{"id":195828,"date":"2025-08-16T16:24:22","date_gmt":"2025-08-16T14:24:22","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=195828"},"modified":"2025-08-17T13:08:24","modified_gmt":"2025-08-17T11:08:24","slug":"rectoverso-14-vide-poches","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/rectoverso-14-vide-poches\/","title":{"rendered":"#rectoverso #14 | Vide-poches"},"content":{"rendered":"\n<p><br><strong>Etapes&nbsp;:<br><\/strong>Etape 1&nbsp;: froissement de l&rsquo;\u00e2me<br>Etape 2&nbsp;: tournoiement des possibles<br>Etape 3&nbsp;: masque de la d\u00e9cision<br>Etape 4&nbsp;: trace de la matrice<br><strong><br>Figures marquantes&nbsp;:<\/strong><br>l<em>a for\u00eat<br>\u00ab&nbsp;Que fait cette for\u00eat si claire qu\u2019elle semble  ne pas toucher terre, qu\u2019elle semble avoir \u00e9t\u00e9 pos\u00e9e sur un nuage. Une image en partance, un bout de monde arrach\u00e9 au destin s\u00e9culaire&nbsp;\u00bb.<br>le cheveu<br>\u00ab&nbsp;Enchev\u00eatr\u00e9es et plus haut encore dans le ciel, les fines branches comme de bruns cheveux emm\u00eal\u00e9s&nbsp;\u00bb. <\/em><br><strong><br>Courants esth\u00e9tiques\/id\u00e9ologiques&nbsp;:<\/strong><br>L&rsquo;\u00e9l\u00e9ment Fen\u00eatre&nbsp;: loupe saisissant ce qui lui \u00e9chappe. <br>Le Piquet&nbsp;: debout toujours dans la vie. Il est debout-debout. <br>Le Lapin blanc&nbsp;: scripteur qui note pr\u00e9cis\u00e9ment sa journ\u00e9e.<br>Le Perch\u00e9&nbsp;: barr\u00e9 complet. Une bulle effervescente dans l\u2019atmosph\u00e8re.<br>L&rsquo;Epop\u00e9e&nbsp;: figure \u00e0 reconstruire \u00e0 tout instant. Les empreintes vitales sont dissoutes.<br><strong><br>Ev\u00e9nements marquants&nbsp;:<\/strong><br>il n&rsquo;a que des souvenirs heureux\/l&rsquo;immeuble est d\u00e9truit, seul reste en suspens le couloir\/ deux jeunes filles au teint p\u00e2le, l&rsquo;une poss\u00e8de un compas\/les pieds s&rsquo;\u00e9tirent.<br><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\"><strong>Oeuvres de l&rsquo;auteure :<\/strong><br><em>Nos \u00e9pines sont mosa\u00efques<\/em>, 1810. <em>Quand je me l\u00e8ve, je tartine<\/em>, 1822<em>. Il ne neige pas ce n&rsquo;est donc pas la saison des cadeaux<\/em>, 1889<br><strong><br>Epicentres g\u00e9ographiques&nbsp;: <\/strong><br>Troxler-ville&nbsp;(<em>Il y a assur\u00e9ment un autre monde mais il est dans celui-ci<\/em>). Walser-ville (<em>Pour quelle raison&nbsp;? Hum!<\/em>).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\"><br><strong><br><br>Extrait de l&rsquo;ouvrage <em>\u00ab\u00a0Quand je me l\u00e8ve, je tartine\u00a0\u00bb<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Qu&rsquo;as-tu fait&nbsp;?<br>Je suis retourn\u00e9 dans la rue des souvenirs heureux. J&rsquo;ai eu envie de d\u00e9ambuler dans la douce et sereine rue d&rsquo;avant la catastrophe. Il y avait l\u00e0 de beaux immeubles en pierre de taille d&rsquo;un seul c\u00f4t\u00e9 de la rue. Sur le trottoir d&rsquo;en face, des arbres sveltes et fringants, joufflus sur leur hauteur nous regardaient avec mansu\u00e9tude. L&rsquo;appartement de mon amie \u00e9tait simple et tr\u00e8s accueillant. <br>Justement, l&rsquo;accueil \u00e9tait l&rsquo;une des t\u00e2ches qui incombait \u00e0 la gardienne. Sans coup f\u00e9rir, elle assurait quotidiennement la distribution d&rsquo;une tartine de pain beurr\u00e9 \u00e0 chaque r\u00e9sident. Hors un jour, un \u00e9v\u00e9nement inconnu \u00e0 ma connaissance, n&rsquo;a pas permis aux tartines d&rsquo;arriver \u00e0 bon port. Ce chamboulement des habitudes, regrettable oh combien, a entra\u00een\u00e9 un tsunami d&rsquo;enfer. Un d\u00e9luge d&rsquo;eau s&rsquo;est abattu dans la rue et n&rsquo;a plus voulu d\u00e9camper. La belle pierre s&rsquo;est fissur\u00e9e et en un rien de temps, les immeubles se sont affaiss\u00e9s comme marionnettes d\u00e9boussol\u00e9es. Curieusement, n&rsquo;est rest\u00e9 visible et en \u00e9tat -si j&rsquo;ose dire- qu&rsquo;un couloir que je vous d\u00e9cris.<br><em>L&rsquo; entr\u00e9e de l&rsquo;appartement et sur la droite le couloir. Une moquette gris clair et des murs tapiss\u00e9s bleu, des portes peintes en blanc. Sur tout le mur de gauche en entrant, derri\u00e8re deux portes coulissantes,  une vaste penderie aper\u00e7ue \u00e0 travers un rideau de coton crochet\u00e9 ajour\u00e9 bleu et noir pour les manteaux et autres habits de sortie. Devant soi une porte donnant dans une premi\u00e8re chambre, juste \u00e0 droite de celle-ci et au-dessus du radiateur, le portrait peint de la ma\u00eetresse de maison&nbsp;-couleurs dominantes rouge\/blanc\/noir- puis une porte ferm\u00e9e \u00e0 deux battants et derri\u00e8re elle, un salon-salle de cours. En continuant une commode renfl\u00e9e dont les tiroirs contiennent du papier cadeaux, des rubans des ficelles, des pages arrach\u00e9es de magazines. Une autre porte pour une deuxi\u00e8me chambre. En tournant face \u00e0 soi une autre porte, celle de la cuisine et encore en tournant la porte des toilettes&nbsp;avec lave-mains, essuie-mains et quelques tableaux. Dans le prolongement une large fen\u00eatre aux rideaux crochet\u00e9s ajour\u00e9s blancs donnant sur une cour. Un petit fauteuil d&rsquo;enfant en osier est install\u00e9 devant l&rsquo;ouverture. Puis un lourd buffet contenant balles multicolores de diverses tailles, b\u00e2tons en bois, \u00e9pais rubans de couleur sable et autres accessoires de travail. Sur le meuble imposant, du courrier, une lampe, un plat en cuivre o\u00f9 sont pos\u00e9es des clefs. Plus loin sur le sol un porte-parapluie en fa\u00efence et retour sur la porte d&rsquo;entr\u00e9e. <\/em><br>Aujourd&rsquo;hui, si un imprudent ouvrait quelques portes pour entrer dans l&rsquo;une des pi\u00e8ces, il basculerait assur\u00e9ment dans le vide et s&rsquo; \u00e9craserait au sol. En suspens entre deux arbres amis, et sans attache, le couloir se balance doucettement. Miroir d&rsquo;une m\u00e9moire tout autant que vestige d&rsquo;un chaos magnifique. Cela s&rsquo;est pass\u00e9 il y a plus de huit ans et la douleur maintenant est tout \u00e0 fait molle. Oh elle est molle la douleur. Elle nous glisse entre les doigts.<br><strong><br><sub>Notes<\/sub><\/strong><br><sub>Une premi\u00e8re mouture de l&rsquo;ouvrage appara\u00eet dans le carnet 05 sous le titre \u00ab&nbsp;Etat des lieux&nbsp;\u00bb. Dans le journal de l&rsquo;auteure n\u00b011, la rubrique \u00ab&nbsp;Entaille&nbsp;\u00bb en fait \u00e9galement mention.<br><\/sub><br><br><br><\/p>\n\n\n\n<details class=\"wp-block-details is-layout-flow wp-block-details-is-layout-flow\"><summary><\/summary>\n<p><\/p>\n<\/details>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Etapes&nbsp;:Etape 1&nbsp;: froissement de l&rsquo;\u00e2meEtape 2&nbsp;: tournoiement des possiblesEtape 3&nbsp;: masque de la d\u00e9cisionEtape 4&nbsp;: trace de la matriceFigures marquantes&nbsp;:la for\u00eat\u00ab&nbsp;Que fait cette for\u00eat si claire qu\u2019elle semble ne pas toucher terre, qu\u2019elle semble avoir \u00e9t\u00e9 pos\u00e9e sur un nuage. 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