{"id":195403,"date":"2025-08-08T20:01:29","date_gmt":"2025-08-08T18:01:29","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=195403"},"modified":"2025-08-10T14:25:16","modified_gmt":"2025-08-10T12:25:16","slug":"rectoverso-12-nuage-cest-reparti","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/rectoverso-12-nuage-cest-reparti\/","title":{"rendered":"#rectoverso #12 |\u00a0Nuage, c\u2019est reparti !"},"content":{"rendered":"\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\">repartir de fragments d\u00e9j\u00e0 \u00e9crits, certains publi\u00e9s ici, pour gr\u00e2ce \u00e0 cette proposition 12, avancer<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En 2018, le CAPC mus\u00e9e d\u2019art contemporain de Bordeaux pr\u00e9sente une exposition intitul\u00e9e <em>4543 milliards<\/em>, sous-titr\u00e9e <em>la question de la mati\u00e8re interroge le rapport entre l\u2019histoire d\u2019une \u0153uvre et les grands r\u00e9cits de la Terre<\/em>. Une salle est consacr\u00e9e aux photographies de nuages d\u2019Antoine J. Aalders, 1890-1955. Ses accumulations d\u2019albums et de bo\u00eetes de stockage de photos sont expos\u00e9es dans des tables-vitrines. Cette accumulation de nuages m\u2019a hypnotis\u00e9e ! A plusieurs reprises je suis all\u00e9e au mus\u00e9e, visiter cette salle. A cette occasion j\u2019ai pris conscience de la grande po\u00e9sie de l\u2019accumulation, de mon \u00e9merveillement pour ce travail \u00e0 la fois artistique, po\u00e9tique et scientifique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En sortant du mus\u00e9e, j\u2019ai commenc\u00e9 un travail sur les nuages. Dans un carnet de croquis format A4, un zap-book (j\u2019aime ce type de carnet aux pages fines qui gondolent sous l\u2019effet des papiers coll\u00e9s et des pages peintes ; j\u2019aime le voir doubler ou tripler d\u2019\u00e9paisseur au fur et \u00e0 mesure de l\u2019ajout de documents, le sentir, palper et tourner les pages), j\u2019ai coll\u00e9 des photos de nuages, quelques textes extraits d\u2019ouvrages emprunt\u00e9s \u00e0 la biblioth\u00e8que, des photos de tableaux de ciel de Boudin, Constable, Monet, le nuage rouge de Mondrian. Sur une vingtaine de pages et puis plus rien.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il y a quelques jours, tel un flash, le travail de 2018 m\u2019est revenu en m\u00e9moire. J\u2019ouvre le zap-book, retrouve avec la m\u00eame \u00e9motion les photos et les quelques notes. Dans une marge, une note&nbsp;: <em>vu Aalders au CAPC, \u00e0 engager de mon c\u00f4t\u00e9 une d\u00e9marche sur les nuages. Je r<\/em>elis un texte \u00e9crit apr\u00e8s la visite de l\u2019expo du CAPC.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">A partir de 1916, le n\u00e9erlandais Antoine Johannes Aalders travaille comme b\u00e9n\u00e9vole pour le Royal Netherlands Institute en tant que m\u00e9t\u00e9orologue amateur. Lui et sa femme sont fascin\u00e9s par la temp\u00eate sous toutes ses formes, et par l\u2019observation des nuages. Aalders devenu invalide en 1925 met en place un observatoire sur le toit de sa maison pour photographier et \u00e9tudier les nuages, le tonnerre et la foudre. De 1917 \u00e0 1955, il produit plus de 10 000 photos de nuages, initialement en noir et apr\u00e8s 1945 principalement en couleur. Pour chaque photo, il enregistre l\u2019heure, la date, la direction du vent, le mouvement des nuages et les conditions m\u00e9t\u00e9orologiques. Aalders est connu dans les milieux internationaux, notamment en raison de sa contribution \u00e0 l\u2019Atlas international du nuage publi\u00e9 par l\u2019Organisation m\u00e9t\u00e9orologique mondiale. A sa mort en 1955, sa veuve fait don de sa vaste collection de n\u00e9gatifs et de photos \u00e0 la biblioth\u00e8que du Royal Meteorological Institute.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avec un pinceau tremp\u00e9 dans l\u2019acrylique bleu, dans le zap-book, j\u2019\u00e9cris Nuage, c\u2019est reparti \u2013 ao\u00fbt 2025.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Poursuivre ce projet, photographier, rechercher de la documentation, lire des livres et articles. Prendre des notes. En parall\u00e8le amorcer l\u2019\u00e9criture d\u2019un texte. Quel forme va-t-il prendre&nbsp;? Celui d\u2019un Nuage, c\u2019est reparti journal de voyage \u00e0 travers les ciels et les sources litt\u00e9raires et artistiques ? J\u2019aime l\u2019id\u00e9e d\u2019un vaste capharna\u00fcm, de fragments, sensations&#8230; Vagabonder d\u2019une \u00e9tape \u00e0 l\u2019autre, chacune s\u2019enrichissant, et s\u2019\u00e9merveiller des trouvailles et des avanc\u00e9es&#8230; Comment trouver les mots pour dire ce qui me touche, les sensations \u00e9prouv\u00e9es en admirant les nuages et les instants fugaces qui me font vibrer. Comme souvent, la lecture du moment est source d\u2019inspiration. Je recopie dans mon journal d\u2019\u00e9criture ces lignes extraites de <em>Tiroir central<\/em> * de l\u2019artiste \u00e9crivaine Sophie Coiffier en \u00e9cho \u00e0 mon projet&nbsp;:<br><em>Vous r\u00eavez&nbsp;?<\/em><br><em>Vous regardez par la fen\u00eatre et ce que vous voyez, au fond, vous n\u2019avez rien \u00e0 en dire. Tout semble avoir \u00e9t\u00e9 dit, d\u00e9j\u00e0, avec des mots qui ne vous appartiennent pas. (\u2026)<\/em><br><em>Et si on repartait de z\u00e9ro&nbsp;? Si on inventait la langue pour raconter \u00e0 nouveau ce que l\u2019on voit avant qu\u2019on nous le dise&nbsp;? Et si pour faire cela, il fallait r\u00e9apprendre \u00e0 voir&nbsp;?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En lisant ces mots de Sophie Coiffier, me rem\u00e9morer un moment v\u00e9cu en mai dernier. Depuis ma voiture sur l\u2019autoroute qui me conduit aux Eyzies, la capitale mondiale de la Pr\u00e9histoire, j\u2019observe les nuages. Impossible de photographier. Alors garder ce moment en m\u00e9moire, pour plus tard \u00e9crire. M\u00e9t\u00e9o changeante en ce mois de mai bizarre. Pluie, soleil pointant entre les nuages. Nuages chass\u00e9s par le vent. Certains disparaissent, d\u2019autres se forment. J\u2019ai lu que la dur\u00e9e de vie d\u2019un cumulus est de cinq \u00e0 quarante minutes. Feu d\u2019artifice de formes et de couleurs. Des cama\u00efeux de gris et de blancs, si on regarde vite. Des gris color\u00e9s, de subtils tons roses et orang\u00e9s, l\u00e9g\u00e8rement bleut\u00e9s, si on prend le temps de l\u2019observation.<br>Soudain appara\u00eet un \u00e9l\u00e9phant. Avec sa trompe, il avale un petit cumulus. Deux caniches vus de dos observent la bande de ciel bleu qui se faufile au-dessus de la masse de nuages blancs et gris. Plus on se rapproche de la Vall\u00e9e de l\u2019Homme, plus les animaux prennent des formes \u00e9tranges. Les corps s\u2019allongent, se d\u00e9forment, les pattes s\u2019effilent. Je n\u2019en crois pas mes yeux. Le grand cheval, chef-d\u2019\u0153uvre de la grotte de Lascaux appara\u00eet face \u00e0 moi. Est-ce qu\u2019il m\u2019interpelle ? veut-il me transmettre un message ? Un peu plus loin, le taureau de Lascaux, des rennes, des bisons, tous pr\u00e9sents dans la grotte. Ils s\u2019enchev\u00eatrent, se chevauchent, vont vers la droite, la gauche, dansent, volent, nagent, courent, s\u2019allongent, une vraie valse. Un spectacle du ciel digne des tableaux de l\u2019art pari\u00e9tal du pal\u00e9olithique. Quel spectacle ! Quelle \u00e9motion ! Je les re\u00e7ois comme un signe de salutation envoy\u00e9 par les femmes et les hommes de Cro-Magnon alors que je ne suis plus qu\u2019\u00e0 quelques kilom\u00e8tres des Eyzies !<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\">* <em>Tiroir central<\/em> de Sophie Coiffier &#8211; Editions de l&rsquo;Attente &#8211; 2021<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"841\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/zapBook1-1024x841-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-195416\" style=\"width:437px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/zapBook1-1024x841-1.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/zapBook1-1024x841-1-420x345.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/zapBook1-1024x841-1-768x631.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n<\/div>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>repartir de fragments d\u00e9j\u00e0 \u00e9crits, certains publi\u00e9s ici, pour gr\u00e2ce \u00e0 cette proposition 12, avancer En 2018, le CAPC mus\u00e9e d\u2019art contemporain de Bordeaux pr\u00e9sente une exposition intitul\u00e9e 4543 milliards, sous-titr\u00e9e la question de la mati\u00e8re interroge le rapport entre l\u2019histoire d\u2019une \u0153uvre et les grands r\u00e9cits de la Terre. 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