{"id":213923,"date":"2026-07-03T20:56:41","date_gmt":"2026-07-03T18:56:41","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=213923"},"modified":"2026-07-03T20:56:41","modified_gmt":"2026-07-03T18:56:41","slug":"chroniques-00-prologue-9","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/chroniques-00-prologue-9\/","title":{"rendered":"chroniques #00 | prologue"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">1 | du monde<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Comment va le monde ? Maintenant, l\u00e0 tout de suite, mi-figue mi-raisin, tous deux loin d&rsquo;\u00eatre m\u00fbrs mais d\u00e9j\u00e0 rabougris.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">2 | le r\u00e9el<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le vent frais par la fen\u00eatre qui fait voler les branches des arbres et les feuilles de la salle. La robe fleurie de l&rsquo;AESH, comme un soup\u00e7on d&rsquo;optimisme et d&rsquo;encouragement en plus du sourire et de la voix douce. L&rsquo;\u00e9l\u00e8ve \u00e0 la chemise blanche boutonn\u00e9e jusqu&rsquo;en haut et bien boutonn\u00e9e, bien serr\u00e9e, aux poignets. Ils sont tous habill\u00e9s de blanc. Salle vide, 4 tables, 5 chaises, et le reste rang\u00e9 sur le c\u00f4t\u00e9, en attente de la rentr\u00e9e. La porte qu&rsquo;il faut caler avec une chaise car elle se ferme et s&rsquo;ouvre au milieu du silence : on la laissera donc ouverte. Ils ont tous des pochettes, bleues, rouges, bleues et rouges surtout. Le gobelet est vert aujourd&rsquo;hui. La voix de la coll\u00e8gue examinatrice qui bondit du couloir jusqu&rsquo;\u00e0 ma salle, elle demande aux \u00e9l\u00e8ves de respecter ceux qui passent dans le silence. Feuille de brouillon bleu, stylo \u00e0 encre bleu, robe bleue, sol bleu. Je n&rsquo;ai pas eu de regard adress\u00e9. Elle avait une toute petite voix, pr\u00eate \u00e0 s&rsquo;\u00e9chapper. La montre au bracelet argent beaucoup trop grand pour son poignet. Salle vide. Rang\u00e9s 3 par 3, assis devant les salles. Fen\u00eatre entrouverte en oscillo-battant, pas de bruit. Il \u00e9crit au style sur son brouillon. Feuilles vertes aujourd&rsquo;hui pour l&rsquo;apr\u00e8s-midi. Toujours les nuages passent et le ciel est changeant. La cha\u00eene en or \u00e0 grosses mailles qui brille dans le col de la chemise. La chaise, ma chaise, grince. Porte ouverte, courant d&rsquo;air. Parfum qui apaise et qui embaume, parfum que je sens jusqu&rsquo;\u00e0 ma place. Bruit fr\u00e9n\u00e9tique de la pointe du stylo sur la feuille sur la table.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">3 | \u00e9crire<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab\u00a0un \u00e9t\u00e9 \u00e0 soi au fond de la baignoire\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nu \u00e0 la baignoire. Nu dans la baignoire. Les deux titres existent. Comme une invitation \u00e0 un \u00e9t\u00e9 tranquille au bord de la mer qui pour des raisons, des raisons circonstancielles, se fera plut\u00f4t \u00e0 la baignoire dans le cocon de fa\u00efence d&rsquo;un ciel color\u00e9 carreau par carreau. Nu, bien plus nu que sur la plage, un \u00e9t\u00e9 \u00e0 soi au fond de sa baignoire. Le soleil brille et se refl\u00e8te sur le carreau. Nimb\u00e9e de soleil et nue dans la baignoire. A la baignoire on y est nue et d\u00e9lass\u00e9e. D\u00e9lassement \u00e0 la baignoire. Comme un \u00e9t\u00e9 sans fin au fond de l&rsquo;eau. Un fond d&rsquo;eau qui laisse mi-immerg\u00e9e, mi-\u00e9merg\u00e9e, une demie torpeur estivale. Mon \u00e9t\u00e9 \u00e0 la baignoire.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">4 | de soi-m\u00eame et d&rsquo;\u00e9crire<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je travaille sur la grande table \u00e0 manger qui n&rsquo;accueille que les d\u00e9jeuners du samedi, mais le reste du temps c&rsquo;est ma table de travail mais aussi la table de l&rsquo;appartement. Au plus pr\u00e8s de moi ce qu&rsquo;il faut pour \u00e9crire, pour \u00e9crire vraiment avec le geste : le grand cahier, les trois petits carnets, le stylo plume, le stylo noir, le stylo bleu, le stylo rouge, le stylo vert. De quoi \u00e9crire, vraiment \u00e9crire, avec le geste, donc. Et puis un peu plus loin, \u00e0 distance d&rsquo;avant-bras, l&rsquo;ordinateur, parfois \u00e9teint quand je veux \u00e9crire, vraiment \u00e9crire, toujours attach\u00e9 \u00e0 sa source d&rsquo;alimentation, ce petit ordinateur portable, et attach\u00e9s \u00e0 lui les \u00e9couteurs, toujours attach\u00e9s eux aussi au cas o\u00f9 (la manie de les raccrocher apr\u00e8s chaque d\u00e9crochage alors m\u00eame que je ne vais pas les utiliser, comme pour les ranger ainsi accroch\u00e9s \u00e0 quelque chose, \u00e0 leur place d&rsquo;\u00e9couteurs). Mais sur la table qui est d&rsquo;abord table avant bureau, les choses qui attendent, zone transitoire : le carton qui attend d&rsquo;\u00eatre jet\u00e9, le verre qui attend d&rsquo;\u00eatre lav\u00e9, le d\u00e9odorant qui attend d&rsquo;\u00eatre rachet\u00e9 (car les objets sur la table sont des pense-b\u00eate encombrants). Les d\u00e9bris d&rsquo;un petit atelier d&#8217;emballage de cadeau en bout de table : le scotch, les ciseaux, le marqueur. Le matin pour \u00e9crire, je pousse le tout sur la grande table au milieu du salon.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1 | du monde Comment va le monde ? Maintenant, l\u00e0 tout de suite, mi-figue mi-raisin, tous deux loin d&rsquo;\u00eatre m\u00fbrs mais d\u00e9j\u00e0 rabougris. 2 | le r\u00e9el Le vent frais par la fen\u00eatre qui fait voler les branches des arbres et les feuilles de la salle. 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