{"id":214595,"date":"2026-07-09T19:48:44","date_gmt":"2026-07-09T17:48:44","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=214595"},"modified":"2026-07-09T19:48:45","modified_gmt":"2026-07-09T17:48:45","slug":"chronique-00-le-stagiaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/chronique-00-le-stagiaire\/","title":{"rendered":"Chronique #00 | le stagiaire"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"has-blue-color has-light-gray-background-color has-text-color has-background has-link-color wp-elements-0ddd2035d05d8765e753918c70f6abcc wp-block-paragraph\">Ouf ! j&rsquo;ai fini par trouver du temps et un peu d&rsquo;inspiration. En revanche, les 5 400 signes&#8230; On r\u00e9glera \u00e7a au prochain tour (peut-\u00eatre).<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>4.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">sur la plaque de verre transparent, un grand tapis noir repr\u00e9sentant la carte du monde sur lequel erre ma souris (ergonomique) | le vieux clavier Compaq (une vingtaine d\u2019ann\u00e9es), un peu de poussi\u00e8re, sa petite lumi\u00e8re orange, une languette aide-m\u00e9moire pour me rappeler de retrouver le beau discours d\u2019<em>Anne Bouvier<\/em> (c\u2019est la note) depuis la c\u00e9r\u00e9monie des Moli\u00e8re (du 2 avril) | le rehausseur d\u2019\u00e9cran en bambou, le vieil \u00e9cran Compaq dessus, une poign\u00e9e de clefs USB, noire, bleu, rouge, un disque SSD NVMe, un bloc de Post-it et deux mots (Mur, Antilivre \u2014 on a les notes qu\u2019on m\u00e9rite), un petit bout de papier chiffonn\u00e9 | sous le rehausseur, une fiche cartonn\u00e9e pour un alphabet braille (une phrase pour s\u2019exercer)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00e0 port\u00e9e de main (droite), une petite pile de livres et un calepin ouvert, le smartphone dessus, un pichet de lait blanc pour pot \u00e0 crayons (Bic quatre couleurs, feutre fluos, vert, jaune, bleu, orange, paire de ciseaux rouge et gris, un stylo noir, un crayon de papier), le lutrin pour entasser quelques papiers, lettres, cartes de visite et deux livres (<em>Manifestes du surr\u00e9alisme<\/em>, <em>Louons maintenant les grands hommes<\/em>), un thermom\u00e8tre \u00e9lectronique avec un semblant de toit (24,3\u00b0 C), ma gourde rouge, un mouchoir en papier usag\u00e9<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">(gauche) sur un petit tas de livres en vrac, le carnet ouvert et ses notes noires, quelques lignes en rouge, en vert, <em>Vivre et penser comme des porc<\/em>s ouvert aussi, \u00e0 l\u2019envers, d\u00e9ploy\u00e9 sur toute sa couverture rouge, son profil de face cubique, un \u0153il vide l\u2019autre d\u00e9centr\u00e9, la pyramide de <em>100\u00a0000\u00a0ans\u00a0de\u00a0beaut\u00e9<\/em> la lampe de chevet dessus, abat-jour blanc cass\u00e9, en forme de goutte de bois, une pile de disques en \u00e9ventail dessous, le vieux <em>Darklands<\/em> en t\u00eate<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>3.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Chaque jour, en allumant la machine, je tombe directement sur un grand tableau noir de Pierre Soulages. C\u2019est mon fond d\u2019\u00e9cran. Il a longtemps \u00e9t\u00e9 noir. C\u2019\u00e9tait un fond sans fond. Et puis un jour, j\u2019ai voulu l\u2019\u00e9gayer un peu. Il y a d\u2019abord eu les <em>Seascapes<\/em> nocturnes de Hiroshi Sugimoto, et puis Soulages.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il ne s\u2019agit pas vraiment d\u2019un fond d\u2019\u00e9cran. La peinture noire fait \u00e9cran dans l\u2019\u00e9cran. D\u2019autant plus qu\u2019elle n\u2019est pas vraiment noire. Elle est peut-\u00eatre m\u00eame pour moiti\u00e9 blanche. De la peinture \u00e0 l\u2019huile exclusivement noire pour un effet visuel \u00e0 moiti\u00e9 blanc.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il ne s\u2019agit pas non plus d\u2019un grand tableau, en fait. Avec 165&nbsp;cm de long sur 51&nbsp;cm de large, son format panoramique, englobant tout le champ visuel, vision p\u00e9riph\u00e9rique comprise, cr\u00e9e cette impression. On est face \u00e0 un mur, \u00e0 un bloc. Un peu comme le monolithe de <em>2001, l\u2019odyss\u00e9e de l\u2019espace<\/em>, mais couch\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Aucun fichier, aucun dossier, aucun raccourci ne doit s\u2019y superposer. Depuis que l\u2019image est l\u00e0, les ic\u00f4nes s\u2019ordonnent autour. Celle qui vient s\u2019inscrire dessus, comme un mauvais tag, finit \u00e0 la corbeille. Une sorte de radioactivit\u00e9 inconsciente permet de ne pas surcharger l\u2019\u00e9cran.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On imagine une grande couche noire, plate, laqu\u00e9e, ou mieux&nbsp;: une belle nappe de p\u00e9trole brut, parfaitement mate, et un peigne, ou plusieurs peignes aux dents plus ou moins fines, cass\u00e9es ici et l\u00e0&nbsp;: des peignes pour d\u00e9m\u00ealer le bitume, lisser le mazout, coiffer le fuel en une s\u00e9rie de lignes plus ou moins noires, plus ou moins blanches, plus ou moins parall\u00e8les, toutes de travers&nbsp;: des rayons par milliers, chaque blanc accol\u00e9 \u00e0 un noir dont il provient, et inversement, de l\u2019un \u00e0 l\u2019autre, comme s\u2019il n\u2019y avait pour finir qu\u2019un seul rayon&nbsp;: un m\u00eame rayon, aussi que noir que blanc, aussi plein de peinture que vide, \u00e0 la mode quantique, mais d\u00e9multipli\u00e9 sous l\u2019effet, miroir&nbsp;?, de sa radioactivit\u00e9&nbsp;: un spectre de lumi\u00e8re noire d\u00e9ploy\u00e9, d\u00e9compos\u00e9 par capillarit\u00e9, de rayon fant\u00f4me en reflet inverse, toujours de travers, toujours dans le sens de la lecture, de gauche \u00e0 droit, de haut en bas, sans autre profondeur et paysage que la pulpe des doigts \u00e0 passer, de cr\u00eates en creux, dans les rayures, gravures, griffures, biffures de l\u2019\u00e9cran plat.<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>2.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Devant l\u2019\u00e9cran, \u00e0 taper sur le clavier, le carnet ouvert, des notes \u00e0 la va-vite, noires, rouges, vertes, dispers\u00e9es, soulign\u00e9es, encadr\u00e9es, biff\u00e9es, une touche de mauve\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">un tour sur le navigateur, \u00e0 la recherche d\u2019un blog, d\u2019un compte, d\u2019un mur, d\u2019une page, peut-\u00eatre une phrase, un fragment, parfois une image\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">pour la musique, c\u2019est sans paroles avec BRUIT \u2264<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">toute l\u2019heure ainsi, en tournant une page pour un troisi\u00e8me, un quatri\u00e8me petit paragraphe, aux lignes qui avancent, s\u2019accumulent, reculent un peu, s\u2019entassent\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">les volets en tuile grincent, l\u2019eau de la gourde a pris le go\u00fbt du caoutchouc\u2026<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Voil\u00e0&nbsp;: \u00ab&nbsp;les \u00e9quipages s\u2019enfoncent au c\u0153ur des immensit\u00e9s d\u00e9sertiques pour explorer des territoires bruts&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Vient toujours ce moment o\u00f9 tu ne tiens plus, le poignet, le bras engourdis, des fourmis dans les jambes, alors tu te l\u00e8ves, tu vas marcher dans la maison, un verre d\u2019eau fra\u00eeche au frigo, tu enfiles tes chaussures, tu sors par la porte-fen\u00eatre, la lumi\u00e8re sur la terrasse t\u2019\u00e9blouit, la chaleur t\u2019envahit, tu vas marcher dans le jardin, tu gagnes l\u2019ombre des arbres, tu fais aboyer les chiens.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le lapin n\u2019aura pas boug\u00e9 de l\u2019apr\u00e8s-midi, il sera rest\u00e9 sous les chaises hautes, cal\u00e9 entre les barreaux et la paroi de l\u2019\u00eelot de la cuisine. Non, il aura boug\u00e9 pour aller manger dans sa cage, il y a une tra\u00een\u00e9e de copeaux sur le carrelage.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un coup d\u2019\u0153il sur le smartphone, pour une ic\u00f4ne de soleil et 38\u00b0 \u00e0 19:06. Une petite faim. Tentation d\u2019une tranche de brioche, dor\u00e9e au grille-pain, avec une couche de confiture de p\u00eache ou de figue. <em>C\u2019est plus l\u2019heure.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En terminer avec une image, recadrer, ajuster les couleurs, rehausser la nettet\u00e9, enregistrer les modifications, renommer, copier, coller, ins\u00e9rer une l\u00e9gende. On verra plus tard la mise en ligne.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">ME, allong\u00e9e dans le canap\u00e9, smartphone en main, regarde un capsule vid\u00e9o de La Derni\u00e8re. <em>Tu regardes pas le match&nbsp;?<\/em> \u2014 <em>Non, je vais \u00e0 la douche, je me change, je grignote, j\u2019y vais.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le miroir embu\u00e9, sauf un rectangle au centre. Saurais-je un jour pourquoi&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab&nbsp;Attention \u00e0 la combinaison, et ce sera une combinaison justement le pied droit derri\u00e8\u00e8\u00e8\u00c8\u00c8\u00c8\u2026 le premier tir, de cette seconde p\u00e9riode fait mouche&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Assiette de salade de p\u00e2tes compl\u00e8tes (<em>penne rigate<\/em> \u2013 beige), morceaux de tomates s\u00e9ch\u00e9es (d\u2019un brun rouge), cubes de f\u00e9ta (blanc), d\u00e9s de jambon de pays (rouge violac\u00e9), brins de poivrons et piment doux (vert, jaune, rouge), olives (noir). Deux ou trois tranches de pain dor\u00e9. Non, pas de ros\u00e9. (\u00c7a manque de bleu.)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Quel con&nbsp;! les fen\u00eatres de la bagnole&nbsp;!<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En route, soleil de face. Dans les foss\u00e9s, l\u2019avoine folle semble illumin\u00e9e. Du cristal.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">21:00 pile au compteur, la distillerie du domaine du Chevalier de Cruc, m\u00e9decin d\u2019Henri IV selon la grosse dame en robe marine (le nom m\u2019\u00e9chappe). Huit alambics rouges, des dizaines de tableaux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Petit godet en plastique pour cognac arrang\u00e9 aux fruits rouges.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sur la dalle en b\u00e9ton chaude au pied des cuves de vin, trois tables, des parasols, on s\u2019installe, on discute, avec vue sur le vignoble, le soleil tombe derri\u00e8re un bois.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Autoradio. \u00ab&nbsp;<em>Chut\u2026.<\/em> <em>\u00c9coute. Les chevaux dorment dans les pr\u00e9s. Les chiens aux truffes humides dans les cours. Les chats somnolent dans les coins obliques.<\/em>&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le parking plein dans un champ de bl\u00e9 coup\u00e9, les voitures tournent pour un man\u00e8ge improvis\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le chapiteau, fa\u00e7on cirque ouvert, les grandes tabl\u00e9es pleines, on va, on vient, on court, moules frites sur la paille, <em>elle l\u2019aime, elle l\u2019adore<\/em>, rose sur fond noir, Dreamer <em>cover band<\/em>, un drone au survol.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La nuit tombe, les attractions foraines d\u00e9bourrent de sons, de lumi\u00e8res, couleurs, formes, tours, sauts, tirs, barbes, courses, chocs, glaces, cris, rires.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">22:34 \u2014 au d\u00e9tour d\u2019un bois, la route monte doucement, tout droit, et dans le ronflement par la fen\u00eatre ouverte, cette grande ligne fauve retenant encore un instant les lueurs marine de la nuit.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En arrivant, bient\u00f4t, un champ \u00e9clair\u00e9, le souffle d\u2019une machine, la fra\u00eecheur des bl\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le match va commencer, c\u2019est la fin de Fort Boyard, l\u2019\u00e9nigme, le mot qu\u2019on ne trouve pas facilement, <em>nature<\/em>, et la terrasse irradie son bain de soleil, les grillons font de m\u00eame, les \u00e9toiles, le souffle des b\u0153ufs du champ tout \u00e0 c\u00f4t\u00e9 et le vent porte un reste de musique boum boum. O\u00f9 sont pass\u00e9s mes lucies&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>1.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2026 <em>pas question de refaire le monde\u2026<\/em> il me dit, alors moi <em>Ben\u2026 en fait, je veux bien, moi, retourner dans la caverne et sortir de dessous la roche des petites poires bien fra\u00eeches, et bien ferment\u00e9es d\u2019abord histoire de se chauffer un peu la verve au coin du feu, mais alors\u2026 disons que tout ce qu\u2019on va se dire on va le faire, on va le mimer\u2026 et quelques bruits de bouche, tiens, en guise de ponctuation, oui, des petits bruits de bouche\u2026 <\/em>et l\u00e0, il me fait <em>Tiens, ben celui-ci d\u00e9j\u00e0, attrape-le, peins-le en bleu, tu feras de beaux r\u00eaves&nbsp;!<\/em> avec un de ces pets\u2026<\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:100px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>5.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u2026 et alors pour commencer ce stage, v\u2019voyez, vu le temps, j\u2019avais pr\u00e9vu une petite activit\u00e9 simple en ext\u00e9rieur, v\u2019voyez, du genre description sur un rond-point, mais vu les conditions\u2026 Oui, un sens giratoire, si tu veux\u2026 oui, je sais que tu l\u2019as d\u00e9j\u00e0 fait, mais tous les ronds-points sont uniques, tu sais, t\u2019es pas oblig\u00e9 de choisir le m\u00eame\u2026 bref&nbsp;! aujourd\u2019hui\u2026 et en plus y en a qui sont abrit\u00e9s\u2026 donc, aujourd\u2019hui, v\u2019voyez, vous irez vous mettre au frais o\u00f9 vous voudrez dans le caf\u00e9 du coin, la boulangerie du village, le supermarch\u00e9, rayon fruits et l\u00e9gumes, la boutique du pompiste, la mairie, la m\u00e9diath\u00e8que, v\u2019voyez\u2026 la gendarmerie si tu veux, encore que je suis pas s\u00fbr qu\u2019il y ait assez monde pour l\u2019exercice, \u00e0 moins d\u2019une descente au pr\u00e9alable, parce que vous allez devoir <em>\u00e9couter voir<\/em>, c\u2019est-\u00e0-dire noter, v\u2019voyez, en mode descriptif quand m\u00eame, ce que vous voyez de ce que vous entendez, vous notez les faits et gestes de la conversation, pas ce qu\u2019on dit, mais ce qu\u2019on fait en le disant, le jeu des mains, les sourcils qui se l\u00e8vent, la bouche b\u00e9ante, le sourire en coin, les yeux au ciel\u2026 oui, le doigt d\u2019honneur aussi, \u00e7a arrive, tous les gestes sont adultes, pas beaux peut-\u00eatre, mais\u2026 v\u2019voyez, c\u2019est \u00e7a, la sc\u00e9nographie langagi\u00e8re d\u2019une conversation tout \u00e0 fait quelconque en mode sourdine, comme dans les films muets\u2026 je sais, c\u2019est un classique, mais le stage commence tout juste, on y va simple, et y en a qui d\u00e9couvre, tu sais, tout le monde est pas n\u00e9 sourd-muet comme toi\u2026 bon, voil\u00e0, v\u2019voyez, et derni\u00e8re chose, vous attardez pas sur toute une conversation, vous arrivez, vous \u00e9coutez voir, ou vous voyez \u00e9couter, et juste un instant, vous la prenez au vol, en passant si vous voulez, v\u2019voyez, quelques notes, des bribes, disons une minute pour une sc\u00e8ne en quelques images, quelques gestes, v\u2019voyez\u2026 voil\u00e0, \u00e7a une fois par jour\u2026 et, si vous voulez, \u00e0 la maison, vous imaginerez ce qui a bien pu se dire, v\u2019voyez\u2026<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ouf ! j&rsquo;ai fini par trouver du temps et un peu d&rsquo;inspiration. 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