{"id":196258,"date":"2025-08-24T11:39:07","date_gmt":"2025-08-24T09:39:07","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=196258"},"modified":"2025-09-15T13:42:29","modified_gmt":"2025-09-15T11:42:29","slug":"196258-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/196258-2\/","title":{"rendered":"# Recto Verso #09 | Alors"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image is-resized\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/img.freepik.com\/photos-gratuite\/lumiere-floue-lumineuse-nuit_23-2148055619.jpg?semt=ais_hybrid&amp;w=740&amp;q=80\" alt=\"Page 2 | Images de Flou Noir \u2013 T\u00e9l\u00e9chargement gratuit sur ...\" style=\"width:328px;height:auto\" \/><\/figure>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\"><\/h1>\n\n\n\n<p><strong>Une robe noire de nuit<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Une robe noire de nuit, la robe est nuit, une robe noire de nuit, mini robe noire transparente de nuit absente comme l&rsquo;oubli, nuit noire \u00e0 nue, opacit\u00e9 anthracite du jour. Deux jambes en transparence. Une robe mini. Fuite du jour. Noire la nuit. Nuit d&rsquo;aurores. Deux jambes. Etre Elle, la robe noire de nuit. <em>Alors le deuil \u00e0 la mort du soleil.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un chapeau haut-de-forme noir<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Un chapeau haut-de-forme noir, la forme est la forme, l&rsquo;ext\u00e9rieur, l&rsquo;int\u00e9rieur est cr\u00e9ation, cr\u00e9ation d\u2019une forme noire courb\u00e9e. La Manche, un soir couleur d\u2019absinthe noire, noire l\u2019absinthe. Haut-de-forme noir, synonyme de tuyau de po\u00eale noir, un po\u00eale en tuyau de soie noire, hauteur vingt centim\u00e8tres. Il est. Haut recouvre les ombres noires de mon carnet de notes. Tabac noir. Orient. Cardamome noire. Absinthe noire. <em>Solitaire et navrant, descendait l&rsquo;astre roi.<\/em> Alors les t\u00eates tombent.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une veste de sequins noirs<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Une veste noire brod\u00e9e de sequins noirs, plant\u00e9s un \u00e0 un, soie noire, noirs sequins, une forme, une veste du soir pour une robe de nuit transparente noire de suie, une<em> bruine noire et cotonneuse, charrie des flocons de suie noire<\/em>. Patrons \u00e0 plat sur tables d\u2019ateliers, fil noir, \u00e9clats de nuit, soie noire luit, sequins noirs plant\u00e9s, brodeuses au noir. Elles sont l\u00e0. M\u00e9moire. Sequins noirs en \u00e9pis. L&rsquo;\u00e9ph\u00e9m\u00e8re. Patron blanc \u00e9pingl\u00e9 sur mannequin noir.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Un lit<\/strong><br>Il y a un lit de fer blanc, il est mon lit. Rigidit\u00e9 du mat\u00e9riau, douceur des rosaces d\u00e9li\u00e9es, rondeurs des formes, arabesques presque mauresques, un lit dix-neuvi\u00e8me \u00e0 moustiquaire fabriqu\u00e9 par des mains qui l&rsquo;ont retenu pour lui donner une forme, pos\u00e9 sur un carrelage vert us\u00e9 par endroits, traces imm\u00e9moriales dans une petite chambre ouverte sur un \u0153il-de-b\u0153uf, un presque cagibi aux senteurs de p\u00eache, de nounours, de poup\u00e9es, de brioches. Je l&rsquo;appelle aussi ma passoire \u00e0 trous, j&rsquo;aime son nom passoire \u00e0 trous. Maison de plage. Escaliers vertigineux. Descente abrupte, dangereuse vers la mer. Interdite aux enfants sans adulte. Transgressions. Courses poursuites. Nous. Dominant, un ch\u00e2teau de couleur verte et blanche. Yeux innocents. Adultes heureux. La mer. Tendresse du sable, un calme bleu-vert peint la mer. Tous. Pique-nique \u00e9tal\u00e9. Rires. Eau sal\u00e9e dans un jour d\u00e9fait. Senteurs de riz au go\u00fbt de citronnade. Sel sur ma bouche. Chambre cagibi, ma passoire \u00e0 trous et sa moustiquaire. Cour carr\u00e9e. Figuier sauvage, p\u00e9piements d&rsquo;oiseaux, souplesse des ailes. All\u00e9gresse.<\/p>\n\n\n\n<p>Vide d&rsquo;un jour sans fin. Obligations muettes. Solitude, tristesse. Adultes mutiques, ferm\u00e9s. Lit de fer trop petit, moustiquaire perdue, envol\u00e9e. Encerclement des rosaces fan\u00e9es du lit de fer au matelas de plumes. Instant pesant dans la chaleur moite, mordante. Suspension d&rsquo;autres formes. Attente. Tonalit\u00e9 urgente, stridente. Regards. Conscience d&rsquo;\u00e9clats aveuglants d&rsquo;une lumi\u00e8re rouge clignotante. Sieste effac\u00e9e. Cassure, odeurs fortes insistantes de d\u00e9part, valises, nounours enlac\u00e9 fermement, coquillages pleins les poches. Grincements. Agression des rires dans le silence des fen\u00eatres closes. Lit de fer, forg\u00e9 pour la d\u00e9sertion. Maison minuscule. Effacement \u00c9troitesse, d\u00e9litement. Abandon des rosaces de fer presque mauresques, rong\u00e9es d&rsquo;oubli. Fin des vacances. Retour \u00e0 la ville. Guerre sous-jacente. Mer peinte de couleur bleue verte, infinie. Alors l&rsquo;exil.<br><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Habitat<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Assis sur les marches de mon escalier de pierre qui m\u00e8ne \u00e0 mon atelier, je regarde par l\u2019ouverture des arcades sculpt\u00e9es l\u2019\u00e9tendue d\u2019un paysage irr\u00e9el. Je viens d\u2019acheter un \u00e9trange palais construit par un excentrique amoureux fou de la Renaissance italienne, un caprice pour une de ses ma\u00eetresses qui ne l\u2019a jamais habit\u00e9. Le propri\u00e9taire le brade, il pousse un soupir de soulagement en me donnant les cl\u00e9s. Cette \u00e9tranget\u00e9 a \u00e9t\u00e9 r\u00e9nov\u00e9e dans les r\u00e8gles de l\u2019art, elle est lumineuse, inqui\u00e9tante, irr\u00e9elle, dominant cette r\u00e9gion isol\u00e9e de Sicile, camp\u00e9e sur un sol de pierres volcaniques au sud, entre les collines oubli\u00e9es de l\u2019arri\u00e8re-pays agrigentin, une zone d\u00e9sertique balay\u00e9e par les vents sahariens, o\u00f9 la terre est couverte de pierres grises et fractur\u00e9es, vestiges d\u2019une ancienne coul\u00e9e basaltique fig\u00e9e depuis des mill\u00e9naires. Cet endroit est aride, d\u00e9sol\u00e9, venteux, st\u00e9rile, sauvage, d\u00e9peupl\u00e9, inhospitalier. La lumi\u00e8re de l&rsquo;aube le sublime, il vibre loin des regards indiscrets, des voyeurs, des esprits malins. Il faut marcher longtemps dans les paysages lunaires pour le rencontrer. Il se m\u00e9rite, il lui arrive d\u2019\u00eatre cruel, le d\u00e9sert ne pardonne pas.<\/p>\n\n\n\n<p>Hors du temps.<\/p>\n\n\n\n<p>Je suis l\u00e0, entre deux \u00e9tages, entre deux mondes, ni tout \u00e0 fait sol, ni tout \u00e0 fait ciel, assis sur les marches de cet escalier escargot ext\u00e9rieur \u00e0 l\u2019\u00e9l\u00e9gance singuli\u00e8re, de forme h\u00e9lico\u00efdale. Il s\u2019int\u00e8gre dans une tour cylindrique, compte 80 marches, successions de pauses, d\u2019acc\u00e9l\u00e9rations, d\u2019essoufflement, d&rsquo;\u00e9merveillement il s\u2019\u00e9l\u00e8ve sur six \u00e9tages et culmine \u00e0 28 m\u00e8tres de hauteur. Il m\u2019offre une vue imprenable. Chaque degr\u00e9 de l\u2019escalier est un trait de pinceau sur la toile du jour, chaque enjamb\u00e9e, une touche de clair-obscur, une tension dans le r\u00e9cit du mouvement. J\u2019effleure du bout des doigts la pierre d\u2019Istrie blanche, lisse et froide comme une promesse non tenue, utilis\u00e9e pour les colonnes, balustrades et arcs. A chaque palier, les murs de brique rouge respirent, vivants, presque organiques. Ce contraste est brutal, th\u00e9\u00e2tral, entre noblesse et rudesse. Blanc contre rouge. Pierre contre brique. Il d\u00e9coupe l\u2019espace, les arcs s\u2019ouvrent comme des paupi\u00e8res, les murs, eux, veillent. Je plie sous cette lumi\u00e8re crue, le soleil m\u2019\u00e9crase, m\u2019aveugle, la chaleur me confond, les rafales br\u00fblantes du vent m\u2019\u00e9tourdissent, le sable volcanique colle \u00e0 ma peau. Ce souffle messager d\u2019un monde r\u00e9volu m&rsquo;\u00e9touffe, il prend possession des lieux s\u2019insinue dans les spirales du palais, les escaliers de marbre sont stri\u00e9s de poussi\u00e8re ocre, le sable s\u2019accroche aux balustrades, glisse sur les marches, s\u2019infiltre dans les interstices des pierres grises, dans mon atelier aux fen\u00eatres grandes ouvertes, il reste ixe sur mes toiles comme une m\u00e9moire \u00e9trang\u00e8re charg\u00e9e d\u2019un silence min\u00e9ral. Il se saisit alors de mes jours mes heures ma vie happ\u00e9s, gomm\u00e9s par mon mirage. <\/p>\n\n\n\n<p><br><br><br><br><br><br><br><br><br><br><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une robe noire de nuit Une robe noire de nuit, la robe est nuit, une robe noire de nuit, mini robe noire transparente de nuit absente comme l&rsquo;oubli, nuit noire \u00e0 nue, opacit\u00e9 anthracite du jour. Deux jambes en transparence. Une robe mini. Fuite du jour. Noire la nuit. Nuit d&rsquo;aurores. Deux jambes. Etre Elle, la robe noire de nuit. <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/196258-2\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"># Recto Verso #09 | Alors<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":700,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[7529,7669],"tags":[],"class_list":["post-196258","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-recto-verso-le-cycle-ete-2025","category-rectoverso-09-gertrude-stein-la-robe-le-flan-le-couloir"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/196258","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/700"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=196258"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/196258\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":198642,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/196258\/revisions\/198642"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=196258"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=196258"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=196258"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}