{"id":20190,"date":"2019-11-28T19:50:00","date_gmt":"2019-11-28T18:50:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=20190"},"modified":"2019-11-28T19:58:14","modified_gmt":"2019-11-28T18:58:14","slug":"imbecilimbecilimbecilimbecilecrisurfondepapierdesimbecilimbecilimbecilites","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/imbecilimbecilimbecilimbecilecrisurfondepapierdesimbecilimbecilimbecilites\/","title":{"rendered":"Imb\u00e9cilimbecilimb\u00e9cilimb\u00e9cil\u00e9crisurfondepapierdesimb\u00e9cilimb\u00e9cilimb\u00e9cilit\u00e9s"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/C83CCE56-D6D0-4954-B8BB-650FB4E552A9_1_105_c.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-20196\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/C83CCE56-D6D0-4954-B8BB-650FB4E552A9_1_105_c.jpeg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/C83CCE56-D6D0-4954-B8BB-650FB4E552A9_1_105_c-420x315.jpeg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/C83CCE56-D6D0-4954-B8BB-650FB4E552A9_1_105_c-768x576.jpeg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le jet d\u2019eau se hisse laborieusement dans le noir de nuit puis graduellement faiblit. En haut sa courbe de crosse, la retomb\u00e9e en tresse d\u2019eau et ses minuscules \u00e9chapp\u00e9es de pluie ch\u00e9tive&nbsp;: petites gouttelettes luminescentes et silencieuses, les ronds dispers\u00e9s fondent aussit\u00f4t dans l\u2019eau. D\u2019autres fois c\u2019est le jour mais impossible de distinguer matin d\u2019apr\u00e8s-midi &#8212; la fine colonne translucide s\u2019\u00e9l\u00e8ve depuis la surface sombre et r\u00e9fl\u00e9chissante \u2013 (p\u00e2te de nuages lourds, branches effil\u00e9es en voie de total d\u00e9nuement) &#8212; comme le manche liquide d\u2019un immense parapluie retourn\u00e9 que l\u2019on aurait oubli\u00e9 l\u00e0 &#8212; elle n\u2019est pas visible mais je sais qu\u2019elle est &nbsp;pile au centre du bassin, sa margelle basse, sale et rugueuse, incrust\u00e9e de mousses vertes et &nbsp;brunes et de lichens &#8212; sur l\u2019eau immobile les taches jaunes et rousses des feuilles d\u2019automne diss\u00e9min\u00e9es en touches de tableau impressionniste. Parfois elles s\u2019accumulent contre le rebord, pouss\u00e9es par un souffle de brise. Mais elles non plus je ne les vois jamais et jamais ne sens le moindre mouvement d\u2019air &#8212; j\u2019avance. Le petit portail vert est derri\u00e8re moi. J\u2019ai senti sa pouss\u00e9e l\u00e9g\u00e8re dans mon dos ou plut\u00f4t l\u2019ai enregistr\u00e9e&nbsp;; au prix d\u2019un effort j\u2019entends encore la grimace rouill\u00e9e de son ouverture, (le d\u00e9hanchement pour m\u2019y glisser presque de profil avec le sac toile en bandouli\u00e8re) puis le petit choc contre les fesses, enfin le cognement m\u00e9tallique du cadre contre la but\u00e9e\u2026 &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Un autre jour d\u2019il y a bien longtemps c\u2019\u00e9tait un samedi s\u00fbrement en tout cas un apr\u00e8s-midi d\u2019apr\u00e8s boulot, un jour pour regretter d\u2019\u00eatre venu l\u00e0 pour les courses, (pensant <em>quelle id\u00e9e&nbsp;! &#8212; non vraiment plus jamais<\/em>, ou au contraire \u00e9coutant <em>\u00e7a te les changera<\/em> fera rideau de fum\u00e9e, comme si&nbsp;!) &#8212; et trop longtemps ont continu\u00e9 les fausses facilit\u00e9s de se confondre aux troupeaux des habitudes, jusqu\u2019au jour o\u00f9 \u00e7a devient si \u00e9vident de faire diff\u00e9rent, (ou de plus pouvoir supporter) \u00e0 interroger pourquoi jusque-l\u00e0, comment, mais c\u2019est une autre histoire, autant conna\u00eetre vraiment comment on d\u00e9cide soudain de jeter les habits pos\u00e9s sur la chaise)&nbsp;; donc \u00e0 concat\u00e9ner les achats de l\u2019ordinaire, (plut\u00f4t parti divaguer entre les rang\u00e9es et les piles de, abscisses et ordonn\u00e9es des rouleaux de papier Q blanc rose bleu produits m\u00e9nagers packs serr\u00e9s de bouteilles d\u2019eau cartons de vin empil\u00e9s bo\u00eetes de conserves align\u00e9es potages p\u00e2tes riz armoires et bacs vitr\u00e9s, froid dur des surgel\u00e9s comme la face quand on se retrouve allong\u00e9 sur la table inox, mains crois\u00e9es sur la veste) sous la musique et les annonces, les <em>pardon<\/em> marmonn\u00e9s yeux baiss\u00e9s devant les silhouettes,&nbsp; pendant que C. lass\u00e9e d\u2019attendre poussait le chariot, faisait les courses, sans doute se demandait ou mieux choisissait d\u2019ignorer comme elle pouvait, avan\u00e7ait fallait bien tandis que&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; vraiment je ne vois ni n\u2019entends rien de tout cela\nje sais simplement que \u00e7a a eu lieu ou plut\u00f4t que \u00e7a ait ou non eu lieu n\u2019a en\nd\u00e9finitive aucune importance, pas plus que le bus vert en faction, moteur broutant\nau ralenti \u00e0 la Rotonde, de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la petite place derri\u00e8re moi, (en\nfaisant demi-tour traverser puis remonter une quinzaine de m\u00e8tres sur la droite\nla rue encombr\u00e9e, jusqu\u2019au poteau vert de l\u2019arr\u00eat STAS, (avec \u00e0 hauteur d\u2019yeux l\u2019empilement\nrectangulaire des grouillantes fourmis d\u2019horaire), plant\u00e9 devant les vitrines\ndes arcades&nbsp;: bagagerie, papeterie, auto-\u00e9cole, assurances peut-\u00eatre&nbsp;;\nau-dessus les petits immeubles neufs de l\u2019\u00e9poque, quatre ou cinq \u00e9tages avec\nvue de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 sur la grand rue perpendiculaire et la place centrale, (march\u00e9\n\u00e9paule contre \u00e9paule le samedi matin), tout en haut \u00e9glise massive et sombre,\nrassembl\u00e9s autour caf\u00e9s-PMU, parking toujours plein puis premiers pavillons de\nl\u2019h\u00f4pital avant sa mise en r\u00e9duction&nbsp; &#8212;\nadmission, relais H &#8212; pour vous l\u2019h\u00f4pital am\u00e9nage veuillez s\u2019excuser &#8212; pompes\nfun\u00e8bres), en bas en lisi\u00e8re de rue la sculpture m\u00e9tallique et triomphante, &nbsp;grosse balle de golf sur son p\u00e9doncule, image\ndu monde m\u00e9tallurgique bossel\u00e9 et &nbsp;brillant, propuls\u00e9 au milieu de trois ou\nquatre jets d\u00e9risoires, comme les petites balles rebondissantes du stand de tir\n\u00e0 la carabine\u2026&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp; <\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; moi flingu\u00e9, carcasse sans plus trace de rien \u00e9tais\n\u00e9chou\u00e9 quelque part apr\u00e8s la trancheuse \u00e0 jambon, cern\u00e9 de monceaux de viande rouge\nou rose p\u00e2lichonne, align\u00e9s os contre os, chair sur chair, ou sous sarcophage cellophane\ndans les barques fun\u00e9raires blanches, derri\u00e8re les vitrines r\u00e9frig\u00e9r\u00e9es de\nl\u2019\u00e9tal du boucher et son &nbsp;\u00eelot en U au\nmilieu du quadrillage d\u2019all\u00e9es, de banques, de rayons, <em>mais qu\u2019est-ce que tu\nfous <\/em>? &#8212; m\u2019avait retrouv\u00e9 perdu hagard d\u00e9coll\u00e9 du monde des autres, coinc\u00e9\nla t\u00eate dans le flou du dedans, subsistaient parfois du dehors les vestiges\nfugaces les fossiles bris\u00e9s des mots des visages des l\u00e8vres qui bougent pour\nd\u2019autres visages et d\u2019autres carreaux de musique verd\u00e2tre et bleue sur lesquels\nflottent les caddies, avec leurs monticules d\u2019emballages bouteilles l\u00e9gumes,\nles jambes et les chaussures pendantes aux trous des petits si\u00e8ges rouges\nd\u00e9pli\u00e9s derri\u00e8re la poign\u00e9e et sa fente o\u00f9 pousser l\u2019euro ou son double\nplastique plat et rond&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; arcades arrondies o\u00f9 on causait fumait chahutait\ncriait riait se bousculait avant le d\u00e9part, les tours et boucles dans la ville,\nles pauses aux feux derri\u00e8re les vitres qui vibraient, (le front dessus s\u2019agacer\nd\u00e9licieusement les dents) puis plong\u00e9e sous le pont, direction le village\nd\u2019\u00e0-c\u00f4t\u00e9 avec la cargaison de coll\u00e9giens et lyc\u00e9ens, non tout \u00e7a n\u2019a aucune\nimportance. Je suis debout sur l\u2019esplanade juste apr\u00e8s le petit portillon vert\nfonc\u00e9, treille m\u00e9tallique ou fins barreaux verticaux, c\u2019est plus juste,\nportillon, pour dire la largeur d\u2019une personne, fallait parfois s\u2019effacer,\nlaisser le passage si quelqu\u2019un venait \u00e0 contresens, au contraire se pr\u00e9cipiter,\ndevancer) mais plus s\u00fbr de rien et \u00e7a n\u2019a aucune importance, je ne me pose pas\ntant de questions, je voyage ici de survivance en survivance comme sur des pas\njaponais ou la flamme exotique sur le timbre d\u2019un pays perdu et son temps si\nbien loin<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; vu qu\u2019il n\u2019y avait plus temps d\u2019avant ou d\u2019apr\u00e8s boulot seule une longue lave d\u2019angoisse bouillonneuse et cro\u00fbteuse d\u2019\u00e9cailles \u00e9paisses, englouti dedans ou bien s\u2019\u00e9tait coll\u00e9e par-dessus, impossible aussi de savoir comment ni par o\u00f9 c\u2019\u00e9tait rentr\u00e9, par tous les pores de la peau, les oreilles les narines les globes dans les cavernes derri\u00e8re les lunettes, ou pire, ressurgi d\u2019un noyau profond, un magma tapi toujours pr\u00eat \u00e0 raviver jusqu\u2019\u00e0 clapoter au fond de la gorge \u00e9troite \u00e0 chaque c\u0153ur relan\u00e7ant boum, alors que les autres tous les autres continuaient derri\u00e8re leur vitre impeccable ou sur un \u00e9cran de film \u00e0 zoom variable, du plus rien effac\u00e9 \u00e0 l\u2019infini du n\u00e9ant au gros plan qui d\u00e9fonce les yeux et les oreilles, \u00e0 circuler faire leurs affaires indiff\u00e9rentes et ordinaires au grand Carrefour du coin et toujours ce vertige affolant pour le boucan dedans, la parade des images des choses faites et pas faites le d\u00e9fil\u00e9 des impossibles \u00e0 venir et comment \u00e7a se verra comment \u00e7a sera, statufi\u00e9 &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>         je disais j\u2019avance pourtant je suis immobile sur l\u2019esplanade claire (mais parfois non, parfois je sens les grains de fin gravier ou de gore blanch\u00e2tre sous le pas, parfois c\u2019est un rev\u00eatement de goudron, un \u00ab&nbsp;enrob\u00e9&nbsp;\u00bb en habit d\u2019apparat pour une c\u00e9r\u00e9monie myst\u00e9rieuse) en tout cas je suis seul j\u2019en suis certain ou s\u2019il y a foule c\u2019est le tourbillon d\u2019images anciennes lev\u00e9es \u00e7\u00e0 et l\u00e0 et dispers\u00e9es sans vrai lieu&nbsp; &#8212; accroch\u00e9es aux feuilles aux souffles visibles et invisibles, \u00e0 l\u2019emplacement vide des anciennes balan\u00e7oires (les dr\u00f4les de ressorts que \u00e7a fait au bas-ventre comme ceux en ruban des jouets m\u00e9caniques remont\u00e9s \u00e0 cl\u00e9) &#8212; aux fleurs en couleur de l\u2019IRM si jamais on m\u2019enregistrait le dedans affair\u00e9 \u00e0 mouliner son film sur l\u2019\u00e9cran de nuit, d\u00e9tailler ses arr\u00eats sur image, accrocher ses bruits sur la partition du silence &#8212; une petite foule sang-m\u00eal\u00e9 qui se bouscule et s\u2019agite, se regroupe s\u2019entasse et se dissipe comme dans les brouhahas friteux des f\u00eates foraines mais sinon rien de rien, l\u2019espace vide de l\u2019esplanade et bient\u00f4t en avan\u00e7ant, parce que chaque fois, sans d\u00e9cider de rien c\u2019est comme \u00e7a, s\u2019approchent les deux ou trois marches longues et minces mais jur\u00e9 sans jamais sentir de bouger\u2026.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;<em>restez\npas l\u00e0 monsieur c\u2019est pas autoris\u00e9&nbsp;! <\/em>&nbsp;saura pas se d\u00e9brouillera pas dit la voix imb\u00e9cilimb\u00e9cilimb\u00e9cilimb\u00e9cilencor\n<em>&nbsp;<\/em>\u00e9trange\nde pas savoir si c\u2019est la glue d\u2019angoisse qui &nbsp;\u00e9paissit les parois bouche les ouvertures ou si\nc\u2019est un trou qui s\u2019aspire sans fond, ou un peu des deux \u00e0 plus pouvoir rien connecter\navec le dehors, sa toile ne dresse plus \u00e9cran ni rideau ni abri juste parfois\ndes coulures de reflets tout \u00e0 la fois pr\u00e9cises mais si mobiles et pr\u00e9caires, soudain\nfondues an\u00e9anties d\u2019un coup comme les gouttes de pluie dans l\u2019eau &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; le p\u00e9pin renvers\u00e9 du bassin, son manche d\u2019eau vu du\nsurplomb de l\u2019esplanade, apr\u00e8s c\u2019est s\u00fbr, m\u00eame si c\u2019est nuit ou n\u2019importe\nquelle heure du jour, \u00e7a continue de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 par un autre palier suivi d\u2019autres\nmarches, jusqu\u2019au deuxi\u00e8me portillon vert, copie du pr\u00e9c\u00e9dent, donne lui sur le\npetit parking toujours plein, deux fois trois places \u00e9troites en face \u00e0 face et\nen \u00e9pi, puis la rue autrefois pav\u00e9e de l\u2019aum\u00f4nerie du lyc\u00e9e, (haute porte-fen\u00eatre\nrouge-fonc\u00e9, pel\u00e9e, et grandes persiennes en bois comme des mains joint\u00e9es de\npri\u00e8re, bien fermer en partant, vols) le milkbar devenu marchand de disques ou\nl\u2019inverse, le lyc\u00e9e, mais c\u2019est tout parti par plaques et par bouts au fil des\ntemps (sauf le lyc\u00e9e qui a bien chang\u00e9&nbsp;: l\u2019entr\u00e9e \u00e9largie au fond de\nl\u2019impasse, les b\u00e2timents nouveaux dominent la cour enfonc\u00e9e o\u00f9 on se fumait\ndans les yeux, la gu\u00e9rite grise du gardien venu demander ce qu\u2019on trafique l\u00e0 devant\nsa pancarte vigie pirate) mais parfois la perspective s\u2019inverse, en\ncontre-plong\u00e9e, deux fois encore les paliers de marches avec les esplanades (celle\ndu bas cette fois en premier, plus petite) entre les deux la pi\u00e8ce d\u2019eau\ninvisible mais le regard toujours plant\u00e9 depuis tout en haut derri\u00e8re, comme si\non pouvait voir de tous c\u00f4t\u00e9s, m\u00eame en survol des fois&nbsp;\u2013 sans que rien ne surprenne\ndu panoptique&nbsp;\u2026.&nbsp;&nbsp; <\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp; vu qu\u2019il\nn\u2019y avait plus temps d\u2019avant ou d\u2019apr\u00e8s boulot seule une accumulation de\nvisages dans ou hors les couloirs portes et chambres celle-l\u00e0 au sol de crachats\net d\u2019insultes on y sent la mort pointer ils disent et savoir ce qu\u2019est l\u2019odeur\nde la mort qui vient si \u00e7a commence par le r\u00e9tr\u00e9cissement des images et des\nmots le visage creus\u00e9 en faucille d\u2019ombre ou courir nu en hurlant cogner contre\nla porte en hurlant secouer la poign\u00e9e en hurlant si c\u2019est d\u00e9j\u00e0 \u00e7a la mort ou\nsi c\u2019est la bouche de haine qui veut en d\u00e9coudre te d\u00e9faire la peau te crever\ntoi et tes yeux ou encore la voix qui d\u00e9vide en marmonnant et pour repousser tenir\nencore un peu ta main serre faiblement la mienne<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; entendre alors au r\u00e9veil <em>cascade<\/em>, sans\nsavoir si la direction de pens\u00e9e nomme la descente immobile des escaliers, le\njet invisible ou la suite des images, l\u2019id\u00e9e que ce qui compte dans le voyage\ndu parc c\u2019est le fant\u00f4me de traverser&nbsp;; depuis le premier portillon vert\njusqu\u2019au deuxi\u00e8me \u00e0 l\u2019autre bord, en contournant le bassin secret et les chemins\nd\u00e9rob\u00e9s multipli\u00e9s ; je ne vois jamais tout c\u2019est s\u00fbr mais c\u2019est \u00e9pissure de\nr\u00e9assurance et d\u2019angoisse, le m\u00e9lange de l\u2019\u00e9trange familier, le saisissement devant\nla multiplicit\u00e9 (de pas d\u2019heures d\u2019eau de vert d\u2019immobile de dur et toute\nl\u2019\u00e9tendue du cach\u00e9 froiss\u00e9 dans l\u2019obscurit\u00e9, se dire que c\u2019est toujours et\njamais l\u00e0, tout bloqu\u00e9 en bousculade), m\u00eame si c\u2019est la nuit, se dire c\u2019est l\u2019entaille\nqui ouvre des strates comme on hallucinerait sur le tableau les couches \u00e0\njamais inconnues de coupes anatomo-g\u00e9ologiques et juste apr\u00e8s se demander\npourquoi toujours si seul&nbsp;et pour o\u00f9 aller&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;vu qu\u2019il n\u2019y\na pas le temps ni de l\u2019avant ni de l\u2019apr\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>   &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le jet d\u2019eau se hisse laborieusement dans le noir de nuit puis graduellement faiblit. En haut sa courbe de crosse, la retomb\u00e9e en tresse d\u2019eau et ses minuscules \u00e9chapp\u00e9es de pluie ch\u00e9tive&nbsp;: petites gouttelettes luminescentes et silencieuses, les ronds dispers\u00e9s fondent aussit\u00f4t dans l\u2019eau. D\u2019autres fois c\u2019est le jour mais impossible de distinguer matin d\u2019apr\u00e8s-midi &#8212; la fine colonne <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/imbecilimbecilimbecilimbecilecrisurfondepapierdesimbecilimbecilimbecilites\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">Imb\u00e9cilimbecilimb\u00e9cilimb\u00e9cil\u00e9crisurfondepapierdesimb\u00e9cilimb\u00e9cilimb\u00e9cilit\u00e9s<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":105,"featured_media":20196,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[1491,1490],"tags":[],"class_list":["post-20190","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-cycle-ete-2019-pousser-la-langue","category-ete-2019-12-loeil-interieur"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/20190","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/105"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=20190"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/20190\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media\/20196"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=20190"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=20190"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=20190"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}