{"id":215254,"date":"2026-07-12T16:11:23","date_gmt":"2026-07-12T14:11:23","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=215254"},"modified":"2026-07-12T17:35:04","modified_gmt":"2026-07-12T15:35:04","slug":"chroniques-01-memoire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/chroniques-01-memoire\/","title":{"rendered":"#chroniques #01 | m\u00e9moire"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>1 | DU MONDE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un monde qui ne prot\u00e8ge plus ses zones humides ne m\u00e9rite plus qu&rsquo;on le sauve<br><br>[<em> Un slogan \u00e9crit pour le rassemblement de protestation contre la construction de la LGV Bordeaux-Toulouse ?<\/em> ]<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>2 | LE R\u00c9EL, LE R\u00c9EL, ENCORE LE R\u00c9EL<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Carrefour entre le pont Saint-Esprit sur l&rsquo;Adour \u00e0 Bayonne et la rue d&rsquo;Alsace-Lorraine longeant le quartier Saint-Esprit. Traverser, ne pas traverser le pont. Trop chaud. S&rsquo;appuyer \u00e0 la balustrade et observer pour plus tard se souvenir et \u00e9crire. Quarante degr\u00e9s, dix-neuf heures, le pont est presque d\u00e9sert. Deux personnes s&rsquo;abritent sous une ombrelle direction le cin\u00e9ma Atalante. Un cycliste. Un groupe de cinq ados se dirigent vers le centre ville. Un bus-tram, 100 % \u00e9lectrique \u00e9crit sur la carrosserie en grosses lettres blanches. Destination les Hauts de Bayonne. Dans l\u2019autre sens un bus  en route vers les plages d\u2019Anglet. Le pont aux couleurs des f\u00eates de Bayonne. Les drapeaux des pays \u00e9trangers ont \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 par ceux de la ville de Bayonne, du Pays Basque, d\u2019autres rouges et verts aux couleurs des f\u00eates. Un brin franchouillard. Feu le drapeau de Palestine. Il reviendra, on l&rsquo;esp\u00e8re apr\u00e8s cette p\u00e9riode d&rsquo;agitation. D\u00e9j\u00e0 en place, des panneaux pour diriger les foules pendant les f\u00eates. Les festivit\u00e9s d\u00e9butent en milieu de semaine prochaine. Carrefour de deux ambiances urbaines. Carrefour de l&rsquo;\u00e9criture. D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, \u00e9crire sur le quartier Saint-Esprit commune autonome jusqu\u2019en 1857. L\u00e0 se sont install\u00e9s des Juifs ib\u00e9riques, chass\u00e9s d\u2019Espagne et du Portugal \u00e0 la fin du XVe si\u00e8cle. De l&rsquo;autre, \u00e9crire sur la ville forteresse et maritime du centre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>3 | \u00c9CRIRE AVEC CLARICE LISPECTOR<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Aller ou ne pas aller dormir en cette p\u00e9riode caniculaire. Dilemme veiller pour b\u00e9n\u00e9ficier de la presque fra\u00eecheur de la nuit ou aller dormir. Fatigue accumul\u00e9e, quarante degr\u00e9s quotidiens. Aller au lit. D\u00e9buter la valse du drap. Le monter tr\u00e8s haut pour gruger les moustiques, trop chaud, l&rsquo;enlever. Plus tard le remonter, avec l\u2019arriv\u00e9e de la brise nocturne. Somnoler. Penser \u00e0 l&rsquo;ami B, qui toute sa vie a travaill\u00e9 en deux ou trois huit. N&rsquo;a plus jamais dormi des nuits compl\u00e8tes. Si au lui demandait as-tu bien dormi ? Invariablement, il r\u00e9pondait, j\u2019ai somnol\u00e9. Tenter de ne pas brasser dans sa t\u00eate l&rsquo;actualit\u00e9. Les incendies, le feu qui progresse partout. Ressentir la mont\u00e9e de l&rsquo;insomnie, de l&rsquo;angoisse. Souvenir des incendies girondins de 2022. Dune du Pilat, trente mille hectares d\u00e9vast\u00e9s, la for\u00eat usag\u00e8re, les animaux, la biodiversit\u00e9. Tout se m\u00e9lange dans la t\u00eate. La Teste de Buch, la Dr\u00f4me. Pourtant aimer voir d\u00e9filer ces heures entre jour et nuit. Ne pas se lever. Arr\u00eater de penser. Juste savourer ce temps de l&rsquo;entre-deux. Douceur de l&rsquo;heure bleue. Le moment o\u00f9 le ciel est plus bleu que le bleu du ciel. Un bleu presque noir. \u00catre r\u00e9veill\u00e9 en sursaut par la radio allum\u00e9e\u2026 pour tenter de s&rsquo;endormir. Une voix d\u2019un autre temps. La chanteuse Damia \u00e9voqu\u00e9e par Mouloudji et Cora Vaucaire. Se sentir d&rsquo;un autre temps. Qui conna\u00eet encore Damia. Ressentir la fra\u00eecheur du petit matin, voir le ciel de nuit se fissurer et apercevoir la lumi\u00e8re qui tente d&rsquo;exister. Aimerait pouvoir arr\u00eater le temps.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>4 | DE SOI-M\u00caME, ET D\u2019\u00c9CRIRE<\/strong><\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Toujours le m\u00eame texte en chantier. La t\u00eate dans les nuages depuis plusieurs mois, travaill\u00e9 lors de l\u2019atelier d\u2019\u00e9t\u00e9 de l\u2019an dernier, compl\u00e9t\u00e9 durant l\u2019ann\u00e9e. Un texte sans doute perp\u00e9tuel puisqu\u2019il est bas\u00e9 sur mes lectures, sur l\u2019observation du ciel. Je pensais poursuivre le travail pendant cet atelier. En faisant du tri dans le dossier \u00e9criture de mon disque dur externe, je retombe sur un projet d\u2019\u00e9criture sur le lien d\u2019une femme \u00e0 la M\u00e9diterran\u00e9e. Un texte \u00e9bauch\u00e9, jamais termin\u00e9. La semaine prochaine je pars \u00e0 S\u00e8te pour assister au festival Voix vive. Si c&rsquo;\u00e9tait le moment de le retravailler. <\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je me souviens t&rsquo;avoir rencontr\u00e9e \u00e0 Bordeaux au moment o\u00f9 tu commen\u00e7ais tes recherches sur la M\u00e9diterran\u00e9e. Tu disais que depuis ton s\u00e9jour \u00e0 S\u00e8te l\u2019\u00e9t\u00e9 pr\u00e9c\u00e9dent, tes liens avec la M\u00e9diterran\u00e9e s\u2019\u00e9taient r\u00e9veill\u00e9s. Comme une \u00e9vidence. Sans comprendre vraiment la raison profonde. Ou, si. Pour comprendre qu&rsquo;entre souvenirs d&rsquo;enfance et anc\u00eatres corses, cette mer participait de ton identit\u00e9. Parce que fille de l\u2019Atlantique depuis une vingtaine d\u2019ann\u00e9es, en foulant \u00e0 nouveau les terres m\u00e9diterran\u00e9ennes, la premi\u00e8re fois depuis 40 ans, tu as ressenti un lien profond avec cette mer. \u00c9tonnamment. Profond\u00e9ment.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tu projetais d\u2019y retourner l&rsquo;\u00e9t\u00e9 suivant. Les mois pr\u00e9c\u00e9dents ton d\u00e9part, quand je te voyais tu me parlais M\u00e9diterran\u00e9e. Je te questionnais, tu me r\u00e9pondais passionn\u00e9e, me racontant les avanc\u00e9es de tes recherches foisonnantes, tes d\u00e9couvertes exaltantes, ta qu\u00eate \u00e9tait devenue un peu la mienne. Je me replonge dans le texte avec plaisir.<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Les deux personnages sont-ils n\u00e9cessaire ? L&rsquo;\u00e9criture le dira sans doute. Ce n&rsquo;est pas un texte documentaire sur la M\u00e9diterran\u00e9e. Juste le ressenti d&rsquo;un personnage face \u00e0 un lieu.<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un soir un peu apr\u00e8s minuit, tu m&rsquo;envoies un message. J&rsquo;ai trouv\u00e9 un truc g\u00e9nial, pour savoir si je suis c\u00f4t\u00e9 atlantique ou m\u00e9diterran\u00e9e, la ligne de partage des eaux. On a l&rsquo;habitude d&rsquo;\u00e9changer des messages, \u00e0 n&rsquo;importe quelle heure du jour et de la nuit. Pour s&rsquo;envoyer une phrase de la lecture du moment, la photo d&rsquo;un travail en cours, ou \u00ab un truc g\u00e9nial \u00bb comme ce soir.<br><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Relire effacer r\u00e9\u00e9crire plus tr\u00e8s s\u00fbre revenir aux nuages <\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tu m&rsquo;expliques la fronti\u00e8re entre les bassins versant des fleuves. Pour le territoire qui t&rsquo;int\u00e9resse, cette fameuse ligne serait comme une fronti\u00e8re entre les eaux qui coulent soit vers l\u2019Atlantique, soit vers la M\u00e9diterran\u00e9e, je te r\u00e9pond. Oui, et quand le train coupera cette ligne de partage des eaux, j&rsquo;aurai bascul\u00e9 de l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9, en pays m\u00e9diterran\u00e9en. A voir l\u2019influence de cette travers\u00e9e sur les paysages.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><s>Tu consultes des cartes, une multitude de cartes. Un jour, tu me montres une carte d\u2019Europe des principales lignes de partage des eaux europ\u00e9ennes\u00a0: entre Mer Caspienne et Mer Noire &#8211; Mer Adriatique et M\u00e9diterran\u00e9e &#8211; Oc\u00e9an Atlantique et Mer du Nord &#8211; Mer Baltique et Mer de Barents. Et d&rsquo;autres sur les lignes de partage \u00e0 travers la plan\u00e8te.<\/s><\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow\">\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Penser \u00e0 Emmanuelle Pereyre entendue r\u00e9cemment lors d&rsquo;un d\u00e9bat. Avant de commencer un texte elle se documente, \u00e9missions radio, documentaires, article de divulgation ou scientifique. Elle brasse, d\u00e9coupe, classe. Elle parle de collage de paragraphes plus techniques dans ses textes.<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Hubert Reeves raconte que l&rsquo;eau, qui tombe du ciel de nos jours est exactement la m\u00eame que celle que buvaient les dinosaures il y a 250 millions d&rsquo;ann\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>5 | ANIMAL TOTEM<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La petite route entre Tursac et Les Eyzies, dans le P\u00e9rigord noir, un soir d\u2019automne. Tu la connais par c\u0153ur cette route. Emprunt\u00e9e plusieurs fois par mois du temps de ton activit\u00e9 professionnelle quand tu parcourais la vall\u00e9e de la V\u00e9z\u00e8re. Chaque virage, la mont\u00e9e \u00e0 la sortie de Tursac, la petite portion de ligne droite, l\u00e0 ou l\u2019\u00e9t\u00e9 on pouvait doubler les vacanciers roulant au pas \u00e9merveill\u00e9s par la beaut\u00e9 des paysages. C\u2019\u00e9tait juste apr\u00e8s la petite maison abandonn\u00e9e cach\u00e9e dans la for\u00eat, squatt\u00e9e une partie du printemps. Tu roulais prudemment, on t\u2019avait dit que souvent des cerfs ou des sangliers traversaient.Tu pensais \u00e0 ta journ\u00e9e du lendemain, aux rendez-vous planifi\u00e9s, \u00e0 la possibilit\u00e9 entre deux d\u2019aller voir le site d\u2019un futur projet de hangar agricole. Soudain, tu aper\u00e7ois une silhouette animale, en un instant tu reconnais un cerf. Eclair\u00e9 par les phares de la voiture, son pelage est beige presque blanc. Vision surnaturelle. Il avance avec aisance. Il passe devant la voiture, tu as le temps de freiner, ce n\u2019\u00e9tait pas n\u00e9cessaire. Tout va tr\u00e8s vite, l\u2019espace d\u2019un instant le cerf majestueux tourne la t\u00eate, te fixe dans les yeux, ses longs bois sinueux accentuent la majest\u00e9 du mouvement de la t\u00eate. Tu as l\u2019impression qu\u2019il te salue avant de rejoindre la for\u00eat. Ou alors il te donne l\u2019autorisation de traverser son territoire. Il est chez lui le cerf, la route est juste venue traverser son habitat naturel. C\u2019est la saison des amours, la p\u00e9riode ou on peut entendre le brame du cerf. Il est press\u00e9 de retrouver les siens, il ne s\u2019attarde pas.<br>Une amie t&rsquo;a dit que le cerf \u00e9tait ton animal totem.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1 | DU MONDE Un monde qui ne prot\u00e8ge plus ses zones humides ne m\u00e9rite plus qu&rsquo;on le sauve [ Un slogan \u00e9crit pour le rassemblement de protestation contre la construction de la LGV Bordeaux-Toulouse ? ] 2 | LE R\u00c9EL, LE R\u00c9EL, ENCORE LE R\u00c9EL Carrefour entre le pont Saint-Esprit sur l&rsquo;Adour \u00e0 Bayonne et la rue d&rsquo;Alsace-Lorraine longeant <a class=\"more-link\" href=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/chroniques-01-memoire\/\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\">#chroniques #01 | m\u00e9moire<\/span><span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":565,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"h5ap_radio_sources":[],"footnotes":""},"categories":[8106,8134],"tags":[521,79,47],"class_list":["post-215254","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ete-2026-chroniques","category-ete-2026-01-semaine-1","tag-ecrire","tag-memoire","tag-ville"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/215254","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/users\/565"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=215254"}],"version-history":[{"count":19,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/215254\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":215334,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/215254\/revisions\/215334"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=215254"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=215254"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=215254"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}