{"id":212692,"date":"2026-06-23T09:37:24","date_gmt":"2026-06-23T07:37:24","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=212692"},"modified":"2026-06-23T10:35:18","modified_gmt":"2026-06-23T08:35:18","slug":"07-08-le-livre-comme-fiction-le-triptyque","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/07-08-le-livre-comme-fiction-le-triptyque\/","title":{"rendered":"# 07 \u2013 08 &#8211; Le livre comme fiction # Le triptyque"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Le point final de Rose<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il est presque temps pour moi. Pause, en suspension encore,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2014 sur la pointe des pieds, emport\u00e9e dans la spirale d\u2019un pass\u00e9 noir, je joue \u00e0 cache-cache et survis depuis trop longtemps avec un pr\u00e9sent fictif. Chaque nuit, on me murmure des m\u00e9lop\u00e9es fantomatiques inarticul\u00e9es, incompr\u00e9hensibles, et d\u2019une \u00e9tranget\u00e9 insoutenable. J\u2019ai beau me blottir, mon souffle arrim\u00e9 \u00e0 ma gorge est coinc\u00e9 dans un r\u00e2le ininterrompu \u2014 sa glaise m\u2019enserre toujours plus.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au bord de ce plongeoir sans eau, au sommet de ce vestige de pont de levage industriel, au milieu d\u2019une friche de mon village, toute retourn\u00e9e de trouille, je me balance, vrille jusqu\u2019\u00e0 m\u2019essorer \u2014 m\u2019ass\u00e9cher \u2014 m\u2019oublier. Pourrai-je enfin m\u2019abandonner au gouffre d\u2019en bas \u2014 le haut est d\u00e9cid\u00e9ment trop haut pour moi. A quelques m\u00e8tres derri\u00e8re moi, une porte de hangar tagu\u00e9e s\u2019ouvre. Il est midi pass\u00e9. Une masse d\u2019\u00e9tourneaux virevolte \u2013 parchemin mouvant \u00e0 ciel ouvert s\u2019engouffre \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur et en ressort. A cet instant un souffle l\u00e9ger se glisse dans ma coupe bol (c\u2019est ma m\u00e8re qui me coupe les cheveux et je n\u2019ai pas de chapeau), avec eux m\u2019envoler, fuir les pr\u00e9dateurs,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2014 mais on ne bascule pas si vite de l\u2019\u00eatre au non \u00eatre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au bas de l\u2019arche, les NON r\u00e9p\u00e9t\u00e9s d\u2019une assembl\u00e9e de badauds, d\u00e9vast\u00e9s, aspir\u00e9s, affol\u00e9s. Et, entre deux angles d\u2019immeubles, dans la foule \u2014 un point infiniment petit \u2014 un homme maigre et sombre derri\u00e8re ses lunettes. De sa main gauche, il caresse nerveusement un gros livre qui d\u00e9passe d\u2019un sac en tissu. L\u2019ombre du \u2014 point infiniment petit \u2014 se penche vers moi, suspendue elle aussi dans le d\u00e9s\u00e9quilibre. Elle me regarde,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2014 pas seule \u00e0 pr\u00eater attention \u00e0 l\u2019appel discret de la mort&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">N\u2019est-ce pas \u00ab\u00a0le jeune homme qui\u2026\u00a0\u00bb venait parfois le samedi au bistrot et me regardait timidement assis \u00e0 la table du fond, alors que sans lever la t\u00eate, je remontais de la cave avec mon p\u00e8re, m&rsquo;installais derri\u00e8re la petite table en bois \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e de son bistrot, tra\u00e7ais des traits au stylo \u00e0 bille noir sur une feuille arrach\u00e9e \u00e0 mon cahier d\u2019\u00e9cole,&nbsp;puis sortais de ma trousse des petites \u00e9pingles pour la transpercer&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le petit vent frais flotte dans ma robe, et une banderole de nuages blancs se d\u00e9plie derri\u00e8re moi au sommet du pic d\u2019Ossau.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Le passant sans nom \u2026<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2014 au commencement \u00e9tait ma qu\u00eate clandestine et fr\u00e9n\u00e9tique d\u2019archiviste.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tout ce que je vous conte l\u00e0 a \u00e9t\u00e9 vrai, est, sans l\u2019ombre d\u2019un doute vraisemblable. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2026\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce jour apr\u00e8s le travail, quand la porte claqua, je restai derri\u00e8re. Le gardien \u00e9teignit. Le hasard s\u2019en m\u00eala. Mes pas perdus \u2014 rien d\u2019\u00e9trange, j\u2019ai toujours aim\u00e9 errer dans les couloirs de la biblioth\u00e8que \u2014 le flottement de mon attention \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 de celle m\u00e9thodique exig\u00e9e lors de mes t\u00e2ches quotidiennes \u2014 \u00ab&nbsp;une perte programm\u00e9e&nbsp;\u00bb pourrait-on dire (je cherche les mots),<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2014 j\u2019aboutis \u00e0 un dessous d\u2019escalier en colima\u00e7on. D\u00e8s lors, le nouveau rituel de ma double vie commen\u00e7a.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans ce recoin interdit d\u2019un noir \u00e0 peine visible, s\u2019ouvrait une haute fen\u00eatre donnant sur un mur gratte-ciel. En ce mois d\u2019aout, derri\u00e8re les doubles rideaux du soir rougeoyant et du cr\u00e9puscule tombant, j\u2019y scrutais des \u00e9toiles fusillant le cosmos, me glissais dans le souffle tranchant des nuages sans couture \u2014 moments et perspective des plus rassurantes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce jour-l\u00e0 donc (un 14 ou 15 ao\u00fbt peut-\u00eatre), inopin\u00e9 coup d\u2019\u0153il, j\u2019aper\u00e7us sur une \u00e9tag\u00e8re \u00e0 trous m\u00e9talliques coll\u00e9e \u00e0 l\u2019escalier en colima\u00e7on, ce qui semblait bien \u00eatre \u2014 une encyclop\u00e9die. Je l\u2019approchai&nbsp;: pas la moindre mention sur sa vieille couverture cartonn\u00e9e \u2014 aveugl\u00e9e sans doute \u00e0 force de lumi\u00e8re et d\u2019obscurit\u00e9 altern\u00e9e. Je  soupesai l\u2019ouvrage. Il \u00e9tait lourd,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2014 pas \u00e0 sa place. Inclassable peut-\u00eatre. L\u2019oubli d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 secr\u00e8te de savants premiers, avais-je tr\u00e8s vite imagin\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">De mes doigts fi\u00e9vreux, j\u2019entrouvris une page \u2014 pas la premi\u00e8re, une page au hasard. Elle \u00e9tait marqu\u00e9e au centre d\u2019une s\u00e9rie de plusieurs chiffres semi-invisibles. Je me souviens de l\u2019intitul\u00e9 excentrique du chapitre que cette myst\u00e9rieuse combinaison annon\u00e7ait : \u00ab&nbsp;Grammaire pour l\u2019humanit\u00e9&nbsp;\u00bb, ainsi que, de la juxtaposition intrigante des deux mots de la page suivante : \u00ab&nbsp;Ecritures alternatives&nbsp;\u00bb,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2014 je commen\u00e7ai aussit\u00f4t une hasardeuse lecture entre les trou\u00e9es de vocables \u2014 lettre apr\u00e8s virgule, trace de phrase apr\u00e8s symbole.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je me voyais d\u00e9j\u00e0 reconstituer tout seul le spectre du puzzle des innombrables feuilles de cet ouvrage miracul\u00e9 (ma raison d\u2019\u00eatre enfin&nbsp;sous mes yeux ? ). J\u2019allais devenir l\u2019\u00e9lu d\u00e9couvreur qui offrirait une reconnaissance m\u00e9morielle \u00e0 une \u0153uvre oubli\u00e9e, qui l\u2019arracherait \u00e0 la lente invasion moisie des mailles de son papier biblique,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2014 pr\u00e9caution infinie et toute religieuse, trouble sensation de p\u00e9ch\u00e9 et d\u2019irr\u00e9pressible \u00e9lan de r\u00e9surrection. Avec stupeur et vertige, je tournai entre mes doigts une \u00e0 une les pages du pr\u00e9cieux vestige (apr\u00e8s avoir pris soin de les d\u00e9s-humecter tant mon corps salivait de toutes parts).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Me prenant au jeu, de d\u00e9but de soir\u00e9e en nuit durant (pendant un temps que je ne m\u2019aviserai pas de calculer), je poursuivis mes d\u00e9chiffrages. J\u2019inventai mon \u00ab&nbsp;in\u00e9dit&nbsp;\u00bb \u00e0 la p\u00e2leur de mots insaisissables avec une ardeur continue, bien que ne sachant pas o\u00f9, au petit matin du jour pr\u00e9c\u00e9dent j\u2019avais laiss\u00e9 le dernier feuillet, et duquel je red\u00e9marrerai d\u00e8s le soir du lendemain. Dans ce lieu incertain et en cet entretemps coupable, je reportai sur un modeste cahier, les quelques jambages survivants de l\u2019ouvrage. Ces heures de (re)lecture et (r\u00e9)\u00e9criture, \u00e0 la seule lumi\u00e8re d\u2019une lampe de poche, ressemblaient \u00e0 des rencontres amoureuses aux lendemains sans fin. Parfois, dans mon isoloir clos, sous l\u2019escalier, je murmurais les mots retrouv\u00e9s et, de souffle en souffle jonglais \u00e0 l\u2019air libre entre leurs trous. Ma m\u00e9moire avait aval\u00e9 moultes d\u00e9bris de langue de l\u2019ouvrage incomplet, et s\u2019employait \u00e0 en restituer toute la fulgurance \u2014 tels ces souvenirs de presque riens crois\u00e9s une fraction de seconde souvent en pleine rue \u2014 (permettez-moi ce d\u00e9tour) \u2014 courbure de nez affam\u00e9e pench\u00e9e sur une poubelle pleine, main arthritique actionnant impuissante une poign\u00e9e de porte lisse, bouche ouverte criant NON \u00e0 une enfant sur le point de se jeter d\u2019un pont de levage&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je ne comprenais rien aux listes que je reconstituais (ne cherchais pas \u00e0 les comprendre d\u2019ailleurs). Dans ce chaos intr\u00e9pide, je suivais un itin\u00e9raire en marge de celui de notre monde innommable. Et \u00e0 chaque aube, je sentais ma puissance d\u00e9cupler, presque douloureusement tant il y avait plaisir \u00e0 ce nouvel ordre cr\u00e9\u00e9 avec des mots absents qui me parlaient.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2026\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au matin, je retournais \u00e0 mon travail d&rsquo;archiviste. Derri\u00e8re mon petit bureau, je v\u00e9rifiais scrupuleusement les ouvrages de ma nouvelle charrette de livres \u2014 cotations, r\u00e9f\u00e9rences tatillonnes, tir\u00e9s \u00e0 part, d\u00e9dicaces, ex-libris, notes de bas de page, provenances d\u2019ouvrages en vue de restitution, section et sous sections en vue d\u2019inventaires. La routine. Mes journ\u00e9es invariablement fr\u00f4l\u00e9es par la noirceur du manque \u2014 la parole que je ne savais pas dire. Et, mes nuits \u2014 &nbsp;des mots qui gloussaient sans fin autour de moi sans que je ne puisse jamais les attraper.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2026\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Et puis, \u00e0 ma mort qui ne tarda pas et interrompit brutalement mon \u00e9lan, mon coll\u00e8gue en vidant mon tiroir de bureau, tomba sur quelques feuillets abrit\u00e9s l\u00e0 imprudemment \u2014 fort heureusement quelques-uns seulement. Il s\u2019empara promptement de ma fabrique clandestine.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je l\u2019observais s\u2019emm\u00ealer entre ses trucages et compilations, digresser sur mes quelques donn\u00e9es labyrinthiques. Non sans d\u00e9pit, j\u2019en pris acte et, en un sens \u2014 en un sens seulement et provisoirement\u2014 pardonnai \u00e0 ce disciple parasite l\u2019incompl\u00e9tude annonc\u00e9e de son entreprise, qui en sus, comptait bien ne m\u2019accorder qu\u2019un r\u00f4le de passant sans nom,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2014 j\u2019attendis patiemment que ce mauvais gar\u00e7on (que j\u2019avais \u00e9t\u00e9 avant lui), se lasse\u2026 Et, cela ne tarda pas.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2026.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Par un curieux d\u00e9tour fictionnel et un recto verso que je garderai secrets (ne m\u2019en veuillez pas), cette esquisse encyclop\u00e9dique se poursuivit, s\u2019emballa m\u00eame, encore ailleurs.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>L\u2019aleph (probable) de Marianne<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une rumeur circulait au village. On disait que le \u00ab&nbsp;quidam&nbsp;\u00bb, celui qui passait par ma librairie chaque \u00e9t\u00e9 \u2014 semble-t-il un archiviste \u2014 avait mis la main sur un livre invraisemblable. J\u2019en con\u00e7us imm\u00e9diatement une curiosit\u00e9 infinie, un espoir et une impatience m\u00eame. Pouvait-on encore raisonnablement concevoir qu\u2019un livre f\u00fbt un tr\u00e9sor, imaginer en extirper quelques pr\u00e9cieux secrets justifiant notre pr\u00e9sence terrienne ? Tout l\u2019\u00e9t\u00e9, j\u2019attendis de pied ferme que ce petit homme sombre revienne, me disciplinant pour garder raison. Mais en secret, j\u2019\u00e9tais pr\u00eate \u00e0 toutes les folies&nbsp;: \u00e9claircissement de hi\u00e9roglyphes disparus, analyse d\u2019un point ou d\u2019une virgule laiss\u00e9s pour compte\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">J\u2019avais si souvent repens\u00e9 \u00e0 lui, me redemandais en boucle la raison de ses achats silencieux autant qu\u2019intempestifs \u2014 plusieurs exemplaires d\u2019un m\u00eame livre \u2014 le dernier je m\u2019en souviens <em>Lettres de chevet<\/em> de Sei Sh\u00f4nagon. Je revoyais pr\u00e9cis\u00e9ment l\u2019exemplaire acquis la veille, ses pages trou\u00e9es qu\u2019il cachait maladroitement entre ses mains maigrichonnes. Derri\u00e8re ses lunettes, il me murmurait sa nouvelle commande. Cinq autres du m\u00eame titre,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2014 que dire\u00a0? En per\u00e7ant tous ces ses livres achet\u00e9s, projetait il  \u2014 pure folie \u2014 de d\u00e9truire la gente des livres de librairies, et faire place \u00e0 \u2014 SON LIVRE \u2014 un sp\u00e9cimen au contenu capable de se d\u00e9multiplier \u00e0 l\u2019infini\u00a0?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quelle mouche m\u2019avait piqu\u00e9e&nbsp;? Curieusement, je me laissais emporter dans une qu\u00eate insens\u00e9e que je suspectais (disons-le) totalitariste. Plus j\u2019attendais \u00ab\u00a0l\u2019homme qui\u2026\u00a0\u00bb, plus il tardait \u00e0 revenir, et plus j\u2019imaginais ce livre \u2014 une encyclop\u00e9die sans doute \u2014 capable d\u2019enlacer les connaissances du pass\u00e9, du pr\u00e9sent, et de leurs futurs r\u00e9unis \u2014 pure folie \u2014 d\u2019autant que cela laissait supposer la destruction de ma propre librairie. Anim\u00e9e de cette terreur irr\u00e9pressible, j\u2019en conclus que,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2014 je bifurquais sans bruit  \u2014 (moi, \u00e0 ne pas croire&nbsp;!) \u2014 vraisemblablement, vers la qu\u00eate d\u2019un Aleph.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le point final de Rose Il est presque temps pour moi. Pause, en suspension encore, \u2014 sur la pointe des pieds, emport\u00e9e dans la spirale d\u2019un pass\u00e9 noir, je joue \u00e0 cache-cache et survis depuis trop longtemps avec un pr\u00e9sent fictif. Chaque nuit, on me murmure des m\u00e9lop\u00e9es fantomatiques inarticul\u00e9es, incompr\u00e9hensibles, et d\u2019une \u00e9tranget\u00e9 insoutenable. J\u2019ai beau me blottir, mon <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/07-08-le-livre-comme-fiction-le-triptyque\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"># 07 \u2013 08 &#8211; Le livre comme fiction # Le triptyque<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":697,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-212692","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-atelier"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/212692","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/697"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=212692"}],"version-history":[{"count":27,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/212692\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":212729,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/212692\/revisions\/212729"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=212692"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=212692"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=212692"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}