{"id":212280,"date":"2026-06-27T14:31:41","date_gmt":"2026-06-27T12:31:41","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=212280"},"modified":"2026-06-27T15:48:35","modified_gmt":"2026-06-27T13:48:35","slug":"le-livre-comme-fiction-06-bug-jargal","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/le-livre-comme-fiction-06-bug-jargal\/","title":{"rendered":"# Le livre comme fiction 06 # Bug-Jargal"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"768\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/Bug-Jargal-768x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-213145\" style=\"aspect-ratio:0.750009931275573;width:290px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/Bug-Jargal-768x1024.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/Bug-Jargal-315x420.jpg 315w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/Bug-Jargal-1152x1536.jpg 1152w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/Bug-Jargal-1536x2048.jpg 1536w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/Bug-Jargal-scaled.jpg 1920w\" sizes=\"auto, (max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Tout s&rsquo;effacera en une seconde. Le dictionnaire accumul\u00e9 du berceau au dernier lit s&rsquo;\u00e9liminera. Ce sera le silence et aucun mot pour le dire.<\/em><br>\u2014 Annie Ernaux<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Lecture et ecriture sont ins\u00e9parables. Ce lieu commun m&rsquo;a form\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J&rsquo;apprends \u00e0 lire \u00e0 partir d&rsquo;albums d&rsquo;images qui racontent de petites histoires \u2014 elles font office de conteuse ou de griot. Dans la classe, un alphabet en lettres capitales et minuscules est accroch\u00e9 au mur ; les images y correspondent, lettre apr\u00e8s lettre. Nous nommions en ch\u0153ur les objets du quotidien, les insectes, les animaux, les races de chiens, les oiseaux, les m\u00e9tiers, les saisons \u2014 images coll\u00e9es dans notre cahier de dessin, pages toutes blanches qui s&rsquo;animaient. La ma\u00eetresse nous pr\u00e9parait au geste graphique sur de grands cahiers laiss\u00e9s dans le casier du pupitre, ce bureau de bois qui sentait la cire, les bonbons \u00e0 la r\u00e9glisse, le chocolat. Je m&rsquo;appliquais \u00e0 dessiner des d\u00e9li\u00e9es, des boucles, des ponts, des accents, reproduisant les mod\u00e8les au crayon en m&rsquo;interdisant de d\u00e9passer les lignes. Je lisais Colette et R\u00e9mi, des historiettes gaies pour enfants. Par-dessus tout, j&rsquo;aimais ma petite ardoise et la craie blanche : je pouvais effacer \u00e0 loisir mes fautes d&rsquo;orthographe, mes \u00e9tourderies. J\u00b4ai toujours \u00e9t\u00e9 d&rsquo;une inattention sans limite.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quel apprentissage magique : d\u00e9chiffrer des signes, des mots, des phrases, des paragraphes, des livres entiers. Et raconter autrement que les grands, en r\u00e9inventant l&rsquo;histoire. Plus tard, je re\u00e7us mon premier livre de grande : <em>L&rsquo;Encyclop\u00e9die pour les enfants de France<\/em>, Librairie Hachette, \u00c9ditions Graphiques Internationales, Paris, 1954.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un saut dans le temps. Une rencontre. Un chemin initiatique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J&rsquo;ai onze ans. Je recois un cadeau extraordinaire, unique : les \u0153uvres compl\u00e8tes de Victor Hugo, dans une \u00e9dition du XIXe si\u00e8cle. Une r\u00e9v\u00e9lation. Je m&rsquo;immerge dans ses premiers \u00e9crits. Il doit avoir seize ans en 1818. Un nombre restreint de son premier opuscule est d\u00e9j\u00e0 imprim\u00e9 et distribu\u00e9 en 1820, mais l&rsquo;ouvrage demeure \u00e0 demi enseveli dans une sorte de demi-jour. Averti qu&rsquo;un libraire projette une r\u00e9impression, Hugo remet son travail \u00e0 jour, le refait, le r\u00e9\u00e9crit, rectifiant ce qui lui para\u00eet incomplet sous le rapport de la couleur locale, incertain relativement \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 historique. La premi\u00e8re \u00e9dition d\u00e9finitive date de 1826. L&rsquo;\u00e9pisode que je lis est emprunt\u00e9 \u00e0 la r\u00e9volte des esclaves de Saint-Domingue en 1791.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Si le sergent Thad\u00e9e a pu pleurer, ce n&rsquo;a pu \u00eatre, vous en conviendrez, que le jour o\u00f9 il a cri\u00e9 feu sur Bug-Jargal \u2014 autrement dit Pierrot.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce r\u00e9cit me bouleverse, m&rsquo;\u00e9meut, me fascine par ses personnages. Je d\u00e9couvre le romantisme, la r\u00e9volte des esclaves, les positions tranch\u00e9es des colons. <em>Le fou Habibrah, qui accourt au moindre signe avec l&rsquo;agilit\u00e9 d&rsquo;un singe et la soumission d&rsquo;un chien, <\/em>me fait vivre litt\u00e9rairement <em>Bug-Jargal<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Est-ce l\u00e0 la finalit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9criture ?  faire grandir une enfant de onze ans, la conforter dans ce qu&rsquo;elle soup\u00e7onne sans oser le dire ? Le premier opuscule de Victor Hugo lui donne cette libert\u00e9, se dire par la lecture, le r\u00e9cit comme exutoire. Cette histoire r\u00e9sonne d&rsquo;autant plus fort en elle que la guerre qui a commenc\u00e9 \u00e0 sa naissance et s&rsquo;est termin\u00e9e par son exil n&rsquo;a toujours pas referm\u00e9 ses plaies. La r\u00e9volte des esclaves lui para\u00eet la seule issue pour aboutir \u00e0 l&rsquo;ind\u00e9pendance de Saint-Domingue et se lib\u00e9rer du joug des colons blancs, des mul\u00e2tres possesseurs de terres, tous unis dans l&rsquo;exploitation des esclaves comme main-d&rsquo;\u0153uvre, corv\u00e9ables \u00e0 merci.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 la fin du XVIIIe si\u00e8cle, les Antilles sont les seules colonies rentables de la France ; Saint-Domingue, dans sa partie fran\u00e7aise, en est la plus riche. Elle nourrit la fortune des grands planteurs dont peu r\u00e9sident dans l&rsquo;\u00eele et des armateurs des grands ports fran\u00e7ais, pr\u00eateurs et b\u00e9n\u00e9ficiaires de l&rsquo;Exclusif, ce monopole par lequel la m\u00e9tropole r\u00e9gente le commerce avec les \u00celes. Ils pillent les richesses d&rsquo;un pays qui n&rsquo;est pas le leur, utilisant les esclaves pour rentabiliser leurs plantations. Un esclave est un esclave \u2014 un sous-homme, dirait-on alors. Il ne peut pas dire son statut ; il doit se taire, au risque d&rsquo;\u00eatre ch\u00e2ti\u00e9, fouett\u00e9, assassin\u00e9. Trente mille esclaves par an sont n\u00e9cessaires \u00e0 l&rsquo;industrialisation, \u00e0 l&rsquo;exploitation de la canne \u00e0 sucre revendue de France dans toute l&rsquo;Europe ; la traite n\u00e9gri\u00e8re pourvoit en main-d&rsquo;\u0153uvre Saint-Domingue pour les app\u00e9tits exponentiels des cultures. Si, comme l&rsquo;\u00e9crit Albert Memmi, <em>\u00ab le racisme consiste en une mise en relief de diff\u00e9rences, en une valorisation de ces diff\u00e9rences, enfin en une utilisation de cette valorisation au profit de l&rsquo;accusateur \u00bb<\/em>, alors la colonie est parfaitement, absolument raciste.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je deviens rebelle.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Hugo part de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement historique r\u00e9el, la R\u00e9volution ha\u00eftienne, pour le transformer par la fiction et l&rsquo;imaginaire, pour l&rsquo;id\u00e9aliser, lui conf\u00e9rer une port\u00e9e symbolique et morale. Cette fiction me semble tellement juste, je suis exalt\u00e9e. Il interpr\u00e8te, magnifie, universalise. J&rsquo;identifie l&rsquo;Alg\u00e9rie sous la colonisation fran\u00e7aise \u00e0 Ha\u00efti. Bug-Jargal, noble, fort, courageux, f\u00e9d\u00e9rateur malgr\u00e9 les dissensions internes entre lui et Biassou v\u00e9ritable chef de guerre sans piti\u00e9, deviendra, beaucoup plus tard dans mon esprit, le miroir des scissions entre factions, entre l&rsquo;ALN et le FLN.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Que dit Hugo de l histoire qu&rsquo;il relate ? <em>\u00ab Il avait perdu sa femme et toute sa famille au milieu des massacres qui avaient marqu\u00e9 l&rsquo;invasion de la r\u00e9volution dans cette magnifique colonie. \u00bb<\/em> La note conclusive confirme cette responsabilit\u00e9 de la r\u00e9volution dans la destruction d&rsquo;un ordre qui paraissait heureux. Lorsque d&rsquo;Auverney parle je consid\u00e8re son apolitisme comme suspect, de mauvaise foi il exprime les pr\u00e9jug\u00e9s de sa couleur \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des libres et des sang-m\u00eal\u00e9s : la loi du 15 mai 1791, qui leur accorde l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des droits, est \u00e0 ses yeux un <em>\u00ab d\u00e9sastreux d\u00e9cret \u00bb<\/em> qui <em>\u00ab blesse cruellement l&rsquo;amour-propre peut-\u00eatre fond\u00e9 des colons \u00bb<\/em>. Au discours m\u00e9prisant des Blancs et parfois de Hugo lui-m\u00eame dans ses notes r\u00e9pond le racisme noir, dont il se fait aussi l&rsquo;\u00e9cho ; l&rsquo;un refl\u00e9tant l&rsquo;autre dans une mise en ab\u00eeme tragique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Qui parle dans le r\u00e9cit ? Principalement d&rsquo;Auverney qui survivra par hasard \u00e0 une trag\u00e9die qu&rsquo;il ne comprend pas, victime de ses pr\u00e9jug\u00e9s bien plus que des \u00e9v\u00e9nements avec les commentaires de l&rsquo;auteur lui-m\u00eame. L&rsquo;un parle en style blanc, o\u00f9 fleurissent les termes injurieux et les remarques d\u00e9sobligeantes. Mais l&rsquo;autre est plus riche en verbe et polyglotte, le fran\u00e7ais, l&rsquo;espagnol, et ce que Hugo nomme le <em>patois cr\u00e9ole<\/em> attestent une acculturation des non-Blancs qui laisse l&rsquo;Afrique en arri\u00e8re-plan, malgr\u00e9 le vaudou et les r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 la terre d&rsquo;origine. Contre la soci\u00e9t\u00e9 blanche et issue de ses contradictions, une nouvelle sorte d&rsquo;hommes est en devenir.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le d\u00e9s\u00e9quilibre d\u00e9mographique est vertigineux : 30 800 Blancs, 24 800 sang-m\u00eal\u00e9 et Noirs libres, 460 000 esclaves, en Algerie un million d&rsquo;Europ\u00e9ens la plupart chr\u00e9tiens contre quatre millions d\u00b4Arabes et Berb\u00e8res la plupart musulmans. Ce rapport de forces aura un r\u00f4le d\u00e9cisif dans les \u00e9v\u00e9nements qui suivent 1789. Cette complexit\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9 Domingoise explique la complexit\u00e9 politique du d\u00e9but de l&rsquo;insurrection, et au-del\u00e0. Le d\u00e9cret du 15 mai 1791, \u00e9manation de la R\u00e9volution fran\u00e7aise, tente de calmer les colons tout en conc\u00e9dant un minimum aux libres de couleur. Il leur accorde la citoyennet\u00e9 fran\u00e7aise s&rsquo;ils sont n\u00e9s de parents libres, excluant ceux n\u00e9s d&rsquo;un parent esclave, confirme que l&rsquo;Assembl\u00e9e coloniale peut fixer les conditions d&rsquo;\u00e9ligibilit\u00e9, et maintient l&rsquo;esclavage sans toucher au statut des esclaves. Texte restrictif, il provoque l&rsquo;inverse de ce qu&rsquo;il promettait : une aggravation des tensions, qui contribue \u00e0 l&rsquo;explosion de la R\u00e9volution ha\u00eftienne (1791\u20131804). Il sera d\u00e9pass\u00e9 quelques mois plus tard par le d\u00e9cret du 4 avril 1792, qui accorde l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 compl\u00e8te \u00e0 tous les hommes libres de couleur.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le monde change. Les mentalit\u00e9s persistent.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le choix d&rsquo;une Ha\u00efti noire est d\u00e9j\u00e0 en puissance dans les troupes de Biassou, toujours aussi d\u00e9termin\u00e9 et cruel. Mais une guerre de lib\u00e9ration existe-t-elle sans cruaut\u00e9, sans destruction ? Peut-on construire un pays libre sans lutter pour sa dignit\u00e9 ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce r\u00e9cit demeure une \u00e9nigme dans sa grille de lecture. Victor Hugo fait du lecteur un enqu\u00eateur <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">de l&rsquo;enfant de onze ans que j&rsquo;\u00e9tais, une insurg\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong><em>Bribe I<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>J&rsquo;ouvre le livre au hasard et je tombe sur cette page :<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;ardoise \u00e9tait petite, la craie blanche. J&rsquo;effa\u00e7ais. C&rsquo;\u00e9tait le seul pouvoir que j&rsquo;avais alors \u2014 effacer ce que j&rsquo;avais mal dit, recommencer le mot, le geste, la lettre. Plus tard j&rsquo;ai compris que le monde, lui, n&rsquo;avait pas d&rsquo;\u00e9ponge&#8230;<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Bribe II<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Je tourne encore les pages et je lis :<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il y avait une guerre quand je suis n\u00e9e. Elle n&rsquo;avait pas de nom encore, ou plut\u00f4t elle en avait trop. Je l&rsquo;ai apprise par le silence des adultes, leurs voix baiss\u00e9es, la fa\u00e7on dont certains mots disparaissaient de la bouche de ma m\u00e8re comme on range un couteau&#8230;<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Bribe III<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Une derni\u00e8re page, avant que le livre se referme :<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;enfant que j&rsquo;\u00e9tais a lu Bug-Jargal et n&rsquo;a rien dit. Elle a simplement su, ce soir-l\u00e0, qu&rsquo;elle n&rsquo;ob\u00e9irait plus. \u00c0 quoi, elle ne le savait pas encore. Mais quelque chose en elle venait de choisir le c\u00f4t\u00e9 des encha\u00een\u00e9s&#8230;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Tout s&rsquo;effacera en une seconde. Le dictionnaire accumul\u00e9 du berceau au dernier lit s&rsquo;\u00e9liminera. 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