{"id":197019,"date":"2025-08-21T08:35:40","date_gmt":"2025-08-21T06:35:40","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=197019"},"modified":"2025-08-28T12:05:19","modified_gmt":"2025-08-28T10:05:19","slug":"recto-verso-15-deroulant-des-pages-chantier-foutoir","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/recto-verso-15-deroulant-des-pages-chantier-foutoir\/","title":{"rendered":"#rectoverso #15 | d\u00e9roulant des pages : chantier foutoir"},"content":{"rendered":"\n<p style=\"font-size:17px\">9 &nbsp;la couleur de la robe de la libraire n\u2019est pas assortie \u00e0 ses yeux ni \u00e0 mon souvenir<\/p>\n\n\n\n<p><em>faite \u00e0 ses mesures elle lui allait \u00e0 elle comme un gant : c\u2019est curieux pour une robe<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>11 le cerceau, la robe tout brillait \u2013et nos bouches \u00e0 gober la mouche\u2013, c\u2019\u00e9tait beau comme avant, l\u2019enfance<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">12 le libraire de la Place du Monstre a coll\u00e9 des yeux de papiers grand ouvert sur les yeux de l\u2019homme&nbsp;qui dort<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">12bis dans le r\u00eave l\u2019enfant s\u2019avance masqu\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">14 il avait de grands yeux<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">15 qui a vu l\u2019origine \u00e8re avec les morts<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">16 et \u00e7a vous amuse ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\"> &#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>19  pi\u00e8ce&nbsp;: partie d\u2019un ensemble consid\u00e9r\u00e9 comme un tout&nbsp;: morceau-chambre-po\u00e8me- ou sc\u00e8ne<br><\/p>\n\n\n\n<p>20  c\u2019est sur la place qu\u2019on les fusille<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">21  c\u2019est dans la chambre qu\u2019on les accouche<\/p>\n\n\n\n<p>22  \u00e0 cheval sur une tombe<\/p>\n\n\n\n<p>23  dans l&rsquo;histoire le cheval meurt<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">23  et vous voyez un lien<\/p>\n\n\n\n<p>&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>22  d\u00e9tail consid\u00e9r\u00e9 comme un tout : celui d\u00a0\u00bbune robe peinte ou d\u00e9peinte, celui d&rsquo;un num\u00e9ro port\u00e9 \u00e0 l&rsquo;avant bras ou d&rsquo;une tache dans l&rsquo;\u0153il<\/p>\n\n\n\n<p>23  c&rsquo;est un ruban de satin rouge de tout pr\u00e8s on dirait une blessure<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">24  \u00ab&nbsp;Mon mal vient de plus loin&nbsp;\u00bb dit la voix<\/p>\n\n\n\n<p> &#8230;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">27 \u00e9crivez avec toutes les premi\u00e8res phrases des po\u00e8mes <\/p>\n\n\n\n<p>28 \u00e9crivez avec des phrases trouv\u00e9es par terre  composez<br><br>(mettre des phrases ou des mots en bouquet c&rsquo;est dans une pi\u00e8ce)<\/p>\n\n\n\n<p>29 mettre en pi\u00e8ces: composer ou d\u00e9truire<\/p>\n\n\n\n<p>30 D\u00e9truire dit-elle<\/p>\n\n\n\n<p>&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>9  combien ?<\/p>\n\n\n\n<p>8  ceci est un d\u00e9compte<\/p>\n\n\n\n<p>7  combien de morts en rouge dans la marge<\/p>\n\n\n\n<p>6  ouvrez vos livres d&rsquo;histoire<\/p>\n\n\n\n<p>&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">31 comme flammes des allumettes du conte elles brillaient dans l\u2019absolu chaos<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">32 faites vos contes<\/p>\n\n\n\n<p>&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">41&nbsp; la fissure du miroir de la salle de bain a gagn\u00e9 l\u2019autre bord, \u00e0 pr\u00e9sent elle barre la glace sur toute sa largeur<br><br>42  des ampoules encadrent le miroir de la loge elle voit l\u2019enfant derri\u00e8re elle; elle tire sur ses yeux pour \u00eatre s\u00fbre<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">43  choses en vue indirectes- reflets- miroirs et autres flaques<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">44  fabulation- faille- fabulation- faille- fabulation &#8211; l\u00e9zarde<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">45  ce qui se d\u00e9chire, s\u2019\u00e9carte; pousse; tire<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">46  quand elle ne sait pas elle fabule; quand elle sait elle fabule aussi<\/p>\n\n\n\n<p>&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">* hue cocotte<\/p>\n\n\n\n<p>&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>50  choses qui tombent ou retombent du ciel : les missiles balistiques par exemple<\/p>\n\n\n\n<p>&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">60 que faisions nous hier ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">61 \u00e9crivez au pass\u00e9 simple<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">65  \u00e0 Hy\u00e8res il marcha d\u2019un bon pas pour rejoindre l&#8217;embarcad\u00e8re il neigeait<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">66&nbsp; il partagea son lit avec des rats et ses enfants avec la mort<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">67  \u00e0 ce stade de la nuit la fatigue me pousse dans des zones plus obscures<\/p>\n\n\n\n<p>68   nous march\u00e2mes au long des quais, nous avions tous les \u00e2ges du monde,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">69   nous e\u00fbmes \u00e0 la gorge ce n\u0153ud de salive noire, un vent de cendre gagnait la place : un feu invisible crevait le silence<\/p>\n\n\n\n<p>70   il le regarda mourir attendant de d\u00e9vorer son pain : regardait son p\u00e8re et attendait qu&rsquo;il meurt<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\"><em>elle dit : le pass\u00e9 simple est une&nbsp; armure, il rend invuln\u00e9rable \u00e0 soi.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\"> * et \u00e7a vous fait rire<\/p>\n\n\n\n<p>&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">9  vous prendrez bien une part flanc<\/p>\n\n\n\n<p>10  moi je pr\u00e9f\u00e8re le pain perdu<\/p>\n\n\n\n<p>11  le perdu ou le pain<\/p>\n\n\n\n<p>&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">72 \u00e0 ce stade de la nuit je vois poindre le jour et j\u2019\u00e9cris deux lettres<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">74 dans les initiales des mots se cachent<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">75 dans les cimeti\u00e8res il manque des noms<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">76 sur le monument , il y en a trop<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">77 \u00e9pelez!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">78  mot nu ment<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">79  mo ment <\/p>\n\n\n\n<p>* vous prendrez bien une tranche de pas perdu<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">90 Un jour on prend la mer, on part avec un nom,  mettons, on emporte un harpon, on se rejoint dans l\u2019infini qui est comme on le sait turbulent<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">95 C\u2019est quelqu\u2019un, sans qu\u2019on sache vraiment qui<\/p>\n\n\n\n<p>96 c&rsquo;est quelqu&rsquo;un ou personne<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">97 dix mois elle l\u2019a attendu &nbsp;; elle a attendu un nom<\/p>\n\n\n\n<p>&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>101  mais quelqu\u2019un est l\u00e0 couch\u00e9 sur le trottoir il crie je me penche \u00e0 la fen\u00eatre<\/p>\n\n\n\n<p>102  il y a un idiot qui regarde et raconte ce qu\u2019il voit dans une langue de travers, un autre se prend pour un cheval; il y a un enfant qui p\u00eache un poisson gros comme une m\u00e8re le lait qu\u2019il boit est noir ; dans les rues o\u00f9 l\u2019on marche \u2013 car ici on marche et surtout la nuit m\u00eame parfois dans la neige sans sabots\u2013, le fleuve est au burin ; dans les estaminet on boit vert ; plus loin le cheval meurt et toutes les b\u00eates<\/p>\n\n\n\n<p>103  un visage ras\u00e9 de frais par la trappe d&rsquo;un cercueil; \u00e7a se passe au Japon comme Hiroshima<\/p>\n\n\n\n<p>104  son visage d\u2019avant la catastrophe retrouv\u00e9 dans la mort, comme une \u00e9piphanie : tu es revenu dira la femme qui l\u2019a attendu<\/p>\n\n\n\n<p><em>comme voir une derni\u00e8re fois avant de&nbsp; perdre la vue, cette heure du jour en feu basculant, ne pas ciller, jusqu\u2019au noir s\u2019\u00e9carquiller puis \u00e0 t\u00e2tons en tr\u00e9buchant sur des escarres de terre rejoindre<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">9  il y a une m\u00e8re en tablier bleu , elle penche<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">8 partout, toujours, quelque chose penche, tombe, oblique, rien n\u2019est droit m\u00eame pas  la m\u00e8re<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">7  partout, toujours, il y a des m\u00e8res et des tombes: elles penchent<\/p>\n\n\n\n<p><em>\u00c0 une projection d&rsquo;images d&rsquo;archives, dans l&rsquo;amoncellement de corps d\u00e9charn\u00e9s, cette t\u00eate r\u00e9vuls\u00e9e yeux grand ouverts, elle croit reconnaitre le visage; ce qui est s\u00fbr dans l&rsquo;histoire c&rsquo;est que m\u00eame si ce n&rsquo;\u00e9tait pas le visage qu&rsquo;elle cherchait c&rsquo;\u00e9tait ces yeux-l\u00e0 qui en avaient re\u00e7u l&rsquo;image derni\u00e8re<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">105  le jour o\u00f9 mon p\u00e8re a conduit sa m\u00e8re au cimeti\u00e8re il avait l\u2019air d\u2019un premier communiant&nbsp;: c\u2019est \u00e0 cause de la cravate et des manches de la veste trop courtes je me suis dit c\u2019est \u00e0 cause d\u2018\u00eatre encore un enfant avant de tout jeter le trou avec la boite<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>109  choses oubli\u00e9es \u00e0 se rappeler d\u2019urgence<\/p>\n\n\n\n<p>110  cette fa\u00e7on de s\u2019arranger avec l\u2019oubli ou d\u2019oublier pour<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">111 c\u2019\u00e9tait il y a longtemps si oui longtemps juste le petit corps dessous et la b\u00e2che au bord de la route, un peu de vent apr\u00e8s le grand tournant &#8230; le fait qu\u2019il y avait le sable oui sur le bord et quand parfois on s\u2019enlisait au grand tournant<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">112  tu-te-souviens-tu de la nuit brass\u00e9e bi\u00e8res sur bi\u00e8res et des \u00e9toiles crayonn\u00e9es creux au ventre sur les gradins de pierre<br>Tu-te-souviens-tu de nos nuits \u00e0 l\u2019envers d\u2019autres vies<br>Ha ! peau contre peau comme des indiens avec des mots de th\u00e9\u00e2tre en parure nous \u00e9tions<br>Et des r\u00eaves gonfl\u00e9s \u00e0 l\u2019h\u00e9lium<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">114 le fait que c\u2019est toujours plus ou moins beaucoup plus grand \u00e0 hauteur d\u2019enfant<\/p>\n\n\n\n<p>115  celle qu\u2019on voit sur la photographie de l\u2019album dans la maison de la grand -m\u00e8re qui est morte depuis : oui c\u2019est toi ; entre les pages un bouton de rose a s\u00e9ch\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p>116  cette photographie qui dit : j\u2019y \u00e9tais et la dune faisait une montagne (le fait qu&rsquo;elle se soit affaiss\u00e9e)<\/p>\n\n\n\n<p>117  dans le regard il y a de l\u2019\u00e9lan et de la m\u00e9lancolie mais ce ne sont que des photographies, un instant d\u2019invisible, un leurre d\u2019arr\u00eat sur image.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>9  bleu ou bleu est-ce que je sais<\/p>\n\n\n\n<p>10  changer la couleur c\u2019est une fa\u00e7on comme une autre de dire bonjour<\/p>\n\n\n\n<p><em>ne voir que la tache rouge, ne voir que la masse verte&nbsp;; vert et rouge dansent d\u2019un \u0153il sur l\u2019autre, l\u2019un galvanise l\u2019autre&nbsp;. Le noir et le blanc d\u2019une pie avec son bruit&nbsp;tranche l\u2019image et je devine dans les orties un ballon crev\u00e9<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>11 Je ne franchissais pas la barri\u00e8re invisible qui nous s\u00e9parait. Je ne m\u2019approchais pas pour voir de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 ce visage qu\u2019il peignait. Il peignait sur diff\u00e9rents supports. Je  voyais le visage \u00e0 l\u2019envers, parfois un peu de mati\u00e8re affleurait, de l\u2019huile suintait; lui je le voyais en plein : son visage, son regard et ses mains elles vivaient<\/p>\n\n\n\n<p>12  et puis, un jour, il a dit: je crois que c\u2019est fini<\/p>\n\n\n\n<p>&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>* faites comme si vous ne saviez rien  <\/p>\n\n\n\n<p>&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>120  ici on ce doit d\u2019\u00eatre au pr\u00e9sent du pr\u00e9sent, doigt sur la couture des phrases,<\/p>\n\n\n\n<p>121 dans le trou c\u2019est l\u00e0 que tu es au plus pr\u00e8s des vivants et des morts, elle m\u2019avait dit &#8211; dans le trou parer au trou : joli paradoxe-,<\/p>\n\n\n\n<p>122 Le fait d\u2019un cri puis d\u2019un autre quand elle me dit le texte assise sur sa petite chaise en haut des marches<\/p>\n\n\n\n<p>123  sont entr\u00e9s en m\u00eame temps dans la maison \u00ab&nbsp;, c\u2019est une phrase que dit le personnage de la pi\u00e8ce. Qui et quoi sont entr\u00e9s en m\u00eame temps? Le cercueil n\u2019est pas entr\u00e9 dans la maison en m\u00eame temps que la mort, il l\u2019a suivie de peu puis il l\u2019a emport\u00e9e ailleurs ; les chaussons de b\u00e9b\u00e9 ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 de quelques semaines la naissance de l\u2019enfant, on en avait choisi des blancs pour ne pas se tromper, on les retrouverait au fond d\u2019une boite avec la m\u00e8che de cheveux, le ruban et la dent, l\u2019enfant aurait depuis longtemps quitt\u00e9 la maison<\/p>\n\n\n\n<p>150 c\u2019est Kafka qui parle \u00e0 quelqu\u2019un qui l\u2019appelle Bernard, devant Max qui sait qu\u2019il est Franz et qui lui demande apr\u00e8s que l\u2019autre est parti : pourquoi n\u2019as-tu pas dit que tu \u00e9tais Franz, mais parce que je suis Bernard. Si on te prend pour quelqu\u2019un d\u2019autre ne d\u00e9mens pas. Dans la vitrine du chapelier de la place il y a plein de t\u00eates \u00e0 chapeau sans visage et un miroir avec quelqu\u2019un que je prends pour une autre. Ne sors pas sans t\u00eate il a dit apr\u00e8s au lieu de chapeau. Quand je lui raconte que je suis ma s\u0153ur, il dit, Oh comme elle te ressemble. Souvent Je reconnais quelqu\u2019un que je ne connais pas. L\u2019autre jour j\u2019ai embrass\u00e9 le dentiste dans le hall du th\u00e9\u00e2tre je l\u2019avais pris pour la s\u0153ur de Bernard. Et le nom du visage qui ne te revient pas. Et ceux de l\u2019all\u00e9e qui n\u2019ont pas de visage. Sur la photographie tombale quelqu\u2019un a \u00e9cras\u00e9 une fleur sans doute \u00e0 cause du pr\u00e9nom Rose.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>177 que dit le paysage <\/p>\n\n\n\n<p>178 c\u2019est l\u2019image voil\u00e9e d\u2019un ciel, peut \u00eatre ; on imagine un petit nuage, il se d\u00e9place de gauche \u00e0 droite sur un ciel de papier bleu comme sur un rouleau imprim\u00e9 en s\u00e9rie pour un d\u00e9cor de f\u00eate foraine.<\/p>\n\n\n\n<p>179  on voit Blanche se glisser dans un champ entre les tiges plus hautes qu\u2019elle, si Blanche est petite les ma\u00efs sont immenses&nbsp;; &nbsp;le chapeau de paille de Blanche a des trous, ses joues et sa chemise se couvrent de petites taches comme des pois de rousseur,<\/p>\n\n\n\n<p>180  Blanche peint sur des sacs de grain cousus ensemble, elle a des mains calleuses et douces, de grandes mains, plus que sa figure, des mains qui regardent droit comme font ses yeux. O\u00f9 on voit Blanche monter dans une charrette tir\u00e9e par un cheval qui meurt, puis perdre son sang sur une route&nbsp;. Un jour elle est \u00e0 New-York&nbsp;: il neige<\/p>\n\n\n\n<p>&#8230;.<\/p>\n\n\n\n<p>9  est-ce que j\u2019invente l\u2019insecte, un rongeur de papiers : mirage de grouillement<\/p>\n\n\n\n<p>&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">181 \u00ab&nbsp;Je sais maintenant que je dois trouver les noms pour moi-m\u00eame\u2026 \u00ab&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">187 ici la multiplicit\u00e9 des voix fait \u0153uvre; \u0153uvre dont on n\u2019a qu\u2019une vision partielle<\/p>\n\n\n\n<p>190  elle parle. Elle parle. Elle dit. Elle r\u00e9cite. Elle clame. Elle d\u00e9clame, elle scande. Elle bavarde. Elle potine. Elle ne m\u00e9dit pas. Ni ne d\u00e9nigre. Elle critique. Elle temp\u00eate. Elle crie. Si elle jure c\u2019est plut\u00f4t contre elle-m\u00eame \u2013 je dirais contre sa peur : j\u2019extrapole&nbsp;? Elle parle. Elle dit. Elle se couvre de mots. Les siens. Ceux des autres. Elle parle pour donner \u00e0 entendre mais aussi pour chasser. Elle voudrait tant pouvoir se taire. Elle parle. Elle dit. Pour mettre \u00e0 distance elle amalgame les mots. Mais que chasse- t-elle avec les mots ? Elle lit, elle apprend, elle dit. Elle se couvre de mots. Elle parle. Elle enterre le silence. C\u2019est un fleuve. Elle ne peut pas se taire. Si le silence \u00e9tait la peur d\u2019o\u00f9 d\u00e9coulent toutes ses peurs. J\u2019imagine. Elle parle. Elle dit. Pour taire le silence. Elle apprend mots et pages ; elle sait une biblioth\u00e8que enti\u00e8re. Elle dit, elle joue les mots. La peur n\u2019est pas si mauvaise conseill\u00e8re : \u00c9coute , entends comme c\u2019est beau. Elle r\u00e9cite. Elle chante. La nuit. M\u00eame la nuit. \u00c0 personne. Elle imagine un interlocuteur comme dans une conversation courante, elle marque des pauses : elle se r\u00e9pond. Lucide elle dit&nbsp;: moi je parle m\u00eame \u00e0 personne.&nbsp;Tu ne peux pas te taire rien qu\u2019une seconde! Pas plus haute qu\u2019une pomme on lui disait d\u00e9j\u00e0 : Ravale un peu ta langue. Elle babillait. Elle babillait. Dans le noir. Contre le noir. Elle parle. Elle r\u00eave. Dans son cauchemar elle parle et aucun son ne sort. Elle hurle de peur. C\u2019est un abime de silence. Sais-tu qu\u2019elle ne dors plus jamais dans le noir ; elle laisse l\u2019ampoule allum\u00e9e au bout de sa tige, comme une servante au th\u00e9\u00e2tre. Je la vois, elle dort. Sous ses paupi\u00e8res et sur ses l\u00e8vres passent les mots. Elle parle encore. Presque sans bruit, elle parle. Elle susurre. Pour ne pas dire les mots du silence. Elle dit. Elle enfouit. Pour ne pas entendre les mots de sa peur . Elle parle. Elle dit. Elle r\u00e9cite. Elle chante: \u00c9coute.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>9  <em>comme on \u00e9tend ses draps on parle avec le vent<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>8  encore crient les enfants. Encore crient les enfants avec la cloche loin du soir qui vient. Avec la route loin et le tracteur de la route qui descend. Son moteur. La main qui se l\u00e8ve, fait signe. Et le cimeti\u00e8re en contre-bas qui ne fait rien, ni ne bruit. Une minute pas plus dit la voix. Et le cheval s\u2019arr\u00eate. Il a de tr\u00e8s grands yeux.<\/p>\n\n\n\n<p>7  t\u2019oublie nous tombe&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&#8230;<br><br>5  passer outre<\/p>\n\n\n\n<p>&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">3 c\u2019est quelqu\u2019un, sans qu\u2019on sache vraiment qui,de peu de mots : ind\u00e9cidable poussi\u00e8re<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-normal-font-size\">&#8230; Cailloux tomb\u00e9 de ta poche crev\u00e9e sans retour jusqu\u2019au silence<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>9 &nbsp;la couleur de la robe de la libraire n\u2019est pas assortie \u00e0 ses yeux ni \u00e0 mon souvenir faite \u00e0 ses mesures elle lui allait \u00e0 elle comme un gant : c\u2019est curieux pour une robe 11 le cerceau, la robe tout brillait \u2013et nos bouches \u00e0 gober la mouche\u2013, c\u2019\u00e9tait beau comme avant, l\u2019enfance 12 le libraire de <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/recto-verso-15-deroulant-des-pages-chantier-foutoir\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#rectoverso #15 | d\u00e9roulant des pages : chantier foutoir<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":12,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[7529,7754,1],"tags":[7309,3464,3725,7767,7768,7770,7769],"class_list":["post-197019","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-recto-verso-le-cycle-ete-2025","category-rectoverso-15-rosenthal-de-15-a-1000","category-atelier","tag-boost","tag-cailloux","tag-chantier","tag-foutoir","tag-recto","tag-revoir","tag-verso"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/197019","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/12"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=197019"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/197019\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":197800,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/197019\/revisions\/197800"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=197019"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=197019"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=197019"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}