconstruction. Un mouvement au-del\u00e0 de soi sur une hauteur qui invite au vertige. Peut-\u00eatre traverser ce mur, tous les murs, transformer l\u2019oubli par l\u2019urgence partag\u00e9e. Peut-\u00eatre, ensemble au bord du gouffre, sentir la chute possible, aux c\u00f4t\u00e9s d\u2019acrobates suspendus, de musiciens de fanfare, de danseurs voltigeurs. Peut-\u00eatre une marionnette, une pierre bleue g\u00e9ante aux bras rattrapeurs, pour jouer avec les fr\u00e8res Lumi\u00e8re dans les graffitis du mur \u00e9ventr\u00e9, pour&#8230;<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"412\" height=\"275\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/Image5.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-195207\" style=\"width:590px;height:auto\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>L\u00e0, je laisse le paysage se reposer en moi.<\/p>\n\n\n\n<p>Les jours d\u2019apr\u00e8s, j\u2019y repense. Un r\u00eave d\u00e9sincarn\u00e9, juste une pens\u00e9e traversante tout \u00e7a. Tout \u00e7a quoi&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Des lumi\u00e8res pour dire le monde sans espoir, la chute et l&rsquo;accident\u00a0? Un spectacle pour redire un d\u00e9sespoir qu\u2019on sait\u00a0?<\/p>\n\n\n\n<p>Je regarde en moi, mes gros plans, mes tranches de vie microscopiques. Je regarde soi, et soi ailleurs que l\u00e0, mais l\u00e0 quand m\u00eame, dans des zones d\u2019avant et d\u2019apr\u00e8s, de devant et de derri\u00e8re. Peut-\u00eatre le devant et le derri\u00e8re de moi. Je revois des lumi\u00e8res, pour toucher sans attraper. Je suis tant\u00f4t aspir\u00e9e, emport\u00e9e dans le paysage, tant\u00f4t au bord du tableau, au bord de la chute.<\/p>\n\n\n\n<p>Je repense \u00e0 ce r\u00eave fait il y a des ann\u00e9es, dessin\u00e9 et accroch\u00e9 au mur de mon salon. Un r\u00eave en noir et blanc, une masure abandonn\u00e9e depuis longtemps. D\u2019une fen\u00eatre obscurcie, sort un lierre tout vert. Le seul point de lumi\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Je repense \u00e0 ce r\u00eave de \u00ab&nbsp;spectacle de lumi\u00e8res&nbsp;\u00bb, \u00e0 ce \u00ab&nbsp;texte-paysage&nbsp;\u00bb, dit par une guide de mus\u00e9e. J\u2019entends malgr\u00e9 moi une voix froide, en marche, qui entre dans les tranches du tableau, se suspend aux fils des nuages, bruisse au feuillage d\u2019un arbre, traverse la fen\u00eatre d\u2019un hangar, s\u2019envole dans une nu\u00e9e de cendres, s\u2019\u00e9crase au pied des hommes\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est une boucle sans d\u00e9but ni fin, une bobine que j\u2019enroule \u00e0 reculons, un gant retourn\u00e9, une histoire du pass\u00e9 ou du demain, que j\u2019oublie mais qui revient. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Strate 1 &#8211; l\u2019enqu\u00eate au pr\u00e9sent du temps retrouv\u00e9 \u2013 1972 Je croque dans ma chocolatine, suis intimid\u00e9e par ces mains d\u2019artisans, vides de pr\u00e9sent, fig\u00e9s \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9 dans le mouvement. Gants cartonn\u00e9s, raidis &#8211; sculpture d\u2019un pass\u00e9 pierreux. J\u2019imagine le photographe les installer avant de d\u00e9clencher son appareil, pr\u00eats \u00e0 les immortaliser en m\u00e9moire de l\u2019Histoire minuscule d\u2019autrefois. 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