{"id":197247,"date":"2025-08-21T08:47:33","date_gmt":"2025-08-21T06:47:33","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=197247"},"modified":"2025-08-22T08:38:15","modified_gmt":"2025-08-22T06:38:15","slug":"rectoverso-12-a-petits-pas","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/rectoverso-12-a-petits-pas\/","title":{"rendered":"#rectoverso # 12 | \u00e0 petits pas"},"content":{"rendered":"\n<p>Il est tr\u00e8s \u00e9trange de parcourir le pass\u00e9, non en tournant les pages d\u2019un album photos, mais en auscultant&nbsp; les listes de livres achet\u00e9s ou emprunt\u00e9s, lus ou toujours en attente de lecture. Tout cela bien \u00e9crit dans ces carnets de lectures et d\u2019achats que je tiens depuis mon adolescence. Cela pourrait faire l\u2019objet d\u2019un travail d\u2019\u00e9criture sur l\u2019\u00e9volution de ses lectures, noter celles qui ont compt\u00e9 et importent toujours, et comprendre l\u2019\u00e9volution de ce que l\u2019on est devenu au travers de ce cheminement. Et lorsque l\u2019on se concentre sur un auteur plus particuli\u00e8rement, en l\u2019occurrence une autrice, on r\u00e9alise, au fil des ans qu\u2019il y a un certain temps que l\u2019on semble hant\u00e9e par elle.<\/p>\n\n\n\n<p>Je m\u2019arr\u00eate donc sur apparemment le premier livre de Virginia Woolf que je me suis procur\u00e9, il s\u2019agit du <em>Journal d\u2019un \u00e9crivain<\/em> dans la collection de poche 10&#215;18, \u00e0 la date du 31 octobre 2000, au prix de 61 f., traduit de l\u2019anglais par Germaine Beaumont, avec une pr\u00e9face de L\u00e9onard Woolf. Sur la couverture, un portrait de profil de Virginia. Il me semble me souvenir en avoir fait la lecture assez rapidement. C\u2019est la notion de Journal qui \u00e0 ce moment-l\u00e0 m\u2019int\u00e9ressait. Et Virginia Woolf parmi d\u2019autres. C\u2019est en mai 2003 qu\u2019un quadruple achat est not\u00e9, \u00e0 quelques jours d\u2019intervalle, tous en collection de poche:<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; <em>Mrs Dalloway<\/em>: 4,60 euros ( le 2 mai)<br>&#8211; <em>La promenade au phare<\/em> : 4,57 euros ( le 9 mai)<br>&#8211; <em>Les vagues<\/em>: 6,10 euros<br>&#8211; <em>Une chambre \u00e0 so<\/em>i: 6 euros<br>Le 29&nbsp; septembre de cette m\u00eame ann\u00e9e, <em>Instants de vie<\/em> les rejoint.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019essaie de comprendre ce qu\u2019il y a eu en 2003 pour que je me sois focalis\u00e9e sur Virginia Woolf. Tout remonte en m\u00e9moire : c\u2019est le film <em>Les Heures<\/em>, inspir\u00e9 du livre de Michael Cunningham, sorti en France en mars 2003, et qui m\u2019avait boulevers\u00e9e. En avril 2003, j\u2019ai achet\u00e9 et lu le livre dont s\u2019\u00e9tait inspir\u00e9 le film, juste avant d\u2019ouvrir ceux de Virginia. Comme s\u2019il fallait que l\u2019on me guide pour avancer sur des terres inconnues. L\u2019achat de livres ne signifie pas pour autant lecture imm\u00e9diate et certains resteront paisiblement dans l\u2019attente du bon moment Ou, comme <em>Les Vagues<\/em>, sera ouvert, puis referm\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises. On n\u2019est pas pr\u00eat. Il faut parfois subir des chocs successifs pour se donner l\u2019autorisation d\u2019aller un peu plus loin. Le choc suivant, durant l\u2019\u00e9t\u00e9 2022, se fera avec la lecture de <em>Nevermore <\/em>de C\u00e9cile Wajsbrot qui cr\u00e9e un nouveau passage vers l\u2019\u00e9criture de Virginia Woolf. Une fois le livre lu et relu dans la foul\u00e9e, je me dirige pr\u00e8s des rayons de ma biblioth\u00e8que o\u00f9 <em>La promenade au phare<\/em> patiente. Je m\u2019immerge et comprends que je viens d\u2019\u00eatre hame\u00e7onn\u00e9e par une \u00e9criture, dont je ne pourrais plus me d\u00e9faire. J\u2019ai la sensation qu\u2019elle circule dans une t\u00eate, la mienne peut-\u00eatre, qu\u2019elle circule entre les pierres d\u2019un chaos dispers\u00e9es, et que le chemin se trace. Quelque chose l\u00e2che prise en soi, comme si les mots que Virginia utilise l\u2019\u00e9taient pour la premi\u00e8re fois. <em>To the light house<\/em> est le titre en anglais. Il n\u2019y a pas la notion de promenade, comme en fran\u00e7ais. Mais la lumi\u00e8re qui aimante. Et la notion de temps, \u00e0 la fois la dur\u00e9e et le climat. Et ce corridor de dix ann\u00e9es entre les deux parties du livre. Tout me fascine: les courants d\u2019air \u2013 des esprits de l\u2019air \u2013, les \u00e9chos des voix, les phrases qui se r\u00e9p\u00e8tent, l\u2019importance de la nature\u2026 C\u2019est pendant cet \u00e9t\u00e9-l\u00e0 que je d\u00e9cide d\u2019axer les ateliers d\u2019\u00e9criture que j\u2019anime autour de Virginia Woolf et de m\u2019immerger dans ses livres. Ils se font chair.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour \u00eatre exhaustive, il faut \u00e9voquer aussi le troisi\u00e8me choc qui a agi, sous forme de tremblements, car cela a dur\u00e9 une dizaine d\u2019ann\u00e9es, de la traduction des <em>Vagues<\/em> par Christine Jeanney, propos\u00e9e sur son site avec toutes les questions de traduction qui pouvaient la tarauder et qu\u2019elle \u00e9voque avec simplicit\u00e9 sur son Journal de bord. Cette aventure travers\u00e9e et partag\u00e9e continue d\u2019alimenter le travail que je tente de mener autour de mes divagations autour de Virginia.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019\u00e9cris \u00e0 petits pas, par mots d\u2019\u00e9chos \u00e0 quelques phrases des <em>Vagues <\/em>qui, de par leur \u00e9lan, ou leur fragilit\u00e9 font vibrer en moi quelques fibres sensibles. Je progresse dans une forme d\u2019obscurit\u00e9, sans savoir o\u00f9 cela me conduit. Quelques mots de l\u2019une d\u00e9clenchent d\u2019autres mots chez l\u2019autre. Des \u00e9chos .Elle me donne \u00e0 penser, \u00e0 \u00e9crire, \u00e0 parcourir des rivages nouveaux, \u00e0 regarder autour de moi sous d\u2019autres angles d\u2019observation. \u00c9crire \u00e0 perte de temps et d\u2019espace, \u00e0 perte de soi peut-\u00eatre. Des images se superposent, s\u2019emm\u00ealent. Des phrases se creusent. Quelques textes s\u2019\u00e9crivent puis patientent dans les arcanes de fichiers d\u2019ordinateur, s\u2019\u00e9garent, se diluent, esp\u00e8rent&#8230; Et cela obs\u00e8de, modifie le regard pos\u00e9 sur les entours, s\u2019insinue dans tout ce qui s\u2019\u00e9crit, malgr\u00e9 soi. Le fant\u00f4me de ce qui pourrait peut-\u00eatre s\u2019\u00e9crire flotte dans les marges des jours. Un jeu d\u2019ombres avec lesquelles \u00e9voluer. Quelque chose plane dans les recoins de l\u2019esprit. Une musique un peu obsessionnelle. Une forme se pr\u00e9cise. Des motifs se d\u00e9tachent. Une esquisse se profile. \u00c9claircir ce qui hante encore. Vaincre l\u2019inertie. Errer aux confins de ce qui patiente sous le voile.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais peut-\u00eatre cela arrive-t-il trop tard dans le cours de ma vie&#8230;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il est tr\u00e8s \u00e9trange de parcourir le pass\u00e9, non en tournant les pages d\u2019un album photos, mais en auscultant&nbsp; les listes de livres achet\u00e9s ou emprunt\u00e9s, lus ou toujours en attente de lecture. Tout cela bien \u00e9crit dans ces carnets de lectures et d\u2019achats que je tiens depuis mon adolescence. 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