{"id":196952,"date":"2025-08-18T11:20:46","date_gmt":"2025-08-18T09:20:46","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=196952"},"modified":"2025-08-18T11:20:48","modified_gmt":"2025-08-18T09:20:48","slug":"rectoverso-15-jeu-de-casse-tete","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/rectoverso-15-jeu-de-casse-tete\/","title":{"rendered":"#rectoverso #15 | Jeu de casse-t\u00eate"},"content":{"rendered":"\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li>Les chansons qui vous trottent dans la t\u00eate au r\u00e9veil. Depuis plusieurs jours, alors que je n\u2019y pensais plus depuis des ann\u00e9es, <em>Casse-t\u00eates<\/em>, \u00e9crite par G\u00e9b\u00e9, chant\u00e9e par Montand. Revient sans cesse, m\u00eame dans la journ\u00e9e. Sans \u00eatre invit\u00e9e. Elle s\u2019impose.<\/li>\n\n\n\n<li>Et aussi, de Fugain, \u00abC\u2019est un beau roman, c\u2019est une belle histoire\u2026\u00bb. On n\u2019aime pas forc\u00e9ment les chansons ou les rengaines qui reviennent et s\u2019imposent. Mais le moyen de les chasser?<\/li>\n\n\n\n<li>B\u00e9a est un pseudonyme. J\u2019ai connu une fille qui lui ressemblait. Mais je ne sais plus comment elle s\u2019appelait (en <em>vrai<\/em>, ou IRL, comme on dit aujourd\u2019hui.)<\/li>\n\n\n\n<li>Combien de temps avant que cette expression, IRL, disparaisse?<\/li>\n\n\n\n<li>Je me souviens par contre nettement du pr\u00e9nom et du nom (les vrais, pas le pseudo) de son mari.<\/li>\n\n\n\n<li>C\u2019est normal: lui, je le voyais au travail, pas moyen de l\u2019\u00e9viter. Elle, je ne l\u2019ai crois\u00e9e que quelques fois. Crois\u00e9e, pas rencontr\u00e9e. Vue \u00e0 distance. \u00c0 cette \u00e9poque-l\u00e0, elle ne m\u2019int\u00e9ressait pas.<\/li>\n\n\n\n<li>Lui non plus ne m\u2019int\u00e9ressait pas. Je le trouvais pr\u00e9tentieux et h\u00e2bleur. Le genre d\u2019homme qui parle fort, s\u2019\u00e9tale et s\u2019\u00e9coute parler. Nos rapports au travail se limitaient au bonjour-bonsoir de rigueur.<\/li>\n\n\n\n<li>J\u2019ai pourtant le souvenir d\u2019avoir d\u00een\u00e9 chez eux, un soir, avec d\u2019autres invit\u00e9s.<\/li>\n\n\n\n<li>La r\u00e8gle tacite de ce bourg, de cette petite ville de province, \u00e9tait de rendre l\u2019invitation \u00e0 d\u00eener. Je n\u2019ai pas le souvenir de l\u2019avoir fait. Mais j\u2019ai peut-\u00eatre tout simplement, vraiment, oubli\u00e9 un \u00e9pisode qui \u00e9tait sans grand int\u00e9r\u00eat. Pour moi, \u00e0 ce moment-l\u00e0.<\/li>\n\n\n\n<li>Rien ne m\u2019emp\u00eache de l\u2019imaginer, et de l\u2019\u00e9crire. Aujourd\u2019hui.<\/li>\n\n\n\n<li>Finalement, je vais opter pour la liste \u00e0 num\u00e9rotation automatique, que je viens de r\u00e9tablir. Merci, traitement de texte qui g\u00e8re les automatismes. La question sera de savoir si ce sera transposable dans WordPress. On verra en \u00ab\u00a0temps utile\u00a0\u00bb (encore une expression bizarre, c\u2019est quoi, du temps <em>utile<\/em>? je devrais dire, le <em>moment venu<\/em>.)<\/li>\n\n\n\n<li>Je ne sais pourquoi B\u00e9a s\u2019est impos\u00e9e \u00e0 moi soudain, comme un fant\u00f4me qui prend corps et r\u00e9clame \u00e0 avoir son histoire, \u00e9crite.<\/li>\n\n\n\n<li>B\u00e9a, c&rsquo;est-\u00e0-dire B\u00e9atrice. Je m\u2019aper\u00e7ois que je l\u2019appelle d\u00e9j\u00e0 par son diminutif, son petit nom affectueux, un hypocoristique.<\/li>\n\n\n\n<li>Pourquoi, c&rsquo;est-\u00e0-dire pourquoi <em>maintenant<\/em>. Je sais bien <em>pourquoi<\/em> elle s\u2019est impos\u00e9e. Mais pourquoi maintenant, alors que je l\u2019avais totalement oubli\u00e9e, effac\u00e9e de ma m\u00e9moire?<\/li>\n\n\n\n<li>Son histoire, c\u2019est une histoire vraiment pas gaie\/pas vraiment gaie.<\/li>\n\n\n\n<li>Place de l\u2019adjectif: ant\u00e9pos\u00e9 ou postpos\u00e9, et le sens n\u2019est plus \u2013 tout \u00e0 fait \u2013 le m\u00eame. Mais les lecteurs feront-ils la diff\u00e9rence? pour moi, il y en a une, alors je veille \u00e0 \u00e9crire du mieux possible la nuance.<\/li>\n\n\n\n<li>Les histoires d\u2019A finissent mal en g\u00e9n\u00e9ral.<\/li>\n\n\n\n<li>En \u00e9crivant ces lignes, et chaque fois que j\u2019\u00e9cris un fragment de cette histoire, j\u2019entends les Rita Mitsouko: <em>Les histoires d\u2019A, histoires d\u2019amour\u2026<\/em><\/li>\n\n\n\n<li>Je crois que l\u2019histoire de B\u00e9a n\u2019est pas seulement son histoire, mais aussi celle de ma m\u00e8re.<\/li>\n\n\n\n<li>Et aussi l\u2019histoire d\u2019une copine de classe, disparue du lyc\u00e9e en mars ou en avril, et retrouv\u00e9e en juillet dans les couloirs d\u2019un autre lyc\u00e9e, o\u00f9 on passait les oraux du bac. L\u2019examinateur l\u2019avait invit\u00e9e \u00e0 entrer dans la salle et appel\u00e9e \u00abMademoiselle C\u2026, s\u2019il vous pla\u00eet\u00bb, le nez sur sa liste de noms de candidats et candidates \u00e0 interroger. Et puis il l\u2019avait vue et s\u2019\u00e9tait repris: \u00abOh! pardon\u2026 Madame!\u00bb insistant sur le deuxi\u00e8me <em>a<\/em> de <em>madame<\/em>. Elle \u00e9tait, comme on disait dans la famille, \u00ab\u00a0enceinte jusqu\u2019aux yeux\u00a0\u00bb, presqu\u2019\u00e0 terme. Ce qui faisait, si elle \u00e9tait enceinte de neuf mois d\u00e9but juillet, disons qu\u2019elle \u00e9tait enceinte depuis\u2026 allons, comptons sur nos doigts \u00e0 rebours\u2026 quelque chose comme novembre. Elle \u00e9tait donc enceinte de cinq mois ou presque en mars, et nous n\u2019avions rien vu, et elle n\u2019avait rien dit. Il y avait peut-\u00eatre eu des vacances avant. Alors, on l\u2019aurait vue pour la derni\u00e8re fois au lyc\u00e9e en f\u00e9vrier. \u00c0 quatre mois, la grossesse n\u2019est pas forc\u00e9ment visible, pas encore visible. Je connais une fille dont la grossesse n\u2019a commenc\u00e9 \u00e0 se voir qu\u2019apr\u00e8s le septi\u00e8me mois.<\/li>\n\n\n\n<li>L\u2019histoire de B\u00e9a est celle de toutes ces filles, \u00e0 peine plus que des fillettes, qui ont encore les joues rondes de l\u2019enfance, des ados certes, mais pas vraiment des femmes. Mari\u00e9es tr\u00e8s jeunes, m\u00e8res \u00e0 dix-sept ans, elles se retrouvent \u00e0 pousser une voiture d\u2019enfant devant le coll\u00e8ge o\u00f9 elles \u00e9taient encore \u00e9l\u00e8ves quelques mois auparavant. Elles ont presque toujours l\u2019air triste et marchent courb\u00e9es.<\/li>\n\n\n\n<li>Ce sont aussi des mal mari\u00e9es, pour la plupart.<\/li>\n\n\n\n<li>Les gar\u00e7ons, des ados eux aussi, ne sont pas mieux lotis. Eux aussi sont contraints au mariage, sans l\u2019avoir choisi.<\/li>\n\n\n\n<li>Le gar\u00e7on n\u2019avait pas forc\u00e9ment envie de se retrouver p\u00e8re et mari\u00e9 \u00e0 dix-huit ans. Il y a probablement des exceptions, certainement m\u00eame. Mais ils \u00e9taient et restent rares. On n\u2019\u00e9l\u00e8ve pas les gar\u00e7ons en leur apprenant qu\u2019ils ne peuvent pas \u00eatre les mieux servis et tout se permettre.<\/li>\n\n\n\n<li>T\u00e9moignage de la fille d\u2019une de mes amies. Appelons-la Julie. Elle est au lyc\u00e9e, en premi\u00e8re. \u00c7a se passe pr\u00e8s de la gare de R***. Elle a \u00e9t\u00e9 h\u00e9l\u00e9e par une ancienne copine de classe du coll\u00e8ge. Elles \u00e9taient ensemble en troisi\u00e8me. La copine est accompagn\u00e9e par celui qui \u00e9tait la grande gueule du coll\u00e8ge. Ils sont mari\u00e9s et ont un enfant, celui qui est dans la poussette. Elle attend le second. C\u2019est elle qui parle. Elle dit \u00e0 Julie qu\u2019elle a bien de la chance d\u2019\u00eatre au lyc\u00e9e et de passer son bac. Lui ne dit rien, il regarde obstin\u00e9ment ses chaussures. Ils doivent repartir, c\u2019est l\u2019heure du car, tu comprends\u2026 ils ne respirent vraiment pas la joie.<\/li>\n\n\n\n<li>Aujourd\u2019hui, \u00ab\u00a0on\u00a0\u00bb (la soci\u00e9t\u00e9, les parents\u2026) ne les pousserait peut-\u00eatre plus \u00e0 se marier avec la m\u00eame insistance. En France et en Belgique, tout au moins.<\/li>\n\n\n\n<li>Je pense \u00e0 ce film, <em>Jeunes m\u00e8res<\/em>, sorti en salle cette ann\u00e9e, qui montre des gamines confront\u00e9es \u00e0 leur grossesse, \u00e0 leur enfant, \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9, l\u2019obligation de devoir s\u2019occuper d\u2019un b\u00e9b\u00e9 alors qu\u2019elles ont du mal \u00e0 s\u2019occuper d\u2019elles-m\u00eames. Le film a \u00e9t\u00e9 tourn\u00e9 en Belgique, dans une maison maternelle (il me semble que c\u2019est le nom de cette maison, mais ce n\u2019est pas certain, il faudra v\u00e9rifier) un lieu magnifiquement g\u00e9r\u00e9 par des femmes patientes et fermes, qui montrent \u00e0 ces adolescentes comment s\u2019occuper de l\u2019enfant qui vient de leur tomber du ventre dans les bras, comment on lange le b\u00e9b\u00e9, comment on pr\u00e9pare le biberon, comment on doit \u00eatre responsable, ne pas le laisser seul sur la table \u00e0 langer pour aller t\u00e9l\u00e9phoner, etc. On rencontre celles qui attendent la naissance, celles qui se demandent si elles vont laisser leur b\u00e9b\u00e9 en adoption, et si oui, est-ce que c\u2019est bien? celles qui sont perdues, qui pleurent, qui craquent\u2026<\/li>\n\n\n\n<li>Mais dans mes histoires, il n\u2019y a pas de tels lieux. Pas encore. Elles vivent dans les ann\u00e9es 70-80, dans un monde o\u00f9 une fille qui a \u00ab\u00a0faut\u00e9\u00a0\u00bb doit se marier.<\/li>\n\n\n\n<li>Le gar\u00e7on, ou l\u2019homme, lui, ne \u00ab\u00a0faute\u00a0\u00bb jamais. On ne dit jamais du gar\u00e7on ou de l\u2019homme qu\u2019il a faut\u00e9. C\u2019est comme s\u2019il \u00e9tait dans son droit. Au mieux, il s\u2019h\u00e9ro\u00efse en \u00ab\u00a0assumant ses responsabilit\u00e9s\u00a0\u00bb. Ce qui ne l\u2019emp\u00eache pas de se retrouver pi\u00e9g\u00e9 et malheureux. Mais il peut fr\u00e9quenter des lieux de solidarit\u00e9 masculine. L\u2019usine, le bistrot, le foot\u2026 il n\u2019est pas coinc\u00e9 ds la cuisine avec les marmots. Quand il rentre le soir, il a bonne conscience, il gagne sa vie, lui, il a un travail, lui, il ram\u00e8ne sa paie \u00e0 la maison. (remarquez, pas toujours\u2026 certains en laissent une bonne part au bistrot.) Elle, elle ne travaille pas, c\u2019est bien connu, elle se l\u00e8ve avant lui, se couche apr\u00e8s lui, se rel\u00e8ve la nuit pour le laisser dormir (c\u2019est qu\u2019il travaille, lui!), trime toute la journ\u00e9e pour \u00abtenir son m\u00e9nage\u00bb, mais il faut croire que tout ce travail-l\u00e0 ne compte pas.<\/li>\n\n\n\n<li>\u00c0 lui l\u2019alcool. \u00c0 elle les tranquillisants. Dans les ann\u00e9es 70, le shit n\u2019est pas encore arriv\u00e9 massivement. Mais \u00e7a ne tra\u00eenera pas.<\/li>\n\n\n\n<li>Ceci que j\u2019\u00e9cris, qui s\u2019\u00e9crit, est-ce un journal? un journal d\u2019\u00e9criture? une machine \u00e0 se presser le citron? \u00e0 peine un d\u00e9tour avant de reprendre l\u2019histoire de B\u00e9atrice.<\/li>\n\n\n\n<li>Pourquoi B\u00e9atrice? comment choisit-on le pr\u00e9nom d\u2019un personnage? B\u00e9atrice n\u2019existe que sur le papier. Sur le papier, elle a eu d\u2019autres pr\u00e9noms, jusqu\u2019\u00e0 ce que celui-ci s\u2019impose. \u00c0 cause de ce (trop?) c\u00e9l\u00e8bre incipit, \u00abLa premi\u00e8re fois qu\u2019il vit B\u00e9atrice, non, B\u00e9r\u00e9nice, il la trouva franchement laide.\u00bb et \u00e7a continue \u00e0 peu pr\u00e8s ainsi \u00abOu plut\u00f4t mal coiff\u00e9e\u2026 les cheveux coup\u00e9s a demande des soins\u2026 mal habill\u00e9e\u2026 une \u00e9toffe qu\u2019il n\u2019aurait pas choisie\u2026\u00bb.<\/li>\n\n\n\n<li>Remarqu\u00e9 que Fran\u00e7ois Bon prononce correctement, lui, le mot <em>incipit<\/em>. Il faudra que je l\u2019en remercie, en commentaire. C&rsquo;est-\u00e0-dire en \u00e9crivant un commentaire en dessous de son \u00abpost\u00bb.<\/li>\n\n\n\n<li>Les b\u00e9atrices n\u2019ont pas la parole. On parle d\u2019elles. <em>On<\/em> c\u2019est, pour commencer, le GB qui \u00e9crit ces lignes.<\/li>\n\n\n\n<li>Remarque: GB n\u2019\u00e9crit pas, ou n\u2019\u00e9crit plus beaucoup, ou plut\u00f4t beaucoup moins; \u00e7a lui arrive encore, mais d\u00e9sormais, il tape sur un clavier d\u2019ordinateur. GB a eu une machine \u00e0 \u00e9crire, rouge, une Olivetti. Disparue depuis longtemps, partie \u00e0 la casse probablement, jet\u00e9e par?, au fait, qui a jet\u00e9 cette jolie petite chose? Dommage, c\u2019\u00e9tait un bel objet, m\u00eame s\u2019il n\u2019avait plus d\u2019usage, faute de ruban.<\/li>\n\n\n\n<li>Il y a d\u2019autres <em>on<\/em>. <em>On<\/em> parle de B\u00e9atrice: ceux et celles qu\u2019elle croise, qu\u2019elle rencontre, qu\u2019elle a rencontr\u00e9s, ceux et celles qui parlent d\u2019elle, la connaissent plus ou moins. Elle, elle ne parle pas. GB n\u2019a pas pr\u00e9vu de lui donner la parole. Pour le moment.<\/li>\n\n\n\n<li>\u00c9crire un portrait en creux, <em>in absentia<\/em>.<\/li>\n\n\n\n<li>\u00c9cout\u00e9 \u2013 parce qu\u2019elle me trotte dans la t\u00eate depuis des jours \u2013 la chanson \u00e9crite par G\u00e9b\u00e9, <em>Casse-t\u00eates<\/em>. Remarqu\u00e9 que toutes les t\u00eates cass\u00e9es sont des victimes, mais seulement du genre masculin. Sauf peut-\u00eatre le b\u00e9b\u00e9 phoque. Pourtant en Iran, c\u2019est sur la t\u00eate de Jina Masa Amini, une femme, que les policiers ont tap\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019elle en meure.<\/li>\n\n\n\n<li>Lu ce qu\u2019\u00e9crit Olivia Rosenthal du chat de Schr\u00f6dinger. B\u00e9atrice est \u2013 \u00e0 ce moment de l\u2019\u00e9criture, dans le projet de GB \u2013 un chat de Schr\u00f6dinger. Dans un r\u00e9cit, elle repart au bout d\u2019un an ou deux dans sa r\u00e9gion natale. Dans un autre, elle meurt \u00e0 la fin du r\u00e9cit. Dans le premier cas, \u00abon\u00bb pourra se demander ce qu\u2019elle devient. Une b\u00e9atrice deviendra m\u00e8re de famille, femme au foyer, victime path\u00e9tique? une autre b\u00e9atrice compagne lib\u00e9r\u00e9e d\u2019un quadrag\u00e9naire devenu libertin \u00e9changiste? une autre rejoindra les combats f\u00e9ministes, une autre se d\u00e9couvrira lesbienne\u2026 et toutes ses\/ces histoires ont plus ou moins d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 racont\u00e9es, \u00e9crites, v\u00e9cues.<\/li>\n\n\n\n<li>\u00a0Aim\u00e9 aussi ce qu\u2019Olivia R. dit de l\u2019 \u00ab\u00a0arc narratif\u00a0\u00bb. Image qui m\u2019\u00e9voque aussi l\u2019arc-en-ciel: \u00ab\u00a0on\u00a0\u00bb ne sait pas vraiment d\u2019o\u00f9 il sort, ni o\u00f9 il aboutit. Mais \u00e0 son pied, on trouvera un tr\u00e9sor. Alors, partons en qu\u00eate.<\/li>\n\n\n\n<li>La chanson <em>Casse-t\u00eates<\/em>, c\u2019est peut-\u00eatre une indication de ce qu\u2019 \u00ab\u00a0<em>on<\/em>\u00a0\u00bb \u00e9crira en fin de compte.<\/li>\n\n\n\n<li><s>Comptes: r\u00e9gler des comptes, r\u00e9gler ses comptes<\/s>. Supprim\u00e9: trop facile. Remplissage.<\/li>\n\n\n\n<li>La m\u00e8re de George a \u00e9t\u00e9 une b\u00e9atrice. Une mal mari\u00e9e parce que mari\u00e9e trop jeune. Parce qu\u2019elle avait <em>faut\u00e9<\/em>. Parce qu\u2019elle \u00e9tait enceinte d\u2019un jeune homme. Un homme qui n\u2019\u00e9tait plus un adolescent. Un homme jeune, qui avait un travail, le droit de vote, une place dans le village, qui aurait d\u00fb \u00eatre responsable. Elle avait dix-sept ans, il en avait vingt-trois. Il \u00e9tait plus \u00e2g\u00e9 qu\u2019elle de six ans, \u00e7a compte.<\/li>\n\n\n\n<li>Difficile \u00e0 \u00e9crire, quand il s\u2019agit de son p\u00e8re. Coupable de viol? il ne la connaissait que depuis quelques jours. Elle \u00e9tait venue de loin retrouver ses fr\u00e8res; elle devait coudre une belle robe pour Laure, sa jeune belle-s\u0153ur. Il devait y avoir une f\u00eate, d\u2019o\u00f9 les robes. En ce temps-l\u00e0, on cousait les robes, les boutiques de pr\u00eat-\u00e0-porter n\u2019existaient pas encore. La m\u00e8re de George \u00e9tait couturi\u00e8re, une petite couturi\u00e8re de seize ans.<\/li>\n\n\n\n<li>Peut-\u00eatre \u00e9tait-elle ce qu\u2019on appelait une <em>fille facile<\/em>. C\u2019est ce que r\u00e9p\u00e9tera sa belle-m\u00e8re. Son fils ch\u00e9ri a \u00e9t\u00e9 oblig\u00e9 d\u2019\u00e9pouser une marie-couche-toi l\u00e0. Et allez savoir\u2026 si \u00e7a se trouve, l\u2019enfant\u2026 on ne sait pas de qui il est\u2026 elle se sera jet\u00e9e \u00e0 sa t\u00eate\u2026<\/li>\n\n\n\n<li>Les femmes ne sont pas tendres pour les femmes.<\/li>\n\n\n\n<li>Ou bien il l\u2019a renvers\u00e9e sans \u00e9gards pour ses protestations. On lui aura appris pendant son service militaire que les filles disent <em>non<\/em> alors qu\u2019elles pensent <em>oui<\/em>.<\/li>\n\n\n\n<li>Ou bien ils sont tomb\u00e9s amoureux, le coup de foudre. Ils auront \u00e9t\u00e9 heureux quelques mois, peut-\u00eatre. Mais de cela, George doute fort\u2026 mais pourqui pas? En ce temps-l\u00e0, bien avant sa naissance, ils \u00e9taient amoureux. Le temps a pass\u00e9, l\u2019amour s\u2019est chang\u00e9 en ranc\u0153ur.<\/li>\n\n\n\n<li>B\u00e9atrice, B\u00e9a si vous pr\u00e9f\u00e9rez, n\u2019\u00e9tait pas enceinte quand elle a \u00e9pous\u00e9 Philippe. Il l\u2019a \u00e9pous\u00e9e parce qu\u2019il \u00e9tait fou amoureux. Il faut \u00eatre un peu fou pour arr\u00eater le car scolaire et en faire descendre une \u00e9l\u00e8ve de seize ans. C\u2019est ce qu\u2019il a racont\u00e9 \u00e0 ses coll\u00e8gues masculins, je n\u2019invente rien. Il se disait fou, il disait \u00abj\u2019\u00e9tais fou\u00bb. ou bien \u00abj\u2019\u00e9tais comme fou\u00bb? Il parlait d\u00e9j\u00e0 au pass\u00e9, il me semble. De sa folie, ou de son amour pour elle?<\/li>\n\n\n\n<li>Elle, elle \u00e9tait flatt\u00e9e. \u00c9tait-elle amoureuse, vraiment amoureuse? Ou amoureuse de l\u2019id\u00e9e d\u2019\u00eatre l\u2019objet d\u2019amour d\u2019un homme plus \u00e2g\u00e9, dans une position de sup\u00e9riorit\u00e9 et d\u2019autorit\u00e9. Beaucoup de filles sont amoureuses de leur prof\u2026<\/li>\n\n\n\n<li><em>To be continued<\/em>\u2026<\/li>\n\n\n\n<li>Trouver un titre, quand il n\u2019y a plus qu\u2019\u00e0\u2026 et pourquoi pas \u00abcasse-t\u00eate\u00bb?<\/li>\n<\/ol>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":701,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[7529,7754,1],"tags":[1113,7757,16,7760,7758,287],"class_list":["post-196952","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-recto-verso-le-cycle-ete-2025","category-rectoverso-15-rosenthal-de-15-a-1000","category-atelier","tag-amour","tag-beatrice","tag-ecriture","tag-imaginer","tag-jeunes-meres","tag-lycee"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/196952","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/701"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=196952"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/196952\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":196954,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/196952\/revisions\/196954"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=196952"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=196952"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=196952"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}