{"id":214820,"date":"2026-07-10T17:59:48","date_gmt":"2026-07-10T15:59:48","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=214820"},"modified":"2026-07-10T18:07:15","modified_gmt":"2026-07-10T16:07:15","slug":"chroniques-01-en-crabe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/chroniques-01-en-crabe\/","title":{"rendered":"#chroniques #01 | en crabe"},"content":{"rendered":"\n<div data-wp-interactive=\"core\/file\" class=\"wp-block-file\"><object data-wp-bind--hidden=\"!state.hasPdfPreview\" hidden class=\"wp-block-file__embed\" data=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/01-PDF.pdf\" type=\"application\/pdf\" style=\"width:100%;height:600px\" aria-label=\"Contenu embarqu\u00e9 #01-PDF.\"><\/object><a id=\"wp-block-file--media-b4f350db-2db3-44b4-aebf-251bb15b8a69\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/01-PDF.pdf\">#01-PDF<\/a><a href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/01-PDF.pdf\" class=\"wp-block-file__button wp-element-button\" download aria-describedby=\"wp-block-file--media-b4f350db-2db3-44b4-aebf-251bb15b8a69\">T\u00e9l\u00e9charger<\/a><\/div>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"640\" height=\"360\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/01-Crabe.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-214823\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/01-Crabe.jpeg 640w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/01-Crabe-420x236.jpeg 420w\" sizes=\"auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>1 \u2014 le monde\u00a0?\u00a0<\/strong><br>Le monde avance en crabe, il regarde dans un sens et marche dans un autre<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>2 \u2014 dans la clairi\u00e8re<\/strong><br>s\u2019asseoir sur le tronc couch\u00e9 du bouleau d\u00e9racin\u00e9 au milieu de la clairi\u00e8re, c\u2019est une sorte de parc, d\u2019ar\u00e8ne, de monde un peu clos qui rassure vaguement sur le tranquille, devant, une petite butte avec des arbres adultes, des troncs \u00e9pais et hauts, suffisamment \u00e2g\u00e9s pour qu\u2019on leur ait fait confiance il y a de nombreuses ann\u00e9es pour y attacher une cl\u00f4ture de fils barbel\u00e9s, maintenant le barbel\u00e9, leur \u00e9corce l\u2019a mang\u00e9, juste en face, sans lever les yeux, on ne voit que des troncs, verticaux et sans branches, des plus gros ou plus fins, ou plus loin ou plus pr\u00e8s, mais seulement des troncs, on est \u00e0 l\u2019ombre des feuilles, on sait qu\u2019il y a des feuilles, m\u00eame si on ne les voit pas quand on ne l\u00e8ve pas la t\u00eate, parce que c\u2019est la saison, mais on ne voit que des troncs, des troncs derri\u00e8re aussi, sur une butte aussi, comme un tas de cailloux, o\u00f9 les restes en ruine d\u2019un autre b\u00e2timent, parce qu\u2019\u00e0 droite, se trouve l\u2019ancienne \u00e9table, b\u00eates en bas et foin au-dessus, pas de place pour les humains, un chalet pour la remue, un chalet pour monter doucement les b\u00eates en alpage au fur et \u00e0 mesure de la croissance de l\u2019herbe, maintenant plus d\u2019herbe ici, des petits arbres, tout petits qui essayent de pousser sans bien y arriver, les autres sont trop grands et prennent toute la lumi\u00e8re, sur la gauche, le chemin continue, un passage entre les arbres, les feuilles mortes concass\u00e9es en plus petits morceaux, une trace plus sombre, alors qu\u2019il s\u2019\u00e9tait perdu dans la clairi\u00e8re o\u00f9 on marche o\u00f9 on veut, le chemin continue, on est chez la voisine, sous les arbres, on marche dans les feuilles mortes, l\u2019impression de marcher dans les feuilles de papier, les deux bruits se ressemblent, par endroits, les feuilles sont gratt\u00e9es, et la terre est toute nue, l\u00e0 ont dormi les b\u00eates, un peu plus loin, le chemin se divise, \u00e0 gauche, on monte et \u00e0 droite on descend\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>3 \u2014 la veille<\/strong><br>Parfois, elle arrive du dehors, plus souvent du dedans. En mer, elle arrive du dehors, ou du dedans qui appr\u00e9hende le dehors. Une \u00e9coute qui bat, une voile qui faseye, un pas bien trop rapide pour descendre voir la carte, un appel VHF, l\u2019assiette du bateau n\u2019est plus vraiment la m\u00eame, le corps dans son sommeil n\u2019est plus si bien cal\u00e9. Et elle s\u2019installe. \u00c0 terre, elle arrive souvent port\u00e9e par une angoisse, une crainte, une peur ou juste une obsession qui prend beaucoup trop de place, sans qu\u2019on ne la voie venir. On ne sait pas pourquoi elle arrive, mais on sait qu\u2019elle est l\u00e0, la veille. Une vigilance pour rien, ou alors on se l\u00e8ve, on r\u00e8gle le probl\u00e8me de la voile mal bord\u00e9e, de la route un peu trop sud, on se fait une raison de la m\u00e9t\u00e9o qui change ou on baisse le volume de la VHF. Mais quand on ne sait pas pourquoi la veille s\u2019installe, il y a des r\u00e8gles qui aident, en th\u00e9orie. Surtout ne pas allumer, ne pas regarder la lumi\u00e8re d\u2019o\u00f9 que vienne cette lumi\u00e8re, un chargeur devenu vert ou la lune trop pr\u00e9sente. \u00c0 t\u00e2tons le verre d\u2019eau et passer aux toilettes, \u00e9liminer les causes qui auraient pu causer l\u2019arriv\u00e9e de la veille. Fermer les yeux, respirer calmement, ne plus bouger, m\u00eame compter les moutons ou bien compter tout court, rien n\u2019y fait. Alors se retourner avant de recommencer \u00e0 ne surtout plus bouger, respirer calmement et tout le tralala. On sait que \u00e7a ne marche pas, mais on se dit \u00e0 chaque fois, que peut-\u00eatre cette fois. Continuer la chasse \u00e0 ce qui serait logique pour une cause de r\u00e9veil, aller fermer la fen\u00eatre, puis aller la rouvrir parce qu\u2019il fera trop chaud. Et finalement, m\u00eame si on sait bien que l\u00e0, ce sera bien le pire, se mettre \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir aux probl\u00e8mes qui pourraient \u00eatre la cause de la veille, les tourner dans la t\u00eate, et puis en trouver d\u2019autres, et puis encore un autre, et quand parfois, si si, \u00e7a arrive parfois, on trouve une solution, bien se dire que surtout il faut bien la noter pour ne pas l\u2019oublier, mais ne pas allumer, ne pas prendre le carnet et ne pas commencer \u00e0 \u00e9crire. Finalement, quand le quart descendant vient doucement vous secouer en disant \u00e0 toi le soin, ou quand le r\u00e9veil sonne se rendre compte qu\u2019on dormait, mais qu\u2019on a peu dormi, vraiment tr\u00e8s peu dormi, et s\u00fbrement pas assez puisque c\u2019est la fatigue qui prendra toute la place dans la t\u00eate ce jour-l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>4 \u2014 se rafra\u00eechir les id\u00e9es<\/strong><br>\u00c9crire tous les jours, mettre en place l\u2019habitude, la r\u00e9gularit\u00e9, les exemples c\u00e9l\u00e8bres, les journaux d\u2019\u00e9crivains, et les gens qui vous disent, en qui on a confiance, ceux qu\u2019on admire un peu, ou m\u00eame parfois beaucoup, et puis la grande phrase d\u2019on ne sait plus trop bien qui mais cette belle citation qui fait tellement s\u00e9rieux, tellement juste, tellement vrai\u00a0: pour \u00e9crire, il faut d\u00e9j\u00e0 \u00e9crire. Alors \u00e9crire. Mettre en place, des sortes d\u2019obligations, de soutiens, de b\u00e9quilles morales pour aider \u00e0 le faire, \u00e0 \u00e9crite tous les jours. S\u2019inscrire aux ateliers, publier sur Facebook un ha\u00efku par jour et puis nourrir le site, le nourrir proprement, les fibres, les prot\u00e9ines et pas trop de glucides, de bonnes vitamines avec des mots tout frais et trouv\u00e9s localement, des phrases faites maison, cuisin\u00e9es tranquillement, pas juste du surgel\u00e9 ressorti d\u2019un fichier d\u2019il y a un moment, qui sent un peu bizarre, mais avec des \u00e9pices, il fera bien l\u2019affaire. Obligation par-ci, obligation par-l\u00e0 qu\u2019on se met sur le dos quand personne ne le demande, on sait qu\u2019\u00e0 un moment ce sera plus facile qu\u2019on aura l\u2019entra\u00eenement, que c\u2019est indispensable et que ces gens qui disent qu\u2019ils ne travaillent jamais ne racontent que des fables pour les na\u00effs, les niais. Mais voil\u00e0. Parfois ce n\u2019est pas si simple que chacun ait sa place dans un emploi du temps d\u00e9j\u00e0 un peu charg\u00e9 et qui n\u2019a plus d\u2019espace pour ce rien salutaire qui fait na\u00eetre les id\u00e9es, pour les balades tranquilles qui font na\u00eetre les id\u00e9es, pour aller papoter un peu chez la voisine, ou aller boire un coup, \u00e9couter de la musique, aller voir les myrtilles, ou le petit lac du haut, aller voir une expo, appeler une vieille copine, prendre le temps de lire, pour que naissent les id\u00e9es. Et voil\u00e0. On se retrouve la veille de la date fatidique, \u00e0 regarder sa semaine pour faire un peu le point et \u00e9crire une 4, savoir si \u00e7a avance du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019\u00e9criture et puis se dire que non, \u00e7a n\u2019a pas avanc\u00e9, on a quand m\u00eame rempli toutes les obligations que l\u2019on s\u2019\u00e9tait fix\u00e9es, mais que du c\u00f4t\u00e9 du reste, c\u2019est loin d\u2019\u00eatre fameux, qu\u2019on a m\u00eame oubli\u00e9 la si jolie id\u00e9e qu\u2019on \u00e9tait tellement s\u00fbre d\u2019int\u00e9grer \u00e0 l\u2019histoire qu\u2019on ne l\u2019a m\u00eame pas \u00e9crite dans le fourre-tout \u00e0 notes. Et puis, une fois \u00e9crits quelques mots pour la 4, se dire que pour la 5, on a d\u00e9j\u00e0 l\u2019id\u00e9e, que \u00e7a va aller vite et que cet apr\u00e8s-midi, il fera vraiment trop chaud pour aller se balader ou gratter au jardin, que le boulot ce sera demain et que cet apr\u00e8s-midi, ce sera tout pour M, pour \u00e9crire sur la mer parce que juste y penser, \u00e7a va s\u00fbrement aider, juste par le bruit des mots sur les vagues de papier, se rafra\u00eechir les id\u00e9es<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>5 \u2014 juste son cul<\/strong><br>J\u2019\u00e9tais l\u00e0 pour les arbres. Les branches nues de l\u2019hiver, ce qu\u2019elles \u00e9crivent si bien sur la neige, tableau blanc qui grignote les sons et garde les odeurs bien loin de nos narines. L\u2019\u0153il dans le viseur, fignoler un r\u00e9glage, la profondeur de champ, toutes les branches ou pas, couleur ou noir et blanc, pour juste le graphique, le tout parfaitement stable, assise sur une branche, le genou repli\u00e9 qui me sert de tr\u00e9pied, encore un dernier test en changeant les iso, le doigt sur le bouton. Et il est pass\u00e9. Un beau chamois tranquille, juste l\u00e0 dans le cadre, devant les fameuses branches qu\u2019il enjambait paisible. Il avan\u00e7ait serein, cherchant de quoi manger, il ne m\u2019avait pas vue, pas vue comme une humaine, alors il est pass\u00e9, il a continu\u00e9, et quand j\u2019ai lev\u00e9 la t\u00eate pour voir si c\u2019\u00e9tait vrai, il a juste d\u00e9tal\u00e9, ne me laissant pas le temps de le prendre en photo. Et quand j\u2019ai appuy\u00e9, j\u2019ai eu juste son cul sur une image floue<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1 \u2014 le monde\u00a0?\u00a0Le monde avance en crabe, il regarde dans un sens et marche dans un autre 2 \u2014 dans la clairi\u00e8res\u2019asseoir sur le tronc couch\u00e9 du bouleau d\u00e9racin\u00e9 au milieu de la clairi\u00e8re, c\u2019est une sorte de parc, d\u2019ar\u00e8ne, de monde un peu clos qui rassure vaguement sur le tranquille, devant, une petite butte avec des arbres adultes, <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/chroniques-01-en-crabe\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#chroniques #01 | en crabe<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":123,"featured_media":214823,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[8106,8134],"tags":[8144,4487,16,8146,8143],"class_list":["post-214820","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-ete-2026-chroniques","category-ete-2026-01-semaine-1","tag-chamois","tag-crabe-2","tag-ecriture","tag-entrainement-2","tag-veille"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/214820","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/123"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=214820"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/214820\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":214833,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/214820\/revisions\/214833"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media\/214823"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=214820"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=214820"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=214820"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}