{"id":208478,"date":"2026-05-02T19:34:03","date_gmt":"2026-05-02T17:34:03","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=208478"},"modified":"2026-05-02T22:18:28","modified_gmt":"2026-05-02T20:18:28","slug":"testard_livre_01_1","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/testard_livre_01_1\/","title":{"rendered":"#livre #01 | Pr\u00e9sentation du livre"},"content":{"rendered":"\n<div style=\"height:20px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p id=\"travaux\">Le Transilien en provenance de Cr\u00e9py-en-Valois (ligne K) passe en tarification \u00cele-de-France en gare de Dammartin-Juilly-St-Mard. Il entrera en gare voie 2. Les travaux du barreau de liaison ferroviaire Roissy-Picardie entre la ligne Paris-Creil-Amiens et la gare de l&rsquo;a\u00e9roport Charles-de-Gaulle 2 TGV entra\u00eenent ce week-end des modifications de l&rsquo;offre de transport. En cons\u00e9quence la circulation est tr\u00e8s fortement perturb\u00e9e sur l&rsquo;axe Paris-St-Quentin. La majorit\u00e9 des TER Hauts-de-France K14 et C14 ne circuleront pas entre Paris Nord et Compi\u00e8gne. Nous vous invitons \u00e0 reporter vos d\u00e9placements dans la mesure du possible. Il ne s&rsquo;agit pas que de descendre sur Paris, encore faut-il en revenir. Un livre n&rsquo;est pas une maison.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p id=\"avions\">On a emport\u00e9 un livre. L&rsquo;on s&rsquo;est d\u00e9rout\u00e9, cette fois encore. Vingt-cinq minutes de d\u00e9partementales et un coup de N2, stationnement en zone bleue du lundi au vendredi. Un run d&rsquo;exploration il y a un bout de temps avait enseign\u00e9 l&rsquo;endroit. La gare est \u00e0 l&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9, en haut, de l&rsquo;agglom\u00e9ration, le chemin de fer la borde. Apr\u00e8s c&rsquo;est les champs. Les avions volent plus bas ici, beaucoup.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p id=\"biblioth\u00e8ques\">Que toute une biblioth\u00e8que vous attende, et encore une, et tout le r\u00e9seau des, \u00e7a ne vous fera pas sortir sans un livre. Est-ce pr\u00eat\u00e9 pour un rendu ? Quel tour est jou\u00e9&nbsp;? Le livre emprunt\u00e9, m\u00eame pos\u00e9 sur la table du salon entre un caillou et une feuille, ou par terre sous le transat avec lunettes et t\u00e9l\u00e9phone, casquette, c&rsquo;est un cordon qui continue de vous lier \u00e0 la biblioth\u00e8que enti\u00e8re. On en est l\u00e0&nbsp;: on est l\u00e0, jour de le retourner, attendant son train. Ou plut\u00f4t non&nbsp;: le devan\u00e7ant \u2014 on lit. Le quai est \u00e0 tous les vents \u2014 mais on est sous abri.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p id=\"reviens\">Ce livre emport\u00e9, l&rsquo;accompagnateur, celui-l\u00e0 est \u00e0 soi, qu&rsquo;on vient de ressortir du carton. Bien \u00e0 soi, cela se lit dans tous les coins \u2014 m\u00eame si l&rsquo;\u00e9criture a chang\u00e9. Quelque peu. Il y a eu crayon de papier, gris et gras, puis le trait plus fin, contrast\u00e9 d&rsquo;un porte-mine. Les deux se c\u00f4toient sur la garde o\u00f9 l&rsquo;on lit&nbsp;: 090618 \u2013 100224 et au-dessus, incisivement&nbsp;: 260417. Chaque lecture a son num\u00e9ro de r\u00e9f\u00e9rence. On dirait que ce livre aussi s&rsquo;appelle reviens, sauf que. Il a ses raisons propres et encore. C&rsquo;est un truc uniquement entre lui et soi. Les l, qui faisaient des boucles, sont \u2014 entre-temps \u2014 devenus des b\u00e2tons.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p id=\"transport\">Phrases soulign\u00e9es, mots entour\u00e9s, cernes de toutes tailles dans les marges (blancs de grand fond), effets de cadre, parfois doubl\u00e9s. Points d&rsquo;exclamation. Points d&rsquo;interrogation. Et des mots flottants, le plus souvent en haut de page, comme intertitres, comme des entr\u00e9es. Plus de titre de transport gliss\u00e9 entre les pages depuis qu&rsquo;on recharge son Navigo directement aux bornes, sur le mobile avec l&rsquo;appli, c&rsquo;est simple et pratique et quelle \u00e9conomie de temps. Sinon, voyageur occasionnel, payez vos trajets \u00e0 l&rsquo;unit\u00e9 avec votre passe Navigo Libert\u00e9 +, c&rsquo;est ma carte de cr\u00e9dit transport en commun. Payez uniquement les trajets que vous effectuez, recevez votre facture le mois suivant vos d\u00e9placements, fini les recharges de passe, Souscrire gratuitement. Un livre reste cependant un portefeuille. Un livre, c&rsquo;est quoi&nbsp;?&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p id=\"camion\">Le livre, ce livre-ci, est l\u00e9ger, aux pages si fines, qui se laisse empoigner et tordre donc bruire, 300 cependant tr\u00e8s exactement, soient 150 feuillets, num\u00e9rot\u00e9es depuis la 9 et jusqu&rsquo;\u00e0 la 286, fin de la table, except\u00e9es les derni\u00e8res, nombreuses, de chaque chapitre, LXXXVIII, il reste souple \u2014 se pr\u00eate \u00e0 la main&nbsp;\u2014, n&rsquo;\u00e9tait le re\u00e7u n\u00b0 46445 de l&rsquo;Amicale des sapeurs-pompiers en date du 25\/11\/16 attestant qu&rsquo;en \u00e9change d&rsquo;un calendrier 5\u20ac ont \u00e9t\u00e9 donn\u00e9s, ce qui \u00e0 la reliure le crispe et fait \u00e0 chaque feuilletage \u2014 c&rsquo;est pour le faire parler \u2014 s&rsquo;ouvrir sur le CHAPITRE XXXIX que surmonte la mention manuscrite plus disserte qu&rsquo;ailleurs <em>Quand on double un camion\u2026<\/em> \u2014 c&rsquo;en est l&rsquo;incipit un brin \u00e9lagu\u00e9. Ainsi les lectures creusent leur sillon \u2014 ou n&rsquo;est-ce qu&rsquo;un sillage ? Il suffirait de l&rsquo;\u00f4ter, ce papier \u2014 sacril\u00e8ge&nbsp;! Trois feuillets ont \u00e9t\u00e9 arrach\u00e9s&nbsp;\u2014 les derni\u00e8res publications. Le papier en a-t-il toujours \u00e9t\u00e9 de ce jaune&nbsp;? Pisseux non, allez, greige clair.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-gray-color has-text-color has-link-color has-small-font-size wp-elements-ea89a678fa2462e9ad63fb70e7af464c\" id=\"variante\"><em>Variante&nbsp;:<\/em><\/p>\n\n\n\n<p id=\"portefeuille\">Lui c\u2019est autre chose&nbsp;: c\u2019est un portefeuille. Porte documents. C\u2019est un document de non-identit\u00e9 \u00e0 soi. Collecteur du non-d\u00e9clar\u00e9. Passeur et clandestin. On n&rsquo;y a son nom inscrit nulle part, du reste. On n\u2019y est enregistr\u00e9 nulle part \u2014 il ne porte pas de nom de lecteur.&nbsp; Si l&rsquo;on y revient c&rsquo;est pour son attachement au perdu justement \u2014&nbsp; pour la passion qu&rsquo;il indique. Le ticket de caisse s\u2019en balade \u2014 Ticket \u00e0 conserver \u2014 \u00c9change sous 10 jours \u2014 quasi effac\u00e9, vierge gu\u00e8re moins que la page de garde \u2014 la mine y a toutefois repass\u00e9 la date, 02\/06\/2009&nbsp;\u2014, d\u2019une double-page \u00e0 l\u2019autre&nbsp;: \u00e7a y est, il a dans le cours des chapitres d\u00e9pass\u00e9 le re\u00e7u pour le calendrier (2017). Tout marque-page qu&rsquo;il est demeure volant, papillon. Sans place attitr\u00e9e.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p id=\"vent\">On est entr\u00e9 dans l&rsquo;abri de verre \u00e0 cause du vent. Ce vent ne s&rsquo;arr\u00eatera plus de souffler, du nord, de l&rsquo;est, faisant le ciel bleu comme une ardoise pour les tra\u00een\u00e9es blanches, la lumi\u00e8re tranchante. Les nuits ne l&rsquo;apaisent qu&rsquo;\u00e0 peine. Quelque chose crie l\u00e0, qui fait voler tout ce qui, menu fretin, s&rsquo;en montre susceptible, ainsi d\u00e9port\u00e9, rabattu au sol dans ses moindres reliefs, retenu dans les grillages des cl\u00f4tures \u2014 le rebut\u00e9. Le rebutant. On s&rsquo;encoigne \u00e0 la jointure des parois un peu fum\u00e9es, un peu sales, le dos rond, on s&rsquo;est plac\u00e9 de face dans les rayons plongeants, solaires, de ce milieu d&rsquo;apr\u00e8s-midi, on retire la capuche. On ouvre le livre.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p id=\"impulsion\">Non. D&rsquo;abord on a long\u00e9 le bord du quai. Son ar\u00eate. Son d\u00e9bord. On aura saut\u00e9 du quai d&rsquo;abord, sur les voies prises par les herbes, dans l&#8217;emprise ferroviaire d\u00e9saffect\u00e9e, voies qui ne sont m\u00eame plus de garage, s&rsquo;\u00e9tant souvenu d&rsquo;une forme qui, \u00e0 quelques m\u00e8tres du quai la pr\u00e9c\u00e9dente fois, il y a trois semaines, nous faisait de l&rsquo;\u0153il sous le m\u00eame soleil \u2014 sous le soleil m\u00eame. Elle n&rsquo;a pas boug\u00e9, alors on a saut\u00e9. On est descendu sur les voies, en traversant deux pour l&rsquo;atteindre, se baisser, ramasser&nbsp;: on s&rsquo;en doutait, on a l&rsquo;\u0153il, est-ce un acquis&nbsp;? Ramasser, ce n&rsquo;est pas juste. C&rsquo;est de prendre qu&rsquo;il s&rsquo;agit. L&rsquo;instinct de prendre, on en est saisi. Une d\u00e9cision est prise l\u00e0, sans savoir encore ce qu&rsquo;elle concerne, et qui. Sans en conna\u00eetre tellement le d\u00e9cisionnaire. Une impulsion.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p id=\"gant\">On s&rsquo;est pris un gant. Fibre polaire. Fourr\u00e9 promptement dans la poche. Une fois remont\u00e9 sur le quai, une fois sous l&rsquo;abri, assis, tass\u00e9, cach\u00e9, il est ressorti, consid\u00e9r\u00e9\u00a0: gauche \u2014 cela est rare. Gauche comme est le gant trouv\u00e9 quatre jours plus t\u00f4t au bord de la route, \u00e0 v\u00e9lo. Le v\u00e9lo seul a les vitesse, finesse de balayage adapt\u00e9es ainsi que la distance de freinage et la souplesse de man\u0153uvre. Ce gant gauche d&rsquo;il y a quatre jours, de manutention, de d\u00e9m\u00e9nagement, tapis dans les herbes de l&rsquo;accotement non-stabilis\u00e9 et quasi sit\u00f4t vu sit\u00f4t de l\u00e0 d\u00e9coll\u00e9, c&rsquo;est d&rsquo;en ruminer l&rsquo;invention que \u00e7a nous est revenu, on en est venu \u00e0 ressortir le livre. En question. Un gant blanc ou qui le fut, par lequel tout a recommenc\u00e9. Le gant sur lequel on est tomb\u00e9, par quoi tout nous est retomb\u00e9 dessus. Gauche. L&rsquo;on est repris.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p id=\"apparition\">Alors il est entr\u00e9. S&rsquo;assied en face \u2014 non, en diagonale. Baggy, \u00e9lanc\u00e9, la figure lyc\u00e9enne, yeux riv\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e9cran du mobile tenu entre deux mains les coudes plant\u00e9s dans les cuisses, jambes \u00e9cart\u00e9es en proportion vont sans dire. Ou disent tout ce qu&rsquo;il y a \u00e0 savoir, \u00e0 quiconque l&rsquo;espace incompressible, l&rsquo;\u00e9cartement des rails, standard, \u00e0 personne la zone de confidentialit\u00e9, l&rsquo;assise seule et merde \u00e0 qui le lira. L&rsquo;\u0153il, entre deux paragraphes \u2014 ramass\u00e9s, denses, lapidaires pour beaucoup&nbsp;\u2014, consid\u00e8re, et constate : on n&rsquo;est pas juste \u00e0 scroller, on est tendu, le moment est d\u00e9cisif, la consultation f\u00e9brile, le temps compt\u00e9, d&rsquo;un bond l&rsquo;on sort, redescend par le passage souterrain, se retrouve sur le quai en face c\u00f4t\u00e9 gare, la rame venant de Paris arrive \u2014 rideau sur l&rsquo;apparition adolescente.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p id=\"rame\">Quant \u00e0 soi, le livre se chargera de notre conduite jusqu&rsquo;\u00e0 Paris Nord, gare de surface&nbsp;: Tous les voyageurs sont invit\u00e9s \u00e0 descendre&nbsp;; Assurez-vous que vous n&rsquo;avez rien oubli\u00e9 dans le train. Il se trouve que la rame automotrice Z&nbsp;50000 circulant sous le code mission AEKY dispose de larges autant que hautes baies \u00e0 double-vitrage offrant 50&nbsp;% de champ visuel suppl\u00e9mentaire par rapport aux mat\u00e9riels ant\u00e9rieurs. Outre le gain de luminosit\u00e9, aucune barre \u00e0 hauteur des yeux ne g\u00eane la vue vers l&rsquo;ext\u00e9rieur. Le coude gauche se pose ais\u00e9ment en rebord de baie, l&rsquo;angle du bras ainsi verrouill\u00e9 \u00e9levant les espacements entre les paragraphes et les ast\u00e9risques qui les constellent exactement \u00e0 hauteur des yeux. La lecture s&rsquo;y trouve en ad\u00e9quation avec le volume de la rame, toute d\u00e9gagement et transparence \u2014 mais sans doute moins avec le contenu du livre. Ce contraste aussi se savoure \u2014 comme d&rsquo;aller dos \u00e0 la marche.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p id=\"baie\">Cela se noue l\u00e0. N&rsquo;ayant rien perdu de sa souplesse donc de sa maniabilit\u00e9 et d&rsquo;une tonicit\u00e9 quasi musculaire (muscle stri\u00e9), le livre \u2014 de poche comme on a des couteaux, des lampes \u2014 se maintient ais\u00e9ment ouvert pouce contre verso, ongle de l&rsquo;auriculaire plaquant le recto oppos\u00e9, les trois doigts interm\u00e9diaires gliss\u00e9s derri\u00e8re son dos assurant l&rsquo;effet de pince, en lyre de fanfare. On le dirait fait \u00e0 la main. Ainsi un livre est pr\u00e9sent\u00e9, se tenant tout contre la vitre du transport en commun&nbsp;: en vitrine. La vue l\u00e9g\u00e8rement d\u00e9port\u00e9e vers l&rsquo;ext\u00e9rieur, \u00e0 gauche par rapport \u00e0 l&rsquo;axe du corps, o\u00f9 vraisemblablement se reconna\u00eet la vision lat\u00e9rale dont jouit le conducteur automobile, le dos \u00e0 la marche droit adh\u00e9rant sans contrainte \u00e0 l&rsquo;assise, glisse naturellement depuis le livre sur les \u00e9tendues d&rsquo;openfield et bient\u00f4t sur les sch\u00e9mas g\u00e9n\u00e9raux de la banlieue, de ses mutations. Entre ce qui glisse du paysage et ce qui coule du texte un amalgame se forme, une humeur vitr\u00e9e, il y a transparence. Il y a confluence.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p id=\"publicit\u00e9\">C&rsquo;est o\u00f9 on voulait en venir. Le livre est pr\u00e9sent\u00e9. Non seulement ouvert, mais offert \u00e0 la vue \u2014 on veut dire&nbsp;: \u00e0 ce qui d\u00e9file sous les yeux comme \u00e0 la vue de tous. On y donne la lecture en spectacle. Ce qu&rsquo;encadre la baie vitr\u00e9e du Transilien, c&rsquo;est pour ainsi dire une image publicitaire de la libert\u00e9 et du bien-\u00eatre individuels associ\u00e9e au transport en commun&nbsp;: Laissez-vous emporter, transporter. La lecture comme image de la mobilit\u00e9 durable&nbsp;? On la fait en tout cas circuler, elle circule avec soi sur le r\u00e9seau.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p id=\"mains\">C&rsquo;en est une autre, d&rsquo;image, que la couverture du livre. Le voyageur indien ou sri-lankais maintenant assis en face aurait tout le loisir de la d\u00e9tailler, son mobile \u00e0 lui demeurant sagement sous sa main pos\u00e9e \u00e0 plat sur sa cuisse, mais il semble absorb\u00e9. L&rsquo;image de couverture est une peinture de la p\u00e9riode dite baroque, tableau plac\u00e9 probablement l\u00e0 en illustration du dernier chapitre du livre, le LXXXVIII (\u00ab La passion des al\u00e9as&nbsp;\u00bb), sc\u00e8ne tronqu\u00e9e au centre de laquelle la lumi\u00e8re en un coup de projecteur met en relief des mains d&rsquo;enfants&nbsp;: l&rsquo;une vient de lancer, l&rsquo;autre est en train de compter, elles ont maille \u00e0 partir. Cela se lit sur les doigts dans leur d\u00e9li\u00e9, tout articul\u00e9, quasiment rh\u00e9torique. Et puis l&rsquo;enjeu est l\u00e0, sous le nez&nbsp;: les d\u00e9s reposent au sol entre les tas de pi\u00e8ces. Cependant au premier plan \u2014 et c&rsquo;est un peu comme un apart\u00e9 au th\u00e9\u00e2tre, cela se tend vers vous, ne s&rsquo;adresse qu&rsquo;\u00e0 vous&nbsp;\u2014, une troisi\u00e8me main laiss\u00e9e de c\u00f4t\u00e9, pendant au bout du bras, n\u00e9glig\u00e9e, comme oubli\u00e9e de celui m\u00eame \u00e0 qui elle appartient, gauche, vient enfouir un doigt et peut-\u00eatre deux dans l&rsquo;ombre du soulier crev\u00e9, entre cuir et peau et qui sait o\u00f9 encore.&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:30px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right has-medium-gray-color has-text-color has-link-color has-small-font-size wp-elements-7065d986a8956abd34d3296374f01add\" id=\"Jab\u00e8s\"><em>Il a, toujours, v\u00e9cu en marge. Dans les marges d&rsquo;un livre in\u00e9puisable.<\/em><br>E.&nbsp;Jab\u00e8s<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right has-medium-gray-color has-text-color has-link-color has-small-font-size wp-elements-d11d7b29ccf4ac0a0b01d645203ef632\" id=\"Quignard\"><em>Cette poche est tous les livres.<\/em><br>P.&nbsp;Quignard<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:20px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le papier en a-t-il toujours \u00e9t\u00e9 de ce jaune\u00a0? 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