{"id":203383,"date":"2025-12-31T16:20:34","date_gmt":"2025-12-31T15:20:34","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=203383"},"modified":"2026-01-01T13:36:10","modified_gmt":"2026-01-01T12:36:10","slug":"histoire-12-i-journal-de-mes-nuits-grecques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/histoire-12-i-journal-de-mes-nuits-grecques\/","title":{"rendered":"#histoire #12 | Journal de mes nuits grecques"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Journal de mes nuits grecques<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Appollonia<br>Entrez dans une chambre en formica noir. Un reflet grotesque dans la t\u00eate de lit vous sourit. Demandez-vous si c\u2019est bien vous cette masse informe ? Vous avez grossi. Vous buvez trop. 37 \u20ac.<\/p>\n\n\n\n<p>Balikesi<br>Chambre correcte. Bain de sueur. Allongez votre corps nu sur le carrelage frais. C\u2019est bon. Au petit matin, demandez-vous qui de vous deux a transpir\u00e9 le plus cette nuit ?<\/p>\n\n\n\n<p>Corfou<br>52 \u20ac. Un bougainvillier en fleurs devant la fen\u00eatre. Marbre noir. La mer s\u2019abime plus bas, au creux des rochers. Vous avez envie de pleurer. Ne pensez surtout pas au rat mort \u00e9tal\u00e9 en plein soleil sur la plage.<\/p>\n\n\n\n<p>Dhomokos<br>Vous ne dormez pas \u00e0 Dhomokos, vous ne faites qu\u2019y passer. Le bus d\u00e9ambule sur la chauss\u00e9e terreuse, fr\u00f4le le ravin. Vos mains se nouent sur votre ventre. Souvenez-vous de pri\u00e8res in\u00e9dites.<\/p>\n\n\n\n<p>Pal\u00e9a Epidavros<br>43\u20ac. Un studio. D\u00e9pliez le canap\u00e9-lit made in Sweden. C\u2019est confortable, bois blanc. Au matin, un attroupement au bas de la falaise. Une jeune femme s\u2019est suicid\u00e9e cette nuit en sautant du rocher en surplomb. L\u2019espace d\u2019un instant, vous suspectez un crime. Laissez tomber, il fait trop chaud. Vous sentez l\u2019odeur moite et aigre de vos aisselles. Bain de mer.<\/p>\n\n\n\n<p>Fol\u00e9gandros<br>Un homme vous a fait des propositions. Une femme vous a fait des propositions. Vous vous regardez dans la glace sans vous reconna\u00eetre. R\u00eaves troubles. Vos nuits sont agit\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Galaxidion<br>28 \u20ac. Dormez dans une chambre \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du cin\u00e9ma en plein air. Une lumi\u00e8re bleut\u00e9e envahit votre espace. Fusillade en s\u00e9rie, baisers mouill\u00e9s. Le matin vous vous r\u00e9veillez comme si vous aviez galop\u00e9 toute la nuit. Posez les pieds par terre et remettez-vous : vous n\u2019\u00eates ni Clint Eastwood, ni Marianne Koch.<\/p>\n\n\n\n<p>Hani\u00f2tis<br>D\u00e9ambulez dans la ville \u00e9cras\u00e9e par le soleil. Maison en travaux. 49 \u20ac. D\u00e9cidemment vous ne savez pas marchander. Chambre aux draps tach\u00e9s. Taches de&#8230; oui, c\u2019en est. La carpette colle \u00e0 vos pieds. Roulez-vous dans votre duvet sans vous d\u00e9v\u00eatir.<\/p>\n\n\n\n<p>Igoumenitsa<br>Chambre en bois massif. Cela vous rappelle la chambre de vos grands-parents. La femme vous explique avec de grands gestes que son mari est parti en bateau. Vous ne comprenez pas si son mari va revenir ou pas, ou si le bateau a fait naufrage. Hochez la t\u00eate avec un sourire compr\u00e9hensif, n\u2019en faites pas trop.<\/p>\n\n\n\n<p>Kanala<br>Des volets bleus s\u2019ouvrent et se ferment en mouvements spasmodiques. Vous avez mal \u00e0 la t\u00eate. D\u00e9cidemment vous buvez trop. Interrogez-vous longuement sur l\u2019empreinte d\u2019une main sombre, une seule, en plein milieu du plafond, haut, blanc et lumineux.<\/p>\n\n\n\n<p>Larissa<br>Terrasse. Maison blanche. 18 \u20ac. La nuit est douce. Un peu de vent. Vous ne retrouvez pas la Grande Ourse. C\u2019est la seule constellation que vous connaissez. Au dessus de votre t\u00eate des \u00e9toiles inconnues scintillent. Vous avez le vertige. Cramponnez-vous \u00e0 votre duvet. Au petit matin, c\u00f4tes applaties : respirez, soufflez, respirez, soufflez. Donnez de l\u2019air \u00e0 vos r\u00eaves.<\/p>\n\n\n\n<p>Myc\u00e8nes<br>Coeur battant, cachez-vous derri\u00e8re des buissons \u00e9pineux toute la journ\u00e9e. La nuit, dormez aux portes du tombeau d\u2019Agamemnon. Vous veillez : votre coeur s\u2019enfle et vous \u00e9touffe. R\u00e9veil sous le soleil surgi derri\u00e8re le Mont Argos. Vous avez attrap\u00e9 un coup de soleil sur le nez.<\/p>\n\n\n\n<p>N\u00e9apolis<br>Chambres \u00e0 multiples placards, vides. Vous laissez toutes les portes ouvertes. Nuit sans r\u00eaves. 41 \u20ac.<\/p>\n\n\n\n<p>Ossios loukas<br>Derri\u00e8re la porte de la chambre, des hommes jouent au foot-ball avec un cochonnet en bois. Toute la nuit ils parlent une langue \u00e9trang\u00e8re que vous ne connaissez pas. La boule cogne r\u00e9guli\u00e8rement contre la porte : but !<\/p>\n\n\n\n<p>Le Pir\u00e9e<br>Sur le pont. Voyagez en dormant. Les dauphins glissent dans l\u2019eau sombre, vous accompagnent, rebondissent. Respirez \u00e0 \u00a0\u00a0 fond. \u00c7a sent le mazout. Ne respirez plus.<\/p>\n\n\n\n<p>Rodhes<br>L\u2019ouzo a un go\u00fbt d\u2019infini. Les barques color\u00e9es d\u00e9roulent leurs filets. Le poulpe s\u00e8che sur un fil. Vous avez trop bu. Les barques ont un go\u00fbt d\u2019infini, le poulpe d\u00e9roule ses filets, l\u2019ouzo s\u00e8che sur un fil. Roulez sous la table. La t\u00eate coinc\u00e9e entre deux barreaux de chaise, ronflez. \u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Santorin<br>Un dortoir en Mezzanine. Une femme vous montre le chemin, elle a les jambes pleines de varices. Elle monte \u00e0 l\u2019\u00e9chelle devant vous, sa jupe se soul\u00e8ve, vous d\u00e9tournez les yeux. En haut l\u2019odeur d\u2019un couple qui copule dans un coin vous fait fuir. Nuit sur le port. Vos r\u00eaves sont immobiles, sans d\u00e9parts.<\/p>\n\n\n\n<p>Thessalonique<br>39 \u20ac, \u00a0jolie chambre. Rue tranquille mais les WC sont \u00e0 l\u2019autre bout de la maison : un escalier \u00e0 descendre, un autre \u00e0 monter. Avant de vous endormir, rep\u00e9rez bien les lieux et comptez les marches de chaque escalier : 24, 18. Vous vous levez 10 fois pendant la nuit.<\/p>\n\n\n\n<p>V\u00e0thia<br>Sur la plage, \u00e0 l\u2019ombre des Agaves, dormez les orteils dans l\u2019eau ti\u00e8de, une bouteille de retsina sous la t\u00eate, une autre au creux de l\u2019estomac.<\/p>\n\n\n\n<p>Z\u00e0kinthos<br>Lit m\u00e9tallique. 41 \u20ac. \u00a0Images pieuses. Des regards insistants vous poursuivent. Vous roulez dans le lit en creux. Cramponnez-vous au cadre du sommier pour ne pas tomber. Au petit matin, vous avez les bras nou\u00e9s. D\u00e9faites les noeuds avant de vous demander : avec qui avez-vous dormi cette nuit ?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Journal de mes nuits grecques AppolloniaEntrez dans une chambre en formica noir. Un reflet grotesque dans la t\u00eate de lit vous sourit. Demandez-vous si c\u2019est bien vous cette masse informe ? Vous avez grossi. Vous buvez trop. 37 \u20ac. BalikesiChambre correcte. Bain de sueur. Allongez votre corps nu sur le carrelage frais. C\u2019est bon. 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