{"id":208397,"date":"2026-04-28T10:00:27","date_gmt":"2026-04-28T08:00:27","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=208397"},"modified":"2026-04-28T10:00:28","modified_gmt":"2026-04-28T08:00:28","slug":"llcf-01-v-and-v","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/llcf-01-v-and-v\/","title":{"rendered":"#LLCF #01| V and V"},"content":{"rendered":"\n<p>Ainsi un nouveau livre. Parce qu\u2019il est impossible de faire autrement. L\u2019annonce de sa parution s\u2019est inscrite sur une page internet. C\u2019\u00e9tait pr\u00e9vu pour le 24 avril de cette ann\u00e9e. J\u2019ai envoy\u00e9 un mail \u00e0 mon libraire favori. Deux jours plus tard, le livre \u00e9tait en boutique, soit un jour avant la sortie officielle. Je n\u2019ai pas beaucoup de temps devant moi, mais je vais le r\u00e9cup\u00e9rer dans la journ\u00e9e. Je le r\u00e8gle avec ma carte bancaire, je l\u2019enfourne dans un sac en tissu que je positionne sur l\u2019\u00e9paule et je repars. Je ne l\u2019ai ni regard\u00e9 ni feuillet\u00e9, ce qui est contraire \u00e0 toutes mes habitudes. Je ne sais de lui dans l\u2019instant que son poids sur mon \u00e9paule et le prix que je l\u2019ai pay\u00e9, soit 36 euros. J\u2019ai senti au toucher des asp\u00e9rit\u00e9s sur la couverture, du relief, ce qui n\u2019est pas familier pour des livres, qui sont, g\u00e9n\u00e9ralement lisses ou m\u00eame satin\u00e9s. Arriv\u00e9e chez moi, je le pose sur mon bureau. Il va \u00eatre en bonne compagnie d\u2019autres lectures intermittentes&nbsp;: le dernier <em>Carnet de notes<\/em> de Pierre Bergounioux et les <em>Chroniques<\/em> de Clarice Lispector, et d\u2019autres. Trois livres d\u2019\u00e9paisseurs. Leur poids est sensiblement \u00e9gal&nbsp;: 777 grammes pour Bergounioux, 882 pour Clarice, et l\u00e9g\u00e8rement moins 738 pour ma derni\u00e8re acquisition. Ce ne sont pas des livres que l\u2019on transporte partout avec soi, ils resteront paisibles \u00e0 m\u2019attendre sur la table de travail. L\u00e0, les yeux ferm\u00e9s, je saurai les reconna\u00eetre par le toucher qui les diff\u00e9rencie&nbsp;: lisse, glac\u00e9, gaufr\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin je prends le loisir ou la n\u00e9cessit\u00e9 de regarder le dernier livre venu rejoindre toutes ces pages qui me cernent. Ce qui m\u2019appara\u00eet en premier ce sont les signes graphiques sur la couverture, avant m\u00eame les couleurs qui les animent.\u00a0: des ponts avec un point \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur tout en haut, une bande quadrill\u00e9e en diagonale \u00e0 l\u2019oppos\u00e9, le genre de graphisme que l\u2019on donne \u00e0 l\u2019\u00e9cole maternelle pour apprendre \u00e0 tracer des formes en pr\u00e9paration \u00e0 l\u2019\u00e9criture. Sur la partie verticale des V de couleurs diff\u00e9rentes et \u00e0 peine dissemblables. Tout cette chor\u00e9graphie de caract\u00e8res pour entourer le titre \u00e9crit en lettres script d\u2019un bleu nuit, encadr\u00e9 d\u2019un trait du m\u00eame bleu sur un liser\u00e9 blanc qui cerne tout ce qui est \u00e9criture. Au centre est not\u00e9 CORRESPONDANCE en lettres marron sombre sur un fond marron plus clair, le tout entour\u00e9 de petits ronds bleus et cern\u00e9 encore d\u2019un rectangle rouge. Dans le tiers inf\u00e9rieur un cartouche gris o\u00f9 sont not\u00e9s les noms des deux autrices dont la correspondance nous est offerte, en script et d\u2019une teinte de bleu similaire \u00e0 la couleur de fond du rectangle du titre, les deux noms sont unis par une esperluette. En-dessous, un petit dessin, lui aussi en relief, d\u2019une femme assise sur un fauteuil, jambes crois\u00e9es. Voil\u00e0 <em>Baisers du Singe<\/em>, la correspondance entre Virginia Woolf et Vanessa Bell. Et soudain les V sur les c\u00f4t\u00e9s prennent tout leur sens, bien s\u00fbr ce sont l\u2019initiale commune aux pr\u00e9noms des deux s\u0153urs. Sur le dos, titre et noms des autrices teint\u00e9s de bleu nuit et cern\u00e9 d\u2019un liser\u00e9 de blanc, avec le m\u00eame motif de la femme \u00e0 moiti\u00e9 allong\u00e9e. Sur les trois tranches, le blanc des pages est parsem\u00e9 de liser\u00e9s plus sombres laissant supposer que des pages illustr\u00e9es sont diss\u00e9min\u00e9es tout au long du livre. Sur la quatri\u00e8me de couverture, on retrouve les motifs graphiques d\u00e9j\u00e0 observ\u00e9s qui forment un cadre, autour de quelques lignes, un extrait de la pr\u00e9face de C\u00e9cile Wajsbrot\u00a0: \u00ab\u00a0Il \u00e9tait une fois deux s\u0153urs, l\u2019une s\u2019appelait Vanessa et \u00e9tait l\u2019a\u00een\u00e9e, l\u2019autre s\u2019appelait Virginia et \u00e9tait plus jeune de trois ans. L\u2019une voulait \u00eatre peintre mais ne l\u2019\u00e9tait pas tout \u00e0 fait en 1904, lorsque ce volume de correspondance s\u2019ouvre, l\u2019autre voulait \u00eatr \u00e9crivaine mais n\u2019avait pas commenc\u00e9 son premier roman.\u00a0\u00bb. Ce texte se tient dans la partie sup\u00e9rieure de la page, en script avec la forme du <em>e<\/em> l\u00e9g\u00e8rement inclin\u00e9e, mais si peu que peut-\u00eatre je me trompe. Dans le bas de la page, il est not\u00e9 que la traduction de l\u2019anglais a t\u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e par Carine Bratzlavsky &amp; Anne-Marie Smith-Di-Biasio. Le sigle de la maison d\u2019\u00e9dition <em>La Table ronde<\/em>, se situe juste en dessous, et encore plus bas le code barre et le prix en euros.. Dans l\u2019angle inf\u00e9rieur droit le logo de la Fondation La Poste, qui je l\u2019apprendrai sur la derni\u00e8re page du livre soutient l\u2019\u00e9criture \u00e9pistolaire et donc l\u2019\u00e9dition de correspondance.<\/p>\n\n\n\n<p>La couverture a des rabats int\u00e9rieurs, plus larges que d\u2019ordinaire me semble-t-il, avec un texte qui situe le cadre de cette correspondance presque quotidienne entre les s\u0153urs&nbsp;: un \u00e9change de 215 lettres in\u00e9dites.. Le graphisme des ponts et du quadrillage se poursuit en haut et en bas. Avant m\u00eame tout page de garde, une s\u00e9rie de portraits, tableaux de Vanessa Bell irisent l\u2019ouvrage et insuflent un ancrage dans la vie familiale. La page de titre rappelle celle de la couverture en pr\u00e9cisant les dates de la Correspondans 1904-1941, le nom des traductrices et signale la Pr\u00e9face de C\u00e9cile Wajsbrot. En pied de page, le logo de la femme dans un fauteuil, que l\u2019on retrouve dans d\u2019autres livres de cette maison d\u2019\u00e9dition ( mais pas tous\u2026). Sur le second rabat, toujours cern\u00e9 du m\u00eame graphisme, sont rappel\u00e9es, condens\u00e9es les vies des deux autrices. Tout en bas est \u00e9crit&nbsp;: COUVERTURE:CHEERI&nbsp;. C\u2019est le nom de l\u2019atelier de graphistes qui manie les formes et les lettres des ouvrages de cette maison d\u2019\u00e9dition. Curieusement, il m\u2019avait rappel\u00e9 la couverture du livre en anglais de Virginia Woolf <em>The waves<\/em>, tr\u00e8s color\u00e9&nbsp;; la cr\u00e9atrice en \u00e9tait Aino-Maija Mersola.<\/p>\n\n\n\n<p>Les derni\u00e8res pages du livre sont des illustrations des couvertures de Virginia faites par Vanessa, et curieusement aucune page blanche ne cl\u00f4t l\u2019ouvrage. Voil\u00e0 il me reste \u00e0 me glisser entre les mots de l\u2019une et de l\u2019autre. Avant, je feuillette et m\u2019attarde sur les nombreuses photos en noir et blanc, des portraits, qui ponctuent Baisers du singe.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ainsi un nouveau livre. Parce qu\u2019il est impossible de faire autrement. L\u2019annonce de sa parution s\u2019est inscrite sur une page internet. C\u2019\u00e9tait pr\u00e9vu pour le 24 avril de cette ann\u00e9e. J\u2019ai envoy\u00e9 un mail \u00e0 mon libraire favori. 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