{"id":196183,"date":"2025-08-14T16:41:34","date_gmt":"2025-08-14T14:41:34","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=196183"},"modified":"2025-08-14T21:21:24","modified_gmt":"2025-08-14T19:21:24","slug":"recto-verso-14-les-sorcieres-sauvages","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/recto-verso-14-les-sorcieres-sauvages\/","title":{"rendered":"#rectoverso #14 | Les sorci\u00e8res sauvages"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-large-font-size\"><strong>Recto<\/strong> \u2013 <strong>Ce que l&rsquo;on sait des sorci\u00e8res sauvages<\/strong> <strong>(Premier XIX\u00e8 si\u00e8cle)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><strong>FIGURES MAJEURES DE LA P\u00c9RIODE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Parmi les figures majeures, on trouve d\u2019abord des femmes qui refusent le mariage, ce qui constitue leur premier et principal point commun. Refuser de partager le lit et la vie des hommes est une h\u00e9r\u00e9sie qui les condamne \u00e0 vivre litt\u00e9ralement dans les marges, sous un rocher pr\u00e8s d\u2019une route o\u00f9 parfois passent des soldats, dans une cabane dans les bois \u00e0 l\u2019\u00e9cart d\u2019un village, sur une colline abrit\u00e9e des vents dominants au bas de laquelle coule une rivi\u00e8re, aux confins des territoires les plus habit\u00e9s des villes. Le fait que nombre d&rsquo;entre elles aient eu des enfants sans mari ni aucun compagnon connu a renforc\u00e9 la m\u00e9fiance \u00e0 leur \u00e9gard (notamment des autres femmes).<\/p>\n\n\n\n<p>On sait peu de choses des figures majeures de la p\u00e9riode car leur clandestinit\u00e9 les a conduites \u00e0 vivre dans la discr\u00e9tion si ce n\u2019est le secret. D\u00e9pla\u00e7ant leur regard bien au-del\u00e0 du Moyen-\u00c2ge, les chercheuses (principalement) et les chercheurs \u00e9tudiant la sorcellerie se sont int\u00e9ress\u00e9s tardivement \u00e0 ce qu\u2019il faut bien appeler une communaut\u00e9, un r\u00e9seau souterrain, un&nbsp;<em>social network<\/em>&nbsp;de femmes de l\u2019underground, \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 tout les \u00e9loignait.<\/p>\n\n\n\n<p>En France, toutefois trois personnalit\u00e9 se d\u00e9gagent. L\u2019incertitude demeure quant \u00e0 leur \u00e9tat-civil exact. Toutes les trois semblent n\u00e9es au tout d\u00e9but du XIX\u00e8 si\u00e8cle, leur mort est attest\u00e9e par les autorit\u00e9s hospitali\u00e8res o\u00f9 les trois furent intern\u00e9es. Elles sont pass\u00e9es \u00e0 la post\u00e9rit\u00e9 avec un pr\u00e9nom et un surnom.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 Uranie la robuste est n\u00e9e, selon ce qui est dit d\u2019elle, en Bretagne autour de 1800.&nbsp;<br>\u2013 L\u00e9antine l\u2019immortelle serait n\u00e9e dans le Forez entre 1805 et 1807.<br>\u2013 Irmine la douce, elle, serait un peu plus jeune. Elle est la seule dont la date de naissance est connue puisqu\u2019il est su qu\u2019elle est n\u00e9e le jour o\u00f9 Napol\u00e9on a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9 hors la loi par le congr\u00e8s de vienne, le 13 mars 1815.<\/p>\n\n\n\n<p>Curieusement, les sp\u00e9cialistes (en histoire mais aussi en anthropologie) associent \u00e0 ce courant trois autres figures majeures, laissant penser \u2013 curieusement \u2013 qu\u2019il y aurait eu un mouvement plan\u00e9taire \u2013 encore plus curieusement \u2013 connect\u00e9. Sur le type de connections, les hypoth\u00e8ses s\u2019accordent pour parler de t\u00e9l\u00e9pathie, \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9 les moyens de communication et de transport ne permettaient pas ais\u00e9ment la circulation des personnes isol\u00e9es d\u2019un continent \u00e0 l\u2019autre. Il en \u00e9tait de m\u00eame des savoirs. La documentation lacunaire mais av\u00e9r\u00e9e fournit quelques donn\u00e9es attestant de ce r\u00e9seau (manuscrits, petits objets, statuettes, vocabulaire). La question de la co\u00efncidence a \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9e par les anthropologues (voir notamment la th\u00e8se de Flora Demoriez) gr\u00e2ce \u00e0 une \u00e9tude iconographique et \u00e0 des travaux inspir\u00e9s de la litt\u00e9rature compar\u00e9e (Bouchot, Dimitri 2020, Geoffrey 2003, Meunier, Tudor 2015).<\/p>\n\n\n\n<p>La brillante synth\u00e8se produite par Ana Paula del Cruz dans la revue&nbsp;<em>Historica Mexicana<\/em>&nbsp;fait non seulement appara\u00eetre ces deux figures majeures d\u2019Am\u00e9rique latine mais elle documente, sources \u00e0 l\u2019appui, ce qu\u2019elles ont laiss\u00e9 comme traces, traces dont on retrouve des extensions de ce c\u00f4t\u00e9-ci de l\u2019Atlantique, comme le montrent les travaux de Geoffrey. Del Cruz pr\u00e9sente une biographie crois\u00e9e de la Mexicaine Dolores la sage (de Santa Teresa, Mexique) et de la chilienne de Lautaro, Nicole Mu\u00f1oz Diaz, plus connue sous le nom de Nicole la rude. De leur c\u00f4t\u00e9, Meunier et Tudor ont recueilli des donn\u00e9es sur celle qui fut surnomm\u00e9e la sorci\u00e8re de La Paz, Alcida Vega, \u00e0 laquelle un culte continue d&rsquo;\u00eatre rendu au d\u00e9but du vingt et uni\u00e8me si\u00e8cle par de nombreux collectifs f\u00e9ministes andins.<\/p>\n\n\n\n<p>On ne peut pas dire que ces six femmes sont \u00e0 la t\u00eate d\u2019un r\u00e9seau secret, l\u2019existence m\u00eame du r\u00e9seau constituant une r\u00e9alit\u00e9 prodigieuse, aussi informelle que fonctionnelle et sans structure hi\u00e9rarchique. En revanche, ce qui est certain, c\u2019est qu\u2019elles ont laiss\u00e9 des traces d\u2019une communaut\u00e9 de r\u00e9sistantes bien plus large, combattant l\u2019utilisation d\u2019une langue qu\u2019elles jugeaient oppressive, les violences subies par les enfants dans les familles, les viols et les meurtres perp\u00e9tr\u00e9s sur les femmes, l\u2019imposition de la force par les armes. La question des viols et des meurtres constitue la part la plus importante de leur action. Femmes volontairement c\u00e9libataires, socialement marginalis\u00e9es, symboliquement associ\u00e9es aux d\u00e9mons et aux sorci\u00e8res, elles se sont appropri\u00e9 la terminologie pour se d\u00e9signer, se reconna\u00eetre et se prot\u00e9ger collectivement, oeuvrant dans la clandestinit\u00e9 et la solidarit\u00e9 de ce qu&rsquo;elles appelaient elles-m\u00eames les Sorci\u00e8res sauvages.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><strong>COURANTS ESTH\u00c9TIQUES ET ID\u00c9OLOGIQUES<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ces six femmes et leurs soeurs, combattent ce que les f\u00e9ministes du vingti\u00e8me si\u00e8cle appelleront le patriarcat et la domination masculine et elles instituent un r\u00e9seau de solidarit\u00e9 \u00e0 la fois en proximit\u00e9 et \u00e0 distance. Ce qui est remarquable, c\u2019est qu\u2019aucune de leurs productions ne peut se comprendre comme un manifeste ou une profession de foi. Elles ne d\u00e9noncent rien. Elles d\u00e9voilent. Elles ne critiquent rien. Elles r\u00e9v\u00e8lent. Tout ceci \u00e0 partir d\u2019histoires qu\u2019elles racontent, de dessins qu\u2019elles affichent, de petits objets qu\u2019elles fabriquent et vendent, de savoirs qu\u2019elles partagent. Elles ont une vison commune du monde, \u00e9galitaire, dans lequel les Mapuches, les Aimaras, les Mayas, les Bretonnes, les Auvergnates, les For\u00e9ziennes ne seraient pas soumises aux pouvoirs politiques dominants qui effacent les particularit\u00e9s culturelles et hi\u00e9rarchisent les populations. Elles savent que riches ou pauvres les hommes ne les consid\u00e8rent pas comme leurs \u00e9gales. Les valeurs qu\u2019elles partagent viennent du souci de construire des vigilances et des r\u00e9sistances collectives, rassemblant pour celle qui en a besoin, toutes les forces dont elles disposent, (et dans \u00ab&nbsp;forces&nbsp;\u00bb il faut comprendre \u00e9galement les forces spirituelles, \u00e9motionnelles et psychiques).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><strong>\u00c9V\u00c9NEMENTS MARQUANTS<\/strong><br>Trois \u00e9v\u00e9nements marquants, ont \u00e9t\u00e9 exhum\u00e9s par les recherches r\u00e9centes.<\/p>\n\n\n\n<p>Le premier est situ\u00e9 en Auracanie dans les ann\u00e9es 1820. Il appara\u00eet comme un \u00e9v\u00e9nement fondateur qui prit la forme d\u2019une f\u00eate pa\u00efenne rendue au luma, cet arbre dont les fruits comestibles servent aux femmes de stimulant \u00e9nerg\u00e9tique et de baume apaisant et cicatrisant. Il se dit que plusieurs centaines de femmes se sont chaque ann\u00e9e secr\u00e8tement rassembl\u00e9es dans ce qui relevait moins de la f\u00eate que du congr\u00e8s (lors duquel s\u2019\u00e9changeaient des connaissances sur les arbres, les plantes, les herbes, les fleurs et les bourgeons, les moyens d\u2019avorter et de rendre la fertilit\u00e9, d\u2019all\u00e9ger les douleurs et d\u2019aider aux accouchements, de se donner du plaisir et de traiter les tracas gyn\u00e9cologiques dans une logique d\u2019exp\u00e9rimentation collective). L\u2019id\u00e9e de f\u00eate venait de ceux qui ne voyaient rien de ces pratiques, qu\u2019ils ne pouvaient donc \u2013 en en \u00e9tant exclus \u2013 qu\u2019imaginer, les nourrissant de leurs fantasmes et de leurs croyances. Des rumeurs faisaient alors \u00e9tat de bacchanales femelles lors desquelles des dizaines de femmes nues s\u2019accoupleraient entre elles, si ce n\u2019\u00e9tait avec un d\u00e9mon venu-l\u00e0 pour \u00eatre, par elles, satisfait.<\/p>\n\n\n\n<p>Un deuxi\u00e8me \u00e9v\u00e9nement retentissant est le proc\u00e8s lors duquel L\u00e9antine l\u2019immortelle fut condamn\u00e9e pour transgression des normes sexu\u00e9es, ivrognerie et violences \u00e0 l\u2019\u00e9gard des gendarmes venus lui interdire l\u2019usage qu\u2019elle faisait de la for\u00eat. Le proc\u00e8s a eu lieu en 1821 et a \u00e9t\u00e9 largement couvert par la presse notamment parque que L\u00e9antine l\u2019immortelle, bien que vivant seule dans une cabane dans les bois, \u00e9tait pr\u00e9sent\u00e9e comme l\u2019instigatrice de la r\u00e9bellion du Forez contre la gendarmerie. On trouve de nombreux articles commentant le proc\u00e8s, tant dans le&nbsp;<em>Journal de la C\u00f4te-d&rsquo;Or<\/em>, dans <em>Le V\u00e9ridique de l\u2019H\u00e9rault<\/em>,&nbsp;dans <em>Le Journal du Gard<\/em>, que dans&nbsp;<em>Le Journal de Paris<\/em>&nbsp;et m\u00eame dans un num\u00e9ro du&nbsp;<em>Journal d\u2019\u00e9ducation publi\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9 de Paris pour l\u2019am\u00e9lioration de l\u2019enseignement \u00e9l\u00e9mentaire<\/em>&nbsp;de 1823 o\u00f9 elle sert d\u2019exemple pour justifier la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019instruire les jeunes filles. Une longue lettre de la Marquise de Cluny adress\u00e9e au directeur de&nbsp;<em>l\u2019Album de Paris<\/em>&nbsp;fut publi\u00e9e \u00e0 l\u2019issue du proc\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">Le troisi\u00e8me \u00e9v\u00e9nement fut plus tardif et plus discret. Il se tint apr\u00e8s la mort des sorci\u00e8res sauvages les plus connues. Seule Alcida Vega, la sorci\u00e8re de La Paz \u00e9tait encore en vie. Cela eut lieu fin mai 1848, peu de temps apr\u00e8s l\u2019abolition de l\u2019esclavage \u00e0 la Martinique et \u00e0 la Guadeloupe, le 30 mai exactement. Ce jour-l\u00e0 un \u00e9v\u00e9nement aussi intense qu\u2019inaper\u00e7u se produisit. Une cha\u00eene de pri\u00e8res impies s\u2019\u00e9tablit spontan\u00e9ment, reliant les sorci\u00e8res sauvages d\u2019Europe et d\u2019Am\u00e9rique latine via celles des Antilles nouvellement lib\u00e9r\u00e9es des chaines esclavagistes. \u00c0 l\u2019issue de cette pri\u00e8re, des hommes ayant viol\u00e9 (parfois leur propre fille ou leur propre fils) ou tu\u00e9 une femme (parfois la leur), tomb\u00e8rent raides morts au m\u00eame instant sur les \u00eeles et les deux continents.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><strong>\u0152UVRES PRINCIPALES OU TRAVAUX EN CHANTIER DANS LA P\u00c9RIODE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il n\u2019y a pas d\u2019ouvrages sp\u00e9cifiques \u00e0 signaler sur la p\u00e9riode. Les traces laiss\u00e9es par les Sorci\u00e8res Sauvages sont plurielles. S\u2019il ne reste que quelques manuscrits d\u00e9couverts tardivement et articul\u00e9s seulement r\u00e9cemment \u00e0 une production commune, les oeuvres artistiques et artisanales sont plus nombreuses et pour une part conserv\u00e9es d\u00e9sormais dans les mus\u00e9es d\u2019anthropologie. La richesse et la sp\u00e9cificit\u00e9 de l\u2019iconographie retrouv\u00e9e sur les objets du quotidien richement d\u00e9cor\u00e9s, les figurines, et quelques gravures sur bois, traduit sans aucun doute un partage de techniques qu\u2019il n\u2019est, \u00e0 ce jour, pas possible de comprendre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><strong>\u00c9PICENTRES G\u00c9OGRAPHIQUES<\/strong><br>En Am\u00e9rique latine, l\u2019espace des sorci\u00e8res se situe le long de la ligne Lautaro, La Paz, Santa Teresa, longeant plus ou moins la c\u00f4t\u00e9 ouest des Am\u00e9riques sur pr\u00e8s de dix mille kilom\u00e8tres.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\">En Europe, il se situe principalement en France, dans une large zone allant de la Bretagne au Forez en passant par Paris et l\u2019Auvergne. Il s\u2019agit bien d\u2019\u00e9picentres ou de poches au sein desquelles seules quelques personnes sont identifi\u00e9es. On estime ainsi, qu\u2019en Bretagne, \u00e0 Paris, dans le Berry, en Auvergne et dans le Forez, chaque cellule \u2013 bien que le terme de cellule soit inad\u00e9quat, ou alors en admettant qu\u2019il est possible qu\u2019une cellule peut \u00eatre constitu\u00e9e d\u2019un seul individu mais qu\u2019elle peut potentiellement en accueillir d\u2019autres et qu\u2019elle est en lien permanent avec toutes les autres \u2013 rassemble une poign\u00e9e de femmes partageant leur savoir, leurs id\u00e9es et leurs valeurs gr\u00e2ce \u00e0 des proc\u00e9d\u00e9s secrets, cod\u00e9s et \u00e9volutifs.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><strong>BIBLIOGRAPHIE forc\u00e9ment all\u00e9g\u00e9e<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u2022 <em>Protocolos de Toma de Asocie<\/em>, t.1, Archivos de instrumentos P\u00fablicos de Guadalajara (AIPG)<\/p>\n\n\n\n<p>\u2022 Em\u00e9lie Bouchaud, Brigitte Dimitri, \u00ab&nbsp;Se reconna\u00eetre sans se voir. Un r\u00e9seau franco-latino-am\u00e9ricain de sorci\u00e8res secr\u00e8tes?&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em>\u00c9tudes anthropologiques<\/em>, vol. 55, 1, 2022, p.&nbsp;73-101.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2022 Ana Paula del Cruz, \u00ab&nbsp;Las brujas salvajes de M\u00e9xico y Chile. Principios del siglo XIX.&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em>Historia Mexicana<\/em>, Vol. 66, n\u00b0&nbsp;2 (262), octubre-diciembre de 2016, p. 937-959.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2022 Flora Demoriez,&nbsp;<em>Sur les connexions improbables des premi\u00e8res f\u00e9ministes. Une iconographie qui ne trompe pas<\/em>, Th\u00e8se r\u00e9alis\u00e9e en Arts plastiques sous la direction de Pascale Michelte et soutenue le 2 f\u00e9vrier 2024 \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Franche Comt\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2022 Pauline Geoffrey,&nbsp;<em>De la r\u00e9sistance secr\u00e8te des femmes. Un exemple transatlantique. France, Mexique, Chili 1800-1850<\/em>, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2003.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2022 Marcelle Meunier, Wilfried Tudor, \u201cOn the incredible contact between invisible women early nineteenth century&nbsp;\u00bb,&nbsp;<em>International Gender Studies<\/em>, 32, 4, p.&nbsp;32-44.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading has-large-font-size\"><strong>Verso<\/strong> \u2013 Comment on le sait<\/h3>\n\n\n\n<p>\u00ab\u00a0dans une cellule de la Paz a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9 \u2013 \u00e0 la mort d&rsquo;une d\u00e9tenue \u2013 un carnet dans lequel elle adressait par \u00e9crit des pri\u00e8res pa\u00efennes \u00e0 une certaine Alcida qu&rsquo;elle appelait respectueusement la reine des Putes et des Sorci\u00e8res des Andes\u00a0\u00bb (extrait des chroniques de Pauline Gallardo, France Culture, 7 mai 2022)<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Catalogue du mus\u00e9e indien de Guadalajara<\/strong>.<br>pi\u00e8ce AZSSth002<br>Masque en bois<br>Mexique, Sonora<br>D\u00e9but du 19e si\u00e8cle<br>Bois, m\u00e9tal<br>masque repr\u00e9sentant une femme au visage peint. Bande bleues sur les joues et le front. Bande noire fine en travers du visage \u00e0 hauteur de la moiti\u00e9 du nez. Anneau pass\u00e9 dans le nez \u00e0 hauteur du septum<\/p>\n\n\n\n<p>pi\u00e8ce AZSSth107<br>Masque en terre cuite<br>Mexique, Sonora<br>D\u00e9but du 19e si\u00e8cle<br>masque repr\u00e9sentant une femme riant. Scarifications diagonales sur les joues et verticales sous la l\u00e8vre inf\u00e9rieure<\/p>\n\n\n\n<p>pi\u00e8ce AZSSth192<br>Statuette en bois<br>Mexique, Sonora<br>D\u00e9but du 19e si\u00e8cle<br>Femme enceinte peinte. Seins nus. Jupe d\u00e9cor\u00e9e d&rsquo;animaux (ours, loup, urubu) et de plantes<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mus\u00e9e national de Bolivie<\/strong><br>pi\u00e8ce BolN-5890<br>chemise pour enfant brod\u00e9e<br>iconographie originale<br>deux lettres en signature \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du col de la chemise, A V<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">___<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"241\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/Capture-decran-2025-08-14-a-16.16.37-1024x241.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-196220\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/Capture-decran-2025-08-14-a-16.16.37-1024x241.png 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/Capture-decran-2025-08-14-a-16.16.37-420x99.png 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/Capture-decran-2025-08-14-a-16.16.37-768x181.png 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/Capture-decran-2025-08-14-a-16.16.37.png 1316w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">extrait du <em>Recueil des actes administratifs, bulletin d&rsquo;information des maires<\/em> <em>de la Loire<\/em>,<br>Pr\u00e9fecture de la Loire, 10 novembre 1819<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Th\u00e8se en histoire du droit: <em>Sur la d\u00e9lation des femmes et les proc\u00e8s en sorcellerie. Analyse des jugements prononc\u00e9s par le Tribunal du Puy, du premier Empire \u00e0 la Monarchie de juillet<\/em> extrait: \u00ab\u00a0les femmes qui poss\u00e9daient des savoirs de type gyn\u00e9cologique ou p\u00e9diatrique \u00e9taient souvent appel\u00e9es pour soigner ou soulager. Elles faisaient office de sage-femmes, de pharmacienne, et n&rsquo;h\u00e9sitaient pas \u00e0 partager leurs recettes au plus grand nombre. Nombreuses furent celles sous le Premier empire \u00e0 \u00eatre d\u00e9nonc\u00e9es sous le Premier empire. Les d\u00e9nonciations s&rsquo;appuyaient pour cela sur les lois du 19 vent\u00f4se et 21 germinal an XI (10 mars et 11 avril 1803) sur l&rsquo;exercice de la m\u00e9decine.<br><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">___ <\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Lors du dernier congr\u00e8s sur la conservation des langues premi\u00e8res, une remarquable communication a \u00e9t\u00e9 faite sur une langue, pratiquement inconnue, tr\u00e8s peu document\u00e9e, et qui semble couvrir une aire g\u00e9ographique allant du nord du Mexique au sud du Chili. Cette langue pourrait s\u2019apparenter \u00e0 un dialecte construit \u00e0 partir de l\u2019espagnol et de plusieurs langues des peuples premiers m\u00eal\u00e9es. D\u2019apr\u00e8s l\u2019intervenante, il pourrait s\u2019agir d\u2019une langue \u00e9labor\u00e9e sciemment de mani\u00e8re \u00e0 r\u00e9sister aux pouvoirs dominants, politique, religieux militaire. Cette langue a comme particularit\u00e9 de ne poss\u00e9der aucune forme n\u00e9gative, ni aucun adjectif d\u00e9pr\u00e9ciatif. Elle fonctionne en grande partie sur des m\u00e9taphores animales, min\u00e9rales ou v\u00e9g\u00e9tales dans lesquels les couleurs fonctionnent comme des adverbes. La communication a aussi mis l\u2019accent sur le fait que cette langue appara\u00eet comme une langue compl\u00e9mentaire \u00e0 une autre forme de communication non verbale, celle-ci, selon l\u2019hypoth\u00e8se qu\u2019il y aurait eu \u00e0 la fois dans son origine, mais aussi dans son usage, une forme de combinaison entre cette langue m\u00eame et l\u2019usage de la t\u00e9l\u00e9pathie.&nbsp;\u00bb (Julie Dr\u00e9ossi, \u00ab\u00a0Cahiers des sciences\u00a0\u00bb, <em>Le Temps<\/em>, 5 juin 2004.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">___<\/p>\n\n\n\n<p>Ana Paula del Cruz, <em>Carnet d&rsquo;enqu\u00eate<\/em> (traduction fran\u00e7aise Carla Gomez, Laboratoire d&rsquo;anthropologie des mondes secrets, Lyon):<br>\u00ab\u00a0j&rsquo;appelerai ces femmes les sorci\u00e8res sauvages comme elles se d\u00e9finissaient elles-m\u00eames par d\u00e9rision.<br>\u2013 c\u00e9libat volontaire<br>\u2013 langue commune (INTERROGER DES LINGUISTES SUR LA QUESTION)<br>\u2013 savoirs partag\u00e9s (corps, soins, maladies, agriculture, artisanat&#8230;)<br>\u2013 productions culturelles (danses, chants, po\u00e9sie, r\u00e9cits&#8230;)<br>\u2013 v\u00eatements de c\u00e9r\u00e9monie, masques, bijoux<br>\u2013 \u00e9ducation des enfants<br>&#8230;\u00a0\u00bb<br><br><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Recto \u2013 Ce que l&rsquo;on sait des sorci\u00e8res sauvages (Premier XIX\u00e8 si\u00e8cle) FIGURES MAJEURES DE LA P\u00c9RIODE Parmi les figures majeures, on trouve d\u2019abord des femmes qui refusent le mariage, ce qui constitue leur premier et principal point commun. Refuser de partager le lit et la vie des hommes est une h\u00e9r\u00e9sie qui les condamne \u00e0 vivre litt\u00e9ralement dans les <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/recto-verso-14-les-sorcieres-sauvages\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#rectoverso #14 | Les sorci\u00e8res sauvages<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":171,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[7529,7327,7744],"tags":[],"class_list":["post-196183","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-recto-verso-le-cycle-ete-2025","category-14-il-ny-a-pas-dindestructible","category-rectoverso-14-archives-futures-de-nous-memes"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/196183","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/171"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=196183"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/196183\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":196323,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/196183\/revisions\/196323"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=196183"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=196183"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=196183"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}