{"id":208182,"date":"2026-04-18T17:42:19","date_gmt":"2026-04-18T15:42:19","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=208182"},"modified":"2026-04-19T19:38:45","modified_gmt":"2026-04-19T17:38:45","slug":"linnommable-fleuriste","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/linnommable-fleuriste\/","title":{"rendered":"#construire #12 |\u00a0L\u2019innommable fleuriste"},"content":{"rendered":"\n<p>Je suis dans la boutique, ou ce qui ressemble \u00e0 une boutique, rue de quelque chose, Paris, Paris\u00a0XV<sup>e<\/sup>. On me parle, on m\u2019interroge, on me dit des choses, je ne sais plus depuis combien de temps on me dit des choses, soixante-quinze ans qu\u2019on me dit des choses et moi je coupe, je coupe les tiges \u00e0 la longueur qu\u2019il faut. Quelle longueur de tige faut-il pour faire un beau bouquet\u2009? Je ne sais plus, je l\u2019ai su, je coupe \u00e0 l\u2019instinct. Clac. Je tranche dans le vif, tiges, feuillages et fleurs.<br>Les fleurs. Oui. Il y a des fleurs. Ces choses merveilleuses qui poussent et qu\u2019on coupe et qu\u2019on vend \u00e0 des gens pour qu\u2019ils les donnent \u00e0 d\u2019autres gens qui les regarderont mourir dans un vase. C\u2019est le commerce. C\u2019est mon commerce. Depuis quand\u2009? Depuis toujours. Avant toujours. Il y avait d\u00e9j\u00e0 les fleurs avant moi, avant que je commence avec les roses, les \u0153illets, les lys, les chrysanth\u00e8mes, les chrysanth\u00e8mes surtout en novembre, en novembre les gens veulent des chrysanth\u00e8mes, pour les morts. Les morts ont-ils besoin de chrysanth\u00e8mes\u2009? Un jour, moi aussi j\u2019aurai besoin de chrysanth\u00e8mes, un jour, bient\u00f4t peut-\u00eatre, qu\u2019importe.<br>Il y a une odeur. \u00c7a, je peux le dire. Une odeur de fleurs, de vert coup\u00e9, de l\u2019eau dans les seaux, une odeur qui est le m\u00e9tier, une odeur que j\u2019ai respir\u00e9e pendant cinquante ans ou ce qui ressemble toutes ces ann\u00e9es, et que je respirerai encore demain, si demain arrive, il arrive, il a toujours fini par arriver. Le lendemain, d\u00e9cevant, semblable, avec ses seaux \u00e0 remplir, ces cartons de fleurs \u00e0 vider, ces tiges \u00e0 couper, ces clients \u00e0 servir, \u00ab\u2009bonjour madame, vous d\u00e9sirez, pour quelle occasion, voil\u00e0, c\u2019est beau, \u00e7a fera bien, au revoir madame, bonne journ\u00e9e.\u2009\u00bb<br>Bonne journ\u00e9e. Je dis bonne journ\u00e9e. Depuis cinquante ans, je dis bonne journ\u00e9e. \u00c7a ne veut rien dire. C\u2019est peut-\u00eatre une pri\u00e8re. Bonne journ\u00e9e c\u2019est plus court que<br>Aie une bonne journ\u00e9e. Toi qui repars avec tes fleurs sous le bras, \u00f4 toi qui ne sais pas encore que tu vas les oublier dans le m\u00e9tro, ou les offrir \u00e0 quelqu\u2019un qui ne les m\u00e9rite pas, ou les poser sur une tombe que personne ne visite plus \u00e0 part toi, aie une bonne journ\u00e9e. J\u2019essaierai aussi, nous essaierons tous les deux, nous \u00e9chouerons probablement, on essaie, on \u00e9choue, on dit bonne journ\u00e9e quand m\u00eame.<br>Mes mains. Mes mains savent. Elles sont l\u2019instinct, elles savent sans que je leur dise. Couper \u00e0 l\u2019oblique, \u00f4ter les feuilles du bas, s\u00e9parer les branches mortes, lier les bouquets, faire le n\u0153ud, d\u00e9faire le n\u0153ud qui n\u2019est pas beau, refaire le n\u0153ud. Mes mains ont soixante-quinze ans elles aussi. Peut-\u00eatre plus. Les mains travaillent, elles ne connaissent pas le repos, toujours \u00e0 saisir, tordre, tenir, elles vieillissent plus vite que le reste. Elles ont tenu tant de tiges. Tant de tiges froides et mouill\u00e9es. Est-ce que j\u2019aimais les fleurs\u2009? Je ne sais pas si c\u2019est une bonne question. Peut-\u00eatre qu\u2019\u00eatre simplement l\u00e0, avec les fleurs, \u00e7a suffit, et que c\u2019est \u00e7a, l\u2019amour, \u00eatre simplement l\u00e0, avec.<br>Paris dehors. Je n\u2019y pense pas. Paris se passe de mes pens\u00e9es. Les voitures. Les gens. Les gens qui passent devant la boutique sans regarder. Les gens qui regardent et n\u2019entrent pas. Les gens qui entrent et n\u2019ach\u00e8tent pas. Les gens qui ach\u00e8tent. Les uns et les autres, je les ai tous vus, pendant cinquante ans, les m\u00eames et pas les m\u00eames, il y en a toujours eu d\u2019autres pour remplacer ceux qui ne venaient plus, qui ne pouvaient plus venir, pour une raison ou une autre, la maladie, la mort ou un d\u00e9m\u00e9nagement.<br>Continuer. Il faut continuer. Ouvrir le matin, fermer le soir, remplir les seaux, couper les tiges, dire bonjour, dire bonne journ\u00e9e, recommencer. Difficile de continuer. Les genoux. Le dos. Cette fatigue qui n\u2019est plus tout \u00e0 fait une fatigue, qui est autre chose, qui est peut-\u00eatre ce que je suis devenue, une fatigue qui marche et qui coupe des tiges et qui dit bonne journ\u00e9e. Je vais continuer.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">*<\/p>\n\n\n\n<p>Le t\u00e9l\u00e9phone a sonn\u00e9. C\u2019est ainsi que \u00e7a commence les choses qui changent, un t\u00e9l\u00e9phone qui sonne, j\u2019aurais pu ne pas r\u00e9pondre, j\u2019ai r\u00e9pondu, on r\u00e9pond toujours, c\u2019est le probl\u00e8me, on r\u00e9pond toujours aux t\u00e9l\u00e9phones et aux portes et aux questions et voil\u00e0 o\u00f9 on en est, \u00e0 soixante-quinze ans, les mains dans l\u2019eau froide apr\u00e8s avoir r\u00e9pondu.<br>Une voix. Une voix que je ne connaissais pas, une voix qui disait des choses, des choses pr\u00e9cises, avec des d\u00e9tails, les voix pr\u00e9cises avec des d\u00e9tails c\u2019est mauvais signe, on est pr\u00e9cis quand on veut que l\u2019on comprenne bien, quand on ne veut pas qu\u2019il y ait de malentendus, les bonnes nouvelles n\u2019ont pas besoin de d\u00e9tails. Elle a dit son nom. Elle a dit pourquoi elle appelait. Elle a dit qu\u2019on me cherchait.<br>On me cherche. Moi. Moi qui suis l\u00e0 depuis cinquante ans rue de quelque chose \u00e0 couper des tiges, on me cherche, quelqu\u2019un a d\u00e9cid\u00e9 qu\u2019il fallait me trouver, qu\u2019il y avait quelque chose qui n\u00e9cessitait ma pr\u00e9sence, ma pr\u00e9sence sp\u00e9cifique, pas quelqu\u2019un d\u2019autre, moi. C\u2019est vertigineux. C\u2019est absurde. J\u2019ai pos\u00e9 les ciseaux.<br>On me cherchait depuis longtemps, a-t-elle dit. Depuis longtemps. Combien de temps c\u2019est longtemps\u2009? Pendant que je coupais des tiges, on me cherchait. Pendant que je disais bonne journ\u00e9e \u00e0 des gens qui repartaient avec leurs roses, on me cherchait.<br>Quelqu\u2019un quelque part tenait mon nom dans sa bouche et ne savait pas o\u00f9 me poser. C\u2019est \u00e9trange d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 cherch\u00e9e sans le savoir. C\u2019est \u00e9trange d\u2019exister dans la t\u00eate de quelqu\u2019un qui ne vous a pas encore trouv\u00e9e. J\u2019existais l\u00e0, dans cette recherche, dans cette absence, plus r\u00e9elle peut-\u00eatre que dans ma boutique, dans mes seaux, dans mes chrysanth\u00e8mes.<br>Je n\u2019ai rien dit pendant un moment. Le t\u00e9l\u00e9phone contre l\u2019oreille, le silence, les fleurs autour de moi qui ne savaient pas, les fleurs ne savent jamais rien, c\u2019est leur qualit\u00e9 principale, ne rien savoir, mourir sans savoir, continuer de sentir bon sans savoir, je leur en veux parfois, je leur en voulais ce matin-l\u00e0, ce matin ou cet apr\u00e8s-midi, je ne sais plus, il y avait de la lumi\u00e8re, ou pas, \u00e7a n\u2019a pas d\u2019importance, le t\u00e9l\u00e9phone sonnait et maintenant il ne sonnait plus et quelqu\u2019un attendait que je dise quelque chose.<br>Qu\u2019est-ce qu\u2019on veut de moi\u2009? C\u2019est ce que j\u2019ai demand\u00e9. Qu\u2019est-ce qu\u2019on veut de moi apr\u00e8s tout ce temps, apr\u00e8s toutes ces ann\u00e9es \u00e0 ne pas \u00eatre cherch\u00e9e, pourquoi maintenant, pourquoi pas avant, pourquoi pas jamais, \u00e7a aurait \u00e9t\u00e9 plus simple, jamais \u00e7a je l\u2019aurais compris, jamais c\u2019est clair, jamais \u00e7a ne laisse pas de place au doute, mais maintenant, maintenant avec mes genoux et mon dos et mes cinquante ans de bonne journ\u00e9e, maintenant on me cherche, maintenant on me trouve, maintenant il va falloir \u00eatre trouv\u00e9e, exister pour quelqu\u2019un qui me cherchait, r\u00e9pondre \u00e0 l\u2019id\u00e9e qu\u2019il se faisait de moi pendant toutes ces ann\u00e9es, cette id\u00e9e qui ne peut \u00eatre que fausse, toutes les id\u00e9es qu\u2019on se fait des gens sont fausses, les gens sont toujours autre chose, moins, ou plus, ou simplement diff\u00e9rent, simplement l\u00e0 avec leurs seaux et leurs ciseaux et leur fatigue qui n\u2019est plus tout \u00e0 fait une fatigue.<br>Elle a r\u00e9p\u00e9t\u00e9 mon nom. Comme pour v\u00e9rifier que j\u2019\u00e9tais encore l\u00e0. J\u2019\u00e9tais encore l\u00e0. Je suis toujours encore l\u00e0, c\u2019est mon probl\u00e8me, \u00eatre encore l\u00e0, continuer d\u2019\u00eatre encore l\u00e0 alors qu\u2019on aurait pu ne plus y \u00eatre, et on r\u00e9pond, et on \u00e9coute, et on apprend qu\u2019on \u00e9tait cherch\u00e9e, qu\u2019on \u00e9tait une absence dans la vie de quelqu\u2019un, un blanc, un manque, une fleur qu\u2019on n\u2019arrive pas \u00e0 trouver, une esp\u00e8ce rare, ou simplement une femme de soixante-quinze ans dans une boutique rue de quelque chose qui r\u00e9pond au t\u00e9l\u00e9phone les mains mouill\u00e9es.<br>J\u2019ai dit oui. Qu\u2019est-ce que j\u2019aurais pu dire d\u2019autre\u2009? J\u2019ai dit oui je suis l\u00e0, oui vous m\u2019avez trouv\u00e9e, oui si vous voulez, ou non je ne veux pas, je ne sais plus ce que j\u2019ai dit, j\u2019ai dit quelque chose, les mots sont sortis comme ils sortent toujours, sans qu\u2019on les choisisse vraiment, on ouvre la bouche et il y a des mots, il y a bonjour bonne journ\u00e9e oui non c\u2019est beau \u00e7a fera bien au revoir, et maintenant on m\u2019a trouv\u00e9e, je suis l\u00e0.<br>J\u2019ai raccroch\u00e9. J\u2019ai repris les ciseaux. Il y avait encore des tiges \u00e0 couper. Il y a toujours des tiges \u00e0 couper. C\u2019est une constante. Peut-\u00eatre la seule.<br>Le t\u00e9l\u00e9phone n\u2019a plus sonn\u00e9. Ou il a sonn\u00e9 pour autre chose, des fournisseurs, une voisine, le m\u00e9decin pour un rendez-vous, les t\u00e9l\u00e9phones sonnent pour toutes sortes de raisons qui ne sont pas des raisons d\u2019\u00eatre cherch\u00e9e, qui sont des raisons ordinaires, des raisons qui n\u2019\u00e9branlent rien, auxquelles on r\u00e9pond et qu\u2019on oublie avant d\u2019avoir raccroch\u00e9. J\u2019ai oubli\u00e9 la voix. J\u2019ai presque oubli\u00e9 la voix. Elle revient parfois, le soir, quand je ferme la boutique, quand je retourne les seaux pour les vider, une voix qui disait mon nom, pr\u00e9cise, avec des d\u00e9tails, une voix qui savait qui elle cherchait, ou croyait savoir, ce qui revient au m\u00eame ou pas du tout.<br>Les fleurs ne savent pas. Je l\u2019ai d\u00e9j\u00e0 dit. Je me r\u00e9p\u00e8te. \u00c0 soixante-quinze ans on se r\u00e9p\u00e8te, les pens\u00e9es repassent, les m\u00eames pens\u00e9es dans les m\u00eames sillons, comme l\u2019eau dans les m\u00eames rigoles, on ne choisit plus vraiment, \u00e7a coule o\u00f9 \u00e7a a toujours coul\u00e9, vers les fleurs, vers les tiges, vers cette voix maintenant, vers cette question sans r\u00e9ponse qui n\u2019est m\u00eame pas une question, juste une chose qui s\u2019est pass\u00e9e un jour, un t\u00e9l\u00e9phone, une voix, mon nom dans une bouche inconnue, et moi les mains mouill\u00e9es qui disais oui.<br>Je coupe les tiges. Je dis bonne journ\u00e9e. Quelque part quelqu\u2019un me cherche encore peut-\u00eatre, ou a cess\u00e9 de me chercher, ou n\u2019a jamais vraiment cherch\u00e9, ou cherche et ne trouvera pas, ou trouvera et ce sera autre chose, une d\u00e9ception, un malentendu, une vieille femme avec des ciseaux qui ne ressemble pas \u00e0 ce qu\u2019on cherchait. \u00c7a m\u2019est \u00e9gal. Presque \u00e9gal. Il faut continuer. Les seaux. Les tiges. La porte qu\u2019on ouvre le matin et qu\u2019on ferme le soir et entre les deux les gens et leurs occasions et leurs morts et leurs vivants \u00e0 qui offrir quelque chose qui ne durera pas.<br>C\u2019est beau, \u00e7a fera bien.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">*<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a des gens qui entrent dans une boutique de fleurs sans \u00eatre ceux qu\u2019on attend, c\u2019est m\u00eame la majorit\u00e9 des gens, les gens qui entrent ne sont presque jamais ceux qu\u2019on attend, on attendrait quelqu\u2019un toute sa vie dans une boutique de fleurs et il entrerait des inconnus, des inconnus qui veulent des roses, des lys ou des chrysanth\u00e8mes selon la saison, selon l\u2019occasion, selon ce qu\u2019ils ont d\u00e9cid\u00e9 d\u2019offrir ou de porter sur une tombe.<br>J\u2019ai regard\u00e9 les visages. Pendant quelques jours, j\u2019ai regard\u00e9 les visages. C\u2019est fatigant de regarder les visages. D\u2019habitude, je ne regarde pas les visages, je regarde les mains, les mains qui cherchent le portefeuille, les mains qui montrent une fleur, les mains qui h\u00e9sitent, les mains savent avant les visages, les mains d\u00e9cident, les mains paient. Je regardais les visages pour voir si je reconnaissais quelque chose, un air, un rapport avec quelque chose d\u2019ancien, avec quelque chose qui aurait eu besoin de me chercher, qui aurait eu une raison, une vraie raison, pas juste une erreur de num\u00e9ro, pas juste une voix qui s\u2019est tromp\u00e9e.<br>Peut-\u00eatre que c\u2019\u00e9tait une erreur. Peut-\u00eatre que la voix cherchait quelqu\u2019un d\u2019autre, une autre femme, une autre fleuriste, une autre rue de quelque chose, Paris est plein de rues de quelque chose, Paris est plein de femmes de soixante-quinze ans qui coupent des tiges et qui disent bonne journ\u00e9e, peut-\u00eatre qu\u2019il y en a une autre, qui me ressemble ou pas, qui a le m\u00eame nom ou un nom approchant, et c\u2019est elle qu\u2019on cherchait, elle qu\u2019on a trouv\u00e9e, ou pas trouv\u00e9e, et moi j\u2019ai attendu pour rien, j\u2019ai regard\u00e9 des visages pour rien, j\u2019ai pos\u00e9 les ciseaux pour rien.<br>Pour rien. \u00c7a ne me d\u00e9range pas. Ou si. Je ne sais pas. Il y avait quelque chose de doux dans l\u2019id\u00e9e d\u2019\u00eatre cherch\u00e9e. Quelque chose que je n\u2019avais pas demand\u00e9 et qui \u00e9tait l\u00e0 quand m\u00eame, comme les fleurs dans les seaux le matin, on les met dans les seaux, elles sont l\u00e0, elles font leur travail d\u2019\u00eatre l\u00e0, et puis elles partent, et d\u2019autres arrivent, et ainsi de suite, depuis cinquante ans, ainsi de suite. \u00catre cherch\u00e9e c\u2019\u00e9tait comme \u00e7a. Quelque chose qui arrive. Qu\u2019on n\u2019a pas demand\u00e9. Qui est l\u00e0. Et puis.<br>Et puis rien.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Je suis dans la boutique, ou ce qui ressemble \u00e0 une boutique, rue de quelque chose, Paris, Paris\u00a0XVe. On me parle, on m\u2019interroge, on me dit des choses, je ne sais plus depuis combien de temps on me dit des choses, soixante-quinze ans qu\u2019on me dit des choses et moi je coupe, je coupe les tiges \u00e0 la longueur qu\u2019il <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/linnommable-fleuriste\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#construire #12 |\u00a0L\u2019innommable fleuriste<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":635,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[7934,8015],"tags":[],"class_list":["post-208182","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-construire-nouveau-cycle-2026","category-construire-12-beckett-qui-parle"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/208182","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/635"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=208182"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/208182\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":208233,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/208182\/revisions\/208233"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=208182"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=208182"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=208182"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}