{"id":19904,"date":"2019-11-25T18:02:20","date_gmt":"2019-11-25T17:02:20","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=19904"},"modified":"2019-11-25T18:02:21","modified_gmt":"2019-11-25T17:02:21","slug":"organismes-desynchronises-exploration","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/organismes-desynchronises-exploration\/","title":{"rendered":"Organismes d\u00e9synchronis\u00e9s, exploration"},"content":{"rendered":"\n<p> Tu dois \u00eatre folle pour te promener en robe longue sur le bord du quai contigu au bois et tomber. Faire marcher le b\u00e9ton pied \u00e0 pied dans la nuit du clair de lune transparent en son milieu, agit\u00e9e de soubresauts clivant les barres m\u00e9tal en dessous. Et c\u2019est tout. Un caf\u00e9. Les chaises parlent entre elles, vides. Et la porte g\u00e9ante qu\u2019on ferme en fermant les yeux, le dos coll\u00e9. Et le corps qui s\u2019\u00e9croule avec dedans la vie pure de la voix. On est parti derri\u00e8re les arbres sur la place maintenant et les claquettes qui repoussent le petit chien aboyeur sur les talons de l\u2019\u00eatre humain. Il embrasse la voix int\u00e9rieure, la tient fort serr\u00e9e contre lui pour ne jamais la l\u00e2cher. D\u2019\u00e9paule \u00e0 \u00e9paule, de bouche \u00e0 bouche, de bras \u00e0 bras. Sur ce, empilage de chaises au fur et \u00e0 mesure, avec tout \u00e0 coup plus haut plus per\u00e7ant le regard s\u2019il vous pla\u00eet tenu ferme pour ne pas tomber. La volont\u00e9, le vouloir embrasser embraser se laisser porter tomber embrasser embraser porter tenir retenir de tomber plus vite toujours plus vite. Lumi\u00e8re aveuglante projet\u00e9e par l\u2019\u0153il du dedans comme une lampe torche inspectant le dehors. Le mur en face est en brique oui. \u00c7a je vois bien. Une voiture emporte la femme les bras \u00e9cart\u00e9es, se laisse choir probablement sur la banquette arri\u00e8re. Retour au caf\u00e9. Quelques pi\u00e9tinements au milieu des chaises jonch\u00e9es de-ci de-l\u00e0 de corps et de bras \u00e9tendus. Tout comme l\u2019apparition d\u2019un ange qui se pose et salut d\u00e9ployant l\u2019aile de ses bras. L\u2019ont-ils vu\u00a0? Un homme bless\u00e9 \u00e0 c\u0153ur baisse la t\u00eate. La porte s\u2019ouvre, se referme. L\u2019homme se rel\u00e8ve. Pourquoi pleure-t-elle\u00a0? La poitrine se soul\u00e8ve enti\u00e8rement d\u00e9couverte. Elle se l\u00e8ve\u00a0: face \u00e0 face, les yeux ferm\u00e9s la regardent, voient tout. La vie dans l\u2019essence de son \u0153il vert et roux qui voit tout. Surhomme-femme revenant prendre la mesure des m\u00e9langes engendr\u00e9s \u00e0 tous \u00e2ges en un buisson de pas sauteurs. Rentrer en visant la porte du wagon infini sous les yeux blas\u00e9s des voyageurs du petit matin. Tapoter l\u2019oreiller pour l\u2019avanc\u00e9e du monstre qui grogne dans le micro. Tu dois me faire peur dans ton sacr\u00e9 num\u00e9ro de costume \u00e0 rayures soit bon oh mon homme oh ta main comme l\u2019\u0153il du dedans virevolte pour se poser minutieux au dehors. L\u00e0. Juste l\u00e0 o\u00f9 il faut. Comme l\u2019oiseau fonceur, le colibri. Enfante l\u2019enfante. Pour que perdure. Puis, c\u00e9l\u00e9bration du parking \u00e0 visages d\u00e9couverts pieds nus sur le trottoir et en file indienne tous ensembles, tous semblables, tous diff\u00e9rents. Ils ont \u00e9t\u00e9 examin\u00e9s des deux yeux. Ils disent\u00a0: nous sommes le grand corps qui avance encord\u00e9 dans les couloirs du futur. La rouge les fesses tendues par-dessus le front sans compter les joues maigres qui grimacent le sourire express\u00a0; apparition, disparition. Les doigts tendus, la taille serr\u00e9e, elles courent. Trois autres et c\u2019est la guerre impr\u00e9vue sur laquelle on se lamente, sans jamais avoir trouv\u00e9 le temps de la critique et de l\u2019efficience r\u00e9unies en un couple fertile, notez-bien, \u00e0 notre charge. Et ce que l\u2019on fait aux femmes le corps moul\u00e9 par les robes. Le feu noir. Le feu bleu. Dehors, une paire d\u2019oiseaux maquill\u00e9s se tirant les cheveux pour se relever. Lui, le vieux, il a fi\u00e8re allure et le sourire appliqu\u00e9, les mains redress\u00e9es, le corps droit. Attention, ils sont tous en ligne de mire de nouveau\u00a0; gestes, explications dans la suite des gesticulations, sous l\u2019encolure des usines imbriqu\u00e9es dans un ciel ray\u00e9 bleu et rouille. Le parcours sinueux de la femme, la robe fleurie d\u2019un pas laiss\u00e9 pour compte et tout en retenu, la t\u00eate ploy\u00e9e, le corps bien droit. Sale d\u00e9faite. Les mains sur les genoux. Se font photographier. Non, s\u2019il vous pla\u00eet, ne souriez-pas. Laissez-vous faire mollement par des gestes simples et de sublimes courses. Lancer les bras, courir, revenir. Flash, fragile, d\u00e9licat, attentionn\u00e9. Explosion de rouge sur ton visage-corps offert des deux yeux des deux mains plongeant revenant par-dessus le visage miroir qui fr\u00e9mit au passage de l\u2019\u0153il int\u00e9rieur. Flash. Homme bois. Entrelac\u00e9 de branches d\u2019arbres. Ne vois-tu pas les \u00e9tranges reflets adonn\u00e9s au bleu p\u00e9trole d\u2019un oc\u00e9an de branches\u00a0? Flash. Ne dis rien. Descends, remonte. Montre. Passe une main. Parle en silence, souris. Repasse sur le R du ri de souris, d\u00e9passe. Respire. Silence. Sable. Les cheveux derri\u00e8re les oreilles et les mains bais\u00e9es. Une jambe caress\u00e9e. Comme dans un r\u00eave. Poup\u00e9e tripot\u00e9e ils trouvent \u00e7a in\u00e9luctable. Le jeu. Assise, touch\u00e9e, secou\u00e9e, arrach\u00e9e, bouscul\u00e9e, assaillie, embarqu\u00e9e. Courses collectives. Si tu marches seule tu verras, pr\u00e8s du rocher tu oublieras. Rose tu te jetteras. La joie en avant. Les bras marquant le tempo mais pas pr\u00e9cieux et petit \u00e0 petit, on voit que la timidit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9e, les cheveux ont repouss\u00e9 long, tr\u00e8s long, le long des reins de la robe rose tout pr\u00e8s, si pr\u00e8s de la bouche du rocher qui crache l\u2019eau la fait gicler et recouvre le sol d\u2019une couche \u00e9paisse. C\u2019\u00e9tait vraiment impudent, dit-elle. Les mains qui se tordent. Le long de l\u2019eau de la bouche, le long des corps qui se douchent, plongent dans le trou de ses bras sans jamais savoir. Le trou noir o\u00f9 va-t-il qui le sait on court vite \u00e7a oui pieds nus agiles une main dans le dos. Les femmes sont des poup\u00e9es ploy\u00e9es qu\u2019ils doivent retenir de tomber. Elle, arm\u00e9e de son souffleur \u00e0 feuille ne m\u2019entend pas hurler. Alors que \u00e7a parle au dehors, alors que les feuilles tombent et pi\u00e9tinent ou grimpent aux arbres. Je suis l\u2019oiseau\u00a0; dis -moi le pourquoi de ta chute mortelle quand on t\u2019a quitt\u00e9. R\u00eave de toi. R\u00eave de moi. Robe rouge sang. Train\u00e9e au sol\u00a0; tout laiss\u00e9 derri\u00e8re en apesanteur. Tu te rappelles comme on voulait partir avec elle\u00a0? Manier le Grand b\u00e2ton contre la Grande d\u00e9chirure. \u00c9coute, entends, plus ne te pendre aux genoux de la montagne ardente, voir l\u2019eau venir \u00e0 toi et te recouvrir, nage la spirale du serpent montre le muscle de ton ventre et de ta taille fine. Tourne entre les poteaux qui se plient \u00e0 ton mouvement perp\u00e9tuel de corps de bois qui voit les jambes amplifier le son du S de la spirale serpent. Et le canal s\u2019\u00e9tire sagement, le train p\u00e9n\u00e8tre les eaux des deux corps enlac\u00e9s en un seul. Tu rentres. Regarde la main de l\u2019ext\u00e9rieur qui porte l\u2019\u0153il \u00e0 hauteur du visage. Douleur, beaut\u00e9, chagrin, monstre d\u2019eau rejet\u00e9 \u00e0 travers les couches\u00a0; la roche qui donne \u00e0 voir le sable, racle le pied de la montagne, lui retombe dessus et toi seul la flingue pas d\u2019erreur, maintenue au sommet orange, ajust\u00e9e serr\u00e9e contre le bleu du ciel, la tombe. Il faut que l\u2019\u0153il surgisse et se mouille, se tourne et se retourne pour ne rien louper tapi en nous. Hello la sc\u00e8ne et l\u2019eau, hello envahit le corps, hume vie pure vaut par elle-m\u00eame enfant\u00e9e dans la boue, torse maigre et devenu muscl\u00e9 \u00e0 force de se jeter tourner sauter gicler. Dansez attach\u00e9s, pauvres objets de d\u00e9sir qu\u2019on dirait tortur\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 l\u2019ombre de la tache rouge sous les talons qui s\u2019exasp\u00e8rent. Regard tragique de l\u2019\u0153il qui sort du noir de la lumi\u00e8re int\u00e9rieure et se jette dans celui de l\u2019arbre du dehors. Vont-ils l\u2019enterrer vive comme une Antigone\u00a0? D\u00e9sir ardent d\u00e9sert mordant \u00e0 genoux manqu\u00e9 depuis la terre, noy\u00e9 sur le dos de la b\u00eate ronde et l\u2019arbre rouge avance pas \u00e0 pas. L\u00e0-haut, tout au dessus du paysage vide, ils marchent entre les poteaux toujours bien droits et tout sourire, l\u00e0-haut, l\u00e0-haut entre les poteaux les saisons d\u00e9filent. La voil\u00e0 elle, qui montre dans les gestes pratiques de son amour pour l\u2019art, rapporte un au revoir pour ne pas \u00eatre perdu, quand la vie n\u2019est que danse danse danse. <\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Tu dois \u00eatre folle pour te promener en robe longue sur le bord du quai contigu au bois et tomber. 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