{"id":196591,"date":"2025-08-17T13:32:33","date_gmt":"2025-08-17T11:32:33","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=196591"},"modified":"2025-08-17T21:19:25","modified_gmt":"2025-08-17T19:19:25","slug":"crescendo-au-hasard-et-inacheve","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/crescendo-au-hasard-et-inacheve\/","title":{"rendered":"#rectoverso #09 |\u00a0Crescendo au hasard et Inachev\u00e9"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"260\" height=\"194\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/images-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-196836\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le cailloux<\/strong> pos\u00e9 sur la table ne respire pas, la table occupe la moiti\u00e9 de la pi\u00e8ce, elle emp\u00eache d\u2019aller tout droit. Apprendre \u00e0 contourner est une parole de sagesse. Personne ne semble l\u2019appliquer. Se souvenir qu\u2019apprendre \u00e0 respirer ne s\u2019apprend pas. Le dioxyde de carbone, la table s\u2019en souvient-elle\u00a0? Dans un endroit comme celui-l\u00e0, nomm\u00e9 Kitchen, deux d\u00e9cennies avant, Sylvia P ouvre le four, y d\u00e9pose sa t\u00eate, le corps entre la table, la chaise et le sous-sol d\u2019o\u00f9 vient la pierre, nomm\u00e9 cailloux qui est un silex. Entre le s et le x appara\u00eet le tranchant. Sur le plateau de bois soutenu de quatre pieds, au milieu de la pi\u00e8ce, chercher l\u2019arme du crime n\u00e9olithique. Migration de la pierre, sur temps imperceptible, arrive \u00e0 de grands effets. Les chaires ouvertes parlent par la bouche du sang, bulles sans mots, avec bruit, \u00e0 peine entendu. Tranche de pain de la terre, couteau sans fourchette, joindre l\u2019utile au d\u00e9sagr\u00e9able. Course autour de la table, r\u00e9volution de saturne, noirceur des trous infinis aspire le cri. Un enfant parle sans mot. Une femme allong\u00e9e sur un \u00e9tabli r\u00e9dige un th\u00e9or\u00e8me. Une pierre au bord de rien s\u2019\u00e9boule sans t\u00e9moin. Le vestibule a perdu ses fen\u00eatres, cadre, rectangle, trou\u00e9e du temps dans une \u00e9ternit\u00e9 trop jeune. Cailloux, silex, genoux, cortex, hiboux, murex, poux, nagent dans un pareil vortex.<br><br><strong>Une branche<\/strong> d\u2019int\u00e9rieur tape dans le carreau froid de la chambre &#8211; Tac Tac Tac &#8211; Il est loin le bleu indigo du tapis sur le sol, filament maintenant confondu avec le r\u00e9sidu de bois qui faisait CraC, L\u00e0, pr\u00e9cis\u00e9ment o\u00f9 le pied pointure 36 s\u2019attardait \u2013 Crac &#8211; \u00e0 la quatri\u00e8me latte en partant du mur perc\u00e9 fen\u00eatre, carreau seul restant &#8211; Tac Tac &#8211; O temps \u2013 Tac &#8211; Tempo frapp\u00e9 encore, sans bruit \u2013 Tac Tac &#8211; sur la joue des souvenirs \u00e9vapor\u00e9s. Du vent. Givre sur le verre \u2013 Tactactac &#8211; Dans la chambre, l\u2019arbre dort, fr\u00eane au bois dur, \u00e0 la pouss\u00e9e rapide -Tac &#8211; Bient\u00f4t le tronc fixe et les branches qui oscillent viendront toucher le ciel gris m\u00e9tallique. Entre les murs sans toit, il est possible de lire \u00e0 la peinture rouge criarde devant le ligneux muet, \u00ab\u00a0NOUS HABITONS VOS RUINES\u00a0\u00bb &#8211; Tac- Revanche de la planche o\u00f9 pousse fr\u00e9n\u00e9tiquement le fr\u00eane, arbre sans mot, si l\u2019Abre n\u2019est pas l\u2019Arbre &#8211; merci Gertrude \u2013 quand chute le F, r\u00eane s\u2019arr\u00eate \u00e0 la lisi\u00e8re sous les frondaisons o\u00f9 commence l\u2019obscur, o\u00f9 roulent encore les pierres. <br><br><br><strong>Le li\u00e8vre<\/strong>, la t\u00eate en bas, au sous-sol inond\u00e9 un jour de grande pluie. Le li\u00e8vre, pattes arri\u00e8res inertes, annihil\u00e9es, tenues par une ficelle bleue. Pattes gigantesques sont devenues RIEN que des pattes. Le couteau coupe mal, la porte du garage coulisse sur un rail accroch\u00e9 au plafond. Un couteau en sursis ne sachant trancher, soustrait \u00e0 son souhait, chantait en chuintant son souhait d\u2019\u00e9corcher les soucis, les souris, les l\u00e9porid\u00e9s. Fusil et le couteau coupe mieux, tranchant, tranchant l\u2019\u00e2me, l\u2019\u00e2ge de fer sur le fil \u00e0 retordre. Odeur de sang coule dans le seau gobant la t\u00eate du li\u00e8vre qui grimace. La peau se d\u00e9tache mieux quand il n\u2019est plus tr\u00e8s frais ou bien l\u2019inverse. Hors pratique, c\u2019est l\u2019oubli. Tombe les fleurs de l\u2019arbre de Jud\u00e9e, bien avant la t\u00eate du li\u00e8vre, bien apr\u00e8s l\u2019inondation qui gondole les portes du garage, bien avant le couteau sur la gorge dans le pavillon, quelques banlieues plus loin, voyage de la lame \u00e0 la larme, de la gorge \u00e0 l\u2019oeil qui l\u2019imagine. Mais le li\u00e8vre sourit sans sa peau, comme cr\u00e2ne de Yorick, comme homme dans le frigo. Plaisanterie. Du sang, du sang\u00a0! l\u00e0. O\u00f9 \u00e7a\u00a0? L\u00e0\u00a0! L\u00e0\u00a0! Motif \u00e9carlate. Quelqu\u2019un \u00e0 Orl\u00e9ans dit \u00ab\u00a0Rembrandt\u00a0\u00bb. Sourire du li\u00e8vre moqueur, dit &#8211; la mort partout \u2013 tout le temps -, les visc\u00e8res tombe dans le seau vert, la porte du garage coulisse sur la nuit, le couteau a coup\u00e9 le cou, le cou parle du couteau- le rire dans la r\u00e9tine, et la r\u00e9tine au fond du trou, fleur de jasmin se m\u00eale aux intestins ayant appartenus \u00e0 monsieur li\u00e8vre, il court vite<br>et puis<br>s\u2019arr\u00eate. <br><br><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1140\" height=\"953\" class=\"wp-image-196840\" style=\"width: 266px\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/image1000.jpeg\" alt=\"\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/image1000.jpeg 1140w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/image1000-420x351.jpeg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/image1000-1024x856.jpeg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/image1000-768x642.jpeg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1140px) 100vw, 1140px\" \/><\/p>\n\n\n\n<p><br><strong>Rideau \u00e9carlate<\/strong> dans le vestibule. 4 portes lat\u00e9rales, deux \u00e0 droite et deux \u00e0 gauches. La sym\u00e9trie, quel ennui&nbsp;! Entrer dans le vestibule. Y rester. Tenture lourde, rouge, pli et repli, mouvement l\u00e9ger du drap, fr\u00f4lement de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9&nbsp;? Go\u00fbter l\u2019attente sans mod\u00e9ration. Un th\u00e9\u00e2tre sans action. Laisser venir.<br>Une odeur de bisque de homard passe sous la premi\u00e8re porte \u00e0 gauche. Plaisir d\u2019enfance. Homard animal, Omar oriental. Association libre. Encha\u00eenements. Colonialisme dans les replis du tissu, l\u2019ancien monde remonte. Chienlit. Chasse au homard des vainqueurs p\u00e2lots, chasse \u00e0 l\u2019homme avec les pics de Dieu et le sang qui monte aux joues. S\u2019\u00e9chauffer pour des terres exotiques et br\u00fbler les h\u00e9r\u00e9tiques. Myst\u00e8re bourgeois. Domination. Pique \u00e0 escargot. Au beurre. Odeur d\u2019ail et de persil alourdit par la graisse d\u2019une vache Montb\u00e9liarde, fiert\u00e9 du terroir, terre, motte et gouffre. Le plafond est bas, n\u2019est-il pas&nbsp;? Premi\u00e8re naus\u00e9e. Derri\u00e8re la porte au fond \u00e0 droite, vomissure sourde. La vomissure ne fait plus de bruit contrairement au vomi quand il jaillit. Rires. De contentement. Petit th\u00e9\u00e2tre. Pour l\u2019oubli&nbsp;? A droite, au fond, un crissement, mal aux dents. Silence. Encore. Silence. Puis chuchotement. Silence. Hurlement. &#8212;&#8212;&#8212;&#8212;- L\u2019attente est une douleur. &#8212;&#8212;&#8212; Pas d\u2019image \u2013 trop d\u2019image&nbsp;! Renoncer. Partir&nbsp;? Derri\u00e8re le rideau, monte une voix qui ne dit rien. Alerte des sens. Un soupir d\u2019abord. Rien. Un chuchotement maintenant qui dit \u00ab&nbsp;Ouiiii&nbsp;\u00bb, un tout petit rien entre dans le vestibule au dessus du lobe gauche et une voix lourde qui fait \u00ab&nbsp;Chuut&nbsp;\u00bb &#8212;&#8212; L\u2019\u00e9carlate rideau a-t-il boug\u00e9&nbsp;? \u2026 La colonne vert\u00e9brale qui s\u2019\u00e9broue. Bander l\u00e9ger sans l\u2019avoir d\u00e9cid\u00e9. L\u2019odeur de la vomissure monte, tout doux, aigre, odeur de qui a rendu la peur. Renoncer. Revenir \u00e0 l\u2019\u00e9nonc\u00e9&nbsp;? La voix derri\u00e8re le rideau \u00ab&nbsp;Encoore&nbsp;\u00bb &#8212;&#8212;- la colonne vert\u00e9brale reli\u00e9e au sexe reli\u00e9 au cerveau par le vestibule &#8212;- alchimie du mot, du rideau, du beurre d\u2019escargot, bander plus encore. Renoncer maintenant. Se persuader que la porte est ferm\u00e9e&nbsp;! Une pens\u00e9e coupable&nbsp;: il n\u2019y a pas d\u2019issue. Entendre une voix &#8211; mais dans quel vestibule&nbsp;?- dire \u00ab&nbsp;tant pismieux&nbsp;\u00bb. Porte au fond \u00e0 gauche, odeur de poisson blanc, nageant dans sa soupe et jouant avec ses cro\u00fbtons, l\u2019eau monte \u00e0 la bouche, c\u2019est la noyade en eaux troubles. Toujours le sang qui afflue entre les jambes. Renoncer &#8212;&#8212;- \u00ab&nbsp;Ouiiii&nbsp;\u00bb br\u00fblant &#8212;&#8211; Et la voix profonde \u00ab&nbsp;Encooore&nbsp;\u00bb. Prendre du recul adoss\u00e9 \u00e0 la porte du vestibule. La proposition po\u00e9tique peau et chair dans la rivi\u00e8re de sang de la r\u00e9publique donne naus\u00e9e paradoxale. Regarder le rideaux rid\u00e9s comme un vieil homme blanc, rouge d\u2019avoir trop puis\u00e9 \u00e0 la barrique, rouge de la col\u00e8re du satisfait, rouge du d\u00e9sir d\u2019\u00e9tendre son puissant plaisir sur le monde. Un pas vers les plis du rideau \u2013 Ouiiii &#8212;- Encoore &#8212; un autre pas &#8212; Ouiiiiiii &#8212;Encooore&#8212; rythme acc\u00e9l\u00e9r\u00e9&#8212;- Ouvrir le rideau&nbsp;\/\/\/\/\/\/\/\/ Pigeon blanc et perroquet vert, se regardent en chien de fa\u00efence par dessus un automate \u00e0 t\u00eate de cochon du P\u00e9rigord. Il ouvre la gueule et dit, suavement Ouiiiiiiiiii. Rire du perroquet. Hihihihihihi et roucoulement du pigeon RRRRRRRRRRRRRRoouuu RRRou rOU Laisserouououuou sa veste et parthihihihihihihhihR.<\/p>\n\n\n\n<p> A quoi sert l&rsquo;espoir ? <br><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1138\" height=\"1356\" class=\"wp-image-196838\" style=\"width: 150px\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/0116374001418401218.jpg\" alt=\"\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/0116374001418401218.jpg 1138w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/0116374001418401218-352x420.jpg 352w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/0116374001418401218-859x1024.jpg 859w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/0116374001418401218-768x915.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1138px) 100vw, 1138px\" \/><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le cailloux pos\u00e9 sur la table ne respire pas, la table occupe la moiti\u00e9 de la pi\u00e8ce, elle emp\u00eache d\u2019aller tout droit. 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