{"id":200895,"date":"2025-12-30T22:37:54","date_gmt":"2025-12-30T21:37:54","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=200895"},"modified":"2026-01-16T10:36:01","modified_gmt":"2026-01-16T09:36:01","slug":"histoire-01-04-carnet-de-sante","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/histoire-01-04-carnet-de-sante\/","title":{"rendered":"#histoire #01-12 | Carnet de sant\u00e9"},"content":{"rendered":"\n<p>Encore le principe du carnet d&rsquo;\u00e9criture, et toujours trop bavard. Mais pour aller \u00e0 l&rsquo;essentiel :<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:33.34%\">\n<p><a href=\"#histoires\"><strong>#01 | histoires<br><\/strong><\/a><a href=\"#monologues\"><strong>#02 | monologues<br><\/strong><\/a><a href=\"#instant\"><strong>#03 | instant T<br><\/strong><\/a><a href=\"#pourquoi\"><strong>#04 | pourquoi<\/strong><\/a><br><strong><a href=\"#100vues\">#05 | 100 vues<\/a><\/strong><\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:33.34%\">\n<p><strong><a href=\"#r\u00eaves\">#06 | r\u00eaves<\/a><\/strong><br><strong><a href=\"#atlas\">#07 | atlas<\/a><\/strong><br><strong><a href=\"#retour\">#08 | retour<\/a><\/strong><br><strong><a href=\"#arriv\u00e9e\">#09 | arriv\u00e9e<\/a><\/strong><br><strong><a href=\"#non\">#10 | non, c&rsquo;est&#8230;<\/a><\/strong><\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:33.33%\">\n<p><strong><a href=\"#mains\">#11 | mains<\/a><\/strong><br><strong><a href=\"#h\u00f4tel\">#12 | h\u00f4tel(-dieu)<\/a><\/strong><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-70c54aca03f3293f989c72de5fa6d07e\" style=\"color:#d11919\">15102025<\/h1>\n\n\n\n<p>Bien s\u00fbr, on est le 17, le 18 ou le 19 \u2014 ou plus, \u00e7a passe mine de rien \u2014, mais le 15 c\u2019est bien. C\u2019est bien pour reprendre, un peu, pour se remettre \u00e0 \u00e9crire. Un peu. J\u2019attendais d\u2019ailleurs le 15. Je voulais le faire le 15, m\u00eame. Mais j\u2019ai oubli\u00e9. Mais je crois aussi qu\u2019il me manquait quelque chose. Je crois que j\u2019avais pas tout ce qu\u2019il fallait. Le 15, je savais pas encore vraiment quoi dire. C\u2019est dommage, maintenant on est le 17. J\u2019ai mon petit discours, et je l\u2019ai eu tout juste, complet, aujourd\u2019hui, mais on est le 17. Du coup, il risque d\u2019\u00eatre un peu p\u00e9rim\u00e9. \u00c7a va vite les discours, \u00e7a se p\u00e9rime vite. Le 15, \u00e7\u2019aurait \u00e9t\u00e9 bien, tout frais. C\u2019\u00e9tait l\u2019anniversaire de Lulu, elle aurait eu quatre-vingt-dix-sept ans. Mais il \u00e9tait pas complet ce discours. Pas vraiment. Ou alors c\u2019\u00e9tait moi. J\u2019\u00e9tais pas vraiment pr\u00eat. J\u2019\u00e9tais pas complet. C\u2019est pas si simple de tenir un discours, surtout quand on n\u2019aime pas beaucoup \u00e7a. Alors si en plus c\u2019est un jour o\u00f9 vous \u00eates pas complet, o\u00f9 quelque chose vous manque. C\u2019est dommage quand m\u00eame, parce que je l\u2019avais presque, le 15, ce petit discours. Je le tenais au fond de moi. Mais c\u2019est pas sorti. \u00c7a venait pas. Maintenant c\u2019est mieux, le 17, mais il est p\u00e9rim\u00e9. Il m\u2019a l\u2019air tout repli\u00e9 sur lui-m\u00eame, tout sec, tout ratatin\u00e9. C\u2019est malin&nbsp;! Tant pis, on va faire avec. C\u2019est quand m\u00eame mieux que rien, non&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est pas que j\u2019aie vraiment quelque chose \u00e0 dire, apr\u00e8s des mois de silence, mais peut-\u00eatre que, quand m\u00eame, maintenant, cette affiche, sur le Mur \u2014 et par les temps qui courent, et les dieux savent comme ils vont, dans tous les sens et \u00e0 contre-courant \u2014, ce ne sera pas inutile. De Val\u00e8re Novarina, <em>Devant la parole<\/em>&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Voici que les hommes s\u2019\u00e9changent maintenant les mots comme des idoles invisibles, ne s\u2019en forgeant plus qu\u2019une monnaie&nbsp;: nous finirons un jour muets \u00e0 force de communiquer&nbsp;; nous deviendrons enfin \u00e9gaux aux animaux, car les animaux n\u2019ont jamais parl\u00e9 mais toujours communiqu\u00e9 tr\u00e8s tr\u00e8s bien. Il n\u2019y a que le myst\u00e8re de parler qui nous s\u00e9parait d\u2019eux. \u00c0 la fin, nous deviendrons des animaux&nbsp;: dress\u00e9s par les images, h\u00e9b\u00e9t\u00e9 par l\u2019\u00e9change de tout, redevenus des mangeurs du monde et une mati\u00e8re pour la mort. La fin de l\u2019histoire est sans parole.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>OK. Mais on ne va pas en rester l\u00e0, sur ce constat. Sinon, o\u00f9 est le discours, digne de ce nom&nbsp;? o\u00f9 serait le dialogue&nbsp;? D\u2019ailleurs, pour Val\u00e8re, c\u2019est un point de d\u00e9part. C\u2019est le point d\u2019interrogation de la parole \u2014 la parole m\u00eame&nbsp;? \u2014 contre les techniques d\u2019information-communication. On va prendre le taureau par les cornes, avec une belle affiche surr\u00e9aliste. C\u2019est pass\u00e9 de mode&nbsp;? Peut-\u00eatre, dans le cadre de l\u2019info-com \u2014 encore qu\u2019elle lui doit beaucoup. Mais dans l\u2019espace des r\u00eaves, des fantasmes, des d\u00e9sirs, des imaginaires tous azimuts, o\u00f9 le temps n\u2019a pas de prise v\u00e9ritable \u2014 sinon fractale&nbsp;? donc r\u00e9versible&nbsp;? Bref&nbsp;! je suis en train de lire le <em>Manifeste du surr\u00e9alisme<\/em>, et alors&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>\u00ab&nbsp;Faites-vous apporter de quoi \u00e9crire, apr\u00e8s vous \u00eatre \u00e9tabli en un lieu aussi favorable que possible \u00e0 la concentration de votre esprit sur lui-m\u00eame.&nbsp;<\/em><\/strong>(Have writing materials brought, once you are settled in a place as favourable as possible for focusing the mind on itself.)<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Placez-vous dans l\u2019\u00e9tat le plus passif, ou r\u00e9ceptif, que vous pourrez. Faites abstraction de votre g\u00e9nie, de vos talents et de ceux de tous les autres.&nbsp;<\/em><\/strong>(Put yourself in the most passive, or receptive, state you can. Forget about your genius, your talents, and those of others.)<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Dites-vous bien que la litt\u00e9rature est un des plus tristes chemins qui m\u00e8nent \u00e0 tout. \u00c9crivez vite sans sujet pr\u00e9con\u00e7u, assez vite pour ne pas retenir et ne pas \u00eatre tent\u00e9 de vous relire.&nbsp;<\/em><\/strong>(Tell yourself repeatedly that literature is one of the saddest roads leading to everything. Write swiftly with no preconceived subject, swiftly enough that you cannot retain it, and are not tempted to re-read.)<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>La premi\u00e8re phrase viendra toute seule, tant il est vrai qu\u2019\u00e0 chaque seconde il est une phrase, \u00e9trang\u00e8re \u00e0 notre pens\u00e9e consciente, qui ne demande qu\u2019\u00e0 s\u2019ext\u00e9rioriser.&nbsp;<\/em><\/strong>(The first sentence will arise spontaneously, it being the case in truth that each second there is a sentence, unknown to our conscious thought, which only asks to be externalised.)<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Il est assez difficile de se prononcer sur le cas de la phrase suivante&nbsp;; elle participe sans doute \u00e0 la fois de notre activit\u00e9 consciente et de l\u2019autre, si l\u2019on admet que le fait d\u2019avoir \u00e9crit la premi\u00e8re entra\u00eene un minimum de perception.&nbsp;<\/em><\/strong>(It is quite difficult to make pronouncements about the next sentence; it no doubt participates in both our conscious activity and the other kind, if you agree that the fact of having written the first entails a minimum of perception.)<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Peu doit vous importer, d\u2019ailleurs&nbsp;; c\u2019est en cela que r\u00e9side, pour la plus grande part, l\u2019int\u00e9r\u00eat du jeu surr\u00e9aliste. <\/em><\/strong>(That should matter little to you, however; and in that resides, to a large extent, the interest of the surrealist game.)<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Toujours est-il que la ponctuation s\u2019oppose sans doute \u00e0 la continuit\u00e9 absolue de la coul\u00e9e qui nous occupe, bien qu\u2019elle paraisse aussi n\u00e9cessaire que la distribution des n\u0153uds sur une corde vibrante. Continuez autant qu\u2019il vous plaira.&nbsp;<\/em><\/strong>(It is still the case that punctuation definitely runs counter to the absolute continuity of flow which concerns us, although it may seem as necessary as the distribution of nodes on a vibrating string.&nbsp;Continue for as long as you wish.<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>Si le silence menace de s\u2019\u00e9tablir pour peu que vous ayez commis une faute&nbsp;: une faute, peut-on dire, d\u2019inattention, rompez sans h\u00e9siter avec une ligne trop claire&nbsp;<\/em><\/strong>(If silence threatens to establish itself, if you have committed an error: an error, let us say, of inattention, break off without hesitation with a more than obvious blank line.)<\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>\u00c0 la suite du mot dont l\u2019origine vous semble suspecte, posez une lettre quelconque, la lettre&nbsp;<\/em>l<em> par exemple, toujours la lettre <\/em>l<em>, et ramenez l\u2019arbitraire en imposant cette lettre pour initiale au mot qui suivra.&nbsp;<\/em><\/strong>(Following a word whose origin seems suspect to you, place some letter, the letter \u2018l\u2019 for example, the letter \u2018l\u2019 every time, and recall the arbitrary by making this letter the initial one of the very next word.)&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Et comme il manque une phrase \u2014 le texte et sa traduction proviennent de <a href=\"https:\/\/blogs.transparent.com\/french\/secrets-de-l%E2%80%99art-magique-surrealiste-secrets-of-the-magical-surrealist-art\/\">Transparent Language<\/a> \u2014, je l\u2019ajoute&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Fiez-vous au caract\u00e8re in\u00e9puisable du murmure.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"884\" height=\"497\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Image1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-200905\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Image1.jpg 884w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Image1-420x236.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/Image1-768x432.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 884px) 100vw, 884px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">|| &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et puis, en attendant le d\u00e9luge |<\/h2>\n\n\n\n<p>On devrait plus souvent se promener dans le lit des rivi\u00e8res. Aujourd\u2019hui, j\u2019y ai aper\u00e7u des chevreuils furtifs, des oiseaux fant\u00f4mes, j\u2019ai entendu des insectes volants et des craquements. L\u2019herbe et certaines plantes s\u2019\u00e9taient install\u00e9es par endroits. Les pierres, les cailloux, le gravier et les grains de sable \u00e9taient de sortie. Les feuilles mortes commen\u00e7aient \u00e0 d\u00e9ployer leur couverture. Mais j\u2019ai surtout crois\u00e9 des blocs de pierre. Des ruines d\u2019anciens murs. Plant\u00e9es l\u00e0, dans la grave. Couverts de mousses. J\u2019ai cru d\u2019abord qu\u2019ils \u00e9taient assoupis, qu\u2019ils \u00e9taient l\u00e0 pour se reposer. Mais non. Les ruines, en fait \u2014 c\u2019est ce que j\u2019ai compris sur le chemin du retour \u2014, viennent dans le lit des rivi\u00e8res pour mourir. Elles trouvent un endroit, s\u2019y \u00e9chouent, et, peu \u00e0 peu, s\u2019enfoncent, se d\u00e9sagr\u00e8gent insensiblement, s\u2019enveloppant dans un tapis de mousse, en attendant la dissolution totale. Le retour de l\u2019eau. Le lit plein, quand l\u2019eau court. Les grandes crues. Car les ruines ne sont pas destin\u00e9es, comme nous, au ciel, dans nos r\u00eaves, ou \u00e0 la terre. Mais \u00e0 l\u2019eau. La dissolution, la dispersion du bloc \u00e0 l\u2019infinit\u00e9simal, au grain de sable microscopique, atomique, en suspension, noy\u00e9 dans les alluvions, les s\u00e9diments. La vase. No\u00e9 ne dirait pas le contraire. Et, la rivi\u00e8re \u00e0 sec, dans le lit de laquelle je marchais, je me suis dit que le d\u00e9luge ne serait pas de trop.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; ||<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-0abb8ab666d1983db4c742818e785718\" style=\"color:#d11919\">20102025<\/h1>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;La pens\u00e9e n\u2019utilise pas les mots, ne cherche jamais ses mots, ce sont les mots qui cherchent, qui traquent la pens\u00e9e. Nous nous d\u00e9pouillons des mots en parlant. Celui qui parle, celui qui \u00e9crit, c\u2019est un qui jette ses mots comme des cailloux divinatoires, comme des d\u00e9s lanc\u00e9s.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">(Val\u00e8re Novarina, <em>Devant la parole<\/em>)<\/p>\n\n\n\n<p>Et forc\u00e9ment, ce genre de cailloux, c\u2019est assez rare. \u00c0 s\u2019en d\u00e9pouiller, on finit tout nu. Tr\u00e8s vite. On le voit bien dans les textes \u00e0 trous. La pens\u00e9e file son chemin, mais les mots ne suivent pas toujours. Quelques ann\u00e9es-lumi\u00e8re ne seront pas de trop pour en retrouver la piste. Tant pis si la pens\u00e9e a chang\u00e9 de monde. Mais, \u00e0 savoir jouer du trou, pause, coupure, syncope, \u00e9vanouissement, rupture, disjonction, etc., de la fissure au gouffre \u2014 \u00e0 savoir jour du saut, comme d\u2019un mot nouveau, rien n\u2019aura peut-\u00eatre vraiment chang\u00e9. On aura simplement \u00e9largi le champ de force des mots sur<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-5b3f269534145f7adce7ce2023c61f39\" style=\"color:#d11919\">22102025<\/h1>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Marcel |<\/h2>\n\n\n\n<p>Parfois, dans mes lectures, je tombe sur un passage pouvant constituer une belle \u00e9pigramme. J\u2019en ai trouv\u00e9 pas mal. Mais celui-ci, de Val\u00e8re Novarina dans <em>Devant la parole<\/em>, aussi direct que litt\u00e9ral, pourrait bien \u00eatre d\u00e9finitif&nbsp;: \u00ab&nbsp;Chanson de Marcel Moi-M\u00eame&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 tout prendre, il pourrait m\u00eame s\u2019agir d\u2019un titre.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Correspondances | \u00e0 nu<\/h2>\n\n\n\n<p>|| Ouf&nbsp;! C\u2019\u00e9tait moins une&nbsp;! J\u2019ai bien failli me mettre \u00e0 nu dans le journal&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019autre jour, je me suis rendu place du March\u00e9 d\u2019Archiac, au d\u00e9part de la marche Octobre Rose, \u00e0 laquelle j\u2019ai particip\u00e9 \u2014 joignant l\u2019utile \u00e0 l\u2019agr\u00e9able&nbsp;; d\u2019autant plus utile que la marche, avec ma patte folle, c\u2019est bien le seul sport que je puisse encore pratiquer (pas trop longtemps quand m\u00eame&nbsp;; mon m\u00e9decin me conseille aussi le v\u00e9lo et la natation, mais avec mes cuisses de poulet et vite glac\u00e9 dans l\u2019eau\u2026). Le parcours reprenait celui de la randonn\u00e9e des trois clochers&nbsp;: devant la vieille protestante n\u00e9ogothique d\u2019Archiac, on rejoignait la belle romane catholique d\u2019Arthenac, puis la paysanne rustique de Saint-Eug\u00e8ne, avant de revenir place du March\u00e9, une guirlande de sous-v\u00eatements f\u00e9minins roses pour ligne d\u2019arriv\u00e9e. Il faisait un peu frais, mais le temps \u00e9tait radieux, et le paysage vallonn\u00e9, bois\u00e9, sillonn\u00e9 de vignes jaunies, parsem\u00e9 de hameaux, l\u00e9g\u00e8rement voil\u00e9 de brume, \u00e9tait des plus agr\u00e9able.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est peu ou prou ce que j\u2019ai not\u00e9 pour l\u2019article. Tant pis pour le clich\u00e9 de carte postale, je n\u2019ai pas toujours le temps de travailler mes textes. Pas pour le journal. Mais bon, ce jour-l\u00e0, les \u00e9v\u00e9nements m\u2019ont aid\u00e9. \u00c0 l\u2019entr\u00e9e du bois, on s\u2019est retrouv\u00e9 au milieu d\u2019une chasse \u00e0 courre, avec des chasseurs, tenues orange de rigueur, post\u00e9s l\u2019un ici, l\u2019autre l\u00e0. Et les chiens qui aboyaient dans tout le bois. On a un peu h\u00e9sit\u00e9 avant d\u2019emprunter le sentier. <em>Mais non&nbsp;! c\u2019est bon&nbsp;!<\/em> dit l\u2019un. \u2014 <em>Vous \u00eates s\u00fbr&nbsp;?<\/em> On y est all\u00e9s. En file indienne. On ne s\u2019est pas tromp\u00e9s \u00e0 la crois\u00e9e des pistes. Le terrain de ball-trap nous a rassur\u00e9s, signe qu\u2019on sortait bient\u00f4t du bois. Les chiens n\u2019arr\u00eataient pas de gueuler. Bref&nbsp;! on a rejoint les murs de la petite paysanne rustique. Mais il a fallu encore traverser le terrain de chasse pour boucler la marche. <em>Vous \u00eates s\u00fbr, on peut passer&nbsp;? \u2014 Mais oui\u2026 <\/em>a dit l\u2019autre<em>.<\/em> Mais oui, mais non. Il avait le dos tourn\u00e9. Il n\u2019a pas vu la b\u00eate arriver. Mais comme tout le monde, il a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 par le coup de feu. Sauf le chevreuil, ou son ombre, qui a fil\u00e9 dans un rang de vigne. Une petite meute de chiens \u00e0 ses trousses. Alors, le temps de comprendre ce qui venait de se passer, ou d\u2019essayer de savoir ce qu\u2019on faisait l\u00e0, pourquoi on avait assist\u00e9 \u00e0 cette sc\u00e8ne, si on pouvait passer maintenant \u2014 on a emprunt\u00e9 le chemin blanc.<\/p>\n\n\n\n<p>Bon. Voil\u00e0. Une petite marche symbolique, transform\u00e9e en randonn\u00e9e bucolique, dans une partie de chasse manqu\u00e9e \u2014 du moins pour un temps. Et \u00e7a&nbsp;: cette sc\u00e8ne de chasse, le coup de feu, la b\u00eate en fuite, les chiens \u00e0 ses trousses, et puis rien&nbsp;: \u00e7a, je n\u2019ai pas pu m\u2019emp\u00eacher de le noter, d\u2019abord, dans l\u2019article. Avant de me raviser. C\u2019est vrai, \u00e7a aurait plomber, si on peut dire, la petite marche rose. Si je n\u2019avais pas particip\u00e9, j\u2019aurais appel\u00e9 le comit\u00e9 des f\u00eates pour l\u2019article, et je n\u2019aurais rien su de l\u2019\u00e9v\u00e9nement. Mais l\u00e0, j\u2019y \u00e9tais. Et ce que je retiens, c\u2019est \u00e7a, la sc\u00e8ne de chasse. Rien \u00e0 voir avec la marche rose, non. Mais tout avec moi, en fait. Alors oui, j\u2019ai supprim\u00e9 le passage dans l\u2019article. On me dira que ce n\u2019est pas tr\u00e8s professionnel de masquer les faits comme \u00e7a. Peut-\u00eatre, j\u2019avoue. Mais quand m\u00eame, je n\u2019allais pas non plus me d\u00e9voiler comme \u00e7a&nbsp;! Parce que, en fait, si j\u2019avais pu, je serais sorti du chemin blanc. J\u2019aurais couru derri\u00e8re les chiens. Non&nbsp;: <em>avec<\/em>. J\u2019aurais \u00e9t\u00e9 le chien qui se barre. &nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Loin.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; ||<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-ec57e112cc85d3cb3538988c6b6389ee\" style=\"color:#d11919\">23102025<\/h1>\n\n\n\n<div id=\"histoires\" class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h2 class=\"wp-block-heading has-blue-color has-light-gray-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-elements-74445d0d837e6d5c5188c9b4d4ff206f\">Atelier 1 | histoires<\/h2>\n\n\n\n<p><em>En d\u00e9but d\u2019ann\u00e9e, quelques notes prises lors d\u2019un s\u00e9jour \u00e0 l\u2019h\u00f4pital. Mises au propre, d\u00e9velopp\u00e9es, l\u2019ensemble s\u2019intitule <\/em>Carnet de sant\u00e9<em>. Jour apr\u00e8s jour, on a observ\u00e9, \u00e9cout\u00e9, r\u00eav\u00e9 aussi, ce qu\u2019il se passait. C\u2019est une sorte de journal. Mais tenu sans dates. C\u2019est peut-\u00eatre un point de d\u00e9part pour un livre. Mais laiss\u00e9 en plan. Il faudrait int\u00e9grer les hospitalisations plus anciennes, celles des autres \u00e0 qui on a rendu visite, ou dont a eu des nouvelles&nbsp;? Ou les consultations m\u00e9dicales, les simples visites pour un certificat, une signature, les bobos gu\u00e9ris quelques gestes pour panser, et deux ou trois mots magiques. En attendant ce livre qui ne viendra pas, rouvrons ce carnet, et quelques images. Avec&nbsp;:<\/em><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-light-gray-background-color has-background\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<pre class=\"wp-block-verse\">L\u2019histoire de l\u2019\u00e9ditrice de livres d\u2019art devenue ambulanci\u00e8re.<br><br>L\u2019histoire de l\u2019assistant de r\u00e9gulation m\u00e9dicale de nuit.<br><br>L\u2019histoire de l\u2019ambulancier disant avoir \u00e9t\u00e9 \u00ab&nbsp;\u00e0 l\u2019\u00e9cole avec votre femme&nbsp;\u00bb.<br><br>L\u2019histoire du m\u00e9decin qui n\u2019a pas l\u2019air de croire votre r\u00e9cit, qui cherche toujours \u00e0 en savoir plus, qui semble avoir une autre version des faits.<br><br>L\u2019histoire du peintre d\u2019un \u00e9l\u00e9phant et d\u2019un singe accroch\u00e9s \u00e0 une liane (ou l\u2019histoire de Ziquette).<br><br>L\u2019histoire de celui qui a pr\u00eat\u00e9 sa voix pour \u00e9noncer les instructions du scanner IRM.<br><br>Une histoire d\u2019ASH.<br><br>L\u2019histoire d\u2019Angela, l\u2019aide-soignante mexicaine.<br><br>L\u2019histoire d\u2019Hugo, l\u2019aide-soignant magicien.<br><br>Les histoires sur les bras tatou\u00e9s du bin\u00f4me de nuit.<br><br>L\u2019histoire de la petite voix, la nuit.<br><br>L\u2019histoire de l\u2019infirmi\u00e8re arrivant des Abymes.<br><br>Histoire des livres qu\u2019on emporte \u00e0 l\u2019h\u00f4pital.<br><br>L\u2019histoire de l\u2019ambulancier \u00e0 pied qui un jour a fait l\u2019\u00e9quivalent d\u2019un marathon.<br><br>Une histoire de sarcophage magn\u00e9tique.<br><br>L\u2019histoire du dialogue des vieux, qu\u2019on a laiss\u00e9s dans le couloir, dans leurs lits, et qui ne s\u2019adressaient pas la parole.<br><br>L\u2019histoire de la t\u00eate de la tour Eiffel au plafond.<br><br>L\u2019histoire du neurologue qui rit et du neurologue qui pleure.<br><br>L\u2019histoire de la t\u00eate \u00e0 la sangle noire.<br><br>Des histoires en traversant le couloir.<br><br>Histoire d\u2019un petit mot pour rien.<br><br>L\u2019histoire du cariste devenu ambulancier.<br><br>L\u2019histoire de celle, \u00e0 l\u2019arri\u00e8re de l\u2019ambulance, qui ne disait pas un mot.<\/pre>\n<\/div><\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-2c540da4fd7aebd9fb5e963cb4bbded2\" style=\"color:#d11919\">26102025<\/h1>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Structure |<\/h2>\n\n\n\n<p><em>Merde&nbsp;!<\/em> \u2014 En ce moment, c\u2019est un mot qui m\u2019\u00e9chappe trop souvent. Vous m\u2019en voyez bien d\u00e9sol\u00e9. Mais je ne m\u2019en excuserai pas. C\u2019est grossier, vulgaire pour certains, impoli cela va sans dire. Mais \u00e7a va mieux en le disant. Cela dit, je veux bien essayer de r\u00e9duire son usage. Alors, je me demande si l\u2019\u00e9crire, plus souvent, plus r\u00e9guli\u00e8rement, en lui restituant son petit contexte tr\u00e8s certainement insignifiant et qui n\u2019en vaut vraiment pas la peine&nbsp;: je me demande si, \u00e0 terme, je pourrais le dire moins souvent et, pourquoi pas, de fa\u00e7on imag\u00e9e. <em>Merde alors&nbsp;!<\/em><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Nouveaux esclaves |<\/h2>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;J\u2019ai peur de finir par oublier ce qu\u2019est un \u00eatre humain et d\u2019essayer de baiser des gens sans leur consentement, ou pire encore. Cela dit, avec ce nouvel esclavagisme et tous ces nouveaux outils ou gadgets qui sont en permanence \u00e0 notre disposition comme des petits toutous d\u00e9lirants, il y a une touche d\u2019ironie qui manquait dans les anciennes formes d\u2019esclavagisme. Contrairement \u00e0 ce qui se passait avec l\u2019esclavagisme plus traditionnel, o\u00f9 on r\u00e9duisait les gens \u00e0 leur corps dans le but de les annihiler au bout du compte ou de les torturer \u00e0 mort et de d\u00e9truire toute preuve de leur existence, le genre d\u2019esclavagisme qui nous a tous rendus riches \u00e0 millions, ces nouveaux esclaves \u00e9lectroniques nous enterrent vivants. Avez-vous remarqu\u00e9, Dr&nbsp;Seligman \u2014&nbsp;mais peut-\u00eatre avez-vous la chance d\u2019\u00eatre trop vieux pour ce genre de modernit\u00e9&nbsp;\u2014, que ces nouveaux esclaves sont con\u00e7us dans le but expr\u00e8s de nous pousser \u00e0 rester enferm\u00e9s chez nous&nbsp;? Qu\u2019ils nous privent de tout contact humain en nous apportant sur un plateau notre nourriture, nos courses et nos orgasmes, tout en noyant le peu de cervelle qu\u2019il nous reste sous un d\u00e9luge incessant d\u2019\u00e9missions t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es&nbsp;? Qu\u2019ils nous baisent et nous gavent jusqu\u2019\u00e0 ce que nous ne sachions m\u00eame plus \u00e9peler notre propre nom&nbsp;? Jusqu\u2019\u00e0 ce que nous oubliions que nous ne sommes pas les r\u00e9pliques de nous-m\u00eames que nous voyons sur l\u2019\u00e9cran&nbsp;? Jusqu\u2019\u00e0 ce que les derniers lambeaux inutiles de notre personnalit\u00e9 se retrouvent isol\u00e9s par le confort et le silence.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">(Katharina Volckmer, <em>Jewish cock<\/em>)<\/p>\n\n\n\n<div id=\"monologues\" class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h2 class=\"wp-block-heading has-blue-color has-light-gray-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-elements-c719a83595b3e05b084a320abf5cb5f4\">Atelier 2 | monologues<\/h2>\n\n\n\n<p>Kolt\u00e8s x <em>f<\/em> \u2014 \u00ab&nbsp;dans l\u2019instant m\u00eame o\u00f9 se r\u00e9v\u00e8le la situation, le monologue que chacun de ses t\u00e9moins entretient avec lui-m\u00eame, parce que bouscul\u00e9, parce qu\u2019\u00e9tonn\u00e9, parce que devant y intervenir&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><em>L\u2019entr\u00e9e dans la chambre, l\u2019installation du brancard sur le lit, le relais entre les ambulanci\u00e8res et l\u2019\u00e9quipe m\u00e9dicale. Ou alors, l\u2019un ou l\u2019une ou l\u2019autre de passage dans la chambre, dans la semaine.<\/em><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-light-gray-background-color has-background\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<pre class=\"wp-block-verse\">Ambulanci\u00e8re 1 |&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; cette feuille, signe-moi \u00e7a\u2026 ma parole, elle est en train de tout lire&nbsp;! non mais qui fait \u00e7a&nbsp;? allez, coche-les tes cases et signe\u2026 j\u2019ai plus de cinquante bornes pour le retour et une quinzaine en voiture avant de rentrer\u2026 faudra pas que je passe \u00e0 la boulangerie\u2026 allez, il est sur le lit, signe-moi cette feuille\u2026 franchement il pouvait appeler plus t\u00f4t lui aussi\u2026 deux interventions en d\u00e9but de soir\u00e9e et puis rien, je voyais bien le reste de la nuit tranquille, eh ben non&nbsp;! on t\u2019appelle \u00e0 cinq heures et demi, une demi-heure pour y aller, autant chez lui le temps de prendre les constantes, de poser les questions, de comprendre les r\u00e9ponses, faudrait pas noter n\u2019importe quoi quand m\u00eame, aller aux urgences o\u00f9 on te demande d\u2019attendre, comme si on avait que \u00e7a \u00e0 faire, mais le caf\u00e9 \u00e9tait bon pour une fois, manquait le petit croissant\u2026 mais pas le temps de finir le gobelet, c\u2019est reparti pour trois-quarts d\u2019heure de route, h\u00f4pital de Saintes, un pour rejoindre le service neuro, et maintenant qu\u2019on y est faut tomber sur une proc\u00e9duri\u00e8re\u2026 eh c\u2019est bon maintenant, faut signer&nbsp;! mais qu\u2019est-ce qu\u2019elle fait\u2026 elle va o\u00f9 avec cette foutue feuille\u2026&nbsp;?<br><br>Aide-soignant clown |&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; et \u00e7a le fait marrer\u2026 ben ouais mon pote, c\u2019est \u00e7a aussi mon boulot, une main \u00e0 gauche, l\u2019autre en haut, combien de doigts, t\u2019es qui t\u2019es o\u00f9 t\u2019es quand et c\u2019est qui le pr\u00e9sident, tu vois c\u2019est guignol ici\u2026 si \u00e7a le fait marrer\u2026 pour une fois tant mieux&nbsp;! le prochain verra s\u00fbrement pas ce que je fais, j\u2019aurai peut-\u00eatre m\u00eame pas une r\u00e9action, \u00e0 part l\u2019\u0153il raide pendu au plafond de zombie devan\u00e7ant l\u2019appel\u2026 et \u00e7a te fait marrer\u2026 allez je te refais le coup des mains en l\u2019air&nbsp;? apr\u00e8s c\u2019est la partie de jambes en l\u2019air, on verra si tu rigoles encore\u2026 ou alors tu te fout de moi\u2026<br><br>Infirmi\u00e8re tatou\u00e9e |&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; allez\u2026 il faut se tourner\u2026 \u00e7a lui fait rien du tout la main sur le bras\u2026 je vais quand m\u00eame pas pousser\u2026 allez\u2026 j\u2019ai besoin du cath\u00e9ter, faut me le sortir ce bras sous le ventre\u2026 je vais quand m\u00eame pas allumer\u2026 sur la joue alors\u2026 le dos de la main sur la joue\u2026 ah, \u00e7a le fait tiquer mais c\u2019est tout\u2026 un peu plus fort mes caresses peut-\u00eatre\u2026 m\u00eame pas\u2026 y a plus signe de vie\u2026 allez\u2026 j\u2019ai des prises de sang \u00e0 faire\u2026 je vais quand m\u00eame pas pincer\u2026 ou alors \u00e7a te pla\u00eet mes caresses, t\u2019en profites\u2026 bon une petite pression sur le bras sinon\u2026 ah non\u2026<br><br>L\u2019homme au chariot | &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; tu crois que je t\u2019ai pas vu&nbsp;? mais si, mais si, tu peux te reculer derri\u00e8re le rideau, je t\u2019ai vu, je te vois, juste en passant, je vois bien qu\u2019on t\u2019a mis l\u00e0 comme un chien dans une niche, un de plus \u2014 bazar de bazar, fallait que je l\u2019oublie, j\u2019\u00e9tais d\u00e9j\u00e0 pas en avance, je vais \u00eatre carr\u00e9ment en retard, tiens t\u2019es encore l\u00e0 toi&nbsp;! et cette roue qui va mal, si elle pouvait arr\u00eater de tourner dans le vide&nbsp;! \u2014 allez, j\u2019y suis presque, dernier virage, derni\u00e8re ligne droite&nbsp;! et d\u00e9sol\u00e9, toi t\u2019y es pas encore \u00e0 ce que je vois, si c\u2019est pas malheureux de faire attendre les gens comme \u00e7a, on veut les prot\u00e9ger, on veut de la discr\u00e9tion, de l\u2019intimit\u00e9, je comprends bien, mais derri\u00e8re ce vieux rideau dans quoi&nbsp;? cinq m\u00e8tres carr\u00e9s&nbsp;? six&nbsp;? au milieu de rien&nbsp;? une antichambre oui&nbsp;!<br><br>Ambulanci\u00e8re 2 | &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; ah ben voil\u00e0\u2026 faut qu\u2019on en reste l\u00e0\u2026 pour une fois que je parlais de mes livres d\u2019art et de paysages\u2026 c\u2019est dommage quand m\u00eame\u2026 je sais m\u00eame plus comment on en est venus \u00e0 parler de \u00e7a\u2026 j\u2019ai l\u2019impression que \u00e7a fait une \u00e9ternit\u00e9 ce m\u00e9tier d\u2019\u00e9ditrice\u2026 comme dans une autre vie\u2026 et en m\u00eame temps c\u2019est comme dans l\u2019ambulance\u2026 l\u2019urgence et la patience\u2026 aujourd\u2019hui je prends soin des gens\u2026 et avant je prenais soin de quoi\u2026 du monde\u2026<br><br>La dame du lit |&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Roland&nbsp;? Roland&nbsp;? viens me chercher Roland&nbsp;? on m\u2019emm\u00e8ne, on m\u2019emm\u00e8ne Roland, viens, je sais pas o\u00f9 on va, o\u00f9 on va Roland, demande, moi je peux pas, faut que j\u2019aille aux toilettes, c\u2019est l\u00e0&nbsp;? c\u2019est l\u00e0 qu\u2019on m\u2019emporte&nbsp;? mais c\u2019est loin, c\u2019est long, \u00e0 gauche, \u00e0 droite, et on monte, on monte Roland, quelqu\u2019un a vu Roland&nbsp;? on l\u2019a emport\u00e9&nbsp;? reviens, reviens Roland, on m\u2019emporte, on monte, c\u2019est loin les toilettes, Roland t\u2019es loin, tes o\u00f9&nbsp;? on t\u2019a emport\u00e9, quelqu\u2019un a vu Roland&nbsp;? me laisse pas, me laisse pas Roland, on me laisse, on m\u2019a laiss\u00e9e l\u00e0 dans le couloir, devant le mur, sous le plafond, c\u2019est pas les toilettes, Roland t\u2019es aux toilettes&nbsp;? viens, viens Roland, viens me chercher, faut que j\u2019y aille aussi, t\u2019es o\u00f9 Roland&nbsp;? quelqu\u2019un a vu Roland&nbsp;? j\u2019ai envie de pisser<br><br>L\u2019\u00e9chographiste |&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; alors il dit quoi ce c\u0153ur rien rien en haut rien en bas rien sur la pointe ah si l\u00e0 un petit reflux apparemment voyons \u00e7a en couleurs voil\u00e0 la petite fuite le petit rejet bleu mais rien de m\u00e9chant juste un petit jour de la valve mitrale \u00e7a jointe plus les deux clapets un qui remonte on dirait une langue du coup \u00e7a r\u00e9gurgite allez rien de bien grave juste un petit crachat \u00e0 chaque coup raval\u00e9 au prochain \u00e7a doit \u00eatre de naissance <em>Je peux vous parler en m\u00eame temps&nbsp;? \u2014 Bien s\u00fbr\u2026<\/em> bien s\u00fbr bien s\u00fbr je vois pas trop ce qu\u2019il y a \u00e0 dire je suis pour \u00e9couter son c\u0153ur c\u2019est tout \u00e7a se passe comment d\u2019ailleurs avec le Doppler spectral rien j\u2019entends m\u00eame pas le reflux un petit gr\u00e9sillement peut-\u00eatre je sais pas mais avec mes acouph\u00e8nes c\u2019est peut-\u00eatre ce fichu sifflement de machine qui parasite mon ou\u00efe et va savoir si \u00e7a rel\u00e8ve pas de l\u2019accident du travail \u00e0 force d\u2019avoir \u00e9cout\u00e9 tous ces c\u0153urs depuis le temps tous ces sifflements, gr\u00e9sillements, roulements, ces bruits de souffle turbulents bon l\u00e0 j\u2019entends rien tout va bien encore un examen pour rien et puis \u00e0 part me demander s\u2019il peut me parler qu\u2019est-ce qu\u2019il a \u00e0 me dire<br><br>La passag\u00e8re |&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; encore \u00e0 l\u2019arri\u00e8re \u00e0 \u00e9couter ces sornettes \u2014 \u00e7a risque d\u2019\u00eatre long \u2014 je me bouche les oreilles avec quoi le paysage \u2014 la rocade la pluie et Nostalgie merci \u2014 et la batterie h.s. \u2014 c\u2019est quoi ce besoin de parler<\/pre>\n<\/div><\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-78099dc55c975da4f41fffe2bf54da99\" style=\"color:#d11919\">31102025<\/h1>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Foss\u00e9s |<\/h2>\n\n\n\n<p>Je ne sais plus vraiment de quoi on a parl\u00e9. Mais je sais qu\u2019\u00e0 la fin, la s\u00e9ance s\u2019est transform\u00e9e en atelier de coloriage. L\u2019estomac est apparu jaune, un jaune jaune, que je n\u2019aime pas beaucoup, sauf quand il tend \u00e0 l\u2019orange, au roux, au cuivre ou \u00e0 l\u2019ambre. Le c\u0153ur est devenu bleu, un bleu ciel, tr\u00e8s clair, lumineux ou translucide, un bleu issu du blanc, d\u2019un blanc cass\u00e9 par le reflet du ciel, un blanc de neige, de glace, et ce reflet vu \u00e0 travers cette couche de neige ou de glace. L\u2019intestin \u2014 mais pourquoi l\u2019intestin&nbsp;? \u2014, c\u2019\u00e9tait les zones grises, sombres du labyrinthe \u2014 <em>Du labyrinthe&nbsp;? Mais c\u2019est pourtant direct, comme un couloir. \u2013 Peut-\u00eatre, mais avec tous ses plis et replis, c\u2019est comme un labyrinthe, \u00e0 sens unique peut-\u00eatre, mais un labyrinthe.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Va savoir ce qui lui a travers\u00e9 la t\u00eate. Je me demande quel \u00e9tait l\u2019important dans ce jeu. Que chaque organe symbolise une fonction physique et surtout psychique&nbsp;? Que les couleurs leur donnaient leurs valeurs&nbsp;? Ou bien il n\u2019y avait rien l\u00e0 de symbolique, sinon dans l\u2019association, dans le fait de se pr\u00eater \u00e0 la s\u00e9ance de coloriage. Et alors quoi, je retournais en enfance&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<div id=\"instant\" class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h2 class=\"wp-block-heading has-blue-color has-light-gray-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-elements-2ec7469374d13b83b63c27f9b2c85bfb\">Atelier 3 | instant T<\/h2>\n\n\n\n<p>\u00c9chenoz x <em>f<\/em> \u2014 \u00ab&nbsp;en autant de blocs parall\u00e8les et exactement dans le m\u00eame organigramme ou la m\u00eame construction, rep\u00e9rer, dans un instant T et l\u2019assembl\u00e9e d\u2019anonymes dans un lieu, mais li\u00e9 \u00e0 notre histoire, une suite de personnages qui, dans ce m\u00eame instant, seront consid\u00e9r\u00e9s comme fixes, immobiles dans leur \u00e9lan ou leur action&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><em>L\u2019instant T, d\u2019accord, mais la coupe temporelle sera ici longitudinale, la foule dispers\u00e9e dans des niches temporelles diff\u00e9rentes dans le s\u00e9jour hospitalier, le carnet sans dates, \u00e0 consid\u00e9rer comme un instant \u00e9tir\u00e9.<\/em><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-light-gray-background-color has-background\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<pre class=\"wp-block-verse\">Le masque \u2014 <em>Y a quelqu\u2019un&nbsp;?<\/em> Allong\u00e9 sur un fauteuil, \u00e0 l\u2019\u00e9cart du comptoir, bras en croix sur le ventre, la t\u00eate se fond dans la p\u00e9nombre. On devine un visage gris aux airs de masque surpris dans sa bouche ouverte.<br><br>L\u2019\u00eele \u2014 Un feutre bleu effa\u00e7able dans sa main gauche, elle tend son bras en haut du tableau blanc pour \u00e9crire la date en lettres parfaitement lisibles, scolaires. Son chignon noir, maintenu pas un gros chouchou rouge, un peu l\u00e2che, tremble sur le col de la blouse blanche. Elle sourit et dessine un soleil, m\u00e9t\u00e9o du jour. <em>Par contre il fait tr\u00e8s froid.<\/em> Un accent \u00e0 d\u00e9couvrir une \u00eele.<br><br>La sortie \u2014 Le brancard tremble. <em>Alors Serge, t\u2019as oubli\u00e9 la sortie&nbsp;? \u2013 Ben alors Serge, c\u2019est quoi ce travail&nbsp;? <\/em>Derri\u00e8re la vitre du poste de soins en grand d\u00e9sordre, seul, pench\u00e9 sur un \u00e9cran, l\u2019\u0153il \u00e0 demi ferm\u00e9, concentr\u00e9, le m\u00e9decin clique. La t\u00eate baiss\u00e9e vers le clavier laisse deviner au sommet de ses cheveux ch\u00e2tains ras un d\u00e9but de calvitie. Il tape. <em>Alors Serge, la sortie&nbsp;?<\/em><br><br>La sangle \u2014 Quand m\u00eame, derri\u00e8re la vitre, ce lit qui ne bouge plus. Le buste relev\u00e9, la t\u00eate droite, aux cheveux blancs, non plus. Aucun signe de vie, sauf les yeux ouverts&nbsp;? La sangle noire, descendant de la barre m\u00e9tallique chrom\u00e9e, brillante, en suspension au-dessus de la t\u00eate, \u00e0 quoi sert-elle&nbsp;?<br><br>Bataille \u2014 Elle entre, s\u2019avance et se campe l\u00e0, debout, les mains dans les poches de sa blouse blanche, l\u2019air aussi aimable que ses longs cheveux d\u2019un blond cass\u00e9 retombaient sur ses \u00e9paules en bataille. L\u2019\u0153il cern\u00e9 d\u2019ombre sous la lumi\u00e8re du lit en mode veilleuse. <em>(Un bonjour c\u2019est en option&nbsp;?)<\/em><br><br>Registres \u2014 Lui aussi avait les mains dans les poches, mais \u00e0 l\u2019arri\u00e8re de son jean. Pull noir, foulard autour du cou par lequel la t\u00eate ronde et rase, l\u2019\u0153il brid\u00e9 et vif, semblait d\u00e9tach\u00e9e du corps, il jouait un air aussi d\u00e9contract\u00e9 qu\u2019affect\u00e9. Un effet d\u00fb \u00e0 des sauts des registres de langue, du <em>ouais<\/em> quotidien, familier, au sp\u00e9cifique <em>web<\/em> carotidien.<br><br>Figures \u2014 C\u2019\u00e9tait d\u2019abord une ombre de passage entr\u00e9e par la lueur du couloir. Et puis une silhouette \u00e9lanc\u00e9e, les bras couverts de signes. Le profil d\u00e9gag\u00e9, surmont\u00e9 d\u2019un faisceau de tresses tordues, se soutenait d\u2019une coupe d\u2019autres signes. Une main tendue pour un fil de rien d\u00e9ployait sur cuir p\u00e2le des figures de r\u00eave \u00e9veill\u00e9.<br><br>L\u2019accent \u2014 Un plateau entre les mains, elle apporte le d\u00e9jeuner. Visage ovale, menton en pointe l\u00e9g\u00e8re. Une petite bosse sur le nez. Des yeux fins. D\u2019un noir intense, comme les cheveux lisses nou\u00e9s dans un chignon de fortune avec une baguette. La nuque d\u00e9gage un teint hal\u00e9. Son masque bleu un accent o\u00f9 <em>je<\/em> n\u2019existe que sous une autre forme.<\/pre>\n<\/div><\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-e1146045cd8fb097815da81cfae0535a\" style=\"color:#d11919\">04112025<\/h1>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Correspondances |<\/h2>\n\n\n\n<p>Voil\u00e0. J\u2019arrive, je sors mon stylo pour quelques notes, en quatre couleurs, me faufilant entre l\u2019information et la communication, je vise quelques d\u00e9tails pour une anecdote possible, j\u2019entrevois \u2014 mal \u2014 un point d\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019\u00e9criture et tire. Voil\u00e0. La photo est faite. Le r\u00e9el est mort.<\/p>\n\n\n\n<p>(<em>Tombstone<\/em>. C\u2019est le titre du western vu hier soir sur Arte.)<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Faire de son mieux |<\/h2>\n\n\n\n<p>Avec Laura Vazquez (et une extension de transcription du navigateur).<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Quand on vous demande un conseil, pour une jeune personne qui voudrait se lancer dans l&rsquo;\u00e9criture, vous r\u00e9pondez&nbsp;: <em>D&rsquo;abord je l&rsquo;inviterai \u00e0 lire jusqu&rsquo;\u00e0 avoir envie d&rsquo;\u00e9crire. Ensuite je lui conseillerai de ne pas juger ses propres textes. Il s&rsquo;agit de soigner sa relation avec le texte. J&rsquo;ai mis beaucoup de temps \u00e0 d\u00e9passer ce blocage. J&rsquo;\u00e9crivais avec une sorte de souffrance, de frustration. Puis j&rsquo;ai chang\u00e9 et mon \u00e9criture a pris une autre tournure.<\/em> Pourriez-vous d\u00e9velopper cette<\/p>\n\n\n\n<p>1:25:24 \u2014 id\u00e9e, ce qui vous a permis de d\u00e9passer ces blocages&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>\u2013 c&rsquo;est une crise existentielle j&rsquo;\u00e9tais tr\u00e8s tr\u00e8s mal j&rsquo;\u00e9tais en Suisse \u00e0 ce moment-l\u00e0 d&rsquo;ailleurs je faisais une r\u00e9sidence \u00e0 la Fondation Michalski j&rsquo;avais 3 mois de r\u00e9sidence je me suis dit je vais arriver l\u00e0-bas je vais \u00e9crire un roman ce sera mon premier roman et j&rsquo;\u00e9tais devant mon document Word vide&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; et je savais pas je savais pas je j&rsquo;avais quelques id\u00e9es quelques sc\u00e8nes quelques images mais je savais pas et j&rsquo;\u00e9tais compl\u00e8tement perdue et tout ce que j&rsquo;\u00e9crivais me semblait<\/p>\n\n\n\n<p>1:25:59 \u2014 terriblement mauvais terriblement faux euh dans un \u00e9tat vraiment de de frustration de peur de col\u00e8re c&rsquo;\u00e9tait un m\u00e9lange un jour je me suis dit <em>je vais arr\u00eater voil\u00e0 j&rsquo;arr\u00eate simplement j&rsquo;arr\u00eate c&rsquo;est je je ne sais pas faire <\/em>\u00e7a peut-\u00eatre que Dosto\u00efevski savait pas non plus par exemple quand il a \u00e9crit les Fr\u00e8res Karamazov ce qu&rsquo;il savait ces envol\u00e9es l\u00e0 peut-\u00eatre qu&rsquo;il le savait pas donc je me suis dit <em>voil\u00e0 je sais pas je vais juste \u00e9crire tous les jours maintenant \u00e7a suffit j&rsquo;\u00e9cris tous les jours tous les matins de telle heure \u00e0 telle heure je coupe la distraction je<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>1:26:39 \u2014 coupe tout je me mets devant mon document Word et <strong>je prends ce qui vient<\/strong> et je vais le faire tous les jours et <strong>ma satisfaction viendra de l\u00e0<\/strong> et pas du texte ma satisfaction viendra <strong>d&rsquo;avoir fait de mon mieux chaque jour<\/strong> le texte est mauvais c&rsquo;est pas grave j&rsquo;ai fait de mon mieux le texte me semble bancal je sais pas o\u00f9 il va c&rsquo;est pas grave aujourd&rsquo;hui j&rsquo;ai fait de mon mieux le texte est g\u00e9nial merveilleux waouh c&rsquo;est pas grave j&rsquo;ai fait de mon mieux parce qu&rsquo;on peut y croire quand on se dit <em>c&rsquo;est merveilleux<\/em> puis apr\u00e8s derri\u00e8re <em>c&rsquo;est tr\u00e8s difficile<\/em> je vais pas faire autre chose je vais \u00e9crire modestement<\/p>\n\n\n\n<p>1:27:13 \u2014 si je puis dire \u00e7a m&rsquo;a sauv\u00e9 \u00e0 un moment \u00e7a fait quoi d&rsquo;\u00eatre frustr\u00e9 envers ce qui compte le plus dans la vie on devient quelqu&rsquo;un d&rsquo;invivable on fait du mal autour de soi on est une personne dure on juge enfin \u00e7a a entra\u00een\u00e9 vraiment beaucoup de d\u00e9sagr\u00e9ments dans ma vie de destruction <strong>faire de son mieux chaque jour <\/strong>a compl\u00e8tement euh sauver mon \u00e9criture parce que j&rsquo;\u00e9tais en train de la d\u00e9truire tout simplement j&rsquo;\u00e9tais en train d&rsquo;essayer de la contr\u00f4ler de la tirer dans tous les sens de lui faire du mal parce que bien s\u00fbr quand on \u00e9crit c&rsquo;est comme quand on<\/p>\n\n\n\n<p>1:27:50 \u2014 fait du sport on peut se blesser on peut se blesser en \u00e9crivant si on tire trop sur tel mouvement si on court trop longtemps ou trop fort ou je me blessais tous les jours je me critiquais je j&rsquo;insultais mes propres textes et moi-m\u00eame enfin c&rsquo;\u00e9tait terrible et puis j&rsquo;avais une vision du monde et des choses toutes petites toutes r\u00e9duites \u00e0 travers \u00e7a si l&rsquo;\u00e9criture avait une place secondaire dans ma vie je pense que j&rsquo;aurais pu continuer longtemps comme \u00e7a et peut-\u00eatre l\u00e0 d\u00e9former mon \u00e9criture jusqu&rsquo;\u00e0 ce qu&rsquo;elle donne un livre et sans doute un tr\u00e8s petit livre<\/p>\n\n\n\n<p>1:28:27 \u2014 d&rsquo;ailleurs mais l\u00e0 l&rsquo;\u00e9criture avait une telle place totale compl\u00e8te dans ma vie c&rsquo;\u00e9tait si important pour moi c&rsquo;\u00e9tait tellement tout que forc\u00e9ment forc\u00e9ment \u00e7a pouvait pas durer forc\u00e9ment forc\u00e9ment il fallait passer par cette cette cette crise-l\u00e0 existentielle et tout recommencer [Musique]&nbsp;<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>(Seconde partie de <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=x1BJN2FGjn4\"><em>Laura Vazquez | Bookmakers &#8211; ARTE Radio Podcasts<\/em><\/a>, sur YouTube.)<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-blue-color has-light-gray-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-elements-01ee637d5a004bf84fc85d50a4b35ec6\">Atelier 4 | pourquoi<\/h2>\n\n\n\n<p>Mauvignier x <em>f<\/em> \u2014 \u00ab&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <em>pourquoi<\/em>&nbsp;comme instance d\u2019un glissement, d\u2019un transfert au sens fort, chaque&nbsp;<em>pourquoi<\/em>&nbsp;autorise le personnage de ce moment pr\u00e9cis du r\u00e9cit (qui associe, pour cette phrase unique depuis un fait divers si banal, la victime y compris&nbsp;<em>post-mortem<\/em>, un des vigiles, ou un inspecteur de police, ou le procureur) \u00e0 faire entrer dans le r\u00e9cit ce que lui seul peut percevoir, ou du moins autorise l\u2019auteur \u00e0 ouvrir sa phrase \u00e0 ce que le personnage seul interroge&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; qu\u2019on ne <em>raconte<\/em> pas l\u2019histoire qui commence lentement \u00e0 s\u2019\u00e9brouer sous nos trois premi\u00e8res propositions successives, mais qu\u2019on lui ouvre un nouveau cercle concentrique, avec des \u00e9nonciateurs d\u00e9multipli\u00e9s, juxtapos\u00e9s ou additionn\u00e9s, qui chacun va d\u00e9ployer ses propres&nbsp;<em>pourquoi&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>(Oui. Pourquoi y a-t-il eu ce matin, dans le jardin, un renard&nbsp;? pourquoi courait-il&nbsp;? pourquoi a-t-il travers\u00e9 la haie du voisin&nbsp;? mais pourquoi est-il revenu dans le jardin&nbsp;? pourquoi s\u2019est-il jet\u00e9 dans la cl\u00f4ture comme dans un filet&nbsp;? pourquoi n\u2019a-t-il pas retrouv\u00e9 le trou par o\u00f9 il est sans doute entr\u00e9&nbsp;? pourquoi courait-il sans cesse&nbsp;? pourquoi en longeant la cl\u00f4ture a-t-il pris \u00e0 gauche&nbsp;? pourquoi s\u2019enfuir au milieu des maisons&nbsp;? pourquoi n\u2019a-t-il pas pris \u00e0 droite vers les champs&nbsp;?)<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-98b1f5dc052928a3e78fab014dbc25b5\" style=\"color:#d11919\">05112025<\/h1>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">V\u00e9n\u00e9ration et c\u0153ur bris\u00e9 |<\/h2>\n\n\n\n<p>Il y a comme \u00e7a, dans ce monologue enlev\u00e9 par ses grands \u00e9carts de langage et d\u2019images (si l\u2019on peut dire, la narratrice se trouvant sur la table de travail de son gyn\u00e9co), des r\u00e9flexions pas loin d\u2019\u00e9noncer une v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;nous ne faisons autant de preuve de passion que lorsque nous v\u00e9n\u00e9rons des choses qui n\u2019existent pas, comme la race, ou l\u2019argent, ou Dieu, ou, tout simplement, nos p\u00e8res&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;chacun d\u2019entre nous porte sous sa peau le c\u0153ur bris\u00e9 des autres, jusqu\u2019au jour o\u00f9 celui-ci finit par tout bloquer, par emp\u00eacher notre propre sang de continuer \u00e0 circuler, et alors tout explose dans un ultime moment de d\u00e9sespoir&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">(Katharina Volckmer, <em>Jewish cock<\/em>)<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Marcel |<\/h3>\n\n\n\n<p>en ce moment je monologue avec le bot chat noir pour savoir grosso modo comment se porte le Petit Marcel mais comme le chat me r\u00e9pond toujours trop doctement structuralement je ne l\u2019\u00e9coute que d\u2019une oreille \u00e0 demi et je me r\u00e9ponds finalement \u00e0 moi-m\u00eame Mais, le fond de la chose, c\u2019est la forme du monologue&nbsp;: pas de ponctuation, pas de majuscule dans ce monologue en dialogue de sourds, disons, sauf quand le sujet l\u2019exige, qui rel\u00e8ve de la parole, de l\u2019\u00e9criture, ou du sentiment de la langue. De l\u00e0, on imagine comment, dans un flux de langage, j\u2019allais dire de communication, le plus courant qui soit, la seule apparition de signes de ponctuation, d\u2019\u00e9l\u00e9ments de typographie, en ordre dispers\u00e9 ou en rang serr\u00e9 \u2014 et de l\u00e0 des propositions, de phrases (voire des paragraphes, dans le bloc m\u00eame) \u2014, et leur disparition, viendrait donner \u00e0 voir, et \u00e0 entendre dans un rythme de lecture polyphonique, disons, mille et une nuances de sens, d\u2019impressions, de joie (on n\u2019ose dire&nbsp;: <em>jouissance<\/em>) dans la langue&nbsp;? et de rabat-joie quand le flux communicationnel reprend son cours son \u00e9tat informatique gazeux voire plasmatique au sein du parlerpourneriendire<\/p>\n\n\n\n<p>(Je marche sur les plates-bandes de qui&nbsp;? \u2014 Demande \u00e0 ton bot chat.)<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">V\u00e9g\u00e9tation |<\/h2>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Tout commence m\u00e9ticuleusement, par des rangements, des scrupules qu\u2019on examine d\u2019infiniment pr\u00e8s, parfois jusqu\u2019\u00e0 la st\u00e9rilit\u00e9 rituelle. Au d\u00e9but, c\u2019est au crayon&nbsp;: quatre pauvres pages et tout est d\u00e9j\u00e0 l\u00e0. Le flot gonfle. Vient une ivresse, une auto-s\u00e9cr\u00e9tion&nbsp;: on entend dans la t\u00eate mille langages sous les langues. Je proc\u00e8de par prolif\u00e9ration, \u00e9cartement, parenth\u00e8ses, apparition d\u2019une chose sous l\u2019autre, insert, lapsus perp\u00e9tuel, relectures qui rebondissent. Chaque mot ouvre une sc\u00e8ne et s\u2019\u00e9cart\u00e8le en espace. Le livre pousse comme une v\u00e9g\u00e9tation. Il y a des s\u00e9quences refaites cinquante fois \u2014 et il y a des blocs, laiss\u00e9s tels quels, d\u2019un trait, dans la violence de l\u2019apparition.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">(Val\u00e8re Novarina, <em>Devant la parole<\/em>)<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-74b62184efad97eebd3cff5c1339e9d2\" style=\"color:#d11919\">06112025<\/h1>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Forces affront\u00e9es, ruines |<\/h2>\n\n\n\n<p>Je poursuis ma r\u00e9colte de ce que la v\u00e9g\u00e9tation de Novarina produit dans l\u2019art d\u2019\u00e9crire&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;<strong>Quelque chose joue&nbsp;<\/strong>; quelque chose \u00e9crit. Je me reconnais assez peu dans l\u2019image aujourd\u2019hui de l\u2019\u00e9crivain \u00e9metteur d\u2019opinion, ou \u00eatre sensible ressentant des impressions qu\u2019il serait bon de transmettre \u00e0 autrui. Je me vois plut\u00f4t comme un qui se place <strong>au croisement contradictoire des forces<\/strong>. Mais qui, par lui-m\u00eame, n\u2019\u00e9prouve rien, ne pense pas. Profond\u00e9ment sans opinion. Un praticien du vide. <strong>Un d\u00e9sagisseur.<\/strong> Comme l\u2019acteur. N&rsquo;\u00eatre plus un homme qui entend des voix et la mati\u00e8re du langage lui parler. La force est \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur. Rien n\u2019est plus juste que cette phrase de l\u2019halt\u00e9rophile Rigoulot&nbsp;: \u201cLa barre dit non, et un instant elle dit oui.\u201d&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Lorsqu\u2019on n\u2019entend plus la phon\u00e9tique, lorsque toutes les philologies s\u2019emm\u00ealent, lorsqu\u2019on ne comprend plus sa langue, il faut aller <strong>marcher dans les \u00e9boulis, examiner de pr\u00e8s les failles g\u00e9ologiques et les blocs suspendus<\/strong>.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>(De l\u00e0, je repense \u00e0 Barthes ne voulant pas s\u00e9parer, dans ses <em>Mythologies <\/em>\u2014 entre textes traitant de l\u2019actualit\u00e9 en tous genres et th\u00e9orie d\u00e9taillant ce qui la, les, traverse afin de \u00ab&nbsp;ressaisir dans l\u2019exposition d\u00e9corative de <em>ce-qui-va-de-soi<\/em>, l\u2019abus id\u00e9ologique qui, \u00e0 mon sens, s\u2019y trouve cach\u00e9&nbsp;\u00bb \u2014, l\u2019objectivit\u00e9 du savant de la subjectivit\u00e9 de l\u2019\u00e9crivain&nbsp;: \u00ab&nbsp;je r\u00e9clame de vivre pleinement la contradiction de mon temps, qui peut faire d\u2019un sarcasme la condition de la v\u00e9rit\u00e9.&nbsp;\u00bb)<\/p>\n\n\n\n<div id=\"pourquoi\" class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h2 class=\"wp-block-heading has-blue-color has-light-gray-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-elements-01ee637d5a004bf84fc85d50a4b35ec6\">Atelier 4 | pourquoi<\/h2>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-light-gray-background-color has-background\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<pre class=\"wp-block-verse\">Pourquoi on l\u2019avait laiss\u00e9 entrer si c\u2019\u00e9tait pour la faire ressortir quelques minutes plus tard, le temps d\u2019aller v\u00e9rifier un r\u00e8glement int\u00e9rieur qui n\u2019avait plus lieu d\u2019\u00eatre puisque, une fois dans la chambre, elle ne se trouvait pas devant un l\u00e9gume incapable de la reconna\u00eetre, de la voir, de lui parler. Pourquoi l\u2019avoir laiss\u00e9 ressortir, seule, dans le hall o\u00f9 circulent une personne en fauteuil roulant, des mains en aide pour aider \u00e0 se relever, ou une autre marchant avec des jambes raides, lourdes, les pieds glissant sur le sol, un bras pour se guider&nbsp;? Pourquoi avoir pleur\u00e9 en sortant, alors qu\u2019il venait de lui raconter une de ses habituelles idioties qui la font rire, avec cette voix d\u00e9form\u00e9e de personnage imaginaire&nbsp;?<br><br>Pourquoi elle est venue en France&nbsp;?<br><br>Pourquoi fallait-il que ce soit la nuit&nbsp;? Pourquoi la journ\u00e9e, rien&nbsp;? Pourquoi la nuit&nbsp;? Pourquoi faut-il que ce soit \u00e0 ce moment-l\u00e0, quand le sommeil \u00e0 lui seul ne vient pas facilement&nbsp;? pourquoi faut-il que la douleur soit de la partie&nbsp;? et pourquoi si faible mais constante&nbsp;? pourquoi si lancinante, obs\u00e9dante&nbsp;? d\u00e9j\u00e0 les derni\u00e8res fois, c\u2019\u00e9tait la nuit aussi, mais pourquoi&nbsp;? pourquoi elle lui en veut comme \u00e7a la nuit&nbsp;? pourquoi \u00e0 coups de petits supplices&nbsp;? de petites d\u00e9charges, de petites douleurs, faibles mais insistantes, montant en puissance, et pourquoi ils retombent au moment il pense appeler&nbsp;? pourquoi, sinon pour laisser cogiter dans le vide, h\u00e9siter, esp\u00e9rer, atermoyer, tergiverser, tourner et virer&nbsp;?<br><br>Il ne sait pas pourquoi il lui parle de ME. Pour le rassurer, s\u00fbrement. Mais s\u2019il a fini par se souvenir d\u2019elle, avec son nom, pourquoi ne lui a-t-il pas r\u00e9v\u00e9l\u00e9&nbsp;? Pourquoi ne pas lui avoir dit <em>Ah mais\u2026 on \u00e9tait \u00e0 l\u2019\u00e9cole ensemble je crois\u2026 au coll\u00e8ge\u2026 mais si\u2026 moi c\u2019est\u2026<\/em> Pourquoi ne lui a-t-il pas demand\u00e9 son nom, son pr\u00e9nom&nbsp;? Il aurait su si ME se souvenait de lui. Ce qu\u2019elle en pensait \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Peut-\u00eatre aurait-elle racont\u00e9 une anecdote de plus du temps o\u00f9 il ne la connaissait pas&nbsp;? Pourquoi ne l\u2019a-t-il pas connue plus t\u00f4t&nbsp;? Si \u00e7a se trouve, ils se seraient d\u00e9test\u00e9s. Elle aurait pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 l\u2019autre.<br><br>Pourquoi elle n\u2019est pas retourn\u00e9e au Mexique&nbsp;?<br><br>Il me calculait pas, pourquoi&nbsp;? quand on doit tenir l\u2019accueil d\u2019un h\u00f4pital, des urgences a fortiori, on fait attention aux personnes qui souffrent, non&nbsp;? m\u00eame si \u00e7a se voit pas \u00e0 premi\u00e8re vue, pourquoi il lui parlait \u00e0 elle&nbsp;? il la connaissait, d\u2019accord, et alors&nbsp;? j\u2019\u00e9tais assis devant lui, et pas un regard, c\u2019\u00e9tait son \u00e9cran et elle, moi rien, tout ce qui me concernait, c\u2019\u00e9tait elle, ma parole, il faisait beau&nbsp;!<br><br>Il n\u2019\u00e9tait pas en train de le f\u00e2cher, mais il lui faisait bien la le\u00e7on. Il en a eu honte. Mais pourquoi&nbsp;? Si chacun est un \u00eatre sensible, tout le monde n\u2019est pas en mesure de nommer pr\u00e9cis\u00e9ment ses sensations, ses \u00e9motions, ses impressions et de les communiquer objectivement. D\u2019autant plus dans une situation de fatigue et d\u2019inqui\u00e9tude que le m\u00e9decin, soucieux d\u2019exactitude et d\u2019\u00e9largir le champ des possibles du mal dont souffre ses patients afin d\u2019\u00e9tablir un diagnostic \u00e9vident, oubliait ou n\u00e9gligeait.<br><br>Pourquoi est-elle devenue ambulanci\u00e8re&nbsp;? Elle a dirig\u00e9 une petite maison d\u2019\u00e9dition et \u00e7a n\u2019a pas fonctionn\u00e9. Mais comment choisit-on, apr\u00e8s, les ambulances&nbsp;?<br><br>Pourquoi elle semble si forte&nbsp;?<br><br>quand m\u00eame, toutes ces personnes affair\u00e9es, comme \u00e7a, chacun faisant ce qu\u2019il a \u00e0 faire, le faisant bien, le faisant vite, pourquoi&nbsp;? autant de monde dans une chambre, occup\u00e9, concentr\u00e9, c\u2019est pas normal, il y avait vraiment urgence&nbsp;? pourquoi&nbsp;? il savait bien, lui, que non, il y avait pas urgence, il l\u2019avait dit que \u00e7a allait mieux, \u00e0 l\u2019ambulancier, qu\u2019il verrait \u00e7a avec son m\u00e9decin, mais on lui a dit <em>Non<\/em>, et le voil\u00e0 loin de chez lui, dans une chambre close, avec ces inconnus<br><br>Et pourquoi \u00e7a t\u2019a sembl\u00e9 violent cette sc\u00e8ne de torture&nbsp;? Tu l\u2019avais pourtant d\u00e9j\u00e0 vue, \u00e7a t\u2019avait rien fait de sp\u00e9cial&nbsp;? \u2014 Je sais pas\u2026 je prends \u00e7a plut\u00f4t pour des passages du genre horreur, au second degr\u00e9, quand le r\u00e9alisateur se fait un malin plaisir \u00e0 faire la peau aux mafieux entre eux, mais l\u00e0\u2026 le second degr\u00e9, je l\u2019avais plus\u2026 et puis quand t\u2019es \u00e0 l\u2019h\u00f4pital\u2026 \u2014 Mais t\u2019\u00e9tais pas vraiment dans le film en fait. Je vois bien, depuis quelques temps, comment tu te mets devant la t\u00e9l\u00e9, le soir, une demi-heure, et basta, tu files \u00e0 ton bureau. Faut vraiment que le film soit accrocheur pour que tu restes. \u2014 C\u2019est vrai. Surtout si je l\u2019ai d\u00e9j\u00e0 vu. Et qu\u2019il soit pas trop long. L\u00e0, le <em>Casino<\/em>, c\u2019\u00e9tait vraiment trop long pour que je sorte pas le carnet et la machine, comme \u00e0 la maison.<br><br>Pourquoi ne d\u00e9tache-t-elle pas ses cheveux plus souvent&nbsp;?<br><br>Merci, c\u2019\u00e9tait fait. Mais pourquoi insistais-tu pour que ton petit papier soit publi\u00e9&nbsp;? C\u2019\u00e9tait vraiment pour qu\u2019on apprenne la fa\u00e7on dont la conf\u00e9rence sur les moyens de bien vieillir, dans une salle des f\u00eates de village, avait \u00e9t\u00e9 men\u00e9e avec \u00e9nergie par l\u2019animateur, entre num\u00e9ro d\u2019acteur et art du conteur, qui ne cessait d\u2019affirmer, et la formule t\u2019es rest\u00e9e&nbsp;: \u00ab&nbsp;Vieillir c\u2019est une chance&nbsp;!&nbsp;\u00bb, alors que tu sais tr\u00e8s bien que les lecteurs se conteraient sur les doigts de la main&nbsp;? Allez, les deux mains si tu veux. Ou, plus prosa\u00efquement, il fallait que quelqu\u2019un le lise, parce que c\u2019\u00e9tait \u00e9crit&nbsp;? (Mais personne ne l\u2019a lu, l\u2019article n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 publi\u00e9. Pourquoi&nbsp;? A-t-il, alors, \u00e9t\u00e9 \u00e9crit&nbsp;?)<br><br>Pourquoi elle est si agit\u00e9e&nbsp;? L\u2019autre, \u00e0 c\u00f4t\u00e9, ne bouge pas, ne dit rien. Elle, semble divaguer. Elle se d\u00e9fend&nbsp;? Elle sent que quelque chose arrive&nbsp;? Elle sent qu\u2019il se passe quelque chose&nbsp;? Elle se d\u00e9bat&nbsp;? Elle donne des coups de pieds du fond du lit&nbsp;? Elle appelle \u00e0 l\u2019aide Roland&nbsp;? Elle appelle \u00e0 l\u2019aide son corps&nbsp;? Elle a peur&nbsp;?<br><br>mais pourquoi j\u2019ai paniqu\u00e9, \u00e7a c\u2019est une autre histoire, franchement j\u2019en sais rien, j\u2019en avais pourtant pass\u00e9 des examens de ce genre, mais cette fois, je crois vraiment que la t\u00eate coinc\u00e9e et l\u2019esp\u00e8ce de grille sur la figure, c\u2019\u00e9tait trop, \u00e7a me fait penser quand j\u2019\u00e9tais \u00e0 l\u2019arm\u00e9e, chez les pompiers, j\u2019\u00e9tais chef d\u2019\u00e9quipe sur v\u00e9hicule incendie, une fois on est parti en man\u0153uvre, sur le plateau d\u2019entra\u00eenement, le sergent a mis le feu \u00e0 un avion, on est arriv\u00e9 avec le camion, les gars sont descendus, on sorti les tuyaux, pendant que je pilotais le canon \u00e0 eau sur le camion, en deux trois minutes, on avait tout vid\u00e9, l\u2019avion semblait couvert de neige, \u00e7a c\u2019\u00e9tait la premi\u00e8re phase, assez dr\u00f4le, la seconde l\u2019\u00e9tait moins, le sergent nous a fait mettre les casques sur la t\u00eate, les bouteilles \u00e0 oxyg\u00e8ne sur le dos, les embouts dans la bouche, et on est entr\u00e9s dans un tunnel tout noir, je suis \u00e0 peine entr\u00e9 j\u2019ai senti la grosse main du sergent me tirer vers l\u2019arri\u00e8re, direction la sortie, il a vite compris que j\u2019arrivais pas \u00e0 sortir le casque, j\u2019arrivais pas \u00e0 respirer, j\u2019essayais de sortir le casque, dans le noir j\u2019y arrivais pas, je tirais dessus, je respirais plus alors je tirais dessus, en gueulant peut-\u00eatre, alors que j\u2019avais juste \u00e0 rouvrir le robinet de la bouteille qu\u2019on avait ferm\u00e9, mais la t\u00eate coinc\u00e9e dans ce casque, la bouche pleine de l\u2019embout par o\u00f9 l\u2019oxyg\u00e8ne n'arrivait pas, je ne savais plus, je me suis d\u00e9battu, en vain<br><br>Pourquoi la couleur de ses yeux lui \u00e9chappe&nbsp;?<br><br>pourquoi ces coups&nbsp;? pourquoi ces coups dans le mur&nbsp;? pourquoi ces coups dans la nouvelle chambre&nbsp;? pourquoi au d\u00e9but de la nuit&nbsp;? pourquoi encore la nuit&nbsp;? pourquoi \u00e7a revenait&nbsp;? pourquoi elle est entr\u00e9e&nbsp;? pourquoi j\u2019ai pas entendu la porte&nbsp;? pourquoi elle a fui&nbsp;? pourquoi vouloir la voir&nbsp;? pourquoi elle se laisse pas surprendre&nbsp;? pourquoi elle me surprend&nbsp;? pourquoi juste quand la porte se referme&nbsp;? pourquoi ces coups&nbsp;?<br><br>Qu\u2019est-ce qu\u2019elle pouvait bien faire derri\u00e8re&nbsp;? Regarder le paysage d\u00e9filer&nbsp;? Elle voyait quoi&nbsp;? Elle \u00e9tait sur son t\u00e9l\u00e9phone&nbsp;? Elle \u00e9coutait de la musique, des \u00e9couteurs dans les oreilles&nbsp;? Elle regardait des vid\u00e9os&nbsp;? C\u2019\u00e9tait quoi&nbsp;? Sur les r\u00e9seaux&nbsp;? Une s\u00e9rie&nbsp;? La suite d\u2019un film&nbsp;? Les coups d\u2019\u0153il par la fen\u00eatre, elle voyait quoi&nbsp;? Elle entendait ce qu\u2019on racontait&nbsp;? \u00c7a lui faisait penser \u00e0 quelque chose&nbsp;? Elle s\u2019en fichait, elle laissait penser et passer et retournait sur son t\u00e9l\u00e9phone&nbsp;? Elle a mont\u00e9 le son&nbsp;? Elle voyait quoi&nbsp;? Elle lisait&nbsp;? Un ebook, des textos&nbsp;? Elle en a envoy\u00e9&nbsp;? Elle a r\u00e9pondu&nbsp;? Elle a re\u00e7u des images&nbsp;? Son regard s\u2019est arr\u00eat\u00e9 sur quoi en relevant la t\u00eate&nbsp;? Elle voyait quoi dehors&nbsp;? Pourquoi elle a pas dit un mot&nbsp;?<br><br>Pourquoi elle a enlev\u00e9 son masque&nbsp;?<\/pre>\n<\/div><\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-6ee7cff25a08d9786d8c4d84d907e09d\" style=\"color:#d11919\">07112025<\/h1>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/20251105_170832-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-201365\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/20251105_170832-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/20251105_170832-420x236.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/20251105_170832-768x432.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/20251105_170832-1536x864.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/20251105_170832-2048x1152.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p>L\u2019autre jour, en balade sur les bords de la rivi\u00e8re, j\u2019ai entendu en provenance du ciel des esp\u00e8ces de trompettes et de clarinettes au timbre plus ou moins enrou\u00e9. Je l\u2019avais d\u00e9j\u00e0 entendu devant mon \u00e9cran, sans rien apercevoir par la fen\u00eatre. L\u00e0, j\u2019ai vu. Deux V de grues cendr\u00e9es. Pas tr\u00e8s hauts, juste un peu au-dessus des cimes des arbres. Je les ai regard\u00e9s arriver, passer. Et c\u2019\u00e9tait moins pour une photo qui, \u00e0 retardement, ne donne en fait presque rien \u00e0 voir.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La cata |<\/h2>\n\n\n\n<p>Avec Laura Vazquez (et l\u2019extension de transcription du navigateur), ce qu\u2019il vaudrait mieux \u00e9viter. \u2014 Ce que ce journal d\u2019\u00e9criture, en tant que tel, ne peut pas \u00e9viter.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;C&rsquo;est quoi le pire pour un texte&nbsp;? \u2013 un texte qui cherche \u00e0 se montrer aupr\u00e8s du lecteur ou de la lectrice va lui dire Regarde-moi&nbsp;? M&rsquo;as-tu vu&nbsp;? Est-ce que tu as compris que je suis comme \u00e7a&nbsp;? Est-ce que tu as compris que je veux dire \u00e7a&nbsp;? C&rsquo;est bon&nbsp;? Je te l&rsquo;explique encore un peu&nbsp;? un texte qui fait \u00e7a c&rsquo;est<\/p>\n\n\n\n<p>57:04 \u2014 vraiment c&rsquo;est catastrophique quoi c&rsquo;est \u2013 Vous appelez \u00e7a, la langue qui fait sa belle. \u2013 oui voil\u00e0 la langue qui fait sa belle oui \u00e7a peut \u00eatre la langue qui fait sa laide aussi le texte compl\u00e8tement opaque avec pas de prise on a rien \u00e0 quoi s&rsquo;accrocher dans ce texte l\u00e0 il est compl\u00e8tement lointain la syntaxe est beaucoup trop bris\u00e9e tout est trop loin du sens tout est sans harmonie jamais et cette destruction cette cr\u00e9ation d&rsquo;une nouvelle langue dans la langue bah parfois \u00e7a peut \u00eatre quelque chose de dangereux parce que \u00e7a<\/p>\n\n\n\n<p>57:38 \u2014 touche plus du tout \u00e7a touche plus personne on laisse le texte s&rsquo;\u00e9loigner s&rsquo;\u00e9loigner du monde s&rsquo;\u00e9loigner des autres \u00e7a c&rsquo;est vraiment une forme d&rsquo;\u00e9go\u00efsme aussi \u00e7a vient pas de la langue \u00e7a vient de l&rsquo;auteur hein derri\u00e8re \u00e7a c&rsquo;est vraiment typique<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-blue-color has-light-gray-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-elements-b9915f45c078849773aab08684af776e\">Atelier 5 | 100 vues<\/h2>\n\n\n\n<p>Daza\u00ef x <em>f<\/em>&nbsp;\u2014 \u00ab&nbsp;N\u00e9cessit\u00e9 de confronter plusieurs \u00e9nonciations distinctes d\u2019un m\u00eame paysage par des locuteurs diff\u00e9rents&nbsp;: c\u2019est ce qui va faire na\u00eetre l\u2019histoire depuis ce basculement hors de nous.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>(\u00c7a se corse. Le paysage \u00e0 proprement parler, dans la chambre d\u2019h\u00f4pital principale d\u2019o\u00f9 on ne bouge pas, n\u2019existe pas. Pas de fen\u00eatre sur l\u2019ext\u00e9rieur. Juste une baie vitr\u00e9e sur le couloir, avec stores v\u00e9nitiens. Ou alors, la chambre m\u00eame fait office de paysages. Il va falloir s\u2019ouvrir \u00e0 des vues plus passag\u00e8res. Celle de la seconde chambre avant la sortie, avec vue par la fen\u00eatre sur d\u2019autres fen\u00eatres, d\u2019autres chambres. Ou la vue sur le parking par la vitre au bout du couloir. Ou alors de faux paysages, comme la pointe de la tour Eiffel dans le ciel, sur le plafond de la salle de scanner. Ou cette fresque de singe et d\u2019\u00e9l\u00e9phant, chacun accroch\u00e9 \u00e0 une liane, dans une salle d\u2019examen des urgences. Mais va trouver les personnages. En tout cas, il ne se trouvent pas forc\u00e9ment dans les notes du Carnet de sant\u00e9. Pas encore. Quelle vue en regroupe le plus&nbsp;?)<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-d649f7c0612920ba2a0b519cbdc5ab15\" style=\"color:#d11919\">09112025<\/h1>\n\n\n\n<p>|| Je n\u2019ai peut-\u00eatre pas si mal vis\u00e9 avec la question du Mur. Dans <em>La Semaine perp\u00e9tuelle<\/em> de Laura Vazquez, on lit&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Maintenant Salim, r\u00e9fl\u00e9chis, si on ne lave pas les murs, devine ce qui se passe. C\u2019est grave. Il faut s\u2019occuper des choses, autrement, elles s\u2019\u00e9croulent.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s, j\u2019avoue que je m\u2019occupe moins de mon mur qu\u2019avant. ||<\/p>\n\n\n\n<div id=\"100vues\" class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h2 class=\"wp-block-heading has-blue-color has-light-gray-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-elements-b9915f45c078849773aab08684af776e\">Atelier 5 | 100 vues<\/h2>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">Pourquoi on vient pas enlever cette tache&nbsp;? Pourquoi on nettoie pas cette vitre, \u00e0 la fin&nbsp;? C\u2019est pas que la vue soit exceptionnelle, \u00e7a c\u2019est s\u00fbr. La route, le parking, les voitures, une autre aile de l\u2019h\u00f4pital... on a connu mieux. Et \u00e0 vrai dire, beaucoup s\u2019en fichent, personne jette un \u0153il l\u00e0. Le paysage, il existe pas. La vitre, c\u2019est jamais qu\u2019un trou dans le mur pour un peu de lumi\u00e8re. C\u2019est \u00e7a, un puits de lumi\u00e8re. Et qui regarde \u00e7a, les puits de lumi\u00e8re&nbsp;? Qu\u2019est-ce qu\u2019on y voit d\u2019abord&nbsp;? Rien. Pas besoin de regarder, suffit d\u2019y penser pour voir ce que c\u2019est&nbsp;: un bout de ciel, d\u00e9coup\u00e9 entre les murs, les toits, pour les curieux du vide en forme de trap\u00e8ze. Mais quand m\u00eame, un trou, vitr\u00e9, \u00e7a peut se nettoyer. Moi, \u00e7a me g\u00eane ces esp\u00e8ces de coulures. C\u2019est tout flou dehors, translucide. La lumi\u00e8re, vous me direz, c\u2019est pas un probl\u00e8me, \u00e7a passe. Mais la vitre, c\u2019est quand m\u00eame de la mati\u00e8re&nbsp;! \u00c7a s\u00e9pare du vide mais on est pas cens\u00e9 voir la s\u00e9paration, juste le vide. Juste le trou d\u00e9coup\u00e9. Alors ces traces de coulures, moi \u00e7a me g\u00eane. Et d\u2019abord comment c\u2019est venu \u00e7a&nbsp;? La vitre \u00e9tait bien transparente au d\u00e9part, j\u2019imagine qu\u2019on la voyait pas, juste le cadre, les joints. Alors comment elles sont apparues ces traces&nbsp;? Le soleil, la pluie, le vent, le gel&nbsp;? Moi, j\u2019ai plut\u00f4t l\u2019impression que quelqu\u2019un a fait \u00e7a. Comme si quelqu\u2019un avait laiss\u00e9 des traces en frottant. Et peut-\u00eatre bien en nettoyant. Quelqu\u2019un a voulu nettoyer et le torchon \u00e9tait sale, gras. Ou le produit, c\u2019\u00e9tait pas le bon. Ou p\u00e9rim\u00e9. Mais \u00e9videmment, elle est nettoy\u00e9e la vitre. \u00c7a se voit si tu t\u2019approches. C\u00f4t\u00e9 int\u00e9rieur, y a pas une trace. Les traces, les coulures, c\u2019est de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9. C\u2019est dehors. Et l\u00e0, au dernier \u00e9tage, t\u2019y viens pas souvent la nettoyer la vitre. Eh ben on devrait&nbsp;! Parce que le temps, lui, c\u2019est tous les jours. C\u2019est tous les jours qu\u2019il laisse sa trace. Et chaque jour un peu plus. Alors pourquoi pas nous&nbsp;? Parce que si \u00e7a se trouve, un jour, \u00e0 laisser faire le temps, surtout en ces heures de d\u00e9r\u00e8glement acc\u00e9l\u00e9r\u00e9, un jour c\u2019est la lumi\u00e8re qui passera m\u00eame plus. Et peut-\u00eatre bien du jour au lendemain. Mais j\u2019imagine qu\u2019on changera alors de vitre. Peut-\u00eatre. On aura un trou tout neuf. Mais je suis s\u00fbr qu\u2019on verra pas mieux pour autant le paysage. Tu paries que ce sera m\u00eame encore plus b\u00e9tonn\u00e9&nbsp;? Et que si \u00e7a se trouve on verra m\u00eame pas le bout du puits de jour&nbsp;?<\/pre>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\"><em>Ah ben voil\u00e0 qu\u2019o mouille Roland&nbsp;! <\/em>Elle venait de voir les gouttes d\u2019eau s\u2019accumuler peu \u00e0 peu sur la vitre. Et en les voyant, elle venait de faire attention \u00e0 la vitre au bout du couloir. Et derri\u00e8re la vitre, vers laquelle elle s\u2019avan\u00e7ait \u00e0 petits pas gliss\u00e9s, la main contre le mur, \u00e0 la route, au parking, aux voitures. Au long b\u00e2timent gris effac\u00e9, un autre plus haut derri\u00e8re, \u00e0 gauche, son toit gris, la grande antenne. \u00c0 la grande zone de flou, aux tra\u00een\u00e9es que font les gouttes de pluie. Au ch\u00e2teau d\u2019eau qu\u2019elle soup\u00e7onnait au-dessus de la ligne d\u2019horizon. Le ciel gris et une partie plus claire, presque brillante. <em>Quelqu\u2019un a vu Roland&nbsp;?<\/em> Les gouttes de pluie qui en s\u2019accumulant disloquaient ce qui restait encore perceptible, de part et d\u2019autre de la grande zone de flou. Il n\u2019y avait plus qu\u2019un bruit de moteur \u00e9touff\u00e9 et le mouvement d\u2019une masse de taches rouges noy\u00e9e d\u2019\u00e9clats lumineux sans cesse d\u00e9form\u00e9s pour reconstituer un semblant de perspective. <em>Ah ben te voil\u00e0 Roland. Il serait temps que t\u2019arrive. O mouille.<\/em><\/pre>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">Quand le service des repas commence, en poussant le chariot, les plateaux tremblent, les couverts tremblent, les carafes tremblent, les roues grincent. La fen\u00eatre au bout du couloir ne forme qu\u2019un rectangle blanc, relev\u00e9 \u00e0 sa base par une ligne noire. Plateau-repas apr\u00e8s plateau-repas servi dans les chambres, le rectangle s\u2019agrandit et la ligne noire s\u2019\u00e9l\u00e8ve, s\u2019\u00e9paissit, s\u2019\u00e9claircit. \u00c0 la fin du service, apr\u00e8s \u00eatre repass\u00e9 pour r\u00e9cup\u00e9rer les plateaux-repas vides, le rectangle prend tout l\u2019espace. Quand il sort de la derni\u00e8re chambre, laiss\u00e9e ouverte, la t\u00e9l\u00e9 trop fort sur <em>l\u2019attaque au couteau, faisant deux morts<\/em>, il prend un biscuit ensach\u00e9 qu\u2019on n\u2019a laiss\u00e9, le sort de son film plastique, et se cale contre la vitre, l\u2019\u00e9paule et le front. Il observe en mangeant le biscuit ce qu\u2019on ne voit pas de face, dans le coin, d\u00e9gag\u00e9 de la zone floue. La route, le rond-point, des voitures. Des gens qui marchent sur le parking. Des coll\u00e8gues inconnus qui fument devant un hall d\u2019entr\u00e9e. Un bout de ciel bleu. <em>L\u2019op\u00e9ration militaire Mur de Fer qui a provoqu\u00e9 des tirs nourris et des explosions.<\/em> Les bouch\u00e9es croustillent, c\u2019est p\u00e2teux. Dehors, une silhouette, en sortant de la voiture, agite la main.<\/pre>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">Quand le docteur vient se poster l\u00e0, devant cette fen\u00eatre de bout de couloir, il se demande si la vue ne donne pas mieux \u00e0 voir que tous les autres clich\u00e9s m\u00e9dicaux, le mal dont souffre les patients. Le monde, dehors. Le monde gris avec toutes ces lignes, ces angles. Des angles partout. Des coins b\u00e9ton, des coins asphalte, des coins ferraille. Le monde saillant, pointu. M\u00eame les lignes, m\u00eame la route droite. Les bordures des trottoirs, les plaques d\u2019\u00e9gouts. M\u00eame les rev\u00eatements plats et lisses en apparence, ils sont trou\u00e9s, ils sont fendus, des crevasses partout. Il suffit de regarder de pr\u00e8s. Il faudrait passer le monde dans les appareils. D\u2019ailleurs c\u2019est fait. Tout est pass\u00e9 dedans, tout a \u00e9t\u00e9 examin\u00e9, analys\u00e9. On a des clich\u00e9s de tout. Tout est transparent. M\u00eame la transparence de la vitre et on voit bien, sous nos appareils, comment c\u2019est anguleux, caboss\u00e9 et fonci\u00e8rement opaque. Et lent. C\u2019est lent la lumi\u00e8re. Le simple fait qu\u2019elle se d\u00e9place, d\u2019un point A \u00e0 un point B, et qu\u2019elle ait une vitesse. C\u2019est lent. Le simple fait qu\u2019elle ne passe pas partout. Avec le temps, la vitre se salit, elle n\u2019est plus transparente, elle devient floue, de moins en moins translucide. \u00c0 terme, bient\u00f4t, \u00e7a arrivera plus vite qu\u2019on pense, la lumi\u00e8re ne passera plus. Elle sera arriv\u00e9e trop tard. Trop lente. Et le voil\u00e0 le mal des patients, la voil\u00e0 cette m\u00e9moire qui flanche, et les r\u00e9flexes qui s\u2019effacent et tout devient lame. Comme cette tache sur la vitre efface le monde gris en saillies dehors. Cette tache fant\u00f4me.<\/pre>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-c3aa48685dda434b00971b44f3cb11e9\" style=\"color:#d11919\">12112025<\/h1>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Correspondances | instruction<\/h2>\n\n\n\n<p>Je lis La Guerre des mots de Barbara Cassin, et je trouve cette critique que formule Sherlock Holmes au Dr Watson&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Votre habitude fatale de tout consid\u00e9rer sous l\u2019angle d\u2019une histoire plut\u00f4t que comme un exercice scientifique a ruin\u00e9 ce qui aurait pu \u00eatre une s\u00e9rie de d\u00e9monstrations instructives.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Cette critique vaut pour le correspondant de presse. Si l\u2019\u00e9v\u00e9nement dont il veut rendre compte se pr\u00eate \u00e0 une petite histoire, il y a peut-\u00eatre, et surtout, un fait \u00e0 rapporter comme une preuve essentielle. Le r\u00e9cit de la recherche, de la d\u00e9couverte de ce fait, constitue-t-il la seule histoire possible&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-light-gray-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-elements-052e481af1913cb210d19a376313f4d6\" style=\"color:#1966d1\">Atelier 6 | r\u00eaves<\/h2>\n\n\n\n<p>Lachgar x <em>f<\/em> \u2014 \u00ab&nbsp;Et donc 3,5 ou 7 d\u00e9buts de promenade, entre \u201cje\u201d et personnage&nbsp;?&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; cette l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 qui se revendique du r\u00eave, parce qu\u2019aucune justification n\u00e9cessaire \u00e0 la situation de d\u00e9part &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; comme si un bref appel d\u2019air pouvait m\u00eame souffler l\u2019intercesseur, celle ou celui qui raconte&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec ces r\u00eaves possibles&nbsp;:&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; l\u2019ambulance-biblioth\u00e8que&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; la main d\u2019Angela&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; le fant\u00f4me du couloir&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; le scanner russe&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; la chambre de la Grande-Terre&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;le docteur de la jungle<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Escapade vazquaise | essai<\/h2>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\" style=\"font-style:normal;font-weight:800\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">Je<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">cuisine<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">je\u00b7cuisine<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">et\u00b7dans\u00b7ma\u00b7cuisine<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">dans\u00b7ma\u00b7cuisine\u00b7par\u00b7la\u00b7fen\u00eatre<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">dans\u00b7 la Cuisine \u00b7je\u00b7regarde\u00b7la\u00b7fen\u00eatre\u00b7je\u00b7regarde\u00b7dehors<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">il\u00b7y\u00b7a\u00b7un\u00b7ami\u00b7un\u00b7ami\u00b7 pas proche \u00b7un\u00b7ami\u00b7 comme \u00e7a<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">il\u00b7est\u00b7l\u00e0<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">il\u00b7y\u00b7a\u00b7une\u00b7pr\u00e9sence\u00b7amicale\u00b7<a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/atelier-index-sommaires\/ete-2025-recto-verso\/_-lindex-des-auteurs\/\" data-type=\"page\" data-id=\"187551\">et\u00b7elle\u00b7parle<\/a><\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">elle\u00b7est\u00b7l\u00e0\u00b7et\u00b7 elle parle<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">dans\u00b7 la Cuisine \u00b7on\u00b7parle\u00b7et\u00b7par\u00b7la\u00b7fen\u00eatre\u00b7dehors\u00b7c\u2019est\u00b7la\u00b7nuit<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">on parle \u00b7c\u2019est\u00b7la\u00b7nuit\u00b7et\u00b7on\u00b7voit\u00b7par\u00b7la fen\u00eatre\u00b7 la nuit<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">on\u00b7voit\u00b7le\u00b7ciel\u00b7\u00e9toil\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">le\u00b7ciel\u00b7de\u00b7plus\u00b7en\u00b7plus\u00b7 \u00c9toil\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">la\u00b7vue\u00b7de\u00b7plus\u00b7en\u00b7plus\u00b7 Large \u00b7comme\u00b7si<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">comme si \u00b7\u00e0\u00b7regarder\u00b7par\u00b7la fen\u00eatre la nuit\u00b7on\u00b7\u00e9tait\u00b7pass\u00e9\u00b7par\u00b7 La fen\u00eatre&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp; \u00b7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00e0\u00b7travers&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00b7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; dehors<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">on\u00b7est\u00b7dehors\u00b7ensemble\u00b7dans\u00b7 Le jardin<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">on\u00b7est\u00b7dehors\u00b7on\u00b7regarde\u00b7le\u00b7ciel\u00b7les\u00b7\u00e9toiles\u00b7dans\u00b7 Le jardin<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">on\u00b7ne\u00b7parle\u00b7plus\u00b7 je crois<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">je\u00b7n\u2019entend\u00b7plus\u00b7l\u2019ami\u00b7la\u00b7pr\u00e9sence\u00b7amicale<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">elle\u00b7est\u00b7l\u00e0<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">l\u00e0\u00b7dans\u00b7 Le jardin<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">l\u00e0\u00b7sous\u00b7le\u00b7ciel\u00b7les\u00b7\u00e9toiles\u00b7on\u00b7regarde<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">on observe \u00b7les\u00b7\u00e9toiles\u00b7on\u00b7les\u00b7voit\u00b7briller\u00b7de\u00b7plus\u00b7en\u00b7plus\u00b7 brillantes<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">comme\u00b7si\u00b7\u00e0\u00b7regarder\u00b7le\u00b7ciel\u00b7on\u00b7s\u2019approchait\u00b7des\u00b7\u00e9toiles<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">comme\u00b7si\u00b7elles\u00b7 brillaient \u00b7plus\u00b7fort<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">\u00e0\u00b7les\u00b7regarder\u00b7 briller<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">et\u00b7des\u00b7lignes\u00b7apparaissent\u00b7entre\u00b7plusieurs\u00b7\u00e9toiles<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">et\u00b7une\u00b7figure\u00b7appara\u00eet\u00b7une\u00b7figure\u00b7g\u00e9om\u00e9trique\u00b7se\u00b7forme\u00b7un\u00b7volume\u00b7quelconque\u00b7un\u00b7poly\u00e8dre\u00b7rose<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">entre\u00b7les\u00b7\u00e9toiles\u00b7 brillantes \u00b7des\u00b7lignes\u00b7une\u00b7figure\u00b7un\u00b7volume\u00b7<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">et\u00b7les\u00b7\u00e9toiles\u00b7se\u00b7d\u00e9placent\u00b7les\u00b7lignes\u00b7bougent\u00b7la\u00b7figure\u00b7roule\u00b7le\u00b7volume\u00b7se\u00b7transforme\u00b7m\u00e9tamorphose\u00b7poly\u00e9drique<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">on\u00b7a\u00b7le\u00b7tournis<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">de\u00b7plus\u00b7en\u00b7plus\u00b7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; vite<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">on\u00b7a\u00b7le\u00b7tournis\u00b7et\u00b7la\u00b7chose\u00b7\u00e9toil\u00e9e\u00b7roule\u00b7dans\u00b7le\u00b7ciel&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; vite<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">et\u00b7 Tombe \u00b7sur\u00b7l\u2019horizon\u00b7ros\u00e9\u00b7orang\u00e9\u00b7 Tombe \u00b7en\u00b7explosant\u00b7 en\u00b7fumant<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">Tombe\u00b7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; vite \u00b7\u00e0\u00b7grand\u00b7fracas\u00b7sur\u00b7la\u00b7ligne\u00b7d\u2019horizon\u00b7le\u00b7ciel\u00b7ros\u00e9\u00b7orang\u00e9\u00b7 \u00b7fumant\u00b7 Tombe<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">une\u00b7fois<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">deux\u00b7fois\u00b7 Tombe<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">trois<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Vite<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">le\u00b7ciel\u00b7des\u00b7choses\u00b7\u00e9toil\u00e9es\u00b7gronde\u00b7et\u00b7le\u00b7grondement\u00b7roule\u00b7et\u00b7le\u00b7roulement\u00b7tonne\u00b7et\u00b7le\u00b7ton\u00b7monte<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">\u00e0 terre\u00b7entend-on\u00b7&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; vite<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">\u00e0\u00b7terre\u00b7on\u00b7se\u00b7couche\u00b7on\u00b7reste\u00b7\u00e0\u00b7bien\u00b7plat\u00b7sur\u00b7le\u00b7sol\u00b7 \u00e0 couvert \u00b7avec\u00b7l\u2019autre\u00b7amical<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">bien\u00b7\u00e0\u00b7plat\u00b7sur\u00b7l\u2019herbe\u00b7bient\u00f4t\u00b7sous\u00b7l\u2019herbe\u00b7qui\u00b7pousse<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">bien\u00b7 \u00e0 couvert \u00b7au\u00b7niveau\u00b7de\u00b7l\u2019herbe\u00b7qui\u00b7scintille\u00b7comme\u00b7des\u00b7vers\u00b7luisants<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">l\u2019herbe\u00b7qu\u2019on\u00b7regarde\u00b7 scintiller \u00b7 briller \u00b7avec\u00b7ces\u00b7petites\u00b7fleurs\u00b7des\u00b7champs\u00b7 illumin\u00e9es<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">ces\u00b7fleurs\u00b7ces\u00b7clochettes\u00b7comme\u00b7de\u00b7petites\u00b7lumi\u00e8res\u00b7multicolores<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">un\u00b7tapis\u00b7de\u00b7fleurs\u00b7qui\u00b7 s\u2019illumine \u00b7pas\u00b7trop\u00b7fort\u00b7pas\u00b7plus\u00b7que\u00b7les\u00b7vers\u00b7luisants<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">quand\u00b7l\u2019une\u00b7 s\u2019allume \u00b7et\u00b7puis\u00b7les\u00b7autres\u00b7autour\u00b7d\u2019elle\u00b7et\u00b7les\u00b7autres\u00b7autour\u00b7de\u00b7chacune<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">les\u00b7fleurs\u00b7 s\u2019allument \u00b7et\u00b7 s\u2019illuminent \u00b7comme\u00b7un\u00b7vol\u00b7d\u2019\u00e9tourneaux&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; vite<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">comme\u00b7un\u00b7champ\u00b7de\u00b7vers\u00b7luisants\u00b7en\u00b7jaune\u00b7en\u00b7vert\u00b7en\u00b7bleu\u00b7en\u00b7blanc\u00b7en\u00b7arc\u00b7\u00e9lectrique\u00b7d\u2019une\u00b7fleur\u00b7aux\u00b7autres<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">il\u00b7y\u00b7a\u00b7la\u00b7chose\u00b7la\u00b7masse\u00b7\u00e9toil\u00e9e\u00b7qui\u00b7enflamme\u00b7le\u00b7ciel\u00b7sur\u00b7l\u2019horizon\u00b7et\u00b7il\u00b7y\u00b7a\u00b7ce\u00b7parterre\u00b7d\u2019herbe\u00b7et\u00b7de\u00b7fleurs\u00b7qui\u00b7retient\u00b7la\u00b7nuit\u00b7et\u00b7la\u00b7lumi\u00e8re<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">et\u00b7on\u00b7est\u00b7l\u00e0\u00b7on\u00b7est\u00b7l\u00e0\u00b7nous\u00b7sur\u00b7le\u00b7sol\u00b7dans\u00b7l\u2019herbe\u00b7de\u00b7plus\u00b7en\u00b7plus\u00b7petits<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">on\u00b7est\u00b7l\u00e0\u00b7nous\u00b7 \u00e0 couvert \u00b7dans\u00b7la\u00b7nuit\u00b7sous\u00b7le\u00b7voile\u00b7\u00e9lectrique\u00b7floral\u00b7qui\u00b7 s\u2019illumine<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">qui\u00b7 se r\u00e9pand \u00b7monte<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">qui\u00b7 s\u2019intensifie \u00b7ici<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">s\u2019\u00e9teint\u00b7l\u00e0<\/p>\n\n\n\n<p style=\"font-style:italic;font-weight:500\">Tombe<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Novlangue |<\/h2>\n\n\n\n<p>Avec <em>La Guerre des mots<\/em> de Barbara Cassin, analysant les proc\u00e9d\u00e9s de Trump et Poutine&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Sur le fond, il s\u2019agit toujours de grandeur nationale et de patriotisme. Sur la forme, il faut des <strong>r\u00e9p\u00e9titions strat\u00e9giques de formules et de slogans<\/strong>, prises dans un langage \u00e9motionnel qui joue sur <strong>la peur, la col\u00e8re, l\u2019agressivit\u00e9<\/strong> d\u2019une part, <strong>l\u2019autosatisfaction<\/strong> de l\u2019autre.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-e4b22e268c2f72aaa2d7c9fd8b2648b0\" style=\"color:#d11919\">14112025<\/h1>\n\n\n\n<p>(Le texte <em>vazquais<\/em> reste inachev\u00e9. Je suis r\u00e9guli\u00e8rement all\u00e9 \u00e0 la ligne pour une question pratique de relecture, mais j\u2019aurais voulu constituer deux ou trois blocs paragraphes. Je n\u2019avais, certes, qu\u2019\u00e0 remonter \u00e0 la ligne du haut. Mais j\u2019ai pens\u00e9 qu\u2019en plus des points qui \u00e9gr\u00e8nent les mots, les propositions, les phrases, comme un chapelet, je pouvais essayer de jouer de la coupe, ici ou l\u00e0, avec des tirets longs ou des barres verticales. Ou quelques autres espacements plus ou moins \u00e9tendus. Et user de la majuscule pour d\u2019autres mots. Le tout aurait accentu\u00e9 l\u2019\u00e9trange du r\u00eave. Mais j\u2019\u00e9tais si fatigu\u00e9\u2026 je n\u2019ai pas pu retoucher le texte. Je suis all\u00e9 me coucher. \u2014 Aujourd\u2019hui, c\u2019\u00e9tait la journ\u00e9e de travail dans la structure. Et maintenant, l\u2019entreprise de relecture me semble vaine, je ne suis plus dans le texte. Mais, c&rsquo;est pas grave j&rsquo;ai fait de mon mieux.)<\/p>\n\n\n\n<div id=\"r\u00eaves\" class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h2 class=\"wp-block-heading has-light-gray-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-elements-052e481af1913cb210d19a376313f4d6\" style=\"color:#1966d1\">Atelier 6 | r\u00eaves<\/h2>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">1. Fen\u00eatre de bout du couloir. En fauteuil roulant. Des pas derri\u00e8re. La main d\u2019Angela. Les portes des chambres. Des silhouettes. Des lumi\u00e8res. Des gestes. Des bruits et des voix. Ici un atelier. La pluie. La foule. Une vieille chanson. Un moteur. L\u00e0 une cuisine. Une craie sur un tableau. Un hall de gare. Une sonnette de v\u00e9lo. Cris de joie. Ballons. Plateau-repas. Le vent dans les feuilles. Des v\u00e9hicules. Une porte qui claque. Une langue \u00e9trang\u00e8re. Un chien au loin. Un chien \u00e0 la fen\u00eatre.<br><br>2. Je suis allong\u00e9 sur le lit dans la chambre, \u00e9clair\u00e9e seulement par la t\u00e9l\u00e9vision proche du plafond, une mire qui semble en suspension. Le lit se et \u00e0 bouger, les cloisons de la chambre tombe, le lit circule dans le couloir. Le petit couloir menant \u00e0 la sortie du service juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ma chambre. Mais la travers\u00e9e est lente. Ou r\u00e9p\u00e9titive. Le lit ne cesse de passer devant la chambre. Et depuis le lit, allong\u00e9, je vois qu\u2019elle se trouve dans la p\u00e9nombre. J\u2019aper\u00e7ois une silhouette. Quelqu\u2019un, redress\u00e9 dans son lit, qui semble me regarder passer et repasser. Jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019on me prenne par la main. Je reconnais l\u2019accent d\u2019Angela. La porte s\u2019ouvre. Le lit dispara\u00eet. Et nous marchons dans un long couloir, main dans la main. Je ne la vois pas, mais je sens sa main dans la mienne. Et je l\u2019entends. Je ne sais pas ce que dit Angela, mais j\u2019entends, je comprends son accent \u00e9tranger. Nous marchons main dans la main, dans le long couloir \u00e9clair\u00e9 par une lumi\u00e8re qui vibre ou vacille \u00e0 chaque mot qu\u2019elle prononce, et qui d\u00e9rive sous les modulations de son accent. Je ne sais pas quels mots, je ne les entends pas, mais je peux les percevoir dans ce couloir dont l\u2019esp\u00e8ce de timbre lumineux semble dilater l\u2019espace.<br><br>3. La fen\u00eatre au bout du couloir. Des portes align\u00e9es. Des portes ferm\u00e9es. Des lits en filigrane. Des corps allong\u00e9s. Toujours un corps allong\u00e9. Une silhouette flottante. Dans chaque chambre. Dans chaque sc\u00e8ne. Derri\u00e8re chaque porte translucide. Mille et une portes en ligne. Le couloir sans fin. Les pas derri\u00e8re. La foul\u00e9e r\u00e9guli\u00e8re. Lente. Une pendule. Au fond une grande fen\u00eatre.<br><br>4. C\u2019est de l\u2019eau. C\u2019est l\u2019eau dans le dos, une sensation de fra\u00eecheur qui remontait dans la nuque, qui ma r\u00e9veill\u00e9. Sur la table d\u2019examen o\u00f9 j\u2019\u00e9tais allong\u00e9, je me suis redress\u00e9. De l\u2019eau avait envahi la salle. Le niveau montait. Et la table s\u2019est mise \u00e0 flotter. Les r\u00e9flecteurs gr\u00e9sillant, au plafond, ont fini par tiquer comme des stroboscopes. De plus en plus rapides. Si bien que toute la d\u00e9rive \u00e0 suivre sur la table d\u2019examen secou\u00e9e par des flots de plus en plus agit\u00e9 m\u2019est apparue \u00e0 la mani\u00e8re, hach\u00e9e, d\u2019une s\u00e9rie d\u2019images dans un kin\u00e9toscope. Sur le mur d\u2019en face, l\u2019espace s\u2019est ouvert, la fresque de l\u2019\u00e9l\u00e9phant et du singe accroch\u00e9 \u00e0 leur liane s\u2019est anim\u00e9e. \u00c0 mesure qu\u2019ils avan\u00e7aient, m\u2019escortaient, de liane en liane, une jungle \u00e9paisse est apparue, un fleuve de plus en plus tourment\u00e9, sous une masse nuageuse sombre, un vent violent, des \u00e9clairs z\u00e9brant le ciel. Sur la rive droite, de temps en temps, un m\u00e9decin derri\u00e8re une vitre et un \u00e9cran dont la lumi\u00e8re bleue le frappait au visage, de nombreux lits parqu\u00e9s sur une zone de parking, deux totems comme pour signaler l\u2019entr\u00e9e d\u2019un territoire, en forme de bras aux tatouages sculpt\u00e9s, une silhouette qui se retourne et dispara\u00eet dans la v\u00e9g\u00e9tation que le singe et l\u2019\u00e9l\u00e9phant appellent <em>Roland&nbsp;! Roland&nbsp;!<\/em> La table d\u00e9rive, les images d\u00e9filent, l\u2019eau se d\u00e9robe. <em>La cascade&nbsp;! La chute&nbsp;!<\/em> Dans un fracas assourdissant et une brume \u00e9paisse, les deux personnages me rattrapent et je poursuis ma course avec eux, la table d\u2019examen coll\u00e9e \u00e0 mes pieds, sur une vague qui n\u2019en finit plus de rouler vers une fen\u00eatre. Une fen\u00eatre de plus en plus grande, o\u00f9 l\u2019on aper\u00e7oit une s\u00e9rie d\u2019images en noir et blanc. Entre clich\u00e9s \u00e9chographiques et astronomiques qui, soudain travers\u00e9s par le petit poisson de la salle d\u2019examen, pixelis\u00e9 comme dans un vieux jeu vid\u00e9o, s\u2019effacent.<br><br>5. j\u2019\u00e9tais dans l\u2019ambulance, \u00e7a roulait vite, trop s\u00fbrement, le conducteur que je jouais prenait des risques, il doublait tous les v\u00e9hicules, m\u00eame en ville, m\u00eame quand un autre arrivait en face et \u00e7a passait tout juste, mais il fallait faire vite parce que derri\u00e8re, allong\u00e9 sur le brancard, emprisonn\u00e9 sous un amas de couvertures et de ceintures, le patient que j\u2019\u00e9tais n\u2019en pouvait plus, il appelait \u00e0 l\u2019aide <em>Angela&nbsp;! Angela&nbsp;!<\/em> il demandait qu\u2019on s\u2019arr\u00eate pour aller pisser, mais j\u2019acc\u00e9l\u00e8re et l\u2019ambulance manque de basculer dans les virages un peu serr\u00e9s et, \u00e0 chaque fois, des \u00e9tag\u00e8res de livres qui tapissent les parois me tombe sur la t\u00eate une poign\u00e9e de livres, l\u2019ambulanci\u00e8re que je fais les ramasse et les range, je demande <em>Pourquoi des livres ici&nbsp;?<\/em> je me r\u00e9ponds <em>Ce sont les histoires que vous portez en vous. \u2014 Mes histoires&nbsp;? \u2014 Oui, vos histoires, ou les r\u00e9cits avec lesquels vous pouvez reconstituer votre histoire, au moins en partie. \u2014 Mais que font-ils hors de moi&nbsp;? \u2014 Il faut les examiner. Quand votre corps est affect\u00e9, vos mots sont aussi touch\u00e9s. Il faut voir \u00e0 quel degr\u00e9. \u2014 Mais c\u2019est quoi cette histoire&nbsp;? on ne m\u2019a rien demand\u00e9&nbsp;! mes mots hors de moi\u2026 qui les a sortis&nbsp;? qui les a mis l\u00e0&nbsp;? et qui va les examiner&nbsp;? \u2014 Mais\u2026 c\u2019est vous&nbsp;! Qui voulez-vous que ce soit d\u2019autre&nbsp;? \u2014 Eh bien j\u2019aimerais bien le savoir&nbsp;!<\/em> quand un autre virage, un d\u00e9rapage, et c\u2019est tout un mur de livres sur la t\u00eate, un monceau de livres aux pages toutes bleues<br><br>6. La fen\u00eatre au bout du couloir. L\u2019imperceptible ascension. En fauteuil. Des mains sur les poign\u00e9es. Couloir de mille et une chambres. Bruit de mille et un pas. Vers le fond du couloir. De porte en porte. Sous la pleine fen\u00eatre montante. Sous la vitre brillante et sale. La vitre visiblement floue. De plus en plus haute. De plus en plus large. La vue de plus en plus vague. En fauteuil glissant. Main dans la main. Le pas m\u00e9tronome. La tour Eiffel image flottante. Pour un tour de scanner. La chambre \u00e9lectronique. Parking bo\u00eete de nuit. Silhouettes de plus en plus floues. Gestes de plus en plus sales. Cris vagues autotun\u00e9s. Un masque noir pour Guantanamo. Une main tatou\u00e9e. L\u2019accent de l\u00e0-bas. Rolands de lumi\u00e8re. Bague au doigt sur l\u2019horizon. Totale fen\u00eatre.<\/pre>\n\n\n\n<p>(Une s\u00e9rie de textes \u00e9crite et r\u00e9organis\u00e9e, en fait, jusqu\u2019au 18 novembre. Avec ces num\u00e9ros qui ne renvoient nullement \u00e0 l\u2019ordre chronologique de l\u2019\u00e9criture.)<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Histoire | sans paroles<\/h2>\n\n\n\n<p>Pendant que j\u2019\u00e9cris, j\u2019\u00e9coute un morceau de musique sans paroles. \u00c7a me fait un film imaginaire qui m\u2019\u00e9chappe.<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-39e58cf542cd26a03c7f12d1832f9fa9\" style=\"color:#d11919\">19112025<\/h1>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/20251116_180858-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-201492\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/20251116_180858-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/20251116_180858-420x236.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/20251116_180858-768x432.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/20251116_180858-1536x864.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/20251116_180858-2048x1152.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p>Avant-hier, Jeanne, avec qui j\u2019allais en voiture, pour une initiation, dans les chemins, entre les vignes, avant l\u2019\u00e9t\u00e9, nous a conduits chez mes parents. Puis, elle nous a tous emmen\u00e9s dans les marais, sur les bords de la Gironde, pour une balade \u00e0 pied de Port Conac au Port de Vitrezay. Il \u00e9tait un peu tard, le soleil est vite tomb\u00e9 et les nuages mena\u00e7aient. Sur le chemin, personne. Ou un Anglais et son chien. Jeanne a fait pr\u00e8s d\u2019une une centaine de photos du coucher de soleil pris dans les nuages orang\u00e9s, ros\u00e9s. D\u2019autres noirs. Nous nous sommes aventur\u00e9s sur le ponton d\u2019un carrelet dont le portail se trouvaient \u00e0 une vingtaine de m\u00e8tres de la rive. Pas de vent. L\u2019eau, quelques m\u00e8tres au-dessous, \u00e9tait calme. Mais le simple fait de regarder les flots aller en tous sens dilatait ou le sentiment de l\u2019espace ou celui de la vue. Le t\u00e9l\u00e9phone aussi. En prenant ses photos, Jeanne jouait du pouce pour trouver le meilleur r\u00e9glage de luminosit\u00e9. Il faisait presque nuit quand nous avons retrouv\u00e9 la voiture.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourquoi autant de photos pour une m\u00eame image. Tout le long de la promenade ensemble (une poign\u00e9e de photos de nous). Une m\u00eame image, mais toujours un peu diff\u00e9rente. Rien de spectaculaire, et un vrai clich\u00e9. Un coucher de soleil au bord de l\u2019eau, pour une belle photo&nbsp;? Une fa\u00e7on de retenir le temps&nbsp;? Un moyen de vivre l\u2019instant&nbsp;? Photo apr\u00e8s photo. Quand l\u2019\u0153il glisse sur l\u2019eau, se faufile entre le soleil et les nuages, se disperse dans les tons bleus, orange, roses, argent et quelques ombres. Que voit-on au final&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Je cherchais, l\u2019autre jour, \u00e0 illustrer un extrait de <em>Jewish Cock<\/em> \u2014 celui qui parle des nouveaux esclaves. Je le donne au bot Chat noir pour qu\u2019il me propose une dizaine d\u2019\u0153uvres possibles, en tous genres graphiques. Parmi elle, celle de Refik Anadol, <em>La Neuvi\u00e8me vague<\/em>, retient mon attention parce qu\u2019elle renvoie mon bot Chat noir \u00e0 sa condition. Il la d\u00e9crit ainsi&nbsp;: \u00ab&nbsp;Cette \u0153uvre d\u2019art num\u00e9rique utilise l\u2019IA pour cr\u00e9er des paysages immersifs et oniriques, questionnant la fronti\u00e8re entre r\u00e9alit\u00e9 et virtuel. Elle pourrait symboliser la noyade de l\u2019esprit humain sous un \u00ab\u00a0d\u00e9luge\u00a0\u00bb de donn\u00e9es et d\u2019images, comme \u00e9voqu\u00e9 dans l\u2019extrait.&nbsp;\u00bb Probl\u00e8me&nbsp;: impossible de trouver cette \u0153uvre.<\/p>\n\n\n\n<p>(Mais \u00e0 la place, je tombe sur le tableau du m\u00eame nom du peintre russe Ivan A\u00efvazovski, de 1850.)<\/p>\n\n\n\n<div id=\"atlas\" class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h2 class=\"wp-block-heading has-light-gray-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-elements-ced0e72bdd466af46284a670620f8389\" style=\"color:#1966d1\">Atelier 7 | atlas<\/h2>\n\n\n\n<p>Ransmayr x <em>f<\/em>&nbsp;: \u00ab&nbsp;L\u2019enjeu, c\u2019est cette somme d\u2019images, et cette carte g\u00e9ographique reconstruite pour un ou une de nos personnages. Le construire par la somme de ces images flottantes, chacune associ\u00e9e \u00e0 un lieu g\u00e9ographique, qui le constitue.&nbsp;\u00bb \u2014 Donc l\u2019enjeu de fond, c\u2019est le personnage sous l\u2019esp\u00e8ce de la hantise&nbsp;? mais en mode invers\u00e9&nbsp;? c\u2019est lieu revenant le hanter de mille et une fa\u00e7ons&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>La question est de savoir si, en relisant mes notes, je vais reprendre les images qui s\u2019y trouvent d\u00e9j\u00e0 \u2014 par \u00e9conomie de moyens \u2014, ou si je vais m\u2019emparer des images qui appara\u00eetront au fil de la relecture \u2014 pour prolonger l\u2019\u00e9criture. (Une autre question est de savoir si je vais me relire.)<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">1. La lumi\u00e8re trop faible de la lampe, les lignes troubles qu\u2019il lit et relit, les mots ne parvenant pas \u00e0 le d\u00e9tourner de l\u2019engourdissement et de l\u2019esp\u00e8ce de cr\u00e9pitation qui remontent dans sa jambe, dans son bras, et jusque sur le bout de sa langue qui commence \u00e0 gr\u00e9siller.<\/pre>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-5e3fcb05d0fe17212604a85a1ae8a5b5\" style=\"color:#d11919\">20112025<\/h1>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-light-gray-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-elements-ced0e72bdd466af46284a670620f8389\" style=\"color:#1966d1\">Atelier 7 | atlas<\/h2>\n\n\n\n<p>Une image par section, autant d\u2019images qu\u2019il y a de photos, treize images au moins. \u00c7a devrait le faire.<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">2. Je la vois allong\u00e9e l\u00e0, dans la p\u00e9nombre, sur le c\u00f4t\u00e9, envelopp\u00e9e sous un plaid de fausse fourrure grise, la t\u00eate pos\u00e9e sur un coussin blanc.<br><br>3. Le cadre de la vitre, la lumi\u00e8re orang\u00e9e des lampadaires qui d\u00e9filent, des murs, des toits, des arbres, la nuit sans \u00e9toiles, les grincements et les tremblements du v\u00e9hicule.<br><br>4. patchs, \u00e9lectrodes, l\u2019index dans une pince bleue, le cath\u00e9ter dans la veine saillante sous un film autocollant \u2014 avec des ailettes roses, un petit triangle en plastique gliss\u00e9 entre la peau et l\u2019aiguille, lui donnant l\u2019air d\u2019un papillon pris dans une toile \u2014, le sang coule dans le tube transparent, ligne rouge, sombre, qui serpente<br><br>5. les plis et replis du drap blanc sur les genoux, un liser\u00e9 rouge, le d\u00e9grad\u00e9 du bleu ciel au jaune p\u00e2le du mur en face, le singe accroch\u00e9 \u00e0 sa liane, l\u2019\u00e9l\u00e9phant derri\u00e8re lui, la prise \u00e9lectrique double, le coin des poubelles, la rose, la bleue, la noire, <em>vous comprenez&nbsp;? je vous f\u00e2che pas<\/em><br><br>6. L\u2019horloge en haut du mur. L\u2019horloge noire, un anneau noir, un cercle blanc. Chiffres et traits noirs. L\u2019horloge sur le mur blanc, cass\u00e9 d\u2019ombre. L\u2019horloge, toujours au niveau de la porte. Le m\u00eame bruit de trotteuse.<br><br>7. Cette esp\u00e8ce d\u2019imposte vitr\u00e9e en haut du mur, des stores v\u00e9nitiens repli\u00e9s masquant l\u2019obscurit\u00e9 de la salle derri\u00e8re. Et puis un matin, c\u2019est un grand rectangle lumineux branch\u00e9s sur un journal en continu.<br><br>8. la nuit de p\u00e9nombre, la nuit de lumignons en rouge, en vert, la nuit de chiffres mauves, la nuit pour un flash de l\u2019\u00e9cran du t\u00e9l\u00e9phone, la nuit au rayon de faible lumi\u00e8re, la nuit pour un sourire entre des lignes furtives<\/pre>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-9226611096bb3a6aebcf47cad1f5dc33\" style=\"color:#d11919\">21112025<\/h1>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-light-gray-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-elements-ced0e72bdd466af46284a670620f8389\" style=\"color:#1966d1\">Atelier 7 | atlas<\/h2>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">9. La vue presque totalement floue par la fen\u00eatre donnant sur le parking.<br><br>10. Le hall. Trois t\u00eates comme pos\u00e9es sur le comptoir de l\u2019accueil. L\u2019une d\u2019elle glisse et dispara\u00eet.<br><br>11. \u2014 dans ce recoin, devant cette fa\u00e7ade blanche stri\u00e9e, ouverte, o\u00f9 il se passe rien, ce rideau blanc tir\u00e9 aux trois-quarts, ses stries de m\u00e9tal grises, un miroir pour un autre recoin \u2014 entre une table d\u2019auscultation noire (le cuir d\u00e9chir\u00e9 aux entournures, la mousse jaune d\u00e9bordant) et un plan de travail avec un \u00e9vier (des tas de chemises dessous, un cordon d\u2019alimentation \u00e9lectrique noir pos\u00e9 dessus, et une bo\u00eete aux lettres couleur sable) \u2014 chariot fait d\u2019\u00e9tranges va-et-vient \u2014 en face d\u2019un mur beige et d\u2019une large plinthe blanche \u2014 la bouche d\u2019a\u00e9ration, aux alv\u00e9oles de la grille, au souffle constant \u2014<br><br>12. Dans le couloir, une aide-soignante encourage une vieille femme en d\u00e9ambulateur.<br><br>13. Par la porte ouverte, assises sur le bord du lit une vieille femme et une aide-soignante parlent en espagnol.<br><br>14. Au sol, accroupie, elle essuie \u00e9nergiquement avec une serviette blanche l\u2019eau de la carafe qui vient de tomber.<br><br>15. \u2014 un panneau lumineux, la pointe renvers\u00e9e de la tour Eiffel dans un ciel tout bleu \u2014 des bruits qui iraient d\u2019un synth\u00e9tiseur crasse, p\u00e2le imitation de gr\u00e9sil de guitare grunge, \u00e0 des beats minimalistes de bo\u00eete \u00e0 rythme pour <em>raveurs <\/em>sous acide ou psychotrope \u2014 d\u2019un placard, d\u2019autant plus \u00e9troit qu\u2019il est encombr\u00e9 par un fauteuil noir, un autre \u00e9vier, d\u2019autres chemises dessous et une nouvelle bo\u00eete aux lettres d\u2019un noir granuleux, comme de la suie, avec sa clef \u2014<br><br>16. Dans l\u2019obscurit\u00e9, sur le long bras de l\u2019infirmi\u00e8re, quatre ou cinq petites figures noires marmonnent.<\/pre>\n\n\n\n<p>(Et puis tu reprends tout et tu tires au sort les num\u00e9ros pour un nouvel ordre al\u00e9atoire. Et sans les num\u00e9ros.)<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Escapade vasquaize |<\/h2>\n\n\n\n<p>Autour du contraste le plus fort possible, avec les \u00e9l\u00e9ments les plus concrets, les plus oppos\u00e9s. Mais je vais peut-\u00eatre manquer de mati\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p><em>En formation, il dit qu\u2019il a pas de projet, ou rien de pr\u00e9cis. Il est l\u00e0 parce qu\u2019on lui a dit de venir l\u00e0, pour <\/em>conserver ses droits<em>. Il est l\u00e0 pour rien, sauf pour gagner <\/em>trois francs six sous \u00e0 la fin du mois<em>. \u00c0 la rigueur, il voudrait apprendre des mots nouveaux. <\/em>Un peu de vocabulaire, \u00e7a peut pas faire de mal.<em> Mais pas de calcul. Mais pas de grammaire. Il participe aux exercices des autres. La plupart du temps, il est le nez riv\u00e9 \u00e0 son t\u00e9l\u00e9phone. <\/em>Je lis, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 \u00e7a. <em>Il lit. Il prend des notes. Il va sur des sites traitant de m\u00e9canique quantique, d\u2019astrophysique. Il aime bien les <\/em>Chroniques des atomes et des galaxies<em>. Il essaie de comprendre ce qu\u2019est l\u2019horizon cosmologique. <\/em>Et imagine le retard qu\u2019on prend avec l\u2019\u00e2ge de la chose, parce que les calculs resteront fauss\u00e9s tant qu\u2019on se branchera pas sur l\u2019\u00e9nergie noire. Et peut-\u00eatre bien qu\u2019il faudrait plonger dans un trou noir. En attendant, \u00e7a vieillit \u00e0 une vitesse folle tellement l\u2019espace s\u2019acc\u00e9l\u00e8re de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de l\u2019horizon.<em> Et puis il se demande pourquoi il faut ajouter une dizaine au chiffre plus petit auquel on soustrait un chiffre plus grand quand cette dizaine se trouve dans le chiffre d\u2019\u00e0 c\u00f4t\u00e9. Il comprend pas <\/em>pourquoi le 1 du haut sert \u00e0 lire un nombre qui existe pas \u00e0 la base alors que celui qu\u2019on note en bas il faut l\u2019ajouter.<em> Et puis il prend ses notes sur un cahier de brouillon. Des notes ici, des notes l\u00e0, sur une page aux allures de tableaux. Colonnes et lignes d\u00e9cal\u00e9es. De temps en temps, un dessin, une figure, des signes. Un calcul. Et quand il faut parler de soi, \u00e9crire quelques lignes pour se projeter dans l\u2019avenir, il r\u00e2le. <\/em>Moi je vis au jour le jour.<em> Il \u00e9crit quand m\u00eame. <\/em>J\u2019irais vivre en Otarcie au milieu de la nature.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-63a2b22c1ac105128b5c940f16caf072\" style=\"color:#d11919\">22112025<\/h1>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/20251119_115310-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-201496\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/20251119_115310-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/20251119_115310-420x236.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/20251119_115310-768x432.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/20251119_115310-1536x864.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/20251119_115310-2048x1152.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Correspondances | entretien<\/h2>\n\n\n\n<p>|| Mercredi, un entretien avec l\u2019animatrice de l\u2019EHPAD d\u2019Archiac pour un article au sujet d\u2019une exposition de voitures anciennes (2CV, 4CV, 4L, Visa et Bel Air) pour les r\u00e9sidents. Animatrice que j\u2019ai prise pour la directrice et l\u2019erreur est apparue dans l\u2019article\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>|&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; | &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u2014 Et voil\u00e0&nbsp;! encore un qui veut jouer les journalistes et finit par faire du tort \u00e0 la profession&nbsp;! \u2014 Ouais ben, quand tu vois les gusses de CNews et ce qu\u2019ils racontent, t\u2019as pas \u00e0 rougir tellement c\u2019est \u00e9norme leur manque de professionnalisme. C\u2019est juste qu\u2019eux, ni regrets ni remords, \u00e7a fait partie du contrat. \u2014 Dis donc, c\u2019est tout \u00e0 fait gratuit, \u00e7a, comme critique&nbsp;! \u00e7a pourrait m\u00eame \u00eatre calomnieux&nbsp;! Depuis quand tu regardes cette cha\u00eene d\u2019abord&nbsp;? \u2014 Depuis que j\u2019ai entendu parler de <em>L\u2019Heure des Pros<\/em>, les chroniques d\u2019un humoriste d\u2019Inter, des articles de Lib\u00e9. J\u2019ai fini par jeter un \u0153il. Cinq minutes, comme \u00e7a, entre le Dessous des cartes et la m\u00e9t\u00e9o d\u2019\u00c9velyne, mais c\u2019\u00e9tait peut-\u00eatre pas elle. Et puis, un type arrive \u00e0 la fin de l\u2019\u00e9mission, un jeune, raconte une petite histoire, un fait divers nerveux, et puis, au lieu d\u2019une analyse, ou d\u2019une explication, m\u00eame superficielle, \u00e7a se termine avec de gros sabots dans la gueule <em>Mais o\u00f9 va la France&nbsp;? o\u00f9 va la France mon cher&nbsp;?! je vous le demande&nbsp;!<\/em> Le petit faits divers nerveux, sans circonstances att\u00e9nuantes ni aggravantes, devenu g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9 qu\u2019on a saut\u00e9e pour aller directement \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation. M\u00eame pas&nbsp;! puisqu\u2019on te la donne&nbsp;: t\u2019as plus qu\u2019\u00e0 en ressentir l\u2019effet. Et l\u2019autre, le journaliste-animateur ne disait rien, l\u2019air satisfait, avec peut-\u00eatre un sourire en coin, \u00e0 la fois contenu et donn\u00e9 \u00e0 voir. Comme pour mieux savourer et laisser la formule, vide, faire son effet. \u2014 Ah ouais\u2026 \u00e7a me fait penser \u00e0 ce que j\u2019ai lu sur Facebook l\u2019autre jour, sur le compte de\u2026 de\u2026 tu sais <a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/andre.markowicz\">ce grand traducteur<\/a>\u2026 bon bref, il disait que c\u2019\u00e9tait\u2026 \u00ab&nbsp;Comme si les gens \u00e9taient devenus aveugles. Comme s\u2019ils avaient perdu la facult\u00e9 de cat\u00e9goriser, de penser par gradation, \u2014 de penser le complexe, tout simplement. Comme s\u2019ils \u00e9taient devenus, tous, \u00e0 un degr\u00e9 ou un autre, avec les formes ou sans plus aucune forme, des feuilles dans un grand tourbillon.&nbsp;\u00bb \u2014 Nom de Dieu\u2026&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; |&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; |<\/p>\n\n\n\n<p>Bref&nbsp;! avant de repartir de l\u2019EHPAD, l\u2019animatrice m\u2019a montr\u00e9 ce qu\u2019elle avait r\u00e9alis\u00e9 avec les r\u00e9sidents sur le th\u00e8me de l\u2019automne, et je me suis retrouv\u00e9 devant un joli mur d\u00e9cor\u00e9. Pour prendre soin des r\u00e9sidents \u2014 j\u2019ai tellement envie de dire les <em>vieux<\/em>, \u00e0 la mani\u00e8re de cet ancien g\u00e9riatre qui voulait redonner des couleurs \u00e0 ce mot, \u00e0 son \u00e2ge, \u00e0 sa condition, qui est celle de tous m\u00eame quand on y pense \u2014, on prend soin avec eux du mur du hall o\u00f9 ils se retrouvent pour les activit\u00e9s en commun. On le d\u00e9core, on le relooke. On a proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 un toilettage \u00e9ph\u00e9m\u00e8re, autant que l\u2019est la saison, avant le grand maquillage pour les f\u00eates, avec peut-\u00eatre un feu d\u2019artifice. Bref&nbsp;! on prend soin du mur, comme les enfants font de beaux dessins comme \u00e7a, sur des feuilles volantes. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; ||<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-light-gray-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-elements-0c51bf3d98e23793b4d82abca5184925\" style=\"color:#1966d1\">Atelier 8 | retour<\/h2>\n\n\n\n<p>Kafka x <em>f<\/em>&nbsp;: \u00ab&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; c\u2019est l\u2019id\u00e9e de confier au personnage&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; de quoi se faire lui-m\u00eame l\u2019\u00e9nonciateur et le porteur de l\u2019histoire,&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; la pr\u00e9gnance des \u00e9l\u00e9ments visuels de ce retour, les objets,&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; changements de focale et gros plan, &nbsp;&nbsp; l\u2019approche de cette porte comme si la rejoindre ne serait jamais possible&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; .&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>M\u00e9thode (pour commencer)&nbsp;: copi\u00e9-coll\u00e9 des paragraphes de retour \u00e0 la maison \u2014 ampliation des notes, des paroles<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-a37647c27bf0ea3b378d4296e606a9a5\" style=\"color:#d11919\">23112025<\/h1>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Escapade vazquaise |<\/h2>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Quand je lis, je ne vois pas des mots.<\/p>\n\n\n\n<p>Je per\u00e7ois des sortes de structures d\u2019\u00e9quilibre, des sensations. Nous partirons de l\u00e0 pour cet atelier d\u2019\u00e9criture.<\/p>\n\n\n\n<p>Une phrase est comme un \u00eatre vivant.<\/p>\n\n\n\n<p>Elle a son propre \u00e9quilibre, son propre rythme.<\/p>\n\n\n\n<p><br>Elle fait surgir des id\u00e9es qu\u2019on n\u2019aurait pas eues autrement.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Correspondances |<\/h2>\n\n\n\n<p>Pour la rentr\u00e9e scolaire, je suis pass\u00e9 dans toutes les \u00e9coles pour faire des photos de classes. J\u2019avais commenc\u00e9 \u00e0 prendre des notes en vue d\u2019un article, mais je n\u2019avais pas besoin d\u2019\u00e9crire un article. Des photos l\u00e9gend\u00e9es suffisaient. Je me suis dit <em>Pas grave, quand j\u2019aurai le temps, je continuerai de prendre quelques notes, avec les souvenirs de mon passage dans les classes.<\/em> Et puis je n&rsquo;ai pas pris le temps. Reste ces premi\u00e8res notes, pour un article \u00e0 jamais \u00e0 venir.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s les vacances chaudes et en partie caniculaires, la semaine de rentr\u00e9e des classes avait plut\u00f4t un air d\u2019automne avanc\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Mardi 2 septembre \u2014 \u00e0 Brie-sous-Archiac comme dans les communes alentour, le temps \u00e9tait \u00e0 la pluie. Mme S, institutrice des \u00e9l\u00e8ves de CM1 et de CM2, avoue que ce n\u2019est pas de chance. <em>D\u2019habitude il fait beau, on va dans la cour pour la photo.<\/em> Et les \u00e9l\u00e8ves auraient pu faire cours dans le jardin de l\u2019\u00e9cole, labellis\u00e9e E3D (\u00c9tablissement en D\u00e9marche de D\u00e9veloppement Durable \u2014 comme \u00e0 Celles). Impossible. Pour l\u2019heure, dans la classe, tout le monde r\u00e9pond \u00e0 un questionnaire autour d\u2019une chanson (pour en retrouver quelques mots, saisir le message et exprimer ses impressions).<\/p>\n\n\n\n<p>Vendredi 5 \u2014 Il fait tr\u00e8s beau. Rendez-vous \u00e0 l\u2019\u00e9cole maternelle d\u2019Allas, o\u00f9 M. C vient ouvrir le portail. Les \u00e9l\u00e8ves sont dispers\u00e9s \u00e0 diff\u00e9rents endroits de la classe. En moyenne section, on tente de distinguer, sur une feuille, les signes des lettres \u00e0 entourer (des majuscules pour l\u2019instant). En petite section, on s\u2019essaie \u00e0 la correspondance des formes et des couleurs avec des puzzles en bois. Dans un coin lecture, on teste la souplesse de la banquette en sautant dessus. \u2014 Rendez-vous, en suivant, \u00e0 l\u2019\u00e9cole primaire d\u2019Arthenac o\u00f9 nous attendent Mme C et Mme \u2026 Dans la petite classe, on travaille la m\u00e9thode de lecture (GS) et l\u2019\u00e9criture des lettres (CP \u2014 on parle plut\u00f4t de graphisme, car \u00e9crire des lettres, c\u2019est d\u2019abord les dessiner). Dans la grande classe des CE1 et CE2, l\u2019affaire devient plus s\u00e9rieuse&nbsp;: dict\u00e9e&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Journal | inutile<\/h2>\n\n\n\n<p>J\u2019ai re\u00e7u, l\u2019autre jour, mon petit journal Le Un que je lis toujours trop peu. Cette semaine, il traite de la Bataille de l\u2019Attention. C\u2019est un petit journal pli\u00e9 en un, en deux, en trois, que je d\u00e9plie. Et, cette semaine, surprise&nbsp;: un second journal Le Un. \u00c7a arrive parfois. Il traite du Contr\u00f4le de l\u2019Info. Lui aussi, je le d\u00e9plie en un, en deux, en trois. Mais avant, avant, je lis toujours ce qui se trouve derri\u00e8re. Je lis toujours le po\u00e8me. Non, pas toujours, parce que je lis trop peu ce petit journal. Mais quand je le lis, c\u2019est d\u2019abord par derri\u00e8re. C\u2019est d\u2019abord le po\u00e8me et la petite citation en bas, \u00e0 droite, en rouge. Comme une maxime. Et cette semaine, les petites citations rouges, elles s\u2019accordent dr\u00f4lement. Elles s\u2019accordent bizarrement, mais joliment aussi. \u00c9trangement. Elles s\u2019articulent, mais je ne sais trop comment. Elles disent&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;La civilisation moderne est une conspiration universelle contre toute esp\u00e8ce de vie int\u00e9rieure. (Georges Bernanos)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;C\u2019est une bien triste chose que de nos jours il y ait si peu d\u2019informations inutiles.&nbsp;\u00bb (Oscar Wilde)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>(Donc&nbsp;: \u00e0 la l\u2019homme moderne la stricte utilit\u00e9&nbsp;? et \u00e0 la vie int\u00e9rieure la folle inutilit\u00e9&nbsp;?)<br><\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-0aba59b5e4aad25998c30ef151f4c712\" id=\"retour\" style=\"color:#d11919\">24112025<\/h1>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h2 class=\"wp-block-heading has-light-gray-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-elements-0c51bf3d98e23793b4d82abca5184925\" style=\"color:#1966d1\">Atelier 8 | retour<\/h2>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\"><em>(Si \u00e7a se trouve, quand je suis arriv\u00e9 c\u2019est par-l\u00e0 que l\u2019ambulance \u00e9tait gar\u00e9e.)<\/em> Avant de partir, on est all\u00e9s au service de M\u00e9decine Physique et de R\u00e9adaptation. Le chauffeur devait ramener quelqu\u2019un d\u2019autre qui sortait d\u2019une s\u00e9ance de r\u00e9\u00e9ducation. <em>\u00c7a vous d\u00e9range pas&nbsp;? \u2014 Ben\u2026 non.<\/em> Ben si. J\u2019aurais pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 qu\u2019on soit seuls. D\u00e9j\u00e0 que j\u2019aurais voulu qu\u2019on me ram\u00e8ne pas. Je serais bien rest\u00e9 un peu plus longtemps en fait. J\u2019aurais bien prolong\u00e9 la coupure de tout. Surtout l\u2019arr\u00eat de travail. Le retour \u00e0 la structure\u2026 J\u2019aurais bien voulu revoir Angela\u2026 Je suis s\u00fbr qu\u2019elle travaille pas qu\u2019en r\u00e9animation. Elle serait pass\u00e9e pour une prise de sang, on aurait pu discuter plus longtemps qu\u2019en r\u00e9animation. On aurait parl\u00e9 de son pays, l\u00e0-bas. Mais l\u00e0, je rentrais en ambulance. Et j\u2019aurais pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 rentrer seul. Discuter un peu, d\u2019accord, je suis pas oblig\u00e9 de faire la conversation. Mais l\u2019id\u00e9e de devoir \u00e9couter ce qu\u2019ils allaient se dire\u2026 Non, je voulais pas. Oui, \u00e7a me d\u00e9rangeait. Mais en fait, l\u2019autre, \u00e0 l\u2019arri\u00e8re, a pas sorti un mot durant le trajet.<br><br>C\u2019\u00e9tait le d\u00e9but de l\u2019apr\u00e8s-midi. Le grand froid \u00e9tait pass\u00e9. Je crois qu\u2019il faisait gris. Il a peut-\u00eatre un peu plu. Je suis rest\u00e9 dans la voiture gar\u00e9e sur le parking, juste devant le b\u00e2timent du service de M\u00e9decine Physique et de R\u00e9adaptation. Le chauffeur est all\u00e9 chercher l\u2019autre. \u00c7a a pris un certain temps. Devant le hall vitr\u00e9, deux agents hospitaliers fumaient et parlaient. J\u2019ai d\u00fb envoyer un message. J\u2019ai peut-\u00eatre re\u00e7u une r\u00e9ponse. J\u2019ai regard\u00e9 les r\u00e9sultats des matchs de Champions League. Quand ils sont revenus, j\u2019ai entendu la porte s\u2019ouvrir et qu\u2019on s\u2019installait derri\u00e8re en me saluant, mais je n\u2019ai vu personne. Juste une ombre dans mon dos. Je me suis pas vraiment retourn\u00e9. J\u2019ai juste entendu <em>Bonjour<\/em> d\u2019une voix plut\u00f4t neutre, et puis rien. Sauf notre chauffeur.<br><br>\u00ab&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Et comme \u00e7a, \u00e7a va la temp\u00e9rature messieurs-dames&nbsp;? Vous avez pas froid&nbsp;? \u00c7a s\u2019est radouci mais c\u2019est pas encore \u00e7a. Et puis la flotte&nbsp;!&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00c7a fait qu\u2019un an que je fais \u00e7a. Reconversion. Avant j\u2019\u00e9tais cariste. J\u2019en ai eu marre.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L\u00e0, mais je commence juste quasiment, je suis bon jusqu\u2019\u00e0 ce soir, vingt heures. Sans compter qu\u2019il faut une heure pour nettoyer la voiture et d\u00e9sinfecter l\u2019int\u00e9rieur. Je passe des lingettes sur les points de contact et un a\u00e9rosol pour l\u2019air.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Aller-retour, le plus loin que je suis all\u00e9, c\u2019est Paris, aller-retour dans la journ\u00e9e, quinze ou seize heures. J\u2019emmenais une dame \u00e0 son rendez-vous avec un chirurgien. Y a eu Montpellier aussi, mais l\u00e0 on \u00e9tait deux conducteurs \u00e0 se relayer. Plus un infirmier pour s\u2019occuper du type qu\u2019on ramenait d\u2019une cellule psy.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Ah j\u2019aurais pas voulu faire \u00e7a y a vingt ans. Sans le GPS&nbsp;? pr\u00e9parer les trajets \u00e0 la carte&nbsp;? et tourner en rond parce qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9poque, dans les villages, y avait pas de num\u00e9ros&nbsp;?&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les week-ends, quand on est de garde, on est d\u00e9centralis\u00e9 dans un local sp\u00e9cial \u00e0 une dizaine des bornes, mais en fait c\u2019est pour mieux se retrouver au centre du secteur d\u2019intervention.&nbsp;\u00bb<br><br>Et derri\u00e8re, on faisait quoi&nbsp;? Regarder le paysage d\u00e9filer&nbsp;? On voyait quoi&nbsp;? On fixait quoi&nbsp;? Les trois cloches blanches de la coop\u00e9rative agricole&nbsp;? Je me demande ce qu\u2019il y a dedans. \u00c0 quoi \u00e7a sert&nbsp;? Comment \u00e7a marche&nbsp;? \u00c0 c\u00f4t\u00e9 des six grosses cuves bien en ligne, pourquoi ces \u00e9normes cloches renvers\u00e9es&nbsp;? On dirait des \u0153ufs g\u00e9ants \u00e0 moiti\u00e9 ensevelis. On y couve quelque chose&nbsp;? On maintient au chaud&nbsp;? \u00c7a \u00e9tuve&nbsp;? \u00c7a fermente&nbsp;? \u00c7a monte en pression&nbsp;? On manipulait s\u00fbrement le t\u00e9l\u00e9phone. \u00c0 \u00e9couter de la musique, les \u00e9couteurs dans les oreilles&nbsp;? J\u2019entendais rien. Pas un semblant de musique. On regardait des vid\u00e9os&nbsp;? C\u2019\u00e9tait quoi&nbsp;? Sur les r\u00e9seaux&nbsp;? Une s\u00e9rie&nbsp;? La suite d\u2019un film&nbsp;? Un coup d\u2019\u0153il par la fen\u00eatre&nbsp;? On voyait quoi&nbsp;? Comme moi&nbsp;? \u00c7a l\u2019a interpel\u00e9 les p\u00e8lerins du chemin de Saint-Jacques \u00e0 la queue-leu-leu sur le rond-point de Pons&nbsp;? Elles m\u2019ont toujours fait l\u2019effet \u00e9trange des aveugles de Brueghel se tenant par l'\u00e9paule et tombant dans un foss\u00e9, ces statues. \u00c7a s\u2019entendait derri\u00e8re, ce qu\u2019on racontait&nbsp;? \u00c7a faisait penser \u00e0 quelque chose&nbsp;? Mais rien \u00e0 faire de \u00e7a, s\u00fbrement. On laissait parler. On laissait penser, \u00e7a passait et retour \u00e0 l\u2019\u00e9cran. On pensait \u00e0 rien. \u00c0 part qu\u2019on faisait s\u00fbrement trop de bruit. On aura mont\u00e9 le son. Et on regardait quoi&nbsp;? On voyait quoi sur l\u2019\u00e9cran&nbsp;? Des textos&nbsp;? Un manga&nbsp;? Un ebook&nbsp;? Non, qui lit des livres sur un \u00e9cran de poche&nbsp;? Rien que de les dire, ces deux mots, \u00e7a s\u2019articule pas bien. On en a peut-\u00eatre envoy\u00e9&nbsp;? On aura r\u00e9pondu. Des images en prime&nbsp;? Moi j\u2019ai rien re\u00e7u du trajet. Mais j\u2019en sais rien, le t\u00e9l\u00e9phone s\u2019\u00e9tait \u00e9teint en route. Son regard s\u2019est arr\u00eat\u00e9 sur quoi en relevant la t\u00eate, en regardant par la fen\u00eatre&nbsp;? On a vu quoi dehors&nbsp;? Il y a toujours ce bourg en sommet de coteau qu\u2019on traverse sans jamais s\u2019y arr\u00eater. Il y a toujours ce restau au bord de la route. Il a pas ferm\u00e9. Quand j\u2019\u00e9tais petit c\u2019\u00e9tait un routier et il y avait une longue file de camions et de voitures sur le trottoir. Mais il y avait peut-\u00eatre pas de trottoir \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Comme devant la maison de l\u2019autre, derri\u00e8re. Le chauffeur s\u2019est gar\u00e9 devant une murette en pierre et une haie de lauriers touffue. J\u2019ai entendu <em>Au revoir<\/em>, la porti\u00e8re a claqu\u00e9 et j\u2019ai aper\u00e7u une silhouette passer le portail. Il y a des gens, comme \u00e7a, c\u2019est bonjour-au revoir. Et entre les deux ils sont l\u00e0 avec vous comme s\u2019ils n\u2019existaient pas. Ou \u00e0 peine une pr\u00e9sence qui vous signifie, en retour, comme un souffle dans la nuque, que vous aussi vous \u00eates l\u00e0 sans r\u00e9elle existence.<br><br>La radio, c\u2019\u00e9tait sur Nostalgie. Tout le trajet, \u00e7\u2019a \u00e9t\u00e9 des chansons que j\u2019entendais quand j\u2019\u00e9tais petit. C\u2019\u00e9tait plut\u00f4t du genre qui te rend pas du tout nostalgique aujourd\u2019hui. \u00c0 part peut-\u00eatre la <em>Ballade de Jim<\/em>, avec son clip qui commence par une ambulance et se termine avec une infirmi\u00e8re dans une chambre d\u2019h\u00f4pital, sur un sourire id\u00e9al. Mais moi, quand je suis arriv\u00e9 \u00e0 la maison, personne. Avant d\u2019entrer, je suis all\u00e9 chercher le courrier \u00e0 la bo\u00eete aux lettres. C\u2019\u00e9tait le jour de mon petit journal.<\/pre>\n\n\n\n<p>(Copier-coller, donc, des derni\u00e8res notes du Carnet de sant\u00e9. Ampliation, donc, par ajouts, bien s\u00fbr, retouches n\u00e9cessaires. Et reprise d\u2019un fragment d\u00e9j\u00e0 utilis\u00e9 ici, fonci\u00e8rement revu sous l\u2019esp\u00e8ce de la d\u00e9personnalisation ou de la neutralisation. Parce qu\u2019on est deux dans ce retour. Mais dans ce deux il y a peut-\u00eatre celui, ou celle, qui ne retourne pas, qui ne revient pas. Et alors&nbsp;? \u2014 Et la conversation \u00e0 trous. Des trous, des petits trous, je poin\u00e7onne, au lieu des points de suspension car la conversation n\u2019est pas suspendue, au lieu des tirets longs car on ne change pas de voix, mais l\u2019autre voix est effac\u00e9e, c\u2019est un trou, un blanc, une pause, mais une pause comme on acc\u00e9l\u00e8re une bande magn\u00e9tique, \u00e7a va plus loin, mais le temps d\u2019y aller, plus vite, il n\u2019y a rien, c\u2019est en pause. Et alors&nbsp;?)<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-4f9107c59ce33e766630a376332fcea3\" style=\"color:#d11919\">26112025<\/h1>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Du verbe |<\/h2>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;De m\u00eame, dans notre langue, l\u2019humble verbe grammatical gouverne la phrase en brisant les idoles des mots et les renverse par la simplicit\u00e9 de son mouvement.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">(Val\u00e8re Novarina, <em>Devant la parole<\/em>)<\/p>\n\n\n\n<p>Entre mot d\u2019ordre et v\u0153u pieu&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-8d27ff5c446faa092dd7ce5084eed1bd\" style=\"color:#d11919\">28112025<\/h1>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-light-gray-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-elements-b88f9675f1ed69acbe427a2dc4c1a5f1\" style=\"color:#1969d1\">Atelier 9 | arriv\u00e9e<\/h2>\n\n\n\n<p>(Voil\u00e0 comment je n\u2019avais pas compris la consigne pr\u00e9c\u00e9dente&nbsp;\ud83d\ude42<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9chenoz x <em>f<\/em>&nbsp;: \u00ab&nbsp;explorer la dur\u00e9e m\u00eame de ce retour \u00e9voqu\u00e9 dans la #08, le consid\u00e9rer comme un temps de latence dans le d\u00e9veloppement de l\u2019intrigue, mais en garder et en nourrir l\u2019\u00e9lan par toutes ces perceptions subjectives que vous pourrez y inclure&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>On a dit \u00ab&nbsp;\u00e9voqu\u00e9&nbsp;\u00bb&nbsp;! Et en lisant Kafka, bien s\u00fbr, on revient, mais on arrive. C\u2019est le retour au point m\u00eame de l\u2019arriv\u00e9e, <em>l\u2019espace d\u2019un instant<\/em>, les derniers pas, ou la main sur la porte, et mille et une sensations et pens\u00e9es possibles. \u00c0 court d\u2019inspiration, peut-\u00eatre, par \u00e9conomie de sens, plus s\u00fbrement, je me suis appuy\u00e9 sur le retour jet\u00e9 sur mes notes sans saisir la port\u00e9e de l\u2019exercice propos\u00e9\u2026 Je peux recommencer&nbsp;! Cela dit, ce coup d\u2019\u00e9p\u00e9e dans l\u2019eau \u00e9tait comme un coup d\u2019avance pour la #09 \u2014 \u00ab&nbsp;pronom neutre et ambivalent&nbsp;\u00bb compris.<\/p>\n\n\n\n<p>(Allez, on peut s\u00fbrement revoir le texte du retour pour quelques \u00ab&nbsp;perceptions subjectives&nbsp;\u00bb de plus. Et jeter quelques lignes dans la bataille sur le seuil de la porte. En repartant du point final&nbsp;: <em>Mais moi, quand je suis arriv\u00e9 \u00e0 la maison, personne. Avant d\u2019entrer, je suis all\u00e9 chercher le courrier \u00e0 la bo\u00eete aux lettres. C\u2019\u00e9tait le jour de mon petit journal.<\/em> Ou peut-\u00eatre avant, tout le paragraphe.)<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-471f7ce0731405aa1e5e2bd614a5fa1e\" style=\"color:#d11919\">29112025<\/h1>\n\n\n\n<div id=\"arriv\u00e9e\" class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h2 class=\"wp-block-heading has-light-gray-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-elements-b88f9675f1ed69acbe427a2dc4c1a5f1\" style=\"color:#1969d1\">Atelier 9 | arriv\u00e9e<\/h2>\n\n\n\n<p>Donc, la #09 c\u2019est la #08, et inversement. Ce qui ne change rien ni \u00e0 l\u2019avancement de l\u2019atelier d\u2019\u00e9criture, ni \u00e0 celui du texte. Et on n\u2019est pas ici \u00e0 un d\u00e9r\u00e8glement num\u00e9ral pr\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">Le chauffeur le d\u00e9posa dans l\u2019all\u00e9e. Il sortit son sac du coffre et le suivit jusqu\u2019\u00e0 la porte avant de le lui remettre. <em>\u00c7a y est, la journ\u00e9e est termin\u00e9e. \u2014 Ah non, \u00e7a commence juste, j\u2019en ai jusqu\u2019\u00e0 ce soir.<\/em> Au revoir, merci, il l\u2019a regard\u00e9 repartir en marche arri\u00e8re en cherchant ses clefs dans la poche int\u00e9rieure de son manteau. Elles n\u2019y \u00e9taient pas. Il a fouill\u00e9 dans ses poches en regardant ses pieds. Elles n\u2019y \u00e9taient pas. Dans les poches du pantalon, au cas o\u00f9. Mais rien. Son regard s\u2019est arr\u00eat\u00e9 sur le grand noyer, au bout de l\u2019all\u00e9e. Le grand noyer, sans feuilles, aux branches qui vont en tous sens. Et la petite bo\u00eete aux lettres pench\u00e9e, au fond. Elles \u00e9taient dans la pochette du sac. Avant de glisser la clef dans la serrure, il a sonn\u00e9, comme \u00e7a. Au cas o\u00f9. Il savait pourtant que personne ne l\u2019attendait. Mais si on lui avait ouvert&nbsp;? Si on \u00e9tait rentr\u00e9 plus t\u00f4t. Si on avait voulu l\u2019accueillir&nbsp;? Si on avait voulu lui faire la surprise&nbsp;? Il \u00e9tait parti dans une fin de nuit, \u00e2me au bleu, il revenait vaguement dans l\u2019apr\u00e8s-midi, un jour gris. Apr\u00e8s une dizaine de jours. Dans la maison, la sonnette s\u2019est \u00e9touff\u00e9e. C\u2019\u00e9tait le jour de son petit journal. Le petit hebdo autour d\u2019une question d\u2019actualit\u00e9. Une grande feuille pli\u00e9e en trois qu\u2019il ne d\u00e9plie presque plus. Mais il aime bien la citation derri\u00e8re, aussi furtive et insignifiante qu\u2019une v\u00e9rit\u00e9 de passage. Et le po\u00e8me pour illustrer, amplifier, d\u00e9former, d\u00e9peindre pour d\u00e9construire, etc. Il est all\u00e9 \u00e0 la bo\u00eete aux lettres avec ses clefs, un \u0153il dans le noyer attir\u00e9 par deux petites ombres qui venaient de s\u2019envoler. La petite cour du voisin \u00e9tait remplie de voitures. Dans la bo\u00eete, deux journaux sous un tas de prospectus. La porte refermait mal. Il a d\u00fb forcer et la faire claquer. <em>Ah&nbsp;! la meute.<\/em> Il rentre en d\u00e9chirant les papiers d\u2019emballage pour savoir de quoi on parle. Un tract tombe en route. Les chiens aboient de plus belle.<\/pre>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Th\u00e9\u00e2tre | Feuillets d\u2019automne<\/h2>\n\n\n\n<p>|| Chaque vendredi soir du mois de novembre, une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><em>Merteuil<\/em>, de Marjorie Frantz, pour un prolongement des <em>Liaisons dangereuses<\/em>, pour renouer en partie avec la langue du dix-huiti\u00e8me si\u00e8cle, pour articuler une probl\u00e9matique (\u00e9rotique et rh\u00e9torique) du livre \u00e0 l\u2019actualit\u00e9&nbsp;: le consentement<\/li>\n\n\n\n<li><em>Montaigne, Les Essais<\/em>, par Herv\u00e9 Briaux, dans une sorte de one-man-show o\u00f9 la pens\u00e9e d\u00e9ploie une parole dense (\u00e0 moins que ce ne soit l\u2019inverse) concernant les conditions humaines, divine et animale, entre autres choses aussi s\u00e9rieuses que dr\u00f4les \u00e0 certains \u00e9gards \u2014 cru, notamment, lorsqu\u2019il s\u2019agit de l\u2019id\u00e9e des Fran\u00e7ais si hautains que, \u00e0 vouloir monter toujours un cran plus haut dans l\u2019arbre de la soci\u00e9t\u00e9, des id\u00e9es, des lettr\u00e9s, ils passent pour ces singes qui ne montrant jamais que leur face de cul<\/li>\n\n\n\n<li><em>Na\u00efs,<\/em> de Marcel Pagnol, dans un d\u00e9cor vide, du moins ultra-minimaliste, r\u00e9duit \u00e0 un seul tabouret sinon aux v\u00eatements des personnages, et \u00e0 leur accent marseillais \u2014 \u00e9tait-il d\u2019ailleurs utile&nbsp;? si le cin\u00e9ma de Pagnol \u00e9tait d\u00e9pouill\u00e9 de toute image (sauf le tabouret), pourquoi ne pas d\u00e9nuder aussi le texte de cet accent du sud \u2014 qu\u2019on aurait pu conserver avec Toine, le bossu, sur lequel repose presque tout le dr\u00f4le de la langue dans une intrigue qui, sans cela, reste bien classique, bien trop sage, et, surtout aujourd\u2019hui, passablement patriarcale&nbsp;: ah&nbsp;! ce p\u00e8re qui veut garder sa fille aupr\u00e8s de lui, pour le servir\u2026 \u2014 l\u2019\u0153uvre aurait d\u00fb s\u2019appeler Toine, et sa bosse, qui le fait marcher de travers, on la retrouve dans son accent, qui fait d\u00e9vier la langue, d\u00e9tourne la parole, l\u2019humorise<\/li>\n\n\n\n<li><em>Du Charbon dans les veines<\/em>, de Jean-Philippe Daguerre, dans une mise en sc\u00e8ne riche, en sons et lumi\u00e8res, entre t\u00e9l\u00e9 et accord\u00e9on, o\u00f9 l\u2019on se retrouve dans un caf\u00e9, dans la rue, devant un pigeonnier, chez le m\u00e9decin, en voiture, dans le cimeti\u00e8re (les acteurs au bord de la sc\u00e8ne, face \u00e0 moi), pour des sc\u00e8nes parfois \u00e0 la limite du tableau vivant<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Et une fois (pour Montaigne), la repr\u00e9sentation a eu lieu entre les murs du petit th\u00e9\u00e2tre du ch\u00e2teau. C\u2019est inconfortable, mais on est au plus pr\u00e8s de la sc\u00e8ne, des acteurs. Et avant que le rideau ne se l\u00e8ve, son architecture fait qu\u2019on se retrouve sur une sc\u00e8ne o\u00f9 l\u2019on fait l\u2019objet d\u2019un spectacle, au jeu de Qui est-ce&nbsp;? Avec beaucoup d\u2019\u00e9cho r\u00e9percut\u00e9 sur un quatri\u00e8me mur instable, mouvant, furtif.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; ||<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/20251114_213500-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-201934\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/20251114_213500-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/20251114_213500-420x236.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/20251114_213500-768x432.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/20251114_213500-1536x864.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/20251114_213500-2048x1152.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-754d5d66e6e129272d884389e70f1d2c\" style=\"color:#d11919\">02122025<\/h1>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00e9zo | z\u00e9ro |<\/h2>\n\n\n\n<p>|| Soit une image de Zelensky assis sur des toilettes en or, sa t\u00eate s\u2019appuyant sur ses mains jointes (entre r\u00e9flexion et d\u00e9pit), au milieu des ruines. Et soit ces deux commentaires enfon\u00e7ant le clou avec une dent dure sur le pr\u00e9sident ukrainien (avec le peuple aussi, mais on joue les bons Samaritains)&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Sotto un certo aspetto gli ucraini si meritano un pagliaccio del genere, valgono lui!<\/li>\n\n\n\n<li>Io sono per natura portato a vedere prima le cose buone, sono per principio fiducioso negli esseri umani (sempre meno, per\u00f2&nbsp;\ud83d\ude42 )<br>Quindi io non ce l&rsquo;ho col popolo ucraino.<br>Siamo noi completamente rivogljoniti dalla propaganda ufficiale, figuriamoci il popolo ucraino dove i giovani scappano via o vengono presi con la forza e mandati a morire al fronte.<br>Il popolo ucraino forse merita qualcosa di meglio. Se si riesce a togliere dai cogljoni questo essere schifoso forse l&rsquo;Ucraina, con l&rsquo;aiuto dei Russi, potrebbe prendere coscienza e meritare una vita migliore\u2026<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>J\u2019\u00e9tais \u00e0 deux doigts de r\u00e9pondre&nbsp;: <em>\u00ab\u00a0Siamo noi completamente rivogljoniti dalla propaganda ufficiale\u00a0\u00bb &#8212; alors imaginez avec les propagandes en tous genres, non officielles, surtout celles des r\u00e9seaux sociaux infest\u00e9es par les IA.<\/em> Et puis, je me suis ravis\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai pens\u00e9 qu\u2019il ne fallait pas entrer t\u00eate baiss\u00e9e dans le mur de l\u2019autre. Pourquoi, en premi\u00e8re instance, suis-je tomb\u00e9 sur cette image, ces commentaires, cette non-discussion&nbsp;? Pour me faire r\u00e9agir&nbsp;? Elle me fait r\u00e9agir. C\u2019est fait pour \u00e7a. \u00c7a, dans le sens de matraquer, sid\u00e9rer \u2014 une explosion en image de synth\u00e8se grossi\u00e8re, et deux coups de feu de commentaires vulgaires. On venait, en fait, de donner un grand coup de b\u00e9lier dans mon mur.<\/p>\n\n\n\n<p>Encaissons, au lieu de r\u00e9pondre du tac au tac d\u2019un coup d\u2019\u00e9p\u00e9e dans l\u2019eau. \u2014 M\u00eame s\u2019il est bien difficile d\u2019avaler la couleuvre de l\u2019aide russe. M\u00eame mon bot chat n\u2019est pas dupe&nbsp;: \u00ab&nbsp;Dire que l\u2019Ukraine pourrait \u00ab\u00a0prendre conscience\u00a0\u00bb avec \u00ab\u00a0l\u2019aide des Russes\u00a0\u00bb revient \u00e0 justifier l\u2019invasion russe comme une forme de \u00ab\u00a0th\u00e9rapie de choc\u00a0\u00bb.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Ensuite, que faire dans la guerre des images et des mots&nbsp;? D\u2019abord, s\u2019avouer bien impuissant. Et puis\u2026&nbsp;? me revient ce mot d\u2019Hannah Arendt (merci mon bot chat)&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;La v\u00e9rit\u00e9 factuelle, m\u00eame si elle est toujours contestable, est le fondement de toute politique. Sans elle, nous perdons le sol sous nos pieds.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Et c\u2019est dommage, que la langue italienne soit prise en otage. Tiens, souvenons-nous aussi d\u2019Umberto Eco, <em>Reconna\u00eetre le fascisme<\/em>&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;L&rsquo;Ur-Fascismo \u00e8 ancora intorno a noi, talvolta in abiti civili. Sarebbe cos\u00ec confortevole, per noi, se qualcuno si affacciasse sulla scena del mondo e dicesse: \u00ab\u00a0Voglio riaprire Auschwitz, voglio che le camicie nere sfilino ancora in parata sulle piazze italiane!\u00a0\u00bb Ahim\u00e8, la vita non \u00e8 cos\u00ec facile. L&rsquo;Ur-Fascismo pu\u00f2 ancora tornare sotto le spoglie pi\u00f9 innocenti. Il nostro dovere \u00e8 di smascherarlo e di puntare l&rsquo;indice su ognuna delle sue nuove forme \u2013 ogni giorno, in ogni parte del mondo. Do ancora la parola a Roosevelt: \u201cOso dire che se la democrazia americana cessasse di progredire come una forza viva, cercando giorno e notte con mezzi pacifici, di migliorare le condizioni dei nostri cittadini, la forza del fascismo crescer\u00e0 nel nostro paese\u201d (4&nbsp;novembre 1938). Libert\u00e0 e liberazione sono un compito che non finisce mai. Che sia questo il nostro motto: \u201cNon dimenticate\u201d.&nbsp;\u00bb<br><\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>L&rsquo;Ur-fascisme est toujours autour de nous, parfois en civil. Ce serait tellement plus confortable si quelqu&rsquo;un s&rsquo;avan\u00e7ait sur la sc\u00e8ne du monde pour dire : \u00ab Je veux rouvrir Auschwitz, je veux que les chemises noires reviennent parader dans les rues italiennes ! \u00bb H\u00e9las, la vie n&rsquo;est pas aussi simple. L&rsquo;Ur-fascisme est susceptible de revenir sous les apparences les plus innocentes. Notre devoir est de le d\u00e9masquer, de montrer du doigt chacune de ses nouvelles formes \u2014 chaque jour, dans chaque partie du monde. Je laisse une nouvelle fois la parole \u00e0 Roosevelt : \u00ab J&rsquo;ose dire que si la d\u00e9mocratie am\u00e9ricaine cessait de progresser comme une force vive, cherchant jour et nuit, par des moyens pacifiques, \u00e0 am\u00e9liorer la condition de nos citoyens, la force du fascisme s&rsquo;accro\u00eetra dans notre pays \u00bb (4&nbsp;novembre 1938). Libert\u00e9 et Lib\u00e9ration sont un devoir qui ne finit jamais. Telle doit \u00eatre notre devise : \u00ab N&rsquo;oubliez pas. \u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>(trad. Myriem Bouzaher)<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p>(En fait, il s&rsquo;agissait d&rsquo;un \u00ab\u00a0ami\u00a0\u00bb&#8230; En g\u00e9n\u00e9ral, j&rsquo;ai droit \u00e0 une dr\u00f4le d&rsquo;histoire d&rsquo;Emma, pour red\u00e9finir un mot, ou une belle photo de Juliette pour amorcer un micror\u00e9cit. De vraies amies quoi. L\u00e0, pas de chance : c&rsquo;\u00e9tait une image de merde et un dialogue \u00e0 la con de la part d&rsquo;un \u00ab\u00a0ami\u00a0\u00bb qui ne l&rsquo;est plus. \u2014 \u00c0 la place, Ivan Konstantinovitch A\u00efvazovski et sa <a href=\"https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/La_Neuvi%C3%A8me_Vague#\/media\/Fichier:Hovhannes_Aivazovsky_-_The_Ninth_Wave_-_Google_Art_Project.jpg\">Neuvi\u00e8me vague<\/a>.)&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; ||<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-light-gray-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-elements-52f9c9c2b727a6d252b174802ef63425\" style=\"color:#1969d1\">Atelier 10 | non, c\u2019est\u2026<\/h2>\n\n\n\n<p>Michaux x <em>f<\/em> \u2014 <em>Et, \u00e0 chaque reprise, lester un peu plus le texte d\u2019appui de ce qui existait certainement pour vous, l\u2019auteur, mais n\u2019\u00e9tait pas mis \u00e0 disposition de nous, lecteur.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Voil\u00e0 comme elle est&nbsp;\u00bb, mais \u00ab&nbsp;Non, voil\u00e0 comme elle est&nbsp;\u00bb, et puis \u00ab&nbsp;Non, voil\u00e0 comme elle est&nbsp;\u00bb, et puis encore\u2026 Pour moi, la question rel\u00e8ve moins du personnage (et c\u2019est peut-\u00eatre bien le cas aussi pour Michaux) que de la figure, fantomatique, du texte en train de s\u2019\u00e9crire. Dans un cadre plus ou moins r\u00e9aliste comme je le con\u00e7ois avec ce Carnet de sant\u00e9 \u2014 plus, parce que fond\u00e9 sur des faits&nbsp;; mais bien moins puisque \u00e9crit sous forme de notes, comme dans un journal mais sans dates, et loin de d\u00e9daigner les envol\u00e9es imaginaires \u2014, le mode r\u00e9p\u00e9titif, en \u00e9carts et rapprochements, me semble convenir pour un passage, et un personnage, onirique&nbsp;: comme ces figures tatou\u00e9es sur un bras, per\u00e7ues la nuit dans une phase d\u2019\u00e9veil plomb\u00e9e de fatigue. \u00c0 travers elles, ce sont des lucarnes sur un angle du texte qu\u2019on pourrait ouvrir et refermer.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est clair&nbsp;? En tout cas, c\u2019est comme \u00e7a que je voudrais comprendre cet \u00e9trange \u00ab&nbsp;retour via fonction po\u00e9tique de la prose sur la syntaxe elle-m\u00eame, la conscience qui doit affleurer en permanence de l\u2019interrogation sur la langue, et son r\u00f4le&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-ede6351f7538bdb49cd0c6b17ae81c3a\" style=\"color:#d11919\">03122025<\/h1>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/20251128_201732-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-201933\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/20251128_201732-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/20251128_201732-420x236.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/20251128_201732-768x432.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/20251128_201732-1536x864.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/11\/20251128_201732-2048x1152.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Th\u00e9\u00e2tre |<\/h2>\n\n\n\n<p>|| Le hasard des lectures faisant toujours bien les choses, voici de quoi enrichir l\u2019exp\u00e9rience th\u00e9\u00e2trale avec Val\u00e8re Novarina&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>Le th\u00e9\u00e2tre k\u00e9notique r\u00e9p\u00e8te sur sc\u00e8ne que la sc\u00e8ne n&rsquo;est pas ; c&rsquo;est la formule <em>une<\/em> du th\u00e9\u00e2tre, son chimique \u00e9nonc\u00e9 le plus simple, la pierre n\u00e9gatrice qui le fonde ; l&rsquo;acteur entre et dit : \u00ab Voici : cela n&rsquo;est pas. \u00bb Anatopique, uchrone, analogal, antistrophique, anamorphe, diaphonique, perspectral, anaphoresque et diaphane, antiandrique, transthanatal, antianthrope et surtout antianthropopodule, aphone et suracoustique et anacosmique et sursexu\u00e9, le th\u00e9\u00e2tre avance par contre-sujets, en contr&rsquo;ombrant les antipersonnes et les doublant de paroles jaillies en loga\u00e8dres, champ contre chant, en contrepoint et \u00e0 contretemps ; il nous offre le monde envers et r\u00e9versible : voici l&rsquo;espace maintenant qui se d\u00e9voue. Voici que c&rsquo;est lui, l&rsquo;espace, qui apporte l&rsquo;homme avec personne dedans. L&rsquo;antimati\u00e8re th\u00e9\u00e2trale est ainsi ; elle repr\u00e9sente visiblement des non-lieux&nbsp;: et cependant l\u2019homme est l\u00e0 \u2013 et l\u2019univers. Le th\u00e9\u00e2tre est un lieu tr\u00e8s physique o\u00f9 un corps vient dire&nbsp;: <em>rien ne m\u2019est plus impossible qu\u2019un corps<\/em>. L\u2019acteur vient refaire l\u2019enti\u00e8re g\u00e9om\u00e9trie du corps humain.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">(<em>Devant la parole<\/em>)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<div id=\"non\" class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h2 class=\"wp-block-heading has-light-gray-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-elements-f58bfa82078065eb057082c36842256b\" style=\"color:#1966d1\">Atelier 10 | non, c\u2019est\u2026<\/h2>\n\n\n\n<p>Rappel&nbsp;: \u00ab&nbsp;Dans l\u2019obscurit\u00e9, sur le long bras de l\u2019infirmi\u00e8re, quatre ou cinq petites figures noires marmonnent.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">Voil\u00e0 comme elles sont&nbsp;: des flammes bleues dansant sous les ombres, soufflant les lampadaires, sautant sur les brancards, faisant trembler les carlingues, fon\u00e7ant \u00e0 toute berzingue.<br><br>\u2014 Non, voil\u00e0 comme on est, des reflets de chats noirs bondissant, se cognant aux murs, se glissant sous les couvertures et les bandeaux, surgissant par les anneaux de Saturne ronds comme un queue d\u2019Eiffel quand \u00e7a turbine.<br><br>\u2014 Non, voil\u00e0 comme on est, dans les couloirs en allers et retours, dans les chambres, au bord des lits, sur les \u00e9crans, entre les fils, au bout des aiguilles, pour un merci, un visage pour miroir, une ombre pour reflet, de la p\u00e9nombre pour fr\u00e9quence, un r\u00e9flecteur invisible pour ambiance, tamis de lumi\u00e8re dans l\u2019\u0153il.<br><br>\u2014 Mais non, on est b\u00eates comme ses pieds devant, dessous, debout, vacillant, en \u00e9quilibre instable, les mains devant soi accroch\u00e9es \u00e0 une poign\u00e9e, \u00e0 un bras, \u00e0 Roland, \u00e0 l\u2019absence, au tour de passe-passe, d\u2019adresse perdue, de vision r\u00e9duite, de m\u00e9moire qui flanche, b\u00eate comme les mains devant, \u00e0 droite, \u00e0 gauche, C\u2019est qui le pr\u00e9sident ?<br><br>\u2014 Parle pour toi, non, non, on est des marmottes, des marmottes sifflant, chantant, des marmottes soufflant des petits mots, de tout petits mots complexes, tordus, chiffr\u00e9s, des marmottes blablatant sous des mottes d\u2019\u00e9chos graphi\u00e9s, de mots ir\u00e9mis\u00e9s, cath\u00e9teristiques des accident\u00e8les neurovralgiques, du genre \u00e9l\u00e9phant se balan\u00e7ant en singeant le singe des Apr\u00e8s ? sans fin, des marmottes et des fourmis dans la langue.<br><br>\u2014 Non. Voil\u00e0 comme on est&nbsp;: respirant, inspirant, expirant&nbsp;; aux urgences dans un box&nbsp;; une salle au fond d\u2019un couloir&nbsp;; une salle de machine sombre&nbsp;; \u00e0 travers une grande couronne blanche qui gronde&nbsp;; un lumignon pour guide&nbsp;; respirant, haletant, exsudant en urgence&nbsp;; \u00ab&nbsp;sir\u00e8ne en boucle&nbsp;\u00bb&nbsp;; \u00e0 Guantanamo&nbsp;; \u00e0 Mexico&nbsp;; \u00e0 Angela&nbsp;; inspirant, inspirante&nbsp;; l\u2019\u0153il brid\u00e9&nbsp;; la main tendue&nbsp;; l\u2019accent tonique en hauteur courbe&nbsp;; sautant dans le vide de la ballade&nbsp;; inspirant, expirant en urgence.<\/pre>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-28d7d40e11395ff45c033df28c7de93a\" style=\"color:#d11919\">06122025<\/h1>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Escapade vazquaize |<\/h2>\n\n\n\n<p>On d\u00e9montre une \u00ab&nbsp;th\u00e9orie chelou&nbsp;\u00bb. Rien d\u2019abstrait. On observe le ph\u00e9nom\u00e8ne, et on le d\u00e9crit le plus concr\u00e8tement possible.<\/p>\n\n\n\n<p>M\u2019est venue l\u2019id\u00e9e d\u2019une <em>folie des flocons<\/em>. Pas le fait que j\u2019aime follement les flocons, comme Dali se disait fou du chocolat Lanvin. Non, le fait que les flocons, comme les hommes, peuvent devenir fous. Et alors \u00e0 quoi on voit \u00e7a, qu\u2019un flocon est fou&nbsp;? \u2014 Quand en vol on le voit surfer sur les rafales du blizzard, et tenter un figure dans la chute finale pour rejoindre un tourbillon de fum\u00e9e sortant d\u2019une chemin\u00e9e, esp\u00e9rant remonter, l\u2019espace d\u2019un instant.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Correspondances |<\/h2>\n\n\n\n<p id=\"mains\">Ni <em>bon<\/em>, ni <em>mauvais<\/em>, j\u2019essaie autant que possible de m\u2019abstenir de tout jugement de valeur qui me ferait employer adjectifs et adverbes m\u00e9lioratifs ou p\u00e9joratifs. M\u2019int\u00e9ressent les noms, les verbes qui les mettent en action. M\u2019int\u00e9resse ce qui est, ce qui advient \u2014 et peut-\u00eatre devient, au moins sous l\u2019esp\u00e8ce d\u2019un petit article. Mais crier au loup, non.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h2 class=\"wp-block-heading has-light-gray-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-elements-024605929ddd7a8af86afe28b917c8a2\" style=\"color:#1966d1\">Atelier 11 | mains<\/h2>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">Tu souriais. Il y a du monde autour de toi, on s\u2019affaire, on s\u2019active, on se d\u00e9p\u00eache. Toi, tu souriais. Des mains partout. Chacune \u00e0 son \u00e0 faire. Referm\u00e9es sur la couverture, serr\u00e9es, poings d\u2019attache. Entrela\u00e7ant, \u00e0 quatre mains, des fils, des \u00e9lectrodes, pieuvre multicolore pour une main tentaculaire \u00e0 l\u2019\u00e9coute du corps, du c\u0153ur, du pouls, en signes lumineux et langage chiffr\u00e9. Les doigts sur le clavier, l\u2019\u0153il sur l\u2019\u00e9cran, op\u00e9rations simultan\u00e9es s\u2019inversant, de lettres fugitives dans un sens, dans un autre, d\u2019un mot \u00e0 l\u2019autre, de ligne en ligne, dans le plus grand d\u00e9sordre des touches immobiles, disparates, l\u2019apha b\u00eata compl\u00e8tement \u00e9clat\u00e9, les doigts mont\u00e9s sur ressort, \u00e0 taper en sauts de puce, d\u2019espaces de pouces en entr\u00e9es annulaires. Et les mains baladeuses, les mains en l\u2019air, en bas \u00e0 droite, derri\u00e8re devant, en suspension. Un magicien&nbsp;? Un mime&nbsp;? <em>Vous la voyez&nbsp;?<\/em> Tu souriais. Elles changeaient de place, elles changeaient de figure, elles changeaient de forme, ouvert, ferm\u00e9, tordu, clignotant. Elles changeaient de signes, de nature&nbsp;? Des mains pour l\u2019\u0153il. Des mains comme des lumi\u00e8res. Des mains ou des diodes. Des photodiodes pour circonscrire le champ de vision. En haut \u00e0 gauche. <em>Ma parole, vous vous moquez&nbsp;?<\/em> Tu souriais.<\/pre>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-6ccdb028decf5c8ad80fd5697817cc28\" style=\"color:#d11919\">09122025<\/h1>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Correspondances |<\/h2>\n\n\n\n<p>Un article dans le journal, on communique une information. Mais pour que le lecteur transforme l\u2019information en connaissance, il faut aller au-del\u00e0 de, contre (&nbsp;?), la communication \u2014 sinon, on en reste au fait divers (&nbsp;?). Pour cela, deux outils de communication \u2014 contradictoires, compl\u00e9mentaires&nbsp;: que l\u2019article rel\u00e8ve d\u2019un micror\u00e9cit&nbsp;; que l\u2019article participe d\u2019un examen scientifique.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce n\u2019est l\u00e0 qu\u2019une petite r\u00e9flexion, une repr\u00e9sentation id\u00e9ale de ce que devrait \u00eatre, faire, mes articles. Mais sur le plan pratique, formel, instrumental, je ne sais pas. Cela doit d\u00e9pendre de la situation, de la disposition, <em>avant<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Lectures crois\u00e9es |<\/h2>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;L\u2019acteur ne doit pas comprendre la pi\u00e8ce. Il ne doit pas \u00eatre ma\u00eetre de ce qui arrive. Il n\u2019a pas \u00e0 construire un personnage pour lui-m\u00eame, mais \u00e0 construire un objet mental qui s\u2019\u00e9difie et respire dans la t\u00eate du spectateur. Dans la t\u00eate de l\u2019acteur, il faut qu\u2019il ne se passe rien. L\u2019acteur n\u2019a d\u2019opinion sur rien. Toutes les th\u00e9ories du th\u00e9\u00e2tre vont vers \u00e7a, vers le vide, le masque, l\u2019insensibilit\u00e9, le retrait \u2014 et surtout pas l\u2019exhibition. L\u2019\u00e9motion vient aussi de voir ces corps transfigur\u00e9s et sans d\u00e9fense. C\u2019est alors que cela devient \u00e9mouvant, que cela prend une place dans la nature ou dans la <em>contre-nature<\/em>. Les acteurs subissent leur r\u00f4le&nbsp;; ils sont profond\u00e9ment passifs&nbsp;; ils entrent dans leur passion, devant nous.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">(Val\u00e8re Novarina, <em>Une langue inconnue<\/em>)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>De l\u00e0&nbsp;: de l\u2019acteur \u00e0 l\u2019\u00e9crivain&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;De ce point de vue, le ressort de la politique n\u2019est pas imm\u00e9diatement l\u2019affrontement antagonique, mais l\u2019enqu\u00eate continue, en situation, sur les id\u00e9es, mots d\u2019ordre et initiatives aptes \u00e0 faire vivre localement l\u2019existence de deux voies, dont l\u2019une est la conservation de ce qu\u2019il y a, l\u2019autre sa transformation compl\u00e8te selon des principes \u00e9galitaires que le nouveau mot d\u2019ordre va cristalliser. Le nom de cette activit\u00e9 est \u201ctravail de masse\u201d. L\u2019essence de la politique, hors mouvement, c\u2019est le travail de masse.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">(Alain Badiou, <em>Je vous sais si nombreux\u2026<\/em>)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Il y a une pens\u00e9e par le rythme, par la voix, par les timbres, une pens\u00e9e par la musique. Elle s\u2019impose, elle nous sauve in extremis de l\u2019incompr\u00e9hension. Le travail porte toujours sur une architecture de sens. Les sens est une architecture de rythmes, un jeu de force.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">(Val\u00e8re Novarina, <em>Une langue inconnue<\/em>)<br><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-e2d3067d3fc56d1b81e13096a2628ad7\" style=\"color:#d11919\">10122025<\/h1>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Foss\u00e9s |<\/h2>\n\n\n\n<p>TDI&nbsp;: trouble dissociatif de l\u2019identit\u00e9. Un documentaire sur le sujet, quand en soi il y en a plusieurs. Une jeune femme d\u2019une vingtaine d\u2019ann\u00e9es, dont j\u2019ai oubli\u00e9 le pr\u00e9nom. Mais avec ces multiples identit\u00e9s, elle en a des dizaines. Du petit gar\u00e7on de 5&nbsp;ans, qui pleure parce qu\u2019il est seul, \u00e0 l\u2019adulte mature qui s\u2019occupe de tout. Et elle, qui ne supporte pas de se regarder dans un miroir. Elle, aux cheveux courts, qui s\u2019imaginent les cheveux longs, plus grande et plus \u00e2g\u00e9e. Elle, prostr\u00e9e, le regard vide quand elle change d\u2019identit\u00e9. Elle, qui est elle-m\u00eame parce qu\u2019elle est la seule \u00e0 pouvoir parler des autres en elle. Eux, en elle, ne se connaissent pas, ne se rencontrent jamais \u2014 si je comprends. Eux ne la connaissent pas non plus elle \u2014 enfin je crois. Eux ne connaissent qu\u2019eux-m\u00eames, que soi-m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<p>Voil\u00e0 de quoi il a \u00e9t\u00e9 essentiellement question. Sinon, on n\u2019avait pas vraiment envie d\u2019\u00eatre l\u00e0. Reste qu\u2019on y \u00e9tait. Et qu\u2019on a fini par parler. Mais si on avait pu se taire. S\u2019allonger sur le divan. Couler une sieste.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour se repr\u00e9senter le fonctionnement interne, on a fait de la conscience de cette jeune femme un archipel de coquilles de noix dans l\u2019oc\u00e9an d\u2019affects de l\u2019inconscient. Une grosse coquille, elle, et de nombreuses petites coquilles, les autres. Certaines en plein jour, dont on a conscience, d\u2019autres dans la nuit de l\u2019inconscient. Le processus de gu\u00e9rison consiste \u00e0 faire appara\u00eetre la lumi\u00e8re sur les identit\u00e9s les plus enfouies, et \u00e0 faire se rapprocher chaque identit\u00e9 de la principale, jusqu\u2019\u00e0 la rencontre \u2014 et peut-\u00eatre la fusion. L\u2019\u00e9tonnant, c\u2019est qu\u2019on a choisi la noix pour repr\u00e9senter la conscience. Et mieux&nbsp;: une coquille vide.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-light-gray-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-elements-b1316ee645ce98b4925ccc7b74bba38e\" style=\"color:#1966d1\">Atelier 12 | h\u00f4tel<\/h2>\n\n\n\n<p>Ben\u2026 ce sera l\u2019h\u00f4tel-Dieu&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Toussaint x <em>f<\/em>&nbsp;: &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <em>et chaque fois privil\u00e9gier cette immersion, plong\u00e9e, perceptions et sensations, \u00e9clats de visage et \u2014 surtout des surtout \u2014 comment ces \u00e9l\u00e9ments arch\u00e9types et reconnaissables au moindre fragment qu\u2019on en cite, d\u00e8s qu\u2019on les convoque par le langage c\u2019est tout notre mental \u00e0 ce moment pr\u00e9cis qu\u2019on appelle et d\u00e9ploie<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Voil\u00e0 peut-\u00eatre le moment venu d\u2019imbriquer des \u00e9l\u00e9ments des autres carnets de sant\u00e9. (Il faudrait d\u00e9j\u00e0 que je puisse les retrouver.)<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-e015b4b3600317cb3c436d91738a05f5\" style=\"color:#d11919\">12122025<\/h1>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Th\u00e9\u00e2tre |<\/h2>\n\n\n\n<p>Un concert, en fait, mais qu\u2019est-ce que \u00e7a change&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019\u00e9tait dans une des grandes salles du Rocher de Palmer. Une esp\u00e8ce de brume montait de la sc\u00e8ne, et je me demande pourquoi. Il n\u2019y avait personne sur sc\u00e8ne<\/p>\n\n\n\n<p>Une premi\u00e8re partie avec Joshua Idehen. Parfaitement inconnu. Pantalon de costume noir, \u00e0 pinces, et t-shirt blanc. J\u2019ai pens\u00e9 qu\u2019il avait pas eu le temps de finir de s\u2019habiller. En plus, sa ceinture trop longue retombait comme un sexe ramolli. Lui ne l\u2019\u00e9tait pas. Il a beaucoup parl\u00e9 et interagi avec le public. Il est m\u00eame descendu de la sc\u00e8ne pour serrer des mains. Je n\u2019ai presque rien compris. Il parlait vite. Sauf pour les chansons. Et encore, c\u2019est gr\u00e2ce au rythme de la musique que son phras\u00e9 a fait un pas de c\u00f4t\u00e9 cadenc\u00e9. Sans \u00e7a \u2014 une \u00e9lectro au rythme saccad\u00e9 du charleston, genre house, teint\u00e9e de disco et de gospel (l\u00e9ger) \u2014 c\u2019\u00e9tait un one man show ou un pr\u00eache. Avec ce sens du jeu pour faire participer la salle r\u00e9partie en deux mots&nbsp;: <em>love<\/em> et <em>rythm<\/em>. J\u2019\u00e9tais c\u00f4t\u00e9 <em>rythm<\/em>. Du <em>spoken word<\/em> partag\u00e9&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Baxter Dury, pour qui je suis venu avec Christophe. Ben non. J\u2019ai pas compris. L\u2019esp\u00e8ce d\u2019hyperpop disco des premiers morceaux avec sa voix de punk \u00e9raill\u00e9, qui se la joue dans sa veste ni enfil\u00e9e, ni enlev\u00e9e, en courant d\u2019un c\u00f4t\u00e9 et de l\u2019autre, en soulevant le porte micro comme un glaive dans le ciel. Non. En plus, fallait que j\u2019aie un grand devant moi. J\u2019ai d\u00fb reculer jusqu\u2019\u00e0 une barri\u00e8re pour me sur\u00e9lever et voir ce que j\u2019avais pas besoin de voir. \u00c0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019une femme de mon \u00e2ge qui semblait simplement attendre sa fille, peut-\u00eatre, quelque part dans la salle, tant elle restait impassible. Il a vraiment fallu attendre le milieu du concert pour entendre autre chose&nbsp;: quand les basses sont devenues crasses, et les ch\u0153urs (la voix amplifi\u00e9e, d\u00e9form\u00e9e par un effet de micro de Delilah Holliday) ont perdu la m\u00e9lodie, tirant sur la monocorde de rythmes d\u00e9cal\u00e9s, boiteux, aksak, et quand le synth\u00e9 se prend pour une table de mix acide. Ouf&nbsp;! Mais le jeu sc\u00e9nique de l\u2019harangueur de foule improvisant des figures de ta\u00ef chi\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019\u00e9tait fort. Je suis rentr\u00e9 avec un acouph\u00e8ne \u00e0 l\u2019oreille droite persistant. \u00c7a m\u2019apprendra \u00e0 pas mettre les boules Quies que j\u2019avais dans une poche.<\/p>\n\n\n\n<p>(Sur Joshua Idehen, par Radio France&nbsp;: \u00ab&nbsp;Avec toutes les questions qu&rsquo;il peut se poser sur lui, sur sa position d&rsquo;homme noir dans un monde blanc, sur sa place masculine dans une soci\u00e9t\u00e9 patriarcale et plus g\u00e9n\u00e9ralement sur sa condition d&rsquo;humain qui tente de faire de son mieux. Pour autant, ses compositions ne sont pas des tutos de d\u00e9veloppement personnel mais des messages d&rsquo;encouragement, des propositions musicales alternatives, syncop\u00e9es, lib\u00e9ratrices. Pour lui, on peut m\u00e9diter et danser en m\u00eame temps.&nbsp;\u00bb)<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-light-gray-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-elements-6235b04f4d6a1c4c107dce43510a1855\" style=\"color:#1966d1\">Atelier 12 | h\u00f4tel(-dieu)<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">Premier jet<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<pre class=\"wp-block-verse\" style=\"font-style:italic;font-weight:400\">Je t\u2019ai parl\u00e9 d\u2019<em>hybridation de corps et de machine<\/em>, \u00e0 propos du visage de la chambre d\u2019en face, qui en \u00e9tait pas un. Mais quand t\u2019y penses, de quoi tu crois que t\u2019avais l\u2019air, toi&nbsp;? Et c\u2019est chaque fois la m\u00eame chose.<br><br>La premi\u00e8re fois, dans cette grande salle d\u2019examen froide et sombre. On t\u2019avait mis \u00e0 poil sur une table d\u2019examen, et t\u2019existais plus que sur un grand \u00e9cran auquel t\u2019\u00e9tais branch\u00e9 par rayons X. On venait de t\u2019injecter une substance de contraste par le cath\u00e9ter qui a fait la semaine tellement il \u00e9tait bien fix\u00e9. Il y avait deux m\u00e9decins dans la salle, un homme et une femme. Deux voix en fait.<br><br>Il y a eu cette salle des urgences o\u00f9 on t\u2019a laiss\u00e9 seul un bon moment. T\u2019\u00e9tais allong\u00e9, impossible de bouger avec tous les fils. Un appareil derri\u00e8re bipait. Les bruits de pas dans le couloir, des voix. T\u2019\u00e9tais allong\u00e9, la lumi\u00e8re des r\u00e9flecteurs dans la figure.<br><br>Il y a eu cette chambre jaune. Un jaune p\u00e2le, pisseux. Pas de fen\u00eatre, juste une imposte. Les rayons du soleil \u00e0 travers frappaient le mur d\u2019un trap\u00e8ze blanc s\u2019amenuisant peu \u00e0 peu. Dessous, une petite table, tes affaires dans un sac en plastique. Et une petite horloge noire. On entendait la trotteuse.<br><br>C\u2019est \u00e9trange cette sensation, dans les chambres de soins intensifs, de se retrouver au milieu. Et interdit de se lever, de s\u2019asseoir. C\u2019est tout juste si on peut se redresser. Mieux valait appeler avec la sonnette.<br><br>C\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 \u00e7a, cette sensation, dans la grande salle d\u2019examen sombre avec les deux m\u00e9decins. Mais eux ils \u00e9taient \u00e0 l\u2019\u00e9cart. Eux, ils s\u2019occupaient pas de toi, ils \u00e9taient concentr\u00e9s sur l\u2019\u00e9cran. Ils commentaient ce qu\u2019ils voyaient. \u00c7a devait ressembler \u00e0 une carte de pays, avec ses lignes tordues qui se s\u00e9parent, se rejoignent, se nouent, avec ses zones. Mais j\u2019ai surtout pens\u00e9 que t\u2019\u00e9tais film\u00e9. On te voyait pas toi, mais de l\u2019int\u00e9rieur, \u00e0 un endroit pr\u00e9cis. Et j\u2019ai pens\u00e9 qu\u2019on te voyait quand m\u00eame. J\u2019ai imagin\u00e9 qu\u2019on te filmait et qu\u2019on filmait les m\u00e9decins aussi. On filmait la sc\u00e8ne et \u00e7a passait \u00e0 la t\u00e9l\u00e9. Comme pour un documentaire. Et j\u2019ai aussi vu une \u00e9mission de t\u00e9l\u00e9-r\u00e9alit\u00e9. T\u2019es l\u00e0, couch\u00e9 sur la table d\u2019examen au milieu de la grande salle sombre et froide, et les m\u00e9decins y vont de leurs commentaires, ils d\u00e9battent sur ce qu\u2019ils voient, pour un diagnostic, pour une th\u00e9rapie, et c\u2019est \u00e0 celui qui sera le plus pertinent pour convaincre l\u2019autre, ou le plus habile pour l\u2019induire en erreur. T\u2019es \u00e0 la t\u00e9l\u00e9, en <em>prime time<\/em> dans Top Docs.<\/pre>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p>(Si je devais \u00e9crire ce <em>Carnet de sant\u00e9<\/em> comme Jean Dubuffet a \u00e9crit <em>La botte \u00e0 nique<\/em>, il pourrait s\u2019intituler <em>All\u00f4 Pital<\/em>, ou <em>Halo pi tale<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce livre de Dubuffet, il n\u2019y a rien de plus simple en apparence, mais il n\u2019y a rien de plus complexe en fait. C\u2019est quoi ce livre&nbsp;? Un monologue sur la botanique, dans un langage tr\u00e8s simple, tr\u00e8s courant, sans r\u00e9elle argumentation. Du genre br\u00e8ve de comptoir sur la botanique, mais pas si br\u00e8ve, comme quand on refait le monde en fin de soir\u00e9e. Et c\u2019est vrai qu\u2019il refait le monde ce monologue, parce que tout y passe de la botanique, <em>grosso modo<\/em>. Mais ce monologue, ce ne serait rien si Dubuffet l\u2019avait \u00e9crit en respectant les r\u00e8gles courantes de l\u2019\u00e9criture. \u00c7\u2019aurait \u00e9t\u00e9 un monologue sans nom. Au contraire, avec le plus de fautes possible, en \u00e9crivant au plus pr\u00e8s de l\u2019oralit\u00e9 et avec les moyens du bord pour la transcrire et retranscrire jamais deux fois le m\u00eame son avec les m\u00eames lettres (j\u2019exag\u00e8re un peu, mais pas autant que le livre), le monologue invente des noms. Quitte \u00e0 couper ceux que nous connaissons. C\u2019est un v\u00e9ritable floril\u00e8ge de mots \u00e9tranges qui invite \u00e0 ralentir la lecture pour red\u00e9couvrir, r\u00e9entendre, les mots courants, aussi \u00e9vidents et simples qu\u2019ils sont cass\u00e9s et cach\u00e9s. Le principe m\u00eame de la litt\u00e9rature, non&nbsp;?)<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-a75a660d3de11c8d988e2c99c3ae4df5\" style=\"color:#d11919\">15122025<\/h1>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-light-gray-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-elements-3ab45b7ffe6e12bce96e423c3b07501b\" id=\"h\u00f4tel\" style=\"color:#1966d1\">Atelier 12 | h\u00f4tel(-dieu)<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">Jet 2<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<pre class=\"wp-block-verse\">Cette salle des urgences o\u00f9 on t\u2019a laiss\u00e9 seul un bon moment. T\u2019\u00e9tais allong\u00e9, impossible de bouger avec tous les fils. Un appareil derri\u00e8re bipait. Les bruits de pas dans le couloir, des voix. T\u2019\u00e9tais allong\u00e9, la lumi\u00e8re des r\u00e9flecteurs dans la figure.<br><br>Cette chambre jaune. Un jaune p\u00e2le, pisseux. Pas de fen\u00eatre, juste une imposte. Les rayons du soleil \u00e0 travers frappaient le mur d\u2019un trap\u00e8ze blanc s\u2019amenuisant peu \u00e0 peu. Dessous, une petite table, tes affaires dans un sac en plastique. Et une petite horloge noire. On entendait la trotteuse.<br><br>La premi\u00e8re fois, dans cette grande salle d\u2019examen froide et sombre. On t\u2019avait mis \u00e0 poil sur une table d\u2019examen, et t\u2019existais plus que sur un grand \u00e9cran auquel t\u2019\u00e9tais branch\u00e9 par rayons X. On venait de t\u2019injecter une substance de contraste par le cath\u00e9ter qui a fait la semaine tellement il \u00e9tait bien fix\u00e9. Il y avait deux m\u00e9decins dans la salle, un homme et une femme. Deux voix en fait.<br><br>C\u2019est \u00e9trange cette sensation, dans les chambres de soins intensifs, de se retrouver au milieu. Et interdit de se lever, de s\u2019asseoir. C\u2019est tout juste si on peut se redresser. Mieux valait appeler avec la sonnette.<br><br>Il y a eu ces esp\u00e8ces de r\u00e9duits o\u00f9 on t\u2019a mis en attendant un examen. On te laissait derri\u00e8re un rideau, jamais compl\u00e8tement tir\u00e9. On venait de te prendre un peu de sang. On venait de te poser un cath\u00e9ter. On te laissait l\u00e0 en attendant que l\u2019examen en cours soit termin\u00e9. On allait et venait parfois dans le couloir. Tu entendais le bruit de la machine, des voix. Le plus impressionnant, c\u2019\u00e9tait la r\u00e9sonance magn\u00e9tique et son boucan d\u2019enfer entre lessiveuse en plein essorage et sauts de puce \u00e9lectronique \u00e0 l\u2019ancienne, fa\u00e7on modem si tu te souviens. L\u00e0-dedans, c\u2019est encore plus r\u00e9duit. Tu bouges pas, comme dans un caveau. \u00c0 la diff\u00e9rence que c\u2019est tout blanc. T\u2019y vois pas plus, et t\u2019entends plus rien, mais c\u2019est tout blanc. On te donne des boules Quies si tu veux. Une fois, c\u2019\u00e9tait un casque avec musique au choix. T\u2019as demand\u00e9 Radiohead.<br><br>Je t\u2019ai parl\u00e9 d\u2019<em>hybridation de corps et de machine<\/em>, \u00e0 propos du visage de la chambre d\u2019en face, qui en \u00e9tait pas un. Mais quand t\u2019y penses, de quoi tu crois que t\u2019avais l\u2019air, toi&nbsp;? Et c\u2019est chaque fois la m\u00eame chose.<br><br>Et les couloirs comme des tunnels sombres, la lumi\u00e8re au fond. Les couloirs o\u00f9 la seule issue, c\u2019est la couleur signalant un \u00e9tage, un secteur. Des couleurs pastel. Les couloirs avec des traces de pas sur le sol. Des pas rouges, des pas bleus, des jaunes, des pas blancs. Des chemins parall\u00e8les, et puis un part \u00e0 droite, l\u2019autre, plus loin, \u00e0 gauche. Ils ont l\u2019air de rien ces pas color\u00e9s. Ils sont m\u00eame cens\u00e9s te faciliter la vie. Et c\u2019est vrai que tu retrouves plus facilement ton secteur. Mais en fait, \u00e0 qui ils s\u2019adressent&nbsp;? Quand tu r\u00e9fl\u00e9chis un peu \u00e0 la question, c\u2019est quoi ces pas color\u00e9s&nbsp;? C\u2019est pour qui&nbsp;? C\u2019est plut\u00f4t animal ce genre de signe. Une trace de pas, genre arch\u00e9type, fantomatique, et des couleurs vives pour attirer l\u2019\u0153il, attiser la vision. C\u2019est primitif, en fait. Voire animal. C\u2019est \u00e0 \u00e7a que \u00e7a s\u2019adresse, ton spectre animal.<br><br>C\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 \u00e7a, cette sensation, dans la grande salle d\u2019examen sombre avec les deux m\u00e9decins. Mais eux ils \u00e9taient \u00e0 l\u2019\u00e9cart. Eux, ils s\u2019occupaient pas de toi, ils \u00e9taient concentr\u00e9s sur l\u2019\u00e9cran. Ils commentaient ce qu\u2019ils voyaient. \u00c7a devait ressembler \u00e0 une carte de pays, avec ses lignes tordues qui se s\u00e9parent, se rejoignent, se nouent, avec ses zones. Mais j\u2019ai surtout pens\u00e9 que t\u2019\u00e9tais film\u00e9. On te voyait pas toi, mais de l\u2019int\u00e9rieur, \u00e0 un endroit pr\u00e9cis. Et j\u2019ai pens\u00e9 qu\u2019on te voyait quand m\u00eame. J\u2019ai imagin\u00e9 qu\u2019on te filmait et qu\u2019on filmait les m\u00e9decins aussi. On filmait la sc\u00e8ne et \u00e7a passait \u00e0 la t\u00e9l\u00e9. Comme pour un documentaire. Et j\u2019ai aussi vu une \u00e9mission de t\u00e9l\u00e9-r\u00e9alit\u00e9. T\u2019es l\u00e0, couch\u00e9 sur la table d\u2019examen au milieu de la grande salle sombre et froide, et les m\u00e9decins y vont de leurs commentaires, ils d\u00e9battent sur ce qu\u2019ils voient, pour un diagnostic, pour une th\u00e9rapie, et c\u2019est \u00e0 celui qui sera le plus pertinent pour convaincre l\u2019autre, ou le plus habile pour l\u2019induire en erreur. T\u2019es \u00e0 la t\u00e9l\u00e9, en <em>prime time<\/em> dans Top Docs.<br><br>Une fois, c\u2019\u00e9tait pour l\u2019examen m\u00eame, la pi\u00e8ce qui avait l\u2019air d\u2019un cagibi tellement c\u2019\u00e9tait un fourre-tout de mat\u00e9riel m\u00e9dical. Tu t\u2019es retrouv\u00e9 seul avec la machine \u00e0 c\u00f4t\u00e9, des fils branch\u00e9s sur le torse.<br><br>Des couloirs avec des niches. Des petites pour patienter sur un banc, des chaises, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019une porte coupe-feu. Et des niches plus grandes, avec une table basse, des bancs, des chaises, m\u00eame quelques fauteuils et des \u00e9tag\u00e8res remplies de livres. Des \u00e9tag\u00e8res de livres et de magazines en tous genres, de tous \u00e2ges. Mais totalement inconnus.<br><br>Imagine un peu, si les traces de pas commen\u00e7aient \u00e0 se croiser. Au d\u00e9but, au rez-de-chauss\u00e9e, tout va bien, chaque chemin t\u2019emm\u00e8ne au service que tu veux, et te ram\u00e8ne au d\u00e9part, en faisant un d\u00e9tour, pourquoi pas, mais tu reviens d\u2019o\u00f9 tu viens. Mais \u00e0 l\u2019\u00e9tage, les choses commenceraient \u00e0 se g\u00e2ter, les chemins de pas se croiseraient au d\u00e9tour des couloirs, en sortant d\u2019un escalier, de l\u2019ascenseur. Et plus tu montes dans les \u00e9tages, plus les chemins se croisent et les couleurs se multiplient, se d\u00e9clinent en fonc\u00e9, en clair, pastel et fluo. Et dans tous les espaces ouverts, les halls d\u2019accueil, les salles d\u2019attente, les pas superpos\u00e9s, entrem\u00eal\u00e9s, pi\u00e9tin\u00e9s. Nulle part o\u00f9 aller de toute fa\u00e7on puisque ni portes ni fen\u00eatres au dernier \u00e9tage.<br><br>Et les couloirs o\u00f9 les portes des chambres restent ouvertes. En passant, t\u2019entends tout, tu vois tout, furtivement. Et on te l\u2019a bien fait savoir un jour. Qu\u2019est-ce qu\u2019elle avait dit la petite mamie, d\u2019un air de d\u00e9fi&nbsp;? <em>Non mais\u2026 tu crois que j\u2019te vois pas&nbsp;?<\/em><\/pre>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-053682aab17ead69938cb03f59601715\" style=\"color:#d11919\">17122025<\/h1>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\u00c9crire | soustraire \u00e0 l\u2019indiff\u00e9rence<\/h2>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;J\u2019\u00e9cris dans le monde tel qu\u2019il est, ou plut\u00f4t dans le monde tel que je le vois, et vraiment, jamais je n\u2019ai pens\u00e9 que la po\u00e9sie n\u2019\u00e9tait pas dans le monde. Donc, j\u2019\u00e9cris, c\u2019est-\u00e0-dire que j\u2019essaie de soustraire \u00e0 l\u2019indiff\u00e9rence, \u00e0 l\u2019indiff\u00e9renciation. \u00c9crire, pour moi, je crois que c\u2019est \u00e7a, d\u2019abord.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">(Andr\u00e9 Markowic, sur sa page Facebook, <em>Prendre le temps Je voudrais parler d\u2019autre&#8230;<\/em>)<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-light-gray-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-elements-6235b04f4d6a1c4c107dce43510a1855\" style=\"color:#1966d1\">Atelier 12 | h\u00f4tel(-dieu)<\/h2>\n\n\n\n<p>Il faudrait que je reprenne l\u2019ensemble des paragraphes pour les distribuer dans un d\u00e9sordre que je ne connais pas encore \u2014 mais que vous connaitrez avant de lire ces lignes.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-7624f17afdc20f99770a89768a853eb4\" style=\"color:#d11919\">18122025<\/h1>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Pirate |<\/h2>\n\n\n\n<p>Parce que j\u2019en viens \u00e0 me dire que, si partout en Europe (voire le monde) montent les p\u00e9rils en tous genres de la droite extr\u00eame, c\u2019est qu\u2019il est dans la nature m\u00eame de la soci\u00e9t\u00e9 (du syst\u00e8me&nbsp;?) que cela puisse, doive, advenir. Reste \u00e0 savoir si, ce faisant, le syst\u00e8me tombe le masque.<\/p>\n\n\n\n<p>(Voil\u00e0, c\u2019\u00e9tait la connerie du jour. D\u2019habitude, je fais plut\u00f4t attention. Mais l\u00e0\u2026 Vous m\u2019en voudrez pas&nbsp;! \u2014 Oh\u2026 tu sais, quand t\u2019\u00e9coutes les infos, des fois c\u2019est pire, alors\u2026 \u2014 Peut-\u00eatre, mais c\u2019est pas une raison pour se laisser aller. \u2014 Parce que tu crois qu\u2019ils font quoi \u00e0 la radio&nbsp;? Mais t\u2019inqui\u00e8te, je me doute bien que t\u2019as une r\u00e9f\u00e9rence pour te soutenir. Tu dis pas les choses \u00e0 la l\u00e9g\u00e8re. \u2014 Si, j\u2019en dis. Mais j\u2019essaie d\u2019avoir toujours une r\u00e9f\u00e9rence. \u2014 Ah&nbsp;! et cette fois c\u2019est qui&nbsp;? \u2014 Eh bien justement, je ne sais pas vraiment. Je pensais \u00e0 Pasolini, quand il pense au contexte dans lequel le nazisme s\u2019est enracin\u00e9&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Une \u00e9norme masse de gens est devenue flottante, dans un \u00e9tat d\u2019impond\u00e9rabilit\u00e9 de ses valeurs, mais n\u2019a pas encore acquis les nouvelles, n\u00e9e de l\u2019industrialisation&nbsp;; c\u2019est le peuple, qui se fait petite-bourgeoisie, mais qui n\u2019est pas encore celle-ci et plus celui-l\u00e0&nbsp;\u00bb)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-3b7d5d04e8d08457d64127f300b29785\" style=\"color:#d11919\">23122025<\/h1>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Listing |<\/h2>\n\n\n\n<p><em>Un truc tr\u00e8s beau qui contient tout<br>Journal d\u2019un vieux d\u00e9gueulasse<br>La Semaine perp\u00e9tuelle<br>Autour du monde<br>\u00c9crits corsaires<br>Humour zen<br>Une langue inconnue<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Soit la liste des livres de ma biblioth\u00e8que ouverts ces derniers jours pour une lecture en cours, pour un passage \u00e0 retrouver, pour savoir de quoi il retournait, pour rien.<\/p>\n\n\n\n<p><em>J\u2019emporterai le feu \u2013 Les Forces \u2013 Toutes les vies \u2013 Et personne ne sait \u2013 O\u00f9 les \u00e9toiles tombent<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Soit la liste des titres de livres que je n\u2019ai pas lus, qu\u2019on trouve dans le site de T\u00e9l\u00e9rama pour un classement \u00e9ventuel sans int\u00e9r\u00eat, que j\u2019ai choisis pour une phrase possible.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h2 class=\"wp-block-heading has-light-gray-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-elements-6235b04f4d6a1c4c107dce43510a1855\" style=\"color:#1966d1\">Atelier 12 | h\u00f4tel(-dieu)<\/h2>\n\n\n\n<p><em>Done&nbsp;!<\/em><\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-d89942ed30b620350bfc397eb9c3b9a4\" style=\"color:#d11919\">27122025<\/h1>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Cadeaux |<\/h2>\n\n\n\n<p>Bien s\u00fbr, parmi les cadeaux qui m\u2019ont \u00e9t\u00e9 offerts, il y a eu des livres. <em>Sapiens (l\u2019\u00e8re des r\u00e9volutions)<\/em> et <em>Comment \u00e9crire<\/em>. L\u2019un dans l\u2019autre, \u00e7a se tient.<\/p>\n\n\n\n<p>(\u00c7a se voit tant que \u00e7a que j\u2019ai besoin de changement et d\u2019un coup de main&nbsp;?)<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Escapade vazquaize | chez Marcel |<\/h2>\n\n\n\n<p>Avec cet extrait de <em>La Semaine perp\u00e9tuelle<\/em>, sur les mots et les chose, si l\u2019on veut \u2014 je ne sais si Michel Foucault dit sensiblement la m\u00eame chose&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Notez cette diachronie, les choses sont longues \u00e0 raconter mais courtes \u00e0 vivre. Quand on les vit, on n\u2019est pas en train de les raconter. Dans la r\u00e9alit\u00e9, les choses ont lieu. Si nous devions tout raconter, si nous voulions raconter les choses telles qu\u2019elles ont lieu, il nous faudrait une langue pour chaque chose, franchement, pour \u00eatre juste, oui, une langue pour chaque chose, pour chaque situation. Une langue pour saluer, une langue pour demander pardon, une langue pour faire des compliments par exemple, et une langue pour ma vie, bien s\u00fbr.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Un passage qui arrive \u00e0 point nomm\u00e9, synchrone avec l\u2019exercice que Laura propose au sujet de l\u2019\u00e9criture de la blessure \u2014 en ligne depuis une semaine, mais je n\u2019ai lu le message qu\u2019aujourd\u2019hui.<\/p>\n\n\n\n<p>La blessure, avec cette vie qui n\u2019a presque pas eu lieu, sinon naissante \u2014 mon petit Marcel \u2014, et comment vivre avec ce manque, quand on est la petite s\u0153ur pu\u00een\u00e9e du mort-n\u00e9, si l\u2019on veut, de celui qui restera \u00e0 jamais le petit fr\u00e8re. (Au fond, c\u2019est de \u00e7a que j\u2019ai essay\u00e9 de parler, dans mon dossier \u00ab&nbsp;Marcel&nbsp;\u00bb, non&nbsp;?)<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p><em>Je me souviens, sur le chemin,<br>le lucane tirait sur la corde<br>nou\u00e9e \u00e0 ce doigt fin<br>on aurait voulu d\u00e9coller du sol,<br>s\u2019envoler, haut, dans les nuages,<br>on aurait fini par retomber<br>avec la b\u00eate, \u00e9puis\u00e9e,<br>pendus<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Je me souviens, dans la grange,<br>la vache attach\u00e9e \u00e0 la cha\u00eene,<br>on tirait sur le pis \u00e9lastique,<br>le lait pissait, le seau se remplissait,<br>moussait, les t\u00e9tines rougissaient,<br>du sang chaud, on la vidait<br>toute enti\u00e8re, la Margot, on les lui<br>arrachait, les trayons<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Je me souviens, dans le grenier,<br>avec le chien qui aboyait,<br>le chien qui jappait, qui sautait<br>sur le tas de cartons, qu\u2019on vidait<br>de ses guenilles en criant Cherche&nbsp;!<br>Allez cherche&nbsp;! fouinant, grognant,<br>Cherche mon N\u00e8g\u2019&nbsp;!<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Je me souviens, dans le foin,<br>sous les bottes qu\u2019on empilait,<br>la cabane qu\u2019on construisait,<br>la cachette secr\u00e8te pour se parler,<br>pour rire, pour crier, pour se taire,<br>se battre et les bottes tombaient<br>en flammes<\/em><\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-3c24025e4f4291aae383bdb8f3f013b9\" style=\"color:#d11919\">28122025<\/h1>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-light-gray-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-elements-b6f68e1c033c638dfadc0001e775f944\" style=\"color:#1966d1\">Atelier 12 |<\/h2>\n\n\n\n<p>Et maintenant, ce <em>Carnet de sant\u00e9<\/em>&nbsp;? Que va-t-il devenir&nbsp;? Comment associer les nouveaux textes aux notes originelles&nbsp;? Simple additions ou permutations, combinaisons et corrections&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 chaque note le texte qui le suit&nbsp;? (comme une tra\u00een\u00e9e de poudre&nbsp;?)<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Ha\u00efku | antilivre |<\/h2>\n\n\n\n<p>Sinon, d\u2019Henri Brunel dans <em>Humour zen<\/em>&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Un ha\u00efku ne fait pas de phrase. Un ha\u00efku ne fait pas la roue. Un ha\u00efku est une asc\u00e8se. Justesse du coup d\u2019\u0153il, modestie d\u2019une <em>\u00e9criture prompte \u00e0 s\u2019effacer<\/em>. Pas d\u2019image habile, d\u2019adjectifs \u00e9l\u00e9gants, d\u2019adverbes tonitruants, pas de coquetterie d\u2019auteur. Un ha\u00efku r\u00e9ussi est celui dont \u201cle langage n\u2019est plus langage\u201d. Juste l\u2019esquisse d\u2019un sourire, comme une porte qui s\u2019entreb\u00e2ille sur l\u2019infini.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>(Je souligne.) Quelque chose de l\u2019antilivre selon Abr\u00fcpt&nbsp;? (je souligne aussi&nbsp;\ud83d\ude42<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;L\u2019antilivre est une dynamite, est son partage, est l\u2019espace o\u00f9 l\u2019\u00e9lectrique d\u00e9ploie sa langue d\u2019aurore. L\u2019antilivre est une divination, est sa brisure, est la piraterie qui insinue son r\u00eave, sa r\u00e9volution, parmi la clandestinit\u00e9 des r\u00e9seaux. L\u2019antilivre est une m\u00e9tamorphose, est son d\u00e9sordre, est l\u2019affirmation d\u2019une <em>litt\u00e9rature des courts-circuits<\/em>, de sa circulation joyeuse, contre l\u2019\u00e9poque, contre le livre et sa grammaire, contre sa cha\u00eene et ses ronronnements, pour un futur des alt\u00e9rations, pour une information libre et r\u00e9ticulaire, pour une multitude \u00e9clair\u00e9e par celle-ci.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-d1edd3d690437874cea2519f38b308ae\" style=\"color:#d11919\">30122025<\/h1>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Correspondances |<\/h2>\n\n\n\n<p>|| Voil\u00e0, une ann\u00e9e de correspondances locales. Ou presque&nbsp;: 48 semaines d\u2019articles sur 52 (pas eu de chance avec la sant\u00e9 \u2014 mon carnet a servi \u00e0 un autre type de notes).<\/p>\n\n\n\n<p>Les derniers articles sont plus l\u00e9gers. Je les ai consacr\u00e9s aux d\u00e9corations de No\u00ebl qu\u2019on trouve dans les villages. Les fa\u00e7ades et les jardins de certaines maisons richement illumin\u00e9es. Les bougies, les \u00e9toiles, les lutins farceurs en chorale de p\u00e8res No\u00ebl, l\u2019\u00e9quipe de pingouin et un ours blanc pour une partie de hockey, un tra\u00eeneau plein de cadeaux, presque une cr\u00e8che \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du village install\u00e9e par une \u00e9quipe de b\u00e9n\u00e9voles. Et puis la cr\u00e8che nich\u00e9e au fond du ch\u0153ur d\u2019une \u00e9glise, vraie maquette artisanale o\u00f9 la Nativit\u00e9 trouve sa force dans le village bricolage, la toile aussi lourde que souple, couleur de roche, mousse, brindilles, branchages, sciure de bois et plaques de glace, de l\u2019\u00e9corce pour les murs, des copeaux pour les toits, maisons, moulin \u00e0 vent, moulin \u00e0 eau, colonnades, \u00e9glise, une caverne pour l\u2019\u00e9table divine, une foule de personnages et d\u2019animaux saisis dans le vif de l\u2019action, au travail, en marche, et ses guirlandes o\u00f9 les \u00e9toiles viennent flirter avec le sol pour une union du ciel et de la terre, du jour et de la nuit, et sans doute des infinis, grand, petit, \u00e9ternel, \u00e9ph\u00e9m\u00e8re\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Avec ses boules lustr\u00e9es et ses guirlandes lumineuses en suspension, comme un morceau infinit\u00e9simal de l\u2019univers, le contenant n\u00e9anmoins tout entier, qu\u2019on fait entrer dans nos maisons de poussi\u00e8re\u2026 du sapin de No\u00ebl, contre le mur, je me suis fait la m\u00eame r\u00e9flexion, divagation, qui m\u2019a servi de point de d\u00e9part pour \u00e9crire.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp; ||<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/20251221_152202-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-203372\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/20251221_152202-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/20251221_152202-420x236.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/20251221_152202-768x432.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/20251221_152202-1536x864.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2025\/12\/20251221_152202-2048x1152.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-384993f1cbc2b127083153ced5207262\" style=\"color:#d11919\">02012026<\/h1>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Poussi\u00e8re |<\/h2>\n\n\n\n<p>Pour une derni\u00e8re escapade litt\u00e9raire de ce quart de si\u00e8cle, Laura Vazquez propose la question du choix&nbsp;: choix d\u2019un mot, d\u2019un autre, inh\u00e9rent \u00e0 la langue, orale, \u00e9crite. \u00ab&nbsp;Ou en tout cas&nbsp;: une partie de nous choisit&nbsp;\u00bb, pr\u00e9cise-t-elle. Et c\u2019est le principe m\u00eame de la consigne en atelier d\u2019\u00e9criture.<\/p>\n\n\n\n<p>De l\u00e0, elle propose de choisir un mot, un th\u00e8me, qui va servir de prisme pour parler, \u00e9crire, d\u00e9crire en partie le monde, \u00ab&nbsp;une sc\u00e8ne, un endroit, un souvenir \u00e0 travers ce seul \u00e9l\u00e9ment&nbsp;\u00bb. On oublie cette question \u00e0 l\u2019oral. On devrait y penser plus souvent avant de parler&nbsp;: parler \u00e0 travers un mot, un th\u00e8me. Comme apr\u00e8s avoir tourn\u00e9 sa langue sept fois.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s avoir fait le m\u00e9nage dans le bureau, avant le r\u00e9veillon, je crois que le mot que je choisirais pour d\u00e9crire le monde, une r\u00e9alit\u00e9 fine qui se d\u00e9pose \u00e0 la surface des choses pour en former insensiblement une peau (la peau du temps&nbsp;? \u2014 jamais aussi visible qu\u2019en ce moment, sous les rayons d\u2019une lumi\u00e8re basse, horizontale), ce serait <em>poussi\u00e8re<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>(Et meilleurs v\u0153ux.)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Encore le principe du carnet d&rsquo;\u00e9criture, et toujours trop bavard. Mais pour aller \u00e0 l&rsquo;essentiel : #01 | histoires#02 | monologues#03 | instant T#04 | pourquoi#05 | 100 vues #06 | r\u00eaves#07 | atlas#08 | retour#09 | arriv\u00e9e#10 | non, c&rsquo;est&#8230; #11 | mains#12 | h\u00f4tel(-dieu) 15102025 Bien s\u00fbr, on est le 17, le 18 ou le 19 \u2014 ou <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/histoire-01-04-carnet-de-sante\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#histoire #01-12 | Carnet de sant\u00e9<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":158,"featured_media":203372,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[7812,7813,7819,7831,7844,7856,7863,7872,7885,7892,7908,7910,7916,1],"tags":[],"class_list":["post-200895","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-histoire","category-histoire-01-perec-liste-depuis-carte","category-histoire-02-koltes-voix-des-temoins","category-histoire-03-echenoz-20-statues","category-histoire-04-les-pourquoi-de-mauvignier","category-histoire-05-100-vues-du-mont-dazai","category-histoire-06-reves-avec-promenade-personnage","category-histoire-07-ransmayr-atlas-du-personnage","category-histoire-08-kafka-je-suis-de-retour","category-histoire-09-echenoz-nevers-aller-retour","category-histoire-10-michaux","category-histoire-11-gertrude-stein-mains","category-histoire-12-toussaint-hotel","category-atelier"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/200895","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/158"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=200895"}],"version-history":[{"count":15,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/200895\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":204198,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/200895\/revisions\/204198"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media\/203372"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=200895"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=200895"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=200895"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}