{"id":19656,"date":"2019-11-23T19:19:54","date_gmt":"2019-11-23T18:19:54","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=19656"},"modified":"2019-11-23T19:19:56","modified_gmt":"2019-11-23T18:19:56","slug":"notes-alphabetiques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/notes-alphabetiques\/","title":{"rendered":"Notes alphab\u00e9tiques"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Balcons<br>\n<\/strong>A travers les baies vitr\u00e9es donnent directement sur le ciel et les cimes\ndes arbres. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Bloc <\/strong><br>\nLe genou en sang &nbsp;incrust\u00e9 de graviers, &nbsp;elle arrive &nbsp;hoquetante&nbsp;\nau bloc op\u00e9ratoire (o\u00f9 son p\u00e8re, peut-\u00eatre,&nbsp; op\u00e8re &nbsp;un\njeune soldat revenu des Aur\u00e8s).&nbsp;&nbsp; Il&nbsp; se trouve toujours une infirmi\u00e8re\ncompatissante &nbsp;pour &nbsp;&nbsp;nettoyer la plaie au mercurochrome rouge et &nbsp;confectionner un pansement de compresses et\nsparadrap qu\u2019elle arbore &nbsp;&nbsp;comme un troph\u00e9e, t\u00e9moin&nbsp; de sa lutte au corps \u00e0 corps avec le monde. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>C\u00e9cile<br>\n<\/strong>Les soucis terribles des ann\u00e9es d\u2019avant vingt ans, elle les affronte au\ncoude \u00e0 coude avec&nbsp; C\u00e9cile. <br>\n(Voir &nbsp;aussi <em>Pont<\/em>)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Dylan<br>\n<\/strong>Ce type-l\u00e0 repr\u00e9sente elle-ne-sait-quoi, un initiateur \u00e0 la libert\u00e9 du\nlangage peut-\u00eatre. Elle est en cinqui\u00e8me &nbsp;lorsque son amie Sylvie le lui fait conna\u00eetre.\nComme elle a fait allemand &nbsp;premi\u00e8re\nlangue vivante et non anglais, elle traduit les textes au mot \u00e0 mot avec un\ndictionnaire anglais-fran\u00e7ais.&nbsp; <em>Everybody is making love or else expecting\nrain<\/em> ouvre des gouffres. Quand elle part chez sa correspondante allemande \u00e0\nB\u00f6blingen, elle emporte dans sa valise tous ses vinyles, du tout premier album\njusqu\u2019\u00e0 <em>Nashville<\/em>. <em>skyline<\/em>. Dans sa chambre, elle fume\n\u00e0&nbsp; la cha\u00eene des gauloises sans\nfiltre&nbsp; tandis que sa correspondante\np\u00e2lotte et bouffie &nbsp;l\u2019invite \u00e0 venir\nregarder la rue \u00e0 la fen\u00eatre de la cuisine. La fascination &nbsp;pour Bob Dylan continue, bien qu\u2019elle commence\n\u00e0 admettre qu\u2019il n\u2019est pas sympa (elle s\u2019en fiche absolument qu\u2019il ne soit pas\n\u00ab&nbsp;sympa&nbsp;\u00bb). Quand il a obtenu le prix Nobel de litt\u00e9rature, sa\npassion a \u00e9t\u00e9 l\u00e9gitim\u00e9e (lui n\u2019avait pas besoin d\u2019\u00eatre l\u00e9gitim\u00e9, pas plus que\nShakespeare en son temps, a t-il d\u00e9velopp\u00e9 dans son discours).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Est<br>\n<\/strong>L\u2019origine. Elle aime la r\u00e9serve des gens de l\u2019Est. Elle y a peu v\u00e9cu mais\nelle dit &nbsp;qu\u2019elle est de l\u2019Est. Les&nbsp; tombes des grands parents maternels qu\u2019elle\nn\u2019a pas connus &nbsp;et de ses&nbsp; parents sont au cimeti\u00e8re Nord de Nancy.&nbsp; Personne ne va &nbsp;&nbsp;plus sur\nla tombe de sa grand-m\u00e8re paternelle, qu\u2019elle n\u2019a pas connue non plus, &nbsp;&nbsp;dans le\npetit cimeti\u00e8re de Rupt-sur-Moselle. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Impossible<br>\n<\/strong>ou presque d\u2019\u00e9crire son &nbsp;dictionnaire\npersonnel. Ou alors il faudrait \u00e0 chaque mot, une anecdote,&nbsp; une simple <em>anecdote<\/em> ( voir <em>Le cours de\nPise&nbsp;<\/em>, Emmanuel Hocquart, POL, 2018)&nbsp;; &nbsp;Cela permettrait d\u2019\u00eatre un peu l\u00e9ger, un peu\ndr\u00f4le. Voici un projet d\u2019\u00e9criture autobiographique (elle n\u2019a aucun d\u00e9sir\nd\u2019\u00e9criture autobiographique)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Jardin<br>\n<\/strong>Au fond &nbsp;du jardin de derri\u00e8re, un\nhaut mur gris petit \u00e0 petit dissimul\u00e9 par les &nbsp;ronces, les m\u00fbriers et les mimosas. La cl\u00f4ture\navec le &nbsp;jardin des voisins, si elle a\njamais exist\u00e9, &nbsp;a disparu. A sa place un\nprunier &nbsp;qui donne de grosses prunes\nrouges, &nbsp;un pommier qu\u2019envahit une\ntreille et rien sur tout le reste de la &nbsp;longueur. Deux &nbsp;autres pruniers face \u00e0 face &nbsp;produisent une brume blanche, et l\u00e9g\u00e8re \u00e0 la\nfloraison. &nbsp;Leurs petites prunes jaunes,\ncomme des mirabelles n\u2019ont gu\u00e8re de go\u00fbt et finissent par terre.&nbsp; Plus proche de la maison, devant le figuier, un\nalthaea \u00e0 &nbsp;fleurs mauves. En face, le\ncerisier dont les rares fruits font le bonheur des &nbsp;oiseaux, &nbsp;permet de grimper sur le &nbsp;toit de la maison. Un massif de canas, un\nautre de rhododendrons, ne fleurissent plus. &nbsp;Selon la saison, un parterre &nbsp;de myosotis ou de corbeilles d\u2019argent tapisse\nle sol &nbsp;\u00e0 c\u00f4t\u00e9 du r\u00e9servoir d\u2019eau en\nb\u00e9ton peint en vert clair. &nbsp;&nbsp;Le rosier si remontant qu\u2019on ne sait plus \u00e0\nquel moment il est sens\u00e9 fleurir grimpe par-dessus les fils qui soutiennent la\nvigne de raisin blanc sucr\u00e9. &nbsp;Le papyrus\nenvahissant \u00e0 force,&nbsp; se m\u00eale aux ar\u00f4mes\net aux &nbsp;&nbsp;pommiers d\u2019amour. Il y eut un massif de\nmarguerites mais la terre a du s\u2019\u00e9puiser car les marguerites ont disparu. Il y\neut des gla\u00efeuls aussi, bien qu\u2019elle n\u2019aime pas trop les gla\u00efeuls, trop guind\u00e9s\npense t-elle, des fleurs pour mariage et enterrement. Le petit jardin de devant\nvoit pousser un forsythia&nbsp; et&nbsp; la Corette du Japon tous deux en &nbsp;fleurs jaunes, un laurier dont on est oblig\u00e9\nde tailler les branches basses, deux peupliers carolins dont les feuilles en\nautomne &nbsp;sont impossibles \u00e0 ramasser. Le\nvoisin qui a travaill\u00e9 &nbsp;toute sa vie au\njardin botanique affirme que les carolins, <em>\u00e7a\ncasse comme du verre<\/em>. Heureusement, \u00e7a n\u2019a pas cass\u00e9. Un arbousier pousse\nl\u00e0 aussi, pr\u00e8s du portail&nbsp;; ses fruits ressemblent aux framboises mais\nleur go\u00fbt est p\u00e2teux. Devant les fen\u00eatres deux rosiers. Dans ces espaces immenses, &nbsp;&nbsp;&nbsp;les\nenfants courent, &nbsp;tombent, se cachent, s\u2019\u00e9gratignent&nbsp; les mollets, grimpent aux arbres, construisent\ndes cabanes, ramassent des m\u00fbres, prunes, cerises, noisettes, figues, arbouses,\nraisin, &nbsp;&nbsp;jouent aux guerriers, chat\nperch\u00e9, football, &nbsp;badminton, grimpent &nbsp;sur les toits d\u2019un c\u00f4t\u00e9 et redescendent &nbsp;de l\u2019autre, en passant par &nbsp;l\u2019abri sur poteau couvert de t\u00f4le ondul\u00e9e appel\u00e9\nimproprement le <em>chai<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Maurian (rue)<br>\n<\/strong>Un chemin de terre plein d\u2019orni\u00e8res m\u00e8ne &nbsp;\u00e0 la maison. &nbsp;il y&nbsp;\neut un moment o\u00f9 la flaque devant le portail avait une jolie forme de\nc\u0153ur&nbsp;; les oiseaux s\u2019y baignaient.. Petit \u00e0 petit la jolie forme de c\u0153ur a\ndisparu (faut-il y voir une all\u00e9gorie&nbsp;?), la flaque informe a envahi le\nchemin&nbsp;; pour acc\u00e9der \u00e0 la maison, il fallait poser un pied devant l\u2019autre\nsur la bande \u00e9troite entre la flaque et la&nbsp;\nhaie du voisin comme on marcherait sur une poutrelle au-dessus du vide.(voir aussi Jardin)<br>\n<br>\n<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Oc\u00e9an<br>\n<\/strong>On &nbsp;per\u00e7oit son grondement juste\navant d\u2019atteindre le sommet de la dune. Alors, toujours ces mots,&nbsp; comme une \u00e9vidence, s\u2019imposent \u00e0 elle : &nbsp;<em>Homme libre, toujours tu ch\u00e9riras la\nmer&nbsp;<\/em>(la femme libre aussi bien s\u00fbr, ch\u00e9rira toujours la mer). <br>\nLes vagues vous malm\u00e8nent,&nbsp; vous assomment,\nvous roulent sur le sable.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Ombre <br>\n<\/strong>Des zones d\u2019ombre, \u00e0 peine possible d\u2019y inscrire un mot.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Parc<br>\n<\/strong>Il est question de g\u00e9ographie int\u00e9rieure,&nbsp;\nde lieux inscrits en soi. Autour de la maison de fonction, le jardin. Autour du jardin, le parc de\nl\u2019h\u00f4pital, terrain de jeu id\u00e9al pour les enfants de toutes les maisons de\nfonction. Maintenant encore, elle marche dans les parcs. (Marie-H\u00e9l\u00e8ne Lafon raconte\nles allers retours qu\u2019elle devait faire, enfant, en rentrant de l\u2019\u00e9cole, devant\nle poulailler, pour le prot\u00e9ger des renards.&nbsp;\nCe mouvement de va et vient dans la marche, elle l\u2019a gard\u00e9 en elle comme\nun r\u00e9flexe.&nbsp; cf <em>Le pays d\u2019en haut<\/em>, \u00e9ditions Arthaud, 2019)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Paris<br>\n<\/strong>Lyc\u00e9e, solex, m\u00e9tro, jeans &nbsp;<em>cigarette<\/em> Lewis ou Wrangel en velours\nc\u00f4tel\u00e9,&nbsp; pulls shetland au nombril&nbsp;;\n&nbsp;plus tard cin\u00e9ma du quartier latin o\u00f9\nelle a vu ce documentaire incroyable de Wim Wenders filmant les derniers jours\nde Nicholas Ray&nbsp; accompagn\u00e9 \u00e0 tous les\ninstants par une jeune fille aux cheveux boucl\u00e9s &nbsp;en postures vari\u00e9es de yoga. . Le dernier mot\ndu film \u00ab&nbsp;cut&nbsp;!&nbsp;\u00bb. <br>\nMai 68 , elle \u00e9tait un poil trop jeune mais c\u2019est apr\u00e8s que tout a commenc\u00e9. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Peau<br>\n<\/strong>Il&nbsp; est&nbsp; tatou\u00e9 partout, de ces tatouages bleus que\nl\u2019on faisait en prison&nbsp;: &nbsp;<em>Les yeux de biche<\/em>, comme un trait\nd\u2019eye-liner qui s\u2019\u00e9tire vers la tempe, signifient, elle l\u2019a appris plus\ntard,&nbsp;&nbsp; <em>j\u2019ai fait pleurer ma m\u00e8re<\/em>&nbsp;;&nbsp;\nles huit lettres de <em>hate<\/em> et <em>love <\/em>alternent&nbsp; sur les premi\u00e8res phalanges des doigts&nbsp;;\nle mot <em>marche<\/em>&nbsp; sur le dessus&nbsp;\ndu pied gauche, <em>cr\u00e8ve<\/em> sur le\ndessus du pied droit,&nbsp;; <em>pour toi ma\nmie<\/em> sur le sexe&nbsp;; un point au centre de quatre points&nbsp; dans le gras du muscle du pouce <em>seul entre quatre murs<\/em>&nbsp;;&nbsp; une femme nue assez rat\u00e9e dans le dos, une\nautre sur la cuisse peut-\u00eatre, et les trois&nbsp;\npremi\u00e8res lettres d\u2019un pr\u00e9nom sur le poignet droit. A une terrasse de\ncaf\u00e9 un homme s\u2019approche de lui pour le lire&nbsp;;&nbsp; \u00ab&nbsp;je ne suis pas un journal&nbsp;\u00bb,\ndit-il.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Plantes<br>\n<\/strong>Elle aime conna\u00eetre leurs noms et leurs besoins sp\u00e9cifiques. Pour l\u2019heure,\nelles sont en pot, sur le balcon. La temp\u00eate de la nuit derni\u00e8re a renvers\u00e9 le\nb\u00e9gonia, le rhipsalis, le kalancho\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Pont<br>\n<\/strong>Pont Alexandre III. En solex. Elle est assise sur le porte bagage, \u00e9carte\nles bras, embrasse la vitesse (relative), la libert\u00e9. C\u00e9cile conduit, ses cheveux\ns\u2019\u2019\u00e9chappent de son bonnet cloche \u00e0 motifs p\u00e9ruviens. Elle &nbsp;\u00e9carte les bras aussi. Sur le pont Alexandre\nIII, \u00e0 Paris. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Rues<br>\n<\/strong>Pav\u00e9es,&nbsp; \u00e9troites&nbsp;; elle passe &nbsp;une partie de sa vie dans ces rues courbes,\nles photographie, en fait des tirages en noir et blanc dans sa salle de bains\nam\u00e9nag\u00e9e en labo photo. Elle habite alors un meubl\u00e9. Ses voisins du dessus, un\ncouple de personnes \u00e2g\u00e9es lui font gentiment remarquer que la radio \u00e0 six\nheures du matin, quand m\u00eame, c\u2019est un peu t\u00f4t.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>S\u00e8vres-Babylone<\/strong>\n(carrefour de)<br>\nSon p\u00e8re l\u2019accompagne au \u00ab&nbsp;Bon March\u00e9&nbsp;\u00bb o\u00f9 &nbsp;elle va &nbsp;travailler pour la premi\u00e8re fois. Elle a seize\nans&nbsp;; &nbsp;&nbsp;peut-\u00eatre lui&nbsp;\nfaut-il&nbsp; une autorisation\nparentale pour passer les vacances de No\u00ebl \u00e0 faire les paquets cadeaux au rayon\ndes jouets. Elle est &nbsp;affect\u00e9e au stand\ndes lego. Les paquets, aux angles bien droits sont faciles \u00e0 faire, elle prend\nvite &nbsp;le coup de main. Elle travaille &nbsp;sous la houlette de deux vendeuses, Mme\nBonnard et Mme&nbsp; Collard&nbsp;;&nbsp; Elle pense qu\u2019elles ont &nbsp;toutes les deux \u00e9chapp\u00e9 d\u2019une lettre \u00e0\ns\u2019appeler \u00ab&nbsp;Madame Connard&nbsp;\u00bb. Un jour un vieux monsieur pas net lui\nfait &nbsp;des propositions pas nettes pendant\nqu\u2019elle empaquette ses achats. Les deux madames&nbsp;\nsont outr\u00e9es et le traite de vieux cochon. Pas devant lui, bien s\u00fbr. Le\nclient est roi. <br>\nDans son souvenir, la sc\u00e8ne <em>les trottoirs\nlisses de Paris sous ses pieds nus (pour imiter Joan Baez) en robe mi- longue\nimprim\u00e9e de fleurettes bleu myosotis &#8211; une insulte aux pauvres quand on a de\nquoi se payer des chaussures disaient les pisse vinaigres<\/em> extrait des sols,\nproposition&nbsp; 1\u2013 se d\u00e9roule rue du Bac\npr\u00e8s du carrefour de S\u00e8vres Babylone. Mais sa m\u00e9moire, lui joue&nbsp; s\u00fbrement des tours: elle n\u2019a pas pu se rendre\n\u00e0 un rendez-vous d\u2019embauche pieds-nus ou alors, elle aurait remis ses chaussures\navant d\u2019arriver au <em>Bon March\u00e9\u2026 <\/em>Le\nplus important dans ce souvenir est qu\u2019elle marche aux c\u00f4t\u00e9s de son p\u00e8re dans\nla rue mais surtout qu\u2019elle marche pieds-nus. Ce qui signifie que ce p\u00e8re \u2013 qui\nn\u2019\u00e9tait pas du tout fantaisiste &#8211; accepte la lubie de sa fille sans aucun souci\ndes apparences. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Vase<br>\n<\/strong>Les longues mar\u00e9es basses brunes grises que prolongent \u00e0 l\u2019infini les ciels\nnuageux, l\u2019odeur de varech. <br>\n<br>\n<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Villes<br>\n<\/strong>Bordeaux, Paris, Nancy. Bordeaux surtout. Quoique\u2026 Quoique quoi&nbsp;?\nquoiqu\u2019elle ne soit pas s\u00fbre d\u2019aimer tellement Bordeaux,&nbsp; cette ville pr\u00e9tentieuse, ex-port sp\u00e9cialis\u00e9\ndans le &nbsp;commerce de <em>bois d\u2019\u00e9b\u00e8ne<\/em>, qui s\u2019enorgueillit encore de son architecture\nn\u00e9gri\u00e8re. &nbsp;Il y a des hontes dont il est\ndifficile de se remettre. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Vosges <br>\n<\/strong>Les for\u00eats de sapins noirs &nbsp;si\ndenses, dans ses g\u00e8nes, la&nbsp; fameuse\n\u00ab&nbsp;ligne bleue des Vosges&nbsp;\u00bb dont son p\u00e8re guette l\u2019apparition au\nd\u00e9tour de la route et qu\u2019il nomme solennellement.&nbsp; Et puis \u00eatre robuste \u00ab&nbsp;tu as une bonne\nconstitution&nbsp;\u00bb lui dit son m\u00e9decin. C\u2019est \u00e7a , \u00eatre fille de vosgien. &nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Balcons A travers les baies vitr\u00e9es donnent directement sur le ciel et les cimes des arbres. 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