{"id":215746,"date":"2026-07-15T18:14:28","date_gmt":"2026-07-15T16:14:28","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=215746"},"modified":"2026-07-15T18:42:44","modified_gmt":"2026-07-15T16:42:44","slug":"chroniques-02-3","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/chroniques-02-3\/","title":{"rendered":"#chroniques #02 |"},"content":{"rendered":"\n<h1 class=\"wp-block-heading\"><em>1.<\/em> Comment + verbe + sans &#8230;<\/h1>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right wp-block-paragraph\"><em>Comment vivre sans mourir<\/em><\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">2 | LE R\u00c9EL, LE R\u00c9EL, ENCORE LE R\u00c9EL<\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Comme un radar. C&rsquo;est un r\u00e9flexe. Et en un seul coup d&rsquo;oeil. Bien plus global que circulaire. Un coup de globe. C&rsquo;est un premier geste auquel l&rsquo;ouverture de la porte pr\u00e9lude parfois longuement. C&rsquo;est l\u00e0&nbsp;? la clef dans le bon sens, la carte dans la bonne fente, du blabla plein les mains, et puis hop, la suite harmonieuse et sonore des verrous bien huil\u00e9s. Les portes de ces chambres finissent toujours par c\u00e9der. Le d\u00e9clic de la serrure donne le signal du coup de globe. Il est trop instantan\u00e9 pour laisser place \u00e0 quoi que ce soit. C&rsquo;est un peu apr\u00e8s qu&rsquo;on peut en dire quelque chose. Parfois bien longtemps apr\u00e8s. Il faut d&rsquo;abord attraper sur le panneau de la table de nuit qu&rsquo;on ne peut pas fumer. Les kangi restent \u00e9nigmatiques mais un petit pictogramme \u00e9vite les \u00e9quivoques. Il en finit du m\u00eame coup avec tout exotisme, r\u00e9duit au rouge et or de l&rsquo;\u00e9criteau. Juste au-dessus, les prises de courant r\u00e9clament ouvertement un adaptateur pour faire fonctionner les objets pas d&rsquo;ici \u2013 encore des objets \u2013 ceux d&rsquo;un pr\u00e9tendu quotidien, qui en v\u00e9rit\u00e9 a tout d&rsquo;un exceptionnel r\u00e9gulier. Personne ne passe sa vie dans les h\u00f4tels cinq \u00e9toiles de ce type, h\u00f4tels de luxe pour travailleurs argent\u00e9s qui ne paient jamais avec leur propre argent. La prise de courant sans adaptateur raconte \u00e0 elle seule cette histoire. En dessous, la table de nuit flotte sur l&rsquo;air d&rsquo;une moquette tellement synth\u00e9tique qu&rsquo;elle en est transparente. Le coup de globe lui glisse dessus \u00e0 la recherche machinale d&rsquo;une porte, celle de la salle de bain, puis d&rsquo;une deuxi\u00e8me, qui serait alors celle des toilettes. Au passage, la baie vitr\u00e9e prolonge le transparent de la moquette. Ses voilages si peu asiatiques filtrent la lumi\u00e8re laiteuse du dessus des immeubles. Depuis ce 37\u00e8me \u00e9tage, l&rsquo;effet capsule c\u00e9leste est bien tent\u00e9. Le confort s&rsquo;y traduit \u2013 disons qu&rsquo;il est interpr\u00e9t\u00e9 &#8211; par la qualit\u00e9 d&rsquo;imitation du mobilier europ\u00e9en. Le papier peint \u00e0 lamelles finement mouchet\u00e9 se veut choisi. Deux crapauds camp\u00e9s sur leurs pattes arri\u00e8re font face \u00e0 un canap\u00e9 tendu du m\u00eame motif \u00e0 fleurs rouges sur fond terre d&rsquo;ombre. Les coussins sont assortis. Seule la table basse en verre tremp\u00e9 compense l&rsquo;\u00e9paisseur de ce petit salon impeccable. Le seau \u00e0 champagne pas trop clinquant arbore des ann\u00e9es de fier service en laissant pendouiller l&rsquo;immacul\u00e9 de sa serviette blanche. \u00c0 ses pieds coule, scintillante, la carte du room service, d\u00e9livrant l&rsquo;information cruciale de ses horaires extravagants. C&rsquo;est sous le bureau en forme de longue console qu&rsquo;on rep\u00e8re t\u00e9l\u00e9phone et papier \u00e0 en-t\u00eate. Comme d&rsquo;habitude, s&rsquo;y assoir demandera un peu de contorsion pour \u00e9viter de s&rsquo;envoyer le genou dans le minibar, qui est juste en dessous. Je n&rsquo;ai jamais compris le rapport entre le papier \u00e0 en-t\u00eate et les spiritueux \u00e0 cacahu\u00e8tes et autres mignonnettes. Mais je me rappelle \u00e0 chaque fois qu&rsquo;il faut quand m\u00eame dissimuler le vulgaire. Le coup de globe attrape aussi les miroirs des portes de placard qui, cela va sans dire, font face au roi de la pi\u00e8ce, le lit, double dans ses grandes largeurs, avec ses pompons et bonbons sur les oreillers. Les chambres sont tr\u00e8s rarement r\u00e9serv\u00e9es par des couples mais la maison sait recevoir. Du reste, un retour de globe vers la porte encore ouverte laisse apercevoir une ombre strat\u00e9giquement plac\u00e9e au coin du tr\u00e8s long couloir. C&rsquo;est en g\u00e9n\u00e9ral en bas, autour du bar, que ces spectres sont tol\u00e9r\u00e9s par la direction. On ne les croise pas seuls dans les \u00e9tages. Mais comme dans toute bonne maison, on sait fermer les yeux sur une exception.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">3. Livre de voyage<\/h1>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">4. <\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Comment + verbe + sans &#8230; Comment vivre sans mourir 2 | LE R\u00c9EL, LE R\u00c9EL, ENCORE LE R\u00c9EL Comme un radar. C&rsquo;est un r\u00e9flexe. Et en un seul coup d&rsquo;oeil. Bien plus global que circulaire. Un coup de globe. C&rsquo;est un premier geste auquel l&rsquo;ouverture de la porte pr\u00e9lude parfois longuement. 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