{"id":215746,"date":"2026-07-15T18:14:28","date_gmt":"2026-07-15T16:14:28","guid":{"rendered":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/?p=215746"},"modified":"2026-07-22T11:08:16","modified_gmt":"2026-07-22T09:08:16","slug":"chroniques-02-3","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.tierslivre.net\/ateliers\/chroniques-02-3\/","title":{"rendered":"#chroniques #02 | Un coup de globe"},"content":{"rendered":"\n<h1 class=\"wp-block-heading\">1<em>.<\/em> Du monde<\/h1>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right wp-block-paragraph\"><em>Comment vivre sans mourir<\/em><\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">2. Un coup de globe<\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Comme un radar. C&rsquo;est un r\u00e9flexe. Et en un seul coup d&rsquo;oeil. Bien plus global que circulaire. Un coup de globe. C&rsquo;est un premier geste auquel l&rsquo;ouverture de la porte pr\u00e9lude parfois longuement. C&rsquo;est l\u00e0&nbsp;? la clef dans le bon sens, la carte dans la bonne fente, du blabla plein les mains, et puis hop, la suite harmonieuse et sonore des verrous bien huil\u00e9s. Les portes de ces chambres finissent toujours par c\u00e9der. Le d\u00e9clic de la serrure donne le signal du coup de globe. Il est trop instantan\u00e9 pour laisser place \u00e0 quoi que ce soit. C&rsquo;est un peu apr\u00e8s qu&rsquo;on peut en dire quelque chose. Parfois bien longtemps apr\u00e8s. Il faut d&rsquo;abord attraper sur le panneau de la table de nuit qu&rsquo;on ne peut pas fumer. Les kangi restent \u00e9nigmatiques mais un petit pictogramme \u00e9vite les \u00e9quivoques. Il en finit du m\u00eame coup avec tout exotisme, r\u00e9duit au rouge et or de l&rsquo;\u00e9criteau. Juste au-dessus, les prises de courant r\u00e9clament ouvertement un adaptateur pour faire fonctionner les objets pas d&rsquo;ici \u2013 encore des objets \u2013 ceux d&rsquo;un pr\u00e9tendu quotidien, qui en v\u00e9rit\u00e9 a tout d&rsquo;un exceptionnel r\u00e9gulier. Personne ne passe sa vie dans les h\u00f4tels cinq \u00e9toiles de ce type, h\u00f4tels de luxe pour travailleurs argent\u00e9s qui ne paient jamais avec leur propre argent. La prise de courant sans adaptateur raconte \u00e0 elle seule cette histoire. En dessous, la table de nuit flotte sur l&rsquo;air d&rsquo;une moquette tellement synth\u00e9tique qu&rsquo;elle en est transparente. Le coup de globe lui glisse dessus \u00e0 la recherche machinale d&rsquo;une porte, celle de la salle de bain, puis d&rsquo;une deuxi\u00e8me, qui serait alors celle des toilettes. Au passage, la baie vitr\u00e9e prolonge le transparent de la moquette. Ses voilages si peu asiatiques filtrent la lumi\u00e8re laiteuse du dessus des immeubles. Depuis ce 37\u00e8me \u00e9tage, l&rsquo;effet capsule c\u00e9leste est bien tent\u00e9. Le confort s&rsquo;y traduit \u2013 disons qu&rsquo;il est interpr\u00e9t\u00e9 &#8211; par la qualit\u00e9 d&rsquo;imitation du mobilier europ\u00e9en. Le papier peint \u00e0 lamelles finement mouchet\u00e9 se veut choisi. Deux crapauds camp\u00e9s sur leurs pattes arri\u00e8re font face \u00e0 un canap\u00e9 tendu du m\u00eame motif \u00e0 fleurs rouges sur fond terre d&rsquo;ombre. Les coussins sont assortis. Seule la table basse en verre tremp\u00e9 compense l&rsquo;\u00e9paisseur de ce petit salon impeccable. Le seau \u00e0 champagne pas trop clinquant arbore des ann\u00e9es de fier service en laissant pendouiller l&rsquo;immacul\u00e9 de sa serviette blanche. \u00c0 ses pieds coule, scintillante, la carte du room service, d\u00e9livrant l&rsquo;information cruciale de ses horaires extravagants. C&rsquo;est sous le bureau en forme de longue console qu&rsquo;on rep\u00e8re t\u00e9l\u00e9phone et papier \u00e0 en-t\u00eate. Comme d&rsquo;habitude, s&rsquo;y assoir demandera un peu de contorsion pour \u00e9viter de s&rsquo;envoyer le genou dans le minibar, qui est juste en dessous. Je n&rsquo;ai jamais compris le rapport entre le papier \u00e0 en-t\u00eate et les spiritueux \u00e0 cacahu\u00e8tes et autres mignonnettes. Mais je me rappelle \u00e0 chaque fois qu&rsquo;il faut quand m\u00eame dissimuler le vulgaire. Le coup de globe attrape aussi les miroirs des portes de placard qui, cela va sans dire, font face au roi de la pi\u00e8ce, le lit, double dans ses grandes largeurs, avec ses pompons et bonbons sur les oreillers. Les chambres sont tr\u00e8s rarement r\u00e9serv\u00e9es par des couples mais la maison sait recevoir. Du reste, un retour de globe vers la porte encore ouverte laisse apercevoir une ombre strat\u00e9giquement plac\u00e9e au coin du tr\u00e8s long couloir. C&rsquo;est en g\u00e9n\u00e9ral en bas, autour du bar, que ces spectres sont tol\u00e9r\u00e9s par la direction. On ne les croise pas seuls dans les \u00e9tages. Mais comme dans toute bonne maison, on sait fermer les yeux sur une exception.<\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">3. \u00c9crire avec Clarice Lispector | Livre de voyage | Tourn\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale<\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><br>S&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un carnet de voyage, je l&rsquo;envisage jusqu&rsquo;alors dessin\u00e9. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mes voyages ont longtemps \u00e9t\u00e9 des vill\u00e9giatures. Certaines heureuses. Mais le voyage, c&rsquo;\u00e9tait le trajet, rarement aventureux. As-tu fait bon voyage. Il n&rsquo;a pas fait trop chaud, le train \u00e9tait \u00e0 l&rsquo;heure, pas trop de monde au p\u00e9age, les enfants ont \u00e9t\u00e9 sages. Le s\u00e9jour lui-m\u00eame ne pr\u00e9tendait pas \u00e0 un autre titre. S\u00e9journer, demeurer, rester&#8230; \u00e7a ne bougeait pas des masses et c&rsquo;est ce qu&rsquo;on en attendait. \u00c7a faisait prendre l&rsquo;air, passer un peu de temps ensemble. Quand il est bon, c&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 \u00e7a. Les voyages professionnels \u00e9taient bien diff\u00e9rents, au point d&rsquo;en perdre le Nord puisqu&rsquo;on les appelait d\u00e9placements. Un exercice de sauterelle, ou de mercenaire \u00e0 bonne d\u00e9tente. Mardi l\u00e0. Retour. Lundi prochain l\u00e0-bas. Retour. Le terme de tourn\u00e9e fait toujours r\u00eaver ceux qui n&rsquo;en sont pas. Tourn\u00e9e est seulement le nom donn\u00e9 \u00e0 un d\u00e9placement faits de plusieurs \u00e9tapes sans retour interm\u00e9diaire. C&rsquo;est plus loin, c&rsquo;est plus long, et d&rsquo;une certaine mani\u00e8re, c&rsquo;est vrai, c&rsquo;est sans retour. La tourn\u00e9e, c&rsquo;est s\u00fbrement bon pour l&rsquo;orchestre, mais toi \u00e7a t&rsquo;ab\u00eeme. \u00c7a te d\u00e9grade d&rsquo;autant plus que tu dois faire tienne la doxa suc\u00e9e jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;os de ceux qui-ont-tellement-de-chance. Il faut dire qu&rsquo;on met en g\u00e9n\u00e9ral le paquet pour te la faire gober enti\u00e8re. Les d\u00e9fraiments somptuaires fa\u00e7on Monopoly, les h\u00f4tels de luxe exig\u00e9s par un personnel argent\u00e9 qui ne se l&rsquo;offrirait pas pour sa propre nuit de noces, l&rsquo;alibi magnifique et ronflant de la culture \u00e0 grand c, son vernis d&rsquo;excellence opaque et lustr\u00e9, les cocktails princiers qui te permettent d&rsquo;\u00e9conomiser ton d\u00e9fraiment parce qu&rsquo;apr\u00e8s tout&#8230; Et l&rsquo;ennui. L&rsquo;ennui sid\u00e9ral de ceux qui d\u00e9couvrent \u00e0 chaque fois qu&rsquo;ils ont si peu \u00e0 se dire, de ceux, les m\u00eames souvent, qui ne voient pas qu&rsquo;ils sont d\u00e9\u00e7us, qu&rsquo;ils attendent de rentrer mais n&rsquo;osent ni le dire ne le laisser sentir parce-que-quand-m\u00eame-on-est-\u00e0-Rio, l&rsquo;ennui vaguement tromp\u00e9 par les restaurants, les bobards, les coucheries et autres formes de tourisme sensationnel. Cette tourn\u00e9e-l\u00e0 t&rsquo;ab\u00eeme parce que tu ne peux pas y devenir autre, l&rsquo;autre que tu deviendrais si tu faisais un voyage. Tu pars pour faire du m\u00eame et tu dois dire que \u00e7a vaut le d\u00e9tour.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tout cela ferait s\u00fbrement de bons r\u00e9cits, mais peut-\u00eatre pas un carnet de voyage. Peut-\u00eatre parce qu&rsquo;il y a trop peu de voyage dans ces voyages-l\u00e0, \u00e0 peine y a-t-il du d\u00e9placement. Comment y en aurait-il puisqu&rsquo;il n&rsquo;y a pas d&rsquo;ailleurs ?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il y a donc eu des tourn\u00e9es en veux-tu en voil\u00e0, des d\u00e9placements \u00e0 tirelarigot, des vill\u00e9giatures \u00e0 foison. Et puis un jour, j&rsquo;ai fait un voyage. Et alors il y en eut d&rsquo;autres. Certains ont ouvert un lointain \u00e0 quelques kilom\u00e8tres seulement. Tous alt\u00e8rent autant qu&rsquo;ils d\u00e9salt\u00e8rent. C&rsquo;est de ces voyages-l\u00e0 qu&rsquo;un carnet pourrait faire trace.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<h1 class=\"wp-block-heading\">4. de soi-m\u00eame, ou d&rsquo;\u00e9crire | Derri\u00e8re la porte de l&rsquo;atelier<\/h1>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La porte qui m\u00e8ne \u00e0 mon atelier donne sur un belv\u00e9d\u00e8re. Le site a bien s\u00fbr un gros d\u00e9faut&nbsp;: il n&rsquo;y a pas de belv\u00e9d\u00e8re du belv\u00e9d\u00e8re. Le point depuis lequel nous voyons est un point aveugle. Il ne peut se voir lui-m\u00eame. Il tient son image d&rsquo;un autre. Paradoxe bien connu que nous croyons avoir surmont\u00e9. Mais, pour citer un psychiatre que j&rsquo;ai bien connu, un psychiatre d&rsquo;avant, un psychiatre qui faisait de la psychiatrie,&nbsp;et qui disait&nbsp;: \u00ab\u00a0le paradoxe n&rsquo;est pas l\u00e0 pour \u00eatre r\u00e9solu, il est l\u00e0 pour \u00eatre v\u00e9cu\u00a0\u00bb. \u00c0 quoi j&rsquo;ajoute qu&rsquo;il est notre condition.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans cet atelier, il y a encore des partitions, il y a un peu plus de livres, il y a des s\u00e9minaires \u00e0 suivre et d&rsquo;autres \u00e0 faire, des cours \u00e0 donner ou \u00e0 prendre, des pinceaux et des pointes s\u00e8ches, un peu d&rsquo;argile, un tapis de sol, un long b\u00e2ton &#8230; Tout cela s&rsquo;est mis en route, suit son cours, emm\u00e8ne. La mati\u00e8re y gouverne, vous tient sous son empire. La porte de cet atelier grince pourtant depuis quelques temps d&rsquo;un m\u00eame petit couinement\u00a0: un fond d&rsquo;orgueil cherche encore dans cette forge une forme qui permettrait de dire le point de vue paradoxal du belv\u00e9d\u00e8re. Or nous sommes cette forme. Nous sommes d\u00e9j\u00e0 la forme impossible que nous cherchons. Nous sommes le manifeste de ce point aveugle.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une pratique, dont l&rsquo;enseignement, ne cesse de montrer qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de centre saisissable. Tout juste formons-nous quelques cernes, cercles concentriques tendus autour d&rsquo;un point qui les aimante autant qu&rsquo;il les repousse. Nous ne gagnons jamais le centre. Cet impossible fait notre condition, garantit notre mouvement, organise notre mobilit\u00e9. Il relance de mille chaque matin. C&rsquo;est un impossible ch\u00e9ri et redout\u00e9. Nous savons qu&rsquo;il nous est n\u00e9cessaire. Nous renon\u00e7ons pourtant \u00e0 transmettre sa n\u00e9cessit\u00e9. Nous lui pr\u00e9f\u00e9rons une imm\u00e9diatet\u00e9 flatteuse, une proximit\u00e9 illusoire qui laisse croire \u00e0 une prise, l\u00e0, juste au bout des doigts. Nous nous d\u00e9vouons \u00e0 ce d\u00e9ni. Et notre manque de courage nous y attache.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s l&rsquo;av\u00e8nement de ce qui se consomme et se consume, nous \u00e9tions fiers d&rsquo;\u00eatre devenus producteurs de nous-m\u00eames, h\u00e9ritiers du self-made man mythologique de la fin de si\u00e8cle, nous croyant libres au point de nous donner \u00e0 nous-m\u00eames nos propres coordonn\u00e9es. Cr\u00e9er son identit\u00e9 \u00e9tait l&rsquo;eldorado minimum d&rsquo;une \u00e9mancipation \u00e0 laquelle il convenait d&rsquo;acc\u00e9der. Cinq cents ans d&rsquo;alluvions \u00e9taient venus se d\u00e9verser dans la grande benne de cette fin de si\u00e8cle pour y malaxer le ciment d&rsquo;une confusion g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e. La fin affirm\u00e9e des r\u00e9cits fondateurs permettait \u00e0 chacun de croire dur comme fer \u00e0 l&rsquo;invention de sa propre origine. Mais il n&rsquo;y a qu&rsquo;un pas du mythologue au mythomane. Et c&rsquo;\u00e9tait sans compter sur le pas suivant. Clients, nous voulions \u00eatre satisfaits. Et notre qualit\u00e9 de producteurs de nous-m\u00eames n&rsquo;y suffisait plus. Il nous fallait y ajouter la consommation de ce que nous avions produit. Nous sommes donc devenus nos propres consommateurs. Ce n&rsquo;\u00e9tait plus seulement une identit\u00e9 que nous consommions, mais la satisfaction qu&rsquo;elle nous procurait. Nous attendions d&rsquo;\u00eatre satisfaits de notre satisfaction. Elle \u00e9tait devenue l&rsquo;arpent, l&rsquo;\u00e9talon supr\u00eame, la monnaie unique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&rsquo;image vertueuse de nous-m\u00eames en \u00e9tait l&rsquo;agent de change. Travail, effort, apprentissage, amiti\u00e9, amour, politesse, engagement, cr\u00e9ation&#8230; tout \u00e9tait fondu en cet or d&rsquo;op\u00e9rette frapp\u00e9 au coin \u00e9mouss\u00e9 du ressenti personnel. Un monde sans autre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Car la grande vitrine du ressenti \u00e9tait l&rsquo;une des inventions marketing les plus r\u00e9ussies de l&rsquo;histoire du commerce. Un monde sans autre est aussi un monde sans solitude. Ce ressort allait devenir d\u00e9cisif.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le march\u00e9 savait nimber de doctrines moralisantes ses nouveaux produits de masse. Ils n&rsquo;\u00e9taient plus v\u00eatements, savon, ni m\u00eame lieu de vacances ou menus sp\u00e9ciaux. Les nouvelles marchandises \u00e9taient maintenant identit\u00e9s, vertus pour belles personnes, argumentaires pour d\u00e9mocrates engag\u00e9s, recettes pour bien-\u00eatre durable. Et c&rsquo;est in\u00e9vitablement, d&rsquo;abord et finalement, dans l&rsquo;\u00e9ducation et dans l&rsquo;instruction, \u00e0 savoir \u00e0 la maison et dans les \u00e9coles, dans les familles et derri\u00e8re les pupitres, que s&rsquo;est \u00e9tal\u00e9e de tout son long, comme on d\u00e9roule un tapis, notre empathique, notre g\u00e9n\u00e9reuse, notre bienveillante l\u00e2chet\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>1. Du monde Comment vivre sans mourir 2. Un coup de globe Comme un radar. C&rsquo;est un r\u00e9flexe. Et en un seul coup d&rsquo;oeil. Bien plus global que circulaire. Un coup de globe. C&rsquo;est un premier geste auquel l&rsquo;ouverture de la porte pr\u00e9lude parfois longuement. 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