{"id":204141,"date":"2026-05-04T23:33:04","date_gmt":"2026-05-04T21:33:04","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=204141"},"modified":"2026-05-04T23:33:04","modified_gmt":"2026-05-04T21:33:04","slug":"construire-01-frere-des-cendres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/construire-01-frere-des-cendres\/","title":{"rendered":"#construire #01-12 | je marcelle"},"content":{"rendered":"\n<p>Comme un carnet d&rsquo;\u00e9criture, mais pour l&rsquo;essentiel :<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:33.34%\">\n<p><strong><a href=\"#noir\">#01 | noir (animal)<br><\/a><a href=\"#cendrillons\">#02 | cendrillons<br><\/a><a href=\"#flashes\">#03 | flashes<br><\/a><a href=\"#h\u00e2meau\">#04 | h\u00e2meau<br><\/a><a href=\"#corps-flottant\">#05 | corps flottant<\/a><\/strong><\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:33.34%\">\n<p><a href=\"#retouches\"><strong>#06 | retouches<\/strong><br><\/a><strong><a href=\"#mitan\">#07 | au mitan<br><\/a><a href=\"#molle\">#08 | la Molle<br><\/a><a href=\"#place\">#09 | place vide<br><\/a><a href=\"#vies\">#10 | vies de&#8230;<\/a><\/strong><\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:33.33%\">\n<p><strong><a href=\"#panne\">#11 | en panne<br><\/a><a href=\"#marcelle\">#12 | je marcelle<\/a><\/strong><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-ab88aaef59a6cb9bd5713975ace46ed6\" style=\"color:#d11919\">03022026<\/h1>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"678\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/william-adolphe-bouguereau-painting-wooarts-35-678x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-204142\" style=\"width:auto;height:666px\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/william-adolphe-bouguereau-painting-wooarts-35-678x1024.jpg 678w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/william-adolphe-bouguereau-painting-wooarts-35-278x420.jpg 278w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/william-adolphe-bouguereau-painting-wooarts-35-768x1159.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/william-adolphe-bouguereau-painting-wooarts-35-1018x1536.jpg 1018w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/william-adolphe-bouguereau-painting-wooarts-35-1357x2048.jpg 1357w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/william-adolphe-bouguereau-painting-wooarts-35.jpg 1598w\" sizes=\"auto, (max-width: 678px) 100vw, 678px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>1 William-Adolphe Bouguereau, La Le\u00e7on difficile (1884)<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Correspondances |<\/h2>\n\n\n\n<p>La nouvelle ann\u00e9e de correspondant local s\u2019ouvre comme l\u2019ann\u00e9e pass\u00e9e, avec les v\u0153ux des maires. Bilan de l\u2019ann\u00e9e, quelques projets, les \u00e9lections (bri\u00e8vement), devant quelques dizaines de personnes. Un verre de l\u2019amiti\u00e9 pour finir. Comme un cycle de saison, peut-\u00eatre un \u00e9ternel retour. Il va falloir n\u2019opposer aucune r\u00e9sistance pour d\u00e9couvrir, en soi, le petit fait singulier, circonstanciel, insignifiant, qui palpite, disons, sous le poids de la manifestation une, sociale, collective, traditionnelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Ici, \u00e0 Saint-Germain-de-Vibrac, un joli petit buffet de chez Lilie&nbsp;: petits fours \u00e0 base de croque-monsieur, quiche lorraine, choux au fromage, galette des rois, cr\u00e9mant ou jus de fruits. Sur toute la longueur du mur de la salle, un rebord gris que je n\u2019avais jamais remarqu\u00e9, \u00e0 bonne hauteur pour poser son coude, et son verre. Tr\u00e8s pratique pour rester encore quelques minutes avec Gilles, qui me retient au sujet de l\u2019avion que Jean-Claude, un ami, termine de construire, de ses aventures pour un atterrissage dans le champ, un verre de champagne, et on red\u00e9colle. Et comment bien pr\u00e9parer son vol, le temps pass\u00e9 sur les cartes, le parcours \u00e0 tracer, attention \u00e0 la m\u00e9t\u00e9o, le vent surtout qui fera d\u00e9river, et bien savoir o\u00f9 se poser en catastrophe. Le tout en quelques notes qu\u2019on garde aupr\u00e8s de soi.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Lecture |<\/h2>\n\n\n\n<p>Je viens de terminer le quatri\u00e8me volet du <em>Sapiens<\/em> de Yuval Noah Harari<em>, L\u2019\u00c8re des r\u00e9volutions<\/em>. Bloqu\u00e9 sur ce questionnement de l\u2019avenir (post-humain)&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Alors, que voulons-nous devenir&nbsp;? \/ En fait, puisque nous pourrions bien \u00eatre capables sous peu de manipuler m\u00eame nos d\u00e9sirs, la vraie question est non pas&nbsp;: \u201cQue voulons-nous devenir&nbsp;?\u201d\u2026 \/ \u2026 mais&nbsp;: \u201cque voulons-nous vouloir&nbsp;?\u201d \/ Si cette question ne vous donne pas le frisson, c\u2019est probablement que vous n\u2019avez pas assez r\u00e9fl\u00e9chi.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Non, pas assez r\u00e9fl\u00e9chi. J\u2019aurais l\u2019air d\u2019un chien courant apr\u00e8s sa queue.<\/p>\n\n\n\n<p>Au d\u00e9but de <em>70 bis. Entr\u00e9e des artistes<\/em>, Patrick Modiano \u00e9voque le peintre acad\u00e9mique, pompier, Adolphe William Bouguereau.&nbsp; Bis de la rue Note-Dame-des-Champs, il n\u2019en dit rien. Rien d\u2019autre que ce que Joris-Karl Huysmans pense s\u00e9v\u00e8rement de sa peinture&nbsp;: \u00ab&nbsp;c\u2019est je ne sais quoi, quelque chose comme de la chair molle de poulpe&nbsp;\u00bb. A\u00efe&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Cela vaut s\u00fbrement pour les th\u00e8mes mythologiques. Mais bien moins pour les tableaux plus r\u00e9alistes, les portraits de jeunes filles simples, encore que relativement id\u00e9alistes, mis en sc\u00e8ne \u00e0 la mani\u00e8re des photos de Lewis Carroll.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\u00c9coute |<\/h2>\n\n\n\n<p>Lightning in a twilight hour \u2014 <em>\u00e9clair pour une heure cr\u00e9pusculaire<\/em>&nbsp;? \u2014, c\u2019est le nom du groupe que je viens de d\u00e9couvrir \u00e0 l\u2019occasion de la sortie de son dernier album, <em>Colours Yet To Be Named<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Effets de gouttes d\u2019eau qui suintent des plafonds abandonn\u00e9s de la&nbsp;<em>Fortress<\/em>, discr\u00e8tes couches \u00e9lectroniques sur&nbsp;<em>Inner Heat<\/em>&nbsp;ou une boite \u00e0 rythme feutr\u00e9e sur un&nbsp;<em>Graph Paper<\/em>&nbsp;qui nous plonge en pleine r\u00eaveries, le pouls de l\u2019album bat en sourdine et au ralenti jusqu\u2019\u00e0 ne plus battre du tout, nous emportant dans un \u00e9tat second, m\u00e9ditatif&nbsp;\u00bb, <a href=\"https:\/\/www.sunburnsout.com\/lightning-in-a-twilight-hour-colours-yet-to-be-named\/\">lit-on sur Sun Burns Out<\/a>.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-556b0dec4aa1fb55e48f92f25e502e5e\" style=\"color:#d11919\">04012026<\/h1>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Escapade vazquaize | nuances |<\/h2>\n\n\n\n<p>Ce soir, <em>Kingdom of Heaven<\/em>, de Ridley Scott. Au bout d\u2019une heure de sc\u00e8nes moyen\u00e2geuses entre r\u00e9alisme cru (\u00e0 grands coups de plans rapides, acc\u00e9l\u00e9r\u00e9s, et de pieux dans la t\u00eate) et merveilleux qui ne l\u2019est pas moins (oh&nbsp;! le cheval survivant au naufrage, encha\u00een\u00e9 dans la carcasse du navire&nbsp;; oh&nbsp;! le cheval lib\u00e9r\u00e9 qui se barre, mais on le retrouve \u00e0 la premi\u00e8re oasis&nbsp;!), pause.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Ce sont d\u2019ailleurs ces temps de respiration qui donnent de l\u2019espace au texte, de la texture, un certain volume et, le plus important : des nuances.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p><em>L\u2019autre jour, je suis all\u00e9 faire un tour. Il faisait beau. Il fallait que je marche. La derni\u00e8re fois, le vent en pleine figure m\u2019avait valu un nez bouch\u00e9, des bronches prises et un coupe-gorge. Une dizaine de jours apr\u00e8s, presque remis, j\u2019y suis retourn\u00e9, la t\u00eate emmitoufl\u00e9e dans une \u00e9charpe et l\u2019\u00e9paisse capuche de mon manteau. Il fallait que je marche, j\u2019en avais assez de ces articles qui se ressemblent.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>J\u2019ai repris le m\u00eame chemin blanc qui monte dans le coteau. La bu\u00e9e sur un verre de lunettes. Reine, la chienne du voisin, est venue me trouver \u00e0 mon passage. Une moto p\u00e9taradait quelque part dans les vignes. Elle a vite disparu.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Je n\u2019ai pas entendu d\u2019oiseau. Il y a parfois un petit oiseau qu\u2019on entend, l\u00e0, \u00e0 quelques pas, sans le voir. L\u00e0, un peu en hauteur. Et c\u2019est \u00e0 croire que c\u2019est le ciel qui sifflote. Il devait faire trop froid. Et les rayons du soleil, tombant vite sur l\u2019horizon, ne r\u00e9chauffaient pas.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Je suis mont\u00e9 au pied du coteau, le soleil dans le dos. Mon ombre immense devant. J\u2019ai ensuite long\u00e9 les vignes jusqu\u2019\u00e0 la route. Et je suis rentr\u00e9. Sans lunettes. J\u2019y voyais moins bien, mais la lumi\u00e8re \u00e9tait belle.<\/em><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Marcel |<\/h2>\n\n\n\n<p>Il y a les textes r\u00e9alis\u00e9s via les ateliers du Tiers Livre. Il y a les innombrables notes qui les ont accompagn\u00e9s. Il y a une premi\u00e8re vague des textes suppl\u00e9mentaires essayant de conjurer le sort de l\u2019\u00e9criture impossible du livre. Il y a cette seconde vague en forme de dialogue tronqu\u00e9 avec le bot chat pour conjurer la conjuration. Et je ne sais toujours pas par o\u00f9 commencer tout ce que j\u2019ai \u00e9crit.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Allez, fait pas la t\u00eate. Tu vas t\u2019en remettre.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Moi peut-\u00eatre, mais toi&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>(Lulu n\u2019est plus l\u00e0.)<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-ebb4cb236ef2f8972ae1cfd413fed000\" style=\"color:#d11919\">06012026<\/h1>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/20260104_191329-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-204143\" style=\"width:666px\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/20260104_191329-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/20260104_191329-420x236.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/20260104_191329-768x432.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/20260104_191329-1536x864.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/20260104_191329-2048x1152.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>(On rentrait de la galette chez Seb et Stef.<br>La lune se levait sur le coteau.<br>J\u2019ai tent\u00e9 une photo.<br>Mode nuit.)<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Structure |<\/h2>\n\n\n\n<p>L\u2019ann\u00e9e d\u00e9bute avec une r\u00e9union d\u2019\u00e9quipe, et toujours les m\u00eames malheureuses formules imag\u00e9es dans les discours&nbsp;: le boulet qu\u2019on tra\u00eene&nbsp;; la mer calme, agit\u00e9e, la temp\u00eate&nbsp;; se mettre les mains dans le cambouis&nbsp;; tirer tous dans le m\u00eame sens&nbsp;; de la force de frappe\u2026 je les ai not\u00e9es, j\u2019ai d\u00fb en rater.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Cin\u00e9 |<\/h2>\n\n\n\n<p>Hier soir, <em>Les Choses de la vie<\/em>. Un petit film dont je ne me lasse pas. Emport\u00e9 par le th\u00e8me musical, terrible, de Philippe Sarde. \u2014 Et la version chant\u00e9e par Romy Schneider, la <em>Chanson d\u2019H\u00e9l\u00e8ne<\/em>. \u2014 Lulu aimait beaucoup Romy, en particulier dans la saga romantique de Sissi.<\/p>\n\n\n\n<p>(Et toi aussi, avoue.)<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;L&rsquo;histoire n&rsquo;est plus \u00e0 suivre et j&rsquo;ai ferm\u00e9 le livre<br>Le soleil n&rsquo;y entrera plus<br>Tu ne m&rsquo;aimes plus&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Lecture |<\/h2>\n\n\n\n<p><em>1984<\/em> de Georges Orwell, nouvelle traduction de Jos\u00e9e Kamoun et version BD de Fido Nesti.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>\u00c7a change quelque chose&nbsp;?<\/li>\n\n\n\n<li>\u00c7a change le paragraphe align\u00e9 sur le phylact\u00e8re.<\/li>\n\n\n\n<li>Et \u00e7a change quelque chose&nbsp;?<\/li>\n\n\n\n<li>De rythme, saccad\u00e9. D\u2019autant qu\u2019\u00e0 la coupe de la phrase s\u2019ajoute le mode de lecture visuel. On change de focale.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Et pour qui l\u2019\u00e9crit-il, ce journal, au fait&nbsp;? Pour l\u2019avenir. Pour ceux \u00e0 na\u00eetre. Comment communiquer avec l\u2019avenir&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Impossible, par d\u00e9finition. Car de deux choses l\u2019une&nbsp;: soit le futur ressemblera au pr\u00e9sent, et il ne l\u2019\u00e9coutera donc pas, soit il sera diff\u00e9rent, auquel cas sa triste situation ne lui \u00e9voquera rien.<\/p>\n\n\n\n<p>Il a l\u2019impression d\u2019avoir perdu toute capacit\u00e9 \u00e0 s\u2019exprimer, oubli\u00e9 ce qu\u2019il avait l\u2019intention de dire.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p><em>Il a neig\u00e9 cette nuit. Dehors, c\u2019\u00e9tait tout blanc. Et quand on est all\u00e9s se promener, je me suis retrouv\u00e9 \u00e0 devoir marcher en rythme avec ma douleur. \u00c0 l\u2019aine, elle ne me l\u00e2che pas. La neige avait fondu. Sauf sur les chemins. Pourquoi, va savoir. Et il y a eu du monde sur ces chemins. Voitures, v\u00e9los, pi\u00e9tons, des grands et des petits, des chiens, des chats, des oiseaux, des grands avec des traces qui avaient l\u2019air dessin\u00e9es \u00e0 l\u2019aide de b\u00e2tons, et des petits, avec m\u00eame la trace de la queue, comme une tra\u00eene de plume.<\/em><\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-c832731eda3220524f5c2fb3527982ec\" style=\"color:#d11919\">08012026<\/h1>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"636\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/606047952_122267022536101462_6717230386471992091_n-636x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-204144\" style=\"width:auto;height:666px\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/606047952_122267022536101462_6717230386471992091_n-636x1024.jpg 636w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/606047952_122267022536101462_6717230386471992091_n-261x420.jpg 261w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/606047952_122267022536101462_6717230386471992091_n.jpg 647w\" sizes=\"auto, (max-width: 636px) 100vw, 636px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-light-gray-background-color has-background\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-light-gray-background-color has-background\">|| Pour souhaiter une bonne ann\u00e9e de fa\u00e7on un peu moins conventionnelle, Claro, sur le mur des <a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/permalink.php?story_fbid=pfbid02QkWNLGrzEgW5iUhTgBgfS5C97Kx21PneuUmYRehyG3AUbd6zPVvb83fNBbG9HFFrl&amp;id=61553043875809\">\u00c9ditions Inculte<\/a>, a choisi de dire \u00ab&nbsp;Bon an&nbsp;\u00bb, avec une image de l\u2019artiste chinoise Xiao Lu \u2014 \u8096\u9c81&nbsp;: la photo d\u2019une performance o\u00f9 on la voit, en chemisier et robe blancs, en train de se verser sur la t\u00eate un seau rempli d\u2019une substance noire, qui va retomber sur un drap blanc, et \u00e7a \u00e9clabousse.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-light-gray-background-color has-background\">Pr\u00e9cis\u00e9ment, il s\u2019agit de <em>One<\/em>, 2015<strong> (<\/strong>39 2\/5 \u00d7 32 7\/10 in | 100 \u00d7 83 cm), que je serais tent\u00e9 de traduire par l\u2019adjectif d\u00e9signant ce \u00ab&nbsp;qui n&rsquo;est pas fait d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments disparates ou contradictoires, qui constitue un ensemble uni, harmonieux&nbsp;\u00bb (Le Grand Robert). Bon, c\u2019est vrai, \u00e7a fait toujours <em>un<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-light-gray-background-color has-background\">Je pr\u00e9cise parce que, si noirs semblent les v\u0153ux que nous adresse Claro pour l\u2019ann\u00e9e qui vient, il me semble qu\u2019il y a aussi, dans cette douche de noirceur sur la t\u00eate, toute l\u2019encre possible, r\u00eav\u00e9e, sur la blancheur immacul\u00e9e du corps et du sol. On pourrait voir l\u00e0 <em>un mal pour un bien<\/em>. Quelque chose de l\u2019ordre de l\u2019ablution, de la purification&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-light-gray-background-color has-background\">Dans un style quelque peu diff\u00e9rent, mais non moins radical (c&rsquo;est peu de le dire)&nbsp;: <a href=\"https:\/\/www.artnet.de\/k%C3%BCnstler\/caroline-coon\/i-am-whore-a-Ok97c48evleyM2An-YOksw2\">Caroline Coon, <em>I am whore<\/em>, 2019 (Medium&nbsp;: video MP4 470mb&nbsp;; Gr\u00f6\u00dfe&nbsp;: Format variiert)<\/a><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-light-gray-background-color has-background\">Et alors bonne ann\u00e9e&nbsp;! &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; ||<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Lectures | avec Marcel |<\/h2>\n\n\n\n<p>Sinon, j\u2019aime bien <em>70 bis<\/em> de Modiano et Mazzalai&nbsp;: galerie de portraits traversant ce lieu, gr\u00e2ce auxquels il traverse le temps.<\/p>\n\n\n\n<p>(Mon petit Marcel ne devrait pas fonctionner autrement.)<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group has-light-gray-background-color has-background\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-light-gray-background-color has-background\">|| Du mur d\u2019Andr\u00e9 Markowicz&nbsp;: <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-light-gray-background-color has-background\">\u00ab&nbsp;Il ne s\u2019agit pas, encore une fois, de \u201cse r\u00e9fugier dans l\u2019art\u201d, il s\u2019agit, dans le monde tel qu\u2019il est, \u2013 et que nous affrontons en essayant de le d\u00e9crire, \u2013 d\u2019\u00eatre dedans en essayant de rester nous-m\u00eames, d\u2019\u00eatre en gardant une voix, ou, non \u2013 pas une voix, mais, justement, assez de voix pour \u00eatre capable de traduire, autant que nous pouvons, comme nous pouvons, les voix que nous pouvons sentir.&nbsp;\u00bb &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; ||<\/p>\n<\/blockquote>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-2c6b5396063d08bb081850bf91657aa9\" style=\"color:#d11919\">09012026<\/h1>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h2 class=\"wp-block-heading has-medium-gray-background-color has-background\">Atelier #construire 1 |<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">Premier jet<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\"><em>\u00c7a a pu commencer comme \u00e7a, si tu veux. Cette vieille photo dont j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9. C\u2019est quelque part dans les notes. Un texte peut-\u00eatre. Va savoir o\u00f9. Mais plus j\u2019y repense, plus je ne vois qu\u2019elle pour commencer. Cette vieille photo en noir et blanc.<\/em><br><br><em>Mais c\u2019est fatiguant, \u00e0 force. \u00c7a va, \u00e7a vient, \u00e7a revient. \u00c7a use. Le vieux Marcel, on aurait f\u00eat\u00e9 son si\u00e8cle cette ann\u00e9e. Lui, l\u2019\u00e9ternel petit Marcel. Sa vie souffl\u00e9e avant sa premi\u00e8re bougie. Imagine un peu \u00e7a. Il y a pr\u00e8s d\u2019un si\u00e8cle, dans l\u2019entre-deux-guerres. Imagine \u00e7a, il y a plus que \u00e7a \u00e0 faire. Parce que t\u2019existais pas. J\u2019existais pas. Personne. M\u00eame Lulu. Lulu, la petite s\u0153ur qui l\u2019aura pas vraiment \u00e9t\u00e9. Mais elle l\u2019aura \u00e9t\u00e9 toujours, elle y pensait r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 Marcel. \u00c0 ce grand fr\u00e8re qu\u2019elle appelait le petit. Pour elle c\u2019\u00e9tait toujours le petit fr\u00e8re. Qu\u2019est-ce que tu veux&nbsp;? Un grand fr\u00e8re que t\u2019as pas le temps de conna\u00eetre, mort avant d\u2019avoir pu marcher et parler, sinon quelques pas et quelques syllabes. Une poign\u00e9e de mots informes peut-\u00eatre. Ce grand fr\u00e8re, la vie a cueillie dans le bourgeon de l\u2019\u00e2ge, quand toi tu vis pendant pr\u00e8s d\u2019un si\u00e8cle, c\u2019est toujours le petit fr\u00e8re, non&nbsp;? Imagine. Pour Lulu \u00e7a a toujours \u00e9t\u00e9 \u00e7a, ce lien, du petit. Et \u00e7a allait, \u00e7a venait dans son esprit. Et de plus en plus sur sa fin. \u00c7a revenait, \u00e7a la hantait s\u00fbrement.<\/em><br><br><em>C\u2019est l\u00e0 o\u00f9 on sait plus, en fait. On se demande si c\u2019est elle qui en parlait plus souvent ou si on lui demandait plus souvent. Ou c\u2019\u00e9tait l\u2019un et l\u2019autre, l\u2019un par l\u2019autre. Il y a d\u00fb y avoir un point de bascule. Comme un relais, un passage de t\u00e9moin. Mais quand&nbsp;? Comment \u00e7a a commenc\u00e9&nbsp;? Et elle \u00e9tait plus l\u00e0, Lulu, pour le dire. De toute fa\u00e7on, elle aurait pas su. Elle non plus, \u00e0 force, elle savait plus. Elle y pensait, elle oubliait. Et avec le temps elle y aura plus vraiment pens\u00e9. Ou alors tout le temps, oubliant tout le reste qui lui \u00e9chappait. Surtout son verre qui finissait toujours par se renverser.<\/em><br><br><em>Non. Au final, \u00e7a a jamais commenc\u00e9. Ou alors c\u2019\u00e9tait un jour comme aujourd\u2019hui. Un jour de vent, un jour de pluie, vigilance orange. Un jour d\u2019aller acheter le pain, et y avait plus un flan. Un jour d\u2019aller mettre de l\u2019essence, et \u00e7a a encore augment\u00e9. Un jour d\u2019aller pisser dans le supermarch\u00e9, c\u2019est \u00e7a de boire deux grands bols de caf\u00e9 le matin, quand on tient pas longtemps. Un jour de faire une machine de noir. Un jour de sieste en milieu d\u2019apr\u00e8s-midi, parce que \u00e7a aussi on tient plus. Et c\u2019est bien la seule chose qu\u2019on a pu avoir en commun avec eux. \u00c7a et le caf\u00e9. Pour le reste, faut se remettre dans les conditions de l\u2019\u00e9poque. Un jour de travail aussi, un peu. Aujourd\u2019hui, deux c\u00e9r\u00e9monies de v\u0153ux \u00e0 couvrir. Bilan de l\u2019ann\u00e9e, quelques projets, les prochaines \u00e9lections, devant quelques dizaines de personnes. Un verre de l\u2019amiti\u00e9 pour finir. Voil\u00e0. Comme un cycle de saison, comme un \u00e9ternel retour. Et cinq encore comme \u00e7a, demain et apr\u00e8s-demain. Merci le week-end. Va falloir \u00eatre bon pour pas \u00e9crire le m\u00eame article, pour d\u00e9gager le petit fait singulier, circonstanciel, insignifiant mais qui palpite, disons, sous le poids de la manifestation une, sociale, collective, traditionnelle. Et un jour d\u2019enterrement, tiens. Eh oui, il y a les petites affaires insignifiantes du quotidien, tu vois, et hier, avec, il y a eu \u00e7a aussi. Oh, c\u2019est pas qu\u2019on se croisait beaucoup avec le mort. La derni\u00e8re fois, \u00e7a remonte. Je crois que c\u2019\u00e9tait chez lui, pour les dix ans de sa petite. Elle a la vingtaine aujourd\u2019hui. Mais bon, c\u2019est \u00e7a qui nous lient, les enfants. Avec le temps, les enfants se sont perdus de vue, on s\u2019est peut-\u00eatre crois\u00e9 deux ou trois fois quand m\u00eame. Peut-\u00eatre \u00e0 la boulangerie ou aux courses. Va savoir. Et puis voil\u00e0, bonne ann\u00e9e et salut l\u2019ami. Les obs\u00e8ques sous le d\u00e9luge.<\/em><br><br>Je n\u2019existe pas\u2026 <em>C\u2019est difficile \u00e0 concevoir, \u00e7a, pour la petite Th\u00e9a. Quand on lui montre une photo de sa m\u00e8re au m\u00eame \u00e2ge qu\u2019elle aujourd\u2019hui, elle la reconna\u00eet pas, et quand on lui affirme que, elle, Th\u00e9a, elle existait pas encore, tu la verrais te regarder les yeux grand ouverts. Si elle dit plus que c\u2019\u00e9tait elle, sur la photo, elle imagine qu\u2019elle \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 dans le ventre de maman. Y en a l\u00e0-dedans&nbsp;! Mais qu\u2019en t\u2019y penses, au fond, qui peut comprendre qu\u2019il existait pas, avant de na\u00eetre. On le sait. On le con\u00e7oit, c\u2019est une id\u00e9e. Mais de l\u00e0 \u00e0 le comprendre vraiment, de l\u00e0 \u00e0 le sentir, \u00e7a reste une autre histoire. Et c\u2019est s\u00fbrement \u00e7a qui fait que la petite est rest\u00e9e les yeux grands comme \u00e7a, l\u2019espace d\u2019un instant, avant de tourner la page de l\u2019album photos.<\/em><br><br><em>Non. \u00c7a a jamais commenc\u00e9. \u00c7a fait que continuer. Apr\u00e8s ces notes, ces textes, et ces dialogues, ces r\u00e9flexions, et les souvenirs qu\u2019on en garde aujourd\u2019hui, comme autant de r\u00e9cits d\u2019une r\u00e9alit\u00e9 qui aura pas d\u2019autre forme que \u00e7a, maintenant, du r\u00e9cit. Une histoire et des images qu\u2019on formule \u00e0 part soi. Plus ou moins. Et qui continue. Une histoire de famille, comme il en existe beaucoup d\u2019autres du m\u00eame style, aussi insignifiante qu\u2019on la veut importante. Et d\u2019autant plus qu\u2019elle est d\u00e9sormais sans t\u00e9moins. Et il y en a jamais eu en fait. Du temps o\u00f9 ils existaient encore, ils en auront rien dit. Ou on aura rien entendu. On avait pas encore l\u2019\u00e2ge pour \u00e7a. On existait pas encore pour cette histoire. Et pourtant. Elle devait \u00eatre l\u00e0. Elle \u00e9tait quand m\u00eame l\u00e0. Elle devait se raconter. Forc\u00e9ment, par un bout ou par un autre, elle sera revenue, elle aura couru. Elle allait et venait, et puis on oubliait. Mais elle aura poursuivi sa course, elle aura continu\u00e9 son bonhomme de chemin. Avec ce petit bonhomme, Marcel.<\/em><br><br><em>Mais qu\u2019est-ce que tu veux&nbsp;? Va savoir comment \u00e7a a commenc\u00e9. \u00c7a va, \u00e7a vient. Mais c\u2019est fragile, cette histoire. T\u2019y penses et puis t\u2019oublies. D\u2019abord parce que \u00e7a va pas. On a beau prendre des notes par dizaines, par centaines, des notes qui ont fini par ensevelir les quelques textes illisibles, au fond, qu\u2019elles ont fait na\u00eetre, tant bien que mal, \u00e7a va pas. \u00c7a va pas parce que \u00e7a vient pas. Pas vraiment. Pas comme on voudrait. Jamais. Mais qu\u2019est-ce que tu veux&nbsp;? Qu\u2019est-ce que tu veux&nbsp;? Au final, c\u2019est \u00e7a la question, non&nbsp;? Qu\u2019est-ce que tu veux avec cette histoire sans nom&nbsp;? Est-ce que tu veux seulement quelque chose&nbsp;?<\/em><br><br>***<br><br><em>J\u2019existais pas. Mais je reconnais le lieu et les personnes. On les reconnait mal. Je sais qu\u2019il s\u2019agit de mes deux oncles et de ma m\u00e8re parce que c\u2019est Lulu qui m\u2019a donn\u00e9 la photo. Et qui a d\u00fb la prendre. Je ne sais pas exactement quand, mais vraisemblablement \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1960, ou au d\u00e9but des ann\u00e9es 1970. Une photo de ses enfants au pied du chai. Le chai du grand-p\u00e8re, Omer. Je ne sais plus quand Lulu m\u2019a donn\u00e9 la photo. Il y a longtemps maintenant. Elle est l\u00e0, \u00e0 port\u00e9e de ma main, dans une envelopper kraft qui m\u2019est adress\u00e9e, parmi d\u2019autres photos de moi tout petit, dans les bras de maman, de Lulu. Prot\u00e9g\u00e9e dans une sorte de film translucide. L\u2019\u00e9tonnant, c\u2019est qu\u2019elle a l\u2019air en bon \u00e9tat. Hormis de l\u00e9gers plis, elle brille. Pourtant, je ne les reconnais pas bien. L\u2019image est granuleuse. Comme une photographie qui aurait pratiquement \u00e9t\u00e9 prise avec l\u2019appareil de Niepce, du temps o\u00f9 l\u2019image prenait si lentement que, ce qu\u2019on voyait du monde, c\u2019\u00e9tait le monde d\u2019apr\u00e8s sous l\u2019empire de la poussi\u00e8re. Les pieds, les jambes, semblent fondus dans le massif, quand les visages, pour des sourires aux regards sans yeux, se sont effac\u00e9s. (On pense \u00e0 Henri Michaux, J\u2019ai lav\u00e9 le visage de ton avenir.) Et sur le film n\u00e9gatif, une image plus lisse ou un \u00e9trange ciel \u00e9toil\u00e9&nbsp;? La photo s\u2019est-elle d\u00e9t\u00e9rior\u00e9e, avec le temps&nbsp;? ou ce que je vois c\u2019est ce que les enfants, sur la photo, voyaient aussi d\u2019eux \u00e0 l\u2019\u00e9poque&nbsp;? une photo d\u00e9j\u00e0 ancienne&nbsp;? d\u2019autrefois en soi&nbsp;?<\/em><br><br><em>C\u2019est peut-\u00eatre jour de Gerbaude. Lulu prend l\u2019appareil photo de l\u2019oncle Rousseau et rejoint la troupe dans les vignes. Elle fait quelques photos des vendangeurs dans les rangs, sur le tracteur et le tombereau, la hotte sur le dos. Les enfants sont l\u00e0. Elle, dans un rang, avec sa grand-m\u00e8re. Le petit au bout de la parcelle, non loin du tracteur. Il joue avec sa cousine et le chien. Ils n\u2019auront pas tenu toute la matin\u00e9e, cette fois, pour cueillir les raisins. Mais les rangs sont trop longs pour eux. Et le grand tient le choc de la hotte, les allers-retours incessants. La journ\u00e9e est belle. On a quitt\u00e9 depuis longtemps les cir\u00e9s qui prot\u00e9geaient de la ros\u00e9e, et quelques gilets. Ils pendent sur des piquets, en bout de rang, comme des peaux. On termine un peu plus t\u00f4t que pr\u00e9vu. \u00c0 midi, c\u2019est fini. Le tombereau est devant le pressoir, La machine tourne dans un bruit assourdissant. Le grand s\u2019assoie sur le vieux timbre contre le mur, pour se reposer. C\u2019est l\u00e0 que Lulu appelle les deux autres pour le rejoindre. Elle fait d\u2019abord de grands signes. Et puis Allez\u2026 venez donc \u00e0 c\u00f4t\u00e9. Tu n\u2019existais pas non plus. Plus.<\/em><br><br><em>Le chai a disparu. Tout le corps de b\u00e2timent a \u00e9t\u00e9 vendu, r\u00e9nov\u00e9. Les acc\u00e8s ont \u00e9t\u00e9 ferm\u00e9s. Un mur a \u00e9t\u00e9 construit ici, une cl\u00f4ture install\u00e9e l\u00e0. L\u2019acc\u00e8s principal \u00e0 ce qui est aujourd\u2019hui une maison se fait par la porte qui donnait, de l\u2019int\u00e9rieur du chai, dans le garage, d\u00e9truit. Une maison de vacances, pr\u00e9cis\u00e9ment. La propri\u00e9taire r\u00e9side et travaille ailleurs, en fait, je ne sais o\u00f9 \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Elle vient l\u00e0 de temps en temps. Et le plus souvent, la maison reste vide.<\/em><\/pre>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-2363e0787c175a4fc54387cd0ee088a1\" style=\"color:#d11919\">11012026<\/h1>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Correspondances | Structure |<\/h2>\n\n\n\n<p>Dans ma tourn\u00e9e des v\u0153ux, d\u2019une commune \u00e0 l\u2019autre, il est souvent question de tenir le budget \u00e0 l\u2019\u00e9quilibre, de recevoir les subventions, de percevoir des imp\u00f4ts\u2026 Et j\u2019ai pu entendre dire que, \u00e0 la mairie, on g\u00e9rait la chose comme une entreprise. Je ne sais pas vous mais, moi, \u00e7a me g\u00eane. Voire&nbsp;: \u00e7a m\u2019inqui\u00e8te.<\/p>\n\n\n\n<p>On m\u2019a d\u00e9j\u00e0 fait le coup \u00e0 la Structure o\u00f9 je travaille. Quelqu\u2019un, de je ne sais plus quel organisme, intervenant aupr\u00e8s des salari\u00e9s des associations dans le cadre d\u2019un Dispositif Local d\u2019Accompagnement, nous a assur\u00e9 qu\u2019il n\u2019y avait aucune diff\u00e9rence entre une entreprise et une association \u2014 sinon l\u2019enrichissement, ou pas.<\/p>\n\n\n\n<p>Donc, qu\u2019on soit une institution ou une association, le mod\u00e8le de fonctionnement de la soci\u00e9t\u00e9, c\u2019est l\u2019entreprise\u2026 Alors, quid de l\u2019\u00c9tat&nbsp;? ou du Peuple (si ce mot a encore un sens)&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\" id=\"cendres\">JE NE SUIS PAS D\u2019ACCORD&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<div id=\"noir\" class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h2 class=\"wp-block-heading has-medium-gray-background-color has-background\">Atelier #construire 1 | noir (animal)<\/h2>\n\n\n\n<p>Jadis, on pouvait dire <em>On prend les m\u00eames et on recommence<\/em>. Mais si je recommence, je peux me retrouver avec quelque chose de tr\u00e8s diff\u00e9rent. Le m\u00eame a disparu. Ou alors c\u2019est, en lui-m\u00eame, toujours un autre. Et alors on n\u2019a pas recommenc\u00e9, on n\u2019a pas emprunt\u00e9 le m\u00eame chemin, on a explor\u00e9 une autre voie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">Jet 2<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">\u00c7a a pu commencer dans un r\u00eave. Un r\u00eave il y a longtemps, avec cette vieille photo, un jour, que Lulu t\u2019a donn\u00e9e. Elle se trouvait dans une grande enveloppe de papier kraft adress\u00e9e \u00e0 ton nom. Elle s\u2019y trouve toujours. Une photo parmi sept autres. Des portraits, des photos de famille dont tu connais chaque membre. Sauf sur la photo qui te retient. Ou plut\u00f4t, tu les connais mais sans les identifier clairement. Tu les reconnais \u00e0 travers ce grain si sp\u00e9cial qui les renvoie \u00e0 des ombres.<br><br>\u00c7a a d\u00fb commencer l\u00e0, dans l\u2019enveloppe \u00e0 ton nom. Ta main a gliss\u00e9 dedans, tes yeux ont parcouru la photo, et depuis c\u2019est comme si, chaque fois, tu t\u2019y glissais tout entier. Comme si tu prenais la photo. Parce que c\u2019est toi, cette image, c\u2019est toi l\u2019appareil. Tu es l\u00e0, au fond, devant eux. Tu es l\u00e0 devant ce mur en noir et blanc. L\u00e0 dans ce monde d\u2019avant, quand tu n\u2019existais pas. Tu es l\u00e0, et va savoir si tu n\u2019es pas, toi aussi, de ces silhouettes de terre friable.<br><br>\u00c7a a commenc\u00e9 l\u00e0, avec cette terre jet\u00e9e sur du papier glac\u00e9. Avec ce fond blanc pass\u00e9, jauni, pour des motifs d\u2019un noir battu, poudreux. Avec cette photo, ces portraits, cette famille de charbon, de suie. Famille coke, famille noir. Noir animal. Et toi aussi, avec eux, devant eux. L\u00e0 derri\u00e8re l\u2019appareil et sa pellicule de cendre. L\u00e0, petit fr\u00e8re des cendres.<\/pre>\n\n\n\n<p>Alors <em>f<\/em>, en vid\u00e9o&nbsp;: \u00ab&nbsp;C&rsquo;est nous qui installons notre r\u00e9cit et qui disons \u201cCeci est le commencement.<\/p>\n\n\n\n<p>11:42 \u2014 Voici comment les choses ont commenc\u00e9\u201d et on installe cette sc\u00e8ne, cette situation. Est-ce qu&rsquo;on a besoin de savoir \u00e0 quoi elle introduit ? Et bien justement, c&rsquo;est \u00e7a le miracle, non&nbsp;? Par contre, on aura introduit notre fa\u00e7on d&rsquo;\u00e9crire, notre rapport \u00e0 la situation, notre rapport \u00e0 l&rsquo;histoire, \u00e7a a d\u00e9but\u00e9 comme \u00e7a.<\/p>\n\n\n\n<p>12:07 \u2014 C&rsquo;est quoi le miracle ? C\u2019est que pr\u00e9cis\u00e9ment, puisqu&rsquo;on l&rsquo;a tir\u00e9 en arri\u00e8re, qu&rsquo;on est en amont du travail qui va donner le livre, on est encore dans la zone o\u00f9 c&rsquo;est la pulsion int\u00e9rieure d&rsquo;\u00e9crire qui d\u00e9termine ce qui va pouvoir en \u00e9merger. \u00c7a a d\u00e9but\u00e9 comme \u00e7a et puis voil\u00e0, on a la place Clichy, on a les terrasses, on a le caf\u00e9 cr\u00e8me ou le verre de rhum, et puis on a ce d\u00e9fil\u00e9 militaire qui va surgir.<\/p>\n\n\n\n<p>12:41 \u2014 On est lib\u00e9r\u00e9 de du couloir lin\u00e9aire, du tunnel du r\u00e9cit. On ne s&rsquo;est pas encore engouffr\u00e9 dans le tunnel du r\u00e9cit.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-3f2835840f7f94701b9b443f25777b02\" style=\"color:#d11919\">14012026<\/h1>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/20260110_163007-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-205094\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/20260110_163007-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/20260110_163007-420x236.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/20260110_163007-768x432.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/20260110_163007-1536x864.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/20260110_163007-2048x1152.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><em>(Et le petit gar\u00e7on, assis dans l\u2019escalier, qui se bouche les oreilles.)<\/em><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Musique |<\/h2>\n\n\n\n<p>Toute la musique que j\u2019aime\u2026<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;J\u2019aime entendre le son craquer. J\u2019aime bien qu\u2019on per\u00e7oive une sorte d\u2019insecte \u00e0 l\u2019agonie. Qu\u2019on puisse se dire&nbsp;: \u201cJe ne reconnais m\u00eame pas quel est instrument qui donne cette impression d\u2019insecte \u00e0 l\u2019agonie. Il va falloir que je r\u00e9\u00e9coute, que je monte le son, que je le descende, que je l\u2019\u00e9coute dans plusieurs situations diff\u00e9rentes.\u201d Ou quand soudain, on entend un mot qu\u2019on n\u2019avait jamais entendu au fond du morceau. Moi, c\u2019est \u00e7a que j\u2019aime dans la musique, quand il y a des couches de profondeur, de signification, o\u00f9 il y a un effet imm\u00e9diat, un effet secondaire et un effet tertiaire.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>(Blandine, du groupe Catastrophe, dans un entretien pour le magazine Magic, revue pop moderne, d\u00e9cembre-f\u00e9vrier 2026)<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Correspondances |<\/h2>\n\n\n\n<p>\u00c0 faire le tour des salles des f\u00eates pour les v\u0153ux des municipalit\u00e9s, avec M. ou Mme le maire&nbsp;: qu\u2019est-ce qu\u2019on retient&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p><em>La gorge nou\u00e9e de ce vieux monsieur, pourtant rompu \u00e0 l\u2019exercice du discours en public, au moment d\u2019annoncer qu\u2019il ne se repr\u00e9sentait pas.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>La chaise d\u2019\u00e9colier en guise de tribune, sous ce grand gaillard taill\u00e9 comme une armoire.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Seul au milieu de la salle des f\u00eates, en costume noir, gilet bordeaux, un homme dans l\u2019\u00e2ge, poivre et sel, mais encore svelte. Avec son micro et sa tenue alti\u00e8re, on aurait dit un crooner pr\u00eat \u00e0 chanter My Way.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>La toute petite salle, les gens le long des murs, autour des tables au milieu, la petite mamie fait la bise \u00e0 tout le monde, souhaite la bonne ann\u00e9e \u00e0 chacun. M\u00eame moi.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Le discours avec l\u2019\u00e9charpe officielle, bleu, blanc rouge, devant la figurine d\u2019un lutin farceur rose, bonnet \u00e0 pompons rouge et vert.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>La r\u00e9p\u00e9tition de la m\u00eame formule, deux fois, trois fois, quatre. Et puis une autre un paragraphe plus loin, et \u00e7a voulait dire la m\u00eame chose. Et \u00e0 la fin, elle me confie&nbsp;: <\/em>J\u2019crois que y a eu un bug \u00e0 un moment.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Escapade vazquaize |<\/h2>\n\n\n\n<p>D\u2019un visage, humain ou non humain, personne, maison, pierre, rue, objet, pi\u00e8ce, lieu, ville\u2026 d\u00e9crire ce qu\u2019il fait.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Que tout autour agisse et bouge et touche.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-5628bb75201618fb231dae8a3ea3aeb1\" style=\"color:#d11919\">17012026<\/h1>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Visage vazquaize |<\/h2>\n\n\n\n<p><em>La terre me porte<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Les lacets me d\u00e9nouent<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Les chaussures m\u2019enl\u00e8vent<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>L\u2019herbe me chatouille<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>La pluie me mouille<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Mes id\u00e9es m\u2019ennuient<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Mes v\u00eatements me g\u00eanent<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Les cailloux me piquent<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Les oiseaux m\u2019enchantent<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Les \u00e9clairs me surprennent<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Le tonnerre me guette<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Un chien me suit<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Quelque chose me\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Le ciel menace<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Des cailloux me coupent<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Le chemin blanc m\u2019emm\u00e8ne<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Mes id\u00e9es noires me d\u00e9pouillent<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><em>Mes v\u00eatements me d\u00e9nudent<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>La solitude me fait marcher<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>La pluie me noie<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Ma peau me glace<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Le chemin blanc m\u2019\u00e9l\u00e8ve<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Le coteau me hisse<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Le corps me l\u00e2che<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Les arbres m\u2019alignent<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Leurs ombres m\u2019ignorent<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Le temps m\u2019oublie<\/em><\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-945e41bc1094f6dd3e5abc964e2f5a14\" style=\"color:#d11919\">21012026<\/h1>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"733\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/3-freres-et-soeur001-1024x733.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-205100\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/3-freres-et-soeur001-1024x733.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/3-freres-et-soeur001-420x301.jpg 420w, 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ou accumulation de vocabulaires, et partant de nuances, horizons, \u00e9chapp\u00e9es, trappes.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">les poussi\u00e8res d\u2019\u00e9toiles forment-elles des nuages de cendre<br><br>la cendre voletait dans la chemin\u00e9e, quelques flocons, emport\u00e9s par les tourbillons de fum\u00e9e, qui parfois stagnaient, h\u00e9sitaient \u00e0 monter, retombaient \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du foyer<br><br>la cendre fumante, encore, le matin au r\u00e9veil, couvant un peu de braise endormie, une poign\u00e9e d\u2019escarbilles<br><br>parfois, les traces d\u2019un petit feu au bout de la vigne, au bord du chemin, pr\u00e8s de la rivi\u00e8re, une aur\u00e9ole de cendre grise, chin\u00e9e, de centre noir, charbonneux, des restes de braise froide<br><br>la main dans la cendre froide, la main grise, la main poudreuse, le nuage de poussi\u00e8re en frappant<br><br>un tas de cendre, et si c\u2019\u00e9tait ce qui reste d\u2019une ombre, une ombre effondr\u00e9e, \u00e9miett\u00e9e, bient\u00f4t dispers\u00e9e<br><br>pas de fum\u00e9e sans feu, pas de cendre non plus<br><br>la cendre, la braise, les flammes, le panache de fum\u00e9e, la suie grasse, le feu pris dedans, le souffle grondeur, quand il a fallu monter sur le toit, jeter un pauvre sac en toile de jute humidifi\u00e9, vaporis\u00e9, en attendant le tuyau d\u2019arrosage du jardin, son filet d\u2019eau sur la langue de feu frondeuse, des litres d\u2019eau dans la chemin\u00e9e, le foyer \u00e9teint, r\u00e9pandu en coul\u00e9es de cendre noire, la suie en feu toujours rageuse<br><br>parfois, contre une flamm\u00e8che volante, une particule de suie tombe<br><br>la cendre de la clope coll\u00e9e au bec<br><br>la cendre dans la cuisini\u00e8re en fonte, \u00e0 r\u00e2cler ce qui reste des b\u00fbches, du charbon, \u00e0 vider le tiroir plein dans le seau, \u00e0 mettre la main dedans et sur le sol<br><br>sur les ombres port\u00e9es sur le sol et les murs, incrust\u00e9e en eux sous l\u2019effet de la bombe atomique, d\u2019un rayonnement intense, de l\u2019hyperlumi\u00e8re, a-t-on retrouv\u00e9 une fine pellicule des cendres souffl\u00e9es par l\u2019explosion<br><br>la m\u00e8re Fissou, devant la chemin\u00e9e, se r\u00e9chauffe, on passe, vite, on pousse, elle vacille, veut se retenir \u00e0 un chenet, il bascule, elle aussi, nuage de cendre,<br><br>une t\u00eate de piston renvers\u00e9e, pleine de m\u00e9gots et de cendre<br><br>dans le pot de chambre vid\u00e9, nettoy\u00e9, d\u00e9sinfect\u00e9 d\u2019un fond d\u2019eau de javel, une poign\u00e9e de cendre<br><br>les grands feux de branchages, de journaux, de magazines, de vieux v\u00eatements, de meubles et d\u2019objets cass\u00e9s, de sacs en plastique, de morceaux de polystyr\u00e8ne, de pneus us\u00e9s, fendus, le panache de fum\u00e9e noire, le gros tas de cendre le lendemain<br><br>la pelle du bourrier vid\u00e9e dans le feu, le seau de cendre vid\u00e9 je ne sais o\u00f9<br><br>la carotte de cendre pendant qu\u2019on bricole, la fum\u00e9e dans l\u2019\u0153il grima\u00e7ant, les mains prises<br><br>qu\u2019est-ce qui fait qu\u2019une photo en noir et blanc a l\u2019air d\u2019un dessin tant l\u2019image semble d\u00e9compos\u00e9e, tant les motifs semblent couvert de cendre, une certaine texture de la luminosit\u00e9 au moment du clich\u00e9, la mati\u00e8re de la pellicule, de la surface d\u2019exposition, la substance qui continue de virer insensiblement sous l\u2019effet de la lumi\u00e8re ambiante, de l\u2019air, du temps<br><br>et parfois la cendre, emport\u00e9e par la fum\u00e9e, retombait loin du foyer, en flocons dispers\u00e9s<br><br>pour allumer le feu, dans la chemin\u00e9e, dans le po\u00eale, dans la cuisini\u00e8re, c\u2019\u00e9tait toujours avec des feuilles de papier journal, les anciens num\u00e9ros entass\u00e9s dans la chemin\u00e9e, pr\u00e8s du feu<br><br>si on parle de <em>cendrillon<\/em>, par antonomase issue du personnage populaire, ou de <em>cendrine<\/em>, de quel type de personne br\u00fblant, ou cram\u00e9, parle-t-on<\/pre>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">R\u00eave |<\/h2>\n\n\n\n<p>L\u2019autre jour, \u00e0 la structure, on a lu <em>L\u2019Homme qui plantait des arbres<\/em>, de Giono. Fatima ne connaissait pas le mot <em>puits<\/em>. De l\u00e0 provient le r\u00eave que j\u2019ai fait&nbsp;? D\u2019un puits, je regarde dedans, j\u2019aper\u00e7ois le fond, une lueur, je recule, et j\u2019aper\u00e7ois Lulu, elle s\u2019approche du bord, passe par-dessus le muret, et je ne sais pas si elle tombe ou saute, on la voit au fond du puits, je crois qu\u2019on tente de la remonter avec une corde.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Structure |<\/h2>\n\n\n\n<p>Du livre que j\u2019ai auto\u00e9dit\u00e9, non destin\u00e9 \u00e0 la vente, <em>Au Travail<\/em> \u2014 va savoir pourquoi il me revient \u00e0 l\u2019esprit \u2014, je me suis dit&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Que je pourrais supprimer le tout premier texte. Il d\u00e9crit en partie l\u2019image qui le pr\u00e9c\u00e8de. Il la compl\u00e8te, la prolonge, avec du dialogue, des interrogations, et de l\u2019imagination. Et trois petites notes faussement explicatives. Je pourrais faire suivre l\u2019image des notes, simplement.<\/li>\n\n\n\n<li>Le livre est constitu\u00e9 de deux parties. On pourrait les s\u00e9parer pour un livre en deux volumes. D\u2019autant qu\u2019il est \u00e9pais.<\/li>\n\n\n\n<li>On pourrait agrandir les images, trop petites. Il faudrait en supprimer, certainement. Ou les remplacer par une description. Une simple esquisse de la toile de fond d\u2019o\u00f9 le texte est ensuite apparu (je crois).<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>(Je ne me souviens plus des deux ateliers ayant servi de supports d\u2019\u00e9criture.)<br><\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-a59febb97bdb00f1500931dd49e79a3f\" style=\"color:#d11919\">24012026<\/h1>\n\n\n\n<p>(Je me demande ce qui m\u2019a le plus vex\u00e9 \u2014 et c\u2019est un euph\u00e9misme&nbsp;: d\u2019avoir supprim\u00e9 d\u2019un trait un dossier de photos du t\u00e9l\u00e9phone, ou d\u2019avoir perdu 3352 photos r\u00e9cup\u00e9r\u00e9es au bout de la journ\u00e9e&nbsp;?)<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Structure |<\/h2>\n\n\n\n<p>Il y a aussi la question des marges. Elles semblent trop \u00e9troites. Il faudrait les \u00e9largir, il faudrait a\u00e9rer le texte par les marges. Id\u00e9alement, le texte pourrait avoir l\u2019air de s\u2019inscrire dans une colonne. Comme une colonne de journal, tant\u00f4t centr\u00e9e, avec beaucoup d\u2019espace de part et d\u2019autre, tant\u00f4t plus ou moins d\u00e9cal\u00e9e \u00e0 gauche ou \u00e0 droite. Une colonne flottante, en somme, pour une \u00e9criture qui ne l\u2019est pas moins.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Atelier #construire 2 |<\/h2>\n\n\n\n<p>Il aura fallu plusieurs couches de cendre pour former cette liste. Deux pour les souvenirs, une autre pour d\u00e9placer les fragments, ajuster les anecdotes, en ajouter, une derni\u00e8re pour la m\u00eame chose avec v\u00e9rification du nombre d\u2019occurrences des <em>mains<\/em>, et l\u2019int\u00e9gration de trois fragments concernant des ombres. \u2014 Mais quel rapport entre la main et l\u2019ombre&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-5366a258e7042676fe53d59c076516b0\" style=\"color:#d11919\">28012026<\/h1>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Atelier #construire 3 |<\/h2>\n\n\n\n<p>Dans le texte (en vrac), <em>f<\/em>&nbsp;: <em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; o\u00f9 c\u2019est tout votre livre encore non \u00e9crit qui sera appel\u00e9 et bri\u00e8vement convoqu\u00e9, comme un \u00e9clat de stroboscope, par cet aper\u00e7u ou rien de plus n\u2019interf\u00e8re&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; et que la structure temporelle y soit rep\u00e9rable, aussi pr\u00e9cise qu\u2019un m\u00e9tronome, jusqu\u2019\u00e0 cet instant de \u00ab\u00a0catastrophe\u00a0\u00bb&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; on va d\u00e9velopper une situation et un personnage justement en ce qu\u2019ils n\u2019interf\u00e8rent aucunement \u00e0 notre livre projet\u00e9 ou en cours&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; pousser \u00e0 l\u2019extr\u00eame la construction de ce personnage (ou de cette situation) mais du point de vue de ce personnage, li\u00e9 d\u2019\u00e9vidence au projet en cours, mais de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 d\u2019une fatalit\u00e9 qui se saisit simultan\u00e9ment des deux<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Des deux&nbsp;\u00bb\u2026 Et voil\u00e0 que j\u2019ai bien fait, pour commencer, de ne pas livrer ce d\u00e9but qui n\u2019en finissait pas. Voil\u00e0 que je peux reprendre, remanier, ces trois fragments d\u00e9j\u00e0 \u00e9crits. Ils me semblent aller dans le sens de cette situation, photographique, de ce personnage, qui va photographier. Quoi&nbsp;? La catastrophe de l\u2019image \u00ab\u00a0rat\u00e9e\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0pass\u00e9e\u00a0\u00bb. \u00c7a ne vous est jamais arriv\u00e9 de vous dire que, si une photo est mauvaise, mal cadr\u00e9e dans l\u2019instant, d\u00e9t\u00e9rior\u00e9e avec le temps, c\u2019est parce que le sujet photographi\u00e9 n&rsquo;en veut pas, de sa photo&nbsp;: il ne se laisse pas faire, il \u00e9vite le regard. Ou quelque chose, en plus, n\u2019en veut pas. Quelque chose, dans l\u2019image, s\u2019inscrit en faux, jusqu\u2019au \u00ab\u00a0ratage\u00a0\u00bb, au \u00ab\u00a0passage\u00a0\u00bb. L\u00e0 serait la catastrophe.<\/p>\n\n\n\n<p>Et rien qui risque d\u2019interf\u00e9rer avec le projet de livre, mon vieux Marcel. Il n\u2019y a l\u00e0 rien qui te rejoigne encore. Sauf dans l\u2019esprit, peut-\u00eatre. Avec toi, l\u00e0, esprit des limbes errant entre les vies de ces parents inconnus. Des vies, des parents, une famille par procuration.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">L\u2019holocauste et la honte |<\/h2>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Ce 27&nbsp;janvier le rappelle avec force&nbsp;: la m\u00e9moire de l\u2019Holocauste n\u2019est pas un h\u00e9ritage fig\u00e9, elle est une vigilance de chaque instant face aux dangers o\u00f9 m\u00e8ne la haine de l\u2019Autre.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Je lis ces mots du Directeur g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019UNESCO, Khaled El-Enany, sur le site de l\u2019organisation, avec un \u00e9trange sentiment de honte. Car ce soir, j\u2019\u00e9tais partag\u00e9 entre la n\u00e9cessit\u00e9 de regarder les documentaires sur les rescap\u00e9s des camps de concentration, <em>Les Survivants<\/em>, diffus\u00e9s sur Arte, et le d\u00e9sir de regarder, comme chaque soir, un nouvel \u00e9pisode de la s\u00e9rie <em>Twin Peaks&nbsp;<\/em>: et David Lynch l\u2019a emport\u00e9. Je peux les regarder en <em>replay<\/em>, bien s\u00fbr. Mais quand m\u00eame, quand on y pense&nbsp;: c\u2019est reporter les t\u00e9moignages des d\u00e9port\u00e9s, c\u2019est faire attendre l\u2019histoire qui jamais n\u2019attend.<\/p>\n\n\n\n<p>Et puis il y a ceci&nbsp;: que, durant les premi\u00e8res minutes du film, le r\u00e9cit de cette jeune fille de 17&nbsp;ans nourrie par injection intraveineuse dans la cuisse, tant ses autres veines \u00e9taient introuvables, ma fille du m\u00eame \u00e2ge, dans le canap\u00e9, t\u00e9l\u00e9phone en main, <em>scrollait<\/em> une s\u00e9rie de vid\u00e9os loufoques, absurdes, idiotes, insignifiantes, nulles. Ne supportant pas l\u2019injonctive contradiction, je lui ai demand\u00e9 de changer de cha\u00eene \u2014 alors que j\u2019aurais mieux fait de tuer ce foutu t\u00e9l\u00e9phone.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-7d89fd201a43eec1ebe3c7fd5c91a5b5\" style=\"color:#d11919\">30012026<\/h1>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Lecture |<\/h2>\n\n\n\n<p>Dans <em>Les Yeux de Mona<\/em>, de Thomas Schlesser, \u00e0 partir du tableau <em>Le Concert champ\u00eatre<\/em>, du Titien&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Le concert en pleine campagne agit comme une mise en mouvement de l\u2019imagination qui, elle-m\u00eame, produit des motifs de l\u2019imagination. Parce que l\u2019imagination appelle toujours davantage d\u2019imagination, qu\u2019elle court le long d\u2019une spirale qui se nourrit de son propre mouvement. Ce tableau nous raconte cette excitation merveilleuse qu\u2019il y a \u00e0 s\u2019imaginer les choses toujours plus profond\u00e9ment, et il nous invite \u00e0 faire confiance \u00e0 cette prodigieuse facult\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 laquelle l\u2019invisible devient visible et l\u2019improbable possible.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>D\u2019o\u00f9 cette histoire du grand-p\u00e8re qui emm\u00e8ne sa petite-fille admirer les chefs-d\u2019\u0153uvre des mus\u00e9es parisiens&nbsp;? D\u2019o\u00f9 ce risque de c\u00e9cit\u00e9 qui p\u00e8se sur elle, de la plong\u00e9e dans une nuit \u00e9ternelle, comme le fond noir d\u2019une toile faisant ressortir son sujet, ou faisant glisser la sc\u00e8ne vers l\u2019imaginaire de la peinture&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>(Pourtant, j\u2019avoue, ce \u00ab\u00a0contexte\u00a0\u00bb me semble un peu artificiel. Je d\u00e9pouillerais presque le roman, d\u2019une mani\u00e8re tout aussi artificielle \u2014 et \u00e0 vrai dire injuste \u2014, de sa \u00ab\u00a0romance\u00a0\u00bb, et ne conserverais que les descriptions de tableaux.)<\/p>\n\n\n\n<div id=\"flashes\" class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h2 class=\"wp-block-heading has-medium-gray-background-color has-background\">Atelier #construire 3 | flashes<\/h2>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">C\u2019est peut-\u00eatre jour de Gerbaude. Lulu a pris un appareil photo et rejoint la troupe dans les vignes \u00e0 v\u00e9lo. Elle a fait quelques photos des vendangeurs dans les rangs, sur le tracteur et le tombereau, la hotte sur le dos. \u00c7a devait \u00eatre l\u2019Instamatic de l\u2019oncle Rousseau. Il doit \u00eatre encore l\u00e0, quelque part, dans un vieux tiroir ou un carton. C\u2019\u00e9tait un appareil avec ces dr\u00f4les de <em>flashcubes<\/em> qu\u2019on devait changer. Quand on utilisait le flash, l\u2019ampoule \u00e9mettait un bruit, un petit souffle sec qui faisait plut\u00f4t penser qu\u2019elle venait de griller.<br><br>Les enfants sont l\u00e0. Elle, dans un rang avec sa grand-m\u00e8re. Elle l\u2019aide \u00e0 couper des grappes de raisin, fait avancer son seau. Ses bottes un peu grandes glissent et claquent \u00e0 chaque pas. Le petit joue avec sa cousine et le chien au bout de la parcelle, non loin du tracteur. Ils n\u2019auront pas tenu toute la matin\u00e9e, cette fois, mais les derniers rangs sont trop longs pour eux. Et le grand tient le choc de la hotte, les allers-retours continus, l\u2019\u00e9chelle et le coup de rein pour vider le raisin, sans partir avec.<br><br>La journ\u00e9e est belle. On a quitt\u00e9 depuis longtemps les cir\u00e9s qui prot\u00e9geaient de la ros\u00e9e, et quelques gilets. Ils pendent sur des piquets, en bout de rang, comme des peaux. On termine finalement un peu plus t\u00f4t que pr\u00e9vu. \u00c0 midi, c\u2019est fini. Le tombereau est devant le pressoir. On boit d\u00e9j\u00e0 un coup en regardant le cylindre tourner, grincer, et les lames en bois pisser un jus bien rouge. Lulu prend deux photos. On lui l\u00e8ve son verre en criant.<br><br>Et puis le grand, qui descend vers la maison du p\u00e8re et de la m\u00e8re Fissou, s\u2019assoit sur le rebord d\u2019un vieux timbre gagn\u00e9 par des herbes sauvages, contre le mur, pour se reposer. Il offre son visage au soleil \u00e9clatant. En le voyant, Lulu a l\u2019id\u00e9e d\u2019appeler les deux autres pour une photo de la fratrie. Elle leur fait d\u2019abord de grands signes. Et puis <em>Allez\u2026 <\/em>Le petit fr\u00e8re et la s\u0153ur s\u2019assoient \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du grand. Les grincements du pressoir semblent se faire plus forts, et se couvrent un instant des hu\u00e9es et des \u00e9clats de rire de l\u2019\u00e9quipe de coupes.<br><br>Aujourd\u2019hui, le chai a disparu. Tout le corps de b\u00e2timent a \u00e9t\u00e9 vendu, vid\u00e9. La petite maison des Fissou aussi. Les acc\u00e8s \u00e0 la cour ont \u00e9t\u00e9 ferm\u00e9s. Un mur a \u00e9t\u00e9 construit ici, une cl\u00f4ture install\u00e9e l\u00e0. L\u2019int\u00e9rieur r\u00e9nov\u00e9, refait. L\u2019acc\u00e8s principal \u00e0 ce qui est aujourd\u2019hui une maison se fait par la porte qui donnait, du fond du chai, dans le garage, d\u00e9truit. C\u2019est devenu une r\u00e9sidence secondaire. La propri\u00e9taire vit et travaille ailleurs, \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, je ne sais plus dans quel pays de soleil et de d\u00e9sert. Elle vient l\u00e0 de temps en temps, pour quelques jours de vacances au frais. Mais le plus souvent, la maison reste vide.<br><br>Je ne sais plus quand Lulu m\u2019a donn\u00e9 la photo. Il y a longtemps maintenant. Elle est l\u00e0, \u00e0 port\u00e9e de ma main, dans une enveloppe kraft qui m\u2019est adress\u00e9e, parmi d\u2019autres photos prot\u00e9g\u00e9es dans une sorte de film translucide. C\u2019est une vieille photo. Et toute petite. Je ne sais pas quand elle a \u00e9t\u00e9 prise. Peut-\u00eatre \u00e0 la fin \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1960, ou au d\u00e9but des ann\u00e9es 1970. Cette photo au pied du chai. Le chai du grand-p\u00e8re, Omer. Je ne sais m\u00eame pas si c\u2019est Lulu derri\u00e8re l\u2019appareil. Mais qui d\u2019autre&nbsp;?<br><br>L\u2019\u00e9tonnant, c\u2019est qu\u2019elle a l\u2019air en bon \u00e9tat. Hormis de l\u00e9gers plis, elle est sans asp\u00e9rit\u00e9s, cette photo, lisse, et elle brille. Et en m\u00eame temps, elle respire le pass\u00e9. L\u2019image, je veux dire le pigment ou l\u2019encre, c\u2019est granuleux. Un peu comme si elle venait d\u2019un temps o\u00f9 l\u2019image apparaissait si lentement que, ce qu\u2019on voyait du monde, c\u2019\u00e9tait le monde vid\u00e9 de lui-m\u00eame. Une sorte de monde d\u2019apr\u00e8s sous l\u2019empire de la poussi\u00e8re. Ou de la cendre. La photo s\u2019est-elle d\u00e9t\u00e9rior\u00e9e, avec le temps, ou ce que je vois c\u2019est ce qu\u2019on a aussi vu, \u00e0 l\u2019\u00e9poque&nbsp;? Une photo d\u00e9j\u00e0 ancienne, une image d\u2019antan en soi&nbsp;? Et pour toujours&nbsp;? En tout cas, \u00e0 y regarder de plus pr\u00e8s, les pieds, les jambes, semblent fondus dans un massif herbeux, ou floral, sauvage. Pas vraiment invisible, mais assez illisible. Et ces visages d\u00e9lav\u00e9s, qui n\u2019ont pour tout regard que le sourire aux l\u00e8vres. Pas de doute, derri\u00e8re l\u2019objectif, c\u2019\u00e9tait Lulu. Elle leur aura dit <em>Allez\u2026<\/em><\/pre>\n\n\n\n<p>(On pense \u00e0 Henri Michaux, <em>Agir, je viens<\/em>, le dernier vers&nbsp;:<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;J\u2019ai lav\u00e9 le visage de ton avenir.&nbsp;\u00bb)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-535129fb4c655616046d4334c2644616\" style=\"color:#d11919\">31012026<\/h1>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Capture-decran-2026-01-31-000549-1024x576.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-205937\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Capture-decran-2026-01-31-000549-1024x576.png 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Capture-decran-2026-01-31-000549-420x236.png 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Capture-decran-2026-01-31-000549-768x432.png 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Capture-decran-2026-01-31-000549-1536x864.png 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Capture-decran-2026-01-31-000549.png 1920w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>L\u2019image qui arrive, dans <em>Les Survivants<\/em>, quand d\u00e9bute le r\u00e9cit de Sonia Schreiber.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Atelier #4 |<\/h2>\n\n\n\n<p>Dans un message amical, Laure, lisant le premier texte mis en ligne, se dit marqu\u00e9e par l\u2019image de la \u00ab&nbsp;famille charbon&nbsp;\u00bb. Je ne sais ce qui l\u2019interpelle. Mais l\u2019image me renvoie, soudain, au papier carbone. \u00ab&nbsp;Papier carbone&nbsp;:papier charg\u00e9 de couleur (\u00e0 l&rsquo;origine, de noir animal), et destin\u00e9 \u00e0 obtenir des doubles, en dactylographie, etc. \u2014&nbsp;Absolt. |&nbsp;<em>Taper une lettre en six exemplaires, avec des carbones.<\/em>&nbsp;\u00bb (Le Grand Robert) Et alors&nbsp;: que serait une <em>famille carbone<\/em>, un <em>fr\u00e8re carbone<\/em>&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-9e1a604b09c0346ecfd016e8277ae60a\" style=\"color:#d11919\">01022026<\/h1>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Atelier #4 |<\/h2>\n\n\n\n<p>Ce que dit <em>f<\/em>, avec Georges Perec&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><em>en pla\u00e7ant ce narrateur t\u00e9moin, marcheur, observateur, passif, priv\u00e9 de parole, dans un r\u00f4le \u00e0 nous plus qu\u2019\u00e9go\u00efstement n\u00e9cessaire, celui de nous r\u00e9v\u00e9ler \u00e0 nous-m\u00eames ce que nous ne savons pas encore de notre \u00e9criture \u00e0 venir, ce que dit le texte, l\u2019image l\u2019explicite, le d\u00e9veloppe de fa\u00e7on si synchrone qu\u2019on ne sait jamais si l\u2019image illustre le texte en repr\u00e9sentant ce qu\u2019il signifie, ou si le texte suit au contraire l\u2019image<\/em><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:33.34%\">\n<pre class=\"wp-block-verse\">o\u00f9 es-tu&nbsp;?\n\nl\u00e0\n\nl\u00e0 sur la photo\n\nl\u00e0 sous mes yeux\n\navec eux\n\nentre eux\n\ntu es l\u00e0 dans l\u2019image\n\nquelque part\n\nentre eux comme entre les lignes\n\ndans les motifs, les reliefs, les textures\n\ndans les teintes, les ombres et les lumi\u00e8res, les d\u00e9grad\u00e9s\n\nles vides\n\ntu es l\u00e0 devant eux\n\nl\u00e0 derri\u00e8re l\u2019objectif\n\nsous mes yeux\n\ntu rodes<\/pre>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:33.33%\">\n<pre class=\"wp-block-verse\">o\u00f9 es-tu&nbsp;?<br><br>tu es l\u00e0 sur la photo<br><br>l\u00e0 avec eux<br><br>entre eux<br><br>tu passes<br><br>tu repasses<br><br>tu vas devant l\u2019objectif<br><br>on ne te voit pas<br><br>personne<br><br>personne ne sait que tu es l\u00e0<br><br>personne ne pense que tu es l\u00e0<br><br>peut-on le sentir&nbsp;?<br><br>tu es l\u00e0&nbsp;?<br><br>tu es l\u00e0<br><br>le long du mur<br><br>tu longes le chai<br><br>tu vas et tu viens<br><br>point par point<br><br>tu te disperses, ils te rejoignent<br><br>tu te rassembles, ils sourient<\/pre>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\" style=\"flex-basis:33.33%\">\n<pre class=\"wp-block-verse\">tu es l\u00e0<br>tu arpentes les murs<br>les murs du chai, les murs de la grange, les murs du garage<br>les murs de la maison Fissou<br>les murs de la maison d\u2019en bas<br>tu arpentes les cours<br>tu arpentes le jardin, les pr\u00e9s, les champs<br>les chambres, du sol au plafond<br>de la cave au grenier<\/pre>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p>Voil\u00e0. Et m\u00eame six pieds sous terre jusqu\u2019au septi\u00e8me ciel, c\u2019est moi qui erre pour de la po\u00e9sie de rien. Il y a de \u00e7a, pourtant. Allez, la nuit porte conseil.<\/p>\n\n\n\n<p>(Comme dans certains films, on pourrait encha\u00eener des plans rapidement donnant une impression de mouvement acc\u00e9l\u00e9r\u00e9, alors qu\u2019il ne s\u2019agit que d\u2019images fixes, prises sur le vif.)<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-642f49e071cd3cb295f3e55fd31921cb\" style=\"color:#d11919\">02022026<\/h1>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Cin\u00e9 |<\/h2>\n\n\n\n<p><em>L\u2019Arm\u00e9e des douze singes<\/em>, ce soir. J\u2019ai h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 regarder. Lynch, ou Dale Cooper, ou Laura Palmer, et un faible pour Audrey (Sherilyn Fenn), l\u2019ont encore emport\u00e9. Jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9pisode 7 de la deuxi\u00e8me saison, celui du milieu sur l\u2019ensemble de la s\u00e9rie originale \u2014 quand chaque \u00e9pisode se terminera, d\u00e8s lors, en chanson dans le bar, avec un groupe sur sc\u00e8ne. Sa fin terrible m\u2019a arrach\u00e9 une larme. Apr\u00e8s, j\u2019ai pu voir la fin du film de Terry Gilliam. Elle m\u2019a aussi arrach\u00e9 une larme \u2014 le moment o\u00f9 l\u2019analyste du personnage de Willis, qui vient de mourir, se retourne pour le chercher dans la foule, un enfant qui vient d\u2019assister \u00e0 sa mort.<\/p>\n\n\n\n<p id=\"h\u00e2meau\">Ce que je n\u2019explique pas, c\u2019est Louis Armstrong dans les deux cas, \u00e0 la fin du film comme dans la s\u00e9rie&nbsp;: <em>A Wonderful World<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h2 class=\"wp-block-heading has-medium-gray-background-color has-background\">Atelier #4 | h\u00e2meau<\/h2>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\"><em>me\u2026<\/em> Comme un automatisme. Personne n\u2019a entendu. Tu t\u2019es perdu. Il y a eu un coup mat contre le mur, ou sur le sol. Sit\u00f4t \u00e9mis, perdu dans l\u2019air. Bu par le bois du lit. Pris dans le rideau, la courtine. Effil\u00e9 dans les rinceaux, les fleurons, les vrilles et les volutes. Tu t\u2019es perdu. Tu t\u2019es cogn\u00e9 \u00e0 la trotteuse du r\u00e9veil. Tu as ricoch\u00e9 sur la famille de cinq pots jaunes sur la chemin\u00e9e. Tu as \u00e9t\u00e9 aval\u00e9 par chacun d\u2019eux en m\u00eame temps. Tu es ressorti dans un panache de fum\u00e9e. Tu as \u00e9t\u00e9 plaqu\u00e9 au plafond, dispers\u00e9, disloqu\u00e9. Tu t\u2019es perdu dans l\u2019air. R\u00e9fl\u00e9chi dans la lumi\u00e8re de l\u2019ampoule. Dans son reflet sur la fen\u00eatre. Dans la nuit en toile de fond, ou bien l\u2019orage montait. Travers\u00e9 par l\u2019\u00e9clat du verre transparent et luisant. Une lueur s\u00e8che au loin, r\u00e9sonnait dans chaque goutte. Le couvert \u00e9tait mis sur la table. Le pot de soupe dans la chemin\u00e9e fumait. Une bouteille de vin, des miettes sur la nappe tach\u00e9e. Des morceaux de pain sec dans les assiettes. Des dos. Le col de nerfs d\u2019une carafe d\u2019eau en chant de coq fauve. Les paletots pendus \u00e0 la porte. Le sifflement du vent par-dessous. L\u2019imposte branlante et les branches derri\u00e8re. Le feuillage, dehors. Tu t\u2019es perdu.<br><br>Tu t\u2019es retrouv\u00e9 dehors, dans des couloirs. \u00c0 longer les murs, derri\u00e8re les masses d\u2019ombre. \u00c0 faire le tour de la cour, pibale dans les goutti\u00e8res ruisselantes \u2014 flottant sur les toits, en rappel du diamant du paratonnerre au caniveau. \u00c0 sauter de p\u00e2r en p\u00e2r, \u00e0 coups de pattes de lapin. Surgir du puits, un caillou dans l\u2019eau. \u00c0 te fourrer dans les r\u00e2teliers de la grange, \u00e0 grandes vol\u00e9es de foin \u2014 caress\u00e9 par la vapeur blanche des naseaux des vaches, elles te sentaient. T\u2019enrouler dans la meule \u00e0 eau de dessous le balet, une \u00e9claboussure sur le visage. Sortir de la terre battue du chai, un coup de fl\u00e9au pour rien \u2014 et plonger dans le tas de sable frais, dans l\u2019attente d\u2019un coup de pelle. Te replier dans les cartons, jet\u00e9s en vrac au fond du grenier \u2014 muss\u00e9 dans un tas de vieux linge de famille mit\u00e9, aux initiales brod\u00e9es en rouge, ou dans les mots jamais lus d\u2019un magazine plus ou moins dat\u00e9 et froiss\u00e9, enfoui dans un de ces gros sacs en toile de jute pendu \u00e0 une poutre, qu\u2019un courant d\u2019air fait flotter, r\u00e9fugi\u00e9 dans une vieille TSF, au fond du haut-parleur crev\u00e9. D\u2019un coup de balai sur l\u2019arant\u00e8le, te glisser dans les trous d\u2019a\u00e9ration au pied du mur.<br><br>Et puis, tu as bien essay\u00e9 de les suivre. Aimant\u00e9 par l\u2019\u00e9cho d\u2019un dos, la couleur d\u2019une voix. Tu les suivais sur les chemins, on plantait des piquets au loin dans le coteau. Tu les suivais dans les champs, serpette ou faucille au ceinturon, mouchoir \u00e0 carreaux sous la casquette, le chien aux aguets et des coups de bedoche. Tu les suivais dans les bois, un sac rempli de c\u00e8pes, le grincement des branches, l\u2019oiseau aux ailes lourdes. Une fois dans le marais aux lignes trop droites, la voiture dans une barri\u00e8re au bout. Dans la grotte de la Garde, les jours d\u2019orage et de roulements de tonnerre \u00e0 \u00e9branler la roche de lumi\u00e8re. Les abris de fortune des fontaines, o\u00f9 r\u00e9sonnent les reflets du visage courant dans le ruisseau. Quelques nuits, sans sommeil, \u00e0 jeter sur la port\u00e9e facile de solives les points d\u2019ombre du clair de lune. Les chambres, la masse ourl\u00e9e du couvre-pied rouge qui a roul\u00e9 \u00e0 terre au petit matin. Dans les plis des chemises raccommod\u00e9es, \u00e9pousant ceux de la peau et chaque jour un peu plus profonds. Parfois, un mouvement circulaire de l\u2019\u00e2me, sous l\u2019arc r\u00e9flexe des l\u00e8vres \u00e0 peine entrouvertes.<\/pre>\n\n\n\n<p>Pour le second paragraphe, des phrases doubles&nbsp;: une proposition et une apposition, comme un reste, une chute. Et des infinitifs pour absenter de temps \u2014 on peut toujours r\u00eaver, non&nbsp;? (et puis \u00e7a se dit&nbsp;?). Je suis aussi m\u00e9ticuleux que c\u2019est laborieux. J\u2019ai le sentiment que j\u2019aurais pu \u00e9crire bien d\u2019autres choses, ce serait la m\u00eame chose. Et que ce n\u2019est pas si grave, il suffit que les masses noires se replient sur les trous d\u2019air. Entre les deux, peu importe finalement, et sauve qui peut.<\/p>\n\n\n\n<p>(Je n\u2019ai aucune id\u00e9e pr\u00e9cise de ce que je dois ou ce que je peux \u00e9crire. Ce qui contrarie passablement le d\u00e9sir d\u2019\u00e9crire.)<\/p>\n\n\n\n<p>((Pas facile \u00e0 suivre, un fant\u00f4me. Surtout le sien, qui ne te l\u00e2che pas d\u2019une semelle.))<\/p>\n\n\n\n<p><em>Capsule vid\u00e9o et pastille sonore.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>(((Et alors, envie de r\u00e9p\u00e9ter le coup mat originel, en le donnant \u00e0 voir plus qu\u2019\u00e0 entendre.)))<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-332d1197f5cfaef2f5c2eca08678dedf\" style=\"color:#d11919\">07022026<\/h1>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/20260130_200818-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-205923\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/20260130_200818-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/20260130_200818-420x236.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/20260130_200818-768x432.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/20260130_200818-1536x864.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/01\/20260130_200818-2048x1152.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><em>Ghost invaders<\/em>&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Adresse |<\/h2>\n\n\n\n<p>Aujourd\u2019hui, d\u00e9chetterie. Beaucoup de cartons vides. Et puis, je m\u2019appr\u00eatais \u00e0 jeter un vieux manuel de math\u00e9matiques \u2014 plus pr\u00e9cis\u00e9ment&nbsp;: <em>Arithm\u00e9tique<\/em>, de Royer et Court chez Armand Colin, 1940 \u2014, en tr\u00e8s mauvais \u00e9tat, mais encore lisible, avec d\u2019\u00e9tranges \u00ab&nbsp;exercices d\u2019intelligence&nbsp;\u00bb, quand je suis tomb\u00e9 sur une lettre \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur. Elle devait servir de marque-page et de brouillon pour r\u00e9viser la soixante-seizi\u00e8me le\u00e7on&nbsp;: mesures de capacit\u00e9. C\u2019\u00e9tait une lettre de maman adress\u00e9e \u00e0 mamie Lulu, dat\u00e9e du 14 janvier 1983. J\u2019avais 9 ans, Betty presque 8. On y apprend qu\u2019il a neig\u00e9 fort, que c\u2019est gel\u00e9 \u2014 \u00ab&nbsp;les petits sont contents&nbsp;\u00bb \u2014 que la voiture ne risque de tomber en panne \u2014 \u00ab&nbsp;tous les jours elle p\u00e9tarade un peu plus&nbsp;\u00bb \u2014, qu\u2019il faut payer d\u2019avance \u00e0 hauteur de 10&nbsp;% pour en acheter une neuve, que la facture de t\u00e9l\u00e9phone s\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 1150 francs \u2014 \u00ab&nbsp;\u00e7a m\u2019a coup\u00e9 l\u2019app\u00e9tit&nbsp;\u00bb \u2014, qu\u2019on fait gr\u00e8ve au chantier de la centrale nucl\u00e9aire de Belleville \u2014 \u00ab&nbsp;ce qui n\u2019arrange pas les choses&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne sais pas qui est Sylvie, \u00e0 qui maman esp\u00e8re qu\u2019&nbsp;\u00ab&nbsp;elle ne va pas passer sa vie \u00e0 l\u2019asile&nbsp;\u00bb. Je ne sais pas non plus qui est Virginie. Ou peut-\u00eatre s\u2019agit-il d\u2019une amie de mamie Lulu, en Lorraine \u2014 qu\u2019elle a connue pendant la Seconde Guerre mondiale quand les Lorrains sont venus se r\u00e9fugier. Brigitte, j\u2019imagine que c\u2019est la femme dont je me rappelle une photo, on la voit allong\u00e9e sur un canap\u00e9, elle porte une longue robe blanche \u00e0 fleurs (je crois).<\/p>\n\n\n\n<p>Il y avait aussi un loto \u00e0 l\u2019\u00e9cole. Papa voulait conna\u00eetre le prix du pineau Bossis (rouge et blanc) pour en racheter, parce qu\u2019&nbsp;\u00ab&nbsp;il ne reste plus qu\u2019une caisse&nbsp;\u00bb. C\u2019\u00e9tait ma f\u00eate \u2014 oui, le 10 janvier, la saint Guillaume \u2014 et, n\u2019ayant pas re\u00e7u de carte postale, je n\u2019\u00e9tais apparemment pas content&nbsp;: \u00ab&nbsp;Betty lui a dit Eh bien ils ne vont pas toujours regarder le calendrier et puis c\u2019est rien.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>On habitait le 26 de la rue Baudelaire. Mais pour l\u2019exp\u00e9diteur, maman a inscrit, au 26, chemin des Lacs, cit\u00e9 Berry. L\u2019adresse n\u2019existait pas encore&nbsp;? On n\u2019avait pas distribu\u00e9 les noms des po\u00e8tes et des peintres dans les cit\u00e9s (Aragon, Baudelaire, Degas, Picasso, Renoir, Verlaine)&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Conf\u00e9rence |<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-light-gray-background-color has-background\">|| Une conf\u00e9rence de l\u2019association Solidarit\u00e9 Saintonge-Syrie \u00e0 Jarnac-Champagne, dans la petite biblioth\u00e8que. Il \u00e9tait question du patrimoine architectural de Damas et d\u2019Alep, surtout, \u00e0 travers les travaux de l\u2019orientaliste Jean Sauvaget. Et de sa passion pour la broderie syrienne. Quelques v\u00eatements traditionnels \u00e9taient accroch\u00e9s \u00e0 une grille d\u2019exposition contre le mur, un peu de linge de table. J\u2019ai photographi\u00e9 de pr\u00e8s le motif d\u2019un napperon. Je ne sais ce que repr\u00e9sente pr\u00e9cis\u00e9ment le motif r\u00e9p\u00e9t\u00e9, sym\u00e9trique, aux couleurs changeantes, qui pourrait servir pour une frise murale. Dans un sens il pourrait s\u2019agir d\u2019un animal ou d\u2019un bonhomme. Dans l\u2019autre d\u2019un visage, d\u2019une gueule. Ou une figure mutante sortie de ce vieux jeu vid\u00e9o, <em>Ghost invaders<\/em>&nbsp;?&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; ||<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-9a08aa1bdf556ba0db13884ebc2d1491\" style=\"color:#d11919\">09022026<\/h1>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/10-20260208_185437-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-206053\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/10-20260208_185437-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/10-20260208_185437-420x236.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/10-20260208_185437-768x432.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/10-20260208_185437-1536x864.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/10-20260208_185437-2048x1152.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>(J\u2019ai pris la photo du petit rouge-gorge pendant qu\u2019il avait le dos tourn\u00e9, occup\u00e9 \u00e0 faire signer un retardataire.)<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Correspondances |<\/h2>\n\n\n\n<p>Hier soir, dans la salle des f\u00eates de Saint-Maigrin, avait lieu une r\u00e9union priv\u00e9e, ouverte \u00e0 tous, concernant le nouveau mode de scrutin des \u00e9lections municipales. La r\u00e9union d\u2019information venait d\u2019un simple habitant du village, selon une initiative citoyenne. Une quinzaine de personnes \u00e9taient pr\u00e9sentes pour l\u2019\u00e9couter, au fond de la grande salle vide, devant la sc\u00e8ne. Il a parl\u00e9 pendant une petite heure, sur un ton monocorde et dans une posture raide. Je ne sais pas s\u2019il a boug\u00e9 la t\u00eate, ni m\u00eame s\u2019il a clign\u00e9 des yeux. Personne ne l\u2019a coup\u00e9. \u2014 Personne, sauf le petit oiseau derri\u00e8re lui. Sans bien comprendre pourquoi, il avait en effet install\u00e9 sur la sc\u00e8ne une grande photo, qu\u2019il avait lui-m\u00eame prise, d\u2019un rouge-gorge sur une branche d\u2019\u00e9rable au milieu de feuilles qui prennent ces teintes rouges en automne.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Atelier #5 |<\/h2>\n\n\n\n<p>Vers la consigne de <em>f<\/em>, avec Dani\u00e8le Collobert&nbsp;: <em>variations sur les distorsions et vitesses dans les perceptions optiques<\/em>. \u2014 On dirait le titre d\u2019une th\u00e8se de physiologie tr\u00e8s ancienne, ou celui de l\u2019\u0153uvre d\u2019un pianiste qu\u2019on retrouvera d\u2019ici \u00e0 quelques d\u00e9cennies.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Structure |<\/h2>\n\n\n\n<p>Parfois, les r\u00e8gles les plus simples du verbe (en apparence) ne passent pas. Alors on s\u2019arr\u00eate, on recommence. On forme un cercle, on prend une balle, on la lance, et chaque personne la recevant \u00e9nonce une personne&nbsp;: <em>je \u2013 tu \u2013 il ou elle (on) \u2013 nous \u2013 vous \u2013 ils ou elles<\/em>. Avec du rythme, en cadence, plus vite. La balle tourne, la personne claque. La question du verbe attendra.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-8bedee7e79239ff6879048b497944337\" id=\"corps-flottant\" style=\"color:#d11919\">10022026<\/h1>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h2 class=\"wp-block-heading has-medium-gray-background-color has-background\">Atelier #5 | corps flottant<\/h2>\n\n\n\n<p>J\u2019ai \u00e9crit&nbsp;: <em>Avec cette photo, ces portraits, cette famille de charbon, de suie. Famille coke, famille noir. De ce noir dit animal.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Je lis&nbsp;:\u00ab&nbsp;<em>Noir animal, <\/em>obtenu par calcination en vase clos de diverses mati\u00e8res animales, particuli\u00e8rement des os. [\u2026] <em>De nombreux noirs prennent le nom de la mati\u00e8re calcin\u00e9e dont ils proviennent.&nbsp;\u00bb<\/em> (Le Grand Robert)<\/p>\n\n\n\n<p>De l\u00e0&nbsp;: d\u2019un \u0153il noir, d\u2019un \u0153il animal, d\u2019un \u0153il calcin\u00e9, d\u2019un \u0153il osseux&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>De l\u00e0&nbsp;: il suffit d\u2019observer ouvertement une photo pour voir la disposition, et certainement le dispositif, de l\u2019\u0153il qui a saisi la puissance photographique de ce qu\u2019il voyait peu avant le clich\u00e9&nbsp;; et c\u2019est cet \u0153il m\u00eame, ce dispositif, cette puissance visuelle, sur la photo.<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">\u00c7a t\u2019arrive de voir passer des corps flottants&nbsp;? Tu sais, tu regardes quelque chose, tu observes de fa\u00e7on pr\u00e9cise, tu te concentres m\u00eame pour ajuster ta vision \u2014 surtout dans mon cas, entre un \u0153il myope, l\u2019autre hyperm\u00e9trope, cherchez l\u2019erreur, et les deux corn\u00e9es d\u00e9form\u00e9es par un k\u00e9ratoc\u00f4ne qui brouille la perception de l\u2019espace, surtout \u00e0 l\u2019heure qu\u2019on dit entre chien et loup, et qui d\u00e9multiplie les sources lumineuses \u2014 m\u00eame si, en fait, \u00e7a d\u00e9multiplie rien, mais \u00e0 la place d\u2019un point lumineux, je vois des cercles plus ou moins entrem\u00eal\u00e9s, je peux deviner le paysage de d\u00e9solation des corn\u00e9es, et je suis presque oblig\u00e9 de me foutre le doigt dans l\u2019\u0153il, sur la paupi\u00e8re en tout cas, pour retrouver une vision \u00e0 peu pr\u00e8s normale \u2014 bref&nbsp;! \u00e7a c\u2019est en surface, mais en plus, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, il y a parfois des corps flottants, et \u00e7a me l\u2019a encore fait avec une photo de ta famille.<br><br>Tu sais, la petite photo en noir et blanc. La photo aux trois personnages assis contre un mur. J\u2019\u00e9tais l\u00e0, \u00e0 la regarder de pr\u00e8s sur l\u2019\u00e9cran, parce que j\u2019en ai fait un scan pour pouvoir la grossir et observer en d\u00e9tail son grain, en essayant de comprendre ce que je vois, parce que je t\u2019avoue que je sais pas toujours ce que je vois, je comprends pas tout \u00e0 cette photo \u2014 c\u2019est vrai, j\u2019arrive pas \u00e0 distinguer les jambes, les pieds, les mains, et m\u00eame les visages, en partie, on arrive pas \u00e0 les distinguer clairement, et m\u00eame temps tu les reconnais, tu sais qui c\u2019est, les traits sont l\u00e0, et pourtant le grain est comme fondu, c\u2019est \u00e7a, c\u2019est un peu comme si l\u2019image avait \u00e9t\u00e9 chauff\u00e9e \u2014 et m\u00eame, tiens, imagine \u00e7a, c\u2019est comme si elle avait commenc\u00e9 \u00e0 bouillir dans le bain r\u00e9v\u00e9lateur, ou \u00e7a commen\u00e7ait \u00e0 fr\u00e9mir et c\u2019est \u00e7a qui s\u2019est fix\u00e9 sur l\u2019image, sur les formes et dans les nuances de gris, le fr\u00e9missement \u2014 mais bref&nbsp;! j\u2019ai pas eu besoin d\u2019attendre \u00e7a pour les voir passer, mes corps flottants.<br><br>Je regardais simplement l\u2019image, tu sais, sans m\u00eame avoir encore zoom\u00e9 sur un d\u00e9tail. J\u2019observais les personnages, la fen\u00eatre, l\u2019esp\u00e8ce de niche et le pied de vigne, avec cette dr\u00f4le de z\u00e9brure que \u00e7a fait sur le mur. Et puis les corps flottants sont apparus. Comme des grappes d\u2019ailleurs. Une poign\u00e9e de petits amas ronds, plus ou moins. Des petits amas de cellules, m\u2019avait dit un jour un ophtalmo. Rien de m\u00e9chant. \u00c7a passe. \u00c7a flotte. C\u2019est l\u00e0. \u00c7a bouge \u00e0 peine quand tu clignes des yeux. Et quand tu regardes d\u2019un c\u00f4t\u00e9, de l\u2019autre, \u00e7a suit le mouvement \u00e0 la m\u00eame place p\u00e9riph\u00e9rique. Mais c\u2019est rien, m\u2019avait dit l\u2019ophtalmo. C\u2019est rien, mais \u00e7a chatouille quand m\u00eame la vision. Et \u00e7a fait du bruit sur l\u2019image.<br><br>Surtout sur la photo de famille et son grain d\u2019\u00e9bullition naissante, je me suis demand\u00e9 si \u00e7a partait pas en lambeaux, si \u00e7a se d\u00e9tachait pas de l\u2019image, je sais bien que non, mais c\u2019est comme avec le k\u00e9ratoc\u00f4ne quand la perspective se d\u00e9fait, quand les lignes se mettent \u00e0 bouger, \u00e0 flotter, que tu changes de dimension, ou plut\u00f4t t\u2019en perds une et adieu la profondeur de champ et les volumes, vive la lumi\u00e8re accrue \u2014 accrue, mais c\u2019est pas pour \u00e7a que t\u2019y vois mieux, et d\u2019ailleurs je ferais mieux de me trouver un chauffeur pour conduire, un chauffeur de nuit, parce que la nuit, ce qui me g\u00eane le plus, c\u2019est la lumi\u00e8re, t\u2019imagine pas combien \u00e7a m\u2019aveugle, et du coup je vois presque plus la route, du coup je ralentis et je fixe la ligne du bas-c\u00f4t\u00e9, et je me tra\u00eene, je me tra\u00eene sur la route \u2014 mais bref&nbsp;! ils sont apparus l\u00e0, sur ta photo de famille, en petites grappes. Et c\u2019\u00e9tait dr\u00f4les ces petits ronds, tu sais. Il y en avait deux d\u00e9tach\u00e9s. Deux l\u2019un contre l\u2019autre, et un petit amas juste en dessous, des ronds m\u00eal\u00e9s. Et l\u2019ensemble, tu sais, \u00e7a formait une esp\u00e8ce de visage. Un visage ou une gueule, parce qu\u2019avec ces yeux tout ronds et l\u2019air globulaire d\u2019une bouche en mouvement, on \u00e9tait loin d\u2019un smiley ou d\u2019un autre \u00e9motic\u00f4ne. M\u00eame si sur le c\u00f4t\u00e9 \u00e9motion on y est en plein. Parce que l\u00e0 encore, tu vas croire que j\u2019affabule, mais c\u2019est \u00e7a d\u2019ailleurs, au passage, je me suis dit <em>Tiens, voil\u00e0 que l\u2019image m\u2019observe\u2026<\/em><br><br>Et du coup, j\u2019ai repens\u00e9 \u00e0 Lulu, qui a pris la photo. Je me suis dit que ce que tu peux voir, sur la photo, \u00e0 travers, ou entre les grains, comme on dit <em>entre les lignes<\/em>, je me suis dit que c\u2019\u00e9tait son regard qu\u2019on pouvait voir \u2014 ou plut\u00f4t, son regard dispos\u00e9 \u00e0 prendre la photo, son regard dans le cadre bien pr\u00e9cis de son appareil, et m\u00eame au-del\u00e0, je dirais dans la perspective de la photo en tant qu\u2019elle va traverser le temps, fixer et pr\u00e9senter pour l\u2019avenir un souvenir perdu, et qui en est pas un du coup, si tu vois ce que je veux dire \u2014 et puis je me suis aussi demand\u00e9 si le regard pouvait influer sur la photo, s\u2019il pouvait l\u2019orienter, disons, dans sa texture au moment du clich\u00e9, du clic, mais aussi dans tenue dans le temps, dans sa fa\u00e7on de vieillir \u2014 et de t\u2019en parler, l\u00e0, je me demande aussi, tant qu\u2019\u00e0 affabuler allons-y gaiement, je me dis, avec ce grain si particulier de la photo, effervescent ou \u00e9ruptif, je sais pas trop comment dire, qui voile en tout cas l\u2019image et lui donne cet air fantomatique la renvoyant \u00e0 une autre \u00e9poque, et donc \u00e0 un autre regard, une autre fa\u00e7on de voir, \u00e0 un \u0153il du pass\u00e9, disons, je me suis dit justement, <em>Et si c\u2019\u00e9tait l\u2019\u0153il d\u2019un autre, inconnu mais pas si \u00e9tranger\u2026<\/em> et peut-\u00eatre familier, pourquoi pas.<br><br>\u2014 Pourquoi pas. Et pendant qu\u2019il parlait, me revenait la photo en m\u00e9moire. Vaguement. Elle apparaissait par zones plus ou moins \u00e9clair\u00e9es. Comme si un faisceau lumineux la balayait en s\u2019arr\u00eatant ici, puis l\u00e0. Et chaque zone plus claire devenait plus pr\u00e9cise, plus pr\u00e8s. Comme vue \u00e0 travers une loupe. Les contours plus ou moins courbes. Et puis le faisceau de lumi\u00e8re s\u2019est \u00e9largi. L\u2019image, qui a sembl\u00e9 trembl\u00e9, s\u2019est flout\u00e9e avant de prendre tout l\u2019espace de la vision. Une vision courbe, incurv\u00e9e, convexe. Comme si elle tapissait le fond de l\u2019\u0153il. Et elle avait l\u2019air plus claire. Ou plut\u00f4t, de la lumi\u00e8re, de plus en plus intense, venue de derri\u00e8re, semblait la traverser. Le mur brillait. Et les motifs, la fen\u00eatre, la v\u00e9g\u00e9tation, les personnages, le pied de vigne, la niche, les esp\u00e8ces d\u2019\u0153il-de-b\u0153uf tout en haut du mur et la croix, tout cela d\u2019ombre port\u00e9e, plus ou moins sombre, scintillait d\u2019une dr\u00f4le de lumi\u00e8re noire. Ils cr\u00e9pitaient ou gr\u00e9sillaient. Jusqu\u2019\u00e0 ce que ce pied de vigne, passant au-dessus des t\u00eates, z\u00e9brant le mur comme un \u00e9clair, mais plus intens\u00e9ment noir, d\u00e9chire la photo. Elle s\u2019est ouverte comme une peau diaphane, se d\u00e9couvrant au n\u00e9gatif. Noir et blanc invers\u00e9. Et cette photo si claire, avec ce grain si particulier, c\u2019\u00e9tait maintenant comme une constellation. Comme une galaxie, avec sa voie lact\u00e9e et ses nuages sid\u00e9raux formant, comme ceux qu\u2019on voit parfois par la fen\u00eatre, d\u2019\u00e9tranges figures. Un ciel \u00e9toil\u00e9, aussi mutant que familier. Qui peu \u00e0 peu s\u2019est contract\u00e9, dilat\u00e9. Peu \u00e0 peu a recul\u00e9, s\u2019est \u00e9loign\u00e9 et disloqu\u00e9, noy\u00e9 de nouvelles \u00e9toiles. Peu \u00e0 peu s\u2019est fondu en elles, avec un bruit l\u00e9ger et continu, une sorte d\u2019acouph\u00e8ne ou de bourdonnement de cloche. Et qui s\u2019est \u00e9teint dans l\u2019immensit\u00e9 noire d\u2019une pupille. Ce n\u2019\u00e9tait plus qu\u2019un point scintillant. Un vague reflet de miroir.<\/pre>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-f25c5766d743fe2014bce2eb80f5ce87\" style=\"color:#d11919\">13022026<\/h1>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/11-20260213_162220-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-206055\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/11-20260213_162220-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/11-20260213_162220-420x236.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/11-20260213_162220-768x432.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/11-20260213_162220-1536x864.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/11-20260213_162220-2048x1152.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>(La prochaine fois, je prends mes bottes.)<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Correspondances |<\/h2>\n\n\n\n<p>Parfois, j\u2019ai le sentiment d\u2019\u00e9crire comme un publiciste plut\u00f4t qu\u2019un journaliste.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Crue |<\/h2>\n\n\n\n<p>Des jours de pluie. Profitant d\u2019une accalmie pour aller marcher et faire quelques photos. Des plans larges, trop spectaculaires \u2014 Regardez, la rivi\u00e8re transform\u00e9e en lac&nbsp;! \u2014, mais tout est si petit. Finalement, un plan rapproch\u00e9 (zoom x3). L\u2019eau sur le chemin.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Lecture |<\/h2>\n\n\n\n<p>J\u2019ai re\u00e7u une jolie s\u00e9rie de livres de Fran\u00e7oise Morvan et Andr\u00e9 Markowicz. Apr\u00e8s en avoir fait le tour, comme je l\u2019aurais fait pour admirer l\u2019architecture d\u2019ensemble d\u2019un beau ch\u00e2teau \u2014 n\u2019y connaissant pas grand-chose, mais rep\u00e9rant ses petites portes d\u00e9rob\u00e9es par o\u00f9 entrer (imaginairement) \u2014, je me suis jet\u00e9 sur ce qui est cens\u00e9, pour les auteurs-\u00e9diteurs, \u00eatre le dernier livre&nbsp;: une s\u00e9rie de lavis de Fran\u00e7oise Morvan, chacune sign\u00e9e de la note br\u00e8ve d\u2019un ami, Guennali A\u00efgui&nbsp;: <em>Le Monde de Silvia<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Ma page pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e, c\u2019est peut-\u00eatre avec \u00ab&nbsp;le sommeil marguerite du grillon&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-5cf37eecc28d2e768450d484c05c1816\" style=\"color:#d11919\">15022026<\/h1>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Marcel |<\/h2>\n\n\n\n<p><em>\u2026 on se fait les films qu\u2019on veut, quand on n\u2019a rien \u00e0 \u00eatre\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Quelque chose que je viens de lire dans un blog de musique (rock, entre autres genres). J\u2019ai tout de suite pens\u00e9 \u00e0 toi.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Chanson |&nbsp;? |<\/h2>\n\n\n\n<p>Allez savoir pourquoi, je ne sais plus ce que j\u2019\u00e9tais en train de lire, sur le net, quand m\u2019est revenu l\u2019air de cette chanson enfantine&nbsp;: <em>Napol\u00e9on Premier \/ descend les escaliers\u2026<\/em> mais seulement l\u2019air d\u2019abord. Les paroles ont commenc\u00e9 \u00e0 me revenir peu apr\u00e8s, quand je me suis couch\u00e9 pour une petite sieste. J\u2019ai d\u00fb m\u2019endormir avec. Mais, les escaliers descendus, ce ne sont pas <em>le guichet<\/em> ou <em>le boucher<\/em>, comme je peux le lire sur le net o\u00f9 les versions diff\u00e8rent, mais le cheval que j\u2019ai trouv\u00e9&nbsp;: et Napol\u00e9on <em>demande \u00e0 son cheval \/ o\u00f9 se trouve l\u2019h\u00f4pital \/ le cheval lui r\u00e9pond \/ esp\u00e8ce de pauvre con\u2026<\/em> et apr\u00e8s je ne sais plus. Mais pas de trace de cheval injurieux sur le net. C\u2019est comme si j\u2019avais invent\u00e9 une autre version, avec ce cheval qui parle, et mal en plus. C\u2019est grave docteur&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-a0f32af7cc192a3b6fc5736b008b2f10\" style=\"color:#d11919\">17022026<\/h1>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">M\u00e9thode |<\/h2>\n\n\n\n<p>(Ou technique&nbsp;?)<\/p>\n\n\n\n<p>Ce matin, \u00e0 la structure, comme d\u2019habitude, <em>Vous avez fait quoi ce week-end&nbsp;? Vous retenez quoi de votre semaine&nbsp;? \u2026 Allez une phrase ou deux<\/em>, et puis on discute, on \u00e9change, on rebondit, de la couture de l\u2019une on se retrouve \u00e0 parler de ce qu\u2019on a appris \u00e0 faire avec sa grand-m\u00e8re, qui confectionnait des v\u00eatements de poup\u00e9e, <em>Et si vous me parliez de \u00e7a, de ce que vous avez appris, un jour, avec un proche, m\u00eame si vous vous souvenez pas bien\u2026 Juste une ou deux phrases<\/em>, on fait feu de tout bois.<\/p>\n\n\n\n<p>(Et puis, on passe au tableau, on inscrit les phrases qu\u2019un autre dicte. On rep\u00e8re les erreurs \u00e9ventuelles, on corrige au mieux, on d\u00e9bat sur ce qu\u2019il faut \u00e9crire. Et puis, on rep\u00e8re les verbes et les sujets, on retrouve l\u2019infinitif. Et attention, on classe les verbes, on les distingue, on s\u00e9pare, les <em>-er<\/em> d\u2019un c\u00f4t\u00e9, les autres de l\u2019autre. <em>Et pourquoi c\u2019est diff\u00e9rent les \u00ab\u00a0airs\u00a0\u00bb&nbsp;? <\/em>demanda l\u2019un.<em> \u2014 Pardi, c\u2019est pas la m\u00eame chanson&nbsp;!<\/em> r\u00e9torqua l\u2019autre.)<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Atelier(s) 6 | entre deux chaises |<\/h2>\n\n\n\n<p>Se sont-ils donn\u00e9 le mot&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019un c\u00f4t\u00e9, <em>f<\/em>, en mode nettoyage&nbsp;: <em>D\u00e9crire, oui \u00e7\u2019aurait \u00e9t\u00e9 possible : mais si le texte s\u2019en va y faire le m\u00e9nage, litt\u00e9ralement enlever la poussi\u00e8re, objet par objet, meuble apr\u00e8s meuble, alors quelque chose va exister plus fort, et la fiction plus tard sera possible.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>De l\u2019autre, Laura, entre <em>un mouvement de rangement, d&rsquo;organisation<\/em>, et un autre mouvement, <em>celui du constat, celui du savoir, de la connaissance, de l&rsquo;exp\u00e9rience personnelle<\/em>.<em>&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-eae25b05b5b40c9ca36d8ef1d9e77f4d\" style=\"color:#d11919\">19022026<\/h1>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Atelier(s) 6 | entre deux chaises |<\/h2>\n\n\n\n<p>Partir de la photo en noir et blanc, rejoindre l\u2019\u0153il de la photographe. Par cercles concentriques, mouvements en spirale.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Film |<\/h2>\n\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;Alerte&nbsp;\u00bb \u00e0 Jonzac<\/em>. Derri\u00e8re la reconstitution du d\u00e9p\u00f4t de munition de l\u2019arm\u00e9e allemande, durant la Seconde guerre mondiale, dans les carri\u00e8res d\u2019Heurtebise, je d\u00e9couvre surtout l\u2019int\u00e9rieur de ces carri\u00e8res qui n\u2019a pas d\u00fb beaucoup changer, 20&nbsp;ans apr\u00e8s la fin de la guerre.<\/p>\n\n\n\n<p>(Et les crayons d\u00e9tonateurs.)<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-e777df6848f240dce62e6c739779f908\" style=\"color:#d11919\">20022026<\/h1>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/20260221_180306-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-206340\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/20260221_180306-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/20260221_180306-420x236.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/20260221_180306-768x432.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/20260221_180306-1536x864.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/20260221_180306-2048x1152.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Et voil\u00e0&nbsp;: apr\u00e8s des jours de pluie, de vent, dans la course du temps, \u00e7a ne passe plus.<\/p>\n\n\n\n<p>(Fallait-il attendre que le nuit tombe pour essayer de se mettre \u00e0 \u00e9crire \u2014 et seulement ces lignes&nbsp;? Aujourd\u2019hui, \u00e7a ne voulait pas. Et pourtant, la fa\u00e7on dont le texte tournait dans mon esprit, m\u2019y invitait. Mais un petit tour et puis s\u2019en va. Et puis revient. Et puis s\u2019en va. Et puis revient. Et puis\u2026 voil\u00e0. En allant faire un tour dehors, vite fait car les nuages mena\u00e7ants montaient. En regardant les patineuses de vitesse, aux JO, tourner sur la piste. En en tournant les pages de mon livre, un chapitre et puis se l\u00e8ve pour aller, un autre chapitre et se rel\u00e8ve pour soulager la douleur \u00e0 la jambe. Un autre chapitre, on sonne \u00e0 la porte.)<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Lecture |<\/h2>\n\n\n\n<p>Une piq\u00fbre de rappel, dans <em>Les Yeux de Mona<\/em>, sous les mains de Monet et de Manet&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Monet montre que tout change et fluctue sans cesse. L\u2019illusion, c\u2019est la fixit\u00e9&nbsp;; la v\u00e9rit\u00e9, c\u2019est que tout n\u2019est que succession d\u2019impressions qui s\u2019alt\u00e8rent et qui alternent perp\u00e9tuellement. Le simple petit mouvement de nos yeux, le dodelinement de notre t\u00eate, les flux de l\u2019air, les incessantes modulations de la lumi\u00e8re modifient les couleurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais ce que nous dit ce tableau, c\u2019est que le <em>presque-rien<\/em> fait tout le charme de la vie&nbsp;; il suffit qu\u2019il y ait ce <em>presque-rien<\/em> pour que l\u2019existence s\u2019illumine. Sans ces <em>presque-rien<\/em> qui nous \u00e9chappent, les choses ne seraient que ce qu\u2019elles sont. Il a suffi d\u2019un je-ne-sais-quoi, et elles deviennent soudain d\u00e9licieuses.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p id=\"retouches\">J\u2019ai d\u2019ailleurs fini par m\u2019int\u00e9resser \u00e0 la petite Mona. D\u2019accord, Thomas Schlesser id\u00e9alise un peu trop, \u00e0 mon go\u00fbt, cette enfant \u2014 et pourquoi ne l\u2019id\u00e9aliserait-il pas&nbsp;?&nbsp;; mais je ne comprends pas comment il a pu lui faire dire <em>copieusement<\/em> \u2014, mais ces tranches de vie fines qui vont et viennent, entre chaque s\u00e9ance de peinture, une seule chaque fois, \u00e0 l\u2019\u00e9cole, dans la boutique, \u00e0 la maison, chez le docteur&nbsp;: j\u2019ai envie d\u2019en savoir plus.<\/p>\n\n\n\n<div id=\"retouches\" class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h2 class=\"wp-block-heading has-medium-gray-background-color has-background\">Atelier(s) 6 | entre deux chaises | retouches<\/h2>\n\n\n\n<p>Tout comme mon texte. Je dois le reprendre depuis le d\u00e9but. Alors, tant pis pour le 17 f\u00e9vrier&nbsp;: Ctrl-X \/ Ctrl-V.<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">Aujourd\u2019hui, on range la photo de Lulu : on la sort de la vieille enveloppe, de papier kraft froiss\u00e9, on d\u00e9plie le film translucide, on la retire des autres photos, elle est toujours bizarrement petite, on souffle dessus pour faire voler quelques brins de poussi\u00e8re, et puis le chiffon pour essuyer les lunettes, le chiffon blanc et son inscription en bleu, on passe deux ou trois coups l\u00e9gers ici, mais les taches sont toujours l\u00e0, en fait, c\u2019est dans la photo, on savait d\u2019ailleurs qu\u2019elle n\u2019\u00e9tait m\u00eame pas poussi\u00e9reuse, on sait que ce qu\u2019on veut nettoyer c\u2019est l\u2019attention qu\u2019on lui pr\u00eate, ce qu\u2019on veut nettoyer ou faire briller c\u2019est les souvenirs de ce qu\u2019on n\u2019a pas v\u00e9cu, alors voil\u00e0 on range la photo, il n\u2019y a plus qu\u2019\u00e0 ranger et on rangera tout, et on nettoiera tout en m\u00eame temps<br><br>on range le noir, on range le blanc,<br>on range les gammes de gris, on range les ombres,<br>on range les nuances de la lumi\u00e8re, le blanc cass\u00e9<br><br>en sachant que le temps a d\u00fb jouer, combien on ne sait pas trop, mais il a n\u00e9cessairement jou\u00e9, alors on redonne un autre coup de chiffon \u00e0 lunettes, peut-\u00eatre d\u00e9couvrira-t-on combien le temps a pass\u00e9<br><br>et on range ce blanc cass\u00e9, la pellicule d\u2019ivoire,<br>on range le vernis brillant, on range les petites fissures,<br>et on range le grain de la photo, le gros grain et le grain fin,<br>et les esp\u00e8ces de particules de charbon,<br>de suie grumeleuse et un peu grasse,<br>de cendre,<br>on range le verso, on passe un coup de chiffon,<br><em>non, le revers de l\u2019ongle sur cette tache brune<\/em>,<br>on gratte, mais pas trop fort, l\u2019ongle l\u00e9ger<br>on passe le revers de la main, la manche,<br>et puis on range les trois pr\u00e9noms,<br>les lettres manuscrites,<br>l\u2019encre bleue,<br>on ressort le recto de la photo,<br>on range ce blanc cass\u00e9, ce voile de fum\u00e9e<br><br>on d\u00e9couvre un pli dans le coin droit, en haut, et on devine comment on n\u2019a pu la saisir que par ce coin tant elle \u00e9tait chaude, br\u00fblante, on sent comme l\u2019image, ces deux fr\u00e8res et leur s\u0153ur au pied du mur, provient du feu, on imagine comme l\u2019\u0153il, derri\u00e8re l\u2019appareil, \u00e9tait enflamm\u00e9, comme il a fallu le nettoyer en essuyant quelques larmes, et comme alors \u00e7a bouillonnait, le regard, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur<br><br>alors on range \u00e7a aussi, sur la photo, sous la cendre,<br>le bouillonnement de v\u00e9g\u00e9tation noire, au pied du mur,<br>la masse \u00e9cumeuse, les pieds et les jambes qui s\u2019y noient,<br>un grouillement<br><br>parce que \u00e7a grouille dans ces feuilles, on sait, on sent comme \u00e7a fourmille et pullule dans ces feuilles, ce jour-l\u00e0, sur la photo, on voit comme \u00e7a gr\u00e9sillait, et pas seulement sur le mur, ce d\u00e9grad\u00e9 de gris, ce grain d\u2019ombres, comme si on avait pass\u00e9 un chiffon humide en mouvements circulaires, l\u00e9gers, pour retirer une couche de peinture encore fra\u00eeche, on le voit \u00e0 cette d\u00e9chirure en forme de pied de vigne, coup de foudre d\u2019hiver, on le voit \u00e0 ses rameaux nus, \u00e0 ses feuilles tomb\u00e9es<br><br>alors on range \u00e7a aussi, la saison,<br>on range l\u2019hiver, on range la taille,<br>on range le soleil, le bain de soleil sur le mur,<br>le bain de soleil sur les visages,<br>on range l\u2019hiver qui se terminait, peut-\u00eatre,<br>on range la saison pass\u00e9e, on range la saison perdue<br><br>on ressort le soleil, le soleil qui passait l\u00e0, ce jour-l\u00e0, et peut-\u00eatre depuis quelque temps, d\u00e9j\u00e0, le soleil qui lavait les visages et s\u00fbrement les corps, le soleil que le mur absorbait, que le mur buvait, on ressort la chaleur, un peu, pour d\u00e9tendre les corps, les os, la chair, pour d\u00e9tendre l\u2019expression, d\u00e9tendre le bonheur, la pointe de tristesse, parce que c\u2019est \u00e7a aussi qu\u2019on voit, qu\u2019on lit sur les visages, les plis du sourire dans les commissures des l\u00e8vres, jusque dans les yeux pourtant si vides, le coin des regards brid\u00e9s \u00e0 l\u2019invisible, le chiffon d\u2019un sourire imbib\u00e9 de soleil, d\u2019un baume de lumi\u00e8re, le parfum d\u2019un peu de chaleur pour nettoyer l\u2019expression, d\u00e9tendre et blanchir le bon heur, le moment, le mouvement et l\u2019immobile, la suspension, l\u2019espace d\u2019un instant, le temps \u00e0 l\u2019arr\u00eat, le temps pass\u00e9, le temps perdu, et alors une photo pour nettoyer \u00e7a aussi, un peu, ces pointes d\u2019ombres nich\u00e9es dans les plis de ce chiffon, un clich\u00e9 impr\u00e9gn\u00e9 de sourire pour laver le souvenir, des taches ou une aur\u00e9ole du feu nostalgique, m\u00e9lancolique peut-\u00eatre, juste un voile diaphane sur l\u2019\u0153il, ou juste quelques corps flottants, dedans<br><br>on range aussi la niche dans le mur, \u00e0 droite,<br>une assiette ou une \u00e9cuelle dedans,<br>on range la fen\u00eatre, \u00e0 gauche, les volets effac\u00e9s,<br>on range la gauche et la droite, bien s\u00e9par\u00e9s,<br>on range la croix de saint Andr\u00e9 d\u2019un tirant int\u00e9rieur,<br>et les deux bouches \u00e0 vent en haut du mur,<br>ses petits yeux noirs<br><br>et c\u2019est vrai qu\u2019elle nous observe cette photo, pas par les personnages, leurs yeux sont vides, mais par-l\u00e0, avec ces bouches \u00e0 vent, ces deux trous noirs dans lesquels le regard est attir\u00e9, absorb\u00e9, lav\u00e9, s\u00e9ch\u00e9 et peut-\u00eatre purifi\u00e9, se d\u00e9couvrant lui-m\u00eame vu, image de sa propre vision, n\u00e9gatif de son air, face \u00e0 son reflet<br><br>on range aussi la pose, les trois personnages c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te,<br>qu\u2019on fait asseoir, qui sourient, on range<br>le grand fr\u00e8re, le petit fr\u00e8re et la s\u0153ur,<br>on range les mains dans les mains, sur les genoux,<br>on range les jambes tendues,<br>on range les chaussures et les bottes fondues,<br>on range la salopette, la chemise, la jupe,<br>on range le pantalon, les pulls, le motif \u00e0 carreaux,<br>on range les sourires qu\u2019on devine,<br>on range leurs regards qu\u2019on ne voit pas,<br>on range les deux oncles, on n\u2019oublie pas<br>maman<br><br>et comment on nettoie, oui, comment \u00e7a se nettoie cette histoire, comment on enl\u00e8ve la poussi\u00e8re et la crasse de cette vieille histoire quand on imagine qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9poque \u00e7a ne faisait que commencer, cette sombre histoire, quand on n\u2019est encore ado, enfant, sombre et si commune en m\u00eame temps, qui n\u2019a pas son sale petit secret, mais quels mots on passe dessus, avec quel regard, quel \u0153il frais, quelles larmes<br><br>et puis on range les bruits, on range les voix,<br>\u00e0 c\u00f4t\u00e9, on range le bruit des pas,<br>on range une machine, le bruit dans le chai,<br>et un bruit de moteur, de tracteur,<br>le bruit des pas et d\u2019autres voix,<br>et on range les ombres port\u00e9es sur le mur,<br>comme les traces fant\u00f4mes d\u2019un flash atomique,<br>et puis le vent dans les feuilles, sa soif imp\u00e9rieuse de nuage,<br>de poussi\u00e8re<\/pre>\n\n\n\n<p>Restons-en l\u00e0. J\u2019ai seulement fait un pas, et je suis d\u00e9j\u00e0 perdu, avec l\u2019impression que le texte peut se poursuivre ind\u00e9finiment. Et pourtant, il y a bien des endroits o\u00f9 il m\u2019a fallu du temps pour continuer. C\u2019est que je cherchais une issue par trop logique, s\u00fbrement. Peut-\u00eatre faudrait-il donc, encore, d\u00e9placer, permuter, combiner les blocs&nbsp;? Mais allez savoir quelle logique mutante le hasard, dans l\u2019histoire, serait capable de cr\u00e9er.<\/p>\n\n\n\n<p>(\u00c7a m\u2019apprendra \u00e0 croiser les ateliers. Mais je peux aussi relire mon chiffon \u00e0 lunettes, la phrase en bleu,<em> la confiance vous va si bien<\/em>.)<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-bcce44e0244018c4fb40eea05bb79705\" style=\"color:#d11919\">24022026<\/h1>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Lectures | sur les Murs |<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-light-gray-background-color has-background\">|| \u00ab&nbsp;On est toujours seul quand on \u00e9crit, sauf qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit pas \u00e0 proprement parler de solitude, du moins pas de celle qu\u2019on \u00e9prouve quand l\u2019autre vous a quitt\u00e9 ou qui vous d\u00e9truit quand on a fait sans le vouloir le vide autour de soi, non, c\u2019est une solitude pleine, gravide, ivre \u00e0 craquer, un espace \u00e0 la fois fini et ouvert dans lequel on se d\u00e9place aussi vite qu\u2019un \u00e9lectron dans un atome, si bien qu\u2019on n\u2019a pas le temps de se rendre compte que cet atome solitaire n\u2019est compos\u00e9 que d\u2019un seul \u00e9lectron, soi&nbsp;; mais comme tout en ce lieu vibratile n\u2019est qu\u2019affolement et tourbillon, que rien n\u2019y est stable et que tout cherche \u00e0 faire sens, et que seule compte l\u2019\u00e9nergie qu\u2019on s\u2019efforce d\u2019arracher \u00e0 l&rsquo;\u00e9prouvante java des mots, on \u00e9vitera de se la jouer proph\u00e8te dans le d\u00e9sert, on pr\u00e9f\u00e9rera grouiller de l\u2019int\u00e9rieur, se laisser envahir par tout ce qui n\u2019est pas soi, on s&rsquo;exerce \u00e0 se dissoudre, et si la machine s&#8217;emballe, alors on peut jouir dans les fissures et engendrer autre chose que de l&rsquo;\u00e9ph\u00e9m\u00e8re.&nbsp;\u00bb<br><br>(Claro, pas si seul sur le mur des \u00c9ditions Inculte&nbsp;: <a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/permalink.php?story_fbid=pfbid02AYsX4obCCoHuqZLFaZ1Vh4AaWMnpKTKtqcdDpybCLJoSveFpgnDwHbeQhmwu9hJTl&amp;id=61553043875809\">https:\/\/www.facebook.com\/permalink.php?story_fbid=pfbid02AYsX4obCCoHuqZLFaZ1Vh4AaWMnpKTKtqcdDpybCLJoSveFpgnDwHbeQhmwu9hJTl&amp;id=61553043875809<\/a>)<br><br>Pour rappel, de la plateforme d\u2019Alexe\u00ef Navalny via le mur d\u2019Andr\u00e9 Markowicz&nbsp;:<br><br>\u00ab&nbsp;I) La Russie m\u00e8ne une guerre injuste, et injustifiable, contre l\u2019Ukraine. C\u2019est une guerre men\u00e9e par le r\u00e9gime d\u2019un dictateur. Cette guerre, ce dictateur est en train de la perdre. Il doit la perdre parce qu\u00a0\u00bbelle remet en cause l\u2019ensemble des trait\u00e9s internationaux, et la victoire de Poutine serait le signe du triomphe du chaos.<br>II) La Russie est en train de commettre en Ukraine des dizaines de milliers de crimes de guerre. Elle d\u00e9truit les villes et les infrastructures civiles.<br>III) La Russie qui pourrait na\u00eetre de la d\u00e9faite de Poutine, c\u2019est-\u00e0-dire de la chute du dictateur devra coop\u00e9rer avec la justice internationale sur ces enqu\u00eates et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, livrer les coupables.<br>IV) Cette Russie, pour son propre avenir, doit reconna\u00eetre d\u00e9finitivement l\u2019existence de l\u2019Ukraine dans ses fronti\u00e8res de 1991, c\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019elle doit reconna\u00eetre comme faisant partie int\u00e9grante de l\u2019Ukraine non seulement les r\u00e9gions occup\u00e9es de Lougansk et du Donbass, mais aussi la Crim\u00e9e.<br>V) La nouvelle Russie devra payer des dommages de guerre. Navalny, \u00e0 cette fin, propose de r\u00e9orienter une partie de l\u2019argent que donneraient les exportations de gaz et de p\u00e9trole, une fois les sanctions lev\u00e9es. Ces exportations, une fois lav\u00e9es de la corruption, doivent suffire \u00e0 indemniser l\u2019Ukraine et \u00e0 assurer le d\u00e9veloppement civil de la Russie.<br>VI) Les Russes ne sont pas imp\u00e9rialistes par l\u2019ADN. Mais l\u2019imp\u00e9rialisme russe doit cesser en tant que doctrine politique : la Russie est d\u00e9j\u00e0 un pays immense dont la population d\u00e9cline. Elle n\u2019a besoin d\u2019aucun nouveau territoire.<br>VII) les imp\u00e9rialistes doivent \u00eatre vaincus \u2014 comme ailleurs dans le monde, par le jeu naturel des \u00e9lections.<br>VIII) Les \u00e9lections doivent \u00eatre libres et \u00e9tablir un r\u00e9gime parlementaire construit sur l\u2019alternance, la s\u00e9paration de la justice et du pouvoir ex\u00e9cutif, le f\u00e9d\u00e9ralisme, la libert\u00e9 \u00e9conomique et la justice sociale.<br>IX) L\u2019avenir de la Russie est en Europe, et uniquement en Europe. Pas seulement sur le continent, mais par le jeu de la d\u00e9mocratie.&nbsp;\u00bb<br>(<a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/andre.markowicz\/posts\/pfbid0i9RCZZJVqfEc9vd9V2vnPh3NXvpEL2y2nhsrxXaUtNi4eY3Q5wPDSiVxi3Gg8oXHl\">https:\/\/www.facebook.com\/andre.markowicz\/posts\/pfbid0i9RCZZJVqfEc9vd9V2vnPh3NXvpEL2y2nhsrxXaUtNi4eY3Q5wPDSiVxi3Gg8oXHl<\/a>)<br><br>La n\u00e9cessit\u00e9 de l\u2019un, dans son rapport au d\u00e9sir de l\u2019\u00e9criture. La n\u00e9cessit\u00e9 de l\u2019autre, dans son rapport \u00e0 la br\u00fblure du monde. (Et l\u2019un dans l\u2019autre&nbsp;?) &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; ||<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-2095447027476311dc010ec785093810\" style=\"color:#d11919\">25022026<\/h1>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Capture-decran-2026-02-23-224256-1024x576.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-207159\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Capture-decran-2026-02-23-224256-1024x576.png 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Capture-decran-2026-02-23-224256-420x236.png 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Capture-decran-2026-02-23-224256-768x432.png 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Capture-decran-2026-02-23-224256-1536x864.png 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Capture-decran-2026-02-23-224256.png 1920w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Le chien noir du film <em>Black Dog<\/em>, de Guan Hu. C\u2019est un l\u00e9vrier, assis sur une chaise. On n\u2019a jamais eu de l\u00e9vrier, mais des chiens noirs, oui. Et avec cet air bonhomme. Je revois la Miss, avec ces oreilles droites qu\u2019elle rabattait de la m\u00eame fa\u00e7on vers l\u2019arri\u00e8re. Je la revois assise sur une chaise, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du grand-p\u00e8re Omer. C\u2019est sur une photo, quelque part chez Lulu. Je revois ce visage noir et ses deux points fauves au-dessus des yeux. Ses oreilles pas tout \u00e0 fait droites, en fait&nbsp;: dress\u00e9es, leurs pointes, cass\u00e9es, retombaient.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h2 class=\"wp-block-heading has-medium-gray-background-color has-background\">Atelier 7 |<\/h2>\n\n\n\n<p>En vid\u00e9o, <em>f<\/em>&nbsp;: &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <em>fraction de lieu&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; s\u2019il y a rien, pause&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; mais si on touche \u00e0 des symboliques pr\u00e9cises&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; on ouvre le temps&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; de d\u00e9pouiller jusqu\u2019\u00e0 l\u2019os le monde&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; tous les \u00e9l\u00e9ments de la vie&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; le petits plaisirs qu\u2019on s\u2019offre en mangeant clandestinement une pomme&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; on installe un stroboscope qui va vous figurer un point pr\u00e9cis du quotidien&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; faire entrer le r\u00e9el avec l&rsquo;\u00e9criture, le tenir dans son surgissement, sa dynamique, le tenir dans sa r\u00e9p\u00e9tition, ses \u00e9l\u00e9ments en boucle&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; commencer par \u00e9crire la phrase o\u00f9 \u00e7a se passe et puis ensuite stroboscope, pause, et \u00e7a, pause, et \u00e7a, des silhouettes des gestes des gens des visages des gros plans<\/em><\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-3bf05e8812835bc555d95becbb57e08a\" style=\"color:#d11919\">27022026<\/h1>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Structure | Description |<\/h2>\n\n\n\n<p>On travaille la description.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019abord, deux exemples de description de la Joconde (que tout le monde conna\u00eet, a priori)&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>\u00e0 l\u2019oral, celle de Daniel Arasse dans Histoires de peinture&nbsp;;<\/li>\n\n\n\n<li>\u00e0 l\u2019\u00e9crit, celle de Thomas Schlesser dans <em>Les Yeux de Mona<\/em>.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>M\u2019int\u00e9resse la m\u00eame progression visuelle, du personnage vers le paysage (double). Un peu plus de d\u00e9tails chez Schlesser.<\/p>\n\n\n\n<p>Ensuite, on s\u2019exerce avec des photographies&nbsp;: les premi\u00e8res h\u00e9liographies de Niepce (le <em>Point de vue du Gras<\/em>, la <em>Table servie<\/em>), et le premier daguerr\u00e9otype de Daguerre (le <em>Boulevard du Temple<\/em>, et les premiers personnages photographi\u00e9s).<\/p>\n\n\n\n<p>(Grosse fatigue, paupi\u00e8res lourdes, sensation de froid, des erreurs \u00e0 chaque mot.)<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-5b77dd4f860fc09b0dcb29e006817f99\" style=\"color:#d11919\">01032026<\/h1>\n\n\n\n<p>(Mais quelle \u00e9trange question j\u2019ai pos\u00e9e au bot chat aujourd\u2019hui&nbsp;: <em>Peut-on dire que les franciscains sont au christianisme ce que les adeptes du soufisme sont \u00e0 l&rsquo;islam ?<\/em> \u2014 \u00c9trange, parce que le contexte de son apparition m\u2019\u00e9chappe. Je sais qu\u2019elle est intervenue apr\u00e8s la lecture de la derni\u00e8re publication de Markowicz sur la strat\u00e9gie de M\u00e9lenchon d\u2019effacer les restes de la Gauche, en jouant avec l\u2019antis\u00e9mitisme montant dans les banlieues, et la d\u00e9monstration de Markowicz sur le fait que cette strat\u00e9gie singe celle de l\u2019antique Front National\u2026 Mais je ne m\u2019explique pas les circonvolutions byzantines de ma r\u00e9flexion, qui n\u2019en \u00e9tait s\u00fbrement pas une, sinon prise en otage par une peur sourde, pour r\u00e9aliser ce rapprochement, cette fraternit\u00e9, entre deux mouvements partageant une qu\u00eate spirituelle similaire.)<\/p>\n\n\n\n<div id=\"mitan\" class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h2 class=\"wp-block-heading has-medium-gray-background-color has-background\">Atelier 7 |<\/h2>\n\n\n\n<p>Non. \u00c7a ne vient pas, \u00e7a ne veut pas. Sinon avec le chien qui se barre.<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\"><em>(On est dans la petite cour du hameau, entre chez les Fissou et le chai, une lev\u00e9e de terre en friche, son petit escalier de guingois en pierre et ses deux marronniers maladifs, un p\u00e2r \u00e0 gorets bient\u00f4t en ruines et un puits encastr\u00e9 sous un appentis, une \u00e9curie ne servant plus qu\u2019\u00e0 accumuler du vieux mat\u00e9riel, ferm\u00e9e, et la voie d\u2019acc\u00e8s du bas, pas encore mur\u00e9e.)<\/em><br><br><br>pause<br><br>Un chien noir arrive d\u2019en bas, en trottinant. Il ralentit, s\u2019arr\u00eate. Redresse la t\u00eate. La truffe s\u2019affaire un instant. Le feuillage des marronniers fr\u00e9mit. Il s\u2019avance vers le puits. L\u00e8ve la patte, pisse contre le mur. La saign\u00e9e humide coiffant d\u2019une tache sombre deux trous \u00e0 la base du mur, bient\u00f4t larmoyant. Le chien dresse encore la truffe. S\u2019\u00e9tire, gratte le sol vers l\u2019arri\u00e8re, faisant d\u00e9taler un caillou. Et repart, guilleret, par l\u2019escalier.<br><br>pause<\/pre>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p>\u00c0 suivre\u2026<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-1ccd008c1099b0bbe61ccbe039d737c0\" style=\"color:#d11919\">03032026<\/h1>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h2 class=\"wp-block-heading has-medium-gray-background-color has-background\">Atelier 7 |<\/h2>\n\n\n\n<p>Revoir la photo&nbsp;: animer les personnages, animer la fen\u00eatre, animer la niche et l\u2019esp\u00e8ce d\u2019assiette, animer la v\u00e9g\u00e9tation, animer le pied de vigne, animer la photographe, glisser quelques autres sc\u00e8nes du lieu hors champ.<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Structure | Description 2 |<\/h2>\n\n\n\n<p>Avec <em>Une minute pour une image<\/em>, d\u2019Agn\u00e8s Varda et <em>La Fille \u00e0 la fleur<\/em>, de Marc Riboud.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019abord, la c\u00e9l\u00e8bre photo de Riboud. On la d\u00e9crit comme on a appris \u00e0 le faire avec Arasse et Schlesser. Avec une consigne d\u2019\u00e9criture&nbsp;: une phrase simple (selon la sainte trinit\u00e9 Sujet Verbe Compl\u00e9ment) pour une seule ligne.<\/p>\n\n\n\n<p>(De l\u00e0, on pourrait imaginer un texte descriptif en prise directe avec le parcours du regard, des yeux&nbsp;: \u00e0 chaque point de focalisation sa phrase, \u00e0 chaque mouvement sa ligne.)<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s la description personnelle, lecture partag\u00e9e. On \u00e9coute ce que les autres ont fait. On \u00e9coute aussi ce que Varda a r\u00e9alis\u00e9&nbsp;: comment le symbolique (les all\u00e9gories&nbsp;: la guerre, la paix) s\u2019invite assez simplement dans la description. Avec une r\u00e9flexion, une question g\u00e9n\u00e9rale pour commencer.<\/p>\n\n\n\n<p>(Pour la prochaine fois, j\u2019aimerais continuer avec Varda. Avec une photo moins connue de Jacques-Henri Lartigue, <em>Bibi \u00e0 Marseille<\/em>, mais int\u00e9ressante \u00e0 d\u00e9crire sans \u00eatre trop complexe. Et parce que Varda commence et termine avec une \u00e9vocation, une petite chanson fantaisiste. Description \u00e0 la d\u00e9rive, qui se retourne sur un souvenir de jeunesse.<\/p>\n\n\n\n<p>On aurait \u00e0 d\u00e9crire l\u2019image. On aurait ensuite \u00e0 parler de ce \u00e0 quoi elle nous fait penser. Mais \u00e0 quel moment intervient Varda, avant ou apr\u00e8s l\u2019\u00e9vocation, le souvenir&nbsp;? \u2014 De l\u00e0, on basculera sur l\u2019\u00e9mission d\u2019Arte, <em>Le Dessous des images<\/em>, avec la photo des <em>Passagers du gouvernail<\/em>. Et puis les <em>Seascapes<\/em> de Hiroshi Sugimoto&nbsp;? \u2014 Et alors \u00e0 quand la s\u00e9rie <em>Contacts<\/em>, ou un livre associant \u00e0 l\u2019image du texte, pas n\u00e9cessairement descriptif, Raymond Depardon et ses <em>Voyages<\/em>, Michel Tournier et ses <em>Clefs et serrures<\/em>, ou encore <em>La Vie est belle<\/em> d\u2019Edouard Boubat en lecteur de po\u00e9sie&nbsp;?)<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-e42d1abcff6a13a964e4e07484d4efee\" style=\"color:#d11919\">04032026<\/h1>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h2 class=\"wp-block-heading has-medium-gray-background-color has-background\">Atelier 7 |<\/h2>\n\n\n\n<p>Comment int\u00e9grer une sorte de fond ou d\u2019arri\u00e8re-plan flou&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">pause<br><br>Des cailloux cr\u00e9pitent. Le pied a eu l\u2019air de rouler, d\u00e9raper. Il avance \u00e0 grands pas, une bouteille \u00e0 la main. Un magnum vert fonc\u00e9. Son paletot bleu d\u00e9lav\u00e9. Blanchi sur les \u00e9paules et la nuque. Il sort une clef de sa poche, la fiche dans la serrure. Il ouvre en grand le volet, monte sur les deux ou trois pierres de taille us\u00e9es. Dispara\u00eet dans le chai.<br><br>La bouteille r\u00e9appara\u00eet, sur le rebord du passage. Noire. Et puis il ressort avec. D\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9 par une pierre instable. Il referme le volet \u00e0 clef, qui couine. Redescend \u00e0 grands pas.<br><br>pause<br><br>Son tablier gris fonc\u00e9 ou bleu marine \u00e0 petites fleurs ou arabesques blanches, son fichu en tergal. Ses mains dans le dos. Ses savates crott\u00e9es, s\u00fbrement trou\u00e9es. Elle baragouine \u00e0 petits pas. Elle s\u2019avance vers le puits. Ram\u00e8ne ses mains sur le ventre et se met \u00e0 les frotter. Les enrouler. <em>Ben te\u2026 asteure v\u2019l\u00e0 le petit\u2026 te v\u2019l\u00e0&nbsp;? mais o est o qu\u2019t\u2019\u00e9tais&nbsp;? et qu\u2019est qu\u2019tu fous l\u00e0-dedans hein&nbsp;? qu\u2019est qu\u2019tu fous&nbsp;? sors-tu donc d\u2019l\u00e0 hein&nbsp;? allez vint donc\u2026 vint-en donc \u00e0 la maison asteure\u2026 qu\u2019o va mouiller hein&nbsp;? hein qu\u2019o va mouiller&nbsp;?<\/em> Elle fait demi-tour. Reprend sa route en sens inverse. Comme toujours.<br><br>pause<br><br>\u00c7a piaille. Deux poules descendent la lev\u00e9e. Une flopp\u00e9e de poussins derri\u00e8re. Tout ce petit monde traverse la place. Les poules, rouges, une cou-nu, avec ce geste m\u00e9canique de la t\u00eate. Fixe, le cou se distend, le jabot glisse dessous, le corps, une patte en suspens, la t\u00eate avance d\u2019un coup. Les deux poules en cadence, mais en d\u00e9calage. Les poussins, autour, vont et viennent. Un noir. \u00c7a piaille.<br><br>pause<\/pre>\n\n\n\n<p>\u00c0 suivre\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>(Parfois, je me dis que j\u2019ai tout sous la main, niveau mati\u00e8re textuelle accumul\u00e9e, que j\u2019en ai pas mal dans la t\u00eate, sur le plan du regard critique. Mais alors que manque-t-il encore&nbsp;? \u2014 Les tripes. Or, rappelle Laura Vazquez&nbsp;: \u00ab&nbsp;la peur \u00e9crit mal&nbsp;\u00bb.)<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Lecture | murmure |<\/h2>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;\u2026 Parfois, on d\u00e9crypte une signification. Parfois c\u2019est inutile ou impossible. Et l\u00e0, c\u2019est un murmure. Qu\u2019est-ce que \u00e7a veut dire&nbsp;? Eh bien, \u00e7a veut que <em>\u00e7a<\/em> veut dire. Je te le r\u00e9p\u00e8te, Mona, \u00e9coute attentivement&nbsp;: \u00e7a veut que <em>\u00e7a<\/em> (il appuya sur le pronom) veut dire\u2026 Non pas&nbsp;: \u00ab&nbsp;\u00e7a veut <em>ce que \u00e7a<\/em> veut dire&nbsp;\u00bb \u2014 formule qui cl\u00f4t la discussion. Pas du tout. Mais bien&nbsp;: \u00ab&nbsp;\u00e7a veut que <em>\u00e7a<\/em> veut dire&nbsp;\u00bb. Et \u00e7a ne le dit pas tout \u00e0 fait, parce que \u00e7a dit trop ou trop peu, et que c\u2019est tellement difficile de vouloir dire, de savoir dire, de dire ce que l\u2019on veut dire. Voil\u00e0 pourquoi, comme tu l\u2019exprimes si bien, cette installation murmure. Elle dit qu\u2019elle aimerait dire quelque chose, sans peut-\u00eatre savoir vraiment quoi.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>(Thomas Schlesser, <em>Les Yeux de Mona<\/em>)<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-6dc30c71a06b7d7ad4d012207df4e867\" style=\"color:#d11919\">05032026<\/h1>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Structure | description |<\/h2>\n\n\n\n<p>La photo de Jacques-Henri Lartigue, Bibi dans son embarcation, un peu floue du fait de la mise au point sur les deux navires derri\u00e8re, g\u00ean\u00e9e soit parce que \u00e7a tangue soit parce que qu\u2019un des navires annonce le d\u00e9part (le mouvement de sa main pr\u00e8s de l\u2019oreille). Je me demandais ce qui me retenait&nbsp;: j\u2019ai fini par trouver en d\u00e9crivant l\u2019image avec les stagiaires. C\u2019est le bateau de gauche, la forme sp\u00e9cifique de la proue, presque de face, et tout le flanc visible mais \u00e9cras\u00e9&nbsp;: comme une vague. Un bateau vague, une vague ascendante, une ascension noire. C\u2019est \u00e7a que Bibi craint, c\u2019est de \u00e7a qu\u2019elle tente de se prot\u00e9ger. Une grosse vague noire fantomatique.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h2 class=\"wp-block-heading has-medium-gray-background-color has-background\">Atelier 7 |<\/h2>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">pause<br><br>On entend une sorte de raclement continu, avec une esp\u00e8ce de but\u00e9e qui revient en boucle. Du c\u00f4t\u00e9 du puits. Sous l\u2019appentis, dans l\u2019ombre. Un vieil homme est en train d\u2019affuter une faucille, une serpe, un couteau. Il fait tourner une meule \u00e0 eau. Une pierre ronde, mais un endroit plus us\u00e9, \u00e0 peine creux. La lame, ici, chute, bute. \u00c0 chaque tour. Quand il a fini, il s\u2019en va. Une minute apr\u00e8s, un petit gar\u00e7on et une petite fille sortent de l\u2019\u00e9curie. Ils s\u2019avancent vers la meule. La petite fille commence \u00e0 tourner la manivelle. <em>Plus fort&nbsp;! Encore, vas-y plus fort&nbsp;!<\/em> La roue de pierre tourne, tourne, un filet d\u2019eau remonte. Qui finit par \u00e9clabousser le visage du petit gar\u00e7on.<br><br>pause<\/pre>\n\n\n\n<p>(Bien, restons-en l\u00e0. Je sens bien que je force les choses. Ce n\u2019est d\u00e9j\u00e0 pas simple de s\u2019installer devant une place de centre commercial pour d\u00e9crire ce qui s\u2019y se passe, alors une cour d\u2019un vieux hameau quand on n\u2019\u00e9tait pas encore n\u00e9\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Parce que tu crois que c\u2019est plus facile pour le petit Marcel&nbsp;? d\u2019essayer de parler de sa vie, l\u00e0 sur cette cour, de ce qu\u2019il a pu voir, et ressentir, et faire, alors qu\u2019il est mort avant&nbsp;? Et tu pourrais au moins aller jusqu\u2019\u00e0 la pose pour la photo.)<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Escapade vazquaise |<\/h2>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p>Une escapade par le biais de son petit livre, <em>L\u2019Idiote du village<\/em>, o\u00f9 elle rappelle quelque chose d\u2019important au sujet des \u0153uvres d\u2019antan, litt\u00e9raires mais pas seulement j\u2019imagine, au sujet des premi\u00e8res \u0153uvres, pas encombr\u00e9es par le march\u00e9 du livre ni le march\u00e9 de l\u2019art&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;elles n\u2019\u00e9taient pas cr\u00e9\u00e9es pour \u00eatre montr\u00e9es<br>elles \u00e9taient cr\u00e9\u00e9es pour agir&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>De l\u2019\u00e9criture comme de la performance&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>(\u00c0 relire, \u00e9videmment.)<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Lecture |<\/h2>\n\n\n\n<p>Thomas Schlesser, sur la performance&nbsp;: <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;C\u2019est l\u2019un des grands enjeux de ce type d\u2019\u0153uvre. Il s\u2019agit \u00e0 chaque fois de sortir les corps \u2014 celui de l\u2019artiste et ceux du public \u2014 de leurs fronti\u00e8res de confort pour qu\u2019ils vivent des exp\u00e9riences extr\u00eames. Des exp\u00e9riences qui sont parfois ennuyeuses, parfois risqu\u00e9es, parfois apaisantes, parfois r\u00e9g\u00e9n\u00e9rantes, et parfois un m\u00e9lange de tout cela. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Marina Abramovi\u0107 cherche \u00e0 \u00e9branler le corps tout entier. Le sien, bien s\u00fbr. Mais, par empathie avec ce qu\u2019elle fait ou montre, ou en poussant le public \u00e0 \u00eatre actif dans un dispositif donn\u00e9, elle cherche aussi \u00e0 mettre \u00e0 l\u2019\u00e9preuve le corps et le cerveau des spectateurs et \u00e0 leur faire prendre conscience de fa\u00e7on tr\u00e8s physique de toutes les \u00e9nergies intenses et contradictoires qui les traversent&nbsp;: la peur, l\u2019amour, la haine, la cruaut\u00e9, le manque, l\u2019envie, la joie\u2026&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Correspondances |<\/h2>\n\n\n\n<p>Il y a bien plus d\u2019\u00e9crivain public que je ne saurais le dire dans le correspondant.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-9b61f383f8396c89bbf3f2ae05f4699b\" style=\"color:#d11919\">07032026<\/h1>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/20260304_172651-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-207171\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/20260304_172651-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/20260304_172651-420x236.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/20260304_172651-768x432.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/20260304_172651-1536x864.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/20260304_172651-2048x1152.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><em>(La maison depuis le chemin blanc. J\u2019ai d\u00fb zoomer beaucoup, au bord du flou. On aper\u00e7oit l\u2019amandier en fleurs, enfin. J\u2019aime bien que les fleurs de l\u2019amandier et du prunier soient d\u2019un blanc nacr\u00e9 de rose, nacr\u00e9 de vert. J\u2019aime bien qu\u2019elles se regroupent par grappes. J\u2019aime penser \u00e0 de gros flocons de printemps.)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>((T\u2019en as d\u2019autres des comme \u00e7a&nbsp;?))<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Correspondances |<\/h2>\n\n\n\n<p>Il m\u2019arrive de me demander ce que je fais l\u00e0, dans la voiture. Il est tard, il fait nuit, il fait mauvais, pourquoi j\u2019y vais. Ou d\u2019o\u00f9 je reviens. Mais je suis l\u00e0, je roule. J\u2019\u00e9coute de la musique.<\/p>\n\n\n\n<p>Il m\u2019arrive de me demander ce que je fais l\u00e0. J\u2019arrive, il y a du monde que je ne connais pas, je me pr\u00e9sente. <em>Oui, on sait.<\/em> On me reconna\u00eet donc. C\u2019est vrai, je suis d\u00e9j\u00e0 venu plusieurs fois, c\u2019est normal. Mais je ne reconnais personne.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-d7082cd25bc25a250b1f547822b6afc0\" style=\"color:#d11919\">08032026<\/h1>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Correspondances |<\/h2>\n\n\n\n<p>Il arrive qu\u2019il faille s&rsquo;excuser et se d\u00e9fendre.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;D\u00e9sol\u00e9 pour les quelques lignes des r\u00e9f\u00e9rences&nbsp;une nouvelle fois absentes et le d\u00e9sagr\u00e9ment que cela peut causer pour le lecteur qui chercherait \u00e0 en savoir plus sans le pouvoir. J\u2019en suis le premier navr\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>N\u00e9anmoins, rassurez-vous&nbsp;: il n&rsquo;y a pas de raison \u00e0 l&rsquo;erreur ou \u00e0 l&rsquo;oubli. Seulement des causes possibles, souvent improbables. Et parfois malheureuses, c\u2019est vrai, surtout quand on ne peut les rattraper par un erratum ou un d\u00e9menti. La cause principale de l\u2019oubli, cette fois-ci&nbsp;: je crois que j&rsquo;\u00e9tais si focalis\u00e9 sur les \u00e9l\u00e9ments surlign\u00e9s en jaune, dans le document&nbsp;de relecture, que les lignes bleues suppl\u00e9mentaires, \u00e0 la fin, m\u2019ont \u00e9chapp\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Concernant l\u2019encart promotionnel du prochain Caf\u00e9 M\u00e9moire, vous avez re\u00e7u en copie, la semaine derni\u00e8re (mardi 3 mars), le transfert de l\u2019annonce \u00e0 faire para\u00eetre. Le journal vous renseignera plus directement sur son absence dans les colonnes de la derni\u00e8re livraison.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour le reste, essayons de voir les choses en sens inverse. Je ne suis pas journaliste. Mon r\u00f4le de correspondant de presse local est une activit\u00e9 semi-professionnelle secondaire. J\u2019essaie de l\u2019exercer de fa\u00e7on aussi s\u00e9rieuse et organis\u00e9e que possible.<\/p>\n\n\n\n<p><s>C\u2019est-\u00e0-dire&nbsp;: rechercher les \u00e9v\u00e9nements, prendre contact, se rendre sur place, observer et \u00e9couter, discuter et questionner un peu, prendre des notes, quelques photos, r\u00e9diger les articles, faire attention \u00e0 la mise en forme, demander au besoin une relecture pour les sujets sp\u00e9cifiques, se relire et synth\u00e9tiser encore, copier et coller pour mettre en ligne, ne pas m\u00e9langer les articles.<\/s><\/p>\n\n\n\n<p>Cela me demande bien plus de temps, et parfois d\u2019effort, qu\u2019il ne faudrait. Et la r\u00e9p\u00e9tition et la vari\u00e9t\u00e9 des articles font qu\u2019une erreur, un oubli, finit immanquablement par arriver. Mais tant que l\u2019article d\u00e9crit les choses au plus pr\u00e8s de ce qu\u2019elles furent, alors \u00e7a va.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ces conditions, la question est de savoir si ma situation, pour vous, est compliqu\u00e9e. Je ne peux pas \u00eatre pr\u00e9sent pour le Caf\u00e9 M\u00e9moire. Mais je me pr\u00eate au jeu de faire comme si j\u2019y \u00e9tais, en contactant les intervenants professionnels de la sant\u00e9 et en les sollicitant parfois pour une relecture. Cela aussi peut demander du temps, et pour moi et pour eux. Et on obtient un article \u00e0 quatre mains assez juste, comme pour les derni\u00e8res parutions.<\/p>\n\n\n\n<p>Bonne journ\u00e9e,&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est dommage, quand m\u00eame, le paragraphe supprim\u00e9, pris en sandwich, c\u2019\u00e9tait celui qui essayait de d\u00e9crire le travail du correspondant.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-9ea61eb92477b699949d1f400906fd21\" style=\"color:#d11919\">10032026<\/h1>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h2 class=\"wp-block-heading has-medium-gray-background-color has-background\">Atelier 7 | dans la cour<\/h2>\n\n\n\n<p>Je n\u2019en ai pas termin\u00e9, \u00e9videmment. C\u2019est un texte, \u00ab&nbsp;devant le lavoir du hameau&nbsp;\u00bb, qui me relance. Et pour commencer son joli petit \u00ab&nbsp;camion jaune ouvert sur le c\u00f4t\u00e9, d\u00e9pli\u00e9, comme une maison dont on aurait soulev\u00e9 le toit&nbsp;\u00bb. Tant pis si mon texte est hach\u00e9. En m\u00eame temps, pour un texte \u00e0 pauses, \u00e7a devrait passer.<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">pause<br><br>On entend un klaxon. On sait qu\u2019aujourd\u2019hui, dans moins d\u2019une minute, l\u2019estafette blanche de la poissonni\u00e8re va man\u0153uvrer et se placer \u00e0 l\u2019entr\u00e9e de la cour en marche arri\u00e8re.<br><br>On sait que ce matin la 2CV camionnette bleu gris du petit papi des pommes va avancer son nez jusque devant la porte. Elle sera tout juste sortie qu\u2019il aura d\u00e9j\u00e0 ouvert le hayon et empil\u00e9 les cageots.<br><br>Bient\u00f4t midi, on sait qu\u2019Aldo et son grand fourgon d\u2019\u00e9picier \u00e0 corne de brume vont prendre toute la place et la faire sursauter.<br><br>On sait que le p\u00e8re Galu est en retard, quand il ouvrira en grand les porti\u00e8res de sa 2CV camionnette blanche, pleine de miettes, on esp\u00e8re qu\u2019il y aura encore une g\u00e2che dans une pani\u00e8re.<br><br>Et l\u00e0, qui klaxonne comme \u00e7a&nbsp;?<br><br>Il y a eu aussi une camionnette, en fin de journ\u00e9e. Elle traversait la cour en marche arri\u00e8re jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9table. On venait pour la collecte des bidons plong\u00e9s dans le tank \u00e0 lait vert p\u00e2le. On s\u2019y mettait \u00e0 deux pour les sortir et les monter dans la camionnette. Le pantalon mouill\u00e9.<br><br>La nuit est tomb\u00e9e. On sait que le boucher vient d\u2019arriver. Les phares \u00e9teints du Type H, on le voit appara\u00eetre dans le rectangle de lumi\u00e8re de sa mini boutique. Il bloque la porte lat\u00e9rale vers le haut, g\u00ean\u00e9 par la vitrine, d\u00e9plie le mini comptoir.<br><br>Tiens, \u00e7a c\u2019est le facteur&nbsp;? Oh, c\u2019est pas pour une lettre.<br><br>pause<br><br>Pendue par les pattes, attach\u00e9es \u00e0 un pieu fich\u00e9 dans le mur, une poule, t\u00eate redress\u00e9e, cou tordu, \u00e0 l\u2019autre bout de la cour, au milieu d\u2019un grand mur sans fen\u00eatre. Battant parfois des ailes. Quand elle remonte, c\u2019est avec le vieux plat rouge \u00e9maill\u00e9, garni d\u2019une mixture de pain \u00e9miett\u00e9, d\u2019ail, d\u2019oignon, d\u2019\u00e9chalote et de persil hach\u00e9 et assaisonn\u00e9, et un couteau en main. Le plat pos\u00e9 au sol, elle maintient la t\u00eate du volatile et fiche la pointe de couteau dans son cou. Les ailes battent de plus belle. Quand \u00e7a se calme, elle retire le couteau, le sange pisse, elle attrape le plat et arrose la mixture du sang.<br><br>pause<br><br>Sur deux fils entre les murs, des dizaines d\u2019hirondelles p\u00e9pient. Le commis passe, le haut de sa cotte de travail pendant derri\u00e8re lui, manches ballantes, flanelle jaun\u00e2tre, le cou noirci qu\u2019il frotte vigoureusement.<br><br>pause<br><br>Un jour, on a install\u00e9 deux montagnes au pied du mur, et eux c\u2019\u00e9tait des g\u00e9ants qui grimpaient tout en haut et sautaient d\u2019un sommet \u00e0 l\u2019autre, et puis dans le vide, \u00e0 tour de r\u00f4le. Et puis la montagne s\u2019affaisse, se creuse, on construit des routes, des tunnels, on se retrouve dans un ch\u00e2teau que l\u2019on hante. Et puis il n\u2019y aura plus qu\u2019une plage de sable pour un circuit de Tour de France, on portera tous les maillots, on avancera de bille en bille, on finira dans le d\u00e9cor. Et on se glissera dans le ventre de la b\u00e9tonni\u00e8re, accroch\u00e9 aux pales de malaxage, t\u00eate en bas.<br><br>pause<br><br>On ne les voit pas malgr\u00e9 la lune, mais ils sont bien l\u00e0, quelque part, \u00e0 s\u2019observer, en avan\u00e7ant doucement, \u00e0 se lorgner, se toiser en se tournant autour insensiblement, se d\u00e9visager, miauler et feuler en m\u00eame temps, se d\u00e9figurer.<br><br>pause<\/pre>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p>\u00c0 suivre\u2026<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Escapade vazquaise |<\/h2>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;une chose cherche \u00e0 trouver<\/p>\n\n\n\n<p>\u00b7<\/p>\n\n\n\n<p>une technique existe dans le corps<\/p>\n\n\n\n<p>\u00b7<\/p>\n\n\n\n<p>si la forme n\u2019est pas l\u00e0<br>\u00e9coute elle va venir<\/p>\n\n\n\n<p>\u00b7<\/p>\n\n\n\n<p>ce n\u2019est pas dire<\/p>\n\n\n\n<p>\u00b7<\/p>\n\n\n\n<p>c&rsquo;est avant le cerveau<\/p>\n\n\n\n<p>\u00b7<\/p>\n\n\n\n<p>ce n\u2019est pas un travail<\/p>\n\n\n\n<p>\u00b7<\/p>\n\n\n\n<p>quelque chose aspire<\/p>\n\n\n\n<p>\u00b7<\/p>\n\n\n\n<p>il faut tomber&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">(<em>L\u2019Idiote du village<\/em>)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-397633b6ded6899f63bfd98fdcf80543\" style=\"color:#d11919\">13032026<\/h1>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Capture-decran-2026-03-13-104501-1024x576.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-207170\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Capture-decran-2026-03-13-104501-1024x576.png 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Capture-decran-2026-03-13-104501-420x236.png 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Capture-decran-2026-03-13-104501-768x432.png 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Capture-decran-2026-03-13-104501-1536x864.png 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/Capture-decran-2026-03-13-104501.png 1920w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Je ne sais pas. C\u2019est venu avec Christian Boltanski, <em>La Vie impossible de C.B.<\/em> dans <em>Les Yeux de Mona<\/em>. Une photo du petit bazar \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de moi, un appui long sur l\u2019image et un bloc se d\u00e9tache du fond, on enregistre, on observe et vous voyez bien la suite. Quant \u00e0 savoir et le pourquoi et le sens de l\u2019archive\u2026<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Marcel |<\/h2>\n\n\n\n<p>J\u2019ai ressorti le manuscrit&nbsp;: l\u2019ensemble des textes r\u00e9alis\u00e9s sur 3 ateliers d\u2019\u00e9criture de l\u2019automne 2023 \u00e0 l\u2019\u00e9t\u00e9 2024 concernant directement le Petit Marcel \u2014 l\u2019atelier d\u2019\u00e9t\u00e9 2023 en fait aussi partie, m\u00eame si Marcel n\u2019appara\u00eet pas, parce que c\u2019est avec lui que se joue une remont\u00e9e dans le temps, dans l\u2019enfance, et au-del\u00e0 vers une autre vie, un autre temps et une autre enfance qui, en fait, n\u2019ont pas eu lieu, sinon dans le temps que je leur ai consacr\u00e9, et aujourd\u2019hui encore. Oui, aujourd\u2019hui, parce que le manuscrit s\u2019ouvre avec cette photo qui m\u2019occupe en ce moment, dans cet atelier d\u2019hiver 2026, et me r\u00e9siste.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai donc ressorti le manuscrit, et il m\u2019est apparu que les notes qui accompagnaient les textes, si elles l\u2019int\u00e8grent, n\u2019ont pas \u00e0 \u00eatre retouch\u00e9es. Ce sont les instantan\u00e9s du d\u00e9sir, voire de la pulsion, d\u2019\u00e9crire&nbsp;: de l\u2019\u00e9criture tel quel&nbsp;: telle qu\u2019elle arrive, avec tous les d\u00e9fauts de la langue qui font que ce n\u2019est pas encore, ou pas vraiment, de l\u2019\u00e9criture.<\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h2 class=\"wp-block-heading has-medium-gray-background-color has-background\">Atelier 7 | au mitan<\/h2>\n\n\n\n<p>J\u2019aurai mis le temps pour trouver un titre convenable.<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">pause<br><br>Une moto passera dans un boucan d\u2019enfer, par la lev\u00e9e pour un saut la faisant hurler. Un demi-soleil. On accourt. On se rel\u00e8ve mais retombe aussit\u00f4t. On examine le pied qui ne veut plus se redresser. On le rel\u00e8ve, on le soutient par l\u2019\u00e9paule, on l\u2019emm\u00e8ne, il sautille sur un pied.<br><br>pause<br><br>Un carr\u00e9 de terre jonch\u00e9 de grosses pierres, on bute dessus, de la poussi\u00e8re l\u2019\u00e9t\u00e9, la boue les jours de pluie, l\u2019eau court dans la pente. Avec le temps, l\u2019herbe aura fini par enterrer les cailloux et deux arbres \u00e0 soie forment des couronnes. Il y a toujours un pot de g\u00e9ranium sur un rebord de fen\u00eatre, sur un bloc de pierre, dans la niche du mur.<br><br>pause<br><br>Elle revient au petit trot, un appareil photo en main, peine \u00e0 monter la lev\u00e9e au lieu de passer par le petit escalier en pierre, et vient se placer devant entre les deux marronniers, face au mur du chai. De la main, elle fait signe de venir. Sa grande fille et son plus jeune fils arrivent et rejoignent leur grand fr\u00e8re, d\u00e9j\u00e0 install\u00e9 sur la vieille ponne en pierre, envahie par la v\u00e9g\u00e9tation renaissante. Les deux plus grands s\u2019adossent au mur, \u00e9tendent les jambes, joignent les mains sur leur giron, sourient. Entre les deux, le plus jeune se tient droit, bras tendus, mains sur les genoux. Sait-il s\u2019il doit sourire ?<br><br>pause<\/pre>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Escapade vazquaise |<\/h2>\n\n\n\n<p>Au sujet de la perfection, qui n\u2019existe pas, sinon sous mille et une autres formes possibles nonobstant les choix qu\u2019on a pris&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Si une forme ne suffit pas, une autre prend le relais.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous sommes des humains, nous exprimons.<br>Tout notre corps exprime, toute notre langue exprime.<\/p>\n\n\n\n<p>Si une phrase ne tient pas, une autre existera.<br>Si une combinaison n\u2019est pas juste, une autre nous viendra.<br>Si un mot brise le rythme ou le sens, il en existe d\u2019autres.<br>Si une structure ne porte pas le livre, il en existe d\u2019autres, on trouvera.<br>Si quelque chose ne marche pas, quelque chose d\u2019autre pourra marcher.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-1ca97b50b3854ae35367cf4d8c0a6c24\" style=\"color:#d11919\">15032026<\/h1>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Lecture |<\/h2>\n\n\n\n<p>Tanguy Viel, <em>Bo\u00eete noire<\/em>&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00e9tablissant qu\u2019il n\u2019y a pas de bons livres sans ce combat acharn\u00e9 entre une pens\u00e9e en forme de montgolfi\u00e8re, toujours pr\u00eate \u00e0 vous d\u00e9tacher du sol, et puis cette langue qui voudrait quelque fois y r\u00e9sister, en clouant le vent sur la page.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Correspondances |<\/h2>\n\n\n\n<p>Tanguy Viel, <em>Bo\u00eete noire<\/em> \u2014 dans laquelle je retrouve aussi une part du travail accompli par le correspondant local de presse (un \u00e9crivain en pr\u00e9paration d\u2019un livre comme un autre, en attendant de pouvoir, peut-\u00eatre, un jour, regrouper certains de ses articles, en copier\/couper-coller les morceaux, avec le moins de traces visibles possibles&nbsp;?)&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Un bon narrateur est ainsi, errant parmi les choses, et voil\u00e0 qu\u2019il ouvre son cahier et qu\u2019il se met \u00e0 noter, ici ou l\u00e0, une phrase puis un paragraphe puis un autre, comme si, au fond, tout au fond, la pens\u00e9e n\u2019\u00e9tait pas tant cette plaine vide et aras\u00e9e que cet agr\u00e9gat de formes d\u00e9j\u00e0 l\u00e0 qu\u2019on nous aurait abandonn\u00e9es, sur lesquelles il convient de savoir arr\u00eater son regard, de se baisser pour ramasser et remettre en mouvement les choses, toutes les choses, comme des cailloux qu\u2019on ramasserait sur les bords d\u2019un chemin.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Marcel |<\/h2>\n\n\n\n<p>Et encore Tanguy Viel et sa <em>Bo\u00eete noire<\/em>, mais pour extrait qui ferait une belle \u00e9pigraphe&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Ce qu\u2019on nous aurait l\u00e9gu\u00e9 en somme, le lieu obscur de notre naissance, ce serait un tombeau \u2014 un tombeau o\u00f9 n\u2019aurait plus r\u00e9sonn\u00e9 que de loin en loin l\u2019\u00e9cho d\u2019une pr\u00e9sence depuis longtemps \u00e9vanouie, bout\u00e9e hors de toute figure, et dont on se serait \u00e9veill\u00e9e pourtant, comme d\u2019un long sommeil, du souffle de quelque dieu fant\u00f4me.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>(\u2014 Et une belle \u00e9pitaphe, si jamais tu la retrouvais un jour ma tombe perdue.)<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-bf9b64295e428af22cda10caed7a68db\" style=\"color:#d11919\">17032026<\/h1>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-medium-gray-background-color has-background\">Atelier 8 |<\/h2>\n\n\n\n<p>des ponts &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; architecture technique &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;mais qui, pour s\u2019implanter, se configure sur les plus ancestrales relations homme nature &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; par d\u00e9finition lieu de transition et franchissement, fronti\u00e8re \u00e0 franchir &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;et donc objets d\u2019incontournable dimension all\u00e9gorique &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; commencer par en faire un bref relev\u00e9 autobiographique, \u00e0 chaque \u00e9tape de vie&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; superposer, pour celui qu\u2019on aura choisi, plusieurs dates de visites&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; ce qu\u2019on \u00e9crit sera effectivement (et uniquement) un rep\u00e9rage&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; comme un carnet de notes<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">Le pont du passage \u00e0 gu\u00e9, deux blocs de pierre. Le pont de l\u2019autre ruisseau, une poutre (puis deux poteaux et des lattes). \u2014 Le pont de la route sous les arbres. Le pont de l\u2019\u00eelot de la base de loisirs. Le pont du bourg en pierre. \u2014 Le pont de fortune, un tronc au-dessus de la rivi\u00e8re. Les ponts qui n\u2019en sont pas, sur les routes, un chemin, qu\u2019on n'aper\u00e7oit pas. \u2014&nbsp;Trois ponts de la Loire. Le pont provisoire du chantier, en bois, grin\u00e7ant. Le pont tout rond par-dessus le canal. \u2014 Le pont Eiffel \u00e0 Saint-Andr\u00e9-de-Cubzac. Le pont de la Dordogne. Le pont d\u2019Aquitaine, le pont de Pierre, le pont Saint-Jean, l\u2019ancien pont d\u2019Arcins. \u2014 Le pont de pierre de Jonzac, le pont de l\u2019avenue Gambetta. La passerelle.<\/pre>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Lecture |<\/h2>\n\n\n\n<p><em>Chromes<\/em>, de Maylis de Kerangal \u2014 collage (des pages 35-36 et 25-26)&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Il n\u2019y a plus rien \u00e0 \u00e9crire. Pourtant, c\u2019est la capacit\u00e9 de relance infinie du roman qui m\u2019a remise en mouvement&nbsp;: le monde relanc\u00e9 \u00e0 chaque phrase comme sur un coup de d\u00e9s. Car si dans la vie les choses s\u2019\u00e9puisent, le roman, lui, demeure le lieu de l\u2019in\u00e9puisable. Ce qui est \u00e9puis\u00e9 dans la r\u00e9alit\u00e9 est relanc\u00e9 dans la litt\u00e9rature, par l\u2019\u00e9criture mais aussi par la lecture, processus infini de r\u00e9activation des r\u00e9cits. Un mouvement qui me permet \u00e0 chaque fois de saisir en moi une autre repr\u00e9sentation du monde. \u2014 Par son mouvement propre, par son dispositif narratif, la phrase, \u00e0 l\u2019instar d\u2019un pi\u00e8ge lumineux tendu dans l\u2019obscurit\u00e9, tente de fixer ce qui \u00e9chappe au regard, d\u2019\u00e9clater dans des directions diff\u00e9rentes, de creuser un halo de clart\u00e9 dans le noir. Elle essaie de convertir le flash en un long temps de pose, de d\u00e9plier la sc\u00e8ne jusqu\u2019\u00e0 la d\u00e9connecter des temporalit\u00e9s terrestres, jusqu\u2019\u00e0 ce que le temps disparaisse et qu\u2019il ne subsiste plus que l\u2019animalit\u00e9, la nuit, l\u2019effroi, la gr\u00e2ce.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>(J\u2019aime beaucoup cette collection de l\u2019IMEC, Diaporama, \u00ab&nbsp;roman-photo de l\u2019\u00e9criture&nbsp;\u00bb.)<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-34c4ae027e9fdc142f1b3efae52aed57\" style=\"color:#d11919\">18032026<\/h1>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/20260318_081950-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-207363\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/20260318_081950-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/20260318_081950-420x236.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/20260318_081950-768x432.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/20260318_081950-1536x864.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/20260318_081950-2048x1152.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>En ouvrant les volets, ce matin, un papillon sur la terrasse. Je le croyais pos\u00e9 l\u00e0, je n\u2019ai pas voulu le d\u00e9ranger en ouvrant en grand et suis rentr\u00e9. Mais apr\u00e8s quelques minutes, il \u00e9tait toujours l\u00e0, immobile. Je l\u2019ai photographi\u00e9 et r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 dans une feuille de papier (une lettre insignifiante) pli\u00e9e que j\u2019ai pos\u00e9e sur la table. Ses ailes dessinaient un dr\u00f4le de visage animal. Quelque chose de f\u00e9lin. Des yeux per\u00e7ants sur un museau busqu\u00e9. A priori, il s\u2019agit d\u2019un petit paon de nuit. Une femelle, vu ses antennes \u00ab&nbsp;faiblement pectin\u00e9es&nbsp;\u00bb, dit Wikip\u00e9dia. Une femelle qui a pondu&nbsp;: devant elle, sur la photo, la dizaine de petits grains, ce sont a priori ses \u0153ufs.<\/p>\n\n\n\n<p>Le temps de retourner au bureau pour me renseigner, le papillon ne se trouvait plus sur la feuille de papier, mais \u00e0 une dizaine de centim\u00e8tres plus loin sur la table. Il n\u2019\u00e9tait donc pas mort. Et d\u2019ailleurs, on le voyait encore bouger&nbsp;: un tr\u00e8s l\u00e9ger balancement, comme si le corps se laissait bercer par les battements du c\u0153ur. En le repla\u00e7ant sur la feuille de papier, ses ailles se sont mis \u00e0 fr\u00e9tiller. Ce devait \u00eatre une sorte de r\u00e9flexe de l\u2019instinct de survie. Le corps, lui, demeurait immobile, repli\u00e9 sur lui-m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bricolo rigolo |<\/h2>\n\n\n\n<p><em>The Descendants<\/em>. J\u2019ai tenu une heure, m\u00eame pas. Apr\u00e8s, je suis all\u00e9 regarder des vid\u00e9os pour savoir comment d\u00e9monter le moteur de la tondeuse. Je cherche la panne. Elle aussi ne tient pas une heure. Elle d\u00e9marre au quart de tour, mais finit pas s\u2019essouffler en crachant pas mal d\u2019huile. Je crois que c\u2019est le joint du carter. Et si c\u2019est \u00e7a, je ne suis pas pr\u00e8s de le changer au vu de ce que j\u2019ai vu. Le carburateur, le flotteur et les gicleurs, les joints, \u00e7a va. Le bloc moteur&nbsp;: non. Je peux essayer, mais l\u2019herbe aura beaucoup pouss\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>En attendant, ces petites vid\u00e9os de r\u00e9paration dans l\u2019atelier lib\u00e8rent le geste technique et la machine.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-498f84e05908d019a361f8afbd52a51f\" style=\"color:#d11919\">20032026<\/h1>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Marcel | tortue |<\/h2>\n\n\n\n<p>L\u2019autre jour, je ne sais plus comment, mais on a reparl\u00e9 de la petite tortue qu\u2019on avait il y a une cinquantaine d\u2019ann\u00e9es. C\u2019\u00e9tait une petite tortue d\u2019eau que papa avait ramen\u00e9e un jour de moisson. Il faisait tr\u00e8s chaud. D\u2019autant plus que la moissonneuse n\u2019\u00e9tait pas \u00e9quip\u00e9e de cabine. Pendant une pause, o\u00f9 il a fallu soulager un besoin bien naturel, il s\u2019est approch\u00e9 d\u2019un ruisseau quasiment \u00e0 sec, sauf pr\u00e8s de la source. Quand il a vu une pierre bouger. Il s\u2019est demand\u00e9 s\u2019il n\u2019avait pas pris un coup de chaud sur la t\u00eate. Mais la pierre a encore boug\u00e9 et poursuivi son chemin vers la source. Il l\u2019a donc r\u00e9cup\u00e9r\u00e9e pour la sauver. La tortue est rest\u00e9e quelques mois \u00e0 se promener dans la maison. J\u2019ai le vague souvenir d\u2019une feuille de salade et d\u2019un r\u00e9cipient d\u2019eau au pied de la fen\u00eatre, mais pas de la tortue. Elle a d\u2019ailleurs disparu durant la p\u00e9riode de brumation, en hiver. Maman l\u2019a retrouv\u00e9e cach\u00e9e sous un lit. Carapace vide.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Structure | description |<\/h2>\n\n\n\n<p>Que s\u2019est-il pass\u00e9&nbsp;? Je n\u2019ai pas enregistr\u00e9 ce que je venais d\u2019\u00e9crire en fermant le fichier&nbsp;? J\u2019ai supprim\u00e9 une entr\u00e9e en inversant le journal et sa copie&nbsp;? ou j\u2019ai pens\u00e9 si fort \u00e0 ce que je pouvais \u00e9crire que j\u2019ai cru l\u2019avoir fait&nbsp;? En tout cas, cela n\u2019a pas emp\u00each\u00e9 le petit atelier photo-description \u00e0 partir des s\u00e9ries de Hiroshi Sugimoto, <em>Seascapes<\/em>, et de Thierry Cohen, <em>Villes \u00e9teintes&nbsp;<\/em>: on choisit une des deux s\u00e9ries&nbsp;; on d\u00e9crit une photo comme on sait le faire&nbsp;; puis on choisit une ou deux autres pour distinguer les diff\u00e9rences entre les photos parfois si semblables. Enfin, on se demande ce qui a pu int\u00e9resser le photographe dans son travail, qui n\u00e9cessitait la r\u00e9p\u00e9tition, pour de petites diff\u00e9rences.<\/p>\n\n\n\n<p>(Est-ce qu\u2019une s\u00e9rie photographique, avec un m\u00eame genre d\u2019images parfois tr\u00e8s semblables, n\u2019ouvre pas la page cin\u00e9ma&nbsp;?)<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-8946075470970aeeeadc67826f113456\" id=\"molle\" style=\"color:#d11919\">22032026<\/h1>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h2 class=\"wp-block-heading has-medium-gray-background-color has-background\">Atelier 8 | la Molle<\/h2>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">et nous revoil\u00e0 sur ce petit pont, sur ce vieux pont, le pont de la rivi\u00e8re d\u2019en bas, une rivi\u00e8re ou un ruisseau, \u00e7a d\u00e9pend, \u00e7a d\u00e9pend de ce qu\u2019on imagine de l\u2019un ou de l\u2019autre, \u00e7a d\u00e9pend de la saison surtout<br><br>le pont de la Molle, c\u2019est le nom de la rivi\u00e8re d\u2019en bas, \u00e7a n\u2019en fait pas un pont mou<br><br>la Molle, un nom comme \u00e7a, pourquoi&nbsp;? l\u2019eau y coule plus lentement&nbsp;? c\u2019est vrai, quand elle arrive devant le pont, le passage \u00e0 gu\u00e9, le lit s\u2019\u00e9largit, s\u2019aplatit, l\u2019eau coule plus doucement, comme une plaque de verre, il para\u00eet que le verre c\u2019est du liquide s\u2019\u00e9coulant si mollement qu\u2019on ne s\u2019en aper\u00e7oit pas, et que les fen\u00eatres finiraient par s\u2019ouvrira toutes seules si la maison r\u00e9sistait au temps<br><br>le petit pont, deux blocs de pierre grise, deux gros blocs, en suspension au-dessus de l\u2019eau, retenus par des amas de petites pierres immerg\u00e9es, mais comment font-elles pour soutenir ces deux gros blocs&nbsp;?<br><br>\u00e0 une \u00e9chelle r\u00e9duite, ce sont deux petits morceaux de sucre, l\u2019un d\u2019eux cass\u00e9 \u00e0 un coin<br><br>tiens, j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 pens\u00e9 \u00e0 \u00e7a, de l\u2019<em>eautre<\/em><br><br>le pont est toujours l\u00e0, il a toujours \u00e9t\u00e9 l\u00e0, il sera encore l\u00e0 longtemps, on passera et repassera, et quand le verre se sera \u00e9coul\u00e9, quand on aura pass\u00e9 et repass\u00e9 pendant des si\u00e8cles et des si\u00e8cles, la pierre, dessus, se sera un peu plus creus\u00e9e<br><br>\u00e0 un endroit, on a arrach\u00e9 la haie d\u2019arbres et nettoy\u00e9 la rivi\u00e8re \u00e0 coups de pelle, un vrai foss\u00e9<br><br>bruits&nbsp;: coup de fusil, du vent dans les feuilles, des oiseaux dans les arbres, un moustique derri\u00e8re, une mouche, un moteur au loin, la libellule qui passe, demoiselle l\u00e9g\u00e8re ou mod\u00e8le militaire, abeille-gu\u00eape-bourdon-frelon, la nu\u00e9e muette des mussets, le chien qui aboie, la pierre dans l\u2019eau, le chien qui saute, une vache qui brome, des craquements la nuit<br><br>la pierre est d\u2019un gris vert, couverte de lichens formant des taches, des aur\u00e9oles dans le m\u00eame ton, ici plus clair, l\u00e0 plus fonc\u00e9, des nuances entre poussi\u00e8re et argent, et de la mousse sur les bords et les c\u00f4t\u00e9s, plus ou moins \u00e9paisse, \u00e7a d\u00e9pend du temps, \u00e7a d\u00e9pend de la saison, d\u2019un vert tendre ou d\u2019un brun sec<br><br>le lit est relativement droit, l\u2019eau passe mollement, ressort en vrac sur un tas de pierres, un creux, part \u00e0 droite en clapotant<br><br>au pied de grands peupliers fr\u00e9missant<br><br>on arrive par un chemin, une trou\u00e9e dans la haie d\u2019arbres, une petite lev\u00e9e de terre pour le premier bloc, attention au trou pour passer sur le second bloc, on ressort en passant sur une all\u00e9e de quelques grosses pierres plus ou moins stables, on d\u00e9bouche sur le pr\u00e9 o\u00f9 vont les vaches, un champ \u00e0 c\u00f4t\u00e9, des haies d\u2019arbres de tous c\u00f4t\u00e9s, l\u2019autre petite rivi\u00e8re, l\u00e0-bas, l\u2019<em>eautre<\/em><br><br>l\u2019hiver&nbsp;: le pont entour\u00e9 d\u2019eau, le pr\u00e9 et le champ envahi, la mare derri\u00e8re les peupliers, ou bien l\u2019eau gel\u00e9e, les flaques dans le pr\u00e9, dans les trous, les pas des vaches, de l\u2019une \u00e0 l\u2019autre pour les briser comme du verre, mais le pont entour\u00e9 d\u2019eau, comme un ilot inaccessible<br><br>la bourgne du voisin, on la sortait de l\u2019eau, on d\u00e9livrait les poissons, on la d\u00e9pla\u00e7ait ailleurs<br><br>aujourd\u2019hui, la passerelle de grosses pierres sert de fondation \u00e0 une petite plateforme en ciment, le passage \u00e0 gu\u00e9 s\u2019est r\u00e9tr\u00e9ci, creus\u00e9 peut-\u00eatre, le trou a \u00e9t\u00e9 bouch\u00e9, les lichens et les mousses se sont r\u00e9pandues sur les nouvelles surfaces, la plaque d\u2019eau coule toujours aussi mollement, les feuilles mortes recouvrent tout quand vient l\u2019heure<br><br>araign\u00e9es d\u2019eau&nbsp;: gerris ou aquarius&nbsp;?<br><br>c\u2019est qu\u2019il faut se lever t\u00f4t pour le voir le pont \u00e9clair\u00e9 par le soleil, il faut \u00eatre l\u00e0 au petit matin, apr\u00e8s, le soleil, c\u2019est vite dans les feuillages pour tout le reste du jour, \u00e7a d\u00e9pend du moment, \u00e7a d\u00e9pend de la saison, \u00e7a d\u00e9pend du temps, apr\u00e8s, c\u2019est un jeu d\u2019ombres et de lumi\u00e8res<br><br>l\u2019\u00e9t\u00e9, le lierre dans peupliers qu\u2019on coupe, qu\u2019on d\u00e9gage un peu du tronc pour en faire une liane et hop&nbsp;! de l\u2019arbre au pont, au-dessus de l\u2019eau, pendant quelques jours, jusqu\u2019\u00e0 ce que la liane casse, tombe au fond du lit \u00e0 sec<br><br>le pr\u00e9 des vaches et des pique-niques de pain beurre au chocolat, \u00e0 jouer au Furet et au Mistigri, mauvais perdant<br><br>des grenouilles qu\u2019on entend bien, surtout le soir, des t\u00eatards dans le creux de la main, de tout petits poissons qui fuyaient, et va savoir ce qu\u2019on pouvait trouver au fond de la vase, glissant entre les doigts de pied<br><br>il y a eu un petit moulin \u00e0 eau construit avec des brindilles, bien cal\u00e9 avec de grosses pierres, la premi\u00e8re pluie l\u2019a emport\u00e9<br><br>qui pour tailler la haie&nbsp;?<br><br>une fois, on est pass\u00e9 sous le pont, une autre fois on a bu l\u2019eau de la rivi\u00e8re en se penchant, couch\u00e9 sur le gros bloc de pierre, la t\u00eate dans le vide, et \u00e7a faisait roter, le chien aussi buvait \u00e0 coups de langue et il aboyait, et quand les vaches buvaient, placides, il y avait une esp\u00e8ce de sifflement entre deux souffles nasaux, et quand elles avaient termin\u00e9 de boire, elles bavaient, l\u2019eau clapotait, \u00e7a moussait, comme \u00e7a moussait aussi les fois o\u00f9 on pissait le plus loin possible, les gerris ou les aquarius d\u00e9talaient en glissant comme sur une plaque de glace, et la mousse aussi glissait mollement, passait sous le pont sans ressortir de l\u2019<em>eautre<\/em> c\u00f4t\u00e9<br><br>l\u2019\u00e9t\u00e9, du pont on remontait le cours de la rivi\u00e8re, mais sans mettre le pied dans l\u2019eau, d\u2019un banc de sable \u00e0 une langue de terre, d\u2019une pierre instable \u00e0 une autre qui roule, sans passer par la berge, en s\u2019accrochant aux branches, jusqu\u2019au trou d\u2019eau, jusqu\u2019au point de jonction du ruisseau de la fontaine qui part \u00e0 droite, on dit <em>fontaine<\/em> mais c\u2019est une source couverte, et le lit de la rivi\u00e8re qui part \u00e0 gauche, jusqu\u2019\u00e0 ce point-l\u00e0 de la petite cascade<br><br>parfois on la descendait aussi, la rivi\u00e8re<br><br>la d\u00e9solation des grands peupliers abattus par la temp\u00eate du si\u00e8cle, racines \u00e0 ciel ouvert<br><br>ce petit pont de la Molle, ce vieux pont en forme de morceau sucre g\u00e9ant, c\u2019est une gueule avec une rigole invisible dedans o\u00f9 l\u2019eau se pr\u00e9cipite, se creuse, ou bosse, un peu comme au milieu de la langue du chien, et il aimait \u00e7a les morceaux de sucre, comme les pierres qu\u2019on jetait dans l\u2019eau et qu\u2019il allait chercher en sautant du pont, en aboyant<\/pre>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Marcel | possibilit\u00e9 |<\/h2>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;\u2026 je ne suis pas s\u00fbr de pouvoir t\u2019aider. Au fond de moi, j\u2019ai peur de ne pas pouvoir t\u2019aider. C\u2019est juste que parfois, j\u2019ai l\u2019impression que tu essaies de faire un film sur une possibilit\u00e9. \u2014 Et&nbsp;? \u2014 Eh bien\u2026 Qu\u2019est-ce qu\u2019une possibilit\u00e9&nbsp;? \u2014 Y a-t-il plus captivant qu\u2019une chose qui n\u2019est pas arriv\u00e9e&nbsp;? Ou pas encore arriv\u00e9e&nbsp;? Ou qui n\u2019arrivera jamais&nbsp;? \u2014 Les espaces vides, je sais. Tu l\u2019as dit. Je ne sais pas comment, mais\u2026 Je vais le faire. \u2014 Faire quoi&nbsp;? \u2014 T\u2019aider \u00e0 remplir ces espaces. Je vais r\u00e9primer mon envie de crier. Tu vas faire un film sur ce que tu connais, ce qui t\u2019entoure, sur le pr\u00e9sent. Pas sur un certain pass\u00e9 que tu as imagin\u00e9. Alors, allons-y. Nous allons te faire \u00e9crire quelque chose qui sera\u2026&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">(<em>Quelqu\u2019un devrait interdire les dimanches apr\u00e8s-midi<\/em>,<br>r\u00e9alisation Isabel Coixet,<br>4\/8)<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a de \u00e7a, oui, avec toi. Non&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div id=\"place\" class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-252ae10385821ee82f8d0ffb53b02379\" style=\"color:#d11919\">24032026<\/h1>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-medium-gray-background-color has-background\">Atelier 9 |<\/h2>\n\n\n\n<p><em>On \u00e9carte toutes les pesanteurs, les conventions, les esth\u00e9tiques qui nous font mal ou nous rebutent, on d\u00e9multiplie ces champs superpos\u00e9s du&nbsp;<\/em>que je n\u2019\u00e9crirai jamais<em>&nbsp;pour faire place vide et nette \u00e0 ce qui n\u2019a pas surgi encore, mais justement : on vient de franchir un pas pour s\u2019en approcher encore plus.<\/em> \u2014 <em>f<\/em><\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je n\u2019\u00e9crirai pas de premier livre. Peut-\u00eatre un second. Pourquoi pas un troisi\u00e8me. Voire un quatri\u00e8me, et quelques autres. Mais je ne crois pas. Je n\u2019aurai pas le temps. Et je ne suis pas s\u00fbr d\u2019en avoir envie. Mais c\u2019est normal, toute l\u2019envie se porte infiniment sur ce premier livre impossible.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je n\u2019\u00e9crirai pas de livre, je ne suis pas \u00e9crivain. Et puis, de toute fa\u00e7on, une \u0153uvre compl\u00e8te n\u2019y suffit pas. On n\u2019en reste toujours \u00e0 ce premier livre \u00e0 venir. On a beau essayer de l\u2019achever, accumuler mille et un tomes, on retrouve toujours la m\u00eame page blanche.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je n\u2019\u00e9crirai pas de livres, je n\u2019\u00e9crirai pas de phrases, je n\u2019\u00e9crirai pas de mots, et pas m\u00eame une lettre, un accent, une virgule, qui ne te soient adress\u00e9s. Qui que tu sois.<\/pre>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-3f70718352e5b29fbd23a5760b0d763f\" style=\"color:#d11919\">25032026<\/h1>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-medium-gray-background-color has-background\">Atelier 9 |<\/h2>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je n\u2019\u00e9crirai rien de ta vie. Comment le pouvoir&nbsp;? C\u2019est \u00e0 peine si tu as v\u00e9cu. Il ne reste rien de toi. Et ceux qui t\u2019ont connu sont morts. Reste qu\u2019une poign\u00e9e d\u2019anecdotes qu\u2019ils ont racont\u00e9es. Mais elles tombent dans l\u2019oubli de ceux qui les ont \u00e9cout\u00e9es. Bient\u00f4t, eux aussi mourront. Il ne restera que ton pr\u00e9nom et ton nom sur une page du vieux livret de famille. Et que fait-on des vieux livrets de famille&nbsp;?&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je n\u2019\u00e9crirai rien de ma vie. Ou alors des tranches de vie amplifi\u00e9es, d\u00e9form\u00e9es, revues et modifi\u00e9es. R\u00e9invent\u00e9es pour t\u00e9moigner de ce qu\u2019aurait pu \u00eatre la tienne. Sous l\u2019empire de la coupe. Entre les lignes.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je n\u2019\u00e9crirai pas une histoire. Ni lin\u00e9aire ni m\u00eame fragment\u00e9e, d\u00e9multipli\u00e9e sous forme de microhistoires. Sauf si l\u2019ensemble veut constituer le kal\u00e9idoscope de la v\u00e9rit\u00e9. Ou d\u2019une v\u00e9rit\u00e9. Au moins celle qui concerne l\u2019\u00e9criture. Avec un peu de chance, ce sera la partie valant pour le tout.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je n\u2019\u00e9crirai pas tous les mots. Qui le peut&nbsp;? Ceux qui font les dictionnaires, les encyclop\u00e9dies&nbsp;? On voit le r\u00e9sultat&nbsp;: tout reste \u00e0 inventer. Non pas tous les mots. Mais si je pouvais \u00e9crire quelques mots formant des touts, si \u00e9tranges soient-ils.<\/pre>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-3a9d9f720ef87f73d0c6041ecb04d1f9\" style=\"color:#d11919\">27032026<\/h1>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-medium-gray-background-color has-background\">Atelier 9 |<\/h2>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je n\u2019\u00e9crirai pas sans musique, sans monter le son, sans quelques pas de danse, m\u00eame sans style ni coh\u00e9rence. Comment mettre, sinon, le corps au service de l\u2019\u00e9criture, du texte \u00e0 venir&nbsp;?&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je n\u2019\u00e9crirai pas sans \u00e9crire autre chose que ce que j\u2019imagine devoir \u00e9crire. Je ne parle pas simplement de notes en tous genres, citation, description, micror\u00e9cit, r\u00e9flexion (\u00e0 \u00e9viter), essai po\u00e9tique\u2026 Je ne parle pas non plus de ce que le fait m\u00eame d\u2019\u00e9crire me dira ce que je cherche, impossible \u00e0 conna\u00eetre autrement. Je parle de ce que, relisant, je comprendrai que je n\u2019ai rien \u00e9crit, et que non seulement je n\u2019ai rien \u00e9crit mais, en plus, je suis l\u2019objet, peut-\u00eatre le jouet, de l\u2019\u00e9criture, comme ce personnage qu\u2019on n\u2019attendait pas, comme un t\u00e9moin assez g\u00eanant, et qu\u2019on aimerait voir dispara\u00eetre.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je n\u2019\u00e9crirai pas sans laisser de traces. Je n\u2019\u00e9crirai pas non plus sans faire de trous. Ni donner de la voix. Je n\u2019\u00e9crirai pas sans le chien qui se barre.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je n\u2019\u00e9crirai pas sans les obstacles \u00e0 l\u2019\u00e9criture, r\u00e9els ou imaginaires. Je n\u2019\u00e9crirai pas sans les combattre en vain, sans me d\u00e9battre comme un beau diable. Je n\u2019\u00e9crirai pas sans Jack, mon meilleur ennemi. Je n\u2019\u00e9crirai pas sans imaginer le pire, la peur au ventre, mais la fleur au fusil. Je n\u2019\u00e9crirai pas sans une danse macabre. Je n\u2019\u00e9crirai pas sans \u00e9loge de la folie. Je n\u2019\u00e9crirai pas sans toi.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je n\u2019\u00e9crirai pas sans demander pardon, sans pardonner, remercier, aimer, et dire au revoir. Je n\u2019\u00e9crirai pas sans penser \u00e0 la mort. Mais pas non plus, surtout pas, sans oublier de vivre, mille et une fois.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je n\u2019\u00e9crirai pas sans livres \u00e0 port\u00e9e de main.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je n\u2019\u00e9crirai pas sans une pointe d\u2019humour au bout des doigts, jusqu\u2019\u00e0 ce que chaque touche du clavier soit couverte de ce sang, cette poix, qui m\u2019emp\u00eache de suivre le chien qui se barre.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je n\u2019\u00e9crirai pas sans prendre en \u00e9charpe ma b\u00eatise, mon ignorance naturelle. Je n\u2019\u00e9crirai pas sans esp\u00e9rer resserrer la corde autour de son cou, et tant pis si je suis le premier \u00e0 en souffrir. Comment se d\u00e9faire du confort moderne, de nos petites manies idiotes, de nos tics de langage insignifiants, sans \u00eatre d\u00e9\u00e7u, honteux, sans se sentir trahi, sans se croire harcel\u00e9, pers\u00e9cut\u00e9&nbsp;?&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je n\u2019\u00e9crirai pas en pensant au lecteur, encore moins \u00e0 moi. Sauf pour les besoins du texte. Ce seront alors des personnages parmi les autres id\u00e9es qui vous traversent, parfois comme \u00e7a, l\u2019esprit.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je n\u2019\u00e9crirai pas sans relire en temps r\u00e9el, si possible, les mots, les phrases, peut-\u00eatre le paragraphe, et effacer, ajouter, r\u00e9\u00e9crire, permuter, combiner, couper, d\u00e9placer, avancer, reculer, coller, oublier, r\u00e9p\u00e9ter, retrouver, inverse, trouer\u2026&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je n\u2019\u00e9crirai pas sans jeter un \u0153il par la fen\u00eatre. Et cui-cui, le petit oiseau s\u2019est envol\u00e9. Pas les p\u00e2querettes.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je n\u2019\u00e9crirai pas sans la compagnie d\u2019un animal sauvage. Tique ou rhododendron&nbsp;? &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je n\u2019\u00e9crirai pas en prenant trop au s\u00e9rieux. Juste de quoi consid\u00e9rer l\u2019ironie, l\u2019autod\u00e9rision.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Je n\u2019\u00e9crirai pas sans me demander, \u00e0 un moment donn\u00e9 au moins&nbsp;: Faut-il privil\u00e9gier le fond ou la forme&nbsp;? Faut-il mettre l\u2019un au service de l\u2019autre&nbsp;? Ce n\u2019est qu\u2019un exercice de style parmi d\u2019autres ou une vraie recherche de la v\u00e9rit\u00e9&nbsp;? Peut-on d\u00e9tacher l\u2019un de l\u2019autre&nbsp;? Et si je montais le son&nbsp;? Et si je reprenais un peu de caf\u00e9&nbsp;? Et voil\u00e0 comment on se retrouve avec de belles taches.<\/pre>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-22712036bab5975e725a6c98e8d23145\" style=\"color:#d11919\">29032026<\/h1>\n\n\n\n<p>(Rien d\u2019autre. \u00c9trange.)<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a pourtant eu ce caf\u00e9 litt\u00e9raire pour des enfants, \u00e0 Celles. Chacun d\u2019eux avait apport\u00e9 un livre. Les questions ont aussi port\u00e9\u2026 par exemple, il pleut, tu pr\u00e9f\u00e8res quoi&nbsp;: tu vas prendre un livre, ou t\u2019allumes la t\u00e9l\u00e9, ou tu sors un jeu&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a eu les photos des stagiaires. Pour en parler, ils avaient pour consigne de cr\u00e9er des consignes pour les \u00e9tudier. Et c\u2019est toujours un autre qui parlait de la photo pour l\u2019une ou l\u2019un. Il se souvenait de ce qu\u2019il n\u2019avait pas v\u00e9cu.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a eu la soir\u00e9e Marsatek, o\u00f9 je ne suis pas all\u00e9. Neuf heures de techno en tous genres&nbsp;: <em>Tech House<\/em> de Fenfen, <em>Techno<\/em> de Riton, <em>Acid<\/em> de Chabz, <em>Psytechno<\/em> de Bizz, <em>Acidcore<\/em> de Roukette, <em>Hardstyle<\/em> de K1son, <em>Tribecore<\/em> de G-Netik, <em>Frenchcore<\/em> d\u2019Antoxine, et un set surprise sign\u00e9 T1T1 \/ Dr Akim.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a eu les \u00ab&nbsp;lampes-\u00e0-nuit&nbsp;\u00bb \u2014 qui allument l\u2019obscurit\u00e9 \u2014, et le \u00ab&nbsp;mordez-la-lumi\u00e8re&nbsp;\u00bb \u2014 qui fait jaillir de la bouche une lumi\u00e8re aussi vive que le soleil \u2014, de Salman Rushdie, dans <em>Haroun et la mer des histoires<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a eu ce passage dans l\u2019\u00e9cole de Brie, pour un concours de cr\u00e9ation de la une d\u2019un journal. Presque tous les comit\u00e9s de lecture ont choisi la d\u00e9p\u00eache de l\u2019opossum retrouv\u00e9 dans la boutique de peluche de l\u2019a\u00e9roport de Tasmanie.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a eu l\u2019atelier culinaire pour un millefeuille. Pendant qu\u2019il pr\u00e9pare le g\u00e2teau, Jean-Marie raconte aussi sa vie. Il a r\u00e9ussi le concours h\u00f4telier et rat\u00e9 le concours agricole. Il a fait son apprentissage \u00e0 Toulouse, il a cuisin\u00e9 le temps du service militaire, dans l\u2019Arm\u00e9e de l\u2019air, pour des g\u00e9n\u00e9raux \u00e0 Paris. Il aurait pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 l\u2019effectuer dans les \u00eeles. De retour, il a travaill\u00e9 dans l\u2019exploitation agricole familiale.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a eu cette histoire de crevette pistolet qui, comme un crabe, poss\u00e8de une pince et, comme un cowboy, s\u2019en sert comme d\u2019un flingue qu\u2019elle a l\u2019air de d\u00e9gainer, la pince se refermant dans un mouvement si rapide qu\u2019il g\u00e9n\u00e8re, dans l\u2019eau, un bruit aussi assourdissant qu\u2019un avion de chasse passant le mur du son, propulsant une petite bulle aussi chaude que le soleil.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a eu la fin de la s\u00e9rie <em>Quelqu\u2019un devrait interdire les dimanches apr\u00e8s-midi<\/em>, et ce plaidoyer pour les livres \u2014 et le cin\u00e9ma&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Une nouveaut\u00e9 en litt\u00e9rature c\u2019est quoi&nbsp;? Tous les livres qu\u2019on n\u2019a pas encore lus sont toujours des nouveaut\u00e9s&nbsp;! Peu importe qu\u2019il ait \u00e9t\u00e9 \u00e9crit hier ou\u2026 il y a trois si\u00e8cles. \u2014 Puis foutez-nous la paix aussi, avec vos bandeaux, l\u00e0, criards et mensongers. \u2014 <em>Un roman total\u2026 perturbateur et colossal\u2026 \u00e0 la crois\u00e9e d\u2019Emmanuel Carr\u00e8re et Truman Capote\u2026<\/em> Eh\u2026 Boum&nbsp;! \u2014 Laissez-nous \u00eatre en retard, hasbeen, pas au parfum et alors&nbsp;? \u2014 La litt\u00e9rature, c\u2019est comme du cin\u00e9ma&nbsp;: c\u2019est un art immortel on a toute la vie pour. \u2014 Kafka il a \u00e9crit, \u00ab&nbsp;un livre doit \u00eatre la hache qui brise la mer gel\u00e9e en vous&nbsp;\u00bb. Moi j\u2019aimerais bien que\u2026 \u00e0 la place des rayons rentr\u00e9e litt\u00e9raire, chaque libraire r\u00e9serve un pr\u00e9sentoir aux livres qui ont \u00e9t\u00e9 comme des haches dans la mer gel\u00e9e en lui. \u00c7a se serait beau. Ce serait singulier. D\u2019un coup, entrer dans une librairie ce serait comme entrer dans une grotte secr\u00e8te&nbsp;! Une maison particuli\u00e8re qui appartiendrait qu\u2019\u00e0 ce libraire-l\u00e0. Et puis\u2026 on en ressortirait peut-\u00eatre un peu moins con. Puis un peu moins seul.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Et puis il y a eu\u2026<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/1-1024x683.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-207765\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/1-1024x683.png 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/1-420x280.png 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/1-768x512.png 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/03\/1.png 1536w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>C\u2019est pendant le caf\u00e9 litt\u00e9raire, l\u2019ancien instituteur avec ses derniers \u00e9l\u00e8ves qu\u2019il retrouvait l\u2019espace d\u2019un instant. Le filtre Ghibli en dit-il plus, mieux, que la photo que j\u2019ai prise&nbsp;? En tout cas, derri\u00e8re&nbsp;: elle m\u00e8ne o\u00f9 la porte dans le paysage&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-0b66d31ef4ab99f20e3042f1cca8d1d4\" style=\"color:#d11919\">01042026<\/h1>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Travail |<\/h2>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Autre chose est la valeur du travail. Je veux dire, pour soi-m\u00eame. Le fait, oui, de travailler, d\u2019accepter le temps long. De partir d\u2019un point A, de non-connaissance, pour arriver non pas \u00e0 une connaissance mais\u2026 justement, \u00e9prouver un chemin. \u00c0 acqu\u00e9rir quelque chose, \u2013 non pas tellement une connaissance (puisque si vous savez quelque chose, ce que vous savez d\u2019abord, c\u2019est que vous ne le savez pas), mais comment dire ? un d\u00e9fi relev\u00e9 sur soi-m\u00eame. \u2013 La joie que chacun peut \u00e9prouver de s\u2019\u00eatre surpris soi-m\u00eame, d\u2019avoir fait quelque chose dont il se sentait incapable\u2026 C\u2019est une loi, pourtant, \u00e7a aussi : si tu ne demandes pas \u00e0 tes \u00e9l\u00e8ves beaucoup, beaucoup plus que ce qu\u2019ils pensent pouvoir te donner, tu ne leur demandes rien, \u2013 tu leur fais perdre leur temps. Au fond, tu les m\u00e9prises, parce que tu pars de l\u2019id\u00e9e qu\u2019ils resteront toujours ce qu\u2019ils sont au moment o\u00f9, au tout d\u00e9but de leur vie, tu les vois. Et, ce m\u00e9pris, c\u2019est peu dire qu\u2019ils le sentent, et s\u2019ils te rendent. Mais cette lumi\u00e8re dans les yeux quand tu vois qu\u2019ils d\u00e9couvrent quelque chose, pas \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, mais en eux-m\u00eames \u2013 qu\u2019il y a quelque chose qui les a bouscul\u00e9s dans ce que tu leur dis ou ce que tu leur fais faire. Pas tous, \u00e9videmment, \u2013 mais, au fond, si, tous. Si c\u2019est cela, \u00eatre \u00e9litiste, alors\u2026 nous n\u2019avons pas la m\u00eame id\u00e9e de l\u2019humanit\u00e9.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>(Andr\u00e9 Markowicz, page Facebook)<\/p>\n\n\n\n<p>Ce \u00ab&nbsp;et s\u2019ils te rendent&nbsp;\u00bb\u2026 il doit manquer quelque chose, ou c\u2019est d\u00e9form\u00e9, mais je ne parviens pas \u00e0 rectifier.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Structure |<\/h2>\n\n\n\n<p>On s\u2019est donn\u00e9 pour mission (<em>on, c\u2019est qui&nbsp;?<\/em> dirait la psy) d\u2019\u00e9tablir une <em>charte du bon accueil <\/em>de la structure. En soi, \u00e7a peut para\u00eetre une bonne chose. Mais en fait, l\u00e0 o\u00f9 il y a \u00e9tablissement de lois, de r\u00e8gles fondamentales (<em>constitutionnelles<\/em> m\u00eame, \u00e0 l\u2019origine, et dict\u00e9es par un <em>souverain<\/em> \u2014 passons sur le titre de propri\u00e9t\u00e9 au moyen \u00e2ge), il y a aussi un manque, des besoins, et, donc&nbsp;: il n\u2019y a pas vraiment de bon accueil&nbsp;; il y a peut-\u00eatre mauvais accueil (et s\u2019il n\u2019y avait m\u00eame pas d\u2019accueil&nbsp;?). Le bon sentiment part d\u2019un mauvais. Mais le plus p\u00e9nible, dans l\u2019histoire, c\u2019est quand on met en avant ses bons sentiments, avec les gros sabots des valeurs \u2014 ah, les valeurs\u2026 une esp\u00e8ce d\u2019opium pour peuple en mal de religion&nbsp;? \u2014, pour mieux\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Et zut&nbsp;! On m\u2019a compris, non&nbsp;? Que je suis en col\u00e8re. Pour le reste, faut pas faire attention. \u2014 Sauf aux valeurs. Ce n\u2019est pas la peine de parler de redonner de la dignit\u00e9 aux uns (nos apprenants), quand on l\u2019enl\u00e8ve aux autres (les professeurs) en les mettant tous, sans distinction ni discussion, dans le m\u00eame panier de crabes, cause du malheur des premiers.<\/p>\n\n\n\n<p>Et puis zut&nbsp;! En plus, on perdait notre temps de pr\u00e9pa.<br><\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-f99c4736fba8a409caaa5661f1403fb7\" style=\"color:#d11919\">02042026<\/h1>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Correspondance |<\/h2>\n\n\n\n<p>S\u00e9bastien Bailly, <em>Ma\u00eetriser les techniques r\u00e9dactionnelles<\/em>&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Le journaliste donne \u00e0 voir&nbsp;: son style est en prise avec le r\u00e9el.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Et l\u2019\u00e9crivain alors&nbsp;? Il a un petit truc en plus&nbsp;? \u2014 Je crois qu\u2019avec le r\u00e9el c\u2019est le seul moyen qu\u2019il a d\u2019\u00eatre en prise avec la langue. C\u2019est r\u00e9versible. \u2014 Et pas le journaliste&nbsp;? \u2014 Pas tout \u00e0 fait. Ou juste en surface, avec la langue la plus courante du lecteur qui cherche \u00e0 comprendre le r\u00e9el, pas la langue qui le permet. \u2014 Tu crois&nbsp;? Vraiment&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>(<em>Cens\u00e9<\/em>, il n\u2019est pas cens\u00e9 (pas plus qu\u2019il ne serait sens\u00e9) de l\u2019\u00e9crire <em>sens\u00e9<\/em>.)<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-af7fdd1d18c5d92f9d9e08bea172dea8\" style=\"color:#d11919\">04042026<\/h1>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Correspondances |<\/h2>\n\n\n\n<p>Avouons&nbsp;: en contactant le journal pour devenir correspondant de presse local, j\u2019y suis \u00ab\u00a0all\u00e9 au talent\u00a0\u00bb comme on dit. Depuis plus d\u2019un an, \u00e7a ne d\u00e9range a priori personne \u2014 du moins pas au journal\u2026 Mais moi, maintenant, j\u2019\u00e9prouve un besoin de changement, ou de r\u00e9ajustement. Et je dois dire que le livre de S\u00e9bastien Bailly, que je poss\u00e8de depuis quelques ann\u00e9es \u2014 oui, j\u2019acquiers parfois des livres que je feuillette mais ne lis que des ann\u00e9es plus tard \u2014, est parfait. Non seulement je r\u00e9vise certaines notions et techniques plus ou moins oubli\u00e9es \u2014 la question de la densit\u00e9 \u2014 mais surtout j\u2019en apprends de nouvelles&nbsp;: de la m\u00e9thode de r\u00e9\u00e9criture d\u2019une m\u00eame phrase en employant d\u2019autres mots (entre synonymes et m\u00e9taphores) au plan de la pyramide invers\u00e9e (inconnu jusqu\u2019alors) \u2014 et ses origines li\u00e9es aux probl\u00e8mes de communication t\u00e9l\u00e9graphique durant la guerre de S\u00e9cession \u2014 et l\u2019astucieux plan ap\u00e9ro.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Musique | m\u00e9ditative |<\/h2>\n\n\n\n<p>J\u2019ai aussi re\u00e7u le disque de Laurent Garnier <em>33 tours et puis s\u2019en vont<\/em>. La premi\u00e8re plage fait intervenir Alan Watts&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>the easiest way to get into the meditative state is to begin by listening [Music] if you simply close your eyes and allow yourself to hear all the sounds that are going on around you just listen to the general hum and Buzz of the world as if you were listening to music [Music] don&rsquo;t try to identify the sounds you&rsquo;re hearing don&rsquo;t put names on them simply allow them to play with your eardrums and let them go let your ears hear whatever they want to hear<br><br><\/p>\n\n\n\n<p>01:03[Music] don&rsquo;t judge the sounds there are no as it were proper sounds or improper sounds and it doesn&rsquo;t matter if somebody coughs or sneezes or drop something it&rsquo;s all just sound don&rsquo;t try to make any sense out of what I&rsquo;m saying because your brain will take care of that automatically you don&rsquo;t have to try to understand anything just listen to the sound [Music] just listen to the sound just listen to the sound thank you<br><br><\/p>\n\n\n\n<p>02:50[Music] foreign [Music] [Music] foreign<br>04:29[Music] [Music] [Music] foreign [Music]<br>05:47[Music] thank you foreign<br>07:59[Music] [Music] [Music] thank you [Music] foreign<\/p>\n\n\n\n<p>09:12now it&rsquo;s amazing what doesn&rsquo;t exist in the real world for example in the real world there aren&rsquo;t any things nor are there any events that doesn&rsquo;t mean to say that the real world is a perfectly featureless blank it means that it is a marvelous system of wiggles in which we describe things and events in the same way as we would project images on a rorschach plot or pick out particular groups of stars in the sky and call them constellations as if they were separate groups of stars well they&rsquo;re groups of stars in the mind&rsquo;s eye in our system of concepts<br><br><br><br><\/p>\n\n\n\n<p>10:07 they are not out there as constellations already grouped in the sky [Music] so in the same way the difference between myself and all the rest of the universe is nothing more than an idea it is not a real difference and meditation is the way in which we come to feel our basic inseparability from the whole universe and what that requires is that we shut up&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p><em>La mani\u00e8re la plus simple d&rsquo;entrer dans un \u00e9tat m\u00e9ditatif est de commencer par \u00e9couter [Musique] Si vous fermez simplement les yeux et que vous vous laissez aller \u00e0 entendre tous les sons qui vous entourent, \u00e9coutez simplement le bourdonnement et le brouhaha du monde comme si vous \u00e9coutiez de la musique [Musique] N&rsquo;essayez pas d&rsquo;identifier les sons que vous entendez, ne leur donnez pas de nom, laissez-les simplement jouer avec vos tympans et laissez-les partir, laissez vos oreilles entendre ce qu&rsquo;elles veulent entendre<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>01:03 [Musique] Ne jugez pas les sons ; il n\u2019y a pas, pour ainsi dire, de sons appropri\u00e9s ou inappropri\u00e9s, et peu importe si quelqu\u2019un tousse, \u00e9ternue ou fait tomber quelque chose : ce ne sont que des sons. N\u2019essayez pas de donner un sens \u00e0 ce que je dis, car votre cerveau s\u2019en chargera automatiquement. Vous n\u2019avez pas besoin d\u2019essayer de comprendre quoi que ce soit, contentez-vous d\u2019\u00e9couter le son [Musique] ; contentez-vous d\u2019\u00e9couter le son ; contentez-vous d\u2019\u00e9couter le son. Merci<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>02:50 [Musique] \u00e9tranger [Musique] [Musique] \u00e9tranger<br>04:29 [Musique] [Musique] [Musique] \u00e9tranger [Musique]<br>05:47 [Musique] merci \u00e9tranger<br>07:59 [Musique] [Musique] [Musique] merci [Musique] \u00e9tranger<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>09:12 C&rsquo;est incroyable de voir ce qui n&rsquo;existe pas dans le monde r\u00e9el : par exemple, dans le monde r\u00e9el, il n&rsquo;y a ni objets ni \u00e9v\u00e9nements. Cela ne veut pas dire que le monde r\u00e9el est un vide parfaitement d\u00e9pourvu de caract\u00e9ristiques ; cela signifie qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un merveilleux syst\u00e8me de fluctuations dans lequel nous d\u00e9crivons les choses et les \u00e9v\u00e9nements de la m\u00eame mani\u00e8re que nous projetterions des images sur un test de Rorschach ou que nous distinguerions des groupes particuliers d\u2019\u00e9toiles dans le ciel pour les appeler des constellations, comme s\u2019il s\u2019agissait de groupes d\u2019\u00e9toiles distincts. En r\u00e9alit\u00e9, ce sont des groupes d\u2019\u00e9toiles dans l\u2019\u0153il de l\u2019esprit, au sein de notre syst\u00e8me de concepts.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>10:07 elles n\u2019existent pas dans le ciel sous forme de constellations d\u00e9j\u00e0 form\u00e9es [Musique] ; de la m\u00eame mani\u00e8re, la diff\u00e9rence entre moi-m\u00eame et le reste de l\u2019univers n\u2019est rien d\u2019autre qu\u2019une id\u00e9e, ce n\u2019est pas une diff\u00e9rence r\u00e9elle, et la m\u00e9ditation est le moyen par lequel nous en venons \u00e0 ressentir notre ins\u00e9parabilit\u00e9 fondamentale de l\u2019univers tout entier, et pour cela, il faut que nous nous taisions<\/em><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<div id=\"vies\" class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h2 class=\"wp-block-heading has-medium-gray-background-color has-background\">Atelier 10 | vies de&#8230;<\/h2>\n\n\n\n<p>De <em>f<\/em>&nbsp;\u2014 \u00e0 peu pr\u00e8s&nbsp;: &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <em>accumuler &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; une s\u00e9rie de figures avec personnages&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; r\u00e9els ou imaginaires&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; qui pourront se fusionner dans un ou plusieurs des personnages&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; une br\u00e8ve notice, fa\u00e7on encyclop\u00e9die&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; pour l\u2019amont de l\u2019\u00e9criture \u00e0 venir&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; collection de \u00ab&nbsp;vies br\u00e8ves&nbsp;\u00bb&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; qui serviront de socle invisible \u00e0 notre r\u00e9cit&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; ou simplement aider \u00e0 en construire le contexte, le soubassement<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 tout seigneur\u2026<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\"><em>Vie du petit Marcel<\/em><br><br>Apr\u00e8s sa mort, c\u2019est un peu comme le soldat inconnu, l\u2019identit\u00e9 en plus, la guerre en moins.<\/pre>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Lecture | Marcel |<\/h2>\n\n\n\n<p>Je viens de recevoir, enfin, le journal de Cesare Pavese,<em> Le M\u00e9tier de vivre<\/em>. Passons les pages introductives qui me seront utiles plus tard. Et voyons dans la po\u00e9sie tout ce qui rel\u00e8ve du travail, du soin, qu\u2019on apporte \u00e0 l\u2019\u00e9criture. D\u00e8s la premi\u00e8re entr\u00e9e (6 octobre 35)&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;\u2026 ce qui donne d\u2019abord sa tension \u00e0 la po\u00e9sie, c\u2019est l\u2019anxi\u00e9t\u00e9 des r\u00e9alit\u00e9s spirituelles ignor\u00e9es, pressenties comme possibles.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>La question des possibles, avec le petit Marcel&nbsp;: entre sa vie \u00e9ph\u00e9m\u00e8re \u2014 m\u00eame si elles le sont toutes \u2014 et ces tranches de vie qu\u2019on imagine s\u2019il avait v\u00e9cu.<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-code\"><code><em>non&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; voil\u00e0 que \u00e7a recommence&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; vous entendez ces petits coups derri\u00e8re le mur&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; trois coups \u00e7a vient de faire vous entendez<\/em><\/code><\/pre>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-4ca90e4f402d364c49facf3c6754295e\" style=\"color:#d11919\">05042026<\/h1>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20260331_152658-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-208077\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20260331_152658-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20260331_152658-420x236.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20260331_152658-768x432.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20260331_152658-1536x864.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20260331_152658-2048x1152.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><em>L\u2019autre jour, en revenant de l\u2019\u00e9cole primaire d\u2019Archiac. Je me suis arr\u00eat\u00e9 pour aller voir cette \u00e9trange fleur au milieu des vignes. Je ne me suis pas avanc\u00e9. Prudent, je suis rest\u00e9 dans la chinte. Cette fleur-l\u00e0 m\u2019a soudain sembl\u00e9 beaucoup plus sauvage et animale qu\u2019elle n\u2019en avait l\u2019air quand je l\u2019ai aper\u00e7ue depuis la route, \u00e0 l\u2019aller. En fait, c\u2019\u00e9tait plut\u00f4t un \u0153il g\u00e9ant mont\u00e9 sur \u00e9chasse. Un \u0153il en forme d\u2019\u00e9toile, comme certains orifices buccaux d\u2019o\u00f9 sortent certains estomacs. (Et si c\u2019\u00e9tait une porte&nbsp;? un seuil vers une autre dimension&nbsp;?<\/em><\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-code\"><code>&nbsp;(&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; <em>non&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00e7a recommence&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; ces coups derri\u00e8re le mur&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; trois petits coups encore et \u00e7a devrait recommencer&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; )<\/em><\/code><\/pre>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Correspondances |<\/h2>\n\n\n\n<p>Aujourd\u2019hui, un march\u00e9 artisanal \u00e0 Cierzac, huit commer\u00e7ants locaux invit\u00e9s par le comit\u00e9 des f\u00eates. Certains d\u00e9crivent leur travail&nbsp;: la jeune <em>motion designer<\/em> la semaine, qui fabrique des objets fantaisies (magnets, porte-savons, pampilles\u2026) en argile ou r\u00e9sine, qu\u2019elle peint et vernit \u2014 j\u2019avais besoin d\u2019une activit\u00e9 manuelle \u2014&nbsp;; le brasseur, en reconversion, ses bols de houblon, de levure, de malt d\u2019orge, malt de bl\u00e9, sa bouteille d\u2019eau \u2014 la bi\u00e8re, c\u2019est que \u00e7a avec de l\u2019eau \u2014, avec une bonne ma\u00eetrise de la germination de l\u2019orge et du bl\u00e9, de la chauffe pour la couper, \u00e0 bonne temp\u00e9rature, des dosages selon les go\u00fbts, de la fermentation \u2014 vous voulez go\u00fbter&nbsp;? \u2014&nbsp;; les apiculteurs, lui distillateur et elle secr\u00e9taire, qui longent la vall\u00e9e du N\u00e9, chaque week-end, pour s\u2019occuper des ruches et r\u00e9colter leur miel des marais \u2014 des marais&nbsp;?! \u2014&nbsp;; la cr\u00e9atrice de bijoux en fleurs s\u00e9ch\u00e9es et assiettes cass\u00e9es, parfois de toutes petites fleurs manipul\u00e9es avec une pince \u00e0 \u00e9piler \u2014 pour les assiettes, je d\u00e9coupe le motif et je l\u2019amincis pour garder la couche \u00e9maill\u00e9e et je recouvre de r\u00e9sine dans un petit moule.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour moi, l\u2019essentiel est l\u00e0, et il en manque. Mais si chacun, chacune, me parle sans probl\u00e8me de son travail, on aurait peut-\u00eatre aim\u00e9 que je ne reparte pas les mains vides. Pour eux, l\u2019essentiel est l\u00e0 aussi.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Lecture |<\/h2>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Quand on parle, on campe dans sa parole. Quand on se tait, on campe dans son silence. Quand on joue de la musique, on l\u00e8ve le camp, on replie sa tente et on s\u2019\u00e9loigne dans le chant faible, d\u00e9livr\u00e9 de la corv\u00e9e de dire et de se taire.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>(Christian Bobin, <em>L\u2019Homme-joie<\/em>)<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-2ad17f2cb64d1ce4fc557f37f4faa461\" style=\"color:#d11919\">06042026<\/h1>\n\n\n\n<p>(La journ\u00e9e a \u00e9t\u00e9 douce et ensoleill\u00e9e. La nuit est \u00e9toil\u00e9e et silencieuse.)<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-code\"><code><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; non&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; mais non&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00e7a va recommencer&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; ces petits coups derri\u00e8re le mur&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; trois petits coups non non \u00e7a va recommencer<\/em><\/code><\/pre>\n\n\n\n<p>Soit la conception de la po\u00e9sie de Cesare Pavese comme composition d\u2019&nbsp;\u00ab&nbsp;un r\u00e9cit riche de rapports, qui \u00e9quivaille habilement \u00e0 un jugement de valeur&nbsp;\u00bb \u2014 m\u00eame s\u2019il s\u2019en distancie ensuite. Quels rapports les quelques mots ci-dessus entretiennent-ils&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Il s\u2019agit de pr\u00e9senter la voix du petit Marcel. Or, il est mort depuis pr\u00e8s d\u2019un si\u00e8cle. Et il est mort tr\u00e8s jeune, \u00e0 peine un an, sans avoir pu pleinement parler. Son apprentissage de la langue, encore naissant, est donc rest\u00e9 particuli\u00e8rement fragmentaire. Pas de structuration grammaticale, a priori. Ou alors minimale, et peut-\u00eatre sous l\u2019influence de quelques mots saisis individuellement, ou par blocs r\u00e9duits, les uns apr\u00e8s les autres, m\u00eame si mal formul\u00e9s, voire pas du tout, pas encore, l\u2019ensemble formant, disons, une esp\u00e8ce de nuages de mots. Ou un iceberg, avec une partie \u00e9merg\u00e9e, et une partie immerg\u00e9e qui maintient l\u2019ensemble \u00e0 flot.<\/p>\n\n\n\n<p>Et puis la question du temps. Il se passe quelque chose, ou quelque chose arrive et il va se passer quelque chose, bient\u00f4t, et on le sait, on le sent d\u2019autant mieux que c\u2019est d\u00e9j\u00e0 arriv\u00e9, nagu\u00e8re ou jadis \u2014 allez savoir.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h2 class=\"wp-block-heading has-medium-gray-background-color has-background\">Atelier 10 |<\/h2>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\"><em><strong>Le p\u00e8re Fissou<\/strong><\/em><br><br>Il n\u2019est pas all\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9cole longtemps. Juste le temps de savoir lire, \u00e9crire, compter. Le reste du temps, il l\u2019a pass\u00e9 dans les champs, \u00e0 aider son beau-fr\u00e8re et sa s\u0153ur, bien plus vieux, qui l\u2019ont \u00e9lev\u00e9 apr\u00e8s la mort de leurs parents. Jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il soit mobilis\u00e9 \u00e0 la fin de la Premi\u00e8re Guerre mondiale. Il est envoy\u00e9 dans la Rh\u00e9nanie occup\u00e9e par la France. Mais o\u00f9&nbsp;? Et pour y faire quoi&nbsp;?<br><br>Le reste, c\u2019est les champs, couteau en poche, serpette ou faucille en main, faux sur l\u2019\u00e9paule, de gros sabots aux pieds l\u2019hiver, en flanelle l\u2019\u00e9t\u00e9, un mouchoir \u00e0 carreaux sur la t\u00eate, les coins entortill\u00e9s. Il meurt seul dans son lit, la nuit. \u2014 L\u2019essentiel, c\u2019est le petit Marcel&nbsp;: ce premier enfant qu\u2019il enterrera \u00e0 peine un an apr\u00e8s sa naissance. \u2014 Et peut-\u00eatre bien sa femme aussi, symboliquement. L\u2019essentiel c\u2019est la petite Lulu, deux ans plus tard&nbsp;: sa fille unique \u2014 qui jamais ne le sera totalement.<\/pre>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-44369bf6e94b91865fbc63af4e384e05\" style=\"color:#d11919\">07042026<\/h1>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h2 class=\"wp-block-heading has-medium-gray-background-color has-background\">Atelier 10 |<\/h2>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\"><strong><em>La m\u00e8re Fissou, ou Alice<\/em><br><\/strong><br>N\u00e9e en 1897, d\u00e9c\u00e9d\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 97 ans.<br><br>\u00c0 7 ans, elle perd sa plus jeune s\u0153ur. En 1927, elle perd son premier fils.<br><br>Comment a-t-elle v\u00e9cu l\u2019absence du p\u00e8re Fissou, mobilis\u00e9 durant la Seconde Guerre mondiale&nbsp;?<br><br>Elle a fini par se perdre dans le hameau. On la ramenait \u00e0 la maison.<br><br>Elle a fini par oublier les noms de ses proches. On a arr\u00eat\u00e9 de les lui rappeler.<br><br>Elle a aussi oubli\u00e9 les mots et la mobilit\u00e9. Elle ne faisait plus que gazouiller dans son lit.<br><br>Elle a aussi pleur\u00e9 la mort du fils de sa s\u0153ur.<br><br>Elle a arr\u00eat\u00e9 de pleurer \u00e0 un moment donn\u00e9. C\u2019est-\u00e0-dire qu\u2019 \u00ab&nbsp;elle a failli devenir folle&nbsp;!&nbsp;\u00bb, disait le p\u00e8re Fissou.<br><br>Elle aura travaill\u00e9 dans les champs et en cuisine. Mais la seule activit\u00e9 que je l\u2019imagine faire, vraiment, de tout son \u00eatre, c\u2019est filer avec le rouet. Elle aura beaucoup fil\u00e9. Elle aura fil\u00e9 et fait des n\u0153uds impossibles \u00e0 d\u00e9lier. Pour des pelotes et des pelotes de n\u0153uds durs qu\u2019elle avalait, fourrait dans son ventre pour les cacher. Sauf que la petite Lulu, un jour, l\u2019a vue faire.<br><br>Au fond, la maladie l\u2019aura aid\u00e9e \u00e0 retrouver en elle l\u2019\u00eatre cher que la vie lui a arrach\u00e9, alors qu\u2019on allait f\u00eater son premier anniversaire.<br><br>Lulu lui mettait des couches, lui faisait la toilette, lui donnait \u00e0 manger \u00e0 la cuiller. Elle ne buvait pas au biberon.<br><br>A-t-elle alors v\u00e9cu sa mort ou celle du fils&nbsp;?<br><br><br><br><br><strong><em>Vie de la petite Lulu<\/em><br><\/strong><br>Retenons qu\u2019elle attachait les col\u00e9opt\u00e8res pour en faire des cerfs-volants, et qu\u2019elle chatouillait les grillons avec un f\u00e9tu de paille. Elle a aussi beaucoup aim\u00e9 les chiens. Le fr\u00e8re qu\u2019elle n\u2019a pas connu lui a beaucoup manqu\u00e9. (Pour le reste, nous renvoyons \u00e0 sa n\u00e9crologie.)<\/pre>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Lecture |<\/h2>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Un livre est voyant ou il n\u2019est rien. Son travail est d\u2019allumer la lumi\u00e8re dans les palais de nos cerveaux d\u00e9serts.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>(Christian Bobin, <em>L\u2019Homme-joie<\/em>)<strong><br><\/strong><\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-1d1dd46f94676034743020ac8c334e6a\" style=\"color:#d11919\">08042026<\/h1>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20260409_083421-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-208078\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20260409_083421-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20260409_083421-420x236.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20260409_083421-768x432.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20260409_083421-1536x864.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20260409_083421-2048x1152.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>(Pommiers du jardin en fleurs. Mais l\u2019image ne traduit malheureusement pas le rayonnement de leur blancheur. Les fleurs \u00e9clataient comme du popcorn.)<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-1f9de94972753caaf4d50a83e171d308\" style=\"color:#d11919\">09042026<\/h1>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h2 class=\"wp-block-heading has-medium-gray-background-color has-background\">Atelier 10 |<\/h2>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\"><strong><em>Vie du chien qui se barre<\/em><br><\/strong><br>Souvent, il accompagne la petite Lulu. Elle se prom\u00e8ne. Il la suit, il la devance, il s\u2019\u00e9loigne, il revient. La truffe au sol, les oreilles dress\u00e9es. Pipi ici, caca l\u00e0, et des cailloux, des brins d\u2019herbe volent. Il la suit dans le grenier, en montant l\u2019escalier raide, il fur\u00e8te les recoins sombres et revient une toile d\u2019araign\u00e9e sur le museau. Si elle ouvre une fen\u00eatre, il vient jeter un \u0153il, passe la t\u00eate. Parfois, elle ouvre le portail et, s\u2019il sent qu\u2019elle ne veut pas qu\u2019il sorte, il s\u2019engouffre, la renverse, et file comme s\u2019il \u00e9tait poursuivi. On ne le revoit pas avant quelque temps. Il vit avec la meute en lui.<\/pre>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p>(C\u2019est toujours la m\u00eame histoire, en fait. Mais elle insiste. Le chien cherche encore le moyen de se barrer. Sa meute avec lui.)<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Marcel |<\/h2>\n\n\n\n<p>\u00c0 propos des malades d\u2019Alzheimer, Bobin \u00e9crit&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Parfois aussi ils parlent \u00e0 leurs morts. Eux qui oublient tout n\u2019oublient pas ceux qui les ont \u00e9blouis dans des temps anciens.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>J\u2019avais oubli\u00e9 ce passage, et tout le texte au sujet de ces malades. \u2014 Vraiment&nbsp;? Ta relecture de <em>L\u2019Homme-joie<\/em> ne rel\u00e8verait-elle pas alors d\u2019une sorte d\u2019instinct&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Lecture |<\/h2>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;La beaut\u00e9 a puissance de r\u00e9surrection. Il suffit de voir et d\u2019entendre. C\u2019est par distraction que nous n\u2019entrons pas au paradis de notre vivant, uniquement par distraction.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>(Christian Bobin, <em>L\u2019Homme-joie<\/em>)<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-ad829d5dfa61e5990ce7384c03e5a2df\" style=\"color:#d11919\">10042026<\/h1>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h2 class=\"wp-block-heading has-medium-gray-background-color has-background\">Atelier 10 |<\/h2>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\"><strong><em>Vie du chien qui se barre<\/em><br><\/strong><br>Dans les ronces. Un morceau de bois coinc\u00e9 dans la gueule. Pelage gras et fra\u00eechin. Des restes de card\u00e8re sur le poil. Les coussinets fendus. Du sang sec sur le museau. Un \u0153il rouge et gonfl\u00e9. Des \u00e9gratignures sur une cuisse. Une odeur de crev\u00e9.<\/pre>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p><em>Card\u00e8re<\/em>&nbsp;:&nbsp; on dit aussi <em>cabaret des oiseaux<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Marcel |<\/h2>\n\n\n\n<p>(Je cherche encore, cet incipit.)<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-code\"><code><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; non&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; mais non&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; \u00e7a va recommencer&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; ces petits coups derri\u00e8re le mur&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; trois petits coups non non \u00e7a va recommencer&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; et puis apr\u00e8s quoi et puis alors me revoil\u00e0 et on m\u2019appellera trois fois comme \u00e7a encore&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; encore une fois, ces coups sur le mur, tu as entendu, ils \u00e9taient plus forts&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; on me recherche, encore une fois, je ne sais vraiment pas pourquoi&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; pourquoi je me trouverais dans l\u2019image, pourquoi faut-il que je me trouve dans la photo, je n\u2019y suis pas, il le sait, je n'y serai jamais, il persiste, pourquoi&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; pourquoi pas, apr\u00e8s tout, s\u2019il appara\u00eet que je suis comme un g\u00e9nie, tout peut m\u2019arriver, mais de quoi, g\u00e9nie, c\u2019est peut-\u00eatre ce qu\u2019il cherche, mais \u00e7a tombe sous le sens, non, que c\u2019est des murs&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; de ce mur d\u2019image, de ce mur vide, de noir et de blanc, blanc cass\u00e9, de grain pass\u00e9, et fondu, \u00e7a tombe sous le sens, ou alors g\u00e9nie des fissures, ou g\u00e9nie de la foudre, c\u2019est \u00e7a qui s\u2019est abattu, non, cette ombre dispers\u00e9e sur le mur, c\u2019est un coup de foudre, c\u2019est le mur fendu, non, apr\u00e8s trois coups, trois roulements de tonnerre, vivement les pluies<\/em><\/code><\/pre>\n\n\n\n<p>Et s\u2019il s\u2019agissait d\u2019une voix diff\u00e9rente \u00e0 chaque reprise&nbsp;? Ou la m\u00eame voix dans ses possibles. La m\u00eame voix qui se cherche, se perd \u00e0 chaque fois, reprend sans se reconna\u00eetre. (Mais les fragments devraient, a minima, \u00eatre d\u00e9sordonn\u00e9s.)<\/p>\n\n\n\n<p>Oui, j\u2019aimerais que cette voix, malgr\u00e9 l\u2019absence de majuscule, une ponctuation r\u00e9duite \u00e0 rien \u2014 seule la virgule, pour un peu d\u2019assurance, une premi\u00e8re pouss\u00e9e de croissance de la langue, prenant appui sur l\u2019intensit\u00e9 des coups advenus&nbsp;; il y aura des points&nbsp;; pas de majuscule \u2014 et les trous&nbsp;: j\u2019aimerais qu\u2019elle tombe sous le sens. (Pour une mission&nbsp;: impossible.)<\/p>\n\n\n\n<p>Et peut-\u00eatre juste ce texte \u00e0 trous pour op\u00e9rer une mont\u00e9e en puissance. Et quelque chose comme une transition. (Avec quoi&nbsp;?)<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-baeeeab8ca925bca079887784aa8caef\" style=\"color:#d11919\">11042026<\/h1>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Escapade vazquaise |<\/h2>\n\n\n\n<p>C\u2019est tout frais de ce matin&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Dans un entretien, Th\u00e9o Mercier raconte ce moment o\u00f9 quelque chose a bascul\u00e9 dans sa mani\u00e8re de comprendre son propre travail.<\/p>\n\n\n\n<p>\u201cAu fil des ann\u00e9es, je me suis aper\u00e7u que, pour \u00eatre artiste, je n&rsquo;avais pas forc\u00e9ment besoin de fabriquer mon travail.\u201d<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est une id\u00e9e simple et radicale.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qu&rsquo;elle dit, c&rsquo;est que l&rsquo;art n&rsquo;est pas dans la fabrication. Il est dans le geste de voir, de choisir, de d\u00e9placer, de travailler la mani\u00e8re de montrer un objet.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>\u2014 Eh bien. Quand je te disais que tu marchais \u00e0 contresens.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 C\u2019est vrai \u00e7a, qu\u2019est-ce qu\u2019il en fabrique des textes.<\/p>\n\n\n\n<p>\u2014 Si encore \u00e7a pouvait faire un livre.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Lecture |<\/h2>\n\n\n\n<p>Christian Bobin, <em>L\u2019Homme-joie<\/em>&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Aucune philosophie au monde n\u2019arrive \u00e0 la hauteur d\u2019une seule marguerite, d\u2019une seule ronce, d\u2019un seul caillou discutant comme un moine ras\u00e9 en t\u00eate \u00e0 t\u00eate avec le soleil et riant, riant, riant.<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-medium-gray-background-color has-background\">Atelier 11 | la Panne de Barthes<\/h2>\n\n\n\n<p>Je lis Barthes dans la version de <em>La Pr\u00e9paration du Roman<\/em> que je poss\u00e8de&nbsp;; \u00e9trangement, elle est quelque peu diff\u00e9rente du document que fournit <em>f<\/em> pour le texte support de l\u2019atelier&nbsp;: elle me semble plus brute.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; rep\u00e9rer, c\u2019est-\u00e0-dire <em>cerner<\/em>, <em>isoler<\/em> ce qui ne va pas et le redresser (voire le supprimer) \u00a0\u00bb Tr\u00e8s important&nbsp;: on relit une page \u00a0\u00bb tr\u00e8s mauvaise impression \u00a0\u00bb panne, marinade&nbsp;: \u201ctout est mauvais, je ne sais pas \u00e9crire, je n\u2019y arriverai jamais\u201d, etc. \u00a0\u00bb Ici&nbsp;: se lever, retourner \u00e0 sa table, et rep\u00e9rer les <em>places<\/em> g\u00eanantes&nbsp;; en g\u00e9n\u00e9ral, il n\u2019y en a pas beaucoup, mais elles contaminent&nbsp;; il ne faut pas se d\u00e9courager, et se rappeler sans cesse que <em>par nature<\/em> le texte est un tissu de <em>d\u00e9tails<\/em>. Solution de la Panne&nbsp;: <em>rep\u00e9rer<\/em> \u201cce qui ne va pas\u201d.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Marcel |<\/h2>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-code\"><code>\u00e0 partir de maintenant mes souvenirs sont flous, je me rappelle de ce que je n\u2019ai pas v\u00e9cu, on me souvient m\u00eame de ce que l\u2019un ou l\u2019autre a v\u00e9cu, plus ou moins en l\u2019imaginant, l\u00e0 aussi, pour les avoir v\u00e9cus ou les ressentir comme tels, les \u00e9v\u00e9nements r\u00e9els ou imaginaires demeurent flous\n\nle peu que j\u2019ai v\u00e9cu, me rappelle-t-il, je ne m\u2019en souviens pas, je ne pouvais pas m\u2019en souvenir, le langage me faisait encore largement d\u00e9faut\n\nc\u2019est plus simple de se rappeler de ce que les autres ont v\u00e9cu, c\u2019est plus facile les souvenirs qu\u2019il me pr\u00eate, d\u2019autant que ce ne sont pas les siens, \u00e0 croire que lui non plus n\u2019a pas v\u00e9cu bien longtemps, ou alors, sa vie a fait que, d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre, il doit la vivre d\u2019une autre fa\u00e7on, qui est celle de la mort, ou plut\u00f4t du souvenir comme s\u2019il \u00e9tait mort, enfin d\u2019un souvenir \u00e0 la mesure dont il se souvient de moi, alors que nous ne nous sommes jamais connus, et que personne parmi ses proches non plus, ne m\u2019a connu, m\u00eame s\u2019ils lui ont parl\u00e9 de moi, personne sauf mes parents, qui ne lui ont jamais parl\u00e9 de moi\n\nje me souviens de ce jour, je me rappelle le moment o\u00f9 ils se sont assis pour la photo<\/code><\/pre>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-ab54b3e3a6468b2e391857308af80d21\" style=\"color:#d11919\">18042026<\/h1>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20260413_1703111-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-208259\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20260413_1703111-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20260413_1703111-420x236.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20260413_1703111-768x432.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20260413_1703111-1536x864.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20260413_1703111-2048x1152.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Retour de vacances. Quelques jours entre mer et montagne. Il y avait un peu de vent. Il y avait surtout de la houle. Les vagues, s\u2019\u00e9chouant parfois sur la roche \u00e0 grand fracas, surgissaient comme des geysers. Le soleil, noy\u00e9 dans les nuages, renaissait de la mer, la lumi\u00e8re au plus large.<\/p>\n\n\n\n<p>Que croyez-vous que fit le jeune apprenti sorcier de toute cette eau&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Lecture |<\/h2>\n\n\n\n<p>J\u2019avais emport\u00e9 une poign\u00e9e de petits livres, une cinquantaine de pages chacun environ. Je ne suis parvenu \u00e0 en lire qu\u2019un seul. Et le plus facile \u00e0 lire, <em>a priori&nbsp;<\/em>: des aphorismes de Georges Perros, des <em>Pens\u00e9es coll\u00e9es<\/em> (recueil de ses <em>Papiers coll\u00e9s<\/em>). J\u2019ai d\u00fb en retenir une bonne dizaine \u00e0 l\u2019aide d\u2019une note dans la marge, ou de mots soulign\u00e9s qui en font office. Sauf pour cet aphorisme&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Il faudrait que ce qu\u2019on \u00e9crit ait une influence sur sa propre vie.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Mais en contrepartie, ce matin, j\u2019ai lu <em>Machine anti-machine<\/em>, r\u00e9flexion plus ou moins contrari\u00e9e d\u2019Emmanuelle Pireyre sur son \u00e9criture&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Ce qu\u2019il faut dans un livre, me disais-je, c\u2019est refuser de se tenir chez soi, dans son propre milieu, c\u2019est tisser avec les autres, proposer une image composite du groupe pour \u00e9viter la fragmentation. [\u2026] Mais voici la difficult\u00e9 qui surgit devant nous&nbsp;: qu\u2019est-ce qu\u2019on d\u00e9compose quand l\u2019ensemble du paysage est d\u00e9j\u00e0 d\u00e9sagr\u00e9g\u00e9 en fragments hurlants, en fragments gesticulant chacun sur son caillou br\u00fblant&nbsp;? Il faut recoudre et pacifier.<\/p>\n\n\n\n<p>[\u2026] On souhaite que le livre se mette \u00e0 prendre la parole, qu\u2019\u00e0 force d\u2019\u00eatre nourri comme au festin, il s\u2019\u00e9veille pour une course en zigzags&nbsp;; qu\u2019au d\u00e9tour d\u2019un paragraphe survienne une apparition impr\u00e9visible, une histoire d\u2019amour lumineuse, un ton curieux, un motif inopin\u00e9, un agencement bizarro\u00efde. Dans un processus contre-intuitif, la lente maturation fabrique la surprise, \u00e9trange, dissonante, subversive, parfois choquante. La plupart du temps, \u00e7a ne marche pas. Et l\u2019on guette patiemment le vivant, les jumelles \u00e0 la main, on scrute le panorama \u00e0 la recherche de l\u2019animal, l\u2019anti-machine organis\u00e9e.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<div id=\"panne\" class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h2 class=\"wp-block-heading has-medium-gray-background-color has-background\">Atelier 11 | en panne<\/h2>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">quand chaque jour, t\u2019allumes la machine, t\u2019ouvres Word, tel fichier, \u00ab&nbsp;Reprendre l\u00e0 o\u00f9 vous en \u00e9tiez&nbsp;\u00bb, et puis\u2026 et puis tu te retrouves devant des lignes, un paragraphe ou deux, un semblant de texte, encore \u00e0 venir, du moins c\u2019est ce que t\u2019esp\u00e8res, et puis\u2026 tu scrolles, vers le haut, vers le bas, vers le vide, et puis tu cures les ongles, il y a toujours un brin de peau morte \u00e0 faire tomber, et puis\u2026 un peu musique, cr\u00e9er une playlist, un ou deux sites \u00e0 aller voir, une douzaine au final, reprendre le livre qu\u2019on vient de refermer moins pour le lire que pour coller des languettes aux passages annot\u00e9s, un ou deux mots inscrits sur chacune, et puis on poursuit la lecture, la machine en veille\u2026 et puis l\u2019histoire t\u2019endors, d\u2019ailleurs il n\u2019y a pas vraiment d\u2019histoire, tu perds le fil, tu gagnes mieux \u00e0 te glisser sous ton drap, sur le c\u00f4t\u00e9, position semi-f\u0153tale, en repensant \u00e0 \u00ab&nbsp;l\u00e0 o\u00f9 vous en \u00e9tiez&nbsp;\u00bb \u2014 nulle part \u2014 mais non, c\u2019est juste qu\u2019il faut changer le point de vue \u2014 ah oui&nbsp;? et tu fais comment&nbsp;? \u2014 ben \u00e7a\u2026 c\u2019est pas moi qui vais te le dire \u2014 c\u2019est bien dommage, t\u2019as quand m\u00eame commenc\u00e9 le texte \u2014 oui mais moi je fais que \u00e7a, les d\u00e9buts \u2014 ben je suis pas pr\u00e8s d\u2019avoir fini&nbsp;! \u2014 \u00e7a d\u00e9pend, de d\u00e9but en d\u00e9but \u00e7a peut aller vite \u2014 d\u2019autant qu\u2019un texte, c\u2019est jamais vraiment fini \u2014 pourquoi t\u2019as une jambe plus courte que l\u2019autre&nbsp;? \u2014 ah\u2026 je comprends mieux pourquoi je bo\u00eete \u2014 je suis oblig\u00e9 de sauter de la corniche&nbsp;? \u2014 tu ferais mieux de me r\u00e9veiller \u2014 et puis\u2026<br><br>et puis t\u2019essaies une fois une phrase, deux fois une phrase, une troisi\u00e8me fois, cinq, onze, vingt-trois et quarante-sept fois, m\u00eame si c\u2019est toujours la m\u00eame phrase, m\u00eame si tu ne l\u2019as pas \u00e9crite, et c\u2019est tout juste si tu projettes de le faire, cent une fois et mille et une, l\u2019espace d\u2019un instant, jusqu\u2019\u00e0 ce que tu cries, jusqu\u2019\u00e0 ce que tu te l\u00e8ves en repoussant le clavier, en jurant, en sortant de la chambre, en sortant dans le jardin, en partant sur le chemin blanc\u2026 d\u2019un c\u00f4t\u00e9 la rivi\u00e8re, le bois, de l\u2019autre le coteau, les vignes, ton petit \u00e9cran en poche au cas o\u00f9 il y aurait une photo \u00e0 faire, au cas o\u00f9 quelque chose retienne ton attention, quelque chose \u00e0 saisir l\u00e0, ici et maintenant, quelque chose qui pourrait se donner en image et dont on pourrait ensuite parler, l\u2019image n\u2019\u00e9tant au fond qu\u2019un pr\u00e9texte, reste \u00e0 savoir si \u00e7a peut coller au texte qui r\u00e9siste, ou qui \u00e9chappe, en g\u00e9n\u00e9ral non\u2026<br><br>va chercher le pain, fais la vaisselle, repasse l\u2019aspirateur, r\u00e9pare encore la tondeuse, va faire des courses, nettoie la voiture, taille les arbres, pr\u00e9pare une salade, ouvre un nouveau livre, ramasse les feuilles, branches, les noix, balaie la terrasse, range les journaux qui trainent, regarde un film, arrache de l\u2019herbe, refais un tour dehors, trie tes photos, fais la poussi\u00e8re<br><br>fais un exercice d\u2019\u00e9criture, un exercice simple comme r\u00e9\u00e9crire la m\u00eame phrase avec des mots diff\u00e9rents, sans rien attendre de sp\u00e9cial, rien d\u2019autre que le geste d\u2019\u00e9crire, du signifiant sans signifi\u00e9<br><br>\u00e9crire les mots des autres, des mots qui parlent des mots<br><br>un mot<\/pre>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Chaque mot, le mot arbre ou neige mais tous les mots, chaque mot, au-del\u00e0 de ce qu\u2019il d\u00e9note, est un petit r\u00e9cit intime \u2014 un petit paysage, un petit puits de sensations et de significations personnelles \u00e0 d\u00e9plier et que le po\u00e8me peut avoir \u00e0 charge de d\u00e9plier&nbsp;: ainsi se dessinerait le portrait int\u00e9rieur des \u00eatres.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\">(St\u00e9phane Bouquet, <em>Neige \u00e9cran<\/em>)<\/p>\n<\/blockquote>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-daabd0d581d95395325616956223aa6a\" style=\"color:#d11919\">21042026<\/h1>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Correspondances |<\/h2>\n\n\n\n<p>Voil\u00e0 plus d\u2019un an que je me fais correspondant de presse local. Je me suis relativement habitu\u00e9 aux conditions d\u2019\u00e9criture (prise de notes, nombre de caract\u00e8res, etc.). Mais r\u00e9diger, \u00e9crire l\u2019article, reste une petite \u00e9preuve. Il y a toujours ce moment o\u00f9 <em>\u00e7a coince<\/em>. Comme la mayonnaise&nbsp;: on a tous les ingr\u00e9dients, simples, pour la r\u00e9aliser, et la technique semble des plus \u00e9l\u00e9mentaires pour cela, mais on commence et <em>\u00e7a ne prend pas<\/em>\u2026 Pourtant j\u2019essaie de rester le plus neutre, le plus naturel possible \u2014 donc transparent, invisible&nbsp;? Le comble de l\u2019artifice.<\/p>\n\n\n\n<p>Serait-il \u00e9galement possible que l\u2019obstacle soit, paradoxalement, une n\u00e9cessit\u00e9 pr\u00e9alable \u00e0 l\u2019\u00e9criture&nbsp;? Rien qui serait plus naturel, avant de faire avec ce qui ne l\u2019est absolument pas, et tr\u00e8s certainement se refuse \u00e0 l\u2019\u00eatre.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-medium-gray-background-color has-background\">Atelier 12 |<\/h2>\n\n\n\n<p><em>D\u2019o\u00f9 vient ce je qui \u00e9crit, \u00e0 quoi puise-t-il, quels personnages convoque-t-il et annule-t-il, que saisit-il de vous-m\u00eame qu\u2019il traverse et invisibilise ou, au contraire, pousse de l\u2019avant : de quoi est mat\u00e9riellement faite cette&nbsp;voix&nbsp;qui maintenant fait le pr\u00e9sent de l\u2019\u00e9criture et va se charger de son charroi.<\/em><br><\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-f13536144a56b636dd2fbaaa4e252850\" style=\"color:#d11919\">22042026<\/h1>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20260420_235816-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-209067\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20260420_235816-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20260420_235816-420x236.jpg 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20260420_235816-768x432.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20260420_235816-1536x864.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20260420_235816-2048x1152.jpg 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>(Finalement, j\u2019y vois bien mieux que mon photophone. La nuit tomb\u00e9e promettait d\u2019\u00eatre limpide, d\u2019autant que la lune allait bient\u00f4t se coucher. Mais avant, malgr\u00e9 sa forme de virgule, elle rayonnait. Un tableau id\u00e9al pour une photo. Sauf que la photo, elle, n\u2019est pas id\u00e9ale. La virgule s\u2019est transform\u00e9e en point pour une pleine lune fant\u00f4me, blafarde, dans une nuit voil\u00e9e. Et pourtant j\u2019avais activ\u00e9 le mode nuit.)<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Foss\u00e9s |<\/h2>\n\n\n\n<p>Il y a quelque temps, aux Foss\u00e9s, iel me demandait quelle pouvait \u00eatre la fonction de la m\u00e9moire, et \u00e0 quoi servait l\u2019oubli. Je n\u2019ai toujours pas de r\u00e9ponse. Je sens simplement, confus\u00e9ment, et vraisemblablement comme tout le monde, que l\u2019oubli a une valeur n\u00e9gative. Oui mais voil\u00e0, Georges Perros&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;J\u2019ai une excellente m\u00e9moire. Je ne retiens presque rien.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>D\u2019autres aphorismes vont dans ce sens, mettant \u00e0 l\u2019honneur l\u2019oubli contre le souvenir. Mais pourquoi&nbsp;? Une volont\u00e9 de s\u2019ancrer dans le pr\u00e9sent&nbsp;? d\u2019abolir le temps&nbsp;? de s\u2019inscrire dans son \u00e9criture, au plus pr\u00e8s du principe de l\u2019aphorisme&nbsp;? (Ce qui ne r\u00e9pond en rien au questionnement initial.)<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Lecture |<\/h2>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Et si en effet, \u00e9crire consistait d\u00e9sormais \u00e0 se faire non pas le commentateur du pr\u00e9sent, ni l\u2019analyste des faits du pass\u00e9 mais l\u2019humble chroniqueur des soul\u00e8vements pass\u00e9s et pr\u00e9sents.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>(Philippe Arti\u00e8res, <em>Ghostwriters<\/em>)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-medium-gray-background-color has-background\">Atelier 12 |<\/h2>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">Quoi&nbsp;? Quoi encore&nbsp;? Quoi \u00e0 la fin&nbsp;? Qu\u2019est-ce que tu me veux&nbsp;? Qu\u2019est-ce que tu me cherches&nbsp;?<\/pre>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-d78241e5d459be716c7528bdfdc9ea84\" style=\"color:#d11919\">24042026<\/h1>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Lecture\/Correspondances<\/h2>\n\n\n\n<p>D\u2019Olivia Rosenthal, <em>Futur ant\u00e9rieur<\/em>, la petite collection de l\u2019IMEC, Diaporama \u2014 avec la note qui absorbe peut-\u00eatre le aussi les quelques autres&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Je fulmine quand j\u2019entends ces \u00e9crivains dire que le confinement n\u2019a rien chang\u00e9 \u00e0 leur vie. Je crois au contraire que l\u2019\u00e9crivain a visc\u00e9ralement besoin de sentir les vibrations du monde, d\u2019\u00e9couter l\u2019autre, que cet autre soit v\u00e9ritablement \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de lui ou qu\u2019il soit le r\u00e9sultat d\u2019un travail int\u00e9rieur gr\u00e2ce auquel il acc\u00e8de \u00e0 toutes les voix qui, en lui, s\u2019entrem\u00ealent, s\u2019opposent ou s\u2019accordent. Comme les autres animaux, les \u00e9crivains parlent moins qu\u2019ils ne r\u00e9pondent, ils r\u00e9agissent \u00e0 des stimulations qui mettent en mouvement la multiplicit\u00e9 des personnes qu\u2019ils abritent.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-c1e32f2b009b5718ad3b7324f16737a7\" style=\"color:#d11919\">25042026<\/h1>\n\n\n\n<p>Sauf que, en m\u00eame temps&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Au lieu de faire entendre leurs voix, l\u2019artiste a choisi de ne garder que leurs soupirs, leurs silences, leurs larmes, les moments intercalaires et interm\u00e9diaires entre lesquels la parole se d\u00e9ploie. L\u00e0 se tiennent \u00e0 la fois la force du t\u00e9moignage et sa limite, une douleur qui ne trouve pas encore ses mots, une voix qui balbutie, b\u00e9gaye, tr\u00e9buche, l\u2019artiste travaillant \u00e0 creuser dans la parole m\u00eame ce qui l\u2019\u00e9puise ou l\u2019interrompt, un manque ou un d\u00e9bordement d\u2019\u00e9motion, un indicible.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>(Olivia Rosenthal, <em>Futur ant\u00e9rieur<\/em>)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-medium-gray-background-color has-background\">Atelier 12 |<\/h2>\n\n\n\n<p>(Je ne sais pas quand je trouverai vraiment le temps.)<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">quoi&nbsp;? quoi encore&nbsp;? quoi \u00e0 la fin&nbsp;? qu\u2019est-ce que tu me veux&nbsp;? qu\u2019est-ce que tu me cherches&nbsp;? parce que c\u2019est \u00e7a, tu me cherches, hein&nbsp;? avec cette image, avec ce mur et ces personnages, tu me cherches&nbsp;? mais tu me trouveras pas, tu voudrais me percer \u00e0 jour derri\u00e8re ce mur, \u00e0 l\u2019envers des personnages, mais y aura rien, ou rien d\u2019autre que ce que te montre ta photo, que ce mur est un univers et les personnages les dieux qui le hantent, c\u2019est pas pour rien la fen\u00eatre ferm\u00e9e surmont\u00e9e d\u2019une croix, c\u2019est pas pour rien les trous noirs dans le mur comme deux yeux, et la l\u00e9zarde d\u00e9guis\u00e9e vigne, la niche comme un tableau vide, et ces herbes folles qui ont l\u2019air de bouillonner\u2026 voil\u00e0, c\u2019est tout, \u00e7a mute, et apr\u00e8s&nbsp;? quoi&nbsp;?<\/pre>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-fb586100581c2ba4a96c388927aa4344\" style=\"color:#d11919\">26042026<\/h1>\n\n\n\n<p>(Apr\u00e8s&nbsp;? Les larmes montent. Je ne sais pas pourquoi, ce matin. Je ne sais pas. Sauf que la musique de Mono, <em>Oath<\/em>, r\u00e9v\u00e8le la chose, qui \u00e9tait l\u00e0 en sourdine.)<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Correspondances |<\/h2>\n\n\n\n<p>Parfois, j\u2019ai l\u2019impression de n\u2019\u00e9crire que pour le journal. Entre deux articles, je devrais essayer d\u2019\u00e9crire autre chose. Mais m\u00eame \u00e7a, je retarde l\u2019\u00e9ch\u00e9ance. Il doit y avoir confusion entre les deux types de texte dans mon esprit. Je pr\u00e9f\u00e8re me r\u00e9fugier dans le jardin ou dans un livre. En ce moment, apr\u00e8s la s\u00e9rie de l\u2019IMEC sur les pratiques d\u2019\u00e9criture, <em>Z comme Zombie<\/em>. Mais \u00e7a ne change rien au probl\u00e8me. Au contraire&nbsp;: je n\u2019ai plus de temps pour un texte personnel. Il va falloir que je produise le nouvel article.<\/p>\n\n\n\n<p>(En fait, quand vient le soir, j\u2019ai le temps. Mais la fatigue\u2026)<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Cin\u00e9ma |<\/h2>\n\n\n\n<p><em>La Liste de Schindler<\/em> (Steven Spielberg), et ce moment o\u00f9, la liste \u00e9tablie, Itzhak Stern (Ben Kingsley) dit \u00e0 Oskar Schindler (Liam Neeson) que cette liste, c\u2019est la vie, et tout autour, c\u2019est le vide (il doit parler de <em>gouffre<\/em>). Et cette liste, c\u2019est ce qu\u2019il vient d\u2019\u00e9crire.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-854ad37fcfdc3b627715cdb257e34732\" style=\"color:#d11919\">28042026<\/h1>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20260424_223526-1024x576.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-209072\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20260424_223526-1024x576.png 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20260424_223526-420x236.png 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20260424_223526-768x432.png 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20260424_223526-1536x864.png 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20260424_223526-2048x1152.png 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><em>Un soir, pendant les vacances. Une soir\u00e9e au sujet de la g\u00e9n\u00e9alogie. Celui qui parlait de son exp\u00e9rience avait apport\u00e9 des documents, de vieilles photos, d\u2019anciennes lettres, et surtout deux beaux arbres affich\u00e9s sur les murs. L\u2019un ancien, alignant sept g\u00e9n\u00e9rations pour deux cent cinquante-neuf noms, l\u2019autre moderne, int\u00e9grant soixante-treize photos.<\/em><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-medium-gray-background-color has-background\">Atelier 12 |<\/h2>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">l'\u00e9nergie noire, t\u2019y as d\u00e9j\u00e0 pens\u00e9 \u00e0 \u00e7a&nbsp;? moi j\u2019y pense \u00e0 \u00e7a, \u00e9videmment, quant \u00e0 savoir ce que c\u2019est, ce \u00e7a peut bien \u00eatre, de quoi \u00e7a proc\u00e8de v\u00e9ritablement, de l\u2019espace&nbsp;? du temps&nbsp;? tout \u00e7a, c\u2019est jamais qu\u2019une image, on dit univers, on voit des \u00e9toiles partout alors qu\u2019on a ferm\u00e9 les yeux, on croit \u00e0 l\u2019\u00e9ternit\u00e9, l\u00e0, partout autour, on associe \u00e0 l\u2019\u00e9nergie noire, mais \u00e7a aurait aussi bien pu \u00eatre un trou noir, mais c\u2019est qu\u2019une image, vide certainement, mais une image, et en m\u00eame temps comment dire autrement ce qui te prend, ce mouvement, ce retournement vers moi&nbsp;? qu\u2019est-ce que tu me veux&nbsp;? qu\u2019est-ce que tu me cherches, encore une fois&nbsp;? tu voudrais savoir quoi, \u00e0 la fin&nbsp;? tu n\u2019en sauras jamais plus ni mieux qu\u2019en abandonnant, noircir une autre page, encore une fois, non, \u00e0 force, il ne s\u2019agit pas de moi, l\u2019\u00e9ternel nourrisson d\u2019un si\u00e8cle d\u00e9sormais, qui veut croire \u00e7a&nbsp;? ma vie, mon \u0153uvre, f\u00fbt-ce celle d\u2019avoir commenc\u00e9 \u00e0 apprendre \u00e0 parler, quelques syllabes pour une poign\u00e9e de mots informes, \u00e0 peine signifiants\u2026&nbsp;? les vers luisants et les grillons font tellement mieux, peut-\u00eatre m\u00eame les fleurs et leurs pulsions de couleurs, quand t\u2019y penses\u2026 juste une image, comme ta photo en fait, on croit na\u00efvement que le photographe cherche \u00e0 capter, saisir, fixer pour l\u2019\u00e9ternit\u00e9, si tu veux, sur un bout de papier, ce qu\u2019il voit l\u00e0, devant, ici et maintenant, mais si c\u2019\u00e9tait plut\u00f4t l\u2019inverse&nbsp;? si c\u2019\u00e9tait plut\u00f4t ce qu\u2019il ne voit pas, ce qui se trouve l\u00e0 derri\u00e8re, ou l\u00e0 devant l\u2019image, ce qui la regarde, l\u2019observe, l\u2019examine, se trouve l\u00e0 ou l\u00e0, demain et apr\u00e8s, juste une image pour ce qui n\u2019en a pas et ne peut pas en avoir\u2026 non, il n\u2019y aura rien d\u2019autre, rien d\u2019autre que ce que de toutes tes forces, sur ces infernales pages blanches qui m\u2019emportent comme au fond de l\u2019univers, tu auras noirci<\/pre>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Lecture |<\/h2>\n\n\n\n<p>Je viens de lire <em>Z comme zombie<\/em>, de Iegor Gran. Un portait \u00e9difiant de \u00ab&nbsp;la Russie des profondeurs&nbsp;\u00bb. S\u2019il n\u2019\u00e9tait pas d\u2019origine russe (il est n\u00e9 \u00e0 Moscou), et fils d\u2019\u00e9crivain (Andre\u00ef Siniavski, \u00ab&nbsp;dissident et survivant du goulag&nbsp;\u00bb indique Wikip\u00e9dia), je ne saurais trop quoi penser de la chose. D\u2019ailleurs, je ne sais trop quoi penser.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-54c0f231cd48e45612d9fc7a08a04e33\" style=\"color:#d11919\">29042026<\/h1>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-dark-gray-color has-medium-gray-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-elements-728dfce0341bb0299b0f0b14fe573c65\"><a>Atelier 12 |<\/a><\/h2>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">Marcel, tu m\u2019appelles comme \u00e7a, ou plut\u00f4t c\u2019est comme \u00e7a qu\u2019on m\u2019a appel\u00e9, c\u2019est bien \u00e7a&nbsp;? c\u2019est bien ce que tu m\u2019as dit un jour&nbsp;? mais aucun souvenir, papa, maman, ils ont bien d\u00fb le prononcer, le grimacer, le m\u00e2chouiller, avec des yeux et des bouches confondus, grands comme \u00e7a, dans lesquels le petit d\u2019homme aura plong\u00e9 comme dans un puits sans fond, et il aura essay\u00e9 d\u2019en marmonner le d\u00e9but, c\u2019est bien \u00e7a&nbsp;? sauf que \u00e7a sonne creux, tu m\u2019appelles comme \u00e7a, Marcel, comme \u00e0 quelqu\u2019un qui se retournerait dans la rue, mais non, moi \u00e7a ne me parle pas, aucun souvenir de ce nom, il aurait fallu que le petit l\u2019imagine apr\u00e8s sa becqu\u00e9e, apr\u00e8s l\u2019avoir m\u00e2ch\u00e9, rem\u00e2ch\u00e9, recrach\u00e9 un ersatz, raval\u00e9, rumin\u00e9, mais pas le temps, pas le temps, le travail de la langue battait peut-\u00eatre son plein, \u00e7a le travaillait au corps le petit, \u00e7a devait le secouer et lui peut-\u00eatre m\u00eame lui brasser les tripes, autant que les premiers moments du sevrage, sauf que voil\u00e9, depuis un si\u00e8cle, c\u2019est jamais rest\u00e9 que du petit lait, Marcel, Marcel, c\u2019est \u00e0 toi que \u00e7a parle, pas \u00e0 moi<\/pre>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">c\u2019est plus simple de se rappeler ce que les autres ont v\u00e9cu, c\u2019est plus facile les souvenirs qu\u2019il me pr\u00eate, d\u2019autant que ce ne sont pas les siens, \u00e0 croire que lui non plus n\u2019a pas v\u00e9cu bien longtemps, ou alors sa vie a fait que, d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre, il doit la vivre d\u2019une autre fa\u00e7on, qui est celle de la mort, ou du souvenir de sa mort, comme s\u2019il pouvait la voir arriver, en tout cas d\u2019un souvenir \u00e0 la mesure dont il se souvient de moi, alors que jamais nous ne nous sommes connus, et qu\u2019aucun de ses proches non plus, ne m\u2019a connu, m\u00eame s\u2019ils lui ont parl\u00e9 de moi, personne sauf papa, maman, qui ne lui ont jamais parl\u00e9 de moi<\/pre>\n\n\n\n<p>(Et voil\u00e0 que je reprends une partie de ce que j\u2019ai \u00e9crit plus haut, sans trop savoir o\u00f9 j\u2019allais, sans savoir que c\u2019\u00e9tait du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019atelier d\u2019\u00e9criture, que j\u2019anticipais d\u2019une certaine fa\u00e7on <em>L\u2019Innommable<\/em>. \u2014 J\u2019aurais pu m\u2019en douter si je m\u2019\u00e9tais mieux relu, on voit bien que je ne parviens pas toujours \u00e0 bien exprimer ce que je veux dire. Apr\u00e8s, quand on ne sait pas trop ce qu\u2019on veut dire\u2026<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Foss\u00e9s |<\/h2>\n\n\n\n<p>Il y avait une stagiaire derri\u00e8re elle, assise \u00e0 son bureau. Je ne la voyais pas, mais j\u2019en percevais l\u2019ombre. Et surtout, elle \u00e9tait l\u00e0, plus ou moins, dans ce que je disais. Ici, je me suis retenu de dire que\u2026 l\u00e0 j\u2019ai avanc\u00e9 que\u2026 Je pouvais jouer l\u2019introverti ou l\u2019extraverti. Une s\u00e9ance fauss\u00e9e&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-3d643c0a3587e136761ec82590da3eaa\" style=\"color:#d11919\">30042026<\/h1>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Lecture |<\/h2>\n\n\n\n<p>Bertrand Schefer, apr\u00e8s avoir dit comment ce qui doit \u00eatre un SDF (sigle qu\u2019il refuse d\u2019employer, je pr\u00e9sume), se sacrifie pour la ville en essayant de p\u00e9n\u00e9trer le trottoir (dans <em>N\u00e9ant bonheur<\/em>)&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Voil\u00e0 les images et les r\u00e9cits qui reviennent nous hanter et devant lesquels s\u2019effondrent les beaux projets de romans&nbsp;: ce ne sont jamais les histoires qu\u2019on aimerait ou qu\u2019il faudrait, mais celles qui nous tombent dessus, quand on n\u2019a rien demand\u00e9, et qui r\u00e9clament de nous plus que les autres.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-medium-gray-background-color has-background\">Atelier 12 |<\/h2>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">comme lui, qui n\u2019\u00e9tait pas l\u00e0, je me rappelle ce jour, le moment o\u00f9 ils se sont assis pour la photo, adoss\u00e9s au mur qui s\u2019est ouvert, d\u00e9chir\u00e9 d\u2019un coup, l\u2019espace se volatilisant dans une brume \u00e9th\u00e9r\u00e9e le maintenant en suspension, rien ne semblait v\u00e9ritablement chang\u00e9, mais tout \u00e9tait pourtant transform\u00e9 en substance, en profondeur, on n\u2019y voyait juste que du feu, le feu qu\u2019avait mis l\u2019\u0153il du photographe, ma s\u0153ur m\u2019a-t-il dit, quand, dans le cadre de son appareil, elle a entraper\u00e7u derri\u00e8re eux, pressenti dans le mur fendu, ce qui se passait, ce qui, de b\u00e9ance, arrivait<\/pre>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-2378d94756f80465066bf0d3e40646b9\" style=\"color:#d11919\">01052026<\/h1>\n\n\n\n<div id=\"marcelle\" class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<h2 class=\"wp-block-heading has-medium-gray-background-color has-background\">Atelier 12 |<\/h2>\n\n\n\n<p>(Et l\u2019ensemble des fragments r\u00e9unis, \u00e0 quelques modifications ultimes pr\u00e8s, pour je ne sais quel texte qui s\u2019ignore, se refuse, s\u2019\u00e9chappe.)<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\">quoi\u00a0? quoi encore\u00a0? quoi \u00e0 la fin\u00a0? qu\u2019est-ce que tu me veux\u00a0? qu\u2019est-ce que tu me cherches\u00a0? parce que c\u2019est \u00e7a, tu me cherches, hein\u00a0? avec cette image, avec ce mur et ces personnages, tu me cherches\u00a0? mais tu me trouveras pas, tu voudrais me percer \u00e0 jour derri\u00e8re ce mur, \u00e0 l\u2019envers des personnages, mais y aura rien, ou rien d\u2019autre que ce que te montre ta photo, que ce mur est un univers et les personnages les dieux qui le hantent, c\u2019est pas pour rien la fen\u00eatre ferm\u00e9e surmont\u00e9e d\u2019une croix, c\u2019est pas pour rien les trous noirs dans le mur comme deux yeux, et la l\u00e9zarde d\u00e9guis\u00e9e vigne, la niche comme un tableau vide, et ces herbes folles qui ont l\u2019air de bouillonner\u2026 voil\u00e0, c\u2019est tout, \u00e7a mute, et apr\u00e8s\u00a0? quoi\u00a0?<br><br>l'\u00e9nergie noire, t\u2019y as d\u00e9j\u00e0 pens\u00e9 \u00e0 \u00e7a\u00a0? moi j\u2019y pense \u00e0 \u00e7a, \u00e9videmment, quant \u00e0 savoir ce que c\u2019est, ce \u00e7a peut bien \u00eatre, de quoi \u00e7a proc\u00e8de v\u00e9ritablement, de l\u2019espace\u00a0? du temps\u00a0? tout \u00e7a, c\u2019est jamais qu\u2019une image, on dit univers, on voit des \u00e9toiles partout alors qu\u2019on a ferm\u00e9 les yeux, on croit \u00e0 l\u2019\u00e9ternit\u00e9, l\u00e0, partout autour, on associe \u00e0 l\u2019\u00e9nergie noire, mais \u00e7a aurait aussi bien pu \u00eatre un trou noir, mais c\u2019est qu\u2019une image, vide certainement, mais une image, et en m\u00eame temps comment dire autrement ce qui te prend, ce mouvement, ce retournement vers moi\u00a0? qu\u2019est-ce que tu me veux\u00a0? qu\u2019est-ce que tu me cherches, encore une fois\u00a0? tu voudrais savoir quoi, \u00e0 la fin\u00a0? tu n\u2019en sauras jamais plus ni mieux qu\u2019en abandonnant, noircir une autre page, encore une fois, non, \u00e0 force, il ne s\u2019agit pas de moi, l\u2019\u00e9ternel nourrisson d\u2019un si\u00e8cle d\u00e9sormais, qui veut croire \u00e7a\u00a0? ma vie, mon \u0153uvre, f\u00fbt-ce celle d\u2019avoir commenc\u00e9 \u00e0 apprendre \u00e0 parler, quelques syllabes pour une poign\u00e9e de mots informes, \u00e0 peine signifiants\u2026\u00a0? les vers luisants et les grillons font tellement mieux, peut-\u00eatre m\u00eame les fleurs et leurs pulsions de couleurs, quand t\u2019y penses\u2026 juste une image, comme ta photo en fait, on croit na\u00efvement que le photographe cherche \u00e0 capter, saisir, fixer pour l\u2019\u00e9ternit\u00e9, si tu veux, sur un bout de papier, ce qu\u2019il voit l\u00e0, devant, ici et maintenant, mais si c\u2019\u00e9tait plut\u00f4t l\u2019inverse\u00a0? si c\u2019\u00e9tait plut\u00f4t ce qu\u2019il ne voit pas, ce qui se trouve l\u00e0 derri\u00e8re, ou l\u00e0 devant l\u2019image, ce qui la regarde, l\u2019observe, l\u2019examine, se trouve l\u00e0 ou l\u00e0, demain et apr\u00e8s, juste une image pour ce qui n\u2019en a pas et ne peut pas en avoir\u2026 non, il n\u2019y aura rien d\u2019autre, rien d\u2019autre que ce que de toutes tes forces, sur ces infernales pages blanches qui m\u2019emportent comme au fond de l\u2019univers, tu auras noirci<br><br>Marcel, tu m\u2019appelles comme \u00e7a, ou plut\u00f4t c\u2019est comme \u00e7a qu\u2019on m\u2019a appel\u00e9, c\u2019est bien \u00e7a\u00a0? c\u2019est bien ce que tu m\u2019as dit un jour\u00a0? mais aucun souvenir, papa, maman, ils ont bien d\u00fb le prononcer, le grimacer, le m\u00e2chouiller, avec des yeux et des bouches confondus, grands comme \u00e7a, dans lesquels le petit d\u2019homme aura plong\u00e9 comme dans un puits sans fond, et il aura essay\u00e9 d\u2019en marmonner le d\u00e9but, c\u2019est bien \u00e7a\u00a0? sauf que \u00e7a sonne creux, tu m\u2019appelles comme \u00e7a, Marcel, comme \u00e0 quelqu\u2019un qui se retournerait dans la rue, mais non, moi \u00e7a ne me parle pas, aucun souvenir de ce nom, il aurait fallu que le petit l\u2019imagine apr\u00e8s sa becqu\u00e9e, apr\u00e8s l\u2019avoir m\u00e2ch\u00e9, rem\u00e2ch\u00e9, recrach\u00e9 un ersatz, raval\u00e9, rumin\u00e9, mais pas le temps, pas le temps, le travail de la langue battait peut-\u00eatre son plein, \u00e7a le travaillait au corps le petit, \u00e7a devait le secouer et lui peut-\u00eatre m\u00eame lui brasser les tripes, autant que les premiers moments du sevrage, sauf que voil\u00e9, depuis un si\u00e8cle, c\u2019est jamais rest\u00e9 que du petit lait, Marcel, Marcel, c\u2019est \u00e0 toi que \u00e7a parle, pas \u00e0 moi<br><br>c\u2019est plus simple de se rappeler ce que les autres ont v\u00e9cu, c\u2019est plus facile les souvenirs qu\u2019il me pr\u00eate, d\u2019autant que ce ne sont pas les siens, \u00e0 croire que lui non plus n\u2019a pas v\u00e9cu bien longtemps, ou alors sa vie a fait que, d\u2019une mani\u00e8re ou d\u2019une autre, il doit la vivre d\u2019une autre fa\u00e7on, qui est celle de la mort, ou du souvenir de sa mort, comme s\u2019il pouvait la voir arriver, en tout cas d\u2019un souvenir \u00e0 la mesure dont il se souvient de moi, alors que jamais nous ne nous sommes connus, et qu\u2019aucun de ses proches non plus, ne m\u2019a connu, m\u00eame s\u2019ils lui ont parl\u00e9 de moi, personne sauf papa, maman, qui ne lui ont jamais parl\u00e9 de moi<br><br>comme lui, qui n\u2019\u00e9tait pas l\u00e0, ce moment o\u00f9 ils se sont assis pour la photo, adoss\u00e9s au mur qui s\u2019est ouvert, d\u00e9chir\u00e9 d\u2019un coup, l\u2019espace se volatilisant dans une brume \u00e9th\u00e9r\u00e9e le maintenant en suspension, rien ne semblant v\u00e9ritablement chang\u00e9, tout \u00e9tant n\u00e9anmoins transform\u00e9 en substance, en profondeur, eux n\u2019y auront vu que du feu, le feu qu\u2019avait mis l\u2019\u0153il du photographe, ma s\u0153ur m\u2019a-t-il dit, quand, dans le cadre de son appareil, elle a entraper\u00e7u derri\u00e8re eux, pressenti dans le mur fendu, ce qui se passait, ce qui arrivait de b\u00e9ance, de dissipation de toute chose, et par quoi, a-t-elle pens\u00e9 selon lui, dans le flash inutile en cette journ\u00e9e fraiche mais ensoleill\u00e9e, qui aura insensiblement fauss\u00e9 l\u2019image, la couvrant d\u2019une future pellicule de cendres en grillant, j\u2019\u00e9tais l\u00e0, de passage, comme en mon unique raison d\u2019\u00eatre, ce moment m\u2019\u00e9chappe<\/pre>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Escapade vazquaise |<\/h2>\n\n\n\n<p>Je n\u2019ai pas trouv\u00e9 le temps de me replonger dans les ateliers de Laura Vazquez, c\u2019est tout juste si j\u2019ai trouv\u00e9 celui de lire ses paroles d\u2019auteur qui lui donnent mati\u00e8re \u00e0 r\u00e9flexion. Hier, elle a partag\u00e9 quatre pens\u00e9es de la chor\u00e9graphe De Keersmaeker. Toutes m\u00e9riteraient d\u2019\u00eatre copi\u00e9es-coll\u00e9es. Mais je retiens celle-ci, que j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 lu quelque part, il y a longtemps, dans les mots de je ne sais plus qui, sous une forme un peu diff\u00e9rente peut-\u00eatre, mais l\u2019id\u00e9e est l\u00e0. \u2014 Comme une piq\u00fbre de rappel&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;\u201cParfois il peut y avoir une contradiction interne mais en devenant extr\u00eamement individuelles les choses deviennent universelles. Tu vois, si tu partages quelque chose dans toute sa simplicit\u00e9, si c\u2019est une exp\u00e9rience d\u2019une \u00e9motion individuelle, si on trouve la juste forme, elle peut d\u00e9passer l\u2019anecdotique.\u201d<br><br>Voil\u00e0 le paradoxe, plus on creuse en soi, plus on touche les autres.&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading has-text-color has-link-color wp-elements-44e87445518ad20ece35967c15900af0\" style=\"color:#d11919\">03052026<\/h1>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20260424_2127451-1024x576.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-209073\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20260424_2127451-1024x576.png 1024w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20260424_2127451-420x236.png 420w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20260424_2127451-768x432.png 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20260424_2127451-1536x864.png 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/04\/20260424_2127451-2048x1152.png 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><em>(La g\u00e9n\u00e9alogie s\u2019\u00e9crit aussi au futur. On se retrouve pris entre les deux feux du temps.)<\/em><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Lecture |<\/h2>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Ce qui compte dans une image, un cin\u00e9aste sait cela, c\u2019est tout autant ce qu\u2019on a sous les yeux que ce qu\u2019on emporte avec soi, l\u2019image qu\u2019on regarde et celle avec laquelle on repart, ce double fant\u00f4me qui nous hante et d\u00e9borde toujours l\u2019image originale.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>(Bertrand Schefer, <em>N\u00e9ant bonheur<\/em>)<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-medium-gray-background-color has-background\">Atelier 12 | je marcelle<\/h2>\n\n\n\n<p>Je reviens sur ce que dit <em>f<\/em>, qui m\u2019a \u00e9chapp\u00e9 (et pourtant me trottait dans la t\u00eate, mais quoi&nbsp;?)&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p><em>&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; c\u2019est le \u00ab&nbsp;dire je&nbsp;\u00bb qu\u2019on retourne sur lui-m\u00eame, pour mettre \u00e0 nu, dans le mouvement du texte et par lui qui parle dans le \u00ab&nbsp;dire je&nbsp;\u00bb, dans cette mise en retrait du personnage pour que la voix du texte soit premi\u00e8re, que ce soit dans le pr\u00e9sent m\u00eame du texte &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; ce je qui \u00e9crit, \u00e0 quoi puise-t-il, quels personnages convoque-t-il et annule-t-il, que saisit-il de vous-m\u00eame qu\u2019il traverse et invisibilise ou, au contraire, pousse de l\u2019avant : de quoi est mat\u00e9riellement faite cette&nbsp;voix&nbsp;qui maintenant fait le pr\u00e9sent de l\u2019\u00e9criture et va se charger de son charroi<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>(J\u2019ai h\u00e9sit\u00e9, \u00e0 la fin&nbsp;: au lieu de \u00ab&nbsp;j\u2019\u00e9tais l\u00e0&nbsp;\u00bb j\u2019ai d\u2019abord \u00e9crit \u00ab&nbsp;<em>je<\/em> renaissait&nbsp;\u00bb. Le retournement \u00e9tait bien effectif \u2014 de la mort \u00e0 la naissance, du pronom pris comme objet de l\u2019\u00e9nonciation \u2014 mais c\u2019\u00e9tait suivre la r\u00e8gle trop strictement. Simplement faire intervenir le pronom, faire dire <em>je<\/em>, pour finir, \u00e0 cette voix \u2014 du petit Marcel, bien s\u00fbr \u2014 qui ne l\u2019avait pas encore prononc\u00e9, signant ainsi sa fin \u2014 pour mieux s\u2019installer dans l\u2019\u00e9criture.)<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Structure |<\/h2>\n\n\n\n<p>Comme je demande ce qu\u2019on retient de la semaine pass\u00e9e, Matthias r\u00e9pond qu\u2019il n\u2019a rien fait, qu\u2019il s\u2019est ennuy\u00e9. J\u2019ai beau insister, au moins pour le faire r\u00e9fl\u00e9chir sur la fa\u00e7on dont l\u2019ennui prend forme au quotidien&nbsp;: rien. Alors, je me suis dit qu\u2019il n\u2019\u00e9crirait rien. Mais non, il \u00e9crit qu\u2019il s\u2019est ennuy\u00e9. Et m\u00eame, il tente de l\u2019\u00e9crire de fa\u00e7on imag\u00e9e, entre \u00ab&nbsp;planitude morose&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;contemplation terne&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;implacable soleil&nbsp;\u00bb. Quand il \u00e9crit, Matthias refuse toujours d\u2019appeler un chat un chat \u2014 d\u2019ailleurs son chien passe derri\u00e8re l\u2019esp\u00e8ce, c\u2019est chaque fois le \u00ab&nbsp;canid\u00e9&nbsp;\u00bb. C\u2019est bancal, instable, inconfortable \u2014 d\u2019autant plus qu\u2019il \u00e9crit vraiment en chiures de mouche \u2014, mais il y a, je crois, un effort pour parler des choses autrement, et donc de prendre en \u00e9charpe les mots, l\u2019\u00e9criture m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<p>Cela dit, pourquoi refuse-t-il d\u2019appeler un chien un chien&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Lecture |<\/h2>\n\n\n\n<p>Thomas Clerc, <em>Sept et huit neuf<\/em>, parlant de l\u2019\u00e9criture \u00e0 travers le cin\u00e9ma des <em>Sept Mercenaires<\/em>&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p>\u00ab&nbsp;Nous vivons aujourd\u2019hui sous la tyrannie de l\u2019\u00e9criture efficace et produite sans effort, digitalement, du langage sans chair qui serait d\u2019autant plus apte \u00e0 exprimer un contenu qu\u2019il est invisible&nbsp;: mais qui a dit que le contenu devait \u00eatre simple et la forme claire&nbsp;?&nbsp;\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Comme un carnet d&rsquo;\u00e9criture, mais pour l&rsquo;essentiel : #01 | noir (animal)#02 | cendrillons#03 | flashes#04 | h\u00e2meau#05 | corps flottant #06 | retouches#07 | au mitan#08 | la Molle#09 | place vide#10 | vies de&#8230; #11 | en panne#12 | je marcelle 03022026 1 William-Adolphe Bouguereau, La Le\u00e7on difficile (1884) Correspondances | La nouvelle ann\u00e9e de correspondant local s\u2019ouvre <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/construire-01-frere-des-cendres\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#construire #01-12 | je marcelle<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":158,"featured_media":209067,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[7934,7935,7947,7952,7966,7971,7978,7988,7990,7996,8007,8011,8015],"tags":[],"class_list":["post-204141","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-construire-nouveau-cycle-2026","category-construire-01-remonter-jusquau-debut","category-construire-02-tarkos-nuages","category-construire-03-lhomme-qui-tua-roland-barthes","category-construire-04-perec-un-homme-qui-dort","category-05-collobert-loeil-interieur","category-construire-06-alphant-poussieres","category-construire-07-handke-pause-a-velizy","category-08-jean-rolin-pont-de-bezons","category-construire-09-cendrars-que-je-necrirai-jamais","category-construire-10-roubaud-vies-breves","category-construire-11-barthes-la-panne","category-construire-12-beckett-qui-parle"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/204141","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/158"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=204141"}],"version-history":[{"count":72,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/204141\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":209074,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/204141\/revisions\/209074"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media\/209067"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=204141"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=204141"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=204141"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}