{"id":213085,"date":"2026-06-26T16:16:51","date_gmt":"2026-06-26T14:16:51","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=213085"},"modified":"2026-06-26T16:16:51","modified_gmt":"2026-06-26T14:16:51","slug":"le-livre-comme-fiction-08-en-metamorphose","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/le-livre-comme-fiction-08-en-metamorphose\/","title":{"rendered":"# le livre comme fiction #08| en m\u00e9tamorphose"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Car c\u2019est par les ventres que naissent&nbsp;les tremblements.&nbsp;Les g\u00e9n\u00e9rations de femmes qui ont port\u00e9 dans leurs entrailles une forme nouvelle mais pas totalement. Des vies nous pr\u00e9c\u00e8dent&nbsp; o\u00f9 nous sommes d\u00e9j\u00e0 en gestation. Des femmes qui sont le creuset de femmes en devenir. On voudrait fixer les commencements, les ma\u00eetriser, mais ils ne cessent de nous \u00e9chapper. On se retrouve toujours face \u00e0 l\u2019\u00e9vanescence de ce qui va \u00eatre.&nbsp; On entre dans des mondes enchev\u00eatr\u00e9s de lieux, de noms, de sang, de syllabes qui se prononcent, de mutation de langues. Un monde d\u2019o\u00f9 l\u2019on vient et qui nous a fa\u00e7onn\u00e9s. On n\u2019est que le fruit d\u2019une p\u00e9nombre, de plis et replis de ventres d\u00e8s que des formes les creusent et se mettent en \u00e9tat de devenir. Cela na\u00eet de remous et d\u2019attentes, de passages d\u2019une forme \u00e0 une autre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;-<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une forme est devenue informe. Elle devient d\u00e9j\u00e0 son devenir. Il n\u2019y a que des plis et des replis qui retiennent les lignes de faille. Tout est dedans en un remous dont on ne peut rien percevoir. On ne peut rien chercher. Il n\u2019y a rien \u00e0 trouver. C\u2019est insaisissable. Il faut renoncer \u00e0 voir ce dedans. On ne peut que tendre vers, et attendre. Esp\u00e9rer. Ce cocon est repli\u00e9 devant le regard. On cherche derri\u00e8re, on cherche autour, on cherche dans les plis et les replis, on cherche ce que l\u2019on ne peut voir. On cherche ce qui se d\u00e9robe. Et dans le dedans, sans doute, des vagues d\u2019ombres, des forces contradictoires, un chiffonnement pour \u00eatre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8212;&#8211;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Disparition, apparition. \u00c0 l\u2019abri des regards. Il faut un peu d\u2019ombre pour \u00eatre., et laisser advenir ce qui doit. Ce devenir en boutons. Plus il y a de plis et de replis, plus il y aura de profondeur. Tout regard ou d\u00e9sir de regard creuse cette voie vers la profondeur: c\u2019est un <em>en train d\u2019exister<\/em>. Comme l\u2019acte d\u2019\u00e9criture est un<em> en train d\u2019\u00eatre.&nbsp; <\/em>Ce qui cherche \u00e0 \u00e9clore est en germination, comme un d\u00e9j\u00e0-l\u00e0, mais pas encore. Cela pousse et repousse et tapisse les parois du cocon. \u00c0 l\u2019int\u00e9rieur, on sait la tache rouge, la flamme de l\u2019incertitude sensible, celle qui fait battre le c\u0153ur&nbsp;de cet espace clos, o\u00f9 s\u2019impose le silence, mais o\u00f9 une lutte contre l\u2019effacement est en jeu. La cartographie errante des plis se met en mouvement, se trace, erre et se perd m\u00eame parfois. \u00c0 l\u2019int\u00e9rieur cela s\u2019\u00e9crit <em>rond, emm\u00eal\u00e9 et ti\u00e8de *, <\/em>&nbsp;cela innerve un pr\u00e9sent nourri de pass\u00e9 et ouvert vers un devenir,&nbsp;cela fait vibrer la tache rouge qui guide l\u2019apparition, la marque rouge survivante, \u00e0 l\u2019\u00e9tat latent, au fil des images qui&nbsp;se forment,&nbsp;se&nbsp;d\u00e9forment et se reforment, se d\u00e9robent, se d\u00e9chirent et se donnent dans une \u00e9mergence o\u00f9 cela sonne et r\u00e9sonne comme un chant gr\u00e9gorien, sur un petit pan de notes et d\u2019accents port\u00e9s sur une partition de lumi\u00e8re.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">*Clarice Lispector <em>Agua viva<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Car c\u2019est par les ventres que naissent&nbsp;les tremblements.&nbsp;Les g\u00e9n\u00e9rations de femmes qui ont port\u00e9 dans leurs entrailles une forme nouvelle mais pas totalement. Des vies nous pr\u00e9c\u00e8dent&nbsp; o\u00f9 nous sommes d\u00e9j\u00e0 en gestation. Des femmes qui sont le creuset de femmes en devenir. On voudrait fixer les commencements, les ma\u00eetriser, mais ils ne cessent de nous \u00e9chapper. On se retrouve <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/le-livre-comme-fiction-08-en-metamorphose\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"># le livre comme fiction #08| en m\u00e9tamorphose<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":75,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[8020,8103],"tags":[],"class_list":["post-213085","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-le-livre-comme-fiction","category-le-livre-comme-fiction-08-borges-le-livre-de-sable"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/213085","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/75"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=213085"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/213085\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":213086,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/213085\/revisions\/213086"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=213085"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=213085"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=213085"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}