{"id":215376,"date":"2026-07-15T09:27:51","date_gmt":"2026-07-15T07:27:51","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=215376"},"modified":"2026-07-16T07:57:39","modified_gmt":"2026-07-16T05:57:39","slug":"chronique-02","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/chronique-02\/","title":{"rendered":"#chronique #02 Ressassis"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"767\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/4810-767x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-215787\" srcset=\"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/4810-767x1024.jpg 767w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/4810-315x420.jpg 315w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/4810-768x1025.jpg 768w, https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/wp-content\/uploads\/2026\/07\/4810.jpg 1079w\" sizes=\"auto, (max-width: 767px) 100vw, 767px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Enl\u00e8vement au S\u00e9rail dec 18\/ Osmin = Nils Gusten<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">1|<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Comment continuer sans poser une bombe ?<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">3| Le temps devenu rond<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au d\u00e9but, il n\u2019\u00e9tait pas important. Je n\u2019avais d\u2019yeux que pour son patron, comme tout le monde, d\u2019ailleurs. J\u2019avais d\u2019ailleurs organis\u00e9 les choses dans cette optique, en engageant pour tenir le r\u00f4le de Selim Bassa, un acteur tr\u00e8s charismatique. Il avait une telle part d\u2019ombre, qu\u2019elle engloutissait Osmin sans pour autant faire de lui l\u2019homme de l\u2019ombre. Selim Bassa \u00e9tait exotique comme le L\u00e9gionnaire de la chanson et l\u2019acteur qui interpr\u00e9tait le r\u00f4le disparaissant dans des pays lointains entre chaque reprise, nous nous offrions le plaisir inoffensif de ne plus tr\u00e8s bien savoir o\u00f9 commen\u00e7ait l\u2019un, o\u00f9 finissait l\u2019autre. Mais les voyages de l\u2019acteur, et son \u00e9tat au retour (bronz\u00e9 et glorieux, une pierre de tigre au doigt, f\u00eatard et roublard, malade et efflanqu\u00e9, astreint \u00e0 une vie monacale, philosophe et rigolard\u2026) ajoutaient un nouvel \u00e9pisode \u00e0 la l\u00e9gende du personnage. Ce n\u2019est pas une fa\u00e7on de parler&nbsp;: je les \u00e9crivais et les d\u00e9veloppais au fur et \u00e0 mesure et chaque reprise se faisait sur cette base augment\u00e9e. Pas de risque qu\u2019on puisse confondre Osmin et le chanteur qui l\u2019interpr\u00e9tait, m\u00eame si c\u2019est bien toujours sa peau qu\u2019on pr\u00eate au jeu. Pourtant, c\u2019est bien avec l\u2019\u00e9tonnement \u00e9merveill\u00e9 du chanteur devant cette machine \u00e0 jouer et son capitaine, qu\u2019Osmin s\u2019inventait. J\u2019avais soup\u00e9 des relectures au prisme de l\u2019Islam radical, de Daech. La bouffonnerie de la b\u00eatise ne m\u2019a jamais inspir\u00e9e non plus. La b\u00eatise est la plaie du monde. Il y a toujours une troisi\u00e8me voie, la seule qui puisse ouvrir une porte qui n\u2019existait pas l\u2019instant d\u2019avant et c\u2019est la po\u00e9sie. Osmin ne doit pas boire (parce qu\u2019il est bon musulman, c\u2019est ce qu\u2019il croit, ou parce que \u00e7a le tuerait&nbsp;?), qu\u2019\u00e0 cela ne tienne&nbsp;: le soufisme irrigue tous les \u00e9changes au S\u00e9rail. De m\u00eame que <em>L\u2019\u00c9loge du Vin<\/em> (Al-Khamriya) d\u2019Ibn al-Far\u00eedh <em>a marqu\u00e9 d\u2019une empreinte ind\u00e9l\u00e9bile toute la mystique musulmane, <\/em>de m\u00eame Osmin ne s\u2019est jamais remis de la coupe d\u00e9licieuse et pourtant vide que lui versait son acolyte, P\u00e9drillo. Mais ce n\u2019est pas la v\u00e9rit\u00e9 int\u00e9grale. C\u2019est seulement celle que nous avons servie au public, hilare. Toute l\u2019\u00e9quipe du S\u00e9rail a bu \u00e0 cette coupe avec un m\u00eame enchantement. C\u2019est ainsi qu\u2019Osmin est devenu quelqu\u2019un qui \u00e9chappait \u00e0 tout contr\u00f4le, \u00e0 toute dramaturgie. Il s\u2019est invit\u00e9 syst\u00e9matiquement dans les textes que j\u2019\u00e9crivais pour prolonger cette aventure qui nous avait occup\u00e9s presque deux ans. Il a commenc\u00e9 \u00e0 voyager sur l\u2019ordre de S\u00e9lim, trop affaibli pour quitter la chambre. Il avait la mission d\u2019acheter au March\u00e9 des Vacillantes du personnel pour leur \u00e9trange \u00e9tablissement. L\u2019\u00e9vocation de ses voyages aurait d\u00fb \u00eatre une parenth\u00e8se, une respiration litt\u00e9raire, une feinte, mais Osmin se perdait chaque fois davantage. Un jour, il n\u2019est plus revenu et j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 \u00e9crire officiellement son voyage. Le seul moyen \u00e9tait de me perdre avec lui. Je comptais d\u2019abord sur une absence de deux ans. Elle permettait de r\u00e9gler habilement le reste en une ellipse habile. Mais ce n\u2019est pas ce qui s\u2019est pass\u00e9, puisque nous \u00e9tions perdus-perdus. Un moment j\u2019ai esp\u00e9r\u00e9 plier l\u2019affaire en prenant exemple sur Ibn Battuta. En m\u2019appuyant sur \u0648\u0639\u062c\u0627\u0626\u0628 \u0627\u0644\u0623 <em>Tu\u1e25fat an-Nu\u1e93\u1e93\u0101r f\u012b Ghar\u0101\u02beib al-Am\u1e63\u0101r wa \u02bfAj\u0101\u02beib al-Asf\u0101r<\/em> (\u00ab&nbsp;Cadeau pr\u00e9cieux pour ceux qui consid\u00e8rent les choses \u00e9tranges des grandes villes et les merveilles des voyages&nbsp;\u00bb commun\u00e9ment appel\u00e9 \u00ab&nbsp;Voyages&nbsp;\u00bb [<br>\u0627\u0644\u0631\u062d\u0644\u0629]), je parviendrai s\u00fbrement \u00e0 nous ramener \u00e0 la maison-S\u00e9rail en 25 ans\u2026&nbsp;Mais l\u00e0 encore, ce n\u2019est pas ce qui s\u2019est passe. Osmin s&rsquo;endort au bord d\u2019un lac et son sommeil dure plusieurs ann\u00e9es, pendant lesquelles l\u2019Europe et le monde sont \u00e0 feu et \u00e0 sang. Quand il se r\u00e9veille, tout ce qu\u2019il aimait a pli\u00e9 bagage. C\u2019est triste et \u00e7a m\u00e9rite d\u2019\u00eatre racont\u00e9, m\u00eame si je commence \u00e0 avoir de s\u00e9rieux soup\u00e7on sur mon bonhomme. Il n\u2019en finit pas, il ne vieillit pas, il ne retrouve pas son chemin parce qu\u2019il se fie aux signes. Au XXe si\u00e8cle, les signes ne sont plus une boussole acceptable, ou du moins accept\u00e9e\u2026 Et il a peur de l\u2019eau. Je ne sais plus comment je l\u2019ai d\u00e9couvert. Une peur terrible que seul Selim ou la Soigneuse parvenaient un peu \u00e0 apaiser, autrefois. Nous avons parcouru ainsi tant de chemins, jusqu\u2019\u00e0 revenir au point de d\u00e9part de sa rencontre avec Selim. Le temps \u00e9tait devenu rond. C\u2019est alors que j\u2019ai compris qu\u2019Osmin \u00e9tait un Djinn, \u00e9gar\u00e9 parmi nous.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">4| D\u00e9ceptions<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le bon sens n\u2019est pas la chose la plus appr\u00e9ci\u00e9e dans le monde de l\u2019art. En l\u2019espace de quelques semaines, je vois deux \u00e9crivains enfoncer le m\u00eame clou, au grand d\u00e9plaisir de leur interlocuteur.<br>Lors d\u2019une rencontre \u00e0 Valenciennes, Gr\u00e9goire Delacourt explique tranquillement que si ses romans se passent dans le Nord, ce n\u2019est pas par sentimentalisme, mais pour faire l\u2019\u00e9conomie de longues recherches.<br>Pour Mauvignier, dans <em>Le Monde<\/em>\u00a0:<br><em>Quand je situe un livre dans un endroit que je connais, ce n\u2019est pas un d\u00e9cor mais l\u2019espace o\u00f9 l\u2019\u00e9criture se d\u00e9ploie. Je n\u2019ai besoin d\u2019aucune documentation parce que je sais comment les pavillons sont faits, les rues sont faites, les fermes sont faites.\u00a0<\/em><br><em>Au XIIe si\u00e8cle, d\u00e9ception a le sens de \u00ab tromperie \u00bb. Emprunt\u00e9 du bas latin deceptio, \u00ab action de tromper, d&rsquo;\u00eatre tromp\u00e9 \u00bb. Au XXe, d\u00e9ception indique fait d&rsquo;\u00eatre d\u00e9\u00e7u ; d\u00e9sappointement.<\/em> CNRTL<br>La pr\u00e9cision de Gr\u00e9goire Delacourt quant \u00e0 sa motivation premi\u00e8re pour situer ses romans dans le Nord fut, pour l\u2019animatrice du club de lecture, <em>une am\u00e8re, une cuisante, une compl\u00e8te d\u00e9ception<\/em>.<br>L\u2019annonce par Mauvignier que Florent Cabanel n\u2019existait pas, fut pour Alain Finkielkraut <em>une cruelle d\u00e9ception.<\/em><br>On l\u2019aura compris (peut-\u00eatre), c\u2019est le lien entre la d\u00e9ception (tromperie) et la d\u00e9ception (d\u00e9sappointement) qui m\u2019int\u00e9resse. Ce que nous investissons (distillons, engouffrons) d\u2019imagination dans une tromperie (un trompe-l\u2019\u0153il, une substitution, un conte) est irr\u00e9cup\u00e9rable. Une fois le pot au rose d\u00e9voil\u00e9, quelque chose de nous reste \u00e0 y croire, parce que nous nous attachons tr\u00e8s vite aux id\u00e9es nouvelles (d\u00e9favorables ou non) qui nous traversent quand nous sommes ainsi stimul\u00e9s (conduits, d\u00e9pays\u00e9s). Un attachement similaire nous emp\u00eache de couper dans nos textes alors m\u00eame qu\u2019il appara\u00eet clairement \u00e0 la relecture, qu\u2019ils ne valent pas le d\u00e9tour. Le moment de cet errement (\u00e9garement, abandon), l\u2019endroit o\u00f9 il nous a men\u00e9, quand bien m\u00eame c\u2019est une impasse (un cul-de-sac, un site de carte postale d\u00e9voy\u00e9), nous le reconnaissons comme n\u00f4tre. Comme davantage n\u00f4tre que tout ce que nous avions cru poss\u00e9der ou \u00eatre.<br>En ce qui me concerne, \u00e9crire (conter, mettre en sc\u00e8ne, voire enseigner) va de d\u00e9ception en d\u00e9ception. La forme est par essence arrangement, tromperie, artifice. Le jeu de la forme est si puissant, que m\u00eame d\u00e9voil\u00e9, il continue d\u2019op\u00e9rer.<br>Apr\u00e8s un spectacle, je fais visiter les coulisses \u00e0 un groupe de m\u00e9c\u00e8nes. Ce qui les intrigue en particulier, c\u2019est la piscine du d\u00e9cor. Ou plut\u00f4t comment, compte tenu de budgets de l\u2019\u00e9cole, nous avons pu nous offrir un \u00e9l\u00e9ment sc\u00e9nographique aussi co\u00fbteux. Ils savent qu\u2019ils ne sont pas \u00e0 l\u2019op\u00e9ra de Paris et flairent l\u2019embrouille. Pourtant, ils tombent de haut quand je leur fais emprunter l\u2019\u00e9chelle m\u00e9tallique donnant acc\u00e8s aux dessous du th\u00e9\u00e2tre par une trappe ouverte. Une \u00e9chelle et un rebord ont suffi \u00e0 leur imagination pendant deux heures. Ils leur ont fourni d\u2019innombrables pistes (souvenirs, sp\u00e9culations techniques, sensations\u2026). La r\u00e9alit\u00e9 les d\u00e9\u00e7oit. Elle est trop mince. Personne ne veut savoir que la r\u00e9alit\u00e9 n\u2019est compos\u00e9e que de ce que nous y apportons ni que l\u2019art consiste \u00e0 nous d\u00e9faire de ces apports pour en jouer \u00e0 sa guise. Guise qui d\u00e9passe de tr\u00e8s loin l\u2019ambition de l\u2019artiste.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">5| La face aux ressassis<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Elle est en retard. Elle est toujours en retard quand c\u2019est possible. Or c\u2019est possible&nbsp;: nous sommes amies depuis si longtemps que nous n\u2019avons pas le souvenir de nous \u00eatre jamais rencontr\u00e9es. J\u2019\u00e9cris jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019elle vienne. Un passage manquant (ou non) dans ce livre que je veux terminer. J\u2019\u00e9cris utile, j\u2019\u00e9cris en attendant, j\u2019\u00e9cris sur un mauvais cahier pour ce genre de texte de longue haleine. Il s\u2019ouvre mal et je manque d\u2019appui pour tracer des lettres correctes. C\u2019est d\u00e9sagr\u00e9able \u00e0 regarder et je sens que ce sera d\u00e9sagr\u00e9able \u00e0 relire. L\u2019agr\u00e9ment n\u2019est pas vraiment ce que je cherche. Par \u00ab&nbsp;d\u00e9sagr\u00e9able&nbsp;\u00bb, j\u2019entends cette nuance de m\u00e9pris et d\u2019agacement dans la voix de ma grand-m\u00e8re quand elle qualifiait quelqu\u2019un ainsi. Elle accentuait le \u2013 d\u00e9. Un casse-pied \u00e9tait une variante. Je pensais alors \u00e0 un danseur maladroit et je riais. Aujourd\u2019hui, j\u2019ai l\u2019\u00e2ge qu\u2019elle avait quand elle enrichissait mon vocabulaire de dizaines de mani\u00e8res diff\u00e9rentes d\u2019exprimer poliment l\u2019exasp\u00e9ration. Derri\u00e8re le mot presqu\u2019enfantin, je per\u00e7ois bien la force canalis\u00e9e du marteau sur tous les petits os. J\u2019h\u00e9site \u00e0 reprendre mes pattes de mouches, \u00e0 les saisir ici. Ce serait une bonne mani\u00e8re de les \u00e9craser. J\u2019\u00e9cris en attendant mon amie et je perds mon temps, j\u2019\u00e9gare le personnage, il se perd en consid\u00e9rations et perd ma consid\u00e9ration. Il est r\u00e9cemment devenu un type imbuvable, ce ne serait pas un probl\u00e8me, mais s\u2019il tourne aussi mal, c\u2019est que je n\u2019assume pas sa po\u00e9sie, celle qu\u2019il \u00e9crit et \u00e0 laquelle je consacre pourtant plusieurs pages dans le livre que veux terminer. J\u2019insiste inutilement. Je tarabiscote un moyen de mettre dans ses mains, comme par enchantement, <em>Couleurs et Peintures<\/em> de Coffignier. \u00c0 quoi bon&nbsp;? Encore un ch\u00e9ri \u00e0 tuer. Quand je pense que ce matin m\u00eame, j\u2019\u00e9tais visit\u00e9e par l\u2019intuition du <em>cut-up<\/em>, dans l\u2019\u00e9blouissement d\u2019un r\u00eave \u00e9veill\u00e9&nbsp;! Le bloc de savon blanc sur la fa\u00efence du lavabo ne s\u2019embarrassait pas&nbsp;: ton type est imbuvable, pourquoi se donnerait-il la peine d\u2019expliciter sa trajectoire. Un mot d\u2019introduction (je devrais dormir, mais je vous r\u00e9ponds), une note griffonn\u00e9e de son journal (<em>Dans une fabrique de couleurs, l\u2019atelier de pr\u00e9cipitation est celui qui occupe le plus grand emplacement<\/em>\/<em>Couleurs et Peintures<\/em>, Coffignier, bouquiniste angle Saint Maur et\u2026). C\u2019\u00e9tait clair, c\u2019\u00e9tait autrement que mes <em>ressassis<\/em> coutumiers. De ce courage, de cette franchise, il ne me reste que la face B. Je vois le chapeau de soleil de mon amie traverser la petite foule des baigneurs qui s\u2019\u00e9brouent et des belles alanguies au bord de l\u2019eau. Pour terminer le livre que je veux terminer, il va falloir terminer d&rsquo;abord celui que je ne veux plus \u00e9crire.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>je commence \u00e0 avoir de s\u00e9rieux soup\u00e7on sur mon bonhomme. Il n\u2019en finit pas, il ne vieillit pas, il ne retrouve pas son chemin parce qu\u2019il se fie aux signes. 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