{"id":212905,"date":"2026-06-24T17:33:30","date_gmt":"2026-06-24T15:33:30","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=212905"},"modified":"2026-06-24T21:05:56","modified_gmt":"2026-06-24T19:05:56","slug":"chroniques-00-prologue-modiano","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/chroniques-00-prologue-modiano\/","title":{"rendered":"#chroniques #00 | Modiano"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading has-text-align-left\"><strong>1|<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right wp-block-paragraph\"><em>Il nous dit quoi, le monde\u00a0? Qu\u2019on est dans un sacr\u00e9 vrai p\u00e9trin et ce qu\u2019il ne nous dit pas c\u2019est comment en sortir\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>2|<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est parti\u00a0! enclencher le minuteur, il est 9h20 \u2013 Juste pos\u00e9e avec mon th\u00e9 sur ma terrasse. La chatte C\u00e9leste passe et rentre dans la maison apr\u00e8s s\u2019\u00eatre pr\u00e9lass\u00e9e au fond du jardin \u2013 Le minuteur sonne\u00a0! Su tu arr\u00eatais de scroller sur FB et t\u2019y mettais s\u00e9rieusement\u00a0? Parler de la table de travail ou du chantier en cours\u00a0? Telle est la question \u2013 En train d\u2019\u00e9crire, \u00e7a y est, c\u2019est d\u00e9cid\u00e9, ce sera sur l\u2019\u00e9tat d\u2019avancement dudit chantier \u2013 Mince\u00a0! un quart d\u2019heure \u00e7a passe vite\u00a0! Pas fini ce petit carnet d\u2019\u00e9criture \u2013 Il fait d\u00e9j\u00e0 presque 30 degr\u00e9s alors qu\u2019\u00e0 l\u2019int\u00e9rieur il en fait 25. Pas d\u2019h\u00e9sitation, s\u2019y retrancher et se pr\u00e9parer une nouvelle tasse de th\u00e9 \u2013 Oups\u2026 \u00e0 nouveau prise en flagrant d\u00e9lit de scroll\u00a0! Allez, on s\u2019y remet. Le th\u00e9 est pr\u00eat \u2013 Les pens\u00e9es vagabondent sur des chemins de traverse. Sans cesse se recentrer \u2013 En train de dactylographier les (d\u00e9j\u00e0 8) premiers quarts d\u2019heure \u2013 Regarder des photos sur un site en vue de la publication d\u2019un article \u2013 Pas fini mais s\u2019interrompre \u2013 Pens\u00e9es qui errent, avoir dr\u00f4lement chaud alors qu\u2019habitu\u00e9e \u00e0 avoir froid \u2013 Difficile de garder le focus quand on a mille choses en t\u00eate. M\u00eame par temps froid \u2013 R\u00e9server un h\u00f4tel pour deux jours \u00e0 Paris en juillet \u2013 Se raccrocher \u00e0 du concret. Brancher chargeur ordi avant que la batterie ne l\u00e2che \u2013 Enfin se mettre \u00e0 ce qui est urgent \u2013 Manger en lisant \u2013 Se demander parfois si les le\u00e7ons, on les a vraiment apprises \u2013 Debout \u00e0 6h00, l\u2019\u00e9nergie commence \u00e0 baisser \u2013 Impression de fin de journ\u00e9e \u2013 Essayer de se rassembler pour quand m\u00eame avancer \u2013 Juste noter qu\u2019il fait 41 degr\u00e9s au soleil \u2013 On dirait qu\u2019un l\u00e9ger, tr\u00e8s l\u00e9ger souffle d\u2019air s\u2019infiltre \u2013 Je trouve <em>Autog\u00e9ographie des ponts<\/em> de Fran\u00e7ois Bon dans la bo\u00eete aux lettres.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>3|<\/strong> <\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Inutile m\u00eame de m\u2019en souvenir, de poser les yeux dessus, je le connais, on est comme deux vieilles connaissances lui et moi. Chut\u00a0! Il ne faut pas faire de bruit. C\u2019est le matin ou l\u2019apr\u00e8s-midi, mais chut\u00a0! il ne faut pas faire de bruit, il dort. Chut\u00a0! Quand on va en visite chez les gens on se tait et puis \u00e0 l\u2019\u00e9cole aussi, mais l\u00e0 \u00e7a devient plus compliqu\u00e9. Du silence qui s\u00e9pare, qui met un gouffre entre les \u00eatres, du silence comme violence.<br>Du silence qui nous est impos\u00e9 donc, doigt sur la bouche, \u00e0 celui que l\u2019on s\u2019impose, toute v\u00e9rit\u00e9 n\u2019est pas bonne \u00e0 dire, etc. mais aussi celui dont on dispose. Du silence pour respirer, pour se retrouver, se conna\u00eetre, se reconna\u00eetre, du silence dans la solitude. Du silence pour se prot\u00e9ger, pour faire tampon entre soi et le monde. Retenir les mots, les murer dans le silence. Ce silence qui nous est souffl\u00e9 \u00e0 l\u2019oreille par ce doux effleurement des l\u00e8vres avec l\u2019index, du silence du r\u00eave et de la nuit, du silence comme une page blanche qu\u2019il nous convient de v\u00eatir avec somptuosit\u00e9 ou discr\u00e9tion. Ne pas fuir le silence, ne pas en avoir peur, ne pas vouloir le remplir, le meubler. Le laisser \u00e0 son vide, \u00e0 sa page blanche, \u00e0 sa fertilit\u00e9.<br>Du silence dans le silence m\u00eame.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(Du silence, Fernand Khnopff)<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-small-font-size\">4\/<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size wp-block-paragraph\">Tout a commenc\u00e9 avec l\u2019atelier de l\u2019\u00e9t\u00e9 2021 \u00ab\u00a0Faire un livre\u00a0\u00bb (la gestation commence \u00e0 devenir longue). Th\u00e8me de la premi\u00e8re proposition\u00a0: quelqu\u2019un arrive quelque part. Et voil\u00e0 une femme qui arrive dans une chambre d\u2019h\u00f4tel style Formule 1 ou Ibis budget avec pour tout bagage un sac \u00e0 dos, quelques v\u00eatements, un livre, son ordi et son appareil photo. Rien de particulier, sauf que l\u2019h\u00f4tel se trouve dans sa ville et plus pr\u00e9cis\u00e9ment dans son quartier de travail. L\u2019embryon de livre avait fini par s\u2019appeler \u00ab\u00a0Elle parce que cette ville\u00a0\u00bb. Apr\u00e8s nombre de r\u00e9flexions et de d\u00e9tours, de suppressions, elle avait fini par le renommer\u00a0\u00ab\u00a0Avant que tu ne quittes le quartier\u00a0\u00bb (prise par l\u2019envie d\u2019un titre modianesque, excusez du peu\u2026). Il n\u2019\u00e9tait donc plus question de ville mais de quartier. Il \u00e9tait entendu que le chantier devait \u00eatre boucl\u00e9 avant qu\u2019elle quitte le quartier pour cause de retraite. Entre-temps, elle est \u00e0 la retraite et le chantier n\u2019est pas termin\u00e9. Le manuscrit est donc orphelin de titre \u00e0 ce moment pr\u00e9cis de son \u00e9tat d\u2019avancement. Ouf, elle ne se mesurera donc pas \u00e0 Modiano. Cette femme, donc, prend une chambre d\u2019h\u00f4tel dans un quartier qui est son quartier de travail depuis plus de trente ans, mais aussi celui o\u00f9 elle est n\u00e9e et o\u00f9 elle a \u00e9tudi\u00e9. Persuad\u00e9e que ce n\u2019est pas juste un simple hasard, elle veut l\u2019explorer au plus pr\u00e8s pour tenter de trouver le fil rouge qui la relie \u00e0 ces lieux depuis tant d\u2019ann\u00e9es. Le livre dans son sac, c\u2019est <em>Esp\u00e8ces d\u2019espaces<\/em> de Georges Perec, un deuxi\u00e8me livre s\u2019y est ajout\u00e9\u00a0: <em>Lier les lieux, \u00e9largir l\u2019espace<\/em> de Anne Savelli, le N\u00b0 6 de la Collection Perec\u00a0 53 de l\u2019\u0152il \u00e9bloui sorti en 2024. A l\u2019heure o\u00f9 j\u2019\u00e9cris ces lignes, je n\u2019ai donc pas encore de nouveau titre en t\u00eate, mais l\u00e0 n\u2019est pas l\u2019essentiel en ce moment, j\u2019ai revu toute la temporalit\u00e9 du livre, j\u2019ai pris certaines d\u00e9cisions quant \u00e0 l\u2019introduction d\u2019un personnage, ou deux maximum et j\u2019ai quasi termin\u00e9 le remaniement du chapitre consacr\u00e9 \u00e0 la notion de quartier. \u00c0 suivre\u2026\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1| Il nous dit quoi, le monde\u00a0? Qu\u2019on est dans un sacr\u00e9 vrai p\u00e9trin et ce qu\u2019il ne nous dit pas c\u2019est comment en sortir\u2026 2| C\u2019est parti\u00a0! enclencher le minuteur, il est 9h20 \u2013 Juste pos\u00e9e avec mon th\u00e9 sur ma terrasse. La chatte C\u00e9leste passe et rentre dans la maison apr\u00e8s s\u2019\u00eatre pr\u00e9lass\u00e9e au fond du jardin \u2013 <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/chroniques-00-prologue-modiano\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#chroniques #00 | Modiano<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":167,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[8106,8107],"tags":[],"class_list":["post-212905","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ete-2026-chroniques","category-ete-2026-00-le-prologue"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/212905","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/167"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=212905"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/212905\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":212939,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/212905\/revisions\/212939"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=212905"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=212905"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=212905"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}