{"id":212914,"date":"2026-06-24T19:15:15","date_gmt":"2026-06-24T17:15:15","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=212914"},"modified":"2026-07-03T23:36:48","modified_gmt":"2026-07-03T21:36:48","slug":"00-la-journee-de-lundi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/00-la-journee-de-lundi\/","title":{"rendered":"#chroniques #00 | la journ\u00e9e de lundi"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"473\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/1000071377-473x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-212952\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/1000071377-473x1024.jpg 473w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/1000071377-194x420.jpg 194w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/1000071377-768x1663.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/1000071377-709x1536.jpg 709w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/1000071377-946x2048.jpg 946w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/06\/1000071377-scaled.jpg 1182w\" sizes=\"auto, (max-width: 473px) 100vw, 473px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-dark-gray-color has-text-color has-link-color wp-elements-1ec7dee07b0b775f502eaccf9e55232d\">1 \u2014 l\u2019\u00e9tat du monde<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right has-dark-gray-color has-text-color has-link-color wp-elements-b2670e2fa43c8c690cc49ee88c9dfd0e wp-block-paragraph\"><em>Comment va le cours des rivi\u00e8res\u2009?&nbsp;L\u2019eau leur \u00e9chappe, leurs flots se noient en acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 de silences.<\/em><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-dark-gray-color has-text-color has-link-color wp-elements-6faf188b3fb1ea1f75bc5af84e759ae1\">2 \u2014 Autour de l\u2019\u00c9tang, entre 16h30 et 22h30<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-text-color has-link-color wp-elements-29cc1d304c0ed4e6a1f5d8916a1ae05d wp-block-paragraph\">La plume longue \u00e0 planer du sommet du c\u00e8dre \u00e0 mi-pente jusqu\u2019\u00e0 dispara\u00eetre dans un pin parasol.\u00a0Huit chaises, dos raides, moulures et colonnes, c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te en un alignement irr\u00e9gulier, cannages crev\u00e9s, huit sentinelles, d\u00e9color\u00e9es et blanchies.\u00a0Reste le bruit mat d\u2019un abricot sur la pelouse \u2014 synth\u00e9tique et verdoyante \u2014 douce aux pieds nus.\u00a0Je dis\u2009<em>Tu vas rendre gorge<\/em>. Il fait un bruit et une grimace comme s\u2019il allait rendre l\u2019\u00e2me. L\u00e0, un Signac devant un bloc. Et ce qui se devine. L\u2019amour des gens du bloc. Pour l\u2019arbre. La ligne dans le ciel, et la masse plus haute que le bloc. Pench\u00e9e vers lui. On blague on roule on oublie un peu celui qui manque et la journ\u00e9e de lundi.\u00a0Club Nautique d\u2019Istres \u00e9crit en lettres cursives, une belle inscription jaune sur le mur blanc, les volets jaunes aussi et la porte. Une invitation. Un port en travaux, des tas de pierres et des bordures de b\u00e9ton net et propre.\u00a0Un message de V. annonce la suppression des trains et son absence \u00e0 la journ\u00e9e de lundi. On en reparle.\u00a0Un peu de brume laisse deviner la Sainte Victoire. Et le massif des Calanques. Une odeur rappelle \u00e0 ce qui stagne. L\u2019ombre port\u00e9e de branches hautes sur une fa\u00e7ade. Un rideau de th\u00e9\u00e2tre. Au bar de la Marine. La contingence. Et les petits poulpes \u00e0 l\u2019ail. Et le cr\u00e9meux de l\u2019a\u00efoli. Et la douceur de la chair des petits animaux. Et le plaisir. Et l\u2019incertain des eaux dont ils sont sortis.Trois Ricard. On rigole.<em> On est facile<\/em>. Empreintes creus\u00e9es de pattes de chien dans le durci de la terre. De quand date la derni\u00e8re averse\u2009?\u00a0Dans la falaise se r\u00e9v\u00e8lent terrasses, fen\u00eatres, baies vitr\u00e9es. L\u00e0-haut, on dort dans des chambres de pierre.\u00a0Jazz Radio diffuse une de ses chansons pr\u00e9f\u00e9r\u00e9es. On dit <em>L\u00e0, il nous parle<\/em>.\u00a0Un chardonneret \u00e9l\u00e9gant et un pinson des arbres dialoguent au soleil couchant. On oriente nos corps et nos mains pour sentir le lien entre la carte et le territoire.\u00a0Chapelle, croix de pignon et pin parasol. De trois quarts. Ext\u00e9rieur jour finissant Dans leur voiture gar\u00e9e sur de la falaise, face au plus grand des trois \u00e9tangs, ces deux-l\u00e0 passeront la nuit sur place. Une disco anime la nuit tomb\u00e9e. Les \u00e9clairages de la raffinerie signalent des structures rendues invisibles dans le noir.\u00a0Retour vers le stade, et \u00e0 droite jusqu\u2019au th\u00e9\u00e2tre, ensuite le long du port de plaisance, esp\u00e9rer une place au parking et repartir chercher plus haut. Une go\u00e9land brusque nous survole, coups d\u2019aile agac\u00e9s et cris stridents au signal sourd de la corne. Le pont levant est demand\u00e9. La nuit est faite.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading has-dark-gray-color has-text-color has-link-color wp-elements-4666c5c7a20322edb069b83a85ad71b7\">3 \u2014 Attente<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-text-color has-link-color wp-elements-d51b58cd914869ea221c5dddd6272ae4 wp-block-paragraph\">Les deux amies, les rues de Paris, une qui conna\u00eet, une qui d\u00e9couvre dans un d\u00e9luge de bruits, lumi\u00e8res, informations, d\u00e9placements sous terre, mont\u00e9es d\u2019escalier, vues, couleurs. Dans la tentative d\u2019\u00eatre malgr\u00e9 le cataclysme<em>.<\/em> R\u00e9fr\u00e9ner les questions, en poser, \u00e9couter les r\u00e9ponses, les retenir, faire des hypoth\u00e8ses, les effacer, classer les noms, les lieux, les anecdotes. Avec elle, arriver \u00e0 l\u2019\u00e9tage. Apr\u00e8s l\u2019encha\u00eenement des escalators au long des tubes. Et une seconde plus tard, oublier toute chose, se tenir devant <em>Concetto spaziale, Attese<\/em>. \u00c9chapper aux contraintes de la narration. Simultan\u00e9ment pouvoir en r\u00e9citer les mat\u00e9rialit\u00e9s et s\u2019en savoir affranchie. Sur le moment, les mots ne me sont pas venus. Seule importait la confrontation. J\u2019ai d\u00fb, pour gagner du temps, et rester encore un peu devant le tableau, dire quelque chose comme qu&rsquo;est-ce que c\u2019est. L\u2019amie a d\u00fb expliquer quelque chose en retour. De la philosophie, de la th\u00e9orie. Seul compte de voir le geste qui efface les faux semblant, d\u00e9nude les pr\u00e9tentions. <em>Concetto spaziale, Attese <\/em>est un engloutissement et une r\u00e9v\u00e9lation. Effa\u00e7ant l\u2019anecdote, le d\u00e9tail, l\u2019inutile. <em>Concetto spaziale<\/em> transporte, qui ose s\u2019y frotter, dans la simultan\u00e9it\u00e9 de l\u2019avant et de l\u2019apr\u00e8s, modifiant la nature superficielle de l&rsquo;espace. Profond\u00e9ment. Attese annonce la fin de l&rsquo;errance. La possible fin des confusions. Jusque l\u00e0, regarder \u00e9tait une conscience, une volont\u00e9, celle de voir, et produisait des classements, des liens, des r\u00e9flexions, dans la distance entre la peinture et la pens\u00e9e. La mani\u00e8re courante de se construire une culture. Concept spacial instaure l\u2019infime d\u00e9marcation entre le r\u00e9el et la fiction, d\u00e9bride les r\u00e9sistances de l\u2019intime et les limites impos\u00e9es par des trois dimensions. S\u2019y tenir aussi souvent que possible. Attente \u00e0 la marge, au bord d\u2019un ab\u00eeme, au risque de la&nbsp; chute, dans l\u2019infini traversant r\u00e9v\u00e9l\u00e9. La fiction, pour ne plus s\u2019inqui\u00e9ter des narrations.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">4 \u2014 la po\u00e8te \u00e9nerv\u00e9e, une fiction<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-dark-gray-color has-text-color has-link-color wp-elements-53fb51db7b309a6083b91a492bde7c27 wp-block-paragraph\">Arr\u00eater d&rsquo;y penser, et ne plus attendre alors que les jours passent, et se dire Pas grave, on \u00e9crira chez soi, et <em>Po\u00e8te \u00e9nerv\u00e9e<\/em> s\u2019\u00e9toffera <em>ici<\/em> plut\u00f4t que <em>l\u00e0-bas<\/em>. <em>Po\u00e8te \u00e9nerv\u00e9e<\/em> est la tentative d\u2019\u00e9crire les d\u00e9bordements. Le d\u00e9fi d&rsquo;en faire une \u00e9criture et non un pr\u00eachi pr\u00eacha sur l\u2019\u00e9tat du monde ou un JeJe gourgouillant. Avec du go\u00fbt et cinq sens. Et des fourmis rouges, des arbres et des prunes. Et des rivi\u00e8res. D\u2019autres trucs. Et la peau.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-dbe3aca31ec95c375d9b9e4ad15bb2ba wp-block-paragraph\">\u00c7a dedans \u00e7a commence \u00e9nerv\u00e9e&nbsp;<br>\u2013&nbsp;direct \u2014 pas de quartier \u2014 boum, l\u00e0 \u2014<br>Et direct \u00e9nerv\u00e9e. Avoue, y\u2019a de quoi&nbsp;<br>Y\u2019a toujours de quoi, une \u00e9tincelle<br>De la paille ou du parpaing<br>Je veux dire du l\u00e9ger, ou du lourdingue<br>On est full-time open \u00e0 l\u2019\u00e9tincelle possible<br>\u00c7a nous coule des graviers dans les veines<br>\u00c7a arrache des particules&nbsp;<br>Et vlan, boum\u2009!&nbsp;<br>Explose la fille \u00e9nerv\u00e9e<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1 \u2014 l\u2019\u00e9tat du monde Comment va le cours des rivi\u00e8res\u2009?&nbsp;L\u2019eau leur \u00e9chappe, leurs flots se noient en acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 de silences. 2 \u2014 Autour de l\u2019\u00c9tang, entre 16h30 et 22h30 La plume longue \u00e0 planer du sommet du c\u00e8dre \u00e0 mi-pente jusqu\u2019\u00e0 dispara\u00eetre dans un pin parasol.\u00a0Huit chaises, dos raides, moulures et colonnes, c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te en un alignement irr\u00e9gulier, <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/00-la-journee-de-lundi\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#chroniques #00 | la journ\u00e9e de lundi<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":25,"featured_media":212952,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[8106,8107],"tags":[8118,8117,4922],"class_list":["post-212914","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-ete-2026-chroniques","category-ete-2026-00-le-prologue","tag-etang-de-berre","tag-lucio-fontana","tag-rivieres"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/212914","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/25"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=212914"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/212914\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":213929,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/212914\/revisions\/213929"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media\/212952"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=212914"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=212914"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=212914"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}