{"id":208804,"date":"2026-05-03T09:45:30","date_gmt":"2026-05-03T07:45:30","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=208804"},"modified":"2026-05-03T11:41:31","modified_gmt":"2026-05-03T09:41:31","slug":"le-livre-comme-fiction-remontees-a-la-description","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/le-livre-comme-fiction-remontees-a-la-description\/","title":{"rendered":"#livre #01 |\u00a0Remont\u00e9es \u00e0 la description"},"content":{"rendered":"\n<p>Comme je ferais d\u2019une vieille photo retrouv\u00e9e de grand-m\u00e8re, celle aim\u00e9e mais qui n\u2019est plus, ou celle d\u2019une inconnue crois\u00e9e par hasard sur un tourniquet de cartes postales aux puces de St Ouen. Les yeux clos d\u2019abord, la fr\u00f4ler des doigts, imaginer les creux de ses rides, suivre la courbe de son assise, de quelque sourire laiss\u00e9 derri\u00e8re elle. Tendre l\u2019oreille aux cascades de sa vie. Saisir au passage les fragrances en mouvement dans le tourbillon poussi\u00e9reux. Finalement d\u00e9cider de la regarder vraiment, mais par soucis de ne pas froisser cette peau fatigu\u00e9e, la d\u00e9couvrir \u00e0 l\u2019ombre d\u2019abord, puis, avec pr\u00e9caution, laisser miroiter \u00e0 sa surface une premi\u00e8re caresse de lumi\u00e8re. Ne la mettre que progressivement en plein jour. Ne pas franchir les \u00e9tapes plus vite que n\u00e9cessaire, laisser venir la sensation du temps retrouv\u00e9, l\u2019intimit\u00e9 alors partag\u00e9, et lentement, alors que la poussi\u00e8re finit de se poser, alors seulement, se laisser emmener entre les lignes.<\/p>\n\n\n\n<p>Fr\u00f4lements des pliures de sa couverture cartonn\u00e9e, de ses extr\u00e9mit\u00e9s corn\u00e9es et de la partie inf\u00e9rieure de sa tranche un peu d\u00e9coll\u00e9e. Bouff\u00e9es d\u2019air vieillies se d\u00e9gageant de ses pages jaunies encore recroquevill\u00e9es sur elles-m\u00eames&nbsp;&#8211; une densit\u00e9 de survivante. Un livre attrap\u00e9 ce jour dans ma biblioth\u00e8que \u2013 ce livre plut\u00f4t que celui-l\u00e0 \u2013 ouvrage acquis \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 17 ans. Le red\u00e9couvrir, comme on effeuille une marguerite &#8211; je t\u2019aime, un peu, beaucoup\u2026. Entrer ainsi par le menu, dans la composition de sa couverture, et aller d\u00e9nicher chaque d\u00e9tail de sa tessiture. J\u2019ouvre les yeux.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quand d\u00e9crire une couverture, fait surgir ce qui ne s\u2019y montre pas.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Tout autour de l\u2019espace de la premi\u00e8re de couv (10,7 sur 17,7 centim\u00e8tres), la typographie carr\u00e9e et transparente de <strong>GARNIER FLAMMARION<\/strong>. Au centre, dans sa partie sup\u00e9rieure, le titre du livre tr\u00f4ne en lettres filandreuses, et rouge sang pour annoncer l\u2019auteur. Tourner le livre dans le sens horizontal, constater que le nom de l\u2019\u00e9diteur &#8211; discr\u00e8tes lettres ajour\u00e9es &#8211; est r\u00e9parti tout autour du p\u00e9rim\u00e8tre du livre, et qu&rsquo;il a la part belle.<\/p>\n\n\n\n<p>Juste au-dessus du titre, en capitales petits caract\u00e8res, les noms de sept pi\u00e8ces d\u2019Eschyle, et l\u2019identit\u00e9 du traducteur, en lettres rouges &#8211; sa place humble bien que de choix.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>GARNIER FLAMMARION GARNIER FLAMMARION<\/strong><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-vertical is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-8cf370e7 wp-block-group-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-group is-vertical is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-8cf370e7 wp-block-group-is-layout-flex\">\n<p><strong>&nbsp;<\/strong>Les suppliantes&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;\/ &nbsp;&nbsp;&nbsp;Les Perses&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;\/&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Le Prom\u00e9th\u00e9e encha\u00een\u00e9 &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp; Les sept contre Th\u00e8bes&nbsp;&nbsp;\/ &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;L&rsquo;Agamemnon&nbsp;&nbsp;\/&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Les Cho\u00e9phores&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;&nbsp; Les Eum\u00e9nides&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;Traduction et notes par E. CHAMBRY<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">E&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; S&nbsp;&nbsp;&nbsp; C&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; H&nbsp;&nbsp;&nbsp; Y&nbsp;&nbsp;&nbsp; L&nbsp;&nbsp;&nbsp; E<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">T&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; H&nbsp;&nbsp;&nbsp; E&nbsp;&nbsp;&nbsp; A&nbsp;&nbsp;&nbsp; T&nbsp;&nbsp;&nbsp; R&nbsp;&nbsp;&nbsp; E<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">C&nbsp;&nbsp; O&nbsp;&nbsp;&nbsp; M&nbsp;&nbsp;&nbsp; P&nbsp;&nbsp;&nbsp; L&nbsp;&nbsp; E&nbsp;&nbsp; T<\/p>\n\n\n\n<p><strong>N<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>O<\/strong> <\/p>\n\n\n\n<p><strong>I<\/strong>&nbsp;&nbsp; <\/p>\n\n\n\n<p><strong>R&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>A<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>M<\/strong> <strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>M&nbsp;&nbsp;&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>A<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>L<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>F<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Au-dessous du titre, la photo d\u2019une partie de cette vasque connue des Eum\u00e9nides &#8211; peinture dor\u00e9e sur fond noir&nbsp;: Oreste avec pour seul v\u00eatement une pi\u00e8ce de tissu jet\u00e9e sur ses \u00e9paules, le dos appuy\u00e9 contre l\u2019omphalos dans le sanctuaire d\u2019Apollon. Derri\u00e8re lui \u00e0 sa gauche, Apollon v\u00eatu d\u2019un riche manteau parsem\u00e9 d\u2019\u00e9toiles portant d&rsquo;une main une branche de laurier et de l&rsquo;autre la patte d\u2019un porcelet qu\u2019il agite pour r\u00e9pandre le sang expiatoire au-dessus de la t\u00eate du parricide. La s\u0153ur d\u2019Apollon, Art\u00e9mis se tient debout \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>R<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>E<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>I<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>N<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>R<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>A<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>G<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Beaut\u00e9 sensuelle des corps tout en courbes lascives, de m\u00eame dans le coin gauche, ce bras et cette main endormis. S\u2019il y avait curiosit\u00e9 pour aller voir ce vase de plus pr\u00e8s, dans ce coin cach\u00e9, on y verrait trois Erinyes endormies et l\u2019ombre de Clytemnestre tentant de r\u00e9veiller ces d\u00e9esses vengeresses.<strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>L<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>A<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>R<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>G<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>E<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>T<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>N<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>I<\/strong> <strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>E<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>T<\/strong> <strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>X<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>E<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>T<\/strong><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-vertical is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-8cf370e7 wp-block-group-is-layout-flex\">\n<p>Volont\u00e9 d\u2019Eschyle de laisser la place \u00e0 la menace terrifiante v\u00e9cue par les personnages.<\/p>\n\n\n\n<p>&#8211; Oreste&nbsp;:\u00ab&nbsp;Vous ne les voyez pas, vous&nbsp;; mais moi, je les vois ; elles me pourchassent et je ne peux plus rester \u00bb \u2026 (Les Eum\u00e9nides, p 203)&nbsp;<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9diteur &#8211; metteur en couverture \u2013 respectueux et habile joue graphiquement du point de vue de l\u2019auteur.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-vertical is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-8cf370e7 wp-block-group-is-layout-flex\">\n<p>En quatri\u00e8me de couverture, m\u00eame cadrage Garnier Flammarion. Leur sigle. Et, quelques phrases en rouge d\u2019un Victor Hugo plein d\u2019admiration.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Une sorte d\u2019\u00e9pouvante emplit Eschyle d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre&nbsp;: une m\u00e9duse profonde s\u2019y dessine vaguement derri\u00e8re les figures qui se meuvent dans la lumi\u00e8re. Eschyle est magnifique et formidable. Comme si l\u2019on voyait un froncement de sourcils au-dessus du soleil.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-vertical is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-8cf370e7 wp-block-group-is-layout-flex\">\n<p>Enfin, entre deux traits\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Couverture : Oreste entour\u00e9 par les Eum\u00e9nides est purifi\u00e9 par Apollon. Vase grec. Mus\u00e9e du Louvre. Clich\u00e9 Flammarion.<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Et puis<\/strong>, <strong>quand s\u2019ouvre la premi\u00e8re page \u2026<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>D&rsquo;abord, mon nom de famille au stylo bille noir, \u00e9criture encore enfantine. Un peu plus bas, en bleu, le nom d\u2019une inconnue\u00a0: Jacqueline De Romilly. M\u00e9moire enfouie. Rapide recherche sur Wikip\u00e9dia\u00a0: philologue, essayiste, traductrice, et illustre hell\u00e9niste, premi\u00e8re femme professeur au coll\u00e8ge de France, membre de l\u2019acad\u00e9mie des inscriptions et des belles lettres. A la fin de sa vie, elle se lance dans l\u2019\u00e9criture de courts textes litt\u00e9raires. Pourquoi avais-je not\u00e9 ce nom sur cette premi\u00e8re page ? Ma curiosit\u00e9 s\u2019aiguise encore en lisant que la m\u00e8re, de cette femme orpheline de p\u00e8re, lui offre en 1933, une \u00e9dition ancienne de l\u2019histoire de <em>La guerre du P\u00e9loponn\u00e8se, <\/em>ouvrage d\u2019un historien ath\u00e9nien de la fin du V<sup>e<\/sup> si\u00e8cle avant J.C du nom de Thucydide &#8211; premi\u00e8re \u0153uvre (semble-t-il) d\u2019un r\u00e9cit historique fid\u00e8le et rigoureux. Un je ne sais quoi m\u2019effleure \u2013 la vell\u00e9it\u00e9 d\u2019aller respirer ce vieil ouvrage consult\u00e9 par cette femme et d\u2019arpenter le cimeti\u00e8re Montparnasse \u00e0 sa recherche. Je trouve (difficilement) ses coordonn\u00e9es\u00a0: division 10 &#8211; all\u00e9e S01 sud.<\/p>\n\n\n\n<p>Livre I&nbsp;: Les causes de la guerre. Livre II&nbsp;: 431-429, peste d\u2019Ath\u00e8nes. Livre III&nbsp;: 428-426, sac de Mytil\u00e8ne. Livre IV&nbsp;: 425-422, bataille de Sphact\u00e9rie. Livre V&nbsp;: 422-416, paix de Nicias. Livre VI&nbsp;: 415-413, d\u00e9but de l\u2019exp\u00e9dition de Sicile. Livre VII&nbsp;: 413, fin de l\u2019exp\u00e9dition. Livre VIII&nbsp;: 412-411, retour d\u2019Alcibiade.<\/p>\n\n\n\n<p>Remont\u00e9e de sonorit\u00e9s grecques entendues dans les ann\u00e9es 70 par la bouche de com\u00e9diens jouant sur des praticables pos\u00e9s au milieu du Contade ou de la salle de l\u2019Aubette de Strasbourg &#8211; la trilogie d\u2019Eschyle. Sur le plateau, de leurs doigts habiles ils tenaient le livre entre deux feuillets, d\u00e9j\u00e0 pr\u00eats \u00e0 entrouvrir les suivants, survolaient leurs r\u00e9pliques. Ils les avaient surlign\u00e9es, entour\u00e9es, annot\u00e9es. Depuis cette lecture rasante, avant tout, ils cherchaient, butaient, bafouillaient, se reprenaient, tendus vers l\u2019intention de dire derri\u00e8re les lignes. Aux pauses, assis dans un coin de la sc\u00e8ne, les yeux fronc\u00e9s, le visage en mouvement, chacun tournait et retournait les pages, en cherchant \u00e0 m\u00e9moriser les bribes manquantes.<\/p>\n\n\n\n<p>Je me souviens qu\u2019on achetait \u00e0 l\u2019avance des billets d\u2019entr\u00e9es pour financer le futur spectacle et que les r\u00e9p\u00e9titions \u00e9taient ouvertes \u00e0 toustes.<\/p>\n\n\n\n<p>Avant d\u2019aller \u00e0 la page suivante et clore l\u2019inventaire des inscriptions consign\u00e9es sur la premi\u00e8re page du livre, une surprise&nbsp;encore : en plein milieu, le tampon \u00e0 l\u2019encre \u00e0 peine effac\u00e9e,&nbsp;du nom en majuscule et des coordonn\u00e9es de &#8211; Mme MOHR &nbsp;&#8211; 25, rue Vermeer &#8211; 77200 Strasbourg &#8211; mon professeur de fran\u00e7ais de premi\u00e8re au lyc\u00e9e Pontonnier de Strasbourg. Cette m\u00e9moire-l\u00e0, encore si vive. Une boucle jamais ferm\u00e9e. Le tampon marqu\u00e9 d\u2019une croix semble signifier que ce livre n\u2019est plus sien, mais mien. Enfin, tout en bas de cette seulement 1<sup>\u00e8re<\/sup> page, \u00e9criture du titre cette fois en minuscule&nbsp;: THEATRE D\u2019ESCHYLE. A la tourne, le feuillet se d\u00e9tache, par le haut et par le bas. J\u2019ai trop appuy\u00e9 avec mon pouce. Le livre me rappelle \u00e0 sa vieillesse.<\/p>\n\n\n\n<p>Page 2 &#8211; \u00e0 nouveau le titre cette fois en tr\u00e8s gros caract\u00e8res&nbsp;: THEATRE COMPLET D\u2019ESCHYLE.<\/p>\n\n\n\n<p>Page 3 &#8211; je ne peux me retenir de lisser la pliure. Redite du nom de l\u2019auteur ; et, un peu plus bas \u00e9crit en grand et en gras, cette fois comme une entr\u00e9e par la porte d&rsquo;honneur : THEATRE COMPLET&nbsp;; au trois quart de la page, en italique&nbsp;: <em>Traduction, notices et notes par<\/em> Emile Chambry. Enfin, compl\u00e9tement en bas de page &#8211; GARNIER-FLAMMARION.<\/p>\n\n\n\n<p>Longue mise en bouche\u2026 Le blanc des trois pages de gauche comme des pauses pour pr\u00e9venir le lecteur de la n\u00e9cessit\u00e9 de prendre pleinement son souffle avant d\u2019entrer dans cette \u00e9pop\u00e9e tumultueuse. Pages vides mais la troisi\u00e8me pas tout \u00e0 fait&nbsp;: une date y prend place, une place minuscule : <em>1964 by Garnier Fr\u00e8res, Paris, <\/em>une \u00e9criture miniature comme si le passage du temps se noyait dans la couleur sable du papier.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>D\u2019un avant-propos, \u00e0 des titres de chacune des pi\u00e8ces, puis \u00e0 leurs notices, et \u00e0 leurs textes.&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-vertical is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-8cf370e7 wp-block-group-is-layout-flex\">\n<p>Avant-propos<\/p>\n\n\n\n<p>Page sans num\u00e9ro, comme si elle n\u2019appartenait pas au livre. Humilit\u00e9 de l\u2019\u00e9diteur&nbsp;? Pas de c\u00f4t\u00e9&nbsp;? L\u2019avant-propos relate la trajectoire des diff\u00e9rents \u00e9diteurs dont les anglais, le travail des traducteurs qui relaient nombres de copistes plus ou moins \u00e9clair\u00e9s, les choix \u00e9tablis par Garnier Flammarion de s\u2019orienter vers une lecture ais\u00e9e pour non \u00e9rudits.<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-vertical is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-8cf370e7 wp-block-group-is-layout-flex\">\n<p>Page 14&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Titre &#8211; LES SUPPLIANTES. Notice sur Les suppliantes. Texte &#8211; Les suppliantes vers 1 \u00e0 1074.<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-vertical is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-8cf370e7 wp-block-group-is-layout-flex\">\n<p>Page 41&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Titre \u2013 LES PERSES. Notice sur Les Perses. Texte \u2013 Les Perses vers 1 \u00e0 1075.<\/p>\n\n\n\n<p>Page 69&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Titre \u2013 LES SEPT CONTRE THEBES. Notice sur les sept contre Th\u00e8bes. Texte \u2013 LES SEPT CONTRE THEBES, vers 1 \u00e0 1078.<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-vertical is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-8cf370e7 wp-block-group-is-layout-flex\">\n<p>Page 97<\/p>\n\n\n\n<p>PROMETHEE ENCHAINEE<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>\u2026 Et ainsi de suite jusqu\u2019\u00e0 LES EUMENIDES p 234\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Je ne vois nulle part ce que signifient les chiffres \u00e9gren\u00e9s sur chaque haut de page. Un pr\u00e9suppos\u00e9 ? J\u2019imagine qu\u2019ils pr\u00e9cisent les num\u00e9ros des vers traduits du manuscrit d\u2019origine. Par ailleurs alors que je pose mon livre pour taper ce texte au clavier de mon ordinateur, ses feuilles tournent d\u2019elles-m\u00eames et l\u2019ouvrage se referme comme rev\u00eache \u00e0 toute intrusion. Je me saisis alors d\u2019un marque-page de Tol\u00e8de tout en arabesques mauresques, lui r\u00e9affirmant mon souci de ne pas le brusquer, ni l\u2019intruser mais au contraire lui faire montre du respect que je souhaite lui accorder.<\/p>\n\n\n\n<p>De la page 235 \u00e0 247, s\u2019en suivent des notes.<\/p>\n\n\n\n<p>Selon les pi\u00e8ces, elles sont au nombre de 30 \u00e0 40.&nbsp;Ecriture minuscule. Signifier leur moindre mais incontournable importance&nbsp;? Lacunes dues \u00e0 la traduction initiale, r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 l\u2019histoire antique, rappels de l\u2019arbre g\u00e9n\u00e9alogique, points de vue d\u2019Eschyle \u00e0 son \u00e9poque sur telle ou telle question politique et \u00e9lucidations d&rsquo;allusions trop obscures pour nous lecteurs d\u2019aujourd\u2019hui\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, pour clore l\u2019ouvrage, apr\u00e8s une nouvelle page blanche sans num\u00e9ro, la table des mati\u00e8res. Succincte, r\u00e9sumant en quelques mots-cl\u00e9s le contenu de l\u2019ouvrage et, apr\u00e8s une s\u00e9rie de petits points, l\u2019inscription des num\u00e9ros des pages.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group is-vertical is-layout-flex wp-container-core-group-is-layout-8cf370e7 wp-block-group-is-layout-flex\">\n<p>Un refrain \u00e0 l\u2019oreille.<\/p>\n\n\n\n<p>AVANT-PROPOS \u2026.. p 5 &#8211; NOTICE sur Eschyle \u2026.. p 7 \u2013 (TITRE) <em>Les suppliantes<\/em> \u2013 NOTICE sur <em>Les Suppliantes \u2026..<\/em> p 14 \u2013 (TEXTE) <em>Les suppliantes \u2026..<\/em> p 16 \u2013 (TITRE) Les Perses \u2013 NOTICE sur Les Perses p 42 \u2013 (TEXTE) <em>Les Perses <\/em>\u2026.. p 45<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Et ainsi de suite\u2026<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Comme je ferais d\u2019une vieille photo retrouv\u00e9e de grand-m\u00e8re, celle aim\u00e9e mais qui n\u2019est plus, ou celle d\u2019une inconnue crois\u00e9e par hasard sur un tourniquet de cartes postales aux puces de St Ouen. Les yeux clos d\u2019abord, la fr\u00f4ler des doigts, imaginer les creux de ses rides, suivre la courbe de son assise, de quelque sourire laiss\u00e9 derri\u00e8re elle. Tendre <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/le-livre-comme-fiction-remontees-a-la-description\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#livre #01 |\u00a0Remont\u00e9es \u00e0 la description<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":697,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[8020,8022],"tags":[],"class_list":["post-208804","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-le-livre-comme-fiction","category-le-livre-comme-fiction-01-le-livre-comme-description"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/208804","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/697"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=208804"}],"version-history":[{"count":11,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/208804\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":208841,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/208804\/revisions\/208841"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=208804"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=208804"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=208804"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}