{"id":208925,"date":"2026-05-03T18:28:40","date_gmt":"2026-05-03T16:28:40","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=208925"},"modified":"2026-05-03T20:44:03","modified_gmt":"2026-05-03T18:44:03","slug":"llcf01quo-vadis","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/llcf01quo-vadis\/","title":{"rendered":"#ivre #01 | Quo vadis\u00a0?"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"603\" height=\"667\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Quo-Vadis-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-208937\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Quo-Vadis-1.jpg 603w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Quo-Vadis-1-380x420.jpg 380w\" sizes=\"auto, (max-width: 603px) 100vw, 603px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>O\u00f9 vas-tu&nbsp;?<br>Au cin\u00e9ma.<br>Qu\u2019est-ce que tu vas voir&nbsp;?<br><em>Quo Vadis<\/em>.<br>Qu\u2019est-ce que \u00e7a veut dire&nbsp;?<br>O\u00f9 vas-tu&nbsp;?<br>Au cin\u00e9ma, etc.<br>Enfant, j\u2019\u00e9coutais sans comprendre cette blague dont se d\u00e9lectait mon entourage. Il semblait parler latin, moi non, je ne riais pas et demandais quelle \u00e9tait la fin mais il n\u2019y en avait pas. Cet abime m\u2019effrayait.<br>Cinq cent-huit grammes pour la trois cent vingt-cinqui\u00e8me \u00e9dition du roman des temps n\u00e9roniens de l\u2019auteur polonais Henryk Sienkiewicz traduit par B. Kozakiewicz et J.-L. de Janasz, parue si l\u2019on en croit la date indiqu\u00e9e sur la couverture en 1901 par les Editions de La Revue blanche. L\u2019\u00e9dition du jubil\u00e9 de \u00ab&nbsp;l\u2019illustre romancier&nbsp;\u00bb. La couverture \u00e0 peine plus \u00e9paisse que les pages du livre est gris\u00e2tre rappelant la cro\u00fbte d\u2019un vieux fromage. L\u2019int\u00e9rieur est jaunasse. Il a l\u2019odeur caract\u00e9ristique des vieux livres, celle que l\u2019on retrouve parfois dans les \u00e9glises, une odeur de craie et de drag\u00e9e m\u00eal\u00e9e, de poussi\u00e8re sucr\u00e9e. Quand on ouvre la couverture, la tranche pas plus \u00e9paisse que la couverture se d\u00e9colle sur toute la longueur du livre d\u00e9couvrant sur un peu plus d\u2019un centim\u00e8tre les cahiers dans une reliure cousue de deux points longs de deux centim\u00e8tres et demi, \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e0 deux centim\u00e8tres et demi du haut, quatre centim\u00e8tres et demi du bas, laissant six centim\u00e8tres entre eux. Elle est l\u00e9g\u00e8rement concave comme si le dessus et le dessous du livre avaient r\u00e9tr\u00e9ci tirant la peau sur les bords et creusant sa colonne vert\u00e9brale marqu\u00e9e de stries verticales ou horizontales selon la posture du livre comme autant de cernes. Les bords du livre sont pelucheux d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 d\u00e9coup\u00e9s \u00e0 l\u2019aide d\u2019une lame peut-\u00eatre pas suffisamment fine ni suffisamment aiguis\u00e9e. Seul le bord sup\u00e9rieur est r\u00e9gulier. La longueur et le bord inf\u00e9rieur sont irr\u00e9guliers, les pages de sections \u00e9tant &nbsp;plus courtes ou plus longues plus ou moins abim\u00e9es par les frottements d\u2019\u00e9tag\u00e8re. Pos\u00e9 \u00e0 plat sur la table le volume, du fait de la tranche concave, part sur la droite, un d\u00e9hanchement de douze millim\u00e8tres. Du fait de sa mall\u00e9abilit\u00e9 il mesure environ onze centim\u00e8tres virgule huit sur dix-huit centim\u00e8tres virgule six pour une \u00e9paisseur de trois centim\u00e8tres et demi. Les bords surtout pr\u00e9sentent des constellations de taches brun\u00e2tres, des aur\u00e9oles ayant travers\u00e9 le papier qu\u2019on dirait grasses, plus fonc\u00e9es d\u2019un point en leur centre comme si une miette de sabl\u00e9 ou de viennoiserie \u00e9taient tomb\u00e9es entre deux pages s\u2019\u00e9taient coll\u00e9es l\u00e0 par n\u00e9gligence. &nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;<br>Ni illustration de couverture ni frontispice sur la premi\u00e8re de couverture. Centr\u00e9 sur la page, d\u2019abord le pr\u00e9nom et le nom de l\u2019auteur en majuscules HENRYK SIENKIEWICZ, le grand titre plus large en deux mots comportant chacun une majuscule, le compl\u00e9ment du titre en minuscules de 2 mm le nom des traducteurs en gras, le num\u00e9ro de l\u2019\u00e9dition, la trois cent vingt-cinqui\u00e8me, les majuscules anglaises entrelac\u00e9es R et B pour la Revue Blanche, le lieu, Paris, en majuscules, en dessous, la mention \u00ab&nbsp;\u00c9ditions de La Revue blanche&nbsp;\u00bb suivie de l\u2019adresse, 23, boulevard des Italiens, en majuscules et l\u2019ann\u00e9e 1901. La page suivante est vierge de toute inscription, puis vient la page du faux-titre r\u00e9p\u00e9tant inlassablement le titre qui demande o\u00f9 tu vas, en lettres droites, question dont j\u2019ignore la r\u00e9ponse&nbsp;; au dos le nombre de tirages \u00e0 part \u00ab&nbsp;cinquante exemplaires de luxe, num\u00e9rot\u00e9s \u00e0 la presse, savoir&nbsp;: Cinq exemplaires sur Chine, num\u00e9rot\u00e9s de 1 \u00e0 5&nbsp;; \/Dix exemplaires sur Japon, num\u00e9rot\u00e9s de 6 \u00e0 15&nbsp;; \/Trente-cinq exemplaires sur Hollande, num\u00e9rot\u00e9s de 16 \u00e0 50&nbsp;\u00bb que je rel\u00e8ve, ne sachant pas \u00e0 quoi correspond Chine, Japon et Hollande, enfin la justification du tirage sous la forme d\u2019un tampon cercl\u00e9 d\u2019un fin liser\u00e9 rouge et contenant l\u2019inscription k.j (k point j), deux lettres dont la police \u00e9voque le trac\u00e9 de la mine un peu \u00e9paisse d\u2019un feutre. Au regard de cette page de gauche, la page de titre \u00e0 droite reprend les indications figurant sur la premi\u00e8re de couverture, sauf l\u2019ann\u00e9e. Au-dos de la page de titre, le titre d\u2019un ouvrage d\u00e9j\u00e0 paru du m\u00eame auteur PAR LE FER ET PAR LE FEU, \u00e9crit en lettres majuscules,roman h\u00e9ro\u00efque traduit par B. Kozakiewicz et le Comte Wodzinski et les \u00ab&nbsp;romans h\u00e9ro\u00efques&nbsp;\u00bb en pr\u00e9paration \u00e9galement \u00e9crits en majuscules&nbsp;: LE DELUGE, LES CHEVALIERS DE LA CROIX, et MESSIRE WOLODOWSKI, avec la pr\u00e9cision\u00ab&nbsp;traduits par les m\u00eames traducteurs&nbsp;\u00bb. \u00ab&nbsp;Cette ann\u00e9e, non seulement la Pologne, mais tous les pays slaves c\u00e9l\u00e8brent, en des f\u00eates solennelles, le jubil\u00e9 de l\u2019illustre romancier.&nbsp;\u00bb Cette ann\u00e9e&nbsp;? Est-ce la date inscrite sur la premi\u00e8re de couverture, 1901&nbsp;? Les pages sont num\u00e9rot\u00e9es en haut \u00e0 gauche pour les pages paires commen\u00e7ant par le chiffre 2 et en haut \u00e0 droite pour les pages impaires commen\u00e7ant par le chiffre 3. En bas \u00e0 gauche, de petits chiffres indiquent chaque nouveau cahier de feuilles pli\u00e9es constituant le roman, sections num\u00e9rot\u00e9es de 1 \u00e0 36 dans une alternance de six \u00e0 douze pages. L\u2019avant-derni\u00e8re page est la table des mati\u00e8res indiquant page 1 la premi\u00e8re partie, page 217 la deuxi\u00e8me et page 371 la troisi\u00e8me. La quatri\u00e8me de couverture est compl\u00e8tement d\u00e9tach\u00e9e de l\u2019ensemble, froiss\u00e9e et d\u00e9chir\u00e9e par endroits, encore plus grise que la premi\u00e8re de couverture. Elle annonce vingt-et-un ouvrages par ordre alphab\u00e9tique du nom d\u2019auteur de la collection des \u00e9ditions de la Revue blanche, de Jean Ajalbert \u00e0 Henryk Sienkiewicz, dont un de Tristan Bernard et un de Knut Hamsun, les deux seuls auteurs que je connaisse. Ecrit en gras avant la liste le prix de la collection \u00ab&nbsp;gr. in-18 &nbsp;\u00e0 3 fr. 50&nbsp;\u00bb et en-dessous l\u2019inscription \u00ab&nbsp;Envoi franco contre mandat&nbsp;\u00bb. Un trait noir et encore en-dessous \u00ab&nbsp;Imp. Ch. Renaudie, 56 r. de Seine, Paris. \u2013 4910&nbsp;\u00bb.<br>Avant de le refermer d\u00e9licatement d\u00e9plorant qu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent toute manipulation le maltraite, les premi\u00e8res pages ne tenant plus qu\u2019\u00e0 un fil, je r\u00e9alise que je n\u2019ai jamais v\u00e9ritablement ouvert ce livre. Sans m\u2019y r\u00e9soudre, j\u2019ai plusieurs fois pens\u00e9 m\u2019en d\u00e9faire, le jetant dans une benne \u00e0 papier le br\u00fblant avec d\u2019autres papiers confidentiels le donnant dans une ressourcerie ou le d\u00e9posant dans une bo\u00eete \u00e0 livres. Il est l\u00e0, veilleur endormi attendant le baiser d\u2019un prince ou d\u2019une princesse qui le r\u00e9veillerait enfin, le d\u00e9poussi\u00e9rant le remettant au go\u00fbt du jour proposant une traduction peut-\u00eatre plus actuelle \u00e0 son tour d\u00e9poussi\u00e9r\u00e9e. Je n\u2019ai pas lu ce livre pourtant l\u2019un des piliers de ma biblioth\u00e8que. Pour qui ne sait o\u00f9 aller, l\u2019excipit du livre vaut un d\u00e9but&nbsp;(en majuscules dans le texte) : \u00ab&nbsp;QUO VADIS, DOMINE&nbsp;?&nbsp;\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>O\u00f9 vas-tu&nbsp;?Au cin\u00e9ma.Qu\u2019est-ce que tu vas voir&nbsp;?Quo Vadis.Qu\u2019est-ce que \u00e7a veut dire&nbsp;?O\u00f9 vas-tu&nbsp;?Au cin\u00e9ma, etc.Enfant, j\u2019\u00e9coutais sans comprendre cette blague dont se d\u00e9lectait mon entourage. Il semblait parler latin, moi non, je ne riais pas et demandais quelle \u00e9tait la fin mais il n\u2019y en avait pas. 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