{"id":214116,"date":"2026-07-10T09:24:09","date_gmt":"2026-07-10T07:24:09","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=214116"},"modified":"2026-07-10T09:27:43","modified_gmt":"2026-07-10T07:27:43","slug":"testard_chroniques_01_1","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/testard_chroniques_01_1\/","title":{"rendered":"#chroniques #01 | bienvenue"},"content":{"rendered":"\n<div style=\"height:10px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<div id=\"1_bienvenue\" class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-text-align-right wp-block-paragraph\" style=\"font-size:18px;letter-spacing:1px\">1 | BIENVENUE DANS UN MONDE QUI BANQUE<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pr\u00e9vention Incendie \u2014 Pour la protection de la for\u00eat et pour votre s\u00e9curit\u00e9, l&rsquo;acc\u00e8s aux massifs forestiers est interdit. Mise \u00e0 jour \u00e0 18\u00a0h. <br><em>(message diffus\u00e9 au journal communal lumineux)<\/em><\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:50px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div id=\"2_3_s\u00e9parateur\" class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-text-align-right wp-block-paragraph\" style=\"font-size:18px;letter-spacing:1px\">2 | 3 | s\u00e9parateur central<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C&rsquo;est trop de dire que le ciel scintille. Le soir stridule, c&rsquo;est la nuit. La nuit finit de se rassembler. Non pas qu&rsquo;elle soit noire, loin de l\u00e0. La nuit n&rsquo;est jamais plus assez noire m\u00eame par ciel clair. Quelques \u00e9toiles le ponctuent, sinon le constellent, la Grande Ourse, cette casserole, ennuyeuse \u00e0 force d&rsquo;\u00eatre l\u00e0, par-dessus la t\u00eate. Le noir est ce dans quoi l&rsquo;extinction de la lampe pectorale a plong\u00e9 la chauss\u00e9e \u2014 plus de batterie. Le noir ne le demeure jamais longtemps \u2014 l&rsquo;\u0153il s&rsquo;adapte\u00a0\u2014, lui non plus n&rsquo;est jamais complet, puisque l&rsquo;on est dehors, et \u00e0 l&rsquo;arr\u00eat, il est susceptible de fluctuations \u2014 est-ce trop dire, mille\u00a0? Toujours il lui manque un corps \u00e0 sommeiller. C&rsquo;est tout autour, au ras du sol. Cela s&rsquo;est consid\u00e9rablement \u00e9veill\u00e9. Et bruit. La nuit se fait dans les plus petites choses\u00a0: criquets ou sauterelles, grillons\u2026 La nuit a ses pattes de mouches. Ce n&rsquo;est pas le milieu de la nuit. C&rsquo;en est le bord. Ou l&rsquo;entr\u00e9e. Ce n&rsquo;en est pas le c\u0153ur. Cette nuit est encore la fin du jour, elle en a la chaleur. Dans le soir on roulait, le cr\u00e9puscule bient\u00f4t. L&rsquo;on filait. La lampe s&rsquo;\u00e9teignit, l&rsquo;on freina, ralentit, s&rsquo;arr\u00eata, mis pied \u00e0 terre, descendit de v\u00e9lo. C&rsquo;est entre l&rsquo;Oise et la quatre-voies. L&rsquo;esquisse de quelques pas, mal assur\u00e9s d&rsquo;abord dans le noir \u00e9manant du sol, le corps aussit\u00f4t regagn\u00e9 par la chaleur.Le bain d&rsquo;obscurit\u00e9 ne l&rsquo;est que par contraste.\u00a0 L\u00e0-bas c&rsquo;est, on le reconna\u00eet, puisqu&rsquo;on conna\u00eet tout, l&rsquo;on croit,\u00a0 de cet endroit, le brasillement du centre commercial\u00a0: lampadaires sur le parking, enseigne sur le toit, toit de la station-essence.\u00a0 L\u00e0-bas c&rsquo;est encore, plus \u00e0 droite, vers l&rsquo;Oise, les phares automobiles, et feux attenants, glissant \u00e0 travers la masse v\u00e9g\u00e9tale o\u00f9 les plonge l&rsquo;\u00e9changeur routier.\u00a0 Tout cela qui pour l&rsquo;heure est bient\u00f4t noir, voil\u00e0 ce qui proprement scintille\u00a0: jette des \u00e9clats par intermittence. Le b\u00e9ton est chaud les fesses pos\u00e9es sur le muret qui se trouve l\u00e0. R\u00e9fractaire, il restitue la chaleur emmagasin\u00e9e le jour, cela rayonnant dans le dos. Parce que l&rsquo;on s&rsquo;est renvers\u00e9. On s&rsquo;est allong\u00e9\u00a0: la glissi\u00e8re courant l\u00e0 a la largeur d&rsquo;un cahier ouvert \u2014 d&rsquo;un dos d&rsquo;homme donc \u2014 qui s\u00e9pare la voie d\u00e9di\u00e9e aux mobilit\u00e9s douces de celle desservant la station d&rsquo;\u00e9puration. Qu&rsquo;on ait auparavant tent\u00e9, par adaptation et accommodation de l&rsquo;\u0153il, de fixer le chemin qui reste ou se soit retourn\u00e9 sur le chemin effectu\u00e9, la ma\u00e7onnerie de l&rsquo;ouvrage se perd dans les gris, dissout dans la nuit. Tr\u00e8s \u00e9galement. C&rsquo;est un vertige les premi\u00e8res secondes. Les \u00e9toiles \u2014 les quelques unes, un peu grises elles-m\u00eames \u2014 vont et reviennent par saccades, adh\u00e9rant au papillotement des yeux en qu\u00eate de rep\u00e8res, avant de se stabiliser. La t\u00eate est maintenant pos\u00e9e et tout, autour, repose avec, ou comme de son repos \u00e0 elle. Le cr\u00e2ne contre le dur roule d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 (ouest) \u00e0 l&rsquo;autre. L&rsquo;on dodeline. Les lampes de chevet sont hors de port\u00e9e, ne sont qu&rsquo;\u00e9loignement. La position actuelle les tient hors du champ visuel\u00a0: aux pieds \u2014 ou derri\u00e8re eux \u2014 le r\u00e9verb\u00e8re unique au-dessus du portail de la station d&rsquo;\u00e9puration, blanc un peu vert\u00a0; \u00e0 la t\u00eate \u2014 derri\u00e8re la visi\u00e8re de la casquette\u00a0\u2014, en amont du viaduc au-dessus de l&rsquo;Oise entre les arbres un clignotement orange, fixe si l&rsquo;on ose dire, avertissant de quel danger\u00a0? \u00c0 la diff\u00e9rence des phares des autos, furtifs, filants, celui-l\u00e0 est stationnaire. D&rsquo;ailleurs tout l&rsquo;est, non seulement un festival de la scintillation et du clignement, mais satellitaire en quelque sorte \u2014 et l&rsquo;on pourrait en conclure \u00e0 l&rsquo;\u00e9toilement de la surface terrestre elle-m\u00eame. Quels matelas, oreiller cela fait. L&rsquo;on tient tout entier dans cet effet sp\u00e9cial. L&rsquo;on s&rsquo;y love. En chien de fusil maintenant. Un dernier TER passe, tout sillage sonore et tra\u00een\u00e9e lumineuse. De l\u00e0 o\u00f9 l&rsquo;on est, et dans la fantaisie o\u00f9 cela entra\u00eene, il pourrait aussi bien n&rsquo;\u00eatre plus transport que de cela\u00a0: son et lumi\u00e8re. Entre la rame aussit\u00f4t effac\u00e9e et soi, le miroir impavide des eaux attrape les derni\u00e8res lueurs du jour, du roussi au verd\u00e2tre, et les \u00e9tale et d\u00e9laie, c&rsquo;est le grand bain. Le fleuve et l&rsquo;atmosph\u00e8re s&rsquo;y confondent et la ligne d&rsquo;horizon, ce coteau de l&rsquo;Oise, s&rsquo;y r\u00e9duit \u00e0 une nappe d&rsquo;ombre. Comme dans son propre lit, l&rsquo;on se tourne et c&rsquo;est encore l&rsquo;accompagnement de la rumeur routi\u00e8re. Ou ce n&rsquo;en est plus que le souffle. Ou ce n&rsquo;en est d\u00e9j\u00e0 plus que le r\u00eave. Comme si se consid\u00e9rait de quelque distance, \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart, de loin un ensommeillement g\u00e9n\u00e9ral. C&rsquo;est l&rsquo;ensommeillement gagnant que le spectacle de ces \u00e9clats visuels isolables comme des p\u00e9pites, les projecteurs avant et arri\u00e8re des autos glissant \u00e0 la surface du silence en l\u00e9g\u00e8res surlignures, comme les stridulations des insectes en sont de secr\u00e8tes variations, toute une tapisserie. C&rsquo;est un r\u00eave de quatre-voies, ou un bonheur, une pr\u00e9figuration du r\u00eave, ou la promesse du sommeil, d&rsquo;un cr\u00e9puscule permanent, d&rsquo;un atterrissage qui n&rsquo;en finit pas. On ne l&rsquo;avait jusqu&rsquo;alors, l&rsquo;endroit, jamais vu comme \u00e7a, ni entendu ni \u00e9cout\u00e9, ni senti, ni n&rsquo;y avait touch\u00e9. Jamais \u00e0 cette heure, la plus avanc\u00e9e, la plus intime.\u00a0 C&rsquo;\u00e9tait donc \u00e7a, on ne le savait pas en poussant deux heures plus t\u00f4t le v\u00e9lo hors du garage\u00a0: on rejoignait la nuit. On allait s&rsquo;y poster. S&rsquo;installer de, \u00e0 son c\u00f4t\u00e9. Faire corps avec la nuit. Dire que cela ne dure en tout que 300 secondes\u2026\u00a0<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:50px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div id=\"4_finale\" class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-text-align-right wp-block-paragraph\" style=\"font-size:18px;letter-spacing:1px\">4 | phase finale<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Chaque matin je reviens de loin. J\u2019ai crois\u00e9 une nuit de pluie sur le bord de ma route la silhouette d\u2019un homme marchant dans les phares. Le souffle d\u2019air \u00e0 la vitre baiss\u00e9e m\u2019\u00e9meut, d\u2019\u00e9t\u00e9 en \u00e9t\u00e9. Je traverse les \u00e9t\u00e9s comme des massifs de chaleur. Mon auto c\u2019\u00e9tait quelqu\u2019un. \u00c0 v\u00e9lo je vole.&nbsp;Les endroits o\u00f9 je crois me retrouver seul sont soit d\u00e9j\u00e0, soit bient\u00f4t fr\u00e9quent\u00e9s par un autre. \u00c9crire en moi cherche mon corps, ou l&rsquo;image de mon corps.&nbsp;Je vois des gens quand je l\u00e8ve les yeux vers les arbres, je vois des grands.&nbsp;Dans un abribus je m&rsquo;adosse aux rayons du soleil.&nbsp;La fid\u00e9lit\u00e9 du souffle d\u2019air \u00e0 ma vitre baiss\u00e9e l\u2019\u00e9t\u00e9 m\u2019\u00e9meut. Ce que d&rsquo;autres laissent, oublient, abandonnent, perdent se retrouve sous mes yeux.&nbsp;Le vocabulaire de la salet\u00e9, de la d\u00e9t\u00e9rioration, du d\u00e9chet me manque. D\u2019une portion de chemin, en allant et venant, je fais mon espace de travail. Ou d\u2019un bout de trottoir. J\u2019entre dans la phase finale. Mes mobilit\u00e9s sont de plus en plus douces. Cracher en l\u2019air dans le bleu du ciel me fait l\u2019effet d\u2019une salve d\u2019artifices, ou d\u2019un augure. Les d\u00e9chets me comprennent.&nbsp;Je suis du c\u00f4t\u00e9 du probl\u00e8me. Si je dois \u00eatre pris en photo pour une quelconque promo, ce sera dans un abribus. L&rsquo;abribus entier.&nbsp;Enfant d\u00e9j\u00e0 j&rsquo;avais le go\u00fbt des \u00e9paves.&nbsp;Le souffle d\u2019air qui me parle \u00e0 gauche en auto m\u2019\u00e9meut. Ma vie me pousse dans l&rsquo;auto, encore.&nbsp;\u00c0 v\u00e9lo je surveille les accotements, non, survole.&nbsp;J\u2019ai plusieurs livres ouverts dans ma vie. J\u2019ai des dossiers suspendus. Je tombe des nues. Je ne porterai bient\u00f4t plus que des effets accident\u00e9s.&nbsp;Couleur de route, couleur du temps. Touch\u00e9 les larmes viennent. L&rsquo;air, mon souffleur, me rappelle de me taire. \u00c9crire est \u00e9couter. Le voisin sort son chien, je sors mon livre, nous nous croisons.&nbsp;Mon livre est une anamorphose au bas de l&rsquo;image.&nbsp;Lisant au soleil je me refais du ventre.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:50px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div id=\"5_\" class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<p class=\"has-text-align-right has-medium-gray-color has-text-color has-link-color wp-elements-8af38484d551e7f060cb63bb1d87f29d wp-block-paragraph\" style=\"font-size:18px;letter-spacing:1px\">5 |<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left has-medium-gray-color has-text-color has-link-color wp-elements-d9c1673a81e851efd45aee67547ee8f9 wp-block-paragraph\" style=\"font-size:18px;letter-spacing:1px\">\u2026<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:40px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n<\/div><\/div>\n\n\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour la protection de la for\u00eat et pour votre s\u00e9curit\u00e9, l&rsquo;acc\u00e8s aux massifs forestiers est interdit. 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