{"id":19959,"date":"2019-11-26T19:11:08","date_gmt":"2019-11-26T18:11:08","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=19959"},"modified":"2019-11-28T16:51:22","modified_gmt":"2019-11-28T15:51:22","slug":"des-lieux-des-gens-des-evenements","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/des-lieux-des-gens-des-evenements\/","title":{"rendered":"Des lieux, des gens, des \u00e9v\u00e8nements."},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Suzanne Versatis<\/strong> a du mal \u00e0 exister. Elle veut avancer, marcher tout le temps. Heureus avec son mari. Et pourtant elle patauge, elle tourbillonne, comme une abeille contre la vitre. Elle veut sauver le monde. Avec Andr\u00e9, ils sauveront un fils de la leuc\u00e9mie , dure bataille, mais elle ne sauvera pas son deuxi\u00e8me fils.<br><strong>Andr\u00e9<\/strong>, un peu \u00e9voqu\u00e9, un homme pragmatique qui tient la route. Il apporte le bonheur. Insidieusement, il prendra sa femme comme elle est, acceptant ses d\u00e9ficiences, mais toujours l\u00e0 pour elle, \u00e0 sa fa\u00e7on. En 1989, il vient de se mettre \u00e0 son compte et perd un gros client, tous les deux iront marcher pour \u00ab\u00a0dig\u00e9rer\u00a0\u00bb ce coup dur, il a besoin d&rsquo;elle et le reconnait volontiers. Il est toujours l\u00e0 quand il faut<br><strong>Ugo<\/strong>, une rencontre sur le tard, apr\u00e8s la mort d&rsquo;Andr\u00e9. Avec lui, un vent de folie dans une vie trop sage. Il a toujours, \u00e9t\u00e9 \u00e0 la CGT, ensemble ils \u00e9coutent des historiens, des philosophes, suivent toute la campagne des \u00e9lections pr\u00e9sidentielles. Sur une p\u00e9riode courte,Ils s&rsquo;accompagneront. Originaire de Normandie, il arpente le Vercors et les Chambarans. et les lui feront conna\u00eetre.<br><strong>Le Cantal<\/strong>, et Aurillac, o\u00f9 ils passeront quatre ans au d\u00e9but de leur mariage, tr\u00e8s riches. C&rsquo;est le d\u00e9but de leur vie ensembles. Ils ont failli y rester. Andr\u00e9, commercial, ira dans toutes les villes et conna\u00eetra le Cantal de fond en comble. Elle , pense \u00e0 une vieille cuisine, dans un appartement au sol en terre battue et des barreaux aux fen\u00eatres. Son bonheur, ils y ont trois enfants.<br><strong>L&rsquo;ancienne maison<\/strong>, \u00e0 l&rsquo;arriv\u00e9e \u00e0 L.R. la maison du bonheur, o\u00f9 ils auront leur cinq enfants heureux du jardin, des couchers de soleil, du plein-pied, des voisins. C&rsquo;est une location, Ils devront la rendre en 1979.<br><strong>Son fils<\/strong>, elle dit, Andr\u00e9 est d\u00e9j\u00e0 mort \u00e0 ce moment l\u00e0, son fils se suicide, \u00e0 l&rsquo;age de 53 ans. Tremblement de terre dans toute la famille. Qu&rsquo;a-t-elle manqu\u00e9, omis, elle n&rsquo;a pas su faire, elle n&rsquo;a pas su voir ? Qu&rsquo;a-t-il pens\u00e9, vu, lui ? Suzanne veut se taire, ne plus parler, ne plus bouger, faire comme lui, tout se bouscule et pour un long temps&#8230;<br><strong>Le cimeti\u00e8re<\/strong> o\u00f9 on a mis son urne, \u00e0 cot\u00e9 de son p\u00e8re, un cimeti\u00e8re tranquille, \u00e0 la campagne, rappel de ce cimeti\u00e8re de Picardie dans un petit village de campagne o\u00f9 sont les beaux-parents de Suzanne, avec un broc d&rsquo;eau cach\u00e9 dans la haie o\u00f9 ils vont chaque ann\u00e9e au mois d&rsquo;ao\u00fbt.<br><strong>La ville L.R.<\/strong> et son bruit o\u00f9 ils habiteront cinquante ans, de 1964, retour d&rsquo;Aurillac, \u00e0 ce jour. Une ville mini\u00e8re, tout \u00e0 cot\u00e9 de St-E., mini\u00e8re et industrielle. La ville aux sept collines, plus les terrils. Le puit Pigeot se visite maintenant. Elle, elle r\u00eave d&rsquo;eau, de fleuve, il y en a bien un, tout petit, Le Furan, tout recouvert, peu \u00e0 peu, on le d\u00e9couvre. Le grand parking \u00e9voqu\u00e9 \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e de ville est en fait celui de Grenoble.<br><strong>Grenoble<\/strong>, c&rsquo;est Ugo, avec qui elle passera 5 ans. En ville, puis dans un coin de campagne.<br><strong>L&rsquo;enfant<\/strong>, qui parle de fin du monde pour St-E. quand \u00ab\u00a0les volcans\u00a0\u00bb ( les collines et les terrils) exploseront, c&rsquo;est le repr\u00e9sentant virtuel de tous ces petits- enfants qu&rsquo;elle aime tant, qu&rsquo;elle veut aimer mieux que les siens. Ce qui ne veut rien dire, elle le sait. Elle fera comme elle peut. <br><strong>Un Olo\u00eb<\/strong> r\u00e9duit \u00e0 sa plus simple expression, un stylo. Ils viennent d&rsquo;arriver dans la deuxi\u00e8me maison, par obligation, le propri\u00e9taire veut r\u00e9cup\u00e9rer son bien. Le stylo lui rappelle son enfance \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole s\u00e9v\u00e8re, l&rsquo;enfance et l&rsquo;\u00e9cole et toutes les interdictions. Et aussi son passage comme secr\u00e9taire, dix ans, de son mari, oblig\u00e9 de se mettre \u00e0 son compte.<br><strong>La Picardie<\/strong>, le pays heureux d&rsquo;Andr\u00e9 petit, et des enfants.La chaise,c&rsquo;est la chaleur,le bonheur de la famille du beau-p\u00e8re de Suzanne. Ce beau-p\u00e8re tellement bon, humain, aim\u00e9. Quand il mourra, Andr\u00e9 et Suzanne loueront un gite. C&rsquo;est dans l&rsquo;un d&rsquo;eux que, aux vacances 1976, un de leur deux fils leur dira \u00ab\u00a0Vous \u00eates cons\u00a0\u00bb, le lendemain il fera beau, mais&#8230;<br><strong>Mes 27 septembre<\/strong> une vie vue \u00e0 travers ou avec tous les \u00e9v\u00e8nements du monde. C&rsquo;est ce que Suzanne pr\u00e9f\u00e8re, elle a particip\u00e9, elle a \u00e9tudi\u00e9, cherch\u00e9 \u00e0 comprendre tout au long de sa vie. Elle dit qu&rsquo;elle est n\u00e9e quatre fois ou plus, m\u00eame, chaque fois, elle a rebondi.<br>Elle pense \u00e0<strong> Ugo<\/strong>, un passage si court dans une vie de 79 ans. Mais Ugo, c&rsquo;est aussi<strong> Grenoble<\/strong>,la montagne, le Vercors, le petit villagede V; les noix, le mondage o\u00f9 on d\u00e9cortique soigneusement les noix pour en avoir les meilleurs cerneaux avec  tous les voisins ou amis autour de la table, la cour de la maison, une vaste cours avec trois arbres, un sycomore, un tilleul et un catalpa, un peu de pelouse et des chemins de gravier.<br>Elle pense \u00e0<strong> Andr\u00e9<\/strong>, solide et pieds sur terre. Il lui a donn\u00e9 l&rsquo;ouverture au monde. Elle revisite et transforme ces 48 ans pass\u00e9s avec lui, toujours positif, si peu bavard, tranchant parfois, mais toujours pr\u00e9sent quand il faut, si calme quand il a fallu mourir. Sans lui mais avec lui, elle continue.<br>Elle pense \u00e0 <strong>son fils<\/strong>, tout le temps. On ne peut pas cacher la douleur, mais ne pas oublier de vivre et tenir tout cela ensemble. Penser \u00e0 tout ce qu&rsquo;il lui a dit de gentil, \u00ab\u00a0Je suis tellement content que tu aies rencontr\u00e9 quelqu&rsquo;un\u00a0\u00bb (Ugo). \u00ab\u00a0Je peux prendre ta voiture ? \u00ab\u00a0,  Il me la ram\u00e8nera lav\u00e9e, bichonn\u00e9e, impeccable. Comment il lui a montr\u00e9 pour passer la tondeuse, patiemment, tellement serein, si peu avant de mourir.<br>Elle pense \u00e0 ses quatre enfants, devenus grands, les maris de ses trois filles, la femme de son fils vivant et la femme de son fils mort avec tous les dix petits-enfants, Ils ont tous affront\u00e9 cette mort et sont debout. Ensemble ils se sont confort\u00e9s et ils s&rsquo;aiment.<br><strong>Suzanne<\/strong> se sent enti\u00e8re comme jamais. Et ce monde \u00e0 venir si boulevers\u00e9 et dangereux, elle y sera \u00e0 plein, tant qu&rsquo;elle vivra. Celui qui est f\u00eal\u00e9 laisse passer la lumi\u00e8re, elle laissera passer la lumi\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Suzanne Versatis a du mal \u00e0 exister. Elle veut avancer, marcher tout le temps. Heureus avec son mari. Et pourtant elle patauge, elle tourbillonne, comme une abeille contre la vitre. Elle veut sauver le monde. 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